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9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 00:01

Innsbruck 1805

Les soldats du 76e de ligne retrouvent leurs drapeaux

Jérémie Benoit, Vincent Bourgeot et Pierre-Baptiste Guillemot

A partir d'un tableau de Charles Meynier, illustrant le retour au 76e de ligne en 1805 des emblèmes perdus lors de la campagne d'Helvétie de 1799, le volume revient sur les opérations de 1805 au Tyrol, mais aussi sur le simple fantassin français et ses équipements.

Le premier article remet le tableau de Meynier dans son contexte, puis sa représentation des uniformes est analysée (une analyse particulièrement fine qui vaut expertise). Trois articles sont également consacrés à Dominique Vivant Denon, qui accompagna le général Bonaparte lors de l'expédition d'Egypte puis devint directeur du "musée Napoléon" (Le Louvre) et véritable directeur des Beaux-Arts qui commandait des travaux à de très nombreux artistes. On apprécie toujours l'extraordinaire qualité de l'iconographie, composée de (magnifiques) planches souvent inédites. Enfin, quelques pages en fin de volume présente "l'actualité" de l'histoire en figurines (le fantassin de 1805 et le maréchal Ney).

Une belle réalisation qui séduira sans nul doute les amateurs d'histoire napoléonienne.

La Compagnie d'Elite / Epopée, Versailles, 2020, 64 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-9565127-2-1.

Pour commander directement ce volume : ici.

 

Art et histoire militaire

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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 00:01

Allemagne et France

au coeur du Moyen-Âge

Dominique Barthélemy et Rolf Grosse (Dir.)

Une intéressante approche comparative à une époque où, certes, ni la France ni l'Allemagne n'existent sous leur forme actuelle, mais où les fondamentaux, en particulier culturels, sont déjà nettement perceptibles.

L'ouvrage compte une vingtaine de contributions d'une grande richesse et s'ouvre sur un texte, signé des deux directeurs, qui évoquent les relations, les proximités et les différences entre territoires français et allemands de l'époque romaine au XIIIe siècle. Parmi tous les sujets traités au fil du livre, dans le domaine des arts, de la culture, de la politique (dont une intéressante contribution sur le tournoi chevaleresque et la naissance des armoiries), nombreux sont ceux qui abordent les questions militaires et politico-militaires de l'époque ou qui évoquent quelques figures emblématique de la période. Celle de Stéphane Lebecq nous rappelle par exemple que Hugues Capet, fondateur d'ne de nos grandes dynasties, est le petit-fils d'Henri Ier l'Oiseleur, roi de Germanie. Une ascendance rarement évoquée. Jean-Louis Kupper dresse un portrait "implacable" du duc Gislebert de Lotharingie, qui oscille entre France et Allemagne : "Dans le domaine des armes, son audace était extrême, à tel point qu'il ne redoutait pas d'affronter tel obstacle tenu pour insurmontable". Les deux directeurs d'ouvrage reprennent la plume ensemble pour nous parler de la trêve de Dieu, "de la Catalogne à Cologne", dont ils relatent la naissance et l'évolution jusqu'à son apparition en Europe du Nord une cinquantaine d'années plus tard, et en décrivent les modalités. Gerhard Lubich nous raconte la campagne méconnue d'Henri V d'Allemagne contre la France en 1124, Jean-René Valette évoque "La métamorphose allemande de Perceval", devenu Parzival, et Dominique Barthélemy s'intéresse aux "Allemands à Bouvines" : "La bataille de Bouvines, du 27 juillet 1214, ne fut donc pas vraiment franco-allemande. Elle a été menée et gagnée par l'armée royale française contre la chevalerie de Flandre et du Hainaut, groupée autour du comte Ferrand, imparfaitement appuyée par un contingent impérial. Et un comte anglais a eu sa part de défaite à peu près autant que ce dernier. Au soir des combats, les vainqueurs ont répertorié 127 chevaliers prisonniers, dont à peine 25 Allemands".

Excellemment mis en page, superbement illustré, bénéficiant d'une impression de qualité sur un beau papier, ce livre passionnera tous les amateurs d'histoire du Moyen-Âge et au-delà tous ceux qui s'intéressent à l'histoire franco-allemande dans le temps long. Particulièrement apprécié sur le fond et dans la forme. La qualité de sa réalisation peut en faire un joli cadeau en cette période de fin d'année.

Passés/Composés, Paris, 2020, 238 pages, 29,- euros.

ISBN : 978-2-3793-3231-9.

Pour commander directement le livre : ici.

France / Allemagne

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 00:01

L'Aiglon

Le rêve brisé de Napoléon

Laettia de Witt

Né alors que l'empire est à son apogée, le fils de Napoléon Ier, titré roi de Rome, mort à 21 ans quasiment prisonnier de sa famille maternelle, Napoléon II n'a officiellement régné que quelques jours. C'est cette brève et triste vie, finalement très mal connue, fait ici l'objet d'une belle et sensible biographie.

Le livre est divisé en quatre grandes parties chronologiques : "L'héritier impérial" jusqu'à la chute de l'empire, "Prince exilé" qui relate les deux années suivante jusqu'à la séparation avec sa mère, "Duc de Reichstadt" raconte la triste jeunesse de cet enfant "ni roi, ni prince, ni héritier" jusqu'à ses 20 ans, "De la politique à la légende" nous rappelle ce que furent les derniers mois de la vie du fils de l'empereur qui "bâtit peu à peu sa personnalité autour de deux axes que sont la carrière militaire, la seule, selon ses propos, qui convienne au fils de Napoléon, et la fidélité à son père". Sous la surveillance constante des agents de Metternich, en grande partie coupé du monde réel sans être pur autant prisonnier, son nom est évoqué en diverses circonstances (comme pour accéder au trône de Belgique lors de l'indépendance du pays, ou à celui de Pologne lors du soulèvement contre la Russie), mais l'hostilité des cours de Vienne et de Paris rendait par avance ces hypothèses peu plausibles. Les derniers chapitres sont consacrés à raconter quelques complots bonapartistes, également voués à l'échec, et à la brève carrière militaire (environ 6 mois) du duc de Reichstadt comme commandant à la tête du 60e bataillon d'infanterie hongroise. "Sévère mais juste envers ses subordonnés, il se révèle un excellent chef de bataillon", mais la fatigue le submerge rapidement. Il doit bien malgré lui quitter son commandement et sera promu colonel en second peu de temps avant son décès. Laetitia de Witt revient ici longuement sur l'état de santé (et son évolution) du duc de Reichstadt ("La santé du prince devient un problème d'Etat. Le monde observe le traitement que l'Autriche réserve au fils de Napoléon"), jusqu'à sa mort le 22 juillet 1832. Le dernier chapitre est consacré à "La revanche de la postérité" avec cette formule bien trouvée : "Le duc de Reichstadt n'est plus ! Vice l'Aiglon !", à travers la littérature et le théâtre bien sûr, jusqu'au retour des cendres en France encadré par des soldats allemands en décembre 1940. L'histoire se termine par une ultime inhumation dans un caveau sous celui de son père avec une simple plaque au sol. "De son vivant, le duc de Reichstadt a eu pour rêve de rentrer à Paris. Mort, il n'y revient que pour y subir la permanence de l'oubli. Quel triste épilogue !"

Les notes de références sont rejetées en fin de volume et totalisent près de 40 pages en petits caractères, ce qui témoigne de la rigueur du travail, complété par 8 pages de sources et bibliographie, avec l'indication de documents méconnus ou issus de fonds privés. Un volume passionnant et l'on est surpris par tout ce que l'on apprend sur la période viennoise de la vie du jeune prince. Une belle lecture.

Tallandier, Paris, 2020, 494 pages. 24,90 euros.

ISBN : 979-10-210-2476-2.

Pour commander directement le livre : ici.

Destin tragique

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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 00:01

Raconter la guerre

Souvenirs des élèves du département du Nord (1920)

Edité par Philippe Marchand

Voici une série de témoignages tout à fait exceptionnels, puisqu'il s'agit de rédactions d'enfants, rédigées au lendemain de la Grande Guerre et conservées à la BDIC.

"Au travers du prisme de la rédaction d'une composition française sur les bancs de leur école", exercice organisé à la demande du recteur de l'académie de Lille en 1920, voici 152 compositions d'élèves (78 garçons, 74 filles) de 44 écoles du département du Nord. Elles sont plus ou moins longues (de quelques lignes et deux pages) et chaque lettre est contextualisée. On y retrouve des exemples très précis des difficultés et des souffrances de la vie quotidienne en territoire occupé, des mauvaises relations avec l'occupant et parfois des exactions de l'armée allemande, voire quelques échos de combats proches. On y trouve parfois le souvenir de l'état d'esprit dans les familles à l'été 1914 et on constate que les mots utilisés pour qualifier l'ennemi témoignent bien de la haine qui anime une grande partie de la population.

Un recueil qui nous montre la construction en cours d'une mémoire du conflit, qui permet d'approcher le rôle de l'école dans ce cadre et qui, aussi bien globalement que lettre par lettre, nous apporte aussi le témoignage direct de ces enfants, avec leurs yeux, dans leur ville, leur quartier ou leur village. Très intéressant à plus d'un titre.

Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Ascq, 2020, 272 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-7574-3142-9.

Pour commander directement le livre : ici.

Témoignages

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 00:05

Batailles

Une histoire des grands mythes nationaux

Isabelle Davion et Béatrice Heuser (Dir.)

Certains lieux, certains noms, ont profondément marqué nos mémoires, au point de rentrer dans la culture populaire, voire le langage courant.

Isabelle Davion  s'interroge dans son introduction sur le fait que certaines batailles peuvent devenir absolument symboliques pour tout une nation, devenir un "jalon mémoriel", presque un marqueur de civilisation. Avec l'aide de 18 autres contributeurs, les deux auteures nous présentent ensuite un panel représentatif des grandes victoires ou défaites à travers les âges en Europe. Nous partons de Marathon pour terminer à Stalingrad. Dans ce vaste choix (de qualité), retenons pour l'Antiquité, "Cannes, 216 av. J.-C., un mythe trompeur pour les militaires d'hier et d'aujourd'hui" (Vincent Arbaretier) et "Teutoburg, 9 apr. J.-C., la vengeance des Germains" (Béatrice Heuser et Yann Le Bohec). Pour le Moyen-Âge, "Poitiers, 732/733, simple raid ou tournant de l'histoire" (Christoph Mauntel), "Bouvines, 1214, de la construction d'un mythe national à l'évènement européen et populaire" (Klaus Oschema) et "Kosovo Polje, 1389, récits serbes et français : du mythe aux enjeux politiques et européens" (Ksenia Smolovic). Pour la Renaissance, "Marignan, 1515, un modèle de préparation, de gestion de l'imprévu et de communication" (Cédric Michon) et "Mohacs, 1526, mort de la nation hongroise et introspection victimaire" (Catherine Horel). Pour les 17e/18e siècles, "Culloden, 1746, la dernière bataille écossaise" (Béatrice Heuser) et "Raclawice, 1794, l'acte fondateur de la nation polonaise moderne" (Witlod Griot). Pour le Ier Empire, "Waterloo, 1815, qui a gagné la bataille pour la mémoire ?" (Alan Forrest, qui n'oublie pas les Hollandais et la maison d'Orange). Pour le XXe siècle enfin, outre Verdun et Stalingrad, retenons "Varsovie, 1920, du mythe précoce au mythe mondialisé" ((Jochen Böhler). Les auteurs analysent les conditions de naissance et d'utilisation du mythe né de la bataille concernée, définissent le contexte, proposent une carte qui décrit les mouvements des troupes et présentent en fin de contribution une bibliographie de référence. Pour Raclawice par exemple, "ses héros et sa légende se sont enracinés et développés dans la conscience collective des Polonais à ce point que la distinction entre la vérité historique et les faits et les anecdotes, les motifs et symboles innombrables créés de manière fantaisiste, et pérennisés par la plume et le pinceau, entraine aujourd'hui une difficulté d'étude", formule que l'on pourrait reprendre pour nombre d'entre elles.

On le voit, un livre dense tout en restant parfaitement abordable, qui nous entraine d'est en ouest et du nord au sud de l'Europe depuis la plus haute antiquité, tout en s'interrogeant sur la place de ces batailles dans nos sociétés au fil des siècles. Un volume à la fois beau et riche qui passionnera les amateurs.

Belin, Paris, 2020, 319 pages, 33,- euros

ISBN : 978-2-410-01696-3.


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Batailles mythiques

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 00:01
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FÊTES DE FIN D'ANNEE

PENSEZ A OFFRIR DES LIVRES

Plutôt que tel ou tel gadget ou objet plus ou moins à la mode, plutôt qu'une Xième cravate ou une Nième chemise bientôt oubliées au fond d'une armoire, plutôt qu'un produit périssable vite consommé, pensez à offrir des livres.

Tous les sujets, toutes les époques, tous les pays, dans tous les styles et à tous les prix : vous êtes certain de pouvoir trouver LE livre adapté aux goûts et aux préférences de celle ou de celui auquel le volume est destiné. Vous pouvez trouver l'inspiration parmi les dizaines d'ouvrages présentés sur le site ces derniers mois.

Au terme de cette terrible année 2020 qui voit des nombreuses librairies mais aussi maisons d'édition fragilisées économiquement, parfois gravement, cette période de fêtes est une bonne occasion de faire plaisir tout en soutenant un secteur indispensable à la vie d'un pays digne de ce nom. En quelque sorte une situation intellectuellement très satisfaisante : faire le bien en faisant plaisir !

FÊTES DE FIN D'ANNEE

PENSEZ A OFFRIR DES LIVRES

(et n'hésitez pas à relayer et partager le message !)

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4 décembre 2020 5 04 /12 /décembre /2020 00:01

Martin Bormann

Homme de confiance d'Hitler

François Delpla

On peut ne pas être d'accord avec toutes les conclusions de François Delpla dans ses différents ouvrages consacrés au nazisme et à la Seconde guerre mondiale, mais il faut lui reconnaître de grandes qualités d'analyse, un sens développé de la recherche et une aptitude à retrouver la lettre ou le témoignage oublié. Cet ouvrage ne déroge pas à la règle et cette première biographie de Martin Bormann scientifiquement basée mérite d'être connue de tous les amateurs.

Dans une solide introduction, l'auteur présente et commente la bibliographie sur le sujet, analyse les livres déjà publiés sur Bormann, en pointant les points forts et les limites. Organisé en 20 chapitres chronologiques, le livre offre un portrait assez saisissant du chef nazi, qui n'adhère pourtant au NSDAP qu'en 1927, dont il devient salarié dès 1928. François Delpla utilise, pour la première partie de la carrière de Bormann au sein du parti les mémoires (qui "n'ont pas été suffisamment remarquées") d'Otto Wagener, et étend son récit à la vie familiale et privée du personnage (relations, invitations, vie du couple, etc.). Au fil des pages, François Delpla revient sur la nuit des longs couteaux, dont il analyse les différentes approches, et évoque longuement les relations de plus en plus étroites entre Bormann et Rudof Hess, dont il devient chef d'état-major, tout en profitant des différentes circonstances pour traiter des rapports que les dirigeants nazis entretiennent entre eux et avec Hitler. Le portrait qui est fait de Bormann (obséquieux avec les plus puissants, durs avec les subordonnés, hypocrite avec les égaux) n'est pas des plus reluisants, et Delpla nous invite de façon générale à relire la documentation "d'un oeil attentif pour y dépister les faux-semblants des témoignages où maints cadres cherchaient après la guerre à se dédouaner". On doit à Bormann l'aménagement du Berghof dans les Alpes bavaroises, où, "gestionnaire financier et sous-chef du parti", il devient de plus en plus proche d'Hitler. Il s'efforce de définir ce que Bormann pouvait réellement penser et croire, à titre personnel, au plan éthique et religieux : "On peut déduire de tout cela que Hitler apprécie que Bormann pense... mais pas trop". Progressivement, et le mouvement s'accélère au début de la guerre et après l'envol de Hess pour l'Angleterre, Bormann devient de fait le secrétaire personnel d'Hitler, poste qui lui est officiellement confié en avril 1943. Il est désormais au contact quotidien du Führer. Il est surtout "directement associé" aux décisions et nominations sur les questions civiles comme militaires, dans l'Etat comme dans le parti. L'auteur décrit ensuite son rôle à l'occasion de l'attentat du 20 Juillet 1944, puis lors des derniers mois de la guerre. Accusé de crimes contre la paix, contre l'humanité et de crimes de guerre au tribunal de Nuremberg alors que l'on ne sait pas s'il est mort ou vivant, il est condamné à mort et François Delpla tente de déterminer si Bormann a pu survivre aux combats de Berlin, l'hypothèse qui lui semble bien préférable aux "fables" de sa survie en Amérique latine, ou en URSS, ou au Moyen-Orient étant celle de son décès. L'auteur consacre les dernières pages à une forme de "bilan de personnalité" de Bormann, dont il ressort qu'il ne fut sans doute pas le "mauvais génie" d'Hitler si souvent décrit, mais un exécutant fidèle et ambitieux, modeste, travailleur, appartenant au clan des "durs" du régime, partisan d'une lutte jusqu'à la dernière extrémité.

Au-delà du seul personnage de Bormann, c'est bien sûr, comme dans les autres livres de François Delpla qui multiplie les digressions, l'ensemble du régime nazi et la personnalité d'Hitler qui sont régulièrement abordés. Un livre qui mérite d'être lu pour ses multiples références peu courantes, sa critique de la bibliographie sur tous les sujets abordés et son approche originale de la carrière et du rôle de Bormann.

Nouveau Monde éditions, Paris, 2020, 410 pages. 21,90 euros.

ISBN : 978-2-38094-123-4.

Pour commander directement le livre : ici.

Le secrétaire officiel d'Hitler

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 00:01

Billets en guerre

1938-1948

Jean-Claude Camus

Cette étude originale et richement illustrée nous présente les évolutions, les errements, les adaptations du franc pendant la Seconde guerre mondiale.

Elle illustre tous les aléas induits par les évènements militaires et politiques, mais aussi les difficultés de la population. Le livre est divisé en huit chapitres chrono-thématiques qui permettent en quelque sorte de suivre l'actualité de l'époque : "1938-1939 L'armement monétaire", "1940 L'invasion des billets étrangers", "1940-1944 Des billets pour l'occupation", "1941-1942 Les forces gaullistes prennent le pouvoir monétaire dans l'empire", "1942-1944 De l'argent clandestin pour combattre l'occupant", "1944 L'affaire de la 'fausse monnaie' du débarquement du 6 juin", "1944-1945 Quels billets pour la Libération", "1945-1948 Quelles monnaies pour la reconstruction ?", et se termine par une conclusion "Un profond bouleversement pour le billet français". Saviez-vous par exemple que le bon à tirer des billets du débarquement en France fut signé par le Secrétaire d'Etat américain au Trésor dès le 11 janvier 1944 (opération 'Tom Cat') ? La qualité esthétique de la plupart de ces billets est impressionnante, en particulier pour les grosses valeurs, et la diversité des émissions et des valeurs à travers tous les territoires de l'empire permet en quelque sorte un voyage nostalgique dans le temps et dans l'espace. A ces multiples émissions officielles, il faut ajouter les monnaies de circonstance et les "pseudo-billets" utilisés pour la propagande en faveur des Alliés et de De Gaulle.

Un volume qui se distingue par sa qualité esthétique, la richesse et la diversité de ses illustrations, mais qui aborde aussi, par un angle rarement emprunté, des questions majeures sur la France dans la Seconde guerre mondiale.

Autrement, Paris, 2020, 135 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-7467-5588-8.

Pour commander directement le livre : ici.

Nerf de la guerre

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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 00:01

Timbalier et trompettes

Maison de l'empereur et garde impériale

Pierre Conrad et Guillaume Bretegnier

Une magnifique réalisation, aussi bien dans la forme que sur le fond, illustrée notamment par les superbes gouaches originales de Pierre Conrad, décédé en 2017.

Cette belle brochure s'organise en trois grandes parties ("Maison militaire de l'empereur et garde impériale", "Timbalier et trompettes", "Flammes pour trompettes de gala et pièces de harnachement") et se termine par quelques pages en hommage à l'illustrateur. Au-delà du texte courant, d'une scrupuleuse exactitude, on reste admiratif (que l'on soit fana d'uniformologie ou non) devant la beauté des planches des pages 15 à 43 reproduites en grand format (trompette de l'escadron des Cent-gardes, timbalier des Guides, caisse des Lanciers, etc.).

Une production qui fait honneur à l'illustre Sabretache et qui augure bien du partenariat avec La Compagnie d'Elite. Une publication qui séduira au-delà des seuls amateurs du Second empire. 

La Compagnie d'Elite / Epopées, Versailles, 2020, 66 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-9565127-1-4.

Pour commander directement : ici.

Magnifique !

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 00:01

Histoire navale de la Seconde guerre mondiale

Craig L. Symonds

Monumental ! Voici une étude qui indiscutablement marquera la bibliographie de la Seconde guerre mondiale. Rédigé par un ancien professeur du Naval War College et de l'académie navale américaine, cette énorme synthèse englobe tous les aspects du conflit sous l'angle de la marine.

Le livre s'ouvre sur une rapide présentation de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne au début des années 1930 puis s'organise en cinq grandes parties : "La guerre européenne", "Le conflit s'étend", "Le tournant décisif", "La contre-attaque alliée" et "Le jugement". Au fil de la chronologie, en brefs chapitres au style enlevé, il revient ainsi sur l'opération de sauvetage des troupes alliées à Dunkerque, sur Mers el-Kébir, les opérations contre la marine italienne et la chasse du Bismarck. Souvent, il remet en cause certaines idées reçues (pour Dunkerque par exemple l'importance réelle des petites embarcations civiles réquisitionnées). Nous passons ensuite à l'attaque japonaise sur Pearl Harbour et à la guerre en Extrême-Orient et dans le Pacifique, de la bataille de la mer de Corail à Midway. L'auteur s'intéresse ensuite aux opérations pour attaquer et défendre Malte et Guadalcanal, combats que l'on aborde peu souvent sous l'angle naval. La situation commence à évoluer plus favorablement pour les Alliés à partir du début de l'année de 1943, Symonds aborde alors la question des convois à destination de l'URSS par la voie arctique, comme les opérations de débarquement (Husky en Sicile) et constate la disparition progressive des flottes de surface allemande et italienne comme adversaire significatif. C'est ensuite le récit du rassemblement et de l'engagement de l'énorme armada du Jour J à l'ouest, tandis que les Américains surtout mais aussi les Britanniques progressent difficilement d'île en île dans le Pacifique (en particulier bataille de la mer des Philippines puis celle du golfe de Leyte). L'Allemagne assiégée emploie ses derniers navires de surface pour évacuer les réfugiés de Prusse orientale, tandis que dans le Pacifique les Américains font face aux kamikazes et engagent la bataille dOkinawa. Tout se termine en baie de Tokyo le 2 septembre 1945 sur le pont de l'USS Missouri avec la capitulation du Japon.

Des LST aux sous-marins et aux porte-avions, sans oublier la flotte commerciale puisque la guerre économique fut une réalité, nous avons au fur et à mesure la présentation de tous les types de bâtiments, de même que sont présentés tous les acteurs importants des différentes marines nationales. Le texte courant est accompagné de plus de 20 cartes et graphiques qui permettent de bien visualiser des points particuliers ou des zones géographiques, et le volume se termine sur une trentaine de pages de sources et de bibliographie, qui ouvriront de nombreuses pistes aux amateurs français.

Un livre absolument indispensable pour quiconque s'intéresse à la Seconde guerre mondiale. 

Perrin, Paris, 2020, 994 pages, 29,- euros.

ISBN : 978-2-262-08005-1.

Pour commander directement le livre : ici.

Guerre navale

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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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