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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 07:30

La délation

dans la France des années noires

Laurent Joly

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Je me souviens d'avoir été étonné il y a quelques années, alors que je travaillais sur les archives de la Commission d'enquête sur les repliements suspects (mise en place par Weygand à l'été 1940), par le nombre de dossiers ouverts à la suite d'une dénonciation. Ce point de départ d'un assez grand nombre de procédures m'avait marqué. Il faut donc remercier Laurent Joly d'avoir réuni une équipe de 11 chercheurs pour travailler spécifiquement sur ce thème de La délation, pour étudier avec mesure "ces deux faces, politique et sociale, du phénomène de la dénonciation sous l'Occupation". Avec mesure en effet, puisque dès l'avant-propos les auteurs soulignent que certaines autorités de Vichy elles-mêmes s'inquiètent de cette attitude d'une partie de la population : "Il faut, par tous les moyens possibles, mettre un terme à cette campagne de délation qui crée une atmosphère insupportable de suspicion", écrit en novembre 1941 le secrétaire général de la vice-présidence du Conseil.

Dans une solide introduction de plus de 60 pages, le directeur de l'ouvrage procède successivement à une définition des termes du sujet, puis à l'identification des sources d'archives (ce qui conduit d'ailleurs à observer que, face à l'ampleur du phénomène, seule une petite partie de la ressource a pu être systématiquement exploitée). Il précise ensuite que le processus se poursuit après la Libération (les "délations inversées"), même si "les dénonciations des années d'occupation marquent durablement les esprits", et tente de quantifier par grandes thématiques les sujets de dénonciation.

Le corps de l'ouvrage est divisé en 12 grandes parties qui permettent d'aborder avec précision de nombreuses facettes différentes : "Les dénonciations totalitaires" (étude de la situation en URSS, Allemagne et Italie), "Insulter le maréchal" (la répression des délits d'opinion), "La dénonciation dans la traque des communistes et des Juifs" (estimation comparative), "La dénonciation dans la répression du marché noir" (dont les premiers acteurs sont les consommateurs urbains), "Dénoncer les réfractaires au STO" (au nom d'un paradoxal souci "d'égalité", mais phénomène qui reste minoritaire), "Des délations ordinaires" (essai de typologie sur le thème 'Qui dénonce qui et sur quel sujet?'), "La dénonciation vertueuse" (liée aux questions morales et de comportement sexuel), "Le Corbeau de Henri Georges Clouzot" (film sombre qui obtient -paradoxalement ?- un étonnant succès à l'automne 1943), "La dénonciation civique en Moselle occupée" (sous l'administration civile d'un Gauleiter allemand), "La dénonciation politique en Alsace" (dans le cadre du retour à la France après 1945), "Comment juger la délation à la Libération" (avec la question de la qualification judiciaire des faits), et "Dénoncer les délateurs" (à travers l'exemple du département du Rhône à partir de 1945).

On le voit, un volume particulièrement dense, complété par 20 pages de notes et références, puis 5 pages de bibliographie et un utile index détaillé. Un livre posé, mesuré, argumenté, indispensable sur un sujet aussi douloureux.

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 08:15

Mon commandement en Orient

Général Sarrail

Edition annotée et commentée par Rémy Porte

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'

Etroitement associé à tous les débats (pour ne pas dire toutes les "affaires") interférant entre la politique et l'armée au début du XXe siècle, héros des républicains socialistes et des radicaux qui lui apporteront jusqu'à la fin un soutien sans faille, le général Sarrail a laissé un volume de souvenirs relatant son temps de commandement à la tête de l'armée de Salonique (1915-1917). Cette édition critique, commentée et annotée, reprend dans son intégralité le texte original pour en corriger les non-dits, les oublis, les approximations et les autojustifications à partir des archives. Sarrail était-il "l'homme de la situation" pour commander en Orient ? Un livre au carrefour des opérations extérieures, de la conduite de la guerre sur les fronts secondaires, des ingérences partisanes, des manoeuvres de couloir et des réseaux d'influence en pleine Première Guerre mondiale.

Disponible en librairie à compter du 15 mai.

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 08:10

Napoléon et les femmes

Napoléon Ier  -  n° 64

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Le magazine se modernise, adopte un format plus important et une pagination plus aérée avec ce numéro de mai-juillet 2012, adaptation réussie : plaisir et confort de lecture accrus. Si l'article à la Une, bien que signé Jean Tulard, n'apporte que peu et reste du domaine des généralités bien connues, on lira avec beaucoup d'intérêt l'excellent article de Jacques Garnier sur "La bataille de Montereau (18 février 1814)", bel exemple de victoire napoléonienne en dépit de ses suites incertaines et celui, non moins intéressant de Josiane Bourguet-Rouveyre sur "Le général Mathieu Dumas", ce monarchiste libéral rallié à l'empire dès le 18 Brumaire. Enfin Thierry Lentz, dans "La politique économique de Napoléon" dresse en sept pages une convaincante synthèse de ce sujet rarement évoqué.

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 08:05

L'armée française pour les Nuls

Dominique Lormier

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La célébrissime collection "... pour les Nuls" compte déjà plus dee 90 titres et s'intéresse aujourd'hui, après Jeanne d'Arc, Louis XIV ou la Première Guerre mondiale, à L'Armée française, des origines à nos jours. Selon le shéma généralement retenu pour ces volumes, l'ouvrage est très clairement séquencé en parties identifiées, regroupant au total 22 chapitres et quelques annexes pour "balayer" l'ensemble des thèmes et sous-thèmes. Comme de coutume dans la collection, le texte courant est ponctué d'encarts (qui précisent tel ou tel point particulier) et d'icones visuelles en marge (qui soulignent certains paragraphes : anecdotes, détails chiffré, date clef, etc.).

Il est possible d'aborder ce livres à partir de deux points de vue : celui de l'historien et celui du simple curieux.

Dans le premier cas (mais précisons immédiatement qu'il ne constitue pas l'objectif de l'éditeur et de l'auteur), plusieurs observations s'imposent. Par un étonnant anachronisme, Dominique Lormier consacre ses premiers chapitres aux "Gaulois, Romains et Francs" (chap. 3), siècles durant lesquels la France est encore bien loin d'exister (de même l'annexe A "Les grandes dates de l'armée française" commence en ... 390 av. J.-C. avec l'occupation de Rome par Brennus !) ; et au "Temps des chevaliers : les armées féodales" (chap. 4), dont l'une des premières caractéristiques est justement qu'elles ne sont pas des armées nationales permanentes et époque où le roi lui-même est parfois bien loin d'être le plus puissant des seigneurs. "Les réformes militaires de Charles VII", et l'institution de la première armée permanente, qui constituent en quelque sorte "l'acte de naissance officiel" de l'armée française, sont par contre traitées au détour d'un chapitre en un peu plus d'une page. Plus généralement, les événements sont souvent présentés de façon très "positive" et le vocabulaire employé multiplie les qualificatifs élogieux "décisif", "hégémonie", "victoire", "incroyable", "héroïsme", "puissance", etc. Bref, une vision très franco-centrée, classique de l'armée française qui bat les Prussiens à Valmy en 1792 et "sauve les Britanniques" en 1918. Une impression d'image d'Epinal bien lisse, que confirme le chap. 14 ("Ne pas baisser la garde : les effectifs et l'organisation") relatif à l'armée d'aujourd'hui et qui ne porte aucune appréciation sur les évolutions de l'outil militaire ces dernières années. Un peu comme l'obéissance était définie dans les anciens réglements comme "sans hésitation ni murmure", nous assistons au défilé d'une armée française "virtuelle" progressant de toute éternité derrière Vercingétorix sur les chemins de la gloire... D'ailleurs, le premier volume cité dans le dernier chapitre, "L'armée française en dix oeuvres" d'art, est le livre éponyme du général Weygand.

Ceci étant dit, et ce devait l'être, plaçons nous sous l'angle du "curieux", de l'amateur, et constatons que l'ouvrage témoigne alors de très nombreux points extrêmement positifs.

Il est, tout d'abord, extrêmement bien mis en page et présenté, rédigé d'une plume alerte, ce qui en rend la lecture aisée et agréable. L'utilisation fréquente des icones visuelles permet de mettre en relief facilement certains passages et "scande" littéralemment le texte courant. Sur le fond, le volume est particulièrement riche en informations détaillées et chiffrres précis, qui font de l'ensemble un véritable outil de référence rapide. Par ailleurs, des "gros plans" précisent très utilement certaines périodes ou certains événements dont le souvenir s'est en grande partie estompé, comme les "Onze guerres d'Italie" qui se succèdent entre 1494 et 1559 ou "L'âge d'or de la marine française" à la veille de la Révolution. Par ailleurs, le dernier chapitre de cette histoire, très descriptif et informatif, fournit de bonnes références sur les possibilités de "Faire carrière au service de la France" aujourd'hui (recrutement). Enfin, à partir de la page 319, Dominique Lormier a la bonne idée de présenter certains sujets ou thèmes par grandes "séries" de dix exemples : les dix grandes batailles, les dix chefs militaires de légende, les dix décorations militaires, les dix théâtres d'opérations, etc. On relève également dans les annexes un très utile index des sigles et abréviations ainsi qu'un index complet des noms propres.

Alors, qu'en penser ? Finalement, le premier mouvement passé, il faut sans doute faire abstraction de ce que l'on sait déjà sur la question pour se placer du point de vue de l'auteur et de l'éditeur : une synthèse, une présentation générale documentée. De ce point de vue, le challenge (difficile) est réussi et chacun trouvera dans ce volume matière soit à compléter pour telle ou telle période ses connaissances, soit à y découvrir l'une des plus importantes institutions régaliennes dont les racines (parfois bien lointaines et indirectes) plongent dans notre passé commun. A lire (par plaisir) et à conserver (comme outil de référence).

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 08:00

  Bonaparte est un factieux !

Les résistants au coup d'Etat, Mazamet, 1851

Rémy Cazals

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Quand la micro-histoire rencontre la Grande.

Si Rémy Cazals est plutôt connu dans les débats historiographiques franco-français comme un spécialiste de l’histoire des soldats pendant la Grande Guerre (CRID 14-18), on oublie souvent qu’il est un excellent connaisseur du mouvement ouvrier et de son Sud-ouest, auxquels il a déjà consacré plusieurs livres (dont Autour de la Montagne Noire au temps de la Révolution en 2008, Jean Jaurès, l’intégrale des articles de 1887 à 1914 dans La Dépêche en 2009 et Cinq siècles de travail de la laine, Mazamet en 2010).

Il n’est donc pas surprenant qu’il nous livre ici un volume consacré aux "résistances" dans la région de Mazamet (Tarn) lors du coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte, président de l’éphémère IIe République, en décembre 1851. En fait, l’auteur replace immédiatement les évènements nationaux dans le cadre cultuel, social et économique régional et reconnaît « [qu’] on ne peut comparer Mazamet à Bédarieux ou Clamecy où se déroulèrent des troubles sanglants », puis que « la tentative de résistance au coup d’Etat a été rapidement oubliée ». Il précise qu'il ne s’agit pas « de survaloriser les événements locaux, mais de progresser dans la compréhension d’une période ».

Sur ces bases, voici une étude passionnante à bien des égards. Les archives communales et départementales sont très fréquemment citées et permettent de reconstituer les incidents les plus mineurs. Les cinq premiers chapitres (« La ville est sur le point de faire une grande révolution », « Nous voulons les ouvriers mulgennistes, il faut qu’ils cessent de travailler », « Nous ne voulons aucun des fonctionnaires ou employés qui sont aujourd’hui en place », « Rendre l’homme utile à l’homme » et « Vive la République honnête et modérée ») traitent de la période antérieure (1845-1849), au cours de laquelle les avancées démocratiques de 1848 sont rapidement remises en cause. Les deux qui suivent (« Ici l’on pétitionne pour le rétablissement du suffrage universel » et « La propriété est un vol ») s’intéressent plus particulièrement à l’été et à l’automne 1951, qui précèdent immédiatement le coup d’Etat. Quelques jours avant l’événement, un ouvrier qui manifeste son opposition dans un café est signalé dans un rapport de police : « C’est indigne d’avoir un gouvernement comme celui que nous avons, toutes les places sont données aux riches ».

Trois chapitres précisent ensuite la situation locale pendant les événements eux-mêmes : « Je laisse ici un bataillon d’infanterie et la ville assez calme », « Il a sauvé la famille, la propriété, la France entière », « J’ai entendu parler vaguement d’une société secrète existant à Mazamet » La situation se tend le 4 décembre et les libelles courent : « Puisque Bonaparte est un factieux, le peuple doit lui refuser toute obéissance ainsi qu’à ses agents. Vive la République sociale une et indivisible ». Rémy Cazals multiplie les citations et les exemples. Le moindre propos public ou privé, le moindre procès-verbal est pris en compte, souligné, expliqué. Aucun détail ne nous échappe, mais il faut bien se rendre à l’évidence : sur 101 suspects, « seulement 15 d’entre eux ont participé aux événements du 4 décembre » et « seulement 17% des hommes jugés les plus dangereux de la ville ont été compromis dans les troubles ». Les derniers chapitres enfin (« Cayenne, Algérie plus, Algérie moins », « De Votre Altesse impériale, les très humbles et très fidèles serviteurs », « Il faudrait un livre pour vous dire tout ce qu’on lui a fait souffrir ») évoquent les tribunaux d’exception, la reprise en main de l’opinion publique, les témoignages ultérieurs.

Dans les bassins ouvriers de la « France rouge » du Midi de langue d’Oc, l’arrivée au pouvoir du futur Napoléon III suscite plus d’hostilité que d’adhésion, mais il est difficile de parler, au sens strict, de « résistance » à Mazamet. Le livre n’en demeure pas moins très intéressant, non seulement pour les Méridionaux eux-mêmes qui y retrouvent une partie de leur histoire, mais aussi pour tous ceux qui souhaitent mieux connaître, à partir d’une enquête de terrain locale, extrêmement détaillée, les puissants mouvements de pensée qui traversent le pays au XIXe siècle.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 08:30

Agir dans l'incertitude

Quelle place pour la vision du décideur et la prise de risque ?

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L'édition 2012 du colloque co-organisé par l'Ecole de guerre (EdG), l'Ecole nationale d'administration (ENA) et l'Ecole des hautes études commerciales (HEC) se tiendra le 1er juin 2012 de 09h00 à 16h00 en amphithéâtre Foch de l'Ecole militaire. Les sujets seront débattus autour de deux thèmes généraux : "Agir dans l'urgence" (matinée) et "Agir en visionnaire" (après-midi).

Pour accéder au programme et s'inscrire sur le site du colloque, cliquez ici.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 08:20

L'Alpenkorps

14-18 Magazine  -  n° 57

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Le dossier d'une quarantaine de pages de ce numéro de mai-juillet 2012 est consacré à la célèbre division de montagne de l'armée impériale allemande, l'Alpenkorps, créée en 1915. Véritable "pompier" du front, engagée jusqu'aux derniers jours de la guerre sur tous les fronts européens, cette division méritait bien une telle étude. Dans le même numéro, on relève un intéressant article sur "Le livre d'or des instituteurs de l'Ain" dans la guerre et un article sur "Espionnite et trahison" au cours des mois d'août-septembre 1914, avant la stabilisation des lignes.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 08:10

Otages d'Hitler

  1942-1945

Benoît Luc

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Quoi de commun entre le général Weygand, le sportif Jean Borotra ou le chef historique de la CGT Léon Jouhaux ? Ils ont été arrêtés au cours des dernières années de guerre par les autorités allemandes et transférés au cœur de l’Europe pour y être détenus dans des conditions certes parfois peu agréables, mais qui ne peuvent en aucun cas être comparées au sort des déportés « ordinaires ». Cette véritable "prise d'otages" institutionnelle se déroule essentiellement en trois vagues à partir de l'automne 1942, pour des effectifs de plus en plus importants.

Les plus hautes élites politiques et militaires d’avant-guerre avait, le plus souvent, d'abord été assignées à résidence dans leurs propriétés, dans d’anciennes forteresses ou dans différents hôtels par le régime de Vichy, dans le cadre du procès de Rioim et avant l’invasion de la zone « libre » en novembre 1942. Dès la fin de ce même mois, les premiers de ces prisonniers, essentiellement les inculpés du procès, sont transférés en Allemagne : si « la nourriture reste insuffisante », ils ont droit à des « chambres-cellules » individuelles, à des livres et à la radio.

Progressivement, au printemps 1943 en particulier, des dizaines de personnalités sont interpellées par les Allemands et conduites en Allemagne du Sud ou en ex-Tchécoslovaquie occupée. L’ouvrage détaille les conditions de vie au château d’Itter, où ces notables (dont le président Lebrun, la famille Giraud, le fils Clemenceau, l’ambassadeur François-Poncet, etc.) sont retenus en couple et où leur service est assuré par des déportés retirés de Dachau. Un véritable protocole s'instaure et l'auteur précise que « chacun a alors sa place réservée, la cravate est obligatoire et l’initiative de la conversation revient à Lebrun ». Les anecdotes, souvent originales, parfois savoureuses, semblent étranges dans le contexte du temps et émaillent un texte qui se lit facilement. Progressivement, plusieurs centaines d’officiers et de généraux, souvent âgés, sont également incarcérés en Allemagne à titre préventif ou comme de quasi-otages, dans des conditions beaucoup moins favorables (ils connaissent en particulier la faim) : « Au cours d’une visite éclair, Himmler lui-même nous adresse une courte allocution en allemand pour nous informer que nous étions des otages à la disposition exclusive de la Gestapo de Berlin et que les dispositions de la Cour de La Haye ne nous étaient pas applicables ».

Une dernière vague importante d’arrestations intervient en juin 1944, après le débarquement allié de Normandie, dans toutes les professions (dans le secteur privé comme dans la fonction publique), et les personnes concernées sont déportées au camp de Neuengamme, dans la région de Hambourg. Tous ne sont pas soumis à un régime extrêmement dur, mais les conditions sont encore moins favorables que pour les officiers de Bad Godesberg.

La dernière partie revient sur les conditions particulières de leur retour, de leur accueil et de leur difficile (et délicate) « reconnaissance » en France après 1945. Au total, un livre original sur un sujet qui, à notre connaissance, n’avait jamais été traité de façon aussi complète. La politique des prises d’otages institutionnalisée était peu connue, il existe désormais un (premier) livre de référence.

 

Benoit Luc nous apporte quelques précisions complémentaires :

 

Question : Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à ces étonnants prisonniers ?

Réponse : Ce livre est le fruit d'une année de travail lors du master Recherche que j'ai effectué à l'université de Caen Basse-Normandie. J'avais étudié l'histoire des déportés de France vers l'île d'Aurigny au cours de ma première année (paru aux éditions Eurocibles en 2010). Intéressé par la Seconde guerre mondiale, je me suis spécialisé sur la déportation, spécifiquement les groupes qui ont connu des conditions de détention particulières. Ces "déportés d'honneur" figurent parmi ces exceptions, restées à l'écart de la mémoire de la répression nazie.

Question : On croise au fur et à mesure de votre livre des personnages très différents. Avez-vous pu établir une statistique globale : combien d'hommes politiques, combien de chefs militaires, combien d'intellectuels, etc. ? On croise également des épouses : finalement, furent-ils nombreux à vivre cette captivité en couple ?

Réponse : Il est à première vue difficile de catégoriser strictement ces prisonniers selon ces données. Par exemple, le général Weygand est certes un chef militaire, mais il est aussi un politique puisqu'il a été ministre du gouvernement de Vichy. Il peut même être considéré comme un intellectuel puisqu'il est entré à l'Académie française durant l'entre-deux-guerres. D'autre part, un homme comme Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, ne peut entrer dans aucune de ces catégories, bien que nous ne puissions nier son importance à l'échelle de la France. En revanche, nous pouvons séparer les 735 "déportés d'honneur" en trois groupes : le premier compte environ 25 personnes que l'on pourrait qualifier "d'hommes d'Etat". Parmi eux, Daladier, Blum, Reynaud, Weygand, etc. Leurs conditions de détention sont les plus clémentes. Ensuite, un groupe d'environ 340 personnes est détenu dans des hôtels ou châteaux avec des conditions plus strictes. Ce sont surtout des militaires, parmi lesquels une majorité de "hauts gradés", visés par des mesures préventives. Enfin, un troisième groupe d'environ 370 personnes est arrêté juste après le débarquement du 6 juin 1944. A l'inverse des autres, ces hommes sont envoyés dans  un camp de concentration, celui de Neuengamme, et sont réunis à l'écart des autres prisonniers dans deux baraques annexes tout en restant dans l'enceinte du camp. Il y a néanmoins parmi ce groupe aux conditions de détention très sévères deux hommes d'Etat : Albert Sarraut, ancien président du Conseil, et Henri Maupoil, qui fut ministre pendant les années 1930.

La captivité en couple reste un privilège des très hautes personnalités. Ainsi, Léon Blum a pu faire venir sa femme dans sa maison forestière de Buchenwald. A Itter, où sont concentrés la majorité de ces détenus, Christiane Mabire et Augusta Bruchlen ont partagé les détentions de Paul Reynaud et de Léon Jouhaux. Madame Weygand complète l'effectif des épouses de ces détenus particuliers.

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Question : Dans l'esprit des dirigeants du IIIe Reich, s'agissait-il "d'otages", de monnaies d'échange ?

Réponse : Dans un premier temps, il apparaît que la mise à l'écart des hautes personnalités d'Etat soit pour le Reich un moyen de s'assurer que ces derniers ne rejoignent pas la France Libre du général De Gaulle. Ensuite, les autorités allemandes s'en servent pour tenter de faire pression sur les Alliés, notamment en Afrique du Nord. Ainsi, lorsque le Gouvernement provisoire de la République française (GRPF) débute la répression contre les représentants de Vichy en Algérie au début de 1944, Hitler menace d'effectuer des représailles contre les membres des familles des responsables du GRPF qu'il détient. Pierre De Gaulle est alors détenu au château d'Eisenberg avec d'autres "déportés d'honneur". Le Gouvernement provisoire ne cède jamais et les autorités allemandes veulent, quelques semaines plus tard, donner l'occasion à Vichy de se venger de la condamnation à mort de Pierre Pucheu. Georges Mandel est alors ramené en France début juillet 1944. Alors qu'il doit être emprisonné au château des Brosses à Vichy, il est assassiné en forêt de Fontainebleau le 7 juillet. La proximité chronologique avec l'assassinat de Philippe Henriot, survenu le 28 juin, a fait penser quele meurtre de Mandel lui était directement lié. Hitler, agacé par la tournure des événements, aurait alors renoncé à renvoyer en France d'autres "déportés d'honneur", vu le manque d'impact du retour de Mandel. Peut-être a-t-il voulu, un temps, conserver ces détenus pour servir éventuellement de monnaies d'échange, mais les autorités allemandes n'ont jamais été en position de force pour exercer ce chantage.

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Question : Après la Libération, ont-ils cherché à se présenter comme des victimes et comment ont-ils été administrativement reconnus par les autorités françaises ?

Réponse : Parmi les très hautes personnalités, on note une certaine retenue. Maurice Gamelin possède le titre d'interné politique, alors que Jean Borotra a celui de déporté résistant. En revanche, il n'y a pas de traces de revendications particulières des hommes politiques comme Reynaud ou Daladier. Ensuite, on constate une disparité des formes de reconnaissance selon les lieux de détention. Même si tous ont demandé le titre de reconnaissance de déporté ou d'interné, il apparaît que ceux qui ont été retenus dans les hôtels sont majoritairement reconnus comme "internés", alors que ceux qui ont été envoyés dans des châteaux possèdent généralement quant à eux le titre de "déporté". C'est notamment le cas des détenus du château d'Eisenberg, dans lequel les hommes partageaient des cellules par quatre. En ce qui concerne les 370 déportés de Neuengamme, leur reconnaissance a suscité de nombreuses discussions. Déportés, ils avaient gardé leurs vêtements civils et n'étaient astreints à aucun travail. Ayant toutefois les mêmes apports alimentaires que le reste du camp, et internés dans deux baraques, certes annexes mais comprises dans l'enceinte du camp, ils ont majoritairement obtenu le titre de "déporté". Ce petit groupe a pourtant été laissé à l'écart de l'Amicale de Neuengamme et suscite aujourd'hui encore des échanges animés entre les descendants de ces déportés "spéciaux" et ceux des déportés "ordinaires".

 

Merci Benoit Luc, et bonne chance chance pour vos prochains travaux.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 08:00

La guerre

  Une vision française

Général Guy Hubin

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Après Perspectives tactiques, le général Guy Hubin signe un deuxième essai, remarquable par sa hauteur de vue et sa lucidité. L'auteur souligne en introduction le danger qui consiste à "nous désarmer psychologiquement, et un jour ou l'autre matériellement", danger qui peut-être nous guette aujourd'hui. "A l'évidence, écrit-il, le goût de la violence nous a quitté mais non moins évidemment, il subsiste chez d'autres"... Réaliste, le général Hubin estime, s'agissant des puissances émergentes, "[qu'] il serait bien hasardeux de penser que leur expansion se limitera aux domaines économique et culturel ... Par la force des choses, des questions de partage de ressources, d'espaces, de pouvoir et d'influence risquent d'entraîner un recours aux moyens de la violence, ruinant la liberté d'action de ceux qui y avaient naïvement renoncé".

Cet ouvrage de 300 pages examine l'évolution du modèle "occidental" de la guerre depuis ses origines. Ce modèle, configuré pour la bataille décisive, rangée, symétrique, où la force est concentrée, remonte à la Grèce antique. Sa genèse est intrinsèquement liée à la pensée rationnelle et déterministe des Grecs anciens. Il est aussi cosubstantiel à un certain contexte socio-politique : "La juxtaposition des exigences économiques, des moeurs politiques et des buts de guerre conduit naturellement à la recherche de la bataille décisive, fille naturelle de l'économie agricole et de la démocratie". Ce style de combat, qui recherche la victoire rapide et décisive, fonctionne à condition que le lien tactique  soit efficient (cette synergie de la discipline, de l'autorité du chef, de l'efficacité des moyens, de l'adhésion à la cause et de la confiance en ses camarades). Sans cette cohésion "sacrée", notre modèle de combat est promis à l'échec.

De facto, mis en difficulté face à un adversaire qui refuse le combat rangé, le modèle hoplitique ne résiste pas au déferlement des cavaliers asiatiques au Ve siècle. Pourtant, il se perpétue -via les Byzantins, eux-mêmes fortement imprégnés de traditions helléniques. Au fond, il semble que ce soit un certain nombre d'innovations techniques, tel l'emploi en Europe de la poudre à canon à partir de la seconde moitié du XIIe siècle, qui permet à notre modèle guerrier de retrouver sa puissance. Les fortifications médiévales n'y résisteront guère : "Des forteresses anglaises du continent aux remparts de Constantinople, toutes tomberont devant la nouvelle puissance du canon". En réaction, les Italiens épaississent leurs murs ; Vauban conçoit au XVIIe siècle des fortifications ingénieuses qui focalisent l'art de la guerre sur la poliorcétique. Les pages que l'auteur écrit sur la France de Louis XIV sont à notre sens des morceaux d'anthologie. L'auteur traverse l'histoire comme chaussé des bottes de Sept lieux, avec vélocité mais non sans adresse. Il enchaîne de manière fluide les dissections savantes des différents conflits (Guerre de Cent ans, Guerre de Sécession, Première et Deuxième guerre mondiale, Algérie, ...) analysant tout-à-tour l'apport des grands théoriciens / praticiens et les évolutions successives de notre modèle guerrier. Le général Hubin, qui nous avait dans son précédent ouvrage convaincu de la pertinence de son analyse tactique, nous fait ici la démonstration de son discernement stratégique.

On peut néanmoins formuler trois critiques. Tout d'abord, on regrettera l'absence de notes en bas de page, qui affaiblit son appareil scientifique. Ensuite, les cartes, par ailleurs fort nombreuses, placées en annexe, auraient dû être intégrées au corps du texte. Leur éloignement altère leur efficacité. Enfin, La guerre, une vision française offre une somme d'informations considérable (gros travail qu'il faut saluer), mais la synthèse aurait sans doute être pu poussée un peu plus loin.

Quoi qu'il en soit, l'oeuvre du général Hubin ne saurait être un bien de consommation jetable. Elle a vocation à durer. Pour aujourd'hui comme pour demain, cette réflexion générale sur la guerre est riche d'enseignements. L'auteur appelle à "définir un nouveau paradigme d'emploi des forces pour nous aider à résoudre les problèmes stratégiques de notre temps". Notre liberté d'action, ainsi que notre dignité, sont des biens précieux. C'est pour elles, en dernière analyse, qu'il faut être prêt à (re)prendre éventuellement les armes.

B.B.P.

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 08:30

Au fur et à mesure du développement du site, le nombre de liens ouverts dans la rubrique "Sur la toile", en bas de la colonne de droite à l'écran, n'a pas cessé de croître. Pour faciliter l'aacès à un nombre plus important de sources, nous en avons encore augmenté le nombre, en les classant (par ordre alphabétique) en quatre catégories : "Stratégie / Tactique / Défense & Sécurité" (plus liés à l'actualité), "Académique" (centres de recherche), "Histoire et livres d'histoire" (au sens large), "Musées et mémoire". La répartition effectuée peut être discutée, puisque certains sites abordent les différents aspects, mais il s'agit alors de "dominantes" et nous nous positionnons au carrefour de ces problématiques, L'actualité et la prospective sont en lien étroit avec l'histoire, l'histoire explique (sinon conditionne) nombre de comportements et de décisions d'aujourd'hui et de demain : tout ce qui peut contribuer à valoriser l'ensemble est le bienvenu.

Quelques chiffres pour finir : depuis la mi-janvier, nous avons par exemple (tous thèmes confondus) annoncé 57 colloques, journées d'études et séminaires ; présenté 35 journaux et revues ; chroniqué plus de 100 livres très récents ; mis en ligne 13 documents ou articles de référence et souligné 73 événements ou informations d'actualité. Sur "Guerres et Conflits XIXe - XXIe s.", nous ne reproduisons pas simplement les communiqués des éditeurs : nous rendons compte des livres qui nous avons effectivement lu. Nous ne cédons pas aux images "choc", nous parlons des périodiques, des colloques, des expositions qui nous semblent apporter une réelle plus-value. Au total, près de 300 articles abordant de multiples aspects de l'histoire de ces derniers siècles mis en ligne en un peu plus d'une centaine de jours.

Merci de votre confiance, dont nous nous efforçons de rester digne. N'hésitez pas à relayer nos chroniques, à faire connaître nos recensions, à diffuser l'adresse du site, à "twitter", pour que "Guerres et Conflits XIXe - XXIe s." conforte sa place de site de référence sur le thème de l'actualité de la recherche, de la presse et de l'édition en histoire.

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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