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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 06:00

Maurice Barrès

et le nationalisme français

Zeev Sternhell

Nouvelle réédition de cette première grande étude (première parution en 1972), qui constitue non seulement une forme de "biographie thématique" du fondateur d'un nationalisme français rénové au tournant du XXe siècle, mais surtout une analyse domaine par domaine de sa pensée et de son influence.

Mettant en parallèle les idées de Barrès et celles des principaux auteurs européens qui le précèdent ("Il est arbitraire de séparer la pensée de Barrès de l'ensemble du mouvement que le monde occidental connaît alors"), avec cette particularité d'émaner d'un pays vaincu (défaite de 1870) et de plonger ces racines dans des sources variées, ce qui explique sa complexité ("une révolte contre la démocratie libérale et les excès du capitalisme"), Zeev Sternhell divise méthodiquement son travail en deux grandes parties : "La révolte" et "L'acceptation". Il peut ainsi traiter de tous les thèmes successivement, de la crise boulangiste et de son échec à la formulation d'un nationalisme plus conservateur. L'historiographie a bien sûr évolué depuis plus de quarante ans (les travaux n'ont pas cessé sur la pensée de Barrès et se poursuivent encore activement) et, à certains égards, le livre peut paraître daté. Mais par l'ampleur du champ intellectuel analysé, il reste une référence incontournable.

Au risque d'une certaine provocation, on trouve avec le recul une grande modernité dans certaines analyses de l'auteur de Scènes et doctrines du nationalisme qui n'oublie jamais les fondements socialistes (ou socialisants) de son engagement politique, et son souci de définir ce que peut être la France comme entité donne d'intéressantes pistes de réflexion pour aujourd'hui. Un "classique" de l'histoire culturelle et politique que chacun doit avoir lu.

'Pluriel', Fayard, 2016, 432 pages, 12,- euros.

ISBN : 978-2-818-50503-8.

Une vie et une époque
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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 06:00

Joseph II

Un Habsbourg révolutionnaire

François Fejtö

Français d'origine hongroise (décédé il y a huit ans) spécialiste de l'Europe centrale et orientale à l'époque communiste et de l'empire austro-hongrois, François Fejtö est fidèle fidèle à ses racines bien que réfugié à Paris dès 1938. Cette réédition de sa biographie de l'empereur François II mérite pleinement une réédition en format poche.

Le fils ainé de la grande Marie-Thérèse, premier des Habsbourg-Lorraine, reste un personnage controversé de l'histoire autrichienne, considéré par les uns comme le réformateur de l'empire, et par les autres comme son premier fossoyeur. Le livre est divisé en 23 assez brefs chapitres regroupés en deux grandes parties : 1741-1780 et 1780-1790. La première couvre la période du règne de sa mère, au terme d'une succession difficile qui voit la Prusse émerger sur la scène européenne, qui fait de lui un roi de Rome puis un empeeur romain germanique. La seconde correspond au règne effectif de Joseph II, marqué par une intense volonté de réformes intérieures mais aussi un certain aventurisme à l'extérieur. François Fejtö met d'ailleurs à plusieurs reprises en relief cette complexité de la personnalité de l'empereur et sait illustrer sa démonstration avec de nombreux exemples référencés et judicieusement choisis. On note également que Joseph II fut un grand voyageur au-delà de ses Etats, qu'il rencontre Catherine II de Russie et séjourne aux Pays-Bas comme à la cour de France, mais aussi qu'il témoigne d'un sens particulièrement aigu de l'économie des deniers de l'Etat que certains n'hésitent pas à comparer à de la pingrerie. Ses efforts de rationalisation de l'administration et d'économie publique font que son "système de gouvernement représente un mélange de bureaucratisme, d'esprit militaire, d'absolutisme et de libéralisme ... Le gouvernement n'était pas pour lui un privilège, mais un devoir", ce qui ne l'empêche pas "d'avoir au coeur la liberté de penser". Cet empereur, qui "avait la passion de la connaissance exacte des faits", n'est pas encensé par l'auteur, bien au contraire, mais François Fejtö sait insister sur ses réussites : "S'il fut un médiocre chef d'armée, un discutable politicien en matière d'affaires extérieures, un économiste sans éclat, il occupe une place de premier plan dans l'histoire de l'administration, car il a créé dans ce domaine une oeuvre durable". Pour ajouter quelques pages plus loin : "D'une main, il démolissait l'Autriche féodale et cléricale, de l'autre il construisait une monarchie moderne, aux lignes rationnelles et simples". Finalement, reste sa volonté d'unifier l'organisation et le fonctionnement de la mosaïque des territoires autrichiens et de moderniser la Hongrie, ce qui était un moyen de la lier à l'Autriche et de diminuer le pouvoir des familles nobles. Ce double effort de modernisation et de centralisation suscite de nombreuses révoltes, qui noircissent les dernières années du règne et conduisent à de douloureux reniements.

Un ouvrage très intéressant sur une période mal connue en France de l'histoire autrichienne.

'Tempus', Perrin, 2016, 486 pages, 11,- euros.

ISBN : 978-2-262-06521-8.

Réformateur impérial
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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 06:00

Le questionnaire

Ernst von Salomon

Le célèbre auteur des Réprouvés, cadet prussien qui racontera sa perception presque romantique de l'histoire des corps-francs d'après-guerre et du terrorisme des groupuscules nationalistes, a également publié en 1951 un livre fameux, Le Questionnaire, que Gallimard a la bonne idée de rééditer.

L'architecture générale du livre s'appuie sur les quelques 130 questions auxquelles les Américains demandèrent aux Allemands de répondre en 1945 afin d'organiser la dénazification du pays, mais en les détournant souvent et prenant à de nombreuses reprises le contre-pied des attentes des vainqueurs. A bien des égards, le livre est ainsi non seulement à contre-courant de la doxa habituelle, mais camoufle également bien des aspects d'une réalité que l'Allemagne de la fin des années 1940 refusait de reconnaître : "Ma conscience devenue très sensible me fait craindre de participer à un acte capable, dans ces circonstances incontrôlables, de nuire sur l'ordre de puissances étrangères à un pays et à un peuple dont je suis irrévocablement". Certaines questions font l'objet de longs développements, mais presque systématiquement un humour grinçant y est présent, comme lorsqu'il s'agit simplement d'indiquer son lieu de naissance : "Je découvre avec étonnement que, grâce à mon lieu de naissance (Kiel), je peux me considérer comme un homme nordique, et l'idée qu'en comparaison avec ma situation les New-Yorkais doivent passer pour des Méridionaux pleins de tempérament m'amuse beaucoup". Et à la même question, à propos des manifestations des SA dans la ville avant la prise du pouvoir par les nazis : "Certes, la couleur de leurs uniformes était affreuse, mais on ne regarde pas l'habit d'un homme, on regarde son coeur. On ne savait pas au juste ce que ces gens-là voulaient. Du moins semblaient-ils le vouloir avec fermeté ... Ils avaient de l'élan, on était bien obligé de le reconnaître, et ils étaient merveilleusement organisés. Voilà ce qu'il nous fallait : élan et organisation". Au fil des pages, il revient à plusieurs reprises sur son attachement à la Prusse traditionnelle, retrace l'histoire de sa famille, développe ses relations compliquées avec les réligions et les Eglises, évoque des liens avec de nombreuses personnes juives (dont sa femme), donne de longues précisions sur ses motivations à l'époque de l'assassinat de Rathenau, sur son procès ultérieur et sur son séjour en prison. Suivant le fil des questions posées, il détaille son éducation, son cursus scolaire, son engagement dans les mouvements subversifs "secrets", retrace ses activités professionnelles successives avec un détachement qui parfois peu surprendre mais correspond à l'humour un peu grinçant qui irrigue le texte, comme lorsqu'il parle de son éditeur et ami Rowohlt. Il revient bien sûr longuement sur les corps francs entre 1919 et 1923, sur l'impossibilité à laquelle il se heurte au début de la Seconde guerre mondiale pour faire accepter son engagement volontaire, tout en racontant qu'il avait obtenu en 1919 la plus haute de ses neuf décorations en ayant rapporté à son commandant... "un pot de crème fraîche. Il avait tellement envie de manger un poulet à la crème !". Toujours ce côté décalé, ce deuxième degré que les Américains n'ont probablement pas compris. La première rencontre avec Hitler, le putsch de 1923, la place des élites bavaroises et leurs rapports avec l'armée de von Seeckt, la propagande électorale à la fin des années 1920, et après l'arrivée au pouvoir du NSDAP les actions (et les doutes) des associations d'anciens combattants et de la SA, sont autant de thèmes abordés au fil des pages, toujours en se présentant et en montrant la situation de l'époque avec détachement, presque éloignement, tout en étant semble-t-il hostile sur le fond et désabusé dans la forme. Les propos qu'il tient au sujet de la nuit des longs couteaux sont parfois étonnants, mais finalement "dans ces circonstances, chaque acte est un crime, la seule chose qui nous reste est l'inaction. C'est en tout cas la seule attitude décente". Ce n'est finalement qu'en 1944 qu'il lui est demandé de prêter serment au Führer dans le cadre de la montée en puissance du Volkssturm, mais "l'homme qui me demandait le serment exigeait de moi que je défende la patrie. Mais je savais que ce même homme jugeait le peuple allemand indigne de survivre à sa défaite". Conclusion : défendre la patrie "ne pouvait signifier autre chose que de la préserver de la destruction". Toujours les paradoxes. Dans la dernière partie, le comportement des Américains vainqueurs est souvent présenté de manière négative, évoque les difficultés quotidiennes dans son petit village de haute Bavière : une façon de presque renvoyer dos-à-dos imbécilité nazie et bêtise alliée... et donc de s'exonérer soi-même.

Au final, un livre qui doit être lu, car au-delà même de ce qu'il raconte de von Salomon et de l'entre-deux-guerres, il est également très éclairant sur la façon dont une partie non négligeable de la population allemande s'est en quelque sorte "auto-protégée" en 1945.

Gallimard, Paris, 2016, 920 pages. 18,50 euros.

ISBN : 978-2-07-077026-7.

D'autres rééditions des ouvrages de von Salomon : ici.

Bilan d'une vie ?
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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 07:50

Verdun

Le prix de la victoire

La Marche de l'Histoire - HS n° 8

J'ai assuré la rédaction d'un numéro hors-série complet (98 pages) en une douzaine de chapitres chronologiques ou thématiques. De la situation des belligérants à l'hiver 1915-1916 et du choix du secteur de Verdun pour l'attaque allemande, aux derniers combats de 1917 et 1918 et au souvenir de la bataille, tous les aspects sont évoqués, qu'il s'agisse des questions logistiques ou de guerre aérienne bien sûr, mais aussi des oppositions plus ou moins larvées entre généraux, de l'artillerie, des troupes de l'empire, de l'interaction avec la bataille de la Somme, du déroulement des opérations elles-mêmes. Le texte s'appuie souvent sur des citations des acteurs des événements, du chef du gouvernement au poilu, afin de restituer autant que possible la réalité dessituations et la perception que les combattants avaient de la bataille.

Synthèse 'Verdun'
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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 06:00

Carentan

Linking Omaha Beach - Utah Beach (vol. 1)

Michel de Trez, Emmanuel Allain & Mark Bando

Edité à l'occasion du 70e anniversaire du Débarquement, ce livre-album est assez atypique car il ne se contente pas d'associer trois grands spécialistes et collectionneurs qui présentent à travers des centaines et des centaines d'illustrations les préparatifs et le déroulement des opérations aéroportées de la nuit du 5 au 6 juin 1944 (par régiments). L'historien traditionnel regrettera l'absence de récit sous forme d'un fil conducteur suffisamment dense, mais l'amateur sera indiscutablement ébloui par la densité, l'originalité, la qualité des objets, photos, matériels, mannequins, documents, cartes, etc., présentés. On apprécie en particulier les très nombreuses et inédits photos issues de collections privées qui présentent des soldats "en mouvement" si ce n'est en action, des visages, des groupes, etc., en clair des photos qui donnent de la chair à des propos souvent théoriques. Certaines, en couleurs, sont absolument exceptionnelles. Tous les textes sont systématiquement traduits en français et en anglais, mais il s'agit généralement de longues légendes qui présentent dans le détail les illustrations, souvent en recontextualisant les situations.

A ces différents titres, ce premier volume constitue indiscutablement un "must" pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire des troupes parachutistes, aussi bien que pour les amateurs d'histoire de la Seconde guerre mondiale. Si vous passez par Saint-Côme-du-Mont, près de Carentan, n'hésitez surtout pas à vous arrêter au musée du Dead Man's Corner, qui présente sur ce thème les collections les plus importantes.

Centre historique des parachutistes du jour J, Saint-Côme du Mont, 2014, 232 pages, 49,- euros

ISBN : 978-2-9540297-2-6.

Pour commander directement sur le site du musée : ici.

Revivre "l'expérience" du Débarquement dans un C47 transformé en simulateur de vol : ici.

Parachutistes
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 06:00

La Grande Guerre des écrivains

Romain Vignest et Jean-Nicolas Corvisier (Dir.)

Cette très volumineuse étude affirme ne pas prétendre à l'exhaustivité, ce qui est naturellement exact, mais brosse un tableau à la fois très large et très varié sur les auteurs français (et quelques approches étrangères) dont l'oeuvre a été profondément marquée par la Grande Guerre.

Réunissant plus de 35 contributions, le livre est divisé en trois parties : "En guerre", pour les auteurs combattants ou pacifistes pendant la guerre elle-même ; "L'empreinte", pour les influences ultérieures ; et "Regards étrangers", pour quelques travaux internationaux, de l'Afrique du Nord à l'Italie et des Etats-Unis à la Serbie. Les contributeurs sont extrêmement variés, du professeur émérite reconnu au jeune chercheur, ce qui donne à l'ensemble une diversité d'approches et de préoccupations intéressante. Par ailleurs, comme souvent pour de tels ouvrages, un professeur de lettres est rarement un spécialiste des questions militaires et l'approche est fréquemment exclusivement littéraire et culturelle, comme le précise Romain Vignest : "Ses trente-cinq articles composent la somme de la recherche universitaire sur l'impact (le mot, ici, convient) idéologique et esthétique de la Grande Guerre et sa représentation dans la littérature". Après une Introduction historique de Jean-Nicolas Corvisier, qui s'efforce de dresser un bilan de l'ensemble de ces publications et parfois des travaux associés "sous forme de pesée globale" (y compris l'attribution des prix littéraires et une rapide analyse par genre de publication), Jean-Pierre Rioux ouvre le cycle des contributions avec "Charles Péguy en pantalon rouge". Aucun grand nom ne manque ensuite, de Claudel à Barrès et de Léautaud à Romain Rolland, de Gide à Duhamel, d'Apollinaire à Cendars, de Dorgelès à Giono et de Céline à Drieu la Rochelle. Parmi les contributions les plus originales, celle de Cécilia Suzzoni, consacrée à "Albert Thibaudet, La campagne avec Thucydide. De la guerre du Péloponnèse à la guerre de 14-18 : une certaine figure de la guerre antique", à partir de l'affirmation que "les lettres classiques fournissent la grille de lecture pour le monde contemporain", une sorte de dialogue "entre hier et aujourd'hui, entre le moment et la chose de toujours". Dans la seconde partie, outre les classiques Roger Martin du Gard et Proust, on trouve également des approches plus larges ou plus atypiques, comme celle sur la littérature populaire et le roman d'aventures par Jean-Nicolas Corvisier et Guy Talon, ou l'article de Jean-Louis Loubet del Bayle sur "La guerre de 14. Des écrivains et les désillusions du progrès (Aragon, Drieu la Rochelle; Malraux)". La troisième enfin commence par une étude comparative par Georgette Wachtel de trois grands auteurs (Genevoix, Jünger et Remarque), entre témoignages, récits édulcorés et affirmations politiques (évolutives). L'originale étude de Guy Dugas sur "La Grande Guerre dans l'imaginaire maghrébin" s'appuie sur les travaux de trois artistes dont les oeuvres s'échelonnent entre 1920 et 1980, tandis qu'en fin de volume Milivoj Srebro revient sur le souvenir du désastre serbe de l'hiver 1915 : "Le Golgotha albanais ou la traversée des Enfers. L'écho de la Grande Guerre dans le roman serbe", véritable historiographie de la question jusqu'aux débats de la fin du XXe siècle sur le projet serbe et la Yougoslavie.

Au total, un volume qui plaira indiscutablement aux amateurs de littérature de la (Grande) Guerre, mais qui plus largement peut apporter beaucoup de pistes et d'éléments de réflexion à ceux qui s'intéressent aux traces et influences de la Première Guerre mondiale dans le temps long.

Classiques Garnier, Paris, 2015, 781 pages, 39,- euros.
ISBN : 978-2-8124-4732-7.

Guerre et littérature
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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 06:00

Kemal Atatürk

Père fondateur de la Turquie

Alexandre Jevakhoff

Quatrième réédition de cette biographie du fondateur de la Turquie moderne, après celles de S. Hanioglu (ici) et de F. Monnier (ici), ce qui semble témoigner de l'intérêt qu'il y a aujourd'hui à connaître et comprendre cette puissance régionale incontournable (et membre de l'OTAN) qu'est la Turquie.

Le livre commence par une description des contradictions de l'empire ottoman au milieu du XIXe siècle et par la présentation des premiers 'Jeunes Turcs', dont Kemal, décidés à moderniser le vieil empire pour qu'il retrouve son rang de grande puissance. Le récit suit alors chronologiquement la vie de Mustapha Kemal, devenu breveté d'état-major et en poste à Damas, et l'une des caractéristiques du livre d'Alexandre Jevakhoff est dans son style d'écriture : il "raconte" au sens propre une histoire, ajoute toujours au détour d'une phrase le détail du fait mouche, explique le contexte à chaque pas. Une grande facilité de lecture donc et un réel plaisir à suivre le fondateur de la Turquie moderne dans ses déplacements, ses activités de conjuré permanent, l'évolution de sa situation militaire et de son engagement politique. Avec la Première Guerre mondiale, la carrière de Kemal; nommé au commandement d'une division sur la mer de Marmara en janvier 1915, évolue rapidement et le débarquement allié de Gallipoli le fait entrer dans l'histoire : "Rarement dans l'histoire, l'action d'un simple commandant de division a-t-elle exercé, en trois occasions différentes, une influence aussi profonde non seulement sur l'issue d'une bataille, mais aussi peut-être sur le sort d'une campagne et même la destinée d'une nation". Toujours complotant et publiquement hostile au gouvernement d'Enver Pacha, il sert successivement sur plusieurs fronts, alterne les séjours à Constantinople, mais se trouve malade et en cure à Karlsbad au début de l'été 1918 et ne retrouve la capitale ottomane qu'au mois d'août. Ephémère et malheureux commandant de la 7e Armée turque lors de l'offensive finale d'Allenby, il pousse au repli des Allemands et multiplie les offres de service auprès du nouveau sultan. Car s'il est un nationaliste sourcilleux, défenseur acharné de l'armée, il est aussi ambitieux... Lorsque s'installe sur l'ensemble du Moyen-Orient la "paix britannique", les principes du mouvement 'Jeune Turc', "le nationalisme, la modernisation et l'anatolisation ont autant détruit que construit". La suite du livre est de la même facture et nous entraîne de l'imbroglio ottoman au repli vers Ankara, de la révolte contre le sultan à la guerre contre la Grèce, des négociations pour un traité de paix à la mise en place d'un Etat modernisé, mais policier. Au fil des pages, émerge peu à peu le portrait d'un homme totalement déterminé, mais aussi fragile, ambitieux mais aussi porté par une haute conception de l'avenir de son pays, un homme de contradictions intérieures mais animé par une volonté exceptionnelle.

On apprécie au total la place qu'accorde Jevakhoff à certaines périodes importantes, le réalisme avec lequel il sait souligner (même rapidement) les interactions, les influences et les rapports de force, et dans la dernière partie son effort d'explications des réformes de l'entre-deux-guerres et de leurs succès parfois relatifs. La démocratie telle qu'elle est comprise en Occident n'y trouve pas son compte, mais sans doute peut-on mieux comprendre les ambitions et les contradictions de la Turquie moderne, qui si elle s'éloigne du kémalisme n'en reste pas moins profondément marqué par sa volonté de puissance et son nationalisme ombrageux.

'Texto', Tallandier, 2016, 575 pages. 11,50 euros.

ISBN : 979-10-210-1893-8.

Le père de la Turquie républicaine
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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 06:00

Un guerrier d'occasion

Journal du fantassin Pierre Perrin

(1914-1918)

Gilles Laurendon

Encore un témoignage récemment publié, celui d'un "guerrier d'occasion" en service entre 1914 et 1919 (ce qui en fait d'ailleurs pratiquement un professionnel).

Ce volume présente deux intérêts majeurs : d'une part le texte, scrupuleusement repris des notes rédigées au jour le jour, évite le piège du pathos permanent, et d'autre part il est très élégamment décoré d'illustrations à main levée dessinées sur le vif par l'auteur (il deviendra d'ailleurs après la guerre professeur de dessin). On apprécie que, fréquemment, les notes quotidiennes soient assez longues, ce qui permet à Pierre Perrin d'apporter un témoignage très complet, aussi bien sur les micro-événements du quotidien que sur les combats auxquels il participe et dont il décrit, à son niveau de visibilité et de compréhension, tous les détails jusque dans le comportement de ses chefs immédiats et camarades. Au fil des pages, l'auteur nous présente comment sont creusées et aménagées les tranchées (et comment cela évolue dans le temps), raconte les blessés et les pertes quotidiennes pendant la guerre de position même dans les secteurs calmes, les combats locaux pour prendre un bout de tranchée ennemie ou récupérer un entonnoir proche des lignes, quelques commentaires peu élogieux sur le comportement des recrues méridionales, les séjours à quelques mètres des Allemands avec ses brèves phases d'apaisement réciproque et ses coups de main presque permanents, la musique régimentaire et l'aumônier, les corvées pour "ramasser dans les anciennes lignes les fusils abandonnés et les débris d'équipement", les bombardements réguliers mais aussi la quasi "vie de caserne", réalité fréquente pour le poilu que l'on oublie souvent aujourd'hui. L'auteur est dans le secteur de Verdun à partir de la fin du mois de juillet, avec les violents combats des semaines qui suivent, avant d'être dirigé vers la Meurthe-et-Moselle, dans le secteur de Reillon, avec des commentaires peu élogieux, cette fois sur un contingent antillais. A la veille de l'offensive du printemps 1917, Pierre Perrin est en Champagne, à proximité de Reims, et il décrit les séances (peu pertinentes semble-t-il) d'instruction préalables à l'attaque et dont il décrit les difficultés de progression le premier jour au milieu des bombardements et de la fumée. Blessé, il est évacué et brosse le tableau des installations du Service de santé où il séjourne brièvement, puis revient en ligne et constate la baisse du moral, les renégociations non officielles du commandement de contact, la période des "mutineries" puis s'installe brièvement dans le secteur de Maisons-de-Champagne, avec son activité de patrouilles et de coups de main. Les premiers officiers américains qui viennent en ligne annoncent l'arrivée des troupes pour avril 1918 et pensent que la guerre va encore durer deux ans... Les exercices et entraînements se succèdent, marquant bien la priorité accordée désormais dans l'armée française à la formation individuelle et collective, et Pierre Perrin présente la nouvelle organisation de la première ligne, en "îlots" défensifs. On perçoit bien au total la place prise par l'artillerie dans les combats et l'on peut évaluer l'importance des crapouillots et autres "engins de tranchée", appuis désormais indispensables du fantassin.

Au total, un nouveau témoignage trés intéressant qui complète utilement ceux dont nous disposions jusqu'à présent.

Editions Ouest-France, Rennes, 2012, 375 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-7373-5763-3.

Quotidien d'un fantassin
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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 06:00

Aristide Briand

Christophe Bellon

Une nouvelle biographie d'Aristide Briand, personnalité dont il me faut bien reconnaître que je n'apprécie guère les permanentes inflexions et dont la principale caractéristique fut sans doute de durer au pouvoir. Mais pour quel bilan... ?

Il faut toutefois reconnaître qu'en dépit d'un parti pris quasi-exclusif en faveur de son sujet, Christophe Bellon parvient, grâce à sa grande connaissance de l'homme et de la période, à nous en dresser un portrait très favorable. On ne partegera pas toujours sa présentation, mais elle comporte indéniablement de nombreux éléments à retenir. L'auteur accorde une place non négligeable aux premières années "d'apprentissage" (1862-1902), qui expliquent en partie les amitiés mais aussi les hostilités que connaîtra durablement le journaliste, député, natif de Loire inférieure et élu à Saint-Etienne. On sait que la séparation des Eglises et de l'Etat constitue son haut fait de la période d'avant-guerre, ce qui lui vaut en particulier de conserver dans plusieurs gouvernements le portefeuille des Cultes, mais l'auteur détaille aussi le rôle de Briand dans le foisonnement des sensibilités partisanes socialistes et socialisantes, avant qu'il ne devienne pour ses anciens camarades un "social-traitre". Il en fait un "rassembleur pour les gauches réformistes", l'homme des mots, du verbe, de l'éloquence, avec deux combats engagés, pourtant sans succès à l'époque, comme ministre de la Justice : celui contre la peine de mort et celui en faveur du droit de vote des femmes. L'auteur sait également accorder quelques lignes bien senties à la période (mal connue) qui précède immédiatement la Grande Guerre, qui voit le triomphe de "l'apaisement" (contre la majorité des radicaux-socialistes), le rapprochement des centres, et Briand devenir vice-pésident du Conseil de Poincaré. C'est l'époque où  pour le journal Le Radical : "Il se dira groupe de gauche et sera patronné par toutes les droites ; il prêchera l'apaisement pour mieux faire la guerre à tous les républicains, l'union pour mieux les diviser, le progrès social pour mieux l'enterrer". Presque moderne en quelque sorte ! La partie consacrée à la Première Guerre mondiale est rop exclusivement centrée sur les préoccupations politiques (politiciennes ?) pour être absolument convaincante (Comment peut-on écrire sans autres explications : "La décision n'appartient plus tout à fait au pouvoir civil, qui ne contrôle pas l'état-major"  ?). La chronologie militaire d'avant la bataille de la Marne est d'aileurs un peu bousculée et les soupçons de "boulangisme" ou de "bonapartisme" lancés contre Gallieni à la même époque passés sous silence. De même pour la présentation des visites de Poincaré aux armées... Il aurait fallu citer ce que les témoins disent alors du président de la République et de son apparente incompréhension, de sa distance, de son manque de chaleur à l'égard des combattants. Les lecteurs apprendront cependant beaucoup sur le fonctionnement parlementaire du gouvernement de guerre, car le texte est ici tout particulièrement détaillé, mais il sera aussi utile d'ajouter à ces pages quelques propos d'adversaires de Briand, ou de généraux exerçant un commandement au front. Cela permet de relativiser les affirmations rapides. Ainsi, on sait bien que l'efficacité du Conseil supérieur de la Défense nationale et celle du Comité de guerre furent toute relative. Et quelques propos étonnants : "Je voudrais être général pour pouvoir me reposer" ! Briand, ce sont aussi les traits d'humour faciles (cf. lors de la mort de Gallieni). L'appréciation portée sur l'attaque allemande contre Verdun est présentée comme une perception élevée et précoce de l'importance du symbole, sans évoquer que la chute de la cité meusienne aurait pu faire tomber le gouvernement, comme il le dit par ailleurs. Bref, nous avons là un mélange d'informations majeures et parfois très peu connues, mais aussi d'omissions (même si l'on trouve quelques rares références aux propos très durs d'un Abel Ferry par exemple), sur des sujets qui peuvent être de détail mais qui cumulés finissent par compter dans le tableau d'ensemble. La dernière grande partie est bien sûr consacrée à l'après-guerre, qui enracine définitivement la gloire (et la longévité posthume) de Briand, en faisant une sorte de précurseur de l'idéal européen moderne, d'apôtre de la paix et du désarmement. Ici aussi, bien des choses pourraient être ajoutées, car l'expression lyrique des idéaux de Genève s'appuie aussi sur l'incapacité financière et budgétaire de la France à honorer son statut revendiqué de grande puissance. Une réalité prosaïque mais contraignante qui explique bien des circonvolutions dans les différentes étapes des relations franco-allemandes ou avec les Anglo-Saxons.

Au bilan, une très solide biographie favorable à Briand, qui occupera une place de choix dans l'histoire politique de la IIIe République mais que l'on complètera aussi par d'autres lectures plus critiques.

CNRS Editions, Paris, 2016, 382 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-271-08952-6.

Parlementarisme triomphant
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 06:00

1914-1918  Lettres d'un fils

Un infirmier de chasseurs à pied à Verdun et dans l'Aisne

Jean Pottecher

Une correspondance de poilu intéressante à plus d'un titre : le nombre de lettres concernées (345, dont 289 écrites au front) d'une part ; la particularité de l'auteur d'autre part : pacifiste, il ne refuse pas d'accomplir son devoir de citoyen mais fait le choix de servir "sans arme", au sein du Service de santé.

Dans sa présentation, André Suarès souligne l'intérêt que Jean Norton Cru portait à ce témoignage et rappelle : "Il n'a pas voulu être officier, lui qui devait l'être naturellement, et qui en fut dix fois sollicité. Il s'est rangé lui-même dans le corps du secours et du dévouement. Ici les grades ne sont rien. Je l'appelais Jean le Secourable". Dans la première lettre, datée du 3 septembre 1914, il annonce à ses parents sa décision de s'engager ("Au fond, ce qui m'a guidé, ce n'est pas un patriotisme instinctif : c'est la recherche seule d'idéal social et d'humanité. Il m'a semblé que pour le but que je poursuis, il y avait avantage à ce que la France soit victorieuse et que je combatte"). Passé à sa demande dans une unité d'active, le 19e bataillon de chasseurs, il fait preuve d'un souci permanent de ses camarades et d'une grande curiosité pour tout ce qui l'entoure, mais, bien malgré lui, passe l'année 1915 au dépôt de l'unité, à l'intérieur, tout en lisant beaucoup. Il se lance même dans la cuisine pour les malades, quitte à acheter les produits nécessaires avec son propre prêt du soldat. Quelques constats aussi, comme lorsqu'il assiste à une instruction sur le tir avec mitrailleuses : "Deux mitrailleuses qui marchent bien peuvent arrêter un bataillon de 1.500 hommes : mais très souvent des pièces cessent de tirer, l'incident est normal". Puis, c'est l'installation dans l'arrière-front et les exercices d'entraînement, souvent peu convaincants, surtout des marches avec, selon les secteurs, une amélioration progressive des conditions d'installation : "Nous sommes à peu près au même endroit que nos prédécesseurs, mais dans un bivouac au milieu d'un bois ; bivouac moderne, sous terre, et bien installé, à demeure ; et derrière chaque gourbi, un abri de bombardement". Il nous présente cette batterie d'artillerie lourde, qui ne tire presque pas ; il décrit plusieurs combats aériens au-dessus des lignes et le tir d'autocanons antiaériens. Une vie d'immédiat arrière-front : "Je suis bien fatigué le soir quand je me couche ; je dors peu, mais bien ; je mange mal, mais suffisamment ; je peux me tenir propre et je suis dispos quand je me réveille". Affecté au 59e bataillon (reconstitué) en juillet 1916, dont il dépeint avec verve et une réelle affection le personnel de santé, mais toujours dans un secteur assez tranquille, ce qui le désole car il a le sentiment de ne pas pouvoir faire assez : "Je n'arrive toujours pas à aller au feu : c'est pire qu'un vaudeville. Je me demande si la guerre finira avant que j'aie pu en voir la partie la plus réputée". Finalement, Jean Pottecher passe de longs mois très proche du front, mais sans jamais être dans un secteur particulièrement actif. Il décrit néanmoins la mise en place d'une attaque au gaz, les espoirs soulevés par l'entrée en guerre de la Roumanie, le dispositif allégé en toute première ligne, peut finalement suivre quelques patrouilles et alterne désormais entre première et seconde lignes. Il raconte également à la mi-décembre une "rencontre" et une conversation en avant des lignes avec deux Allemands mais aussi une pêche à la grenade qui tourne mal. Entre Vosges et Woëvre, le début de l'année 1917 est assez morose, sur fond d'initiatives diverses pour la paix. Les injustices et les fautes de commandement sont de plus en plus mal perçues et le quotidien se poursuit, dans le secteur d'Avocourt à la fin du printemps, avec quelques descriptions éclairantes de stratégies d'évitement et de croix de guerre injustifiées. Sans que l'on comprenne très bien pourquoi, les rotations entre première et deuxième lignes s'accélèrent (parfois à peine 24 heures) et finalement son unité est relevée quelques heures avant le début del'offensive à objectif limité du 20 août sur la rive gauche de la Meuse, alors que la compagnie compte "62 malades pour un effectif de 128", ce qui donne une idée du potentiel opérationnel effectivement disponible. A nouveau le secteur "si tranquille" de Mourmelon, les petits accrochages, les prisonniers, les blessés, les colis de la famille, le léger repli des Allemands dans le secteur de Vaux, la lutte contre la pluie et l'humidité, les bombardements intermittents, une morne régularité : "Rien de nouveau", "La situation reste inchangée"... Un secteur "qui fut héroïque, et qui était devenu agréablement casanier". L'hiver 1917-1918 est assez tranquille, avec le passage ou l'arrivée de quelques contingents alliés, italiens et américains, et la routine des vaccinations et des visites médicales quotidiennes. Il reçoit de loin les échos des premières offensives allemandes du printemps 1918, tout en subissant dans son secteur quelques puissants bombardements par obus chimiques et en constatant les progrès de l'épidémie de grippe. Les déplacements s'accélèrent car désormais les attaques allemandes se multiplient en mai-juin face à son bataillon, et Jean Pottecher décrit la technique des troupes d'assaut ennemies qui manoeuvrent par les ailes sans s'arrêter pour réduire les résistances résiduelles : les unités sont épuisées, il est le dernier infirmier subsistant, chacun attend avec impatience l'entrée en ligne des Américains. Dans son esprit, c'est désormais la défense de Paris qui s'organise, la deuxième bataille de la Marne, le pillage des hameaux, la description des premiers FT17, le luxe relatif dont bénéficient les troupes américaines et dont il faut terminer l'instruction ("Ce matin nous manoeuvrâmes devant les Américains, un exercice qui ne ressemblait en rien à la réalité, et qu'ils ont admiré de confiance" avec ce contraste : "Ils ont une discipline ultra-prussienne dès qu'ils sont rassemblés, et plus aucun ordre, une absolue liberté quand ils sont sortis du groupement"). Il participe à la contre-offensive de juillet, et désormais progresse peu à peu avec l'appui de l'aviation et des chars. Mortellement blessé avec plusieurs de ses camarades, il décède le 25 juillet.

Un témoignage passionnant qui doit absolument être connu.

Ysec éditions, Louviers, 2003, 208 pages, 17,- euros.

ISBN : 2-84673-022-9.

Infirmier au front
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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