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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 06:05

Histoire de l'armée française

1914-1918

François Cochet et Rémy Porte

Merci à 'Bir Hacheim' pour sa présentation du livre.

Une bien belle somme !

Je n’en doutais pas et je n’ai pas été déçu. Cet ouvrage est une très intéressante synthèse sur l’évolution de l’armée française au cours de la 1ère guerre mondiale. Bon, une synthèse en 528 pages quand même !

Les deux historiens donnent de la hauteur à leur texte tout en entrant dans le détail quand cela est nécessaire. Bref, un vrai travail d’historien moderne de bout en bout.

Trois grandes parties:

Pour lire la suite : ici.

Merci !
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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 06:00

La guerre des Russes blancs

1917-1920

Jean-Jacques Marie

Déjà auteur de plus d'une vingtaine d'ouvrages sur le monde russe et l'URSS, Jean-Jacques Marie signe ici une belle étude de synthèse sur les combats (mais pas seulement) des Russes blancs (une recherche sur l'origine de ce dernier qualificatif dans le préambule) après l'abdication de Nicolas II.

En 18 chapitres chronologiques, thématiques et précis, illustrant son propos de nombreuses situations concrètes, il nous raconte par le menu cette (ces) histoire(s) très particulière(s), souvent atypique(s), la naissance de la première armée des Volontaires et les conditions d'apparition des autres, les relations complexes et souvent conflictuelles entre les unes et les autres (en particulier entre les principaux chefs militaires), les espoirs soulevés (et oui, une réalité à l'époque) et les graves erreurs commises, l'environnement social des évènements, les hésitations entre les Allemands et les Alliés, les questions sur la nature du régime à instaurer, les difficiles rapports avec les vainqueurs de la Grande Guerre, les opérations militaires aussi, bien sûr, de Russie du Sud à l'extrême Nord et des pays baltes à la Sibérie. On apprécie également que Jean-Jacques Marie propose un bilan de l'historiographie russe récente, indiquant de nombreux titres publiés ces trente dernières années (y compris leurs tirages), s'interroge sur les raisons de la violence extrême qui marque si souvent les suites des combats, revient sur les mauvais rapports entre soldats et officiers, identifie les causes des effondrements de ces armées, précise les modalités de "l'autonomisme cosaque" qui coûte si cher aux généraux blancs, etc. Il retrace enfin le parcours ultérieur des survivants en exil de cette guerre civile, de Turquie en Europe de l'Ouest et en Amérique.

Le livre présente de très nombreux témoignages et citations des acteurs et témoins de ces évènements. La bibliographie finale propose des ouvrages en français, en anglais et en russe. De brèves biographies des principaux chefs militaires et un solide index clôturent le volume. Un ouvrage non seulement à lire, mais à conserver soigneusement.

Tallandier, Paris, 2017, 524 pages. 24,90 euros.
ISBN : 979-10-210-2280-5.

Guerre civile
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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 06:00

1914-1918 : l'autre hécatombe

Enquête sur la perte de 1.140.000 chevaux et mulets

Claude Milhaud

Vétérinaire général en deuxième section, Claude Milhaud se passionne depuis plusieurs années pour la Grande Guerre et a été surpris par la relative "proximité" des pertes humaines et équines en chiffres absolus, mais pour les chevaux le taux de décès est de... 60%.

Résultat d'une véritable enquête à travers de multiples fonds et séries d'archives (plus de 30 pages de notes et références), que sa compétence professionnelle lui permet de mettre en relation et d'analyser, il nous donne des chiffres impressionnants, auxquels on ne pense pas instinctivement, sur le caractère absolument indispensable de ces animaux partout dans la zone des armées en dépit d'une motorisation qui pour être croissante n'en est qu'à ses débuts. En cinq solides chapitres, Claude Milhaud nous explique le rôle de ces animaux au cours de la guerre, la difficile question du "recrutement", des achats à l'étranger (600.000 aux USA) et de la gestion des effectifs, de l'entretien (alimentation, hygiène, maréchalerie, etc.), de l'organisation peu connue des services vétérinaires et des remontes, et bien sûr des pathologies dont sont victimes chevaux et mulets, des maladies classiques aux effets des gaz de combat en passant par les divers types de blessures.

Quelques utiles annexes complètent le volume (dont les extraits du JMO d'un vétérinaire principal de 1ère classe), et l'on trouve à la fin de l'ouvrage un glossaire, une bibliographie et deux index complets. Un bon livre, riche et intéressant, sur une thématique particulière (sans doute la première de cette ampleur à notre connaissance) qui fait pourtant écho aussi bien à la grande histoire de la guerre qu'à celle plus individuelle des soldats.

Belin, Paris, 2017, 301 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-410-00371-0.

Chevaux de la Grande Guerre
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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 06:00

L'ordre pour la liberté

Approche militaire de l'art méconnu du maintien de l'ordre

Philippe Cholous

La réalité du maintien de l'ordre public conditionne la liberté dont peuvent bénéficier les citoyens, et cette fonction régalienne essentielle nécessite de savoir-faire aussi précis qu'exigeants. Alors que la question de l'emploi des militaires sur le territoire national est un sujet de brulante actualité, ce livre tient à la fois du manuel technique et de l'essai conceptuel.

Dans cette réflexion qui, on le sent bien, repose autant sur l'expérience que sur l'analyse des facteurs favorables et défavorables, Philippe Cholous propose une démarche "de nature purement militaire". De façon synthétique et à partir d'exemples concrets, il nous livre sa conception de "l'art" du maintien de l'ordre et commence d'ailleurs son étude par une citation du maréchal Foch. Précisons qu'il donne une définition peut-être inattendue de ce maintien de l'ordre : "l'art de garantir absolument le droit de manifester librement, dans le cadre préexistant du droit et dans le strict respect, d'une part de la sécurité de chacun, d'autre part des libertés d'entreprendre et de circuler librement pour tous". Il n'est pas pas conçu comme une simple répression : "Le maintien de l'ordre est une notion résolument positive, comme le pose l'approche traditionnelle qui prévalait tant que la Gendarmerie ressortait du ministère de la Défense" (et toc... !). Son travail présente ainsi selon une démarche parfois proche de la méthode de raisonnement tactique le cadre de l'action, les forces en présence et les rapports de force, l'intérêt des principes tactiques mais aussi les différences entre maintien de l'ordre et combat. Il insiste en particulier sur la formation en amont, afin de pouvoir disposer d'un outil réactif et rôdé le jour nécessaire. Il va même jusqu'à envisager l'emploi des engins blindés et de la troisième dimension, sujet généralement plutôt tabous (il est lui-même affecté au Groupement blindé de la gendarmerie si l'on en croit la 4e de couverture).

Le texte est régulièrement ponctué de tableaux de synthèse qui facilitent la lecture et permettent de mieux suivre le raisonnement de l'auteur (sur les milieux, sur les principes, sur les manoeuvres). Si l'on est parfois surpris par tel ou tel rapprochement auquel on n'avait pas pensé, force est de reconnaître que Philippe Cholous est toujours intéressant, parfois étonnant, souvent assez convaincant. En un mot, il ne laisse pas indifférent et son livre mérite d'être connu de tous ceux qui s'intéressent à ces questions ou sont amenés à agir sur le territoire national.

Lavauzelle, Panazol, 2017, 153 pages. 21,80 euros.

ISBN : 978-2-7025-1647-8.

Maintien de l'ordre
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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 06:00

L'Elysée

Vérités et légendes

Bernard Brigouleix et Michèle Gayral

Avant qu'un nouveau (et temporaire) locataire ne s'installe dans le palais présidentiel, retour sur cet ensemble architectural mal connu et sur lequel courent un certain nombre de contre-vérités.

Un volume d'anecdotes, divertissant, qui permet d'approcher du quotidien des hommes de pouvoir. Constitué, comme le veut la ligne éditoriale de la collection, par une succession de brefs chapitres (31), le livre nous entraîne à travers l'histoire et les pièces du "château", de ses origines pendant la Régence aux "dérives psychologiques" qui atteindraient les présidents successifs (isolement du monde réel et dérive narcissique), dans un chapitre titré "L'Elysée rend fou" ! Ces quelques pages ne sont d'ailleurs pas exemptes de nombreuses vérités... Les chapitres s'appuient sur une succession de présentations brèves mais concrètes, de portraits rapides, de situations plus ou moins atypiques, etc. Nous suivons en fait chronologiquement l'histoire du palais dans l'histoire de France, du Prince-président à la Ve République (à laquelle le plus grand nombre de chapitres -une quinzaine- sont consacrés). On erre dans le palais vide sous l'Occupation, et on peut s'ennuyer fermement avec ces présidents de la IVe République qui "inaugurent les chrysanthèmes". Pour la période la plus récente, un effort pour s'intéresser au fonctionnement de la présidence et de l'Etat ("Le véritable gouvernement est le cabinet de l'Elysée", "L'Elysée commande, Matignon exécute", "La cohabitation paralyse l'Elysée", etc.). Le dernier chapitre enfin traite des ex-Présidents et de leur vie après avoir quitté le palais : finalement pas à plaindre ?

Un petit volume de détente, mais qui sous des dehors plaisants offre aussi un regard décalé sur l'exercice du pouvoir.

Perrin, Paris, 2017, 238 pages. 14,90 euros.

ISBN : 978-2-262-06777-9.

Anecdotes élyséennes
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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 05:45

Les Alpes

Terre de batailles

Jean-Pierre Martin

On note de temps en temps quelques ouvrages qui traitent du combat en montagne (ici par exemple), mais ils sont fort peu nombreux à s'intéresser à une aire géographique dans le temps long. Or, tel est ici le cas.

En un peu moins de 200 pages, Jean-Pierre Martin nous raconte l'histoire des Alpes dans la guerre, depuis Hannibal et ses éléphants. On ignore généralement toute l'importance du massif alpin pendant de longs siècles après la chute de l'empire romain, dont les nombreux franchissements des troupes des empereurs romains germaniques en route pour l'Italie, puis les combats du XVIe au XVIIe s. avec milices régionales et schismatiques vaudois, enfin à partir du XVIIIe s. lorsque la Savoie puis le royaume de Piémont-Sardaigne est partie prenante de presque tous les conflits européens. On sait que durant la Révolution (Masséna en Suisse) et l'empire (Hofer au Tyrol), les Alpes sont durablement un véritable champ de bataille. Le XIXe s. est marqué par la naissance de troupes spécialisées, les premiers Tiroler Kaiserjäger en Autriche, puis les Alpini italiens, les chasseurs alpins français ensuite et enfin les Schneeschuhbataillon allemands, derniers venus à la fin de l'année 1914. Cette même Première Guerre mondiale voit les "soldats de montagne" se battre sur tous les fronts, avec une réputation justifiée de troupe d'élite, Diables bleus français comme Alpenkorps allemand. Mais les Alpes elle-mêmes restent une zone en paix pendant la Grande Guerre, ce qui n'est pas le cas à partir de 1940, avec d'abord l'échec de l'offensive italienne en juin, puis les maquis, enfin en 1945 quelques uns des derniers combats contre les forces de l'Axe.

Un solide résumé, sobrement écrit et fort bien illustré. Un utile volume, sans prétention scientifique mais synthèse à la portée de tous, tout à fait utile à l'échelle du massif alpin, qui se termine sur un index des sigles et sur quelques orientations bibliographiques.

Editions Sutton, Tours, 2017, 175 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-8138-0984-1.

La montagne et la guerre
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 06:00

Officiers

Des classes en lutte sous l'uniforme

Christel Coton

Voilà une étude originale, qui jette un éclairage cru, mais répétitif et parfois biaisé, sur les rapports internes au sein du corps des officiers. En résumé, la thèse est simple : sous une apparente unité, l'institution militaire entretient (voire favorise) une forme de "suprématie" des saint-cyriens sur les autres statuts.

Objectivement, c'est assez exact. Et l'intérêt de livre de Christel Coton est bien de donner de nombreux exemples très concrets, personnellement observés et notés à l'occasion de deux séjours prolongés au sein de l'armée de terre, un régiment des forces et une école. Toutefois, l'auteure semble souvent trop impliquée dans son sujet et manque de distance par rapport aux observations qu'elle souligne. Il est d'abord surprenant que cela puisse apparaître comme une "découverte" et que l'auteure l'assimile à une forme de tension sociale, ou de "lutte des classes". Elle multiplie ainsi les exemples et les citations pour illustrer le fait que les officiers de recrutement semi-direct ou tardif seraient désavantagés, surtout s'ils n'appartiennent pas à une "arme combattante" (si possible prestigieuse) et si, en plus, ils ne commandent pas une unité de combat. On ne peut alors que conseiller la rédaction d'une étude similaire sur les rapports entre professeurs des universités et maîtres de conférences dans l'enseignement supérieur, ou entre médecins chefs et internes dans les hôpitaux. Toute organisation est hiérarchisée, et toute hiérarchie a tendance à entretenir à son sommet un groupe dominant. Dans le cas de l'armée de Terre, le fait d'avoir réussi à 18 ou 19 ans le concours de Saint-Cyr et d'en être sorti officier à 21 ou 22 ans donne un indiscutable avantage, renforcé lorsque les intéressés parviennent à être brevetés de l'école de guerre. C'est vérifié, connu, ... et globalement admis même si à l'occasion des "conversations de popote" tel ou tel se fait régulièrement brocardé car jugé trop jeune ou pas assez expérimenté. Car il y a un paramètre que Christel Coton ne prend pas assez en compte pour avoir limité son étude à un régiment et à l'école d'état-major : l'âge est un facteur essentiel. Celui qui devient lieutenant à 25 ou 30 ans a, dès le premier jour et au-delà de toute autre considération, 5 à 10 ans "de retard" sur ses camarades (saint-cyriens) plus jeunes, alors même que le processus de sélection interne vise entre autres à sélectionner des chefs le moins âgés possible. Sans compter qu'il est peut-être préférable pour commander par exemple une compagnie de soutien (et tenir tête aux chefs de service), il vaut mieux avoir une certaine ancienneté ? Par ailleurs, un corps constitué de plusieurs dizaines de milliers d'hommes et de femmes ne saurait être monolithique : l'armée de Terre ne l'est pas davantage que la préfectorale ou les autres grands corps de l'Etat. Pourrait-on mettre en parallèle les évolutions de carrière ou tout simplement les relations interpersonnelles dans les entreprises entre des ingénieurs des Mines ou des Ponts avec leurs "camarades" issus d'écoles moins prestigieuses ? Qu'en est-il du chemin tracé aux énarques ou aux anciens élèves d'HEC ? Alors, bien sûr, il y a fréquemment sentiment d'injustice pour ceux qui n'ont pas pu, su, ou voulu réussir un concours à 20 ans (et il y a là une spécificité française), et dans certains cas il peut-être avéré. Bien sûr les officiers sous contrat constituent une forme de "marge de gestion" pour les responsables RH : c'est parfois injuste, mais c'est dans la définition même du statut. Bien sûr, un chef de corps peut avoir parfois tendance à "surnoter" le Cyrard aux dépends d'un autre officier subalterne d'une autre origine, ou passer plus facilement sur une "erreur de jeunesse". Bien sûr, les ressources humaines sont parfois gérées de façon peu individualisées et certaines affectations peuvent étonner. La sélection des "hauts potentiels" semble parfois reposer autant sur des données objectives que sur des critères plus subjectifs et la publication du tableau d'avancement comme de la liste d'aptitude en décembre réserve son lot de bonnes et de moins bonnes surprises. Mais le phénomène n'est ni nouveau (cf. les débats dans la presse à la fin du XIXe s. et au début du XXe sur la sélection des futures élites militaires lorsque l'Ecole de guerre est née puis lors de la création du Centre des hautes études militaires), ni systématique, et il n'interdit en aucun cas la reconnaissance des mérites des autres officiers, tandis que les règles de gestion protègent aussi contre les abus injustifiés.

Le discours officiel sur une forme "d'égalité" de traitement entre tous les militaires, au moins à grade égal, est à la fois indispensable (par la nature profonde des missions confiées) et faussé. Que des missions extérieures opérationnelles, surtout lorsqu'elles sont réussies, comptent davantage que des postes plus traditionnels dans l'hexagone n'a rien de surprenant au sein d'une institution dont c'est justement la mission première. Que celui qui a pu, su ou voulu réussir davantage de stages, de formations et de concours que certains de ses camarades en soit récompensé peut paraître normal. Et l'on ne peut oublier ce maudit facteur "chance", cette opportunité qui se présente à l'un qui sait la saisir et pas à l'autre, cette réglementation qui change une année plus tôt ou une année trop tard, cette mutation ou cette désignation qui survient juste au bon moment, ce chef qui poussera l'un de ses subordonnés et pas l'autre, etc. La vie, avec ses risques. Une question qui n'est pas posée dans le livre mériterait d'ailleurs que l'on s'y intéresse : quelles ont été par catégorie de grades et de statuts les conséquences des réductions massives d'effectifs depuis une vingtaine d'années ?

En résumé, un livre très intéressant par les détails précis qu'il donne, mais qui n'apporte aucune nouveauté à qui connaît déjà l'institution militaire d'une part et dont les analyses semblent trop profondément marquées (répétitions systématiques des mêmes conclusions partielles) par la volonté de démontrer une idée pré-conçue sans chercher à comprendre "pourquoi". Oui, l'armée de Terre présente (et doit présenter) une image "égalitaire", mais oui (aussi) comme tous les grands corps constitués elle entretient en son sein une "élite" qui se distingue des autres statuts et en quelque sorte se protège (encore faudrait-il comptabiliser les saint-cyriens qui ne terminent pas pour diverses raisons une carrière au sommet de la hiérarchie). Oui, la cohésion interne est une réalité car la notion de service du pays prime le tout, et pourtant cela n'interdit ni les regrets éventuels ni les états d'âme ponctuels. Finalement, l'armée de Terre est bien une grande institution de l'Etat, avec son discours officiel, et une institution humaine, de son temps, avec ses réalités. Est-ce surprenant ? Il reste alors, à titre individuel, la capacité de vivre sa passion, mais aussi les questions d'ego et d'image de soi...

Agone, Marseille, 2017, 283 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-7489-0329-4.

Sociologie militaire
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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 06:00

Paul Koepfler

Passeur et résistant

Marie-Claude Pelot

Cette recherche originale nous permet de découvrir un personnage tout à fait exceptionnel, l'un de ces héros anonymes ou au moins oubliés, héros de l'ombre qui en Franche Comté fut à la fois passeur et agent de renseignement.

Le livre commence par le récit de l'assassinat du jeune homme par les Allemands en 1943 puis des circonstances de son enterrement. A partir de là, Marie-Claude Pelot remonte le cours de l'histoire pour mieux nous conter celle de Paul Koefler (auquel on a même prêté l'évasion de Giraud vers l'Afrique du Nord). A l'été 1940, les premiers réseaux de passeurs se mettent en place en direction de la Suisse toute proche (le Jura est "le seul département français découpé en trois zones"). L'auteure donne toutes les précisions sur l'organisation matérielle de ces réseaux et leur fonctionnement, tout en décrivant l'environnement politique, social, sécuritaire dans lequel se déroulent les passages, pour lesquels il faut recruter une équipe et au sujet desquels la gendarmerie ferme pudiquement les yeux. A 20 ans, Paul Koepfler est à la fois à la tête d'un réseau de passeur un agent de renseignement, un intermédiaire avec la résistance : "Il recrute ses agents comme il a recruté ses passeurs, en se fiant à son instinct. Pétri de malice juvénile, Paul Koepfler a l'insouciance du gamin qui fait de bonnes farces. Mais son énergie, son intelligence vive et instinctive, la rapidité et l'exactitude de son jugement lui font prendre immédiatement les bonnes décisions". C'est aussi dans cette région une histoire de relations complémentaires entre l'armée d'armistice et la Résistance, que Marie-Claude Pelot sait nous raconter avec les mots justes. Le livre se termine sur la présentation d'autres membres de la famille Koepfler, engagés eux aussi contre l'occupant, et sur les recherches pour comprendre le guet-apens mortel qui fut tendu au jeune homme par le SD allemand.

Un récit simple et clair sur une tranche de vie assez exceptionnelle et qui méritait indiscutablement à la fois d'être mieux connue et replacée dans son contexte local, régional et national.

Cabédita, Divonne-les-Bains, 2017, 182 pages.

ISBN : 978-2-88295-781-8.

Héros méconnu
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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 06:00

Georges Guynemer

Jean-Marc Binot

Préfacé par le chef d'état-major de l'armée de l'Air, cette biographie du pilote "tombé en pleine gloire" (selon la formule consacrée) en 1917 s'efforce d'aller au-delà des nombreuses hagiographies déjà publiées.

Tout y passe, des conditions de son engagement alors qu'il avait été initialement dispensé, à sa disparition au-dessus du front anglo-belge dans des circonstances que Jean-Marc Binot s'efforce de déterminer avec le maximum de précisions. En deux ans et demi, nous passons du fond des ateliers aux premières pages des journaux, des essais de nouveaux appareils aux questions d'emploi des matériels, des combats aériens aux innovations techniques et aux projets (photographie, canon, etc.), tandis que Guynemer devient sous-officier, puis officier. Jean-Marc Binot s'attache ici et là à analyser et critiquer les publications antérieures, discute la question de sa maladie, et utilise ponctuellement des archives très peu connues voire inédites. Chaque chapitre comporte une iconographie adaptée et se termine par le renvoi des notes de référence.

Le livre se termine sur les recherches entreprises après la guerre, jusqu'au milieu des années 1920, pour tenter de retrouver le corps du pilote disparu, et sur la mémoire de Guynemer ("Déjà vénéré de son vivant, Guynemer est béatifié après sa mort"), ce qui permet entre autres de faire un tour des principales publications depuis la fin de la Grande Guerre.

Fayard, Paris, 2017, 395 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-213-67763-7.

L'As des As
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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 06:00

Histoire des guerres romaines

Milieu du VIIIe s. avant J.-C.  -  410 après J.-C.

Yann Le Bohec

On ne présente plus Yann Le Bohec, auteur prolifique et spécialiste de l'histoire de l'armée romaine (par exemple ici, ici et ici). Et il faut toute son expérience et toute sa compétence, il faut des années de travail pour rédiger une telle somme.

Extrêmement riche et dense, l'ouvrage s'intéresse bien sûr aux innombrables campagnes qui permettent à Rome, après avoir difficilement assuré la survie de la cité, de conquérir son immense empire, "de l'Ecosse à la Mésopotamie". Mais il traite également du recrutement, de l'organisation, de l'entraînement, de la tactique ; dans les guerres étrangères comme dans les guerres civiles. Il nous présente également l'organisation défensive aux frontières, en Germanie ou en Orient, aussi bien que les aménagements provisoires lors des haltes. Quelques citations surprenantes, dont cette conclusion sur les guerres puniques : "A partir de 201, aucun Etat méditerranéen ne put rivaliser avec Rome, et ce fut alors qu'un sénateur prononça un discours très patriotique, sur un thème tout aussi patriotique : "Dorénavant, dit-il en conclusion, tous les peuples obéissent aux Romains". Et Caton l'Ancien d'ajouter : "Et tous les Romains obéissent à leur femme". Pour de nombreuses batailles, des cartes précises sont incluent, qui permettent de mieux comprendre les mouvements des grandes unités, et toujours un tour complet des terres conquises, d'Asie mineure à l'Afrique tingitane.

Un volume qui, en dépit de son épaisseur et de sa densité, se lit avec aisance, voire avec plaisir. Des chapitres d'une longueur raisonnable, des paragraphes assez brefs, un style agréable, et tant d'informations qu'il sera sans doute nécessaire d'y revenir à plus d'une reprise. Indispensable.

Tallandier, Paris, 2017, 607 pages. 25,90 euros.

ISBN : 979-10-210-2300-0.

Histoire générale
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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