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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 07:00

La vie à bord des U-Boote

Los ! - Hors-série n° 9

Un thème intéressant et une approche originale pour cet hors-série d'été de Los !, puisque la rédaction nous propose de vivre avec les sous-mariniers allemands, de la formation de l'équipage au déroulement d'une patrouille opérationnelle. Après une présentation de l'arme sous-marine du IIIe Reich, nous intégrons en quelque sorte le groupe humain de l'équipage, suivons son entraînement, participons à la préparation d'une mission et prenons la mer. Arrivés sur zone, les opérations actives s'engagent et après plusieurs semaines de patrouille, il faut revenir à la base. Au fil des pages, les différents postes, combattants ou non, tenus par les membres de l'équipage sont expliqués, les conditions de vie détaillées, les contraintes d'un environnement particulier précisées. En fin de numéro, les lecteurs trouveront le rappel des décorations et insignes de spécialité. A la fin de la lecture, on comprend mieux l'état d'esprit particulier des équipages de sous-marins et des commandants de bâtiments. Un numéro à conserver.

Guerre sous-marine
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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 07:15

Daumesnil

D'Arcole à Vincennes

Didier Mireur

Une vie de bruits, de fureur, de combats, d'excès parfois et de fidélité à ses principes toujours : voilà une agréable biographie d'un général de Napoléon Ier aujourd'hui (hélas) bien oublié.

Didier Mireur nous présente, dans un style vif, très descriptif, agréable à lire, la vie de ce natif de Périgueux, engagé volontaire à 17 ans en 1793 au 22e régiment de chasseurs à cheval de Toulouse et dont la carrière militaire à proprement parler commence l'année suivante, dans la région de Toulouse, contre les Espagnols par une grave blessure : considéré comme condamné par le médecin, il parvient néanmois "à la surprise générale" à se rétablir en deux mois. Son régiment étant affecté à l'armée d'Italie, il trouve "en Bonaparte un chef correspondant à son attente, un chef imprévisible et charismatique, qu'on a envie de suivre jusqu'au bout". Le personnage est déjà excessif, "aussi héroïque au combat qu'il était sans mesure dans ses excentricités lors des périodes de repos", il est des trois hommes qui sauvent Bonaparte à Arcole et prend six drapeaux aux Autrichiens lors de la campagne, ce qui lui vaut d'intégrer la compagnie chargée de protéger en permanence le jeune général. En 1798, il est en Egypte, il est dégradé et condamné à mort pour une sombre affaire de boissons et de rébellion à officiers dans une gargote du Caire : il est grâcié à titre personnel par Bonaparte, qu'il sauve sans doute à nouveau sous les murs de Saint-Jean-d'Acre et dont il reçoit "l'un des tout premiers sabres d'honneur ... Il fut également surnommé 'Le Brave' et retrouva ses galons de brigadier". Lorsque Bonaparte quitte l'Egypte sur la frégate Murion, Daumesnil appartient au petit groupe qui l'accompagne et, promu sous-officier intègre la Garde consulaire, au sein de laquelle il devient rapidement sous-lieutenant. Toujours proche de Bonaparte, il participe à la campagne d'Italie et à la bataille de Marengo, il est capitaine en 1801, intègre naturellement la Garde impériale à sa création (on sait que le désormais Napoléon Ier porte souvent l'uniforme des chasseurs à cheval, "l'unité fétiche de l'Empereur") et reçoit la croix de la Légion d'honneur lors de la première remise officielle du nouvel ordre, le 15 juillet 1804. Daumesnil fait toutes les campagnes : il sauve le général Rapp à Austerlitz (au lendemain de la bataille il est promu chef d'escadron), il est à Eylau où il charge avec ses cavaliers devant le célèbre cimetière, il sert en Espagne et entre dans Madrid avec Murat  ("Il a eu vingt hommes hors de combat et deux chevaux tués sous lui"), rentre précipitemment à Paris avec Napoléon lorsque celui-ci s'inquiète du réarmement de l'Autriche et prend le commandement du 1er régiment de chasseurs à cheval de la Garde à la veille de Wagram, où il a la jambe brisée par un boulet. Amputé, il est fait baron d'empire et écrit à Dominique Larrey : "Mon bobo sera bientôt guéri et il ne restera plus, en souvenir de mon accident, qu'une jambe de chair et d'os en moins et une jambe de bois en plus". Choyé par l'empereur qui lui accorde plusieurs importantes gratifications, il est nommé gouverneur de Vincennes avec le grade de général de brigade au début de l'année 1812 et le couple impérial signe son contrat de mariage. Il se préoccupe désormais de faire fonctionner au mieux le château de Vincennes, dépot essentiel et arsenal pour la Garde, et d'en améliorer les défenses. Sur le fond cependant, son caractère n'a pas changé et il multiplie les frasques avec d'autant plus de frénésie qu'il a désormais des revenus réguliers importants et qu'il "était aussi très orgueilleux et imbu d'un titre qu'il estime lui valoir de nombreuses prérogatives". C'est au cours des sièges de Paris de 1814 et de 1815 qu'il entre dans la "grande histoire", en refusant de rendre le château aux Coalisés et l'on connaît la phrase : "Les Russes m'ont enlevé une jambe. Qu'ils me la rapportent ou qu'ils viennent me prendre l'autre". Pendant les Cent Jours, il retrouve son fort de Vincennes et écrit au ministre de la Guerre au lendemin de Waterloo : "Vous connaissez le dévouement que je porte à Sa Majesté. L'ennemi n'entrera dans la place que lorsque je n'y serai plus". Après la deuxième occupation de la capitale, il refuse à nouveau de rendre la place sans un ordre écrit personnel du roi et soutient le blocus des Coalisés pendant 129 jours.

La biographie d'un personnage hors norme, comme les époques d'exception peuvent en produire, et qui se lit presque comme un roman. Un excellente lecture d'été qui en dit beaucoup sur la Garde et l'attachement que suscita l'empereur.

Editions Cyrano, Eglise-Neuve-d'Issac (24), 2015, 214 pages, 17,- euros

ISBN : 978-2-918136-18-7.

Général flambeur et fidèle
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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 07:00

Deux présentations d'ouvrages récents en allemand sur la Grande Guerre,

publiées sur le bulletin électronique Perspectivia de l'Institut historique allemand

Verdun 1916

Olaf Jessen

Affirmant vouloir cesser de raconter l’histoire de la Grande Guerre »depuis le fauteuil des généraux«, ce qui objectivement n’est plus depuis longtemps la réalité de la recherche historique, Olaf Jessen utilise de nombreux documents d’archives et illustre son livre de nombreuses photos et de cartes. Le livre est structuré de façon assez classique en douze chapitres chrono-thématiques, mais on apprécie particulièrement la présentation en introduction des principaux personnages et l’analyse en fin d’ouvrage des principales publications ultérieures sur la bataille, en particulier celles des témoins et acteurs.

Parmi les principaux points... La suite : ici

 

Mit vollem Risiko in den Krieg, 1914-1918

Ignaz Miller

Le titre pourrait se traduire, de manière non littérale, par »Risque maximum: comment l’Allemagne est entrée en guerre«. Or le contenu est légèrement différent, puisqu’il s’agit pour Ignaz Miller de démontrer sa thèse d’une culpabilité générale de l’Allemagne. Pour l’auteur, en effet, non seulement l’Allemagne est l’unique responsable du déclenchement de la Grande Guerre, mais encore cette responsabilité trouve ses racines dans l’histoire de l’empire et du peuple allemand, et se poursuit au-delà jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

À en croire Miller, ... La suite : ici

Points de vue allemandsPoints de vue allemands
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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 07:00

Reichsackerkopf 1915

14-18 Magazine - n° 70

Les combats ont été particulièrement nombreux et violents dans les Vosges en 1915, mais certains noms de lieux sont davantage restés dans les mémoires que d'autres. Il est donc tout à fait intéressant que Romain Sertelet revienne longuement sur ceux de la vallée de la Fecht et du massif du Reichsackerkopf, qui se poursuivent durant tout le premier semestre 1915. Belle variété de thèmes abordés sur l'ensemble du sommaire : on apprécie également l'article de Yann Lagadec sur "Les enfants-soldats de Bretagne dans la Grande Guerre", qui cherchent (et parfois parviennent) à s'engager dès l'automne 1914 ; l'auteur sachant par ailleurs en relativiser le nombre et en souligner les limites d'emploi. Original, l'article de Jean-Pascal Soudagne sur "Les cuisines roulantes" et les longs débats qui accompagnent la sélection des différents modèles proposés, avec ces discussions sur "cuire" ou "réchauffer" au plus près des poilus. Julien Sapori enfin nous présente les début de la guerre (navale) dans l'Adriatique, lorsque en mai 1915 la Double-Monarchie tente de profiter de sa relative supériorité sur l'Italie qui entre alors en guerre.

Combats des Vosges
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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 07:00

La Kampfgeschwader 100

L'escadre au Drakkar

Jean-Louis Roba

Premier volume d'une nouvelle collection d'histoire des unités, cet ouvrage est consacré à une formation atypique qui, selon la conclusion de l'auteur, "reflète assez bien les tourmentes affrontées par l'aviation militaire du IIIe Reich tout au long de la Seconde guerre mondiale".

Créée au milieu des années 1930 comme unité d'expérimentation dans le domaine du guidage aérien (bombardement / transmissions), elle devient formation opérationnelle à partir de l'invasion de la Pologne en 1939 et sera dès lors engagée sur tous les théâtres, au-dessus de la mer du Nord, sur la Norvège puis dans le cadre de la bataille d'Angleterre, essentiellement en charge de missions de guidage aérien. A partir du deuxième semestre 1941, c'est contre l'Armée rouge et les sites industriels soviétiques, dans le cadre de Barbarossa, que ses appareils interviennent, avec un potentiel affaibli (les hommes comme les machines). Réorganisée en deux unités (son historique devient assez confus avec une succession rapides d'appellations différentes), elle sert pour partie au sud du front russe (Sébastopol, Stalingrad, Caucase) et pour partie à l'ouest au-dessus de l'Atlantique et de l'Angleterre. Nouveau changement au printemps 1942, avec un regroupement partiel en Grèce pour intervenir au profit de l'Afrika Korps de Rommel en Libye et en Egypte, mais aussi contre Malte. Les réorganisations et modifications de structure se poursuivent, entraînant de nouveaux changements de dénomination et la disparition de l'unité "historique", avec la création de trois formations opérationnelles distinctes et d'une unité d'instruction. A nouveau massivement employés au-dessus de la Méditerranée, les appareils reçoivent les fameuses bombes 'Fritz X'. Désormais les Alliés progressent au sud (débarquement de Sicile) et les Allemands prennent pour cible les navires italiens qui viennent de changer de camp (attaque du convoi de l'escadre italienne en septembre et destruction de son navire amiral, le Roma). La zone d'action s'étend aux îles du Dodécanèse, à la péninsule italienne, toujours aux côtes britanniques et à l'Atlantique et bientôt à la France métropolitaine à la suite des débarquements de Normandie et de Provence.

Une histoire à certains égards assez confuse, ou pour le moins compliquée (quelques organigrammes simplifiés auraient sans doute été utiles), mais qui permet de suivre les opérations aériennes (au plus près des pilotes grâce à de nombreux témoignages) d'un bout à l'autre de l'Europe en guerre. Comme de coutume chez Léla Presse, des centaines de photos et des dizaines de profils illustrent le texte qui se termine sur quelques annexes (liste du personnel, des commandants, des décorés, etc.). Un volume qui séduira les spécialistes, mais qui aurait encore gagné à faire davantage le lien entre opérations aériennes et combats au sol. Il sera néanmoins utile à tous, en complément d'études "terrestres", pour mieux comprendre l'ampleur et le développement des opérations sur les différents fronts. 

Editions Léla Presse, Le Vigen, 2015, 224 pages, 39,- euros.
ISBN : 978-2-914017-82-4.

Sur tous les fronts
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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 07:00

Port-Arthur

8 février 1904 - 5 janvier 1905

Bruno Birolli

L'auteur, auquel on doit une biographie récente du général Ishiwara Kanji, "l'homme qui déclencha la guerre", nous le rappelle à la fin de son bref préambule : "Du point de vue de l'histoire militaire, le 20e siècle commence en 1904 devant Port-Arthur", à l'occasion de cette guerre russo-japonaise qui marque l'émergence du Japon comme grande puissance.

Les premiers chapitres posent le cadre du prochain conflit en présentant successivement la situation en Mandchourie, objet de toutes les convoitises et prélude suppose-t-on à l'ultime démembrement de la Chine, la politique américaine d'Open Door et l'alliance entre Londres et Tokyo, les deux armées en présence avec leurs forces et leurs faiblesses, la situation locale enfin avec la topographie de Port-Arthur et le détail de ses nombreuses positions fortifiées, fortifications souvent dépassées qui n'ont plus que l'apparence de la puissance. Le chapitre 5 est consacré au début des opérations militaires japonaises, avec un raid naval de nuit, le 8 février 1904, contre la flotte russe à l'ancre dans le port. Sans réel succès, cette attaque est prolongée par des escarmouches maritimes pendant plusieurs semaines, les Japonais hésitant à s'approcher sous le feu des batteries côtières, mais l'étau se resserre néanmoins peu à peu sur la garnison que commande visiblement fort mal le général Stoessel (avant d'être relevé d'une partie de ses prérogatives militaires) et que la 3e Armée japonaise commence à débarquer prudemment à une petite centaine de kilomètres de la place forte. Les premières batailles voient déjà l'emploi systématique des tranchées, des réseaux de fil de fer (Nanshan) et Bruno Birolli souligne la qualité de la coordination interarmées chez les Japonais et l'opiniâtreté du soldat russe qui résiste bravement. A la fin du mois de mai, les Russes se sont repliés à 25 km. environ du port et les combats sur les hauteurs de Kenzan se terminent à la baïonnette. L'auteur observe également à plusieurs reprises que les jeunes officiers nippons savent faire preuve d'initiatives et d'idées novatrices, contrairement aux chefs plus âgés, "peu imaginatifs" et qui respectent scrupuleusement la doctrine en vigueur. Les assauts japonais successifs sont soigneusement préparés par l'artillerie (en dépit du manque de pièces lourdes), qui dispose d'un réseau téléphonique complet pour la première fois dans l'histoire militaire : "Une des photos de presse qui étonnent le plus les contemporains de la guerre russo-japonaise est celle du général Oku dirigeant la bataille de Nanshan de derrière un bureau couvert d'une dizaine de téléphones". Mais cela n'empêche pas les pertes d'être très élevées : lors de pratiquement tous les engagements, les Russes perdent beaucoup moins d'hommes que l'armée du Mikado. Le 19 août, lors de l'assaut de la cote 174 défendue par quelques mitrailleuses et deux canons, "malgré le feu incessant de dix batteries japonaises, les Russes tiennent quatre jours. Quand ils se retirent, ils abandonnent 350 morts. Les Japonais payent cette victoire de 1.400 morts et blessés". Déjà, l'artillerie se montre relativement impuissante à détruire les réseaux de fil de fer et malgré la puissance de l'effort japonais, les vieux forts russes tiennent et les régiments de tirailleurs sibériens résistent : les combats sont "d'une rare sauvagerie" et souvent du côté japonais par "une suite d'assauts improvisés et désordonnés, de tâtonnements brouillons". A compter du mois de septembre, comprenant que la victoire sera difficile et longue à obtenir, le commandant en chef japonais doit se résoudre à un siège en règle, marqué par de petites opérations terrestres qui restent extrêmement coûteuses, les pertes se chiffrant à 5000 hommes par mois. L'artillerie tient souvent le premier rôle (y compris avec l'arrivée d'obusiers japonais de 280 mm. ou la mise au point de mortiers de tranchée rudimentaires par les Russes), mais les sapeurs entrent aussi en ligne, aident l'infanterie à se protéger et à progresser, multiplient les sapes contre les forts : "90% des 600 hommes du régiment du génie de la 1ère division meurent". D'autres innovations sont développées : le chemin de fer de campagne facilite la logistique de l'armée nippone, les grenades à main font leur apparition et les torpilles bangalore sont mises au point, les anciennes mines dont les chambres comptent parfois plusieurs tonnes d'explosif sont reises à l'honneur. Une à une, les positions russes sont (très difficilement) écrasées. La place forte tient cependant toujours et parvient même à résister à un nouvel assaut général le 30 octobre : 30.000 hommes attaquent sur un front de 3 kilomètres. C'est un échec cuisant. Si les tranchées russes de première ligne sont (parfois) emportées, les Japonais ne progressent presque pas : "L'armée de siège découvre que le soldat russe est un défenseur hors de pair qui s'accroche dans les ruines des forts et meurt aussi bien qu'un Japonais ... Cet échec est une humiliation". Les assauts reprennent, les attaques se poursuivent, les milliers de morts s'accumulent. Fin novembre-début décembre, l'artillerie se déchaîne tandis que peu-à-peu, mais toujours au prix de pertes très élevées du fait de la résistance et des contre-attaques locales russes, les assaillants progressent : "Lentement, sûrement, mètre par mètre, en les tuant un à un, les Japonais acculent les ultimes défenseurs (de la colline 203) sur le versant-est". Le 15 décembre, la mort à 100 m. des lignes japonaises du général Kondratenko, "l'âme de la défense, celui qui plus que tout autre a fait résister la forteresse", annonce la chute de la place, effective le 31 décembre dans l'après-midi. 

Une bataille qui annonce visiblement les combats de la Grande Guerre (y compris dans une étonnante "fraternisation" le 2 décembre 1904, pendant quelques heures avant que les combats ne reprennent avec autant de violence qu'auparavant), avec son artillerie et ses mitrailleuses d'infanterie. Mais les enseignements n'en sont tirés par aucun pays, "paradoxalement, les enseignements du siège ne sont pas mieux perçus au Japon". Un très bon volume, à méditer, qui se termine par une chronologie détaillée et une petite bibliographie commentée.

Economica, Paris, 2015, 125 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-7178-6802-9

La page FB de l'auteur : ici.

Première grande bataille du XXe siècle
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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 06:00

Le syndrome de 1940

Un trou noir mémoriel ?

Gilles Vergnon et Yves Santamaria (Dir.)

Ce volume présente les communications prononcées lors du colloque international qui s'est tenu à Lyon en janvier 2014 sur le thème de la compréhension de la défaite de juin 1940 par les contemporains et de son souvenir dans le monde politique et la société française de l'après-guerre.

Organisé en trois grandes parties ("Interpréter la défaite", "La bataille du souvenir", et "Vu d'outre-mer et de l'étranger"), ce volume est particulièrement riche. Dans la première intervention, "Relire la défaite à l'aune de l'historiographie récente", François Cochet dresse un tableau complet des travaux récents sur les chefs, les combattants, les matériels, et souligne l'intérêt (cela mérite d'être mis en relief) des "revues spécialisées habituellement peu prisées des universitaires ... On trouve souvent dans leurs colonnes une véritable érudition de la culture matérielle des armes". Les communications suivantes analysent les points de vue des résistants, des catholiques, de l'extrême droite, des gauches révolutionnaires sur les événements du printemps et de l'été 1940 : bref, un large survol des opinions publiques les plus marquées, analyses posées, équilibrées et mesurées. Dans la deuxième partie qui s'intéresse aux traces ultérieures de la défaite, on apprécie particulièrement les propos de Gilles Vergon ("Nous sommes le 9 mai 1940. Anamnèses récentes de la défaite de mai-jui 1940") qui décrypte propos officiels, commémorations et couverture  de presse pour les années 1980-2010, en lien avec les publications d'ouvrages divers sous les présidences Mitterrand, Chirac et Sarkozy. La présentation par Serge Barcellini des "Associations d'anciens combattants de 1940" mérite une lecture attentive, tandis que François Pernot analyse un étonnant article paru en 1955 dans la Revue de défense nationale française sous la signature d'un officier tchèque qui présentait les combats de mai-juin 1940 avec des armées allemandes et françaises équipées... d'armes atomiques ! Une sorte "d'histoire militaire alternative", originale même si elle n'est pas toujours absolument convaincante. Dans la troisième partie enfin, Guy Pervillé revient sur "La France et l'Algérie : les points de vue des 'indigènes' en mai-juin 1940 et après" ("facteur essentiel de la fin du prestige français et de l'essor du nationalisme algérien"), et Robert A. Doughty, dans "Comme une invasion de martiens. La défaite vue des USA", montre bien comment furent perçus et ressentis outre-Atlantique, comme une catastrophe incompréhensible, les événements métropolitains de mai-juin. Un véritable traumatisme et une interrogation restée sans réponse qui pèsera lourd dans les relations ultérieures entre Washington et la France Libre puis Paris. Enfin, en fil rouge de nombreuses interventions, cette question lancinante : la défaite de 1940 résonne-t-elle encore aujourd'hui, a-t-elle des échos à la fois dans l'image que les Français ont de leur pays et dans la perception que les autres nations ont de la France... 

A notre avis indispensable pour quiconque souhaite s'intéresser à cette période et à ses conséquences intellectuelles et morales, en complément des ouvrages de référence publiés depuis quelques années. Un exemple d'actes de colloque novateur et utile.

Riveneuve éditions, Paris, 2015, 301 pages, 24,- euros.
ISBN : 978-2-36013-302-4.

Comprendre l'écho de la défaite
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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 07:00

La Marine sous l'empire

La Revue Napoléon - hors-série n° 1

Un numéro tout à fait passionnant pour cet été, car la France napoléonienne a la réputation (assez justifiée) d'être restée une puissance essentiellement continentale. Ce hors-série, dont Philippe Lamarque est le rédacteur principal aux côtés de Ronald Pawly, nous propose donc une synthèse et un bilan de ce que fut la marine impériale. On constate qu'en dépit des idées reçues, l'effort fut particulièrement important, en particulier grâce au ministre Denis Decrès, auquel un article est consacré. En 1815, la marine impériale est plus puissante qu'au débu du règne. Trois coups de projecteurs terminent ce numéro : "Le siège d'Anvers en 1814", soutenue par une marine affaiblie ; "L'enfer des pontons", effrayantes prisons flottantes britanniques ; et "La rivalité de la plume et du glaive", sur les rapports conflictuels entre les officiers qui commandent à bord des navires et ceux qui administrent la marine. Un numéro d'été réellement agréable et intéressant.

Guerre navale
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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 06:20

De la cavalerie aux Forces spéciales

L'histoire du 13e régiment de dragons parachutistes

Jean-Dominique Merchet

Dans la série des albums régimentaires d'un genre nouveau, qui au-delà de la seule mise en valeur de l'unité apportent effectivement quelque chose en termes de connaissances, voici une belle réalisation sous la direction du journaliste Jean-Dominique Merchet, qui rend un légitime hommage au beau régiment des dragons de l'impératrice.

L'album s'ouvre sur une présentation autour de celle, Alix princesse Louis Napoléon, qui est devenue en avril 1959 la marraine de ce régiment, placé en 1857 sous la protection de l'impératrice Eugénie. Les chapitres successifs détaillent chronologiquement son histoire récente, des années 1950 aux opérations actuelles, rédigés par des auteurs ayant un lien fort avec l'unité, dont plusieurs anciens chefs de corps. Après la guerre d'Algérie, la spécialité "renseignement" se cumule avec celle de "parachutiste" pour donner naissance au régiment spécialisé de recherche profonde de l'armée française, au sein duquel les spécialités les plus pointues (en particulier dans le domaine des transmissions) sont indispensables. Des textes un peu plus courts apportent des éclairages variés et des informations complémentaires, comme celui du lieutenant-colonel Bourrel -respectueux et amical salut- qui présente le rôle de la station directrice dans les années 1970 et l'action de son personnel. Une grande partie est consacrée bien sûr au 2e escadron de Langenargen, à des souvenirs d'officiers et de sous-officiers, sans oublier un clin d'oeil à la MMFL de Postdam pendant les années 1980 et plusieurs références aux exercices "Eugénie". Puis, à partir du début des années 1990, la génération des OPEX telles que nous les connaissons : Daguet, la Somalie, les Balkans, etc... Enfin, dernière période à partir de 2002, le temps des Forces spéciales, avec en points d'orgue l'Afghanistan et toujours l'Afrique. Globalement, la partie historique est beaucoup plus détaillée que celle qui traite des opérations les plus récentes, et finalement on en apprend fort peu sur "l'actualité" du 13e RDP, très rapidement évoquée. Traditionnellement, l'ouvrage se termine par la liste des chefs de corps et la présentation des différents escadrons par les capitaines, puis un hommage aux morts du régiment en opérations et un index des (nombreux) sigles utilisés.

Comme de coutume, de très nombreuses photos ponctuent le texte (certaines auraient mérité d'être reproduites dans un format plus grand). Un bel album grand public en hommage à un beau régiment, que les historiens utiliseront pour la période antérieure à 1990.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2015, 207 pages, 35,- euros.

ISBN : 978-2-36445-048-6.

Dragons de l'impératrice
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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 07:00

Le débarquement de Provence

Batailles Aériennes - n° 73

Un numéro d'autant plus intéressant qu'il est rédigé par un passionné absolu de son sujet et qu'il traite d'épisodes rarement abordés de la Seconde guerre mondiale. Guy Julien s'intéresse en effet dans cette première partie (second volume à suivre) aux opérations aériennes au-dessus de la Méditerranée et de la Provence, globalement entre le débarquement de novembre 1942 en Afrique du Nord et celui de Provence en août 1944. On peut légitimement supposer que tout y est pour les deux alliances en lutte : les unités, les chefs et les pilotes, les appareils et leurs marquages, les bases, les missions de tous types (bombardement, chasse, reconnaissance), y compris les moins connues comme celles conduites par les Allemands avec leurs premiers engins radio-guidés "Fritz X", ou celles de photographies aériennes des Alliés. Dans un large triangle entre Lyon, Nice et Montpellier, une guerre bien réelle dont on parle fort peu. Les illustrations sont comme toujours extrêmement nombreuses et souvent originales, tandis que profils et tableaux complètent le numéro. Une suggestion pour la deuxième partie : faire davantage le lien entre opérations aériennes et opérations terrestres, les unes et les autres étant naturellement complémentaires.

Guerre au-dessus de la Méditerranée
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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