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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 09:28

 

 

Chroniques de Cochinchine

(1951-1956)

 

 

général Guy Simon

linklinkCOCHINCHINE-SIMON.jpg 

En complément du billet d'hier sur les minorités ethniques au Tonkin, il nous paraît intéressant d'évoquer ce livre, paru pour la première édition chez Lavauzelle en 1995. Dans son "Avertissement" au lecteur,le général Simon précise les raisons qui l'ont poussé à publier les lettres qu'il écrivait de Cochinchine à son père : "Je crains que notre guerre se réduise, pour la génération prochaine, à quelques batailles importantes livrées sur les confins tonkinois à des armées communistes venant de Chine. S'il ne subsistait que ce souvenir, le but de notre action ne serait pas compris et la moitié de nos morts serait oubliée. C'est le rôle de ces lettres, maintenant livrées au public, d'apporter un complément d'information".

Le jeune lieutenant Simon commence à écrire à sa famille avec une grande régularité dès son embarquement sur le transport de troupes Athos II en février 1951 et la dernière lettre reproduite est datée du 3 juillet 1956. C'est dire si ce volume de plus de 320 pages est riche. N'y cherchons pas de longues tirades sur des considérations de haute géostratégie, mais attardons-nous sur ces témoignages quotidiens, concrets, humains. Il raconte par exemple l'attaque de son poste en juillet 1951, son désarroi en constatant les désertions des torailleurs indigènes, en relate la difficile reconstruction et s'interroge sur les réactions au sein de la chaîne hiérarchique. De très nombreuses correspondances commencent par "Je rentre d'opération" (deux, trois, parfois quatre jours de nomadisation dans sa zone de responsabilité), dont le récit, fait en quelques phrases sobres, est suivi du "bilan", parfois étonnant : "1 drapeau viet-minh, 1 fusil en bois, 1 batterie d'accus, 5 scies à métaux, 1 chapeau mou, 1 imperméable, 5 tenues complètes, 3 paires de sandales, 1 lampe électrique, 1 valise de pharmacie, 1 valise de documents, 50 cartouches" (5 novembre 1951).

Ses propos personnels (ils ne sont destinés qu'à son père) peuvent parfois être extrêmement vifs, voire surprendre ou choquer. Le 3 mars 1952, son analyse des rapports entre communautés sur le territoire est terrible, et mérite d'être longuement citée en dépit de sa longueur : "Voici un an que je suis en Indochine et tu me demandes ce que j'en pense. Peut-être seras-tu bien étonné quand tu le sauras. 1er : Je suis profondément écoeuré par mes compatriotes. Tous les civils, beaucoup de sous-officiers et un bon nombre d'officiers ne songent qu'à gagner de l'argent, à boire et à s'amuser ; ils font preuve, à l'égard des autochtones d'un racisme effrayant. 2e : Par contre, l'Indochine a fait ma conquête ... Et les habitants des campagnes me plaisent infiniment par leur simplicité et l'affection dont ils entourent celui qui a gagné leur confiance. En résumé, je voudrais éliminer la plupart des Français et tous les Annamites évolués (qui sont odieux) ; au prix de quoi je resterais bien cinquante ans au commandement d'un sous-quartier quelconque ... Ma manière de voir est celle des coloniaux de l'époque héroïque". Un an et demi plus tard, il s'interroge sur les priorités du haut commandement : "Je me demande vraiment si Gallieni était un grand home en proclamant que le Tonkin commandait tout l'Indochine. J'ai peut-être maintenant la déformation du Cochinchinois, mais je suis furieux de voir que, pour un succès de prestige à Na San (et quel succès !) on a compromis l'équilibre des forces du Sud-Vietnam et, en tout cas, supprimé toutes les chances que nous avions de ramener la paix ici. Ces militaires du Tonkin, qui ne font que la guerre, et qui la font mal puisqu'ils n'arrivent à rien, semblent incapables de comprendre la subtilité et l'intérêt de notre travail. Sans espoir de gagner au Nord, ils ont choisi de perdre au Sud". Revenant sur le territoire pour un dernier séjour, il écrit le 10 mars 1954 : "Le moral n'est pas fameux. Autant mon premier séjour m'avait semblé constructif, autant celui-ci débute dans le marasme et dans l'inefficience" et, maniant un humour au deuxième degré : "D'ailleurs, les états-majors sont utiles. La preuve : en 1953, on a jauni le 2e RIC qui était noir ; en 1954, on va noircir le 11e RIC qui est jaune. Heureusement que le commandement pense à tout".

En bref, les réactions (parfois presque instinctives) et les réflexions, restées dans leur "jus", d'un lieutenant longuement affecté en Cochinchine. A prendre comme telles. Elle ne résument pas la guerre d'Indochine et ne constituent qu'un regard particulier sur ce conflit, à un niveau de responsabilité et dans une certaine zone. Comme tous les témoignages. Rien de plus, mais rien de moins. A total cependant, une liberté de parole toujours marquée par le souci des populations et des hommes qui lui sont confiés : un récit humain.

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 00:20

Les minorités ethniques

au Tonkin

MINORITES TONKIN

Plusieurs études ont été consacrées aux minorités montagnardes pendant la guerre d'Indochine et l'on sait qu'elles ont généralement été considérées comme particulièrement fidèles au drapeau tricolore. Différents livres également soulignent les aléas, les hésitations, et les insuffisances de la politique métropolitaine à l'égard des Thaï ou des Mèo.  Il n'est pas question de revenir maintenant sur ce débat. Considérons toutefois, objectivement, que cet attachement tient au moins autant à un rejet de la domination vietnamienne, plus proche donc plus dangereuse, qu'à une inclination particulière pour un hexagone si lointain. Selon l'universel principe "les ennemis de mes ennemis sont mes amis", leur adversaire était l'étranger le plus proche et le plus menaçant, et la résistance à "l'étouffement culturel" était essentielle.

 

Posons quelques données factuelles. Face aux quelques 8.000.000 d'Annamites du Delta et à l'importante minorité chinoise, on distingue neuf "peuples montagnards", dont deux seulement atteignent un volume numériquement significatif. Selon les chiffres de 1936, les Thaï des diverses obédiences sont environ 670.000, les Müong 112.000, les Man 89.000, les Mèo 77.000, les Hakka 3.000, les Lati, La-qua et Kelao 2.000 chacun. La carte ci-dessus en présente leurs aires géographiques d'installation traditionnelle et l'on constate que les Man (qui s'appellent eux-mêmes "hommes des montagnes") sont ceux dont les zones d'habitat sont les plus dispersées.

Leur légende fondatrice, qui fait remonter l'origine deleur peuple à une princesse de Chine, mérite d'être racontée. L'empereur avait promis la main de sa deuxième fille et la moitié de son empire à celui qui lui ramènerait la tête d'un ennemi particulièrement dangereux. Seul le chien Pan-Hou y parvint, et l'empereur lui donna effectivement sa cadette, mais fit le choix, pour diviser son empire, d'une frontière "altimétrique" : Pan-Hou et sa nouvelle épouse ne reçurent que les sommets des montagnes...

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 00:10

 

1939-1945

La guerre des intelligences

 

RENS-2-WW.jpg

En complément des deux ouvrages que nous signalions lundi, revenons sur un livre publié en 2002 chez Lavauzelle, dans la collection "Renseignement et guerre secrète". Sous la direction de Fabienne Mercier-Bernadet, onze contributeurs français et anglo-saxons, parmi les meilleurs spécialistes de ces questions, dressent un portrait pointilliste des questions de renseignement entre 1939 et 1945.

Les premiers textes abordent des questions générales ("Quand l'Etat américain a découvert la nécessité du renseignement", "Les relations entre services secrets soviéto-alliés durant la Seconde guerre mondiale", etc.) et les contributions suivantes nous mènent ensuite sur les différents théâtres pour des "coups de projecteur" : "L'échec du renseignement allemand et de sa tentative politico-militaire sur le front russe", "Les opérations d'intoxication liées aux débarquements de 1944", "L'Intelligence Corps dans la guerre contre le Japon", etc.

Parmi les études les plus originales, on relève par exemple : "La circulation du renseignement clandestin dans la résistance : enjeux politiques et techniques de la cryptographie" et "La résistance par le renseignement : les réseaux d'Indochine 1940-1945". Les différents articles sont généralement bien référencés et accompagnés de quelques notes infrapaginales explicatives. Un volume qui doit intéresser tous les passionnés "d'histoire secrète".

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 16:41

Etudes doctorales

Bourses de thèses DGA / IRSEM

IRSEM.jpg

12 bourses sont ouvertes par la DGA, soutenue par l'IRSEM, dans le domaine des sciences de l'homme et de la société, pour des recherches doctorales ayant trait aux questions de défense et de sécurité.

Les conditions de candidature peuvent être consultées sur http://www.irsem.defense.gouv.fr/spip.php?rubrique150

La date de clôture est fixée au 15 avril 2012. Le point de contact à l'IRSEM est Guillaume Pichard, responsable des études et de la recherche doctorale, au poste 01 44 42 52 93.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 13:15

Sur les chemins de la

Grande Guerre

COLLOQUE-MARS-2012.jpg

Colloque organisé les 22 et 23 mars 2012 à Guise avec le soutien du Conseil général de l'Aisne (à proximité de la Caverne du Dragon).

  COLLOQUE MARS 2012 2

Le programme prévisionnel de ces deux journées est divisé en sept séances : "Pour une histoire du déplacement", "Questions de logistique", "Lieux et moyens de transport", "Déplacement des hommes, déplacement des cultures", "Les déplacements des civils", "Les déplacements en zone occupée et à proximité du front", "Après la guerre".

Les documents de communication devraient être disponibles au début du mois de février. Pour tout renseignement complémentaire, il est possible de contacter : abellouin@cg02.fr.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 00:30

Timbres et cachets postaux

 

L'article sur l'anniversaire de l'arme des Transmissions publié la semaine dernière et celui sur le Kabul Airlift hier nous ont valu plusieurs contacts directs, non pas au sujet des textes eux-mêmes mais à propos des illustrations choisies.

TIMBRE-CILICIE.jpg

Ci-dessus, surcharge "Territoires ennemis occupés" (TEO) apposée en 1919 sur timbre ottoman ;

ci-contre, surcharge "Les Malouines sont argentines"

TIMBRE MALVINAS

Il est en effet possible d'illustrer la quasi-totalité des sujets d'histoire, et en particulier l'histoire des guerres et des conflits, à partir de timbres, dont il ne faut pas oublier qu'ils sont encore dans la plupart des pays des valeurs fiduciaires, c'est à dire qu'ils expriment officiellement une valeur au même titre qu'un billet de banque. Le timbre-poste témoigne des grandes évolutions politiques, militaires, territoriales et constitue donc un témoin exceptionnel de périodes passées (et parfois oubliées). Les tampons, cachets et marques postales peuvent complèter utilement ces illustrations : on se souvient que Weygand raconte dans le volume 1 de ses mémoires que l'appellation de "Groupe des armées du Nord" fut adoptée par l'état-major de Foch à la fin de l'automne 1914 après avoir trouvé dans le bureau d'une mairie un vieux tampon oublié de la période révolutionnaire...

TIMBRE-SINAI.jpg

Si cette thématique peut vous intéresser, nous privilégierons dans le choix des illustrations cette ressource d'autant plus originale que la forme choisie par l'autorité politique ou militaire qui en autorise l'émission est en elle-même significative. Qu'en pensez-vous ?

 

 

Commémoration de l'occupation du Sinaï

par l'armée israélienne

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 00:20

Les secrets de la "Ville Lumière"

SECRETS-PARIS.jpg

Un dimanche gris et pluvieux, et pourtant l'envie de sortir de chez soi, de s'évader ? Ce livre est fait pour vous. Il ne s'agit ni d'une nouvelle "Histoire de la capitale", ni d'un nième "Guide de Paris", mais d'un ouvrage tout-à-fait original : l'auteur (Clémentine Portier-Kaltenbach, journaliste) nous fait partager à travers quelques 150 brèves histoires une autre perception de la "Ville Lumière".

Elle nous entraîne au cours des 280 pages du volume, d'une écriture vive et alerte, à travers des milliers d'informations originales ou oubliées sur la capitale. De l'Antiquité romaine (qui se souvient que Julien fut proclamé empereur par ses soldats quelque part du côté de l'ïle de la Cité ?) à la restauration de l'hôtel de Beauharnais, siège de l'ambassade d'Allemagne, dans les années 1960 ; de la création de la Monnaie de Paris en 884 à la collection d'orchidées des Jardins du Luxembourg, de la jeunesse du futur Ho Chi Minh à la vente aux enchères de morceaux de la Tour Eiffel il y a quatre ans : des lieux identifiés, un tourbillon d'anecdotes amusantes et intéressantes qui nous emmènent dans tous les quartiers de Paris. C'est pétillant et souvent drôle.

Une suggestion : après avoir passé un agréable moment à la mauvaise saison, gardez ce livre près de vous et pensez à l'emmener, aux beaux jours, pour une promenade dans les rues de la capitale. Musardez, le nez en l'air, d'une rue à l'autre. Vous regarderez certainement la ville d'une autre façon.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 00:10

Napoléon

de Jacques Bainville

NAPOLEON-PARRY.jpg 

Les éditions Tallandier viennent de rééditer (en librairie le 2 février), dans la collection "Texto", le Napoléon de jacques Bainville, paru pour la première fois en 1931. Le texte est heureusement précédé d'une excellente préface de Christophe Parry qui en 18 pages, dresse un portrait particulièrement convaincant de Bainville, monarchiste atypique, et de sa rencontre intellectuelle avec Napoléon Ier ("En somme, l'empereur des Français a contribué à faire du royaliste Jacques Bainville un Immortel ... au siège du républicain Poincaré").

L'ouvrage s'ouvre ensuite sur la naissance et l'adolescence du jeune Corse, "boursier du roi", se poursuit chronologiquement jusqu'à la mort sur une île lointaine de l'Atlantique-sud et se termine par un ultime chapitre, "La transfiguration", qui résume en quelques pages l'importance du mythe napoléonien en France tout au long du XIXe siècle. Il ne s'agit certes pas d'un livre d'histoire "scientifique" au sens moderne du terme, mais ce n'est pas davantage un "roman historique", loin de là. C'est vraiment un livre de référence qui réussit, chose rare, à brosser à la fois le portrait (très humain) d'un personnage exceptionnel et, dans toute sa complexité, le tableau d'une époque de profondes transformations. La campagne d'Italie pour le Directoire ("Cette création incessante de thèmes stratégiques, cette fécondité de mouvements et de surprises où le calcul toujours lucide ne laisse au hasard que ce qu'il est impossible de lui retirer") et l'étonnante expédition d'Egypte, la malheureuse exécution du duc d'Enghien (assumée) et la proclamation de l'empire, le camp de Boulogne et la campagne d'Austerlitz nous valent quelques chapitres superbes : l'Aigle étend ses ailes sur l'Europe. Quelques années plus tard, c'est Eylau ("Dans le cimetière, sous les rafales d'artillerie et les rafales de neige, c'est une nouvelle image de la guerre qui apparaît à Napoléon, qu'on vit là plus grave que de coutume, et à la Grande Armée qui ne connaissait pas encore ces boucheries"), la campagne de Russie, puis celle d'Allemagne avant que la guerre ne soit portée en France par les Coalisés en 1814 : "On ne l'aide pas, on ne le sert pas. Personne n'a d'initiative ni d'idées ...Ses plus belles combinaisons militaires échoueront par cette absence de bonne volonté qui aggrave l'infériorité du nombre". Pour finir, l'ïle d'Elbe, les Cent Jours, Waterloo et le mouroir de Sainte-Hélène. Les quelques 500 pages se lisent d'une traite, tant l'écriture est belle, et la dernière phrase résonne encore après quel'on ait fermé le livre : "Et l'on entend encore, à travers les années, à travers les révolutions, à travers les rumeurs étranges, les pas de l'Empereur qui descend de l'autre côté de la terre et gagne des horizons nouveaux". Mieux qu'un classique, une référence.

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 16:25

 

Le Traité sur la guérilla

de l'empereur Nicéphore Phocas

  Traite-guerilla382.jpg

Discrètement publié l'année dernière en format "poche" par les éditions du CNRS, ce petit livre mérite que l'on s'y arrête. L'oeuvre originale a été rédigée quelques dizaines d'années avant l'an 1000, sous la dictée et d'après les notes de l'empereur byzantin Nicéphore Phocas. Ce dernier, brillant chef militaire, accède au trône en août 963 grâce au soutien de l'armée et poursuit comme souverain ses campagnes, en particulier sur les frontières sud et sud-est de l'empire.Sur la famille des empereurs de la dynastie des Phocas et la situation militaire de l'empire byzantin au Xe siècle, on lira également la communication d'Henri Grégoire, publiée en 1953 dans les comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres (voir sur Persée).

 

Mais là n'est pas directement notre sujet. Pourquoi, sur un site consacré aux campagnes des XIXe - XXIe s., s'intéresser à une traduction de ce texte plus que millénaire ? Tout simplement parce que l'empereur Nicéphore Phocas a rédigé un document "de synthèse" directement inspiré par son expérience personnelle de la "petite guerre".

 

La première partie du volume (pp. 19 à 99) correspond à la traduction du texte original Les chapitres se succèdent rapidement, abordent des questions concrètes traitées avec des phrases courtes. En fait, cette traduction se lit très facilement. Il n'est pas anodin de constater que les premiers chapitres sont consacrés par exemple aux "Postes de guet", à "La surveillance des routes", à "Des attaques surprises contre l'adversaire" ou "Autoriser les marchands à se rendre chez l'ennemi et à espionner". Au fil du volume, quelques pages sont consacrées à l'indispensable sûreté des colonnes, à l'organisation d'embuscades, aux attaques sur les flancs de l'ennemi ou comment venir au secours d'une place forte assiégée.

Traité guérilla2383La deuxième partie du livre (pp. 103 et suivantes) est consacrée aux commentaires que les auteurs (Gilbert Dragon et Haralambie Mihaescu) peuvent rédiger à partir du texte de base et de leur excellent connaissance des campagnes militaires de l'empire byzantin. On apprécie  la présence (pp. 191-206) de shémas explicatifs et l'on lira en particulier le chapitre 5 de ces commentaires, consacré à la "Tactique et stratégie de guérilla" : importance du terrain et des voies de communication, rôle des populations, "choix du point d'attaque pour qu'une petite armée puisse en neutraliser une plus grande, insertion en milieu rural, tendance à l'autofinancement de la guerre".

 

Tout n'est plus, bien sûr, "d'actualité". Comme toujours en histoire, il faut replacer les événements dans leur contexte spatial et temporel, humain et technique. Mais il apparait clairement que les principes demeurent. Pour une somme modique (une dizaine d'euros), ce petit livre permet de s'offrir un rafraichissant voyage dans le temps, tout en gardant un lien étroit avec des problématiques très proches.

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 10:01

Prix Roland Dorgelès 2012

AEC.jpg 

Une enveloppe à en-tête du ministère de la Culture dans ma boite aux lettres. Une invitation pour assiter à la réception au cours de laquelle sera remis, le 7 février prochain, le prix Roland Dorgelès de l'Association des Ecrivains Combattants (AEC). Cette respectable association, qui regroupe de très nombreux auteurs d'ouvrages à caractère historique, a été créée dès juin 1919 par 80 "acteurs et témoins" de la Première Guerre mondiale. Depuis 1996, parmi d'autres récompenses, elle attribue chaque année un prix destiné à un journaliste de radio et à un journaliste de télévision pour "leur attachement à la langue française". Au fil des années, les principales figures du paysage audiovisuel ont été récompensées. Rien à dire.

Cette année, surprise. Le journaliste de télévision sélectionné pour ce prix est Stéphane Bern, spécialiste bien connu des frivolités princières. Il s'exprime, certes, dans une langue châtiée. Mais est-il pour autant dans l'épure ? Comment l'Association des Ecrivains Combattants peut-elle choisir un récipiendaire aussi surprenant ? Auto-proclamé "historien des familles royales", il en connait sans doute bien des secrets d'alcôve, en a visité et présenté quelques châteaux, est très certainement présent avec une grande régularité dans les revues de haute réflexion géostratégique qui couvrent les tables basses des salons d'attente de mon dentiste et de mon coiffeur. Mais n'y a-t-il plus de grands reporters (voire même de journalistes de guerre) s'exprimant correctement dans la langue de Molière ?

Roland Dorgelès, authentique combattant de la Grande Guerre (Argonne, région de Reims, Ypres, etc.), célébrissime auteur des Croix de bois (Albin Michel, 1919), dont le nom se trouve associé à cette (pour le moins) étonnante célébration, doit bien rire dans sa tombe... Encore un soir où je n'irai pas partager des petits fours et des canapés avec les élites du "Tout Paris".

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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