Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 06:10

Verdun

La bataille du siècle

Géo Histoire - février-mars 2016

L'éditorial, qui use systématiquement d'un vocabulaire jouant sur les sentiments et les perceptions de 2016 ("carnage", "stupidité", "macabre", "horreur", et bien sûr "l'arrogance des généraux" cause du "plus coûteux cimetière de France") sans remise en contexte, n'apporte rien à un dossier qui par ailleurs est intéressant. En une douzaine d'articles (dont quelques thématiques sur l'aviation, la logistique, la propagande, ou plus original le renseignement), y compris un sur le rôle exact de Pétain dans la bataille, c'est un tour d'horizon assez complet du sujet qui est proposé au lecteur. 

Verdun
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Presse "Histoire"
commenter cet article
6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 06:00

Organisations, mouvements et partis

des droites radicales au XXe siècle

Olivier Dard (Dir.)

Dernier opus du programme de recherche pluriannuel consacré aux droites radicales (le volume précédent sur les théoriciens et les individualités, ici) et plongée dans le monde des micros organisations politiques européennes et américaines.

Spécialiste d'histoire politique et en particulier des droites radicales, Olivier Dard a rassemblé huit contributeurs venus de France, du Portugal, d'Espagne et du Canada, pour dresser le panorama de cette nébuleuse "Internationale noire", où il semble que l'enflure des termes (on ne compte plus les "fédérations" et autres "mouvements européens") le dispute à l'extrême maigreur des effectifs et à l'indigence d'un discours qui reste profondément ancré dans des caractéristiques nationales en dépit d'une volonté affichée de dépasser ce cadre étroit. Tout l'intérêt de ce volume réside dans l'identification des cheminements intellectuels transnationaux, mais aussi dans la mise à jour de subtilités doctrinales parfois étonnantes (comme ces "monarchistes populaires" issus de l'Action française de la fin des années 1960, influencés par les milieux carlistes d'Espagne). L'étude d'Olivier Dard sur la filiation "Jeune Nation/Mouvement nationaliste du progrès/Rassemblement européen de la liberté" montre bien les processus d'évolution et de transformation dans le domaine de l'organisation partisane, de crises internes et échecs électoraux et en scissions, au tournant des années 1960. On relève également une étude sur les relations historiques entre le Front national et le MSI italien, une sur la droite radicale en Argentine (avec ses propres contradictions) et une autre sur le Parti de l'unité nationale au Canada. Enfin, la cas des identitaires nord-américains est évoqué à travers l'exemple des références païennes de la "Wulfing Kindred". Entre l'infiniment petit dans le domaine des effectifs, et l'immensité philosophique pour ce qui concerne le discours. Etonnant.

Peter Lang Ed., Berne (CH), 2016, 202 pages.

ISBN : 978-3-0343-2062-7.

Droites radicales
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Histoire politique
commenter cet article
5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 06:00

Verdun 1916

Le Figaro Histoire - n° 24

De très nombreux périodiques titrent naturellement ce moi-ci sur "l'hyper-bataille" de 1916. En consacrant une soixantaine de pages à ce sujet, Le Figaro Histoire nous propose une belle réalisation. Une dizaine d'articles sérieux et parfaitement illustrés, et les nombreuses références aux publications récentes qui font l'une des qualités du magazine. Parmi les nombreux autres articles, on remarque en particulier "Dans le secret des archives de Vichy" (qui revient sur la mise à disposition des chercheurs sans restriction des archives des commissions d'armistice), et "Qasr Bashir, le rêve arabe de Rome" (qui présente les ruines de ce fort qui appartenait au limes arabicus, en Jordanie. Superbes photos). Un numéro extrêmement agréable.

Verdun
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Presse "Histoire"
commenter cet article
5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 05:50

De Gaulle et les Américains

NRH - n° 82

Avec en toile de fond les négociations en cours entre les Etats-Unis et l'Union européenne sur un nouveau traité transatlantique (dans les domaines économiques et financiers) dont les conséquences seraient majeures pour la souveraineté des "vieilles nations", le dossier de ce numéro est consacré en sept articles aux relations souvent houleuses entre le général De Gaulle et les Anglo-Saxons, jusqu'à la sortie du commandement intégré de l'OTAN en 1966 et à la recherche d'une "troisième voie" indépendante entre les USA et l'URSS. Parmi les articles en varia, je signe un texte sur le martyre et la renaissance de l'armée serbe en 1915-1916, et l'on note un rappel sur "Anne de Kiev, reine capétienne", une présentation de "Les militaires et la musique" et une réflexion sur "Comprendre le chaos libyen".

Souveraineté et indépendance
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Presse "Histoire"
commenter cet article
4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 06:00

Atatürk

M. Sükrü Hanioglu

Une nouvelle biographie du fondateur de la Turquie moderne, après celle récente de Fabrice Monnier (ici) et dans le cadre d'un flux régulier de publications sur le monde ottoman (voir ce thème dans la liste ci-contre). Paru en 2011 aux presses universitaires de Princeton, ce volume se distingue d'abord par le fait que son auteur lui-même est turc (ce qui n'est pas si courant).

Comme Sükrü Hanioglu le précise en introduction, il s'agit d'une sorte de "biographie thématique" visant à replacer Mustafa Kemal dans le contexte de son temps (fin XIXe-début XXe siècle) et des évolutions en cours dans le monde ottoman, à retrouver et analyser les rapports qu'Atatürk entretient avec la religion et la culture ; à mettre en lumière les transitions entre l'ancien ordre impérial et la jeune république turque, en un mot "contextualiser ses idées". Pour ce faire, l'auteur revient sur la fin du XIXe siècle, sur la situation à Salonique, métropole de Turqui d'Europe à la pointe de la modernité, et sur la formation des officiers turcs, marqués par l'influence allemande et l'émergence d'une idéologie nationaliste proprement turque. La première guerre mondiale (au coeur du chapitre 4) le voit passer de lieutenant-colonel pratiquement inconnu à général de brigade attaché à la personne du sultan, désormais prêt à lancer la grande guerre nationale de libération contre les alliés occidentaux, les Grecs et les Arméniens. Par nécessité diplomatique et de survie, il lance le mouvement nationaliste en Anatolie, s'oppose au gouvernement du sultan, négocie avec ses voisins français (Levant) et bolchevique : "Les circonstances contraignirent Mustafa Kemal à agir comme un islamiste et un blochevik. Pourtant, il méprisait ces deux idéologies". Pragmatique, il impose finalement le traité de Lausanne au lieu et place de celui de Sèvres, non appliqué : "A l'automne 1922, le nom de Mustafa Kemal résonnait dans les foyers musulmans du monde entier comme celui d'un héros qui avait mené son pays à une victoire semblable au triomphe japonais de 1905". Après avoir évacué la question du califat, il fait proclamer la république et impose une modernisation à marches forcées, imposée en dépit de toutes les résistances locales (qu'il s'agisse des Kurdes ou des dirigeants démocrates) à travers un régime de quasi-parti unique. On en apprend beaucoup dans le chapitre 7, "Nationalisme et kémalisme", sur les réformes conduites durant l'entre-deux-guerres, leurs origines et motivations, leurs effets immédiats et leurs déficits. Mais aussi sur le sentiment de la grande majorité de la population turque qui "considère la Turquie comme un pays authentiquement européen" : "Une grande majorité des Turcs estimnt ainsi que toute remise en question du caractère européen de la Turquie est fille de l'ignorance et des préjugés les plus ancrés". Homme d'action et de réalisations concrètes plus qu'idéologue, Atatürk a laissé à sa mort, en 1938, une Turquie totalement différente de ce qu'elle était vingt ans plus tôt. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? 

Fayard, Paris, 2016, 279 pages. 20,- euros.

ISBN : 978-2-213-68633-2

Le père des Turcs
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Monde ottoman - turc
commenter cet article
3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 06:00

La fabuleuse histoire du drapeau français

Raphaël Delpard

Déjà auteur d'une vingtaine d'ouvrages sur des sujets variés (dont la période de la Première guerre mondiale ou la guerre d'Algérie, ici et ici), Raphaël Delpard nous propose aujourd'hui une histoire présentée comme complète du drapeau français. L'objectif est noble et important, mais le résultat n'est pas tout-à-fait à la hauteur des espérances.

Le livre, en effet, remonte jusqu'au premiers "emblèmes" et "symboles" choisis dans les temps les plus anciens, et en particulier de la Gaule : "Tout commence dans la préhistoire de la Gaule" ? Même s'il est utile de remonter aussi loin que possible dans le temps, il y a des "ruptures historiques" dont il est nécessaire de tenir compte, et pour le drapeau français... L'ouvrage s'organise ensuite chronologiquement à travers l'Antiquité, le Moyen-âge et jusqu'à la fin du XIXe siècle, de Clovis à Saint-Denis et des Croisades à la Révolution française. Au fil des pages, l'auteur nous donne, ou nous rappelle, un très grand nombre d'informations ponctuelles sur l'évolution des symboles de la monarchie naissante, triomphante, enfin abattue, mais l'on hésite souvent entre la reprise d'anecdotes relevant du récit traditionnel bien connu et la recherche à proprement parler, même si régulièrement des phrases comme "Au fil de mes recherches" ou "Après des années de recherche" apparaissent. Le sentiment d'insuffisance vient sans doute en partie du style : des phrases très brèves, des paragraphes souvent très courts qui se succèdent rapidement, passant d'un sujet à l'autre sans que l'on ait une présentation de synthèse partielle. Le chapitre 18 consacré aux "Actes de bravoure" sous les plis du drapeau est à cet égard caractéristique : en trois ou quatre lignes les exemples s'enchainent rapidement, d'un régiment à l'autre, d'une période à l'autre, mais l'on attend toujours l'analyse globale. Certains chapitres sont aussi extrêmement brefs (chapitre 25, "Le drapeau noir"), sans que l'on voit bien la cohérence avec la question du drapeau tricolore, ni que l'on ait au final une idée complète de la question. De la même façon, pourquoi ces très nombreuses différences d'un souverain à l'autre listées page 114-115 ? Qu'est-ce qui justifie toutes ces évolutions sous la monarchie ? Pourquoi certaines s'imposent et pas d'autres? On ne le sait finalement pas. Bref, le drapeau est finalement bleu, blanc, rouge, comme la constitution de la Ve République le précise formellement, le bleu vient de..., etc. C'est un peu court.

On apprécie toutefois les annexes et textes complémentaires qui terminent le volume, en particulier les extraits de la "littérature patriotique" (essentiellement avant 1914). En résumé, beaucoup d'informations (y compris sur le "roman national" dans le temps long), mais un côté "aimable fouilli" qui dérange. Un livre qui aurait pu être beaucoup plus convaincant avec davantage de méthodologie et un côté moins "pointilliste".  

Editions Marie B, Clichy, 2016, 229 pages. 14,50 euros.

ISBN : 978-10-93576-07-7.

Drapeau, emblème, étendard, pavillon...
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Généralités
commenter cet article
2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 06:00

Joséphine

Le paradoxe du cygne

Pierre Branda

Elle appartient à cette importante cohorte de personnages historiques dont la mémoire populaire ne conserve qu'un souvenir largement déformé, successivement portée aux nues pour sa beauté puis dénigrée pour sa supposée légèreté.

Dans cette belle biographie parfaitement référencée, Pierre Branda revient à juste titre sur la vie de l'impératrice Joséphine, dont il souligne dès l'introduction que son nom même (Marie-Joseph-Rose de Tascher de La Pagerie) a été oublié. Au fil des six grandes parties chronologiques qui scandent son livre, il nous permet de retrouver la future épouse du général Buonaparte pendant sa jeunesse (à bien des égards difficile) aux Antilles pendant la dernière période de l'Ancien régime, puis dans une vie de couple insatisfaisante en métropole à la veille de la Révolution. La période révolutionnaire lui permet de "naviguer" entre les différentes factions au mieux de ses intérêts, et l'on comprend bien alors que la jeune femme est loin d'être une étourdie sans cervelle. Devenue veuve, proche de Barras, elle hante les cercles du pouvoir et rencontre le futur empereur en 1795. Il s'ensuit une relation initialement assez tumultueuse, et Marmont écrit : "Le général Bonaparte est devenu très amoureux de Mme. de Beauharnais, amoureux dans toute l'étendue du mot, dans toute la force de sa plus grande acception". Hâtivement mariés au printemps 1796, ils vivent entre passion et réalisme une étrange existence de couple, entrecoupée par les fréquentes (et parfois longues) absences de Napoléon et par les non-dits de l'un comme de l'autre, en particulier pour tout ce qui touche aux questions d'argent et de statut social. Les épisodes fameux de la campagne d'Italie, sa réputaton de "femme galante" mais aussi son rôle politique, leur éloignement provisoire lorsqu'elle "mène ainsi une double vie", les relations toujours tendues avec sa belle famille, la crise de la campagne d'Egypte ("le héros était un mari trompé"), et l'achat de La Malmaison qui va devenir son havre, marquent les années qui suivent. Dès le retour du général de la campagne d'Egypte, les relations se réchauffent entre les deux époux et, à l'approche du coup d'Etat qui donne naissance au Consulat, "Joséphine va s'employer pour son mari avec toute la grâce, toute l'aisance, tout l'agrément dont elle se sent capable". Installée aux Tuileries et devenue "première dame de France" avant l'heure, elle est "au centre de la cour consulaire" et "inévitablement mêlée de près au jeu politique". Elle n'hésite pas à multiplier les interventions auprès des grands personnages de l'Etat et se crée ainsi une clientèle d'obligés, tout en nouant des contacts parfois ambigus avec l'ancienne noblesse et en se défendant contre les attaques insidieuses de la famille Bonaparte. Si sa place auprès du Premier consul est désormais bien ancrée, si elle bénéficie d'une réelle popularité personnelle, la question de la naissance d'un héritier commence à se profiler et prend une acuité particulière après la proclamation de l'empire. La nouvelle impératrice est alors dans une position assez inconfortable, puisque son statut n'est pas clairement défini  : "A défaut de rôle précis, elle allait rester une icône dont l'image pourrait être utilisée avantageusement par le nouveau régime". C'est ainsi qu'elle apparaît, brièvement, sur le devant de la scène surtout lorsque l'empereur est loin de Paris ou lors des quelques difficultés politiques. Les longues pages consacrées par l'auteur aux problèmes financiers du couple consulaire puis impérial sont tout à fait intéressantes et il apparaît que si Napoléon à titre personnel dépense énormément (ce que l'on oublie facilement), même si "l'art du paraître" de Joséphine "jouait finalement contre elle". La dernière partie, consacrée à "La chute et l'ultime sursaut" est peut-être mieux connue des amateurs. Nous suivons l'ancienne impératrice, cependant bien protégée légalement et financièrement par Napoléon Ier jusqu'aux derniers jours, dans son exil de La Malmaison où elle va recevoir les vainqueurs de la coalition après la chute de l'empire, toujours soucieuse de la défense de ses intérêts et de ceux de se enfants.

Une très agréable biographie, que chaque amateur de la période prendra plaisir à lire. 

Perrin, Paris, 2015, 464 pages. 24,50 euros.

ISBN : 978-2-262-04086-4

Femme de tête autant que de coeur
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Révolution et Empire
commenter cet article
1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 06:00

Dans le piège de la guerre insurrectionnelle

Marc Lemaire

Ce volumineux essai donne le sentiment d'avoir été rédigé par un praticien ayant longuement observé et réfléchi sur ces questions. Le raisonnement est méthodique et la présentation des différents paramètres du dossier presque "chirurgicale".

Marc Lemaire organise son livre en trois grandes parties fortement cohérentes : "Le modèle insurrectionnel et son évolution", "La menace islamiste", et "Vers une stratégie de défense adaptée". Le propos est pédagogique et la démonstration visiblement soucieuse de progresser pas à pas. Le chapitre "L'asymétrie des forces" dans la première partie se décline ainsi en "L'usage de la force armée", "La légalité dans l'action", "La puissance de la cause", "La dynamique du nombre", "Le pouvoir de l'imagination" et "L'intérêt de la légitimité morale". De même, chaque chapitre se termine par une utile conclusion partielle qui permet de synthétiser les idées de l'auteur et de faire la transition avec la suite. Globalement, l'auteur démarre historiquement avec la révolution bolchevique d'octobre 1917, traite assez longuement du cas particulier de la guerre d'Indochine, beaucoup plus brièvement de la guerre d'Algérie puis s'intéresse au djihad moderne, de la naissance d'Al-Qaida aux combats du Califat irako-syrien en 2015. Son analyse de la stratégie de défense face à l'islamisme est intéressante, car il n'hésite pas à souligner les difficultés qu'il y a pour l'Occident à répondre, y compris dans les erreurs américaines depuis les attentats du 11 septembre. Ses propositions finales abordent tous les domaines (guerre psychologique, subversive, secrète, les opérations spéciales, les forces classiques, etc.), sans oublier de rappeler que l'outil militaire n'est qu'un parmi d'autres (politique, diplomatique, économique, financier, etc.).

Le projet est ambitieux ? Certes. Il paraîtra même peut-être un peu idéal, voire irréaliste face aux contraintes du quotidien. Mais l'ensemble offre l'immense intérêt de dresser un large tableau, aussi complet que possible, de la thématique et d'ouvrir de multiples pistes. A lire et à connaître. 

L'Harmattan, Paris, 2016, 293 pages, 29,- euros.

ISBN : 978-2-343-08149-6.

Synthèse globale
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Contre-guérilla - COIN
commenter cet article
31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 06:00

Dans l'enfer de la Somme

Dans les airs et sur terre, 1916-1918

Georges Pagé

Si l'avion (ou plutôt les pilotes) est bien au coeur du livre, la Somme n'y apparaît que pour partie et, en refermant l'ouvrage, il n'est pas du tout certain que le lecteur sache effectivement ce que furent les moyens engagés et leur doctrine d'emploi, les résultats obtenus ou les conséquences pour les années suivantes. Le titre du livre ne correspond que peu (ou pas du tout) à certains chapitres et on reste assez largement sur sa faim si l'on y recherche les éléments d'une "histoire de l'aviation" en 1914-1918.

Constitué par 45 brefs chapitres de quelques pages, l'auteur nous raconte une série d'histoires, ou donne un coup de projecteur particulier sur telle ou telle situation particulière dans une unité ou un état-major, mais on regrette l'absence de synthèse. Des affirmations rapides ("Après près de trois ans de guerre, l'attaque diffère selon que l'ennemi est en monoplace, biplace ou triplace, selon qu'il est seul ou évolue en groupe") souvent exactes, mais on attend ensuite l'explication (qui ne vient pas) de ces différences. De très nombreux instantanés qui se succèdent rapidement, mais l'on passe en 10 pages de "La guerre d'usure" à "L'Amérique en guerre" via "L'impasse de l'aviation allemande". Il faut donc aller picorer des informations plus originales, comme le chapitre 29 sur "Les aviateurs italiens sur le front français", sans que l'auteur nous précise dans quel contexte et pour quelle(s) raison(s) ces appareils italiens sont engagés sur le front du Nord-est dans la dernière année de guerre. De même, les "rampants" n'ont droit qu'à une page recto-verso, et le chapitre "Les combattants d'outre-mer" évoque rapidement les ressources de l'empire ("Ces hommes sont majoritairement incorporés dans les chasseurs d'Afrique, la Légion étrangère (sic !), les zouaves" ...), mais ne présente que quelques pilotes Français d'Afrique du Nord. On se demande enfin ce que viennent faire en fin de volume les quatre paragraphes consacrés à de Gaulle, Hitler, Churchill et Mussolini dans la Grande Guerre : des aviateurs oubliés ?

Les différents textes sont assez facilement hagiographiques (la bibliographie finale est réduite à sa plus simple expression et des titres majeurs sont absents) et l'on a parfois le sentiment de (re)lire un article de L'Illustration ou de La guerre illustrée... En résumé, un livre d'anecdotes présentées sous un jour favorable, facile à lire.

Editions Grancher, Paris, 2016, 367 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-7339-1360-4.

Pilotes et avions
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Première Guerre mondiale
commenter cet article
30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 06:00

Albert Thomas

Le socialisme en guerre, 1914-1918

Adeline Blaszkiewicz-Maison

Alors qu'il est l'un des hommes politiques "pivot" de la Grande Guerre en France, et en dépit de plusieurs travaux universitaires de haut niveau sur son action, Albert Thomas reste assez mal connu pour son rôle de sous-secrétaire d'Etat à l'Artillerie puis de ministre de l'Armement et, si l'on sait qu'il fut alors l'un des trois représentants du parti socialiste au sein du gouvernement, qu'en est-il de son rôle politique au-delà ?

L'intérêt du livre est d'explorer jusque dans le détail les subtiles relations internes au mouvement socialiste et les complexes manoeuvres des uns et des autres pour ancrer leur tendance à la direction du parti. Le fil rouge de l'ouvrage est ainsi la position face à la guerre d'Albert Thomas et, dans ce contexte, la manière dont il agit et argumente pour conserver une cohérence idéologique. Il s'agit donc bien d'un ouvrage d'histoire politique, et l'on y chercherait sans succès des éléments d'histoire des opérations ou des techniques. Organisé en trois grands chapitres ("Du réformisme d'avant-guerre au chantre de l'Union sacrée des socialistes", "L'activité ministérielle : la découverte de la salle des machines", et "De l'Union sacrée à la sacrée union"), il suit pas à pas Albert Thomas dans ses prises de position publiques, ses écrits, ses conversations avec ses camarades, ses négociations avec la "minorité" restée pacifiste, ses efforts pour influencer l'organisation sociale du pays à partir de la situation particulière créée par le conflit. Dans la première partie on notera que le ralliement des socialistes à la guerre (ou plutôt à la défense nationale) à l'été 1914 n'a pas été aussi immédiat et complet que l'on se plait parfois à la dire à la suite de l'assassinat de Jaurès, et on a la confirmation de l'importance d'un imaginaire fantasmé s'inspirant de la "Grande" révolution, de Valmy et de "la Patrie en danger". Dans la seconde, est mise en avant la volonté d'Albert Thomas de faire naître, à partir de la mobilisation industrielle et dans la perspective de la paix future, un autre type de rapports entre le capital et le tavail, entre les chefs d'entreprise et les ouvriers, et ses efforts pour faire en sorte que du "socialisme français de guerre" émerge une forme de "social-démocratie" dirait-on aujourd'hui marquée par un rééquilibrage des rapports de force. Dans la troisième enfin, qui s'intéresse aux deux dernières années de guerre, on retient sa mission en Russie en 1917, avec ses illusions et ses conséquences, et le retour dans les instances du parti d'un courant pacifiste de plus en plus important (avec les suites de la conférence de Stockholm). La fin du livre traite des difficultés d'Albert Thomas à partir de 1918, alors qu'une proportion non négligeable du mouvement socialiste connaît peu ou prou "l'influence" du mouvement bolchevique et que ses espoirs d'instaurer une sorte de partenariat "patrons/ouvriers" échouent.

A la fois symbole du ralliement socialiste à la guerre mais aussi des contradictions que cela implique avec les fondements idéologiques du parti, Albert Thomas ne pouvait pas sortir indemne de cette période exceptionnelle. Rapidement, il passe "de la salle des machines au sous-sol de l'histoire". Un très intéressant livre d'histoire politique de la gauche française.

Presses universitaires de Rennes, 2016, 191 pages, 18,- euros.
ISBN : 978-2-7535-4354-6.

Le pacifiste qui produisait des canons
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Première Guerre mondiale
commenter cet article

Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
  • Contact

  • guerres-et-conflits
  • L'actualité de la presse, de l'édition et de la recherche en histoire

Partenariat

CHOUETTE

Communauté TB (1)

Recherche

Pour nous joindre

guerres-et-conflits@orange.fr

Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

Sur la toile