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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 06:00

Aristide Briand

Christophe Bellon

Une nouvelle biographie d'Aristide Briand, personnalité dont il me faut bien reconnaître que je n'apprécie guère les permanentes inflexions et dont la principale caractéristique fut sans doute de durer au pouvoir. Mais pour quel bilan... ?

Il faut toutefois reconnaître qu'en dépit d'un parti pris quasi-exclusif en faveur de son sujet, Christophe Bellon parvient, grâce à sa grande connaissance de l'homme et de la période, à nous en dresser un portrait très favorable. On ne partegera pas toujours sa présentation, mais elle comporte indéniablement de nombreux éléments à retenir. L'auteur accorde une place non négligeable aux premières années "d'apprentissage" (1862-1902), qui expliquent en partie les amitiés mais aussi les hostilités que connaîtra durablement le journaliste, député, natif de Loire inférieure et élu à Saint-Etienne. On sait que la séparation des Eglises et de l'Etat constitue son haut fait de la période d'avant-guerre, ce qui lui vaut en particulier de conserver dans plusieurs gouvernements le portefeuille des Cultes, mais l'auteur détaille aussi le rôle de Briand dans le foisonnement des sensibilités partisanes socialistes et socialisantes, avant qu'il ne devienne pour ses anciens camarades un "social-traitre". Il en fait un "rassembleur pour les gauches réformistes", l'homme des mots, du verbe, de l'éloquence, avec deux combats engagés, pourtant sans succès à l'époque, comme ministre de la Justice : celui contre la peine de mort et celui en faveur du droit de vote des femmes. L'auteur sait également accorder quelques lignes bien senties à la période (mal connue) qui précède immédiatement la Grande Guerre, qui voit le triomphe de "l'apaisement" (contre la majorité des radicaux-socialistes), le rapprochement des centres, et Briand devenir vice-pésident du Conseil de Poincaré. C'est l'époque où  pour le journal Le Radical : "Il se dira groupe de gauche et sera patronné par toutes les droites ; il prêchera l'apaisement pour mieux faire la guerre à tous les républicains, l'union pour mieux les diviser, le progrès social pour mieux l'enterrer". Presque moderne en quelque sorte ! La partie consacrée à la Première Guerre mondiale est rop exclusivement centrée sur les préoccupations politiques (politiciennes ?) pour être absolument convaincante (Comment peut-on écrire sans autres explications : "La décision n'appartient plus tout à fait au pouvoir civil, qui ne contrôle pas l'état-major"  ?). La chronologie militaire d'avant la bataille de la Marne est d'aileurs un peu bousculée et les soupçons de "boulangisme" ou de "bonapartisme" lancés contre Gallieni à la même époque passés sous silence. De même pour la présentation des visites de Poincaré aux armées... Il aurait fallu citer ce que les témoins disent alors du président de la République et de son apparente incompréhension, de sa distance, de son manque de chaleur à l'égard des combattants. Les lecteurs apprendront cependant beaucoup sur le fonctionnement parlementaire du gouvernement de guerre, car le texte est ici tout particulièrement détaillé, mais il sera aussi utile d'ajouter à ces pages quelques propos d'adversaires de Briand, ou de généraux exerçant un commandement au front. Cela permet de relativiser les affirmations rapides. Ainsi, on sait bien que l'efficacité du Conseil supérieur de la Défense nationale et celle du Comité de guerre furent toute relative. Et quelques propos étonnants : "Je voudrais être général pour pouvoir me reposer" ! Briand, ce sont aussi les traits d'humour faciles (cf. lors de la mort de Gallieni). L'appréciation portée sur l'attaque allemande contre Verdun est présentée comme une perception élevée et précoce de l'importance du symbole, sans évoquer que la chute de la cité meusienne aurait pu faire tomber le gouvernement, comme il le dit par ailleurs. Bref, nous avons là un mélange d'informations majeures et parfois très peu connues, mais aussi d'omissions (même si l'on trouve quelques rares références aux propos très durs d'un Abel Ferry par exemple), sur des sujets qui peuvent être de détail mais qui cumulés finissent par compter dans le tableau d'ensemble. La dernière grande partie est bien sûr consacrée à l'après-guerre, qui enracine définitivement la gloire (et la longévité posthume) de Briand, en faisant une sorte de précurseur de l'idéal européen moderne, d'apôtre de la paix et du désarmement. Ici aussi, bien des choses pourraient être ajoutées, car l'expression lyrique des idéaux de Genève s'appuie aussi sur l'incapacité financière et budgétaire de la France à honorer son statut revendiqué de grande puissance. Une réalité prosaïque mais contraignante qui explique bien des circonvolutions dans les différentes étapes des relations franco-allemandes ou avec les Anglo-Saxons.

Au bilan, une très solide biographie favorable à Briand, qui occupera une place de choix dans l'histoire politique de la IIIe République mais que l'on complètera aussi par d'autres lectures plus critiques.

CNRS Editions, Paris, 2016, 382 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-271-08952-6.

Parlementarisme triomphant
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 06:00

1914-1918  Lettres d'un fils

Un infirmier de chasseurs à pied à Verdun et dans l'Aisne

Jean Pottecher

Une correspondance de poilu intéressante à plus d'un titre : le nombre de lettres concernées (345, dont 289 écrites au front) d'une part ; la particularité de l'auteur d'autre part : pacifiste, il ne refuse pas d'accomplir son devoir de citoyen mais fait le choix de servir "sans arme", au sein du Service de santé.

Dans sa présentation, André Suarès souligne l'intérêt que Jean Norton Cru portait à ce témoignage et rappelle : "Il n'a pas voulu être officier, lui qui devait l'être naturellement, et qui en fut dix fois sollicité. Il s'est rangé lui-même dans le corps du secours et du dévouement. Ici les grades ne sont rien. Je l'appelais Jean le Secourable". Dans la première lettre, datée du 3 septembre 1914, il annonce à ses parents sa décision de s'engager ("Au fond, ce qui m'a guidé, ce n'est pas un patriotisme instinctif : c'est la recherche seule d'idéal social et d'humanité. Il m'a semblé que pour le but que je poursuis, il y avait avantage à ce que la France soit victorieuse et que je combatte"). Passé à sa demande dans une unité d'active, le 19e bataillon de chasseurs, il fait preuve d'un souci permanent de ses camarades et d'une grande curiosité pour tout ce qui l'entoure, mais, bien malgré lui, passe l'année 1915 au dépôt de l'unité, à l'intérieur, tout en lisant beaucoup. Il se lance même dans la cuisine pour les malades, quitte à acheter les produits nécessaires avec son propre prêt du soldat. Quelques constats aussi, comme lorsqu'il assiste à une instruction sur le tir avec mitrailleuses : "Deux mitrailleuses qui marchent bien peuvent arrêter un bataillon de 1.500 hommes : mais très souvent des pièces cessent de tirer, l'incident est normal". Puis, c'est l'installation dans l'arrière-front et les exercices d'entraînement, souvent peu convaincants, surtout des marches avec, selon les secteurs, une amélioration progressive des conditions d'installation : "Nous sommes à peu près au même endroit que nos prédécesseurs, mais dans un bivouac au milieu d'un bois ; bivouac moderne, sous terre, et bien installé, à demeure ; et derrière chaque gourbi, un abri de bombardement". Il nous présente cette batterie d'artillerie lourde, qui ne tire presque pas ; il décrit plusieurs combats aériens au-dessus des lignes et le tir d'autocanons antiaériens. Une vie d'immédiat arrière-front : "Je suis bien fatigué le soir quand je me couche ; je dors peu, mais bien ; je mange mal, mais suffisamment ; je peux me tenir propre et je suis dispos quand je me réveille". Affecté au 59e bataillon (reconstitué) en juillet 1916, dont il dépeint avec verve et une réelle affection le personnel de santé, mais toujours dans un secteur assez tranquille, ce qui le désole car il a le sentiment de ne pas pouvoir faire assez : "Je n'arrive toujours pas à aller au feu : c'est pire qu'un vaudeville. Je me demande si la guerre finira avant que j'aie pu en voir la partie la plus réputée". Finalement, Jean Pottecher passe de longs mois très proche du front, mais sans jamais être dans un secteur particulièrement actif. Il décrit néanmoins la mise en place d'une attaque au gaz, les espoirs soulevés par l'entrée en guerre de la Roumanie, le dispositif allégé en toute première ligne, peut finalement suivre quelques patrouilles et alterne désormais entre première et seconde lignes. Il raconte également à la mi-décembre une "rencontre" et une conversation en avant des lignes avec deux Allemands mais aussi une pêche à la grenade qui tourne mal. Entre Vosges et Woëvre, le début de l'année 1917 est assez morose, sur fond d'initiatives diverses pour la paix. Les injustices et les fautes de commandement sont de plus en plus mal perçues et le quotidien se poursuit, dans le secteur d'Avocourt à la fin du printemps, avec quelques descriptions éclairantes de stratégies d'évitement et de croix de guerre injustifiées. Sans que l'on comprenne très bien pourquoi, les rotations entre première et deuxième lignes s'accélèrent (parfois à peine 24 heures) et finalement son unité est relevée quelques heures avant le début del'offensive à objectif limité du 20 août sur la rive gauche de la Meuse, alors que la compagnie compte "62 malades pour un effectif de 128", ce qui donne une idée du potentiel opérationnel effectivement disponible. A nouveau le secteur "si tranquille" de Mourmelon, les petits accrochages, les prisonniers, les blessés, les colis de la famille, le léger repli des Allemands dans le secteur de Vaux, la lutte contre la pluie et l'humidité, les bombardements intermittents, une morne régularité : "Rien de nouveau", "La situation reste inchangée"... Un secteur "qui fut héroïque, et qui était devenu agréablement casanier". L'hiver 1917-1918 est assez tranquille, avec le passage ou l'arrivée de quelques contingents alliés, italiens et américains, et la routine des vaccinations et des visites médicales quotidiennes. Il reçoit de loin les échos des premières offensives allemandes du printemps 1918, tout en subissant dans son secteur quelques puissants bombardements par obus chimiques et en constatant les progrès de l'épidémie de grippe. Les déplacements s'accélèrent car désormais les attaques allemandes se multiplient en mai-juin face à son bataillon, et Jean Pottecher décrit la technique des troupes d'assaut ennemies qui manoeuvrent par les ailes sans s'arrêter pour réduire les résistances résiduelles : les unités sont épuisées, il est le dernier infirmier subsistant, chacun attend avec impatience l'entrée en ligne des Américains. Dans son esprit, c'est désormais la défense de Paris qui s'organise, la deuxième bataille de la Marne, le pillage des hameaux, la description des premiers FT17, le luxe relatif dont bénéficient les troupes américaines et dont il faut terminer l'instruction ("Ce matin nous manoeuvrâmes devant les Américains, un exercice qui ne ressemblait en rien à la réalité, et qu'ils ont admiré de confiance" avec ce contraste : "Ils ont une discipline ultra-prussienne dès qu'ils sont rassemblés, et plus aucun ordre, une absolue liberté quand ils sont sortis du groupement"). Il participe à la contre-offensive de juillet, et désormais progresse peu à peu avec l'appui de l'aviation et des chars. Mortellement blessé avec plusieurs de ses camarades, il décède le 25 juillet.

Un témoignage passionnant qui doit absolument être connu.

Ysec éditions, Louviers, 2003, 208 pages, 17,- euros.

ISBN : 2-84673-022-9.

Infirmier au front
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 05:50

Speer et Rommel

Les nazis fréquentables ?

2e Guerre Mondiale - n° 65

Un numéro qui s'efforce de renouveler le genre et les thèmes sur des sujets pourtant abordés des dizaines (des centaines ?) de fois, à partir d'un questionnement un peu différent. C'est ainsi que le débarquement de Normandie est vu à travers le prisme de l'éventuelle pertinence des propositions de Rommel, tandis que l'économie de guerre allemande est traitée sous l'angle de la personnalité et du rôle de Speer, "l'architecte du Führer". On apprécie la seconde partie de l'article de Stéphane Mantoux sur l'arme sous-marine ("Les U-Boote, du myhte à l'histoire") ainsi que les trois pages que Vincent Bernard consacre aux ressources sur internet dans le domaine de l'histoire (de la Seconde guerre mondiale en l'occurence, mais un constat similaire peut être fait pour la Première). 

Economie de guerre
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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 06:00

Les bus de la honte

Jean-Marie Dubois et Malka Marcovich

A la fois étude d'histoire générale et retour difficile sur une histoire familiale, ce livre nous propose de retrouver une figure absolument inconnue mais dont le rôle est assez symptomatique de l'attitude d'une grande partie des cadres dirigeants de la France occupée, puisqu'il s'agit, pendant la Seconde guerre mondiale, de l'aïeul des auteurs, responsable de la société de transport des autobus parisiens. Un sentiment trouble au final, une sorte d'auto-exorcisme qui laisse parfois l'impression d'un malaise : "Les activités de mon grand-père pendant la guerre sont demeurées enfouies durant des décennies. Ce lourd secret a fait irruption dans notre vie par un singulier concours de circonstances".

Tout commence par le récit de funérailles en 2014, à partir desquelles les auteurs, proches des milieux israélites, se lancent dans des recherches sur leur grand-père qu'ils n'ont pas connu, avec cette question lancinante : Que faisait un directeur de la RATP pendant l'Occupation ? Progessivement, d'archive en archive, les auteurs découvrent la réalité de l'implication personnelle de leur aïeul dans le "transport" des juifs et résistants, au profit de l'occupant. A partir de là, le livre fait en fait le récit du rôle de la RATP pendant les années noires. Les témoignages sont parfois accablants, y compris dans le "retournement de veste" de l'été 1944 et les différents chapitres alternent le récit des découvertes successives et la description des sentiments personnels des deux auteurs, bouleversés par leurs trouvailles. On y trouve également une approche de ce non-dit qui a sans doute marqué bien des familles à l'époque et l'on y comprend peut-être mieux les modalités de silence et dans le même temps de reconstruction des mémoires familiales ("ces secrets qui suintent de toutes parts"). On s'intéresse au fil des pages aux biens juifs spoliés (meubles et immeubles) et à la possibilité d'enrichissements personnels au fil des événements. Et toujours ces bus qui exécutent méthodiquement les directives allemandes (nombreux témoignages des conditions dans lesquelles ces déplacements sont exécutés). Alternant ainsi souvenirs familiaux, témoignages ultérieurs, esquisse des gaullistes de la dernière heure et références aux archives ou aux citations des acteurs et témoins, les deux auteurs poursuivent leurs investigations sur le rôle des transports parisiens dans la collaboration, mais sans adopter la méthodologie d'un historien, ce qui donne lieu à des aller-retour temporels, à des va-et-vient dans les thèmes qui rendent la lecture parfois moins convancante et donnent une impression de répétition. Le grand-père devient gaulliste, un serviteur zélé des autorités républicaines restaurées et les auteurs posent alors la question (centrale) de la responsabilité individuelle de ceux qui affirmèrent ensuite avoir simplement exécuté les ordres reçus. Ils en arrivent ainsi à la reconstruction mémorielle et au "devoir de mémoire", toujours rédigé à une certaine date et dans une certain contexte. Mais, à nouveau, tout se mélange, souvenirs et environnement familial, problèmes beaucoups plus large de la résistance et de la déportation, etc.

Un livre étonnant et assez inclassable, parfois un peu confus par ces aller-retour permanents entre les événements passés et les sentiments d'aujourd'hui, qui évoque un vrai sujet (la collaboration du haut encadement administratif et industriel français) au travers d'une recherche familiale, avec les risques et les limites de l'exercice, mais aussi sa profondeur sentimentale.

Tallandier, Paris, 206 pages, 18,- euros.

ISBN : 979-10-210-1883-9.

Un homme, une entreprise
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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 06:00

Entretiens avec Mussolini

Emil Ludwig

Excellent idée que de rééditer en format poche ce petit livre initialement publié en 1932 par un journaliste et auteur qui sera l'un des très rares à obtenir du Duce, au palais de Venise entre mars et avril de cette même année, de longs entretiens privés. Emil Ludwig précise : "Mon but a simplement été de voir et de représenter le caractère de Mussolini sous de multiples éclairages ... Ces entretiens, je les avais longuement préparés, j'avais réfléchi à la façon dont j'opposerais mon point de vue à celui du Duce ... Comme une entière liberté m'étais assurée, je ne l'ai pas interrogé autrement que j'ai accoutumé de le faire avec les personnages historiques ... Durant touutes ces séances, il n'a pas été prononcé un seul mot inutile".

Dans sa présentation, Maurizio Serra rappelle utilement le contexte : le Mussolini qui reçoit le grand reporter est le chef de gouvernement triomphant du début des années 1930, celui qui a fait disparaître toute opposition intérieure et que toutes les grandes puissances courtisent. Le récit de ces entretiens est organisé de façon thématique ("L'école d'un homme de gouvernement", "Entretiens sur certaines métamorphoses", "Entetiens sur les problèmes du pouvoir", "De quelques domaines de la puissance", et "Entretiens sur le génie et le caractère") et ils constituent indicutablement un exercice d'autopromotion et d'autojustification. Il n'en demeure pas moins que ces propos correspondent à une époque et traduisent une réalité du temps. De la jeunesse difficile du futur dictateur ("C'est une bonne éducatrice, la faim. Presque aussi bonne que la prison et les ennemis") à l'isolement du chef et à cette phrase qui marque une différence de fond avec le nazisme : "Mais je vous ai dit qu'il n'y avait pas de races. C'est une illusion de l'esprit, un sentiment", on trouve des réflexions sur tous les domaines de la viie privée et publique. Sur la misanthropie du Duce, sur son intérêt pour l'histoire, sur les caractéristiques des dictatures modernes, sur la modernité et la technique, sur la violence et la guerre dans la vie des peuples, sur l'action publique à l'égard des masses populaires, etc.

Sans oublier bien sûr qu'il s'agit aussi à cette date pour Mussolini d'une entreprise de communication internationale, voici un livre important pour retrouver les principes du fascisme "du temps de paix", avant que les aventures militaires n'en fasse un allié de second ordre, puis un vassal du IIIe Reich. Un Mussolini qui veut moderniser son pays et qui affiche sa volonté de paix européenne. Un Mussolini, ne l'oublions pas, que courtisent à l'époque Français et Britanniques. A lire.

'Tempus', Perrin, 2016, 252 pages, 8,- euros.

ISBN : 978-2-262-06523-2.

Mussolini avant guerre
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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 06:00

Claus Schenk von Stauffenberg

Le chevalier foudroyé

Jean-François Thull

Un tout petit livre, d'à peine plus d'une soixantaine de pages, mais qui mérite indiscutablement d'être lu. Car, finalement, que sait-on du comte von Stauffenberg pourtant passé à la postérité à la suite de l'attentat contre Hitler du 20 juillet 1944 ? Par ailleurs, il ne s'agit pas seulement d'un récit biographique, mais à partir des éléments personnels de von Stauffenberg (éducation, vie, pensées, actions) d'une réflexion plus haute sur le sens des valeurs de ce vieux continent européen.

L'auteur ne cache pas son admiration pour le personnage et son attachement à une civilisation européenne classique, sinon traditionnelle, au sein de laquelle les valeurs individuelles et collectives structurent l'organisation sociale comme le comportement de chacun. Il en donne de multiples exemples en retraçant la vie de son héros, entre 1917 et 1944. Héritier d'une longue et noble lignée de grands serviteurs des monarques germaniques, formé aux lettres classiques et à la poésie, il s'engage comme aspirant dans la cavalerie de l'armée des 100.000 hommes en 1926 et se distingue rapidement par ses qualités foncières. Il se félicite des premières réalisations du régime nazi ("le rétablissement des couleurs impériales dans l'armée, le retour de la Sarre au Reich et le lancement d'un programme de réarmement intensif") qui correspondent à ces sentiments nationalistes profonds, mais n'éprouve pas "de sympathie pour son populisme grossier, ses hurlements, son prosaïsme, la brutalité criminelle de ses partisans et l'inversion des valeurs qu'il entraîne dans son sillage". Dès l'automne 1934, il manifeste publiquement son opposition à l'antisémitisme délirant des dirigeants du régime, tout en continuant sa carrière militaire avec l'obtention de son diplôme d'état-major de la Kriegsakademie : "De l'avis de plusieurs de ses supérieurs et camarades, Stauffenberg est le plus doué de sa génération, destiné à un brillant avenir". Le processus s'accélère à la suite de l'occupation des Sudètes et de la nuit de Cristal ("Stauffenberg mesure à quel point ces exactions entachent l'honneur et la dignité de l'Allemagne et portent atteinte à la réputation de son pays aux yeux du monde"), mais n'en participe pas moins aux campagnes de Pologne et de France au début de la guerre et intègre l'état-major général de l'armée où il se rapproche du général Halder. En mission en URSS occupée en 1942, il est "confronté aux mesures de représailles qui frappent les peuples slaves ... A ces yeux, il aurait fallu incorporer ces peuples dans la lutte contre l'Union soviétique au lieu de les piller, de les violenter" et prend contact avec le Cercle de Kreisau, "un cercle aristocratique et populaire de résistance ... dont la plupart des membres sont inspirés par un 'christianisme organique', s'opposant à une modernité qui est sans racines et repose exclusivement sur la maîtrise de la technique". Volontaire pour le front, il sert en Tunisie en 1943, où il est grièvement blessé, ce qui le pousse à vouloir agir plus activement contre le nazisme : "Je sens que je dois faire quelque chose pour sauver le Reich". A compter de l'automne 1943, à peine remis de ses graves blessures, il se lance dans la conjuration qui aboutit à l'attentat du 20 juillet de l'année suivante et cela nous vaut quelques belles lignes sur les sentiments de ces hommes isolés au coeur d'un système policier meurtrier, ainsi qu'une description rare des modalités de cette préparation et des détails de cette journée du 20 juillet. Avant de mourir fusillé peu avant minuit en criant "Que vive notre Sainte Allemagne !". Les dernières pages sont consacrées à "la postérité d'une révolte", trop minorée selon Jean-François Thull.

Si l'auteur, nous l'avons dit, ne cache pas son admiration pour son héros, voici un petit livre passionnant, indispensable pour quiconque s'intéresse à l'opposition militaire et traditionnaliste au régime nazi. Facile à lire et nourri par de très nombreuses références.

Le Polémarque, Nancy, 2015, 69 pages, 10,- euros.

ISBN : 979-10-92525-04-5

Noblesse oblige
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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 06:00

Carnets d'un fantassin

(7 août 1914 - 16 août 1916)

Charles Delvert

Ce témoignage, à placer indiscutablement parmi les récits les plus importants de la Grande Guerre, est bien connu des spécialistes mais mérite de connaître une plus large diffusion. Cette réédition (2003) des carnets originaux tenus par le commandant de la 8e compagnie du 101e RI est placée, comme l'édition originale, sous le signe de la détermination et de la volonté : "Ils grognaient, mais ils marchaient toujours".

Le livre est divisé en trois parties principales, qui correspondent aux grandes périodes vécues par l'auteur avant que de multiples blessures ne soient causées par les minen en août 1916 dans le secteur de Maisons-en-Champagne. La première partie nous raconte les terribles combats de la bataille des frontières et de la retraite (le 26 août, "il reste cent vingt-sept hommes sur deux cent soixante-deux, deux officiers sur quatre, tous les deux blessés"), la contre-offensive de septembre et le début de la course à la mer. Il ne néglige aucune description tactique, précise les mesues qu'il prend, note les pertes sous le feu ("Ah ! Les forces morales ! Elles ne font pas défaut. Sous le déluge des bombes nous restons. Mais le moindre canon de 240 ferait bien notre affaire"). La deuxième partie est constituée par la célèbre "Histoire d'une compagnie", de novembre 1915 à juillet 1916. Si le récit des engagements est particulièrement réaliste, on apprécie la qualité des descriptions de ses hommes, de ses camarades, de ses chefs, comme ce commandant de bataillon qui paraissait avoir plus de 50 ans et qui "en est resté, au point de vue militaire, aux grandes manoeuvres et au service", ou ce général de division ("sexagénaire aimable et courtois") qui annonce aux stagiaires du cours des commandants de compagnie qu'il faut "s'entraîner en vue de la reprise de la guerre normale ... C'est-à-dire les bonnes vieilles grandes manoeuvres chères à nos professionnels. Ils n'en ont pas encore fait leur deuil". Il sait pourtant relativiser ce que voient les officiers du front mais dresse parrfois le constat des différences de situation au regard de ce qu'il observe : "Certainement, il vaut mieux être capitaine d'artillerie que colonel d'infanterie". Il y souligne l'importance de l'instruction sur le combat des petites unités du 8 janvier 1916 ("On ne lutte pas avec des hommes contre du matériel. Enfin ! Il est dur de penser qu'il a fallu dix-huit mois de guerre pour concevoir cette vérité première ... Mais quand cette vérité pénètrera-t-elle les cerveaux ankylosés des extraordinaires officiers supérieurs que M. Le bureau nous envoie ?"). Ce sont alors les combats de Verdun (avec d'intéressantes considérations sur l'organisation des défenses accessoires) jusqu'à l'héroïque défense de R1, en avant du fort de Vaux. On y perçoit bien que les combats de mai-juin 1916 sont, au minimum aussi durs et aussi acharnés que ceux des 21-25 février. Et toujours cet aller-retour entre la situation en première ligne et les commentaires déplacés qu'il entend venant de l'arrière-front : "Les vantardises niaises qui permettront aux pantouflards de respirer l'héroïsme sous les espèces d'un parfum grossier auquel ils sont accoutumés, voilà ce qu'il faut que nous fournissions aux gens de l'arrière, en même temps, d'ailluers, que nous devons vivre dans la boue, le sang et l'épouvante pour qu'ils puissent à loisir jouir de leurs aises". La troisième partie enfin, la plus courte, traite du séjour dans "Un secteur calme", en Champagne, de début juillet à la mi-août, avec toute la problématique de la guerre de position : "Le B.A.BA de la guerre est évidemment l'emploi de ces fils de fer, qui rendent impossible l'accès d'une position. Le moindre tireur derrière un rideau intact, ou presque, arrêterait une demi-section", ce qui donne une idée du rapport de force nécessaire.

Un témoignage exceptionnel, par un capitaine de réserve qui combat en première ligne, agrégé et professeur d'histoire et qui sait donc relever les choses importantes et relativiser ce qui l'est moins. Un témoignage indispensable que l'on peut se procurer sur les sites de vente par correspondance, mais aussi dans tous les "points librairie-boutique" des sites de Verdun (Mémorial, fort de Vaux, fort de Douaumont, etc.). A connaître et à conserver.

Collection "Mémorial de Verdun", Les éditions des Riaux, 2003, 435 pages, 17,- euros.

ISBN : 2-84901-001-4.

Témoignage exceptionnel
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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 08:27

La Somme : bataille franco-britannique

14 / 18 - n° 73

Un numéro entièrement consacré à la bataille de la Somme de l'été-automne 1916, dont Jean-Pascal Soudagne souligne dans son éditorial qu'elle est largement méconnue en France alors que les Français y tiennent une place essentielle et que les taux de pertes y sont plus élevés qu'à Verdun. Allain Bernède aborde la question sous l'angle des rapports de la stratégie et de la tactique entre les deux grandes batailles, j'y signe un article sur les difficiles conditions de préparation par l'état-major de Foch, du fait de relations parfois difficiles avec les Britanniques et des besoins de la défense sur la Meuse, deux articles qui soulignent l'interaction permanente entre les fronts. Pierre Dufour rappelle les conditions de la prise de Belloy-en-Santerre par la Légion, tandis que Cyrille Becker revient sur le rôle des divisions "bleues" (composées de bataillons de chasseurs). Du politico-militaire, du stratégique, de l'opératif et du tactique donc. Toutes les autres rubriques habituelles sont bien sûr présentes.

A noter qu'au prix de la disparition de quelques pages, le prix du numéro baisse et passe de 9,90 à 7,90 euros. Un effort significatif pour conserver au magazine sa place éminente dans l'ensemble de la presse 'Histoire'.

Somme
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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 08:05

Front de l'Est

NRH - n° 84

Le dossier de ce numéro de printemps de la NRH est consacré au front de l'Est de la Seconde guerre mondiale, mais avec une approche large : les huit articles traitent aussi bien des opérations initiales ("Barbarossa. L'échec de la guerre-éclair à l'Est") que de thématiques ("La débâcle de 1941. Une faillite du renseignement soviétique ?"), de politique ("Des officiers allemands au service de l'Armée Rouge") ou des populations ("L'Ukraine et les déchirements de la guerre"). Parmi les autres articles, je signe un texte sur "Les politiques et la conduite de la guerre" pendant le premier conflit mondial. On note également trois sujets originaux, sur "Babeuf ou l'infortune de l'Egalité", sur "Roosevelt et le pape Pie XII" et sur "Marguerite d'Angoulême".

Guerres mondiales
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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 06:00

Les chasseurs alpins du 27e BCA

Bruno de Franqueville (Dir.)

Nous avons déjà signalé que la nouvelle génération des "albums régimentaires" marque une profonde amélioration de ce type de publications et que les éditions de Taillac se distingue dans ce domaine. Ce nouvel opus en témoigne encore.

Rédigé à plusieurs mains (nombreux réservistes dans l'équipe de rédaction), l'ouvrage retrace bien sûr l'histoire du bataillon, de sa création en janvier 1871 à nos jours, à travers en particulier des engagements successifs, de la Grande Kabylie dès 1881 à la Kapisa jusqu'en 2012 (dnt une frise au début du livre donne les altitudes : entre 135 m. pour le canal de l'Ailette en 1917 et 1940 et 3.000 m. dans les Alpes en 1940 et 1944. Comme de nombreux autres bataillons, il s'illustre pendant la Grande Guerre, en particulier en 1915 dans les Vosges (où il reste en ligne jusqu'à l'été 1916). Les années récentes sont bien sûr marquées par les OPEX, mais aussi une intégration accrue dans son environnement local et régional autour d'Annecy.

La très large utilisation d'une belle iconographie souvent originale (dont quelques photos sur de doubles pages absolument superbes) renforce l'attrait pour ce volume, d'autant que ponctuellement des organigrammes et tableaux viennent préciser l'organisation de l'unité à tel ou tel moment de son histoire. Les traditions ne sont pas oubliées avec les fanions et insignes, et les doubles pages de couverture rendent un hommage mérités aux morts du bataillon dont la liste est donnée.

Un très beau "album cadeau", mais aussi une source utile pour l'historien. 

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2016, 208 pages, 35,- euros.

ISBN : 978-2-3644-5066-0.

Chasseurs à l'honneur
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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