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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 07:00

Pablo Escobar

Trafiquant de cocaïne

Thierry Noël

Depuis la mort de Pablo Escobar, une légende dorée malsaine est née, essayant de faire de lui une sorte de 'Robin des bois moderne', cultivant l'ambigüité pour nous le présenter comme étant essentiellement en lutte contre l'oligarchie colombienne et les ingérences américaines. La réalité est bien plus prosaïque : il est à l'origine de la mort de milliers de personnes, a plongé son pays dans la ruine et le désordre pour développer son lucratif trafic de cocaïne, puis a utilisé tous les moyens pour échapper à la justice. Tout simplement.

Thierry Noël (déjà auteur d'un remarqué La dernière guérilla du Che, ici), retrace pour nous la vie de ce personnage, né dans une pauvre famille des environs de Medellin et qui se lance dans les petits délits peu avant ses 18 ans, promettant "à ses amis que, s'il n'a pas réuni un million de pesos colombiens à vingt-cinq ans, il se tirera une balle dans la tête". Un "défenseur du peuple", on le voit... Après le vol de voitures, il passe à l'enlèvement contre rançons de notables locaux, puis à la contrebande, progressant dans la hiérarchie criminelle, avant de se lancer de façon artisanale dans le trafic de drogue, qui commence à générer des revenus extrêmement importants au début des années 1970. Il achète une Renault 4 et effectue quelques aller-retour avec l'Equateur voisin, puis utilise un camion et recrute des subordonnés. A la fin des années 1970, la demande explose aux Etats-Unis et la culture de la coca se développe avec la protection de l'oligarchie provinciale. Des laboratoires de transformation sont construits, une flotte de petits avions permet le transport, les bénéfices sont réinvestis et le trafic décuple. Avec une inventivité qui laisse pantois, un réseau de "distribution" très efficace est organisé au sud des Etats-Unis, à partir de Miami et de la Floride. A cette époque, les Américains commencent à s'organiser (pas moins de 47 agences et services fédéraux engagés dans la lutte contre la drogue), tandis qu'en Colombie la dictature est renversée. Mais le gouvernement de gauche élu est aussitôt balayé par un coup d'Etat militaire en quelque sorte "sponsorisé" par les parrains de la drogue : "Pour la première fois, le trafic de cocaïne vient de s'offrir un gouvernement", formule excessive mais qui traduit une réalité. Sur fond de multiplication des soulèvements militaires, dans un pays appauvri et fatigué, le pouvoir revient aux civils en 1982 mais ouvre aussi "pour les gros trafiquants colombiens une période florissante". A Medellin, Escobar "s'impose comme le parrain du milieu local", avec intégration verticale de tout le processus "économique" et création de filiales périphériques. Devenu millionnaire en dollars, Escobar fait aménager une immense propriété entre Medellin et Bogota et se lance dans les actions philanthropiques (soins gratuits, alphabétisation, raccordements électriques, etc.), se créant ainsi "une clientèle dévouée". L'homme, parvenu au sommet de la richesse et vivant dans le plus grand luxe, est contradictoire : "on trouve chez lui une véritable générosité". Tandis que les barons de la drogue deviennent de véritables industriels, la violence et la corruption se généralisent pour acheter le silence de services publics entiers, illustrée par la formule "De l'argent ou du plomb ?", "archétype de la proposition mafieuse qu'on ne peut pas refuser". La situation se complique toutefois avec l'émergence des mouvements de guérilla d'inspiration marxiste, certains responsables des FARC commençant à imposer un "impôt révolutionnaire" pour protéger les cultures, les laboratoires, les aérodromes, incitant finalement les trafiquants à s'organiser "miliairement" et à financer la lutte contre les rebelles, mais aussi à démultiplier les relations à l'étranger, au point d'agir par l'intermédiaire des Cubains et de Panama pour faire libérer la soeur de l'un des parrains de la drogue. Désormais, le Panama de Noriega devient l'un des relais important dans la route du trafic vers les USA. C'est à la même époque l'épisode des Contras au Nicaragua, où narcotrafiquants et CIA travaillent de concert (les noms de Reagan et de Bush sont évoqués), tandis qu'en Colombie même les barons de la drogue s''associent aux groupes d'autodéfense et à l'armée pour lutter contre les mouvements révolutionnaires. En 1982, c'est l'apothéose : élu député du parti Libéral (si, si...), Escobar fait son entrée au parlement "accompagné d'une foule de partisans et de gardes du corps" ! Mais la Roche tarpéienne est proche du Capitole : d'anciens dossiers d'assassinats ressortent des cartons, une partie de la presse s'en mêle, un nouveau colonel prend la tête de la police anti-drogue et les Etats-Unis se décident à placer Escobar sur la liste des personnes recherchées. Le Panama devient moins sûr, les opérations héliportées se multiplient contre les laboratoires, et Escobar doit brièvement trouver refuge au Nicaragua... sandisniste. L'argent n'a vraiment pas d'odeur ! Tandis que le parrain de Medellin multiplie les initiatives pour préserver son trafic et ouvrir de nouvelles routes, l'étau se resserre peu à peu autour de lui. Arrestations sur le territoire américain, évolutions politiques dans différents pays latino-américains, meurtres et assassinats en série, attentats, enlèvements crapuleux : l'environnement devient de plus en plus violent et dangereux, tandis que le "Contragate" puis "l'Irangate" secouent le Congrès américain. Escobar rode alors son discours sur l'influence politique et économique que les USA prétendent exercer au nom, officiellement, de la lutte contre le trafic de drogue qui ne serait qu'une forme de leur impérialisme. Il multiplie les interventions médiatiques contre les menaces d'extradition qui pèse sur lui, tout en continuant à exercer des pressions et à multiplier les délits. Il en vient même à engager un spécialiste des explosifs pour réaliser des attentats. En 1988, il est au sommet de sa puissance mais ses manières expéditives commencent à déranger même parmi les autres narcotrafiquants. C'est la guerre entre les cartels de Medellin et de Cali, dont le gouvernement tente de tirer partie. Plusieurs grandes offensives sont lancées contre Escobar, mais il parvient toujours à s'échapper tandis que le mouvement paramilitaire lié aux trafics est à son tour officiellement combattu. La situation se dégrade continuellement, jusqu'à l'assassinat du candidat donné en tête de la course à l'élection présidentielle. A la fin des années 1980 le pays semble réellement sombrer dans le chaos, entraînant dans une spirale infernale les Etats voisins, Cuba et Panama au premier rang. Le président Barco décide de réagir en lançant la lutte dans tous les domaines. Pour le gouvernement : "La Colombie est en guerre, ce n'est pas une simple expression réthorique. C'est une guerre contre les trafiquants et les terroristes". Ces derniers répondent : "Nous déclarons la guerre totale et absolue au gouvernement, à l'oligarchie industrielle et politique, aux journalistes qui nous ont attaqués et outragés, aux juges qui se sont vendus au gouvernement". Les vagues d'attentats se succèdent tandis que le Corps d'élite de la police s'installe à demeure à Medellin. Escobar profite alors de son image de "bandit populaire" et d'un réel soutien populaire, même si "dans les parcs, les rues et les avenues de la ville, c'était la bataille générale, parce que, quand on croisait des bandits, on s'envoyait du plomb". On ne compte pas moins de cent attentats pour les quatre derniers mois de l'année 1989, jusqu'à l'explosion en vol d'un appareil des lignes aériennes civiles. De troubles négociations au début de l'année 1990 se traduisent par une brève pause dans la violence, mais dès le mois de mars les opérations reprennent : entre avril et août "plus de 450 policiers sont tués", "la violence et le chaos vont crescendo". Si Escobar parvient encore à échapper durant l'été à une grande opération aéroportée lancée contre lui, ses proches sont abattus et ses jours semblent comptés. Mais la Colombie elle-même est épuisée par cette lutte et le gouvernement ouvre des négociations avec le trafiquant et l'on vous laisse découvrir p. 282 les extraordinaires conditions de "détention" qu'Escobar accepte de faire... Avec un nombre de victimes "qui correspond à des chiffres propres à un conflit armé classique", un conflit qui pourtant n'est pas encore terminé, et d'abord entre les cartels. C'est finalement une organisation "officiellement non officielle" qui porte les derniers coups à l'entourage d'Escobar en utilisant les mêmes moyens terroristes et c'est le commandant Aguilar qui "loge" l'ancien parrain déchu, grâce aux écoutes téléphoniques, dans un appartement de Medellin : "Pablo Escoobar est mort ! Vive la Colombie".

Ce n'est pas un roman noir, mais l'histoire d'un pays pendant une trentaine d'années. C'est passionnant. A tous les points de vue.

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 381 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-36358-175-4.

Violence et corruption
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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 07:00

L'action militaire terrestre de A... à Z...

Didier Danet, Ronan Doaré et Christian Malis (Dir.)

Voilà un volume, conçu comme un dictionnaire alphabétique, qui doit immédiatement trouver sa place parmi les outils de travail et les usuels de tous ceux qui s'intéressent aux questions militaires actuelles comprises dans une définition large.

De A comme "Accrochage", "Action en coalition", "Arme blindée cavalerie", etc., à Z comme "Zones de combat", cet ouvrage collectif présente grâce aux contributions de plus de cinquante auteurs différents (militaires, enseignants et chercheurs) toutes les facettes de l'action militaire terrestre en quelques 80 articles de quelques pages. Les différentes armes, les principaux matériels, les questions doctrinales, de commandement ou éthiques, le cadre juridique des engagements et le monde virtuel du cyber, les FOB et autres COP, les conséquences de la topographie et de la géographie, les sociétés militaires privées et les forces spéciales, les questions de tactiques, les nouvelles formes de "guerre hybride", la projection de forces et leur soutien logistique, etc. : chacun trouvera sans aucun doute dans ce volume des éléments de référence, d'autant que les articles comportent fréquemment des notes de bas de page et qu'une importante bibliographie classée par thème est donnée dans les dernières pages. Je contribue avec un texte sur les "Evacuations de ressortissants", envisagées à la fois dans le temps long, dans leurs objectifs politiques et dans leur organisation militaire.

Un outil de travail et de référence indispensable non seulement aux militaires eux-mêmes (en particulier tous ceux qui préparent un concours ou qui suivent une formation), mais aussi aux étudiants sur les questions de sécurité et de défense et aux citoyens éclairés qui souhaitent comprendre les événements récents et en cours. 

Economica, Paris, 2015, 612 pages, 29,- euros.
ISBN : 978-2-7178-6787-9.

Dictionnaire militaire
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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 07:00

Les Français à Berlin

1945-1994

Christian Brumter

Voilà une somme qui mérite d'être beaucoup mieux connue, et l'on peut légitimement regretter que cette volumineuse publication n'ait pas bénéficié de davantage d'échos depuis sa (récente) parution.

Bien que progressivement reconnue parmi les "Quatre Grands" à partir du deuxième semestre 1944, la France se prépare dès le printemps précédent à l'occupation d'une partie de l'Allemagne et de l'Autriche et, lorsque les premières structures d'occupation alliées s'installent dans la capitale du Reich vaincu au début du mois de juin 1945 se trouve à même de participer pleinement au contrôle et à l'administration de la ville. Décrivant avec une grande minutie toutes les évolutions de la présence française et la contribution des représentants civils et militaires de Paris au fonctionnement des institutions interalliées. L'ouvrage est divisé en six grandes parties chrono-thématiques. "Les vainqueurs" s'ouvre sur l'installation des forces d'occupation et se poursuit jusqu'au début des années 1950 avec la présentation de toutes les questions liées à l'administration de la force mais aussi à la politique conduite et à l'image de la France, alors même que les autorités soviétiques multiplient les pressions et provocations. La seconde, "Les défenseurs", est naturellement centrée sur la construction du "Mur" et ses conséquences (fugitifs, incidents, patrouilles, défense des accès, etc.) ainsi qu'aux efforts de propagande des responsables communistes. La troisième, "Les protecteurs", nous parle en fait de la vie quotidienne durant la longue période des années 1970-1980, avec en particulier la présentation du Gouvernement militaire français et celle des différentes unités successivement déployées. Quelques pages sur le TMFB (train militaire français de Berlin). Elle s'intéresse longuement aux relations officielles avec les institutions du Land Berlin et annonce la quatrième, "Les amis", qui s'intéresse à tous les aspects des rapports culturels, de loisirs et amicaux avec la population berlinoise. La cinquième, "Les solidaires", se replace au niveau institutionnel sous le triple angle des relations avec la RFA, avec la RDA et avec le Land lui-même, dont les évolutions progressives sont soulignées. La sixième et dernière enfin, "Les partenaires", nous fait revivre les événements de l'ouverture du "Mur" et de la réunification, avant l'organisation du départ définitif des troupes alliées.

Extrêmement complet sur les plans politique et diplomatique, l'ouvrage parle bien sûr longuement des questions militaires et des forces armées. Ceux qui ont connu le Berlin de la deuxième moitié du XXe siècle pourront regretter que certains points ou aspects particuliers soient peut-être traités de manière un peu rapide (quelques pages finalement peu éclairantes sur la MMFL de Potsdam, sauf en ce qui concerne sa dissolution), mais sans doute n'est-ce que l'attente déçue de ceux qui connaissent déjà et voudraient soit aller plus loin, soit y retrouver le souvenir de leur propre séjour dans la ville. Au bilan, un ouvrage de référence absolument essentiel pour quiconque s'intéresse à la présence militaire française en Allemagne après 1945, mais aussi plus largement pour ceux qui travaillent sur les relations franco-allemandes.

Editions Riveneuve, Paris, 2015, 918 pages, 28,- euros.
ISBN : 978-2-36013-299-7.

Quartier Napoléon
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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 07:00

Les fiascos militaires

de la Seconde guerre mondiale

Laurent Tirone

Déjà auteur d'un intéressant ouvrage sur Les armes secrètes du IIIe Reich (ici) et journaliste spécialisé, Laurent Tirone abandonne les matériels pour s'intéresser aux questions plus tactiques.

Comme dans l'ouvrage précédent d'ailleurs le titre ne semble pas tout à fait adapté au contenu de l'ouvrage. Plutôt que de "fiascos", il s'agit de décrire le déroulement d'une vingtaine de batailles qui se soldent par une défaite pour l'assaillant (phénomène assez fréquent dans l'histoire militaire, reconnaissons-le). De Montcornet aux prémisses de la bataille de Berlin en passant par Dakar, Dieppe, Kharkov, Midway, Kasserine, Market Garden, les Ardennes, nous suivons les principales armées engagées dans la Seconde guerre mondiale à l'occasion d'offensives ou d'opérations dont les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes de leurs initiateurs. Pour chaque chapitre, Laurent Tirone en décrit les préparatifs et le déroulement afin d'en tirer très rapidement quelques enseignements en conclusion. De ce point de vue, l'ouvrage est intéressant et sera utile à ceux qui découvrent les opérations militaires des années 1940-1945. Il donne par exemple beaucoup de chiffres significatifs (engins engagés, effectifs, pertes, etc.) et synthétise en quelques phrases sobres les principales phases. Toutefois, on atteint là les limites de l'exercice et l'on peut regretter que des opérations totalement différentes par leur nature et leur contexte (la bataille de Montcornet dans l'hexagone en 1940 et le raid du Yamato vers Okinawa en 1945) soit successivement décrites sans conclusions partielles et sans qu'une synthèse plus élaborée ne soit tirée. Certes, quelques principes généraux sont régulièrement mis en relief (questions relatives aux matériels, à l'organisation du commandement, au mépris de l'adversaire, à la logistique, aux carences du renseignement, etc...), mais c'est finalement assez maigre et il est un peu facile de constater en conclusion qu'une "victoire correspond toujours à un échec pour l'adversaire"... Et puis, si conduire les opérations militaires se limitait à cocher les cases d'une liste pré-établie, cela se saurait sans doute.

Un volume d'été pour survoler quelques unes des principales opérations de la Seconde guerre mondiale.

Ixelles éditions, Paris, 2015, 219 pages. 14,90 euros.

ISBN : 978-2-87515-261-9.

Echecs cinglants ?
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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 07:00

Merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines

Le Figaro Histoire - n° 21

Le dossier central de ce numéro est consacré aux pionniers de l'aéronautique, de Pénaud et Wright à Blériot, jusqu'aux "conquérants de l'impossible" de la conquête de l'Atlantique, des Andes et de l'Aéropostale. Plusieurs pages sont consacrées aux "héros", pilotes mais aussi ingénieurs et techniciens, un article bien sûr à l'aviation (de chasse surtout) pendant la Grande Guerre et un autre à Kessel, aviateur pendant la Première Guerre mondiale. Enfin, plusieurs pages de profils présentent les avions mythiques, du Blériot type XI au Spad SVII et au Dornier DO-X ou au Spirit of St. Louis. Parmi les autres articles, une "charge" contre la réforme du collège, un point de situation sur les merveilles de l'Antiquité syrienne sous le régime de l'Etat islamique et un reportage sur la frégate Hermione et son voyage commémoratif aux Etats-Unis. Comme toujours, les livres sont à l'honneur, en relation avec les articles ou dans les pages "Nouveautés".

Pionniers de l'aviation
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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 07:00

Jean Bart et von Luckner

Navires & Histoire - n° 91

Deux grands articles retiennent en particulier notre attention au sommaire de ce numéro. Patrick Villers revient longuement sur l'année exceptionnelle vécue par Jean Bart, fait chevalier, en 1694 avec la victoire du Texel et la défense de Dunkerque, mais aussi la brillante escorte d'un convoi de blé essentiel. En plus de 30 pages, René Alloin nous raconte l'histoire du Seeadler et de son capitaine, Felix von Luckner, avec une précision et un sens de la mesure qui en imposent. On apprécie également le bel article de Gérard Garier sur le sous-marin français Curie, devenu le U-14 austro-hongrois en décembre 1914. A signaler, l'abondante iconographie, dont par exemple une très belle vue aérienne de la flotte autrichienne dans le port de Pola.

Corsaire(s) !
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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 07:00

Opération Serval

Notes de guerre. Mali 2013

Général Barrera

Dans ce solide volume de plus de 400 pages, le général Barrera raconte ses propres souvenirs de la campagne 2013 au Mali, lorsqu'il commandait le premier mandat de la Force Serval. L'ouvrage est tout-à-fait intéressant à de nombreux titres.

Le livre s'ouvre sur une mise en contexte en métropole, pendant que le général Barrera commande sa brigade entre août 2011 et janvier 2013. Cette partie introductive est importante, car elle permet de rappeler, à travers un certain nombre de coups de projecteur, des points essentiels de la responsabilité de commandement, de la cohésion des unités, du sens de la camaraderie qui est loin d'être un vain mot, de l'importance de l'entraînement et de la rigueur de la préparation opérationnelle, car "les ouvertures de théâtre, les départs en urgence, les remplacements de dernière minute font partie des imprévus qui nécessitent d'être toujours prêts". La qualité des rapports entre les hommes aussi : "La confiance est un fusil à un coup et seul le langage de la vérité permet de commander sereinement, de rester crédible aussi. Mieux vaut dire qu'on ne sait pas, plutôt que de mentir ou de faire espérer abusivement". On y trouve également la mort, le sacrifice, la peine des familles, le souvenir des Anciens, en un mot ce qui donne du sens à un engagement individuel et collectif. La deuxième partie s'ouvre sur la décision de lancer l'action le 12 janvier 2013 et les régiments sont très rapidement prêts à partir (avec toutefois ce bémol : "Allez en ville et achetez tout ce que vous trouverez sur le Mali", alors que la situation était très tendue sur place depuis des mois). Le général nous montre la montée en puissance de ce qui va devenir la brigade Serval, raconte ces derniers jours en métropole durant lesquels il faut tout à la fois veiller à la moindre question de matériel, prendre ses consignes et donner ses premières directives, passer encore quelques heures en famille avant de prendre l'avion pour l'inconnu. Dès l'arrivée au Mali, ce sont les points de situation avec ceux qui sont déjà sur place, avec les autorités locales, les premiers choix tactiques, les interrogations sur le soutien sanitaire ou carburant, les premiers raids blindé, aéromobile et aéroporté (avec un clin d'oeil "sur les traces de Joffre en zone désertique et marécageuse"). Le rôle de chacun est bien mis en lumière et l'on a conscience, dès l'opération sur Tombouctou, de la complémentarité de tous les intervenants ("Une opération aéroportée ne vaut  que par la capacité de rejoindre rapidement l'infanterie au sol", mais aussi "Il faut toute la volonté des Marsouins pour désensabler leurs camoins logistiques"), sans oublier la pression de Paris, qui ne comprend pas toujours qu'une progression puisse prendre du temps et que la ville ne soit pas libérée à la date initialement fixée. Et ce facteur, que les théoriciens de la guerre ont toujours du mal à prendre en compte : "Ce raid tient avec la bonne volonté, la professionnalisme et la débrouillardise de chacun". Un exemple illustre le caractère exceptionnel de la mission, pour remettre sommairement en état rapidement l'aéroport de Tombouctou : "Le largage d'un bulldozer par parachute, une capacité inemployée depuis l'Indochine et pourtant totalement indispensable aujourd'hui". La troisième partie est consacrée aux raids vers l'est et le nord de Gao, en direction de Ménaka et de Tessalit, puisque les djihadistes ont refusé le combat frontal et se sont repliés vers des zones refuges, distantes cependant de plusieurs centaines de killomètres (la question des élongations est en permanence présente). Au fil des pages qui suivent, dans le même esprit, le général Barrera raconte les raids blindés, les réactions aux attaques suicides, les efforts pour contrôler d'immenses espaces et le rôle des hélicoptères, les accrochages en ville et les opérations dans l'Adrar des Ifoghas (très détaillées dans la quatrième partie). Des sujets aussi essentiels que le renseignement, le rythme des opérations et le fameux "brouillard de la guerre" (dont on peut s'extraire grâce à une solide planification et à la solidité de la formation de chacun en amont pour faciliter en conduite la prise judicieuse d'initiatives adaptées) sont régulièrement abordés, à l'aide d'exemples concrets et d'anecdotes significatives. Au fil des pages, les transmetteurs indispensables avec l'ampleur du territoire à couvrir, les sapeurs ("ceux qui ont déminé l'entrée de l'Ametettaï"), les artilleurs ("l'artillerie toujours, indispensable pour appuyer et sauver l'infanterie"), le Service de santé ("notre soutien sanitaire protège aux mieux nos soldats des unités de tête"), les logisticiens du "colonel Dominique", les officiers du petit état-major, les sous-officiers des unités de l'avant, les simples soldats, sans oublier les "anges gardiens de l'armée de l'air", nous les voyons tous à l'oeuvre parce que le général se déplace beaucoup et n'hésite pas à "monter" vers le nord pour "sentir" la situation, tout en laissant à chaque échelon hiérarchique la plénitude de ses responsabilités. Régulièrement, le rôle de l'armée malienne et surtout des Tchadiens est mis à l'honneur et la synthèse : "Cette victoire tactique est bien celle de la combinaison de la technologie aéroterrestre alliée à la rusticité extrême des hommes". Rusticité authentique car après deux semaines de combats intensifs les marques extérieures de confort sont modestes : "3 litres d'eau de puits tous les deux jours, un oignon, une bière un appel téléphonique par semaine".

Jusqu'au bout, ce témoignage se lit avec le plus grand intérêt, entre analyse tactique des opérations et éclairages humains. Le livre est par ailleurs heureusement ponctué de nombreuses cartes qui permettent de suivre avec aisance les déploiements et les opérations, et compte un cahier de photos. On apprécie également au fil du texte les références ponctuelles personnelles du général à d'anciens soldats, jusqu'aux poilus de la Grande Guerre, toujours représentés à travers un individu de chair et de sang (le chasseur Marcel Pieuchot, "tué le 20 août 1918"), qui tout à la fois tissent un lien entre les générations du feu successives et induisent l'importance de l'histoire dans la formation morale du soldat. Un tout petit détail : cette manie récente de nommer les gens par leurs prénoms finit par être lassante, surtout associée au grade ou à la fonction (colonel Denis, chef d'état-major Claude, etc.), d'autant que dès que l'on connaît un peu le dispositif le nom de famille revient tout de suite à l'esprit...

L'historien connaît bien la relativité des témoignages et il saura décrypter celui-ci. Mais, objectivement, il y avait longtemps qu'un volume aussi complet, aussi riche, aussi utile n'avait pas été édité, moins de deux ans après la fin de la campagne concernée : toutes proportions gardées, il est comparable aux meilleurs témoignages du siècle précédent. Qu'il ait été récompensé par une mention spéciale du prix Erwan Bergot en juin dernier est tout à fait mérité. A lire et à étudier.

Seuil, Paris, 2015, 447 pages. 21,50 euros.
ISBN : 978-2-02-124129-7.

Journal du Mali
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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 07:00

Eloge du droit naturel

Jean-Alphonse Bernard

Un ouvrage original dans la production actuelle, qui vise à réhabiliter en quelque sorte la philosophie classique et le droit naturel.

Pour ce faire, l'auteur, ancien haut fontionnaire et énarque plutôt spécialiste semble-t-il de la vaste région du sous-continent indien, articule sa démonstration en trois parties d'importance inégale. La première reconstitue "l'arbre généalogique" des grands courants philosophiques en partant de la Grèce antique et de Rome et en mettant en relief "le moment Montesquieu" : "Que Montesquieu ait été le premier Moderne ou le dernier Ancien en philosophie politique, c'est un beau sujet de dissertation. Mais qu'il ait été le dernier des philosophes de son siècle à s'appuyer franchement sur le droit naturel, n'est-ce pas reconnaître qu'il fait ainsi le pont entre la plus ancienne notion du droit et les préoccupations les plus pressantes de ce temps-ci ?". La seconde, plus brève (moins de 30 pages), fait en quelque sorte la synthèse et le lien avec la dernière partie en retraçant depuis Héraclite, Aristote et Platon l'histoire de l'idée de "loi naturelle" (qualifiée p. 147 "d'indéracinable racine de l'Occident"), reprise et développée par Saint-Thomas dont l'influence se fait sentir jusqu'à la déclaration d'indépendance américaine et la déclaration des droits de 1789, et qui constituerait un socle commun. La dernière partie enfin recherche dans la société d'aujourd'hui et ses grands thèmes les traces de ce droit naturel et les réponses qu'il pourrait apporter : "La plupart d'entre nous ne passent pas leur temps à violer la loi, non seulement pour ne pas risquer d'être arrêter mais aussi parce que notre conscience nous interdit de faire le mal. De même, la plupart d'entre nous honorent leurs promesses, jouent franc jeu, respectent les droits des autres et exécutent leur tâche même qquand le patron n'a pas l'oeil sur eux". Ce serait donc dans les réactions, les attitudes, les comportements individuels que l'on trouverait aujourd'hui plutôt le souvenir de ce fonctionnement "naturel" d'une socété, dans l'ancienne "sagesse populaire" et ses dictons en quelque sorte. On rentre ici "dans le dur" : "Ce qu'on voudrait montrer dans les pages suivantes c'est qu'à force de s'étendre la distance entre les humbles et les habiles, entre le peuple et les clercs aboutit à la perte du sens commun, cependant que l'idée de nature humaine a perdu toute légitimité, au moins aux yeux des clercs". Les chapitres sont alors essentiellement thématiques : "L'éducation", "Le sexe, le genre et la nature", "Loi naturelle ou charia", "Nature et culture", etc. Le propos est alors sans concession. L'école d'aujourd'hui : en ruine et inefficace, les lois sociétales (mariage pour tous, etc.) la victoire des "champions de la déconstruction et du postmodernisme", sur l'islamiste politique récent : "Révolutionnaire, universaliste en extension, totalitaire en compréhension". En résumé, il faut plus que des individus juxtaposés pour faire une société, et s'apppuyant sur les travaux d'anthropologues l'auteur considère qu'il faut des "rapports politico-religieux qui seuls permettent à des groupes, familles, clans et tribus de devenir une société". Il en revient donc aux fondamentaux grecs de notre culture ("Le génie d'Athènes fut de construire une synthèse de toutes ces cultures en un moment de civilisation incomparable") pour rejeter aujourd'hui "le triomphe d'une démesure tonitruante sous les coups de cymbale d'un marché débridé".  Définissant la loi naturelle, "source du droit naturel, comme ce que la nature en nous inspire à l'homme pour se bien comporter", très largement inspiré par la tradition catholique (le livre s'ouvre sur une longue citation de Benoît XVI et se termine presque par la formule : "Il nous fallait remonter à la source, au jardin des racines grecques et judéo-chrétiennes. De la Cité antique à la Cité de Dieu nous arrivons à l'exceptionnelle rencontre de la philosophie et de la religion ... qui avait permis d'édifier le socle commun sur lequel a reeposé la civilisation européenne"), il cherche dans les grands auteurs du XIXe siècle (Constant, Tocqueville) des sources d'inspiration et s'interroge sur la forme du "gouvernement" européen aujourd'hui ("Celle d'un libre-échange intégral, celle des droits sociaux indéfiniment étendus, la prospérité par le recours à des facilités financières sans épargne, dans un système de décision géré par une bureaucratie sans contrôle"), pour laquelle il appelle à la création d'un Sénat ("force de maintien") représentant les Etats membres. Après s'être rapidement demandé pourquoi la France conserve une armée, il en vient à la conclusion à analyser les termes Liberté, Egalité, Fraternité pour constater "le caractère révolutionnaire du droit naturel", représenté comme "un feuve puissant qui, s'il est longtemps contrarié, rompra ses digues avec fureur mais dont le cours ordinaire est celui d'une force tranquille". En résumé, "c'est l'autorité seule du droit naturel qui peut nous sauver"

S'appuyant sur une abondante (et diversifiée) bibliographie, l'ouvrage est nettement un engagement militant, presque "métapolitique", plus qu'un Nième livre de philosophie. Faisant régulièrement l'aller-retour entre les siècles précédents et les recherches actuelles dans de nombreuses disciplines des sciences sociales, recherchant les références les plus anciennes dont il piste le fil d'Ariane à travers le temps, il est particulièrement riche sur le plan intellectuel tout en ayant un caractère pratique ou appliqué que l'on n'est pas obligé de partager. J'avoue que les références à l'église catholique (toujours en retard d'une évolution scientifique ou intellectuelle depuis Galilée au moins) me lassent et que l'idéalisation d'un équilibre rêvé et perdu entre la société humaine et la nature a quelque chose d'artificiel. Mais les idéaux peuvent-ils se retranscrire dans les faits avec leur pureté conceptuelle ? Un débat intellectuel, philosophique et politique qui, au moins, interroge directement nos contemporains. 

Editions Desclée de Brouwer, Paris, 2015, 274 pages, 21,- euros.

ISBN : 978-2-22006-709-4.

Philosophie politique
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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 06:45

De Pompée en -69 à Panama en 1989

Guerres & Histoire - n° 26

Toujours aussi variés et intéressants, les articles du numéro actuellement en kiosque de Guerres & Histoire nous entraînent de la lutte de Pompée contre les pirates en Méditerranée (avec une habile comparaison avec des problématiques actuelles), à l'opération Juste cause des Américains contre leur ex-allié panaméen Noriega. Outre le dossier central en cinq articles sur les divisions Panzer, "un bricolage révolutionnaire et limité", y compris dans leurs faiblesses et dans leur pérennité, on apprécie l'article consacré au Cid, héros mythifié de la Reconquête espagnole mais surtout homme de guerre de son temps, et la dernière partie (4e) de la longue et utile réflexion de Benoist Bihan sur Clausewitz, "une pensée toujours d'actualité ?".

Un numéro idéal à "picorer" en vacances.

Diversité et originalité
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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 07:00

Le siècle de Louis XIV

Voltaire

Belle idée que de rééditer (une nouvelle fois) ce livre en quelque sorte fondateur à l'occasion du tricentenaire de la mort de Louis XIV.

Considéré comme l'un des très grands classiques, publié d'abord dans les Etats allemands, il est tout à la fois une critique raisonnée du règne, un état des lieux, une "histoire de l'esprit humain, puisée dans le siècle le plus glorieux", ... et une mise en avant de Voltaire lui-même. On y trouve donc dans le même temps la chronique des grands évènements politiques et militaires et le récit des évolutions des arts et de la littérature. Bien sûr, il ne faut pas le lire comme un ouvrage d'histoire qui serait rédigé aujourd'hui : il est indispensable de le contextualiser, de s'imprégner de la culture et des usages du temps avant de critiquer telle ou telle formule ou tournure de phrase. Dans ce texte monumental, Voltaire présente "le siècle de Louis XIV" comme le quatrième âge de "grandeur de l'esprit humain" après ceux d'Alexandre, d'Auguste et des Médicis. Avant Louis XIV, "Paris ne contenait pas quatre cent mille hommes, et n'était pas décoré de quatre beaux édifices ; les autres villes du royaume ressemblaient à ces bourgs qu'on voit au-delà de la Loire. Toute la noblesse, cantonnée à la campagne dans des donjons entourés de fossés, opprimait ceux qui cultivent la terre. Les grands chemins étaient presque impraticables ; les villes étaient sans police, l'Etat sans argent, et le gouvernement presque toujours sans crédit parmi les nations étrangères". Les six premiers chapitres sont consacrés à la minorité du futur roi-soleil, à la Régence et à la Fronde. Puis vient la description chronologique des hauts faits et des grands moments du règne, jusqu'au chapitre 24 ; et enfin une succession de "particularités et anecdotes", la description du fonctionnement intérieur du royaume et un bilan des changements intervenus dans les différents domaines artistiques et religieux. On constate finalement que le texte ne fait pas systématiquement dans l'hagiographie ou l'éloge de la politique et des décisions de Louis XIV : dans les domaines de la guerre, des impôts, de la religion, Voltaire sait glisser subtilement de nombreuses réserves. Mais il n'empêche : le grand roi a voulu et su favoriser les arts. Et cela compte plus que tout (surtout si Voltaire pouvait à son tour bénéficier d'une telle politique...). Pour conclure, Voltaire propose de longues "listes raisonnées" de tous ceux qui comptent à l'époque : monarques, princes, grands généraux, ministres, et surtout un "Catalogue de la plupart des écrivains français" suivi par les "Artistes célèbres".

Bien sûr, l'histoire du règne du roi-soleil a été depuis longtemps largement réécrite, mais, une fois de plus, c'est aussi comme une oeuvre de la grande littérature classique et comme un témoignage de ce qu'était Voltaire lui-même qu'il faut aborder cet ouvrage. De ce point de vue, le style exceptionnel, les formules ciselées, les références éloquentes contribuent à conserver à ce Siècle de Louis XIV tout son intérêt, et surtout le plaisir de lire un très beau texte. Presque 1000 pages pour quelques euros : le rapport qualité/prix est absolument imbattable.

Folio classique, Paris, 2015, 969 pages. 9,50 euros.
ISBN : 978-2-07-046300-8.

Classicisme français
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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