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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 06:00

Terrorisme

Mensonges politiques et stratégies fatales de l'Occident

Jacques Baud

Auteur reconnu pour ses différents ouvrages sur le renseignement et le terrorisme depuis une quinzaine d'années, Jacques Baud nous propose aujourd'hui une large synthèse sur ce thème d'une actualité brûlante.

L'auteur se fixe pour objectif de "tenter de comprendre les erreurs commises" depuis la fin du XXe siècle et il commence pour cela par présenter trois acteurs étatiques essentiels : les Etats-Unis ("Depuis la fin de la Secone guerre mondiale, à part quelques victoires à la Pyrrhus dans des conflits de dimension tactique-opérative -Grenade, Panama, Koweit- les forces armées américaines ont été relativement inefficaces dans les conflits nécessitant une approche stratégique complexe dépassant l'usage de la force"), Israël ("Travaillant dans un véritable carcan idéologique, les autorités et les services de renseignement n'ont pas créé les outils nécessaires à la lutte contre le terrorisme au niveau stratégique. La lutte est donc menée avec une certaine efficacité au niveau tactique, mais tend à générer davantage de terrorisme") et l'Iran ("En dépit d'écarts verbaux provocateurs, les dirigeants iraniens se sont montrés très rationnels dans leurs choix. Les déclarations spectaculaires contre Israël et les Etats-Unis doivent être prises pour ce qu'elles sont : une rhétorique"), sans oublier la Turquie ("A tort ou à raison, pour l'Etat turc, l'image de la menace est constituée par les Kurdes, alors que l'Etat islamique ne figure pas dans cette image, du moins pas directement") et les monarchies pétrolières ("Il existe dans ces pays des forces concurrentes, indépendantes de l'Etat, suffisamment puissantes et riches pour déstabiliser la région , mais qui contribuent à leur stabilité intérieure"). Une analyse sans concession pour conclure : "On se trouve face à une succession de décisions prises dans l'urgence, sans vision de long terme et basées sur une grande méconnaissance de l'environnement politico-militaire ; avec comme conséquence une absence de cohérence". Notons également que la France et l'Europe sont totalement absentes de ce tableau initial, ce qui en dit long sur leur poid réel dans la région.

Le livre revient ensuite longuement sur l'histoire de la nébuleuse Al-Qaïda depuis les années 1990, sur les conflits d'Afghanistan, d'Irak, de Libye et de Syrie, avec cette conclusion partielle après avoir évoqué les attentats de 2015, qui résonne de la même façon : "Nos mesures ne sont pas intégrées dans une cohérence stratégique, mais ne sont qu'une suite d'opérations tactiques". L'auteur aborde plus largement la problématique générale du terrorisme dans les deux dernières parties, en s'intéressant aux définitions du Djihad, son rapport à la guerre asymétrique (la notion d'espace, celle de "victoire") puis aux djihadistes eux-mêmes, ni psychopathes, ni fous, mais dont au contraire on constate qu'ils sont statisquement à la fois jeunes et éduqués et que la religion n'est finalement parfois qu'une apparence : "Par crainte d'excuser, on n'écoute pas, on n'explique pas et, donc, on ne comprend pas". Il s'intéresse également à la notion de "Djihad ouvert" et au "Djihad individuel", qui laissent désarmés les Etats occidentaux. Enfin, il revient longuement sur les logiques de fonctionnement de nos sociétés, sur les services de renseignement, leur déficit analytiqye et leurs carences stratégiques, sur l'illusion du "tout électronique" et sur la distinction entre contre-terrorisme (préventif) et antiterrorisme (préemptif). Rappelant la formule de Sun Tsu, selon lequel "la tactique sans stratégie n'est que du bruit avant la défaite", Jacques Baud observe en conclusion que la laïcité (ou la disparition de la religion chrétienne) favorise la radicalisation contre les "impies" et "apostats", et appelle à une cohérence retrouvée sous la forme d'une véritable volonté stratégique.

 Un livre dense et intéressant, qui ne peut que susciter de nombreuses réflexions. L'auteur ne mâche jamais ses mots et ne se cache pas vers des circonvolutions de langage, tout en nous faisant part de sa longue pratique de ces sujets : un ouvrage utile pour décrypter les situations récentes et en cours.

Editions du Rocher, Monaco, 2016, 423 pages, 21,- euros.

ISBN : 978-2-268-08403-9.

Hypocrisie et insuffisances
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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 06:00

Françafrique

Opérations secrètes et affaires d'Etat

Pascal Airault et Jean-Pierre Bat

Nouvel ouvrage sur la Françafrique qui reste, plus de quarante ans après le départ de Foccart, un sujet récurrent d'interrogations et de débats (en particulier récemment ici et ici). Plutôt que d'insister sur l'organisation et le fonctionnement, ce volume présente le récit assez détaillé d'une succession de "cas concrets".

Les quelques 26 exemples choisis, entre 1956 et 2014, traités généralement en moins d'une dizaine de pages chacun, ne sont pas tous du même niveau. Le premier s'inscrit dans le contexte de la guerre d'Algérie avec le détournement de l'avion transportant Ben Bella et d'autres chefs historiques du FLN ; le dernier raconte le départ de Blaise Compaoré du Burkina Faso alors que les opérations contre les mouvements terroristes ont été engagées dans la bande sahélienne ; en passant par l'assassinat du commandant Galopin au Tchad en 1975. Les exemples touchent souvent à des départs en exil, à des coups d'Etat, bref à des changements brusques de l'autorité politique dans les pays de l'ancien pré carré colonial, "accompagnés" sinon suscités par l'ancienne puissance coloniale et l'on croise bien sûr aussi bien Bob Denard que Bokassa, Savimbi que Kadhafi, Kabila que Gbagbo. Sur fond d'intervention de parachutistes ou de forces spéciales mais aussi de coups douteux diplomatico-financiers, c'est une autre histoire de l'Afrique après les indépendances qui nous est racontée, même si la plupart des événements sont connus (nombreuses références à des articles de périodiques de la grande presse).

Entre anecdotes et histoire non officielle, une série de brefs récits qui se lisent facilement et qui peuvent compléter votre connaissance de cette relation particulière entre Paris et le continent noir, en se souvenant qu'en matière de relations internationales le principe de réalité prime : pour reprendre la célèbre formule de Raymond Aron, il n'y a ni Etats-loups, ni Etats-agneaux, mais des Etats qui défendent leurs intérêts...

Tallandier, Paris, 2016, 211 pages. 18,50 euros.

ISBN : 979-10-210-1877-8.

Pré carré
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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 06:00

La campagne d'Allemagne

Printemps 1945

Pierre Dufour

Pierre Dufour, dont les nombreux ouvrages souvent hagiographiques antérieurs sont bien connus, s'intéresse aujourd'hui (après la campagne d'Alsace de 1944, ici) à la campagne d'Allemagne de la 1ère Armée française de janvier à mai 1945.

Partant de la fin des combats en Alsace durant l'hiver 1944-1945, il nous entraîne dans le franchissement du Rhin, les batailles pour les principales communes sur la rive allemande, la prise de Stuttgart, la manoeuvre d'Ulm, Sigmaringen et Berchtesgaden, pour terminer (assez curieusement d'ailleurs) par le coup de force japonais en Indochine... Il y a certes dans le livre beaucoup d'informations factuelles (mais sont-elles toutes vérifiées ?) et le récit de cette chevauchée du Rhin aux Alpes par le pays de Bade et le Wurtemberg est indiscutablement celui d'une belle épopée, mais un style général systématiquement en faveur de l'armée de Lattre finit par être trop pesant. Ces mérites sont en grande partie mérités, mais n'y a-t-il pas de divergences entre les différents échelons politiques et militaires français ? Ni d'opposition entre Français et Alliés anglo-saxons ? Quelle est la part des aides, soutiens, mesures favorables des Américains ? On ne le saura pas. En un mot, pas de problématique, pas de doute, pas de questionnement.

Les références bibliographiques citées en fin d'ouvrage confirment ce sentiment de travail non scientifique : on y trouve pêle-mêle quelques livres un peu anciens, des publications antérieures de l'auteur et de nombreuses revues (très) généralistes ; par contre s'il indique une liste "d'organismes de recherche" il n'y a pas la précision d'une seule archive. Comme les ouvrages précédents, une présentation "héroïsée" des combats de l'armée française.

Editions Grancher, Escalquens, 2016, 336 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-7339-1365-9.

Jusqu'au nid d'aigle
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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 06:00

L'armée française en Afghanistan

Le génie au combat 2001-2012

Christophe Lafaye

Rassemblant la substance d'une thèse soutenue en 2014, tout en restant accessible aux non-initiés (on pourrait parler de journalisme de très bon niveau), L'armée française en Afghanistan. Le génie au combat 2001-2012, s'ouvre sur une préface du général Georgelin, ancien CEMA, qui rappelle que « les militaires ont le devoir de réinvestir le combat intellectuel sur les affaires de défense ».

Se distinguant par sa qualité technique, cet ouvrage s'inscrit exemplairement dans la série récemment revivifiée - notamment par les travaux du général (2s) Jacques Defretin et du commandant Ivan Cadeau - des études sur le génie. Il s'agit d'un livre dense mais relativement facile à lire, le label CNRS étant un gage de sérieux et non la promesse d'une prose indigeste, bien au contraire. Malgré son aspect évoquant un pavé, les notes constituent en fait un tiers du volume. Le texte lui-même est riche de graphiques, cartes, tableaux, donnant à voir par exemple l'articulation des unités militaires  ou explicitant le fonctionnement des organisations en jeu, dans un contexte à la fois interarme et interallié. L'engagement en Afghanistan implique pour l'armée française une expérience renouvelée des combats de haute intensité, dont la dernière occurrence remontait à la guerre d'Algérie. Tout un pan de l'histoire de l'armée française se déploie travers l'action du génie, arme parfois méconnue, sur le territoire d'un pays si particulier. Pour le génie, cette expérience marque le retour au premier plan de savoir-faire nécessaires aux opérations de contre-guérilla. Dès 2003, les talibans utilisent les engins explosifs improvisés, ces dispositifs de plus en plus ingénieux représentant une menace redoutable et imprévisible pour les troupes au sol. Réactif, le génie se dote d'une chaîne complète de moyens pour lutter contre ces bombes artisanales, responsables de plus de la moitié des pertes de la coalition occidentale. Les phases de l'engagement (2001-2007 De la stabilisation à l'imposition de la paix, 2008-2009 De l'imposition de la paix à la contre-insurrection, 2009-2012 De la contre-insurrection au retrait) et les sous-phases qui se dégagent sont traitées dans une perspective relativement interdisciplinaire. L'importance accordée à la parole d'autrui, praticiens, experts formés sur le terrain, etc., donne à la démonstration un caractère animé, presque polyphonique. Sans aucune volonté de reformulation, les larges citations de témoignages, pris comme sur le vif, émanant des acteurs, confèrent au livre un caractère vivant aussi rocailleux que le réel. Le sens de l'adaptation, du renouvellement et de la pérennisation du savoir-faire du génie français est exposé sans que soient passées sous silence les difficultés, voire les impasses rencontrées. L'attention portée au concret n'entrave pas la réflexion, la nourrissant plutôt. Le livre contient une appréciable chronologie détaillée, un index facile d'utilisation et une traduction extensive (bilingue français/anglais) des sigles qui fourmillent inévitablement dans tout texte rendant compte d'opérations militaires. L'épais cahier central comporte des illustrations dans le ton grisâtre, sable et olivâtre du terrain, images d'une grande qualité présentant les hommes et leur matériel. Ce travail d'histoire immédiate, qui emprunte aux méthodes des sciences sociales tout en s'enracinant dans le modèle de rigueur propre au métier de l'historien, semble prouver que le souci d'objectivité n'est pas incompatible avec une certaine empathie.

Globalement, l'expérience guerrière du génie dans une zone du monde très éloignée démontre les capacités d’adaptation en interne de l’armée française et sa faculté à travailler en coopération, avec des alliés qui ne sont pas des pairs, tels les Américains. Un livre que tous ceux qui s'intéressent à ce conflit doivent connaître.

Candice Menat

CNRS Éditions, Paris, 2016, 502 pages, 27,- euros.

ISBN : 978-2-271-09008-9.

Afghanistan
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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 06:00

Hold the Oak Line

Histoire illustrée de la 7th Canadian Infantry Brigade

Frederick Jeanne

Lorsque au terme de longues années de recherche les passionnés se mettent à écrire, le résultat est souvent "bluffant". Ce gros volume format album en apporte une nouvelle preuve.

Publiée à compte d'auteur il y a presque deux ans, cette magnifique histoire de la 7e brigade d'infanterie canadienne lors des combats de juin 1944 en Normandie est superbement illustrée grâce à des centaines de photos (originales), de reproductions d'objets, matériels et documents. S'appuyant en particulier sur de nombreux entretiens avec les vétérans canadiens qu'il connaît depuis de longues années, Frederick Jeanne nous présente bien sûr dans un premier chapitre la mobilisation de ces Canadiens outre-Atlantique, puis leur formation et leur entraînement essentiellement dans les îles britanniques jusqu'à la veille du Débarquement. Les six chapitres qui suivent détaillent le moindre mouvement, le moindre engagement de la brigade de l'assaut du Juno Beach à la préparation des futures offensives à partir du 26 juin, alors qu'elle est en grande partie employée contre le 12 SS Panzerdivision 'Hitlerjugend'. Alors que, souvent, les combats qui se déroulent durant les journées qui suivent le Débarquement sont très rapiement traités à l'exception notable des cas particuliers de Falaise, de la remontée vers Cherbourg ou de la percée de Patton, nous avons ici un niveau de précision rarement atteint. Régiment par régiment, village par village, vous vivez littéralement les combats, les brèves périodes de repos, les pertes, les récompenses.

Si vous pouvez vous le procurer, vous ne le regretterez pas. A la fois un bel album et une riche documentation.

A compte d'auteur, 2014, 496 pages, 59,- euros.

ISBN : 9-782-95479-800-4.

La page FB associée : ici.

Pour contacter l'auteur et commander : ici.

 

Canadiens en Normandie
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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 06:00

Pourquoi perd-on la guerre ?

Un nouvel art occidental

Gérard Chaliand

Chaque livre de Gérard Chaliand est d'un grand intéret. Que l'on admette ou pas, en tout ou partie son raisonnement, il ouvre des pistes de réflexion importantes et sait pointer les failles ou les insuffisances des discours et pratiques officielles. Celui-ci n'échappe pas à la règle.

Suivant un plan globalement chronologique, les neuf chapitres sont organisés en trois grandes parties. La première, "La victoire, un art occidental", nous entraîne de la conquête espagnole aux Amériques et de l'expansion coloniale européenne jusqu'aux combats de "pacification" au début du XXe siècle. La seconde, "Le retournement", s'intéresse à la période qui s'étend de la Grande Guerre à la guerre américaine du Vietnam, marquée quelques années auparavant par "la fin de l'Europe impériale". La troisième enfin, "L'enlisement de l'Occident", s'attache aux conflits les plus récents, du Moyen-Orient, d'Afghanistan, d'Irak et de Syrie. La pagination relativement réduite (environ 150 pages de texte courant) et l'ampleur du champ couvert dans le temps et dans l'espace contraignent l'auteur non seulement à adopter un style vif, ramassé, très souvent simplement affirmatif, mais aussi à limiter ses analyses pour asséner une série de conclusions partielles. C'est sans doute là l'une des faiblesses de l'ouvrage, car s'il regorge littéralement de dates, de chiffres, de précisions, traiter des accords Sykes-Picot en une page ou des guerres d'Indochine et d'Algérie en trois pages conduit nécessairement à des raccourcis un peu rapides. Il n'en demeure pas moins que Gérard Chaliand utilise avec aisance (avec brio) des données issues de la géographie, de la démographie, des sciences politiques et sociales, de l'histoire bien sûr, pour brosser une ample fresque des guerres "asymétriques" des Etats occidentaux sur plus de cinq siècles. En conclusion, il n'accorde pas à l'Etat islamique la puissance réelle que certains médias ou politiques veulent bien lui accorder, souligne l'importance du régime d'Assad pour éviter en Irak "un chaos semblable à celui de la Libye", mais met en relief le manque de volonté et de détermination dans la lutte contre lui, et sa dernière phrase est lourde de menaces : "Il va falloir, le dos au mur, y procéder au moment même où les tensions vont être de plus en plus vives".

Une bibliographie de référence assez récente, en français et en anglais, termine le volume. Un petit volume vivifiant qui ouvre des pistes et suscite des réactions.

Odile Jacob, Paris, 2016, 175 pages. 21,90 euros.

ISBN : 978-2-7381-3405-9.

Condamnés à la défaite ?
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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 06:00

De Dreyfus à Verdun

Penser l'horizon militaire

Mil Neuf Cent - Revue d'histoire intellectuelle - n° 33/2015

La revue aborde de façon originale la période en s'efforçant de "décloisonner" les études en portant sur la pensée militaire (formule comprise au sens large de la façon dont sont pensées les questions qui intéressent l'institution militaire) un regard qui engerbe le temps de paix et le temps de guerre.

Dans ce cadre général, chacun des sept contributeurs aborde un thème particulier (la justice militaire pour Emmanuel Saint-Fuscien, le style de commandement pour Odile Roynette, la fortification pour Olivier Cosson, le service de santé pour Anne Rasmussen, etc.), dont il présente donc les évolutions entre 1906 et 1916. Tout n'est certes pas en prendre pour argent comptant dans les différents articles (le tropisme "colonial" pour identifier les sources de la doctrine offensive laisse dubitatif), mais le simple fait de considérer que tout ne "naît" pas en août 1914 pour disparaître en novembre 1918 est un atout, tout comme le choix de replacer de nombreuses évolutions dans leurs cadres institutionnel, social et culturel plus larges. On note ainsi (même s'il y a encore un effort à faire en ce sens), que les évolutions sont anticipées et qu'elles ne se traduisent pas toujours par les a priori que les idées communes imposent. De ce point de vue, j'ai tendance à proposer un thème général pour un prochain numéro : une comparaison entre les différentes organisations et structures civiles d'une part et l'armée d'autre part. Il apparaîtra certainement que les penseurs novateurs n'y étaient pas toujours bien accueillis, que la justice civile faisait preuve de peu de mansuétude ou que les règlements intérieurs des usines laissaient peu de place à l'initiative individuelle... C'est aussi l'un des paradoxes des études sur la "chose militaire" : aussi exceptionnelle que puisse être l'institution militaire dans les structures d'un pays, une armée n'est jamais que le produit de la société de son temps.

En tant qu'institution, l'armée française a mal anticipé les opérations de 1914. Le fait est acquis depuis longtemps et n'offre pas d'originalité particulière (comment les autres armées ont-elles imaginé la guerre future, ou comment les "experts" officiels des différents domaines civils, économiques, financiers eet sociaux anticipent-ils les crises à venir ?). Mais elle a aussi fait preuve d'une exceptionnelle capacité d'adaptation dès la guerre commencée et a su en moins de deux ans, délai particulièrement bref en terme de sociologie des organisations et d'histoire des comportements, trouver les voies et moyens d'une profonde évolution interne.

1906-1916
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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 06:00

Napoléon à Sainte-Hélène

1815-1821

Gilbert Martineau

Entourée d'un relatif mystère aux yeux du grand public et généralement pour le moins fort mal connues, les années d'exil de l'empereur déchu sur une île "désolée" de l'Atlantique sud sont ici décrites avec un soin minutieux.

Conservateur des domaines français de Sainte-Hélène pendant de longues années et donc excellent connaisseur des lieux comme des personnages qui y vécurent, Gilbert Martineau nous propose ainsi un récit extrêmement détaillé de la vie sur l'île. Les deux premiers chapitres sont longuement consacrés à la présentation des deux personnages les plus connus, Napoléon et son célèbre geôlier lord Lowe, à travers la description de leurs comportements respectifs au fil du temps, leurs rapports avec leurs principaux interlocuteurs, la reconstitution de dialogues, face aux conditions d'installation et de vie au début du séjour, etc. On y découvre également quelques personnages "secondaires" essentiels comme le médecin O'Meara, mais aussi les petites mesquineries qui entourent l'empereur, chacun cherchant à se mettre en avant dans un simulacre de reconstitution d'une "cour" bien étriquée. Du côté britannique, les caractères du général-gouverneur lord Lowe comme ceux de ses adjoints sont bien décrits également (Gilbert Martineau utilise largement les sources anglaises), sans oublier cette obsession d'une évasion qui justifie la présence d'un corps militaire de près de 30.000 hommes : "Que de précautions pour garder un seul homme au milieu des mers", dira Chateaubriand. Les cinq chapitres qui suivent racontent par le menu la vie quotidienne à Plantation House comme à Longwood, année après année, de 1817 à 1821, avec son cortège de visiteurs extérieurs (essentiellement des Britanniques sur la route maritimes des Indes), et l'on sourit, autour des pages 180-190, à la description des Commissaires, peu connus, qui représentent les autres nations (Autriche, France, Russie) : "Il s'agit de donner à cette affaire un caractère européen, à constater que Bonaparte est le prisonnier de l'Europe et à calmer l'opinion publique". Les questions bassement matérielles sont souvent au coeur des conversations et des différents (que de débats autour du coût del'alimentation ou de la qualité du mobilier !), et les mouvements au sein de la petite communauté française animent bien des conversations, sur lesquelles revient Gilbert Martineau. Au fur et à mesure que le temps s'écoule, quelques brochures plus ou moins authentiques ou sérieuses sur le fond racontent en Europe le séjour de l'exilé, et leurs échos parviennent avec décalage dans l'île, où elles sont commentées et ouvrent la voie à de nouvelles crispations entre geôliers et prisonniers, sur fond "d'espionnage" mesquin : "Il faut avoir l'âme bien basse pour se servir des derniers valets et en faire des instruments de haine et de vengeance", dira Napoléon. Du retour difficile de Las Cases en Europe à la question de la maladie de Napoléon, qui hante les esprits et les conversations dès 1818, de la surveillance permanente et des conditions que l'on tente de négocier avec les souverains européens, de la position de Bertrand et de son épouse aux débats permanents avec Lowe, tout est crupuleusement décrit. Ce qui produit d'ailleurs finalement un double sentiment contradictoire : une analyse au ras du sol montre l'incongruité de certaines attitudes alors que l'on est sur une petite île assez largement isolée du monde, une sorte de microcosme ; et une approche plus élevée pose la question du sort du chef d'Etat vaincu et des mesures à prendre à son égard.

Le livre se termine, de manière assez triste, sur le partage des derniers biens de Napoléon au lendemain de son décès, et jusqu'au bout Lowe jouera son rôle de "policier en chef" en faisant fouillant les maigres restes d'une grandeur révolue. Un ouvrage que tous les amateurs de l'histoire de l'empire liront avec intérêt.

Tallandier, Paris, 2016, 511 pages. 25,90 euros.
ISBN : 979-10-210-1930-0.

L'exil
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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 06:00

Maurice Barrès

et le nationalisme français

Zeev Sternhell

Nouvelle réédition de cette première grande étude (première parution en 1972), qui constitue non seulement une forme de "biographie thématique" du fondateur d'un nationalisme français rénové au tournant du XXe siècle, mais surtout une analyse domaine par domaine de sa pensée et de son influence.

Mettant en parallèle les idées de Barrès et celles des principaux auteurs européens qui le précèdent ("Il est arbitraire de séparer la pensée de Barrès de l'ensemble du mouvement que le monde occidental connaît alors"), avec cette particularité d'émaner d'un pays vaincu (défaite de 1870) et de plonger ces racines dans des sources variées, ce qui explique sa complexité ("une révolte contre la démocratie libérale et les excès du capitalisme"), Zeev Sternhell divise méthodiquement son travail en deux grandes parties : "La révolte" et "L'acceptation". Il peut ainsi traiter de tous les thèmes successivement, de la crise boulangiste et de son échec à la formulation d'un nationalisme plus conservateur. L'historiographie a bien sûr évolué depuis plus de quarante ans (les travaux n'ont pas cessé sur la pensée de Barrès et se poursuivent encore activement) et, à certains égards, le livre peut paraître daté. Mais par l'ampleur du champ intellectuel analysé, il reste une référence incontournable.

Au risque d'une certaine provocation, on trouve avec le recul une grande modernité dans certaines analyses de l'auteur de Scènes et doctrines du nationalisme qui n'oublie jamais les fondements socialistes (ou socialisants) de son engagement politique, et son souci de définir ce que peut être la France comme entité donne d'intéressantes pistes de réflexion pour aujourd'hui. Un "classique" de l'histoire culturelle et politique que chacun doit avoir lu.

'Pluriel', Fayard, 2016, 432 pages, 12,- euros.

ISBN : 978-2-818-50503-8.

Une vie et une époque
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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 06:00

Joseph II

Un Habsbourg révolutionnaire

François Fejtö

Français d'origine hongroise (décédé il y a huit ans) spécialiste de l'Europe centrale et orientale à l'époque communiste et de l'empire austro-hongrois, François Fejtö est fidèle fidèle à ses racines bien que réfugié à Paris dès 1938. Cette réédition de sa biographie de l'empereur François II mérite pleinement une réédition en format poche.

Le fils ainé de la grande Marie-Thérèse, premier des Habsbourg-Lorraine, reste un personnage controversé de l'histoire autrichienne, considéré par les uns comme le réformateur de l'empire, et par les autres comme son premier fossoyeur. Le livre est divisé en 23 assez brefs chapitres regroupés en deux grandes parties : 1741-1780 et 1780-1790. La première couvre la période du règne de sa mère, au terme d'une succession difficile qui voit la Prusse émerger sur la scène européenne, qui fait de lui un roi de Rome puis un empeeur romain germanique. La seconde correspond au règne effectif de Joseph II, marqué par une intense volonté de réformes intérieures mais aussi un certain aventurisme à l'extérieur. François Fejtö met d'ailleurs à plusieurs reprises en relief cette complexité de la personnalité de l'empereur et sait illustrer sa démonstration avec de nombreux exemples référencés et judicieusement choisis. On note également que Joseph II fut un grand voyageur au-delà de ses Etats, qu'il rencontre Catherine II de Russie et séjourne aux Pays-Bas comme à la cour de France, mais aussi qu'il témoigne d'un sens particulièrement aigu de l'économie des deniers de l'Etat que certains n'hésitent pas à comparer à de la pingrerie. Ses efforts de rationalisation de l'administration et d'économie publique font que son "système de gouvernement représente un mélange de bureaucratisme, d'esprit militaire, d'absolutisme et de libéralisme ... Le gouvernement n'était pas pour lui un privilège, mais un devoir", ce qui ne l'empêche pas "d'avoir au coeur la liberté de penser". Cet empereur, qui "avait la passion de la connaissance exacte des faits", n'est pas encensé par l'auteur, bien au contraire, mais François Fejtö sait insister sur ses réussites : "S'il fut un médiocre chef d'armée, un discutable politicien en matière d'affaires extérieures, un économiste sans éclat, il occupe une place de premier plan dans l'histoire de l'administration, car il a créé dans ce domaine une oeuvre durable". Pour ajouter quelques pages plus loin : "D'une main, il démolissait l'Autriche féodale et cléricale, de l'autre il construisait une monarchie moderne, aux lignes rationnelles et simples". Finalement, reste sa volonté d'unifier l'organisation et le fonctionnement de la mosaïque des territoires autrichiens et de moderniser la Hongrie, ce qui était un moyen de la lier à l'Autriche et de diminuer le pouvoir des familles nobles. Ce double effort de modernisation et de centralisation suscite de nombreuses révoltes, qui noircissent les dernières années du règne et conduisent à de douloureux reniements.

Un ouvrage très intéressant sur une période mal connue en France de l'histoire autrichienne.

'Tempus', Perrin, 2016, 486 pages, 11,- euros.

ISBN : 978-2-262-06521-8.

Réformateur impérial
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

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Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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