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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 06:00

Guerre d'Algérie :

la dernière séance

Michel Jacquet

Spécialiste de l'histoire du cinéma, Michel Jacquet nous propose aujourd'hui un petit livre tout-à-fait intéressant sur les représentations de la guerre d'Algérie dans le 7e art.

Constatant que ces films sont pour la plupart d'entre eux peu diffusés sur les télévisions, il s'interroge d'abord sur les "rapports compliqués" entre la guerre d'Algérie et cinéma, cette guerre "représentant de manière caractéristique le type de sujet hypersensible auquel le cinéma ne pouvait envisager de s'attaquer qu'avec la plus grande circonspection". En constatant les oppositions toujours vives entre les différentes mémoires, il défend également les différentes prises de position des réalisateurs avec cette observation : "Pourquoi exigerait-on du cinéma ce que l'histoire ne parvient pas à mettre en place ?". Pourtant, en dépit d'une production finalement assez nombreuse (on s'en rend compte au fur et à mesure des pages), "seul Yves Boisset, en 1973, avec R.A.S., a pu se targuer d'avoir obtenu un franc succès commercial pour un film exclusivement consacré à la guerre d'Algérie". Le plus souvent, il s'agit en fait d'une approche ponctuelle, voire d'une évocation éloignée ou d'une simple allusion aux opérations de guerre dans des films qui affirment traiter d'une tout autre sujet, par exemple dans le cadre de portraits intimistes ou de référence à des tranches de vie. Après une première époque au début des années 1970, ce sont bien deux films très différents, L'honneur d'un capitaine et La question, qui marque la filmographie. A l'occasion, la responsabilité première des politiques n'est pas évacuée, avec des militaires "contraints de ramasser les poubelles de la République, livrés au sentiment d'abandon et au goût amer d'une double trahison". Il y a ensuite la longue liste des films évoquant, de façon très différente, les Pieds-Noirs, plus tard Dupont Lajoie et les innombrables représentations des Algériens sur le sol de France, jusqu'à Avoir vingt ans dans les Aurès et Indigènes par exemple : "Sans scrupules, la France avait recyclé les survivants de Monte Cassino dans son lumpenprolétariat. Indigène restituait à ces soldats sans solde une dignité qui n'aurait jamais dû leur être contestée". Après avoir souligné que certains réalisateurs s'engagent au titre de leurs convictions politiques personnelles (généralement à gauche, voire à l'extrême-gauche), Michel Jacquet en vient aux diffusions les plus récentes, de La trahison à Mon colonel et L'ennemi intime. Il en ressort que "les non-dits et les tabous sont toujours nombreux sur les deux rives de la Méditerranée", il reconnaît que le poids intellectuel et social des idées dominantes interdit d'aborder d'autres aspects : "Qui, aujourd'hui, oserait s'attarder suffisamment sur la brutalisation du conflit pourtant revendiquée par les caciques du FLN pour rendre irréversible la fracture entre les communautés" ?

Complété par deux utiles index, voilà un petit ouvrage qui mérite d'être connu bien au-delà du seul cercle des cinéphiles.

Editions Anovi, Avon-les-Roches, 2015, 140 pages, 14,- euros.

ISBN : 978-2-914818-88-9.

La guerre à l'écran
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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 06:00

La Suisse et la guerre de 1914-1918

Christophe Vuilleumier (Dir.)

Beau, solide, important ouvrage collectif qui constitue les actes d'un colloque tenu au château de Penthes en 2014 et qui permet une "approche plurielle et originale" de la Suisse pendant la Première Guerre mondiale.

Plus de trente contributions sont organisées en trois grandes parties : "Suisse humanitaire", "Suisse tourmentée" et "Suisse engagée". Difficile, face à une telle densité de résumer et de hiérarchiser les contributions. Des textes particulièrement intéressants figurent dans la première partie sur le CICR et l'agence des prisonniers, ainsi que sur les prisonniers eux-mêmes et leur passage d'Allemagne en Suisse. La seconde présente de nombreuses facettes des tensions internes à la Confédération helvétique et la place originale du pays dans le domaine des jeux d'influence et de l'espionnage. La troisième partie enfin s'intéresse prioritairement aux questions militaires, qu'il s'agisse de l'armée suisse elle-même, de ses fortifications, de la fameuse crise "Grimm-Hoffmann" ou de la présence de Suisses dans les armées belligérantes.

Comme le souligne Christophe Vuilleumier dans sa postface, la Suisse a été fortement touchée par la Grande Guerre bien qu'ayant pu préserver sa neutralité, et les aspects humains, sociaux, politiques, de propagande, de cohésion nationale sont abordés avec précision et intelligence. Il est rare que dans un volume d'actes de colloque une telle proportion des contributions retienne avec force l'attention.

Ed. Slatkine, Genève, 2015, 686 pages.

ISBN : 978-2-05-102745-8.

Neutralité et Grande Guerre
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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 06:00

Le procès de Louis XIV

Une guerre psychologique

Charles-Edouard Levillain

Au coeur de son propos, Charles-Edouard Levillain place la vie et les publications de François-Paul de Lisola, catholique de Franche-Comté fidèle aux Habsbourg et auteur de nombreux textes, pamphlets, brochures et libelles très durs contre le Roi-soleil.

Devenu diplomate au service des empereurs romains germaniques, il est l'un des acteurs du système d'alliance européen contre la France de Richelieu puis de Louis XIV. L'auteur présente le cadre politique, militaire et surtout diplomatique de l'époque (question des guerres de Dévolution), et la place qu'y tient de Lisola au service de l'empereur. Après avoir évoqué les principaux livres antérieurs hostiles à la France, il en vient à étudier les publications de Lisola, dans leur genèse immédiate, les formes et modalités de leur édition, leurs conséquences immédiates et postérieures, globalement entre 1665 et 1675, avec une densité particulière des débats autour des années 1672-1673. Mais il prend toujours soin de replacer ces différents thèmes dans l'action plus globale de Lisola et dans le contexte diplomatique du temps. Les subtils jeux d'influence et de manoeuvres entre Britanniques, Hollandais, Espagnols et Impériaux sont décrits avec une grande précision et il apparaît que Lisola, adversaire résolu du roi-soleil, sait s'appuyer sur des amitiés fidèles à Madrid ou à Londres, que l'auteur nous présente. Cette résolution n'empêche cependant pas Louis XIV de remporter à cette époque de nombreuses victoires, en particulier l'occupation de la province natale de Lisola, qui décède sans que ses efforts n'aient été couronnés de succès.

Un livre très dense, qui demande souvent pour un non initié à avoir déjà quelques connaissances des événements de l'époque, mais aussi très riche, s'appuyant sur une longue recherche dans les archives. Alors que de nombreux ouvrages cette année ont mis à l'honneur le Roi-soleil et sa politique, ce volume présente l'immense intérêt de nous parler à partir de l'autre côté du miroir, de nous donner à comprendre le "pourquoi" et le "comment" de la politique de certains des adversaires de Louis XIV, dont leurs formes et dans leurs effets. Un livre indiscutablement important.

Tallandier, Paris, 2015, 400 pages. 24,90 euros.

ISBN : 979-10-210-1374-2.

Pamphlets et propagande contre Louis XIV
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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 07:00

 

Le Hamas et le monde

Leila Seurat

Curieusement, alors qu'il fait régulièrement la Une de l'actualité, le mouvement palestinien Hamas n'a pourtant fait l'objet que d'un nombre limité d'ouvrages en français, et plus encore ses relations internationales et sa diplomatie n'avaient jamais fait l'objet d'une étude d'ensemble. Ce déficit est désormais comblé.

Leila Seurat procède méthodiquement. Une solide introduction présente l'émergence du Hamas sur la scène moyen-orientale, son approche de l'islam, ses rapports avec les Frères musulmans et le (complexe) processus de prise de décision qui lui est propre puis expose les sources utilisées, y compris des entretiens et enquêtes de terrain. Quatre grandes parties détaillent ensuite l'ensemble du thème : "Les grandes orientations de la politique étrangère du Hamasdepuis 2006", "Les multiples objectifs de la politique étrangère du Hamas", "Place et rôle de l'idéologie" et "L'impact des processus de décision sur la politique étrangère du Hamas". De l'accord de La Mecque à la prise du pouvoir par un coup de foce dans la bande de Gaza, de trêves rompues en accords renégociés, le mouvement conserve sur son territoire un total contrôle. Avec le blocus exercé par Israël, s'impose la ncessité d'une prise en charge des relations internationales par la direction "extérieure" du mouvement, relations (très) limitées avec la plupart des Etats occidentaux et parfois conflictuelles avec certains pays arabes. L'auteure nous explique ainsi la difficile position adoptée à l'égard de la guerre civile syrienne, et les liens étroits avec le régime iranien. Toujours à la recherche d'une reconnaissance formelle, mais placé sur la liste des organisations terroristes, le Hamas trouve dans la confrérie des Frères musulmans un appui régulier (que les évolutions de la situation en Egypte compliquent singulièrement) et, pour maintenir des structures étatiques et administratives doit trouver à l'extérieur les financements que la pauvreté du territoire lui refuse (avec, au passage, ponctuellement, au nom d'intérêts bien compris, une tolérance d'Israël afin d'amoindrir la réputation du gouvernement du Fatah à Ramallah). Sur ce point, revendiquant la légitimité de ses attaques en réponse aux agressions et à l'occupation israélienne, le Hamas exacerbe son discours sur la "résistance" et cet aspect "nationaliste" plus que "religieux" de son idéologie lui vaut un certain nombre de soutiens plus ou moins officialisés ou reconnus. Finalement, l'éclatement des centres de décision entre l'intérieur et l'extérieur de la bande de Gaza favorise un processus interne de dialogues et de débats (qui n'apparaissent pas toujours à l'extérieur), dont naissent des décisions finalement moins radicales que l'on pourrait le croire. Leila Seurat détaille les multiples accords qui se sont succédés depuis une dizaine d'année et fait le constat qu'un rapprochement s'est opéré avec le Hezbollah. Finalement, cette politique étrangère se comprend et s'articule en fonction de deux critères : les rapports avec Israël d'une part et la survie de son pouvoir à Gaza d'autre part. 

Une description précise, une analyse froide : un livre qui apportera beaucoup à tous ceux qui s'intéressent à la question du Moyen-Orient en général et à la Palestine en particulier.

CNRS Editions, Paris, 2015, 344 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-271-08645-7.

Palestine
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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 06:00

Raspoutine

1863-1916

Général Alexandre Spiridovitch

Qui était Raspoutine ? Entre rumeurs, contre-vérités, fantasmes, ce trouble personnage fait planer une ombre assez nauséabonde sur une grande partie du règne de Nicolas II. Cette biographie, publiée pour la première fois en France chez Payot en 1935, a la prétention de nous en donner l'image la plus authentique, sur la base des innombrables rapports de police le concernant et des souvenirs personnels de l'auteur.

L'auteur, le général Spiridovitch, fut chef de la sécurité personnelle secrète du dernier tsar pendant plus de dix ans, et recevait alors "communication de tous les renseignements recueillis par le département de la police et par l'Okhrana". Son propos est donc à prendre avec précaution, mais il est indiscutablement un témoin de premier ordre. Vivant dans l'intimité de la famille impériale et des palais, au courant de tous les événements et de tous les mouvements, il est donc sans doute à la meilleure place pour retracer le parcours du moujik, le "starets" qui sut si bien placer sous son influence l'impératrice.

En 26 chapitres de dix à vingt pages, la vie de Raspoutine est donc retracée de sa naissance en Sibérie en 1863, dans une famille de petits paysans, relativement aisés sans être riches, aux conséquences de son assassinat en décembre 1916, en particulier la description des grandes manifestations de joie qui s'expriment dès l'annonce du décès. Le guérisseur commence à approcher la famille impériale en 1906 par l'intermédiaire des princesses monténégrines et d'une demoiselle d'honneur de l'impératrice, est progressivement reçu dans un grand nombre de palais prestigieux, souvent par l'intermédiaire des femmes, et gagne la confiance du couple impérial en jouant sur la maladie du tsarévitch : "En 1907, la faveur dont jouissait Raspoutine auprès de Leurs Majestés augmenta dans d'immenses proportions, après qu'elles eurent été témoins de l'influence bienfaisante qu'exerçait le starets sur la santé de l'héritier du trône, influence qu'elles attribuèrent à la puissance de ses prières". Le livre raconte ensuite, avec de très nombreux détails, la vie de Raspoutine parmi la haute société impériale, avec ses excès, sa vulgarité ; les anecdotes se multiplient, à Saint-Pétersbourg comme en province, bénéficiant de l'appui de hauts personnages, jouant contre le gouvernement, s'appuyant sur les uns pour dénigrer les autres. Celui que certains appellent désormais "le paysan du diable" pose un vrai problème à l'église orthodoxe, dont des membres éminents se déchirent sur son nom. Les scandales passent désormais sur la place publique, la presse pourtant très surveillée s'en fait l'écho et "dans la société russe commençait à se répandre l'ignoble et monstrueuse calomnie des rapports intimes entre Raspoutine et l'impératrice". Les conflits se terminent par la défaite des ennemis de Raspoutine et des ministres : le guérisseur est plus que jamais présent auprès de l'impératrice et il accompagne la famille impériale dans ses déplacements. Pendant la Grande Guerre, Raspoutine est de plus en plus entouré par les spéculateurs et les financiers qui tirent directement profit du conflit, multiplie les recommandations pour des personnages peu scrupuleux, négocie son appui, finalement se compromet davantage encore. Mais dans le même temps, il est lui-même manipulé "par ceux qui menaient campagne contre le gouvernement et contre le trône", et la main des agents allemands, dit-on, n'est jamais bien loin. Désormais surveillé en permanence par les agents du ministère de l'Intérieur, il finit par n'être plus qu'un jouet balloté entre ses vanités personnelles et les clans en lutte autour du pouvoir. Au début de l'année 1916, les beuveries et les scandales se succèdent, mais cela ne l'empêche pas de manoeuvrer en coulisses pour faire nommer Sturmer Premier ministre et dans cet environnement délétère les projets d'assassinat commencent à émerger. On reste assez étonné de l'importance prise par le personnage au plus haut niveau de l'Etat, du temps et de l'énergie que tous (pour ou contre) lui consacrent alors que le pays est en guerre. Le complot final atteint Raspoutine, fréquemment présenté comme un agent de l'Allemagne, alors qu'il est au sommet de son influence, et sa disparition marque durablement la famille impériale.

Dans son livre-témoignage, le général Spiridovitch parle autant de Raspoutine que du tsar et de l'impératrice, qu'il s'efforce de défendre à tous crins en les présentant comme victimes d'un environnement hostile. Trois mois plus tard, la révolution emportait Nicolas II, quelques semaines plus tard, le corps du starets était exhumé et brûlé, et cependant : "Malgré tout le mal qu'il a fait à sa patrie, Raspoutine est moins coupable devant la Russie que les représentants des milieux instruits de toutes les classes de la population qui lui ont ménagé l'accès auprès du trône et qui l'ont exploité dans des buts égoïstes. Ce sont leurs manoeuvres qui ont eu pour résultat que le tsar et la tsarine se sont sincèrement engoués de Raspoutine, en qui ils voyaient un représentant du vrai peuple, un homme envoyé de Dieu pour le bien de leur famille et de la Russie". Etonnant. 

Editions des Syrtes, Paris, 2015, 454 pages, 24,- euros.

ISBN : 9782940523320

Guérisseur ou imposteur ?
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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 06:00

Chouans et Vendéens contre l'Empire

1815. L'autre guerre des Cent-Jours

Aurélien Lignereux

De Charette à Cadoudal, les grands épisodes des guerres de Vendée, de la Révolution jusqu'au Consulat, sont bien connues et ont fait l'objet de plusieurs publications ces dernières années. Mais qui se souvient de la révolte qui suit le retour de Napoléon de l'île d'Elbe ? Aurélien Lignereux (auquel on doit déjà en particulier un L'empire des Français, 1799-1815, ici) nous en propose dans ce livre une belle histoire d'ensemble.

En sept chapitres chrono-thématiques, il nous fait le récit de cet épisode oublié des Cent-Jours. L'auteur décrit d'abord le cadre des événements, ces régions de l'Ouest finalement assez mal pacifiées, ou au moins restées rétives, mais qui pour autant n'entendent pas s'abandonner sans préserver leurs particularismes au retour des Bourbons, mai aussi les différences entre l'empire napoléonien autoritaire de 1813-1814 et sa brève restauration "libérale et nationale" en 1815. Il résume sa problématique : "Se battre contre l'empereur, est-ce nécessairement se battre pour le roi ?". Il insiste en particulier sur les difficultés et les ambigüités de la première restauration : "Louis XVIII n'était pas aimé des Vendéens, qui combattaient plus pour leurs privilèges que pour le trône ; ils l'appelaient le roi Pataut, et dans leur langage pataut veut dire patriote". C'est ainsi, différence majeure que les représentants de Napoléon soulignent au début des Cent-Jours, que ce sont les nobles qui viennent chercher les paysans pour les pousser à se révolter, et non plus le contraire comme vingt ans plus tôt. Cette révolte de 1815 est donc d'abord politique. Elle est également moins puissante qu'en 1793 et plus strictement définie au plan géographique, et bénéficie d'un "évanouissement" de l'ordre légal, les autorités se repliant rapidement vers les principales villes voisines. Aurélien Lignereux détaille ensuite le développement et l'implantation du mouvement dans les différents cantons et arrondissements et précise l'organisation des unités et le fonctionnement des institutions et services publics pour les Blancs comme pour les Bleus. On apprécie tout particulièrement le grand soin mis à évaluer les effectifs réels et à peser les possibilités d'actions concrètes des uns et des autres. Les quarante jours de combats effectifs, en mai-juin 1915, marqués par l'attente d'une aide britannique, les difficultés à équiper les troupes levées, les profondes dissenssions entre les chefs blancs, l'incohérence des ordres et des contre-ordres, l'oubli des principes de la "petite guerre" pour imiter sans moyens la "grande", etc. Une formule est employée : "l'amateurisme des royalistes", que l'habileté ou l'héroïsme de quelques uns ne permet pas de compenser. D'autant que, dans l'ensemble, les anciens chefs des premières guerres de Vendée ont mal vieilli et que leurs conceptions tactiques sont contestées, tandis que "les officiers supérieurs bonapartistes multiplient pour leur part les références à la Calabre ou à l'Espagne, qui leur semblent plus opératoires". La défaite de Waterloo et la chute de l'empire devraient ramener le calme, mais l'agitation se poursuit en certains endroits et la situation se dégrade même ici ou là. Dans le désordre qui s'aggrave, les alliances locales se nouent et se dénouent, tandis que la stabilisation politique au niveau national (Seconde restauration) et l'arrivée des premiers régiments étrangers (on rencontre des Prussiens en pays chouan) compliquent la situation. Les régions de l'Ouest vivent en quelque sorte sous occupationn étrangère et le patriotisme pousse plusieurs chefs révoltés à s'opposer par les armes aux Coalisés. Il faut en pratique trois ans pour ramener un calme précaire, dans ces régions où le souvenir de la dernière guerre de Vendée sera instrumentalisé tout au long du XIXe siècle, prenant ainsi paradoxalement toute sa place dans l'histoire politique en dépit de ses piètres éléments militaires.

Finalement, la Vendée et plus largement les régions de l'Ouest ne se contentent pas de se révolter à l'appel des nobles en 1815, mais cette (presque) ultime révolte illustre bien le caractère particulier des "revendications" des populations. Une étude très, très intéressante, qui s'appuie sur de nombreuses références et citations et qui se lit d'une traite. Une guerre bien oubliée aujourd'hui qui accumule les contradictions intérieures et tient surtout du conflit politique.

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 381 pages, 222,- euros.

ISBN : 978-2-36358-187-7.

4e guerre de Vendée
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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 05:50

Opinion publique et stratégie

DSI - n° 119

Ce numéro de novembre consacre un long article à l'évolution de la marine russe, mais aussi la dernière partie du texte consacré à l'US Navy. Nous relevons pour notre part deux articles très intéressants dans la rubrique "Stratégie" : "Opinion publique et stratégie", de Benoist Bihan ; et "Le droit international face à la conflictualité", de David Cumin. Dans la rubrique "Armées", Arnaud Delalande s'intéresse à l'intervention de la coalition arabe au Yémen, presque exclusivement sous l'angle technique et des matériels. Carl von C. consacre son billet du mois au concours des "Daubes 2015, les finalistes", prix remis cette année à Alain Bauer.

Stratégie
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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 06:00

Ciel de gloire

Histoire des As au combat

Pierre Razoux

Pour tous les amateurs d'histoire des armées de l'air et en particulier de la chasse, une histoire de quelques uns des plus grands pilotes dans le long XXe siècle et au fil de tous les conflits.

En 17 petits chapitres, écrits d'un style enlevé, Pierre Razoux nous propose de retrouver ces As de la chasse du ciel de Verdun en 1916 à celui de la frontière entre l'Inde et la Chine à bord d'un Rafale. L'originalité de ce livre-hommage tient à ce qu'au fil de ces récits tout est vrai, les descriptions techniques sont précises, les matériels sont détaillés, etc. mais que le pilote, lui, est fictif : "Ce procédé m'a permis de recréer des personnages emblématiques d'un conflits en rassemblant en une même figure, au cours d'une même mission, des événements, anecdotes et exploits attribués à d'autres As". Ainsi, la description du "François" de 1916 permet de croiser des aviateurs tout à fait réels, des chefs et des pilotes, et de retrouver les modalités pratiques de préparation et de déroulement d'une mission aérienne au printemps 1916, jusque dans le détail scrupuleusement expliqué des procédures et des manoeuvres du combat aérien. Nous retrouvons le même "François" l'année suivante sur le Chemin des Dames selon le même scénario, qui permet de mettre en relief les progrès accomplis, les différences, mais aussi les déficits, tout en présentant d'autres modèles d'appareils. Le livre se poursuit avec l'évocation du Baron Rouge, ou plutôt de l'un de ses camarades ; puis par celle d'un pilote italien pendant la guerre d'Espagne et en parallèle un pilote français volontaire du côté des Républicains. C'est ensuite la Seconde guerre mondiale, avec la bataille d'Angleterre vue des deux côtés avec quelques observations pertinentes sur les différences entre pilotes anglais et allemands, leurs techniques, leurs expériences, leur emploi opérationnel ; et Normandie-Niémen, épisode durant lequel on retrouve le "Rolf" du chapitre précédent face à "Jean" et à ses camarades Français Libres ; et enfin les combats entre Américains et Japonais au-dessus de la mer des Philippines à l'automne 1944, pour finir par les derniers jours de la Luftwaffe en avril 1945 dans le réduit bavarois, où l'on ne croise rien de moins que le général Galland. Les derniers chapitres nous entraînent au-dessus de la Corée en avril 1953, avec les épisodes fameux entre Sabre et Mig, puis au Vietnam en 1967, pendant la guerre israélo-arabe en octobre 1973, au-dessus du Liban en juin 1982, pour terminer par un pilote iranien pendant la guerre Iran-Irak, face à un Irakien que l'on retrouve en janvier 1991 pendant l'opération Tempête du désert. L'avant-dernier chapitre est consacré à une pilote féminine française pendant l'exercice interallié Red Flag dans le Nevada en 2006, Anne faisant irrésistiblement penser à Caroline Aigle.

Un vrai livre de technique aérienne, qui brosse des portraits tout à fait crédibles et nous apprend beaucoup sur le vécu des pilotes, mais qui se lit aussi comme un livre d'aventure(s). Et puis, même pour un Terrien, face à un bel avion piloté avec brio, il y a quelque part un rêve d'enfant... Que l'ouvrage fait resurgir, avec plaisir. 

Flammarion, Paris, 2015, 385 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-0813-6314-4.

As de tous les pays
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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 06:00

Engagez-vous

La relance stratégique de la France

Amiral Jean Dufourcq

Partant du constat que la France dispose de tous les atouts pour faire valoir et promouvoir ses idées dans le monde, Jean Dufourcq appelle, en treize brefs chapitres (parfois déjà publiés dans différents périodiques et repris ici), à "lui redonner avec obstination des marges de manoeuvre qui lui manque tant aujourd'hui". Mais ce travail passe aussi par une réflexion stratégique et la redéfinition "d'un nouveau modèle de société moderne".

Il ouvre son propos par un appel au "génie de la France, hier et demain", rappelant que l'on aime les grandes commémorations nationales pour y multiplier les critiques d'un parcours collectif qui fut assez exemplaire : "Pourtant, s'est forgé de 1789 à 1958, dans une surprenante synthèse de ce que la France avait produit de grand et de généreux au long des siècles, ce qu'on pourrait appeler un véritable esprit français moderne". Il convient donc de retrouver les clefs de cette vitalité, et les militaires, qui ont  en charge la défense de la nation, sont parfaitement légitimes pour travailler sur cette question. Il constate, en le regrettant le manque d'ambition : "Beaucoup sont prêts à s'abandonner à une Europe molle voire à un Occident flou, comme on entre dans une maison de retraite pour y vieillir à l'abri des responsabilités et des soucis". Il en appelle à une nouvelle renaissance qui fasse la part belle à l'intelligence, aux valeurs, au sacré, à "l'âme" de la France. Au fil des premières pages, il cite Chaunu, Finkielkraut, Jean-Paul II, Soljenitsyne, et fait référence à Pascal : "La multitude qui ne se résoud pas à l'unité n'est que confusion et l'unité qui n'est pas multiple est tyrannique". Il aborde alors les problématiques les plus actuelles, des crises internationales à la qestion du terrorisme, mais aussi la fatigue des armées et cette question sans réelle réponse depuis plusieurs dizaines d'années : quelle priorité politique et budgétaire affecter à la défense alors que la gestion de la communication immédiate prime pour le politique ? Finalement, quels sont les facteurs de crise, les risques de rupture, les "surtensions" dangereuses ? Autant d'inconnues auxquelles il n'est pas toujours répondu et qui pourtant devrait structurer une réponse adaptée : "Comment surveiller les évolutions de la planète pour y préserver nos intérêts ? Que voulons-nous qu'elle soit devenue au sortir du désordre actuel ? Comment gérer cet entre-deux stratégique qui s'éternise ?". Il aborde ensuite les différentes pistes internationales (OTAN, Europe, conférences internationales), pour en venir à, d'abord, la "valorisation des atouts de la France" : sa situaton géopolitique, sa démographie, sa capacité industrielle et enfin son immense domaine maritime. Il s'intéresse enfin au concept de dissuasion, nucléaire bien sûr, mais aussi plus largement politique et militaire : "La nature même du concept de dissuasion invite donc à restaurer les notions militaires de coups d'épingle, de coups de semonce, de coups d'arrêt, et les notions politiques de msie en garde, de mise en demeure, d'avertissement sans frais, de neutralisation partielle. Il nous faut formuler une vraie doctrine pour les mettre en oeuvre". C'est enfin la volonté d'assumer totalement l'ensemble de ses responsabilités, mais pour le vouloir et le mettre en oeuvre, encore faut-il savoir pourquoi et le faire partager : d'où le retour final sur la question des valeurs : rôle de l'Etat et de la puissance publique, réalité de la nation, fondements de la République. Pour conclure, il ne faut pas renoncer à "Enrôler les voisins de la France", réévaluer la pertinence des modes de fonctionnement européens et repenser les questions méditérranéennes. Il en appelle ainsi à la (re)naissance d'une vaste zone, d'une plus grande Europe, de l'Atlantique à l'Oural et du Cap Nord au Sahel : "La géographie de l'Europe n'a pas d'autres vraies frontières qu'humaines. La Méditerranée comme la Baltique sont des mers intérieures qui relient un fort noyau continental, disposé de l'Atlantique à l'Oural, à un archipel européen, britanno-scandinave au nord, nord-africain au sud. La culture des Européens est, quand à elle, une lente distillation de l'héritage gréco-latin, germano-slave, sémito-chrétien, transcendé par les Lumières en une pratique sociopolitique commune".

Texte vif et dense, expression d'un certain nombre de fondamentaux que l'on peut développer ou amender, mais qui n'en reste pas moins de vraies questions très actuelles. Un petit volume engagé, clair et facille à lire, pour faire réfléchir sur les grands enjeux d'hier, d'aujourd'hui et de demain. 

Lavauzelle, Panazol, 2015, 135 pages, 17,- euros.

ISBN : 978-2-7025-1634-8.

Incertitude stratégique
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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 05:50

Forces britanniques

La décennie perdue ?

DSI - Hors-série n° 44

Ce dossier est d'autant plus intéressant que l'armée britannique est relativement comparable à la nôtre et que soldats français et anglais travaillent de plus en plus souvent ensemble.

Les quelques 100 pages sont divisées en quatre grandes parties : "Londres en déclin ?", "La British Army", "La Royal Navy" et bien sûr "La Royal Air Force". Au fil de la quinzaine d'articles(+ carte des forces britanniques outre-mer, chronologie des opérations conduites depuis 1945, tableau de bord pour chaque armée). Dans la première partie, Benoist Bihan évoque en particulier une "stratégie britannique à la dérive", tandis que John Louth évoque pour l'industrie de défense "un déclin contrôlé". L'interview de Frank Ledwidge sur "Les erreurs britanniques" en Irak et en Afghanistan est également intéressant, tandis que dans le prolongement Romain Mielcarek s'interroge sur l'existence d'une "école spécifquement britannique de la contre-insurrection". Des textes de la même qualité sont consacrés aux armées de mer et de l'air. Au bilan, un riche et très intéressant hors-série.

Au service de Sa Majesté
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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