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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 07:19

La Chouette se pose au Concorde

le 19 septembre


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Quelques rappels des modalités pratiques :

Le café Le Concorde est situé exactement à la sortie de la station de métro Assemblée nationale.

La réunion commence à 19h00 précise et se termine au plus tard à 21h00.

Chaque participant est invité à commander directement sa consommation au comptoir en arrivant et à rejoindre ensuite directement la salle mise gracieusement à notre disposition au premier étage (pour un débat à la fois animé mais serein, toute la gamme des boissons est disponible, du jus de fruit ou du Perrier à l'apéritif le plus "corsé"...).

 

Faites circuler l'information et

VENEZ NOMBREUX

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 07:15

"Les paysans"

15e Rendez-vous de l'histoire

Blois  -  18 / 21 octobre

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Dès leur création, les Rendez-vous de l'Histoire de Blois ont rencontré un énorme succès et ils sont devenus une manifestation absolument incontournable. Parmi la centaine de conférences, présentations, tables rondes et débats organisés durant ces quatre journées, relevons par exemple sur les thèmes qui peuvent intéresser nos lecteurs :

Vendredi 19 octobre

Du sang neuf en histoire militaire

Débat avec Hervé Drévillon

14h00  -  Amphithéâtre 1 de l'université

Samedi 20 octobre

Les combattants de la Grande Guerre

Débat avec la participation de Rémy Cazals

11h00  -  salle Mansart du château royal de Blois

Objets 'paysans' de la Grande Guerre

conférence de Stéphane Audouin-Rouzeau

11h30  -  salle Lavoisier du Conseil général

Des paysans des tranchées aux jeunes des banlieues

Débat avec la participation d'Eric Deroo

11h30  -  Amphithéatre rouge du campus de la CCI

Les vétérans de la Grande Armée à l'assaut des monarchies européennes (1815-1824)

Laurent Nagy (voir notre recension de Mémoires d'un proscrit du 11 juin ici)

14h30  -  salle 008, antenne universitaire

Dimanche 21 octobre

Les emblèmes de la République

Berbard Richard (voir notre recension du 28 mars dernier ici)

11h00  -  salle Gaston, château royal de Blois

De multiples autres sujets, permettant d'évoquer toutes les périodes de l'histoire, de la plus haute Antiquité à l'actualité la plus chaude, sont également abordés. Enfin, Les Rendez-vous de l'Histoire, c'est aussi un immense "marché et salon du livre", avec quelques 200 exposants et la présence de 300 auteurs.

Le très riche programme complet et l'accès aux différents lieux d'exposition, conférences, présentations et débats sur :

http://www.rdv-histoire.com/

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 07:10

Dieppe, août 1942

Combats et Opérations  -  hors-série n° 1

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Alors que le trimestriel éponyme a pris pour sous-titre « La revue d’histoire de l’armée française » et a traité dans ses premiers numéros des interventions tricolores en Indochine, au Levant ou en Algérie, ce premier numéro hors-série est consacré … à l’armée canadienne sur le sol de France.

La rédaction a confié au général (2S) Jean Delmas la rédaction des quelques 98 pages de ce dossier, ce qui est, sur le fond, un vrai gage de qualité. Le lecteur n’est pas déçu. En dix chapitres, des origines de l’opération à son souvenir, le général Delmas dresse un tableau à la fois précis et complet de l’opération Jubilee (au niveau tactique avec de belles cartes, mais également au plan stratégique), qui se déroule le 19 août 1942. Cet « échec si sanglant », « lancé avec des armes insuffisantes, laissant l’infanterie d’attaque sans un appui-feu qui puisse réduire les emplacements de tir sous béton », permet pourtant aux Britanniques d’en retirer de précieux renseignements en vue d’Overlord, moins de deux ans plus tard.

Une remarquable synthèse qui doit être conservée.


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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 07:00

Napoléon III

Un Saint-Simon à cheval

Eric Anceau

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On ne se lasse pas de la belle collection Texto au format poche, qui propose aujourd’hui cette réédition du Napoléon III d’Eric Anceau, dont la première parution date de 2008. Enseignant à la Sorbonne et spécialiste du XIXe siècle (on lui doit une douzaine d’ouvrages dont la moitié sur le Second empire), l’auteur nous offre une biographie équilibrée, débarrassée des scories d’une historiographie longtemps quasi-officielle, héritée des premières décennies de la IIIe République et présentant le dernier souverain des Français sous des traits presque exclusivement négatifs.

Eric Anceau replace parfaitement dans son contexte la vie et l’action de celui qui était né fils de roi et neveu d’empereur, mais aussi avait été élevé dans l’exil, entre l’Italie et la Bavière et avait adopté des idées progressistes, sinon "socialisantes". Dans ce XIXe siècle qui voit les sociétés connaître de formidables transformations dans tous les domaines, « avec Napoléon III, personnalité riche et complexe, rien n’est simple. Emotif et sensible sous des traits impassibles qui lui valurent d’être surnommé ‘le sphinx’ par Bismarck ou encore par Zola, grand seigneur s’entourant d’aventuriers, sceptique à l’égard des hommes mais fidèle en amitiés, sincère et loyal tout en ayant le goût de la dissimulation, il passait tantôt pour un rêveur romantique et utopiste, tantôt pour un être machiavélique, roué et démagogue ».

 

Le plan adopté est chronologique et toujours fortement ancré dans la réalité du temps. L’ouvrage se divise ainsi en quatre grandes parties, à leur tour subdivisées en quatre chapitres chacune. « Les chemins du pouvoir » décrivent l’enfant, l’adolescent et le jeune homme, de la cour impériale à son bref et décevant séjour américain (« Notre nature est composée d’un être moral et d’un être matériel, ici il n’y a que le second de connu, gagner de l’argent, voilà le seul mobile »)  et des conjurations successives à la prison. Parlementaire sans avoir été candidat à la suite de la révolution de 1848, il devient, le 10 décembre, le premier président de la république française élu au suffrage universel masculin : « A quatre exceptions près -le Finistère, le Morbihan, les Bouches-du-Rhône et le Var- tous les départements l’avaient placé en tête ».

« Du pouvoir sous contrôle au pouvoir sans contrôle » dresse avec énormément de détails le tableau des quatre années (1848-1852) qui séparent l’élection du retour de l’empire. En ce deuxième semestre 1852, la situation politique intérieure est alors plus que tendue et « personne ne doutait qu’un coup d’Etat aurait lieu pour sortir de l’impasse. Ne demeuraient que deux questions : qui de l’Assemblée ou du président le ferait le premier ? Et à quelle date ? ». Le prince-président bénéficie d'une réelle popularité et multiplie les déplacements en province. L’homme, sa vie de famille et son entourage, ses idées politiques et sa conception du monde clôturent cette partie.

Sous le titre « Les avatars d’un grand pouvoir (1853-1861) », la troisième partie aborde les premières années du Second empire, dans sa politique et ses interventions extérieures, mais aussi sous l’angle de la vie à la cour et surtout des « Grandes réalisations économiques » et des « Immenses chantiers urbains ». La France est en train de changer : « Napoléon III multipliait les créations philanthropiques de tous ordres. Il institua des consultations médicales gratuites et des visites à domicile dans les grandes villes, ainsi qu’un système de médecins cantonaux à partir de 1853 ». Tout n’est pas que « progrès » pour autant : « Il s’agissait de favoriser le développement économique comme il ne l’avait encore jamais été en France », et il considère pour cela que l’un des moyens est de « répandre l’aisance dans la classe ouvrière ».

« Du déclin à la perte du pouvoir (1862-1873) » mène le lecteur aux ambigüités de l’empire libéral, aux résistances politiques croissantes, à la guerre de 1870 et à l’ultime et bref exil avant la mort en terre étrangère. A propos du drame de Sedan, l’auteur écrit : « Pour éviter un carnage, il décida peu après [la mort du général Margueritte atteint par un boulet de canon au visage] de faire hisser le drapeau blanc sur la citadelle ». Deux jours plus tard, « le pouvoir exécutif était chassé par la représentation nationale à laquelle il avait lui-même donné congé, dix-neuf ans plus tôt ».

L’épilogue d'Eric Anceau résume bien l’ouvrage : « Napoléon III subit tant d’influences diverses et conduisit des actions dans des domaines si variés qu’il a toujours été facile de façonner de lui une image complaisante aux besoins d’une cause » ; il eut, « outre de singulières grandeurs, d’indiscutables faiblesses ». La mort du prince Louis, son fils, sous uniforme britannique en Afrique australe, en 1879 suit de quelques années seulement celle du dernier empereur des Français. L’impératrice Eugénie décèdera, toujours en exil, en 1920. Leurs dépouilles reposent toujours en Grande-Bretagne.

Complétée par un dense appareil de notes et une riche bibliographie parfaitement classée, voilà une biographie originale, attachante et, à bien des égards, particulièrement intéressante.

 

Collection Texto, Tallandier, 2012, 750 pages, 12 euros.

ISBN : 978-2-84734-964-1.

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 07:15

L'enseignement de l'histoire

Culture générale, chronologie, compréhension du monde ...

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En cette semaine de rentrée scolaire, la question de l'enseignement de l'histoire revient à l'ordre du jour. On lira ci-après quatre articles très différents. Le premier aborde directement la question, en présentant en particulier (rapidement) trois nouveaux livres à paraître sur le sujet (nous espérons pouvoir les chroniquer très bientôt). Il a été mis en ligne par Hervé Chabaud sur son site  L'histoire en rafale le 26 août dernier (cliquer ici). Le second, à travers l'exemple particulier d'une critique de l'exposition du musée de l'armée consacrée à l'Algérie, est signé Jean Monneret et a été publié sur le site Etudes coloniales le 14 août. Sur un ton proche du pamphlet, il s'intéresse aux conséquences intellectuelles et morales, pour les citoyens, de l'absence de formation à la rigueur scientifique en histoire et à la "dictature de la pensée unique", et de conclure qu'il s'agit d'une entreprise de "vaste culpabilisation des nations européennes, France en tête" (cliquer ici). Le sujet a également été abordé sur EGEA, avec un billet titré "Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises", le 27 août dernier (cliquer ici). Aujourd'hui même, Stéphane Mantoux consacre à la question, sur Historicoblog, un billet ("L'histoire en bataille") centré sur une critique du récent livre de Dimitri Casali (sur lequel nous reviendrons en début de semaine prochaine) et sur le "fameux socle commun de connaissances et de compétences" (cliquer ici).

Deux observations, qui nous conduirons à revenir sur ce thème : la confusion entre "histoire" et "mémoire" devient d'autant plus dangereuse que la culture générale et la chronologie sont, elles, de plus en plus approximatives ; pour pouvoir instruire les collégiens et lycéens dans le domaine de l'histoire (et donc aussi pouvoir parler intelligemment des grands conflits qui ont si profondément marqué notre passé commun) encore faudrait-il que la formation supérieure en amont soit réellement assurée à l'université ...

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 07:10

FT 17, chars B et 80 de montagne

GBM  -  n° 101

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Vous trouverez jusqu’à la fin du mois de septembre en kiosque ce numéro d’été de Guerre, Blindés & Matériels. Autour de François Vauvillier, la rédaction poursuit la publication d’articles extrêmement pointus sur tous les types de matériels (en particulier motorisés) en service dans l’armée française pendant les deux guerres mondiales et sur le parcours d'un certain nombre d'unités. Ainsi, au sommaire de ce n° 101 : un article sur les opérations du 16e BCC entre Besançon et Colmar en mai-juin 1940 et un sur le 2e GRCA en juin 1940 au sud de la Somme.

Trois articles plus originaux ont retenu notre attention : celui du général (2S) Guy François sur le canon de 80 de montagne, dont on retrouve pendant la Grande Guerre des batteries jusqu’au Hedjaz ; la première partie d’une étude d’Aimé Salles sur l’installation de postes radio dans les chars (les « chars TSF »), à partir d’expériences conduites au premier semestre 1917 ; et un article sur le canon de 25 SA léger modèle 1937, arme anti-char dont la conception et la fabrication prennent tellement de retard qu’elle ne constitue encore que 20% des (insuffisantes) dotations lors de la campagne de France de 1940.

Un numéro riche et dense, comme toujours abondamment et parfaitement illustré.

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 07:00

1870

Le siège de Paris (par Francisque Sarcey)

et La bataille de Paris (par Arthur Chuquet)

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Ce livre est en fait constitué par la réédition de deux témoignages différents sur les combats autour de la capitale pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871.

Le premier (pp. 9-180), sous la signature du journaliste Francisque Sarcey, raconte la participation de ce dernier au siège de Paris. Partant de la description de l’état d’esprit dans la ville lors de la chute du Second empire (« Tout le monde manqua de décision, et l’on remit au lendemain les mesures à prendre. Le lendemain, c’était le dimanche 4 septembre. La République était faite … [Elle] se proclama pour ainsi dire d’elle-même, et l’on improvisa, disons mieux, on bâcla un gouvernement tel quel, au milieu de l’universel désarroi de tous les pouvoirs constitués qui s’enfuyaient éperdus »), il note et raconte ce qu’il voit. Jusqu’au 19 septembre (début du siège effectif), l’auteur souligne la paradoxale insouciance des Parisiens enivrés par le seul mot de « République », observe l’arrivée des bataillons de marins, de la Mobile de province, la création de ceux, improvisés, de la Garde nationale, décrit l’aménagement dans l’urgence d’installations défensives (« Les fortifications n’inspiraient pas beaucoup plus de confiance que la mobile ou la garde nationale. C’était, pour user du mot de M. Thiers, une force morale ») et l’abattage des grands arbres du bois de Boulogne.

La capitale encerclée est désormais « un fouillis incroyable d’uniformes qui se croisent de toutes parts », mais est aussi encombrée par les réfugiés des villages de la région parisienne, fuyant avec quelques meubles et leurs troupeaux devant l’avance des Prussiens. Tout en affirmant ne pas avoir la prétention de raconter la globalité du siège, Francisque Sarcey poursuit son récit, en témoin attentif, en faisant preuve d’une distance (parfois ironique) avec les événements et sans se laisser aller à de grandiloquentes envolées. On croise Gambetta, Jules Favre, Blanqui et les républicains révolutionnaires de Belleville criant « La Commune ! », « La Commune ! », le brave général Trochu et son chef d’état-major (« le général De Profundis et le colonel Contre-Ordre). On constate avec lui la raréfaction progressive des denrées alimentaires, l’extrême élévation des prix et pour certains le début de la famine (« J’ai vu, aux environs du jour de l’an, la foule des badauds attroupés autour d’une dinde, comme autrefois devant les grands joailliers de la rue de la Paix »). On assiste au départ des ballons postaux de la gare du Nord ou de celle d’Orléans, qui permettent de conserver un lien ténu avec la province. On est étonné par le nombre et l’importance des rumeurs qui courent sur les boulevards (les innombrables histoires de « l’homme qui a traversé les lignes »), mais aussi par l’importance de la presse dans la « fabrique » des mouvements d’opinions. On assiste aux débats sur les Corps Francs, ces « compagnies de volontaires qui s’habillaient à leur guise, s’équipaient à leurs frais et combattaient à leur fantaisie », et que l’auteur tient en piètre estime, et aux campagnes de presse sur le thème « Il nous faut des canons se chargeant par la culasse » : « Il se forma de tous côtés des souscriptions pour faire cadeau d’un canon au gouvernement ». Les tableaux brossés de l’enthousiasme suscité par la fabrication des mitrailleuses dans les ateliers de l’usine Cail, par la flottille de batteries flottantes du commandant Thomasset sur la Seine, par la canonnière du lieutenant Farcy ou par les tirs de Joséphine, pièce d’artillerie lourde du bastion de Saint-Ouen sont tout aussi savoureux. Les multiples combats ne sont pas oubliés, dont la tentative de percée du 29 novembre qui suscite tant d’espoirs, avant que l’enthousiasme ne retombe au cours du mois de décembre, « terriblement dur à traverser ». Un chapitre est d’ailleurs consacré à « L’état moral de Paris en décembre. La vie aux avant-postes. Les ambulances », dans lequel Francisque Sarcey nous conte l’histoire du sergent Hoff, devenu « la coqueluche de Paris » et dresse un portrait peu flatteur de « ces généraux, d’une si prodigieuse ignorance », comme de l’Intendance ou du service des hôpitaux. Ce témoignage se termine sur un ultime chapitre, « Le bombardement. La capitulation », durant lequel l’esprit goguenard des « titis parisiens » ne perd pas ses droits en dépit des échecs locaux successifs (tentative de sortie du 19 janvier) et des premiers mouvements quasi-insurrectionnels qui suivirent : « La nécessité d’une capitulation commençait à se faire jour dans les esprits, qu’elle remplissait de trouble et d’angoisse ». Ce sera chose faite à partir du 28 janvier, « c’était le 135e jour du siège. Tout était fini, bien fini, fini à jamais. Nous baissâmes la tête et nous revînmes au logis, les yeux pleins de larmes ».

 

Le second texte, bien plus court (pp. 185-215), aborde davantage les questions militaires directement liées au siège de Paris lui-même, et il faut constater que ses conclusions ne sont pas éloignées de celles de premier témoin. Pour Arthur Chuquet, souvent très critique, la Garde nationale n’est bientôt plus « qu’une cohue où se trouvaient des enfants et des vieillards, des vagabonds, des repris de justice », les Corps francs « n’agirent qu’à leur guise et firent plus de mal que de bien », tandis que leur chef, le général Trochu, pourtant « le plus brillant officier de l’Armée d’Afrique », se contente de défendre « Paris comme on défend une bicoque ou un pigeonnier, tristement, passivement, sans énergie ni vivacité ». Les principales batailles du siège sont décrites et les dernières pages sont consacrées aux débuts des négociations de paix du gouvernement de la Défense nationale avec Bismarck, dont l’auteur rapporte cette affirmation à Jules Favre : « S’il suffisait d’armer un citoyen pour le transformer en soldat, ce serait une duperie que de consacrer le plus clair de la richesse publique à l’entretien des armées permanentes ; là est la véritable supériorité ; et vous êtes vaincus parce que vous l’avez méconnue ».

 

Au total, un peu plus de 200 pages de témoignages passionnants sur une guerre perdue, origine de la guerre civile avec la Commune de Paris et fondatrice de la IIIe République jusque dans ses mythes et légendes. A lire absolument.

Editions Laville, Editions et Librairie Internationale, 2012, 215 pages, 23 euros.

ISBN 13 : 979-10-90134-13-3


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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 07:15

Journal of Military Operations

n° 1  -  Eté 2012

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Naissance au mois d'août d'une nouvelle publication électronique, Journal of Military Operations, animé par une équipe de chercheurs britanniques, pour l'essentiel semble-t-il issus du (ou liés au) département des War Studies du bien connu King's College. L'éditeur présente JMO comme un "agitateur" d'idées et un lieu de débats sur "la conduite de la guerre".  L'inscription est extrêmement aisé et la consultation gratuite. Relevons en particulier trois articles au sommaire de ce numéro 1 :

- Simon Anglim ("Orde Wingate and Paramilitary Support Operations : messages for the 21st Century") recherche dans les actions de l'officier britannique dans la Corne de l'Afrique en 1940-1941 des enseignements utiles pour aujourd'hui.

- William F. Owen ("The Operational Level of War does not exist") tente d'expliquer que le niveau opératif n'existe pas et ne serait qu'une construction intellectuelle artificielle, un effet de mode, ... ou une paresse intellectuelle. L'argumentation est parfois contestable, un rien provocant, mais c'est décapant.

- David Benest ("A British Parachuting Capability ?") plaide dans un texte de quatre pages pour que l'armée britannique conserve, en dépit des réductions d'effectifs, un potentiel d'intervention aéroportée.

Bonne chance et longue vie à Journal of Military Operations !

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 07:10

Verdun et la Somme

Tranchées  -  hors-série n° 3

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Voilà un bon récit des événements militaires de cette année 1916, à la fois si importante et si insatisfaisante pour les deux alliances en lutte. Ce dossier s’ouvre sur un article de présentation, « Un plan allié contrarié », de la situation générale des Alliés, puis aborde l’histoire de « La 36th (Ulster) Division à Thiepval », qui va perdre plus de 5.000 hommes les 1er et 2 juillet (mais, contrairement à ce qui est envisagé en conclusion, cette hécatombe n’a rien à voir avec le maintien de la province au sein du Royaume-Uni cinq ans plus tard). Deux articles plus importants (« Somme 1916, la percée impossible », pp. 30-44 ; et « L’ultime effort allemand. Verdun, juin-juillet 1916 », pp. 46-68) permettent de suivre le déroulement et de faire le bilan de ces deux offensives.

Un original dernier article enfin, « Sur les pas des défenseurs de Souville », nous entraîne, aujourd'hui, sur le terrain, à la recherche des traces conservées des combats et des monuments commémoratifs ultérieurement érigés (alternance de photos d’époque et de clichés d’aujourd’hui, avec position GPS des sites présentés, etc.).

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 07:00

La capture de Samory (1898).

L'achèvement de la conquête de l'Afrique de l'Ouest

Julie d'Andurain

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Avec ce volume d'un peu plus de 200 pages, Julie d'Andurain (qui avait soutenu en 2009 une thèse remarquée sur le général Gouraud pendant la Grande Guerre) poursuit et élargit le champ de ses recherches à la fois sur Gouraud lui-même, mais aussi sur la constitution de l'empire colonial dans toutes ses dimensions. L'ouvrage s'ouvre sur un avant-propos du général d'armée (2S) Thorette, "colo" et ancien CEMAT, qui précise très justement : "Le récit de la capture de Samory devient alors un prétexte à la narration de la longue conquête de l'Afrique de l'Ouest par la France". Par ailleurs, le professeur Frémeaux, dans sa préface, confirme que cette opération audacieuse ne saurait être isolée "d'un environnement complexe, à la fois militaire et politique". Dans son introduction, l'auteur met en garde : "Il appartient en effet à l'historien de ne pas écrire l'histoire à rebours, de manière téléologique, mais au contraire de montrer comment, dans le déroulé des événements, la part de l'incertain, de l'empirisme et de l'adaptation l'a emporté le plus souvent sur celle du prévisible et du planifié".  Elle ajoute : "On ne saurait comprendre l'occupation de l'Afrique par les Occidentaux sans revenir sur les conditions politiques locales et générales expliquant leur implantation".

Il résulte de ces considérations liminaires que La capture de Samory va bien au-delà du seul récit de l'événement. Julie d'Andurain a divisé son livre en trois chapitres et elle fait le choix (à première vue un peu étonnant, peut-être, mais en réalité judicieux) de "commencer par la fin". La chapitre 1 décrit donc par le menu la capture finale de Samory et de ses fidèles par Gouraud, puis son exil au Gabon. Mais il se poursuit, dans le chapitre 2 par un rappel de l'ensemble des opérations depuis Borgnis-Desbordes dans la logique de la liaison Sénégal-Soudan, par une explication des à-coups politiques (parisiens) de la politique de conquête coloniale et par une approche de ce fameux "parti colonial", groupe de pression multiforme encore mal connu. Le chapitre 3 élargit encore le spectre de l'analyse en s'intéressant aux "Heurts des impérialismes" dans ce vaste espace ouest-africain autour de la boucle du Niger et à ce que l'on a appelé "la course au clocher". Pour boucler son étude, elle revient au final sur l'encerclement ultime de Samory replacé dans le contexte de la rivalité coloniale franco-britannique, sans oublier les polémiques qui entourent la "reconnaissance" du succès. Le lecteur a ainsi pu suivre, avec précision, le développement de la campagne militaire, et celle-ci a toujours été re-contextualisée.

En conclusion enfin, après avoir analysé les faits en détail, Julie d'Andurain s'intéresse à la mémoire (aux mémoires) de Samory, instrumentalisée après les indépendances africaines et présentée ("non sans arrières-pensées politiques") par Sékou Touré comme un précurseur, "farouche combattant contre la colonisation française". Elle revient également sur la question du "parti colonial", dont l'étude reste à entreprendre, "au croisement du fait militaire, des relations diplomatiques et internationales, de la construction d'un discours républicain très largement sentencieux". On apprécie les cartes en noir et blanc, parfaitement claires et lisibles, l'index complet et la riche bibliographie finale à laquelle il ne semble manquer aucun ouvrage sérieux sur ces sujets.

Facile à lire et complet, voilà une étude qui mérite de figurer dans toute bibliothèque bien tenue.

 

Colection Outre-mer, Ed. SOTECA (diffusion Belin), Saint-Cloud, 2012, 208 pages. 25,0 euros.

ISBN : 978-2-9163-8545-7

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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