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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 07:00

Les guerres secrètes du Mossad

Yvonnick Denoël

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Ecrire sur l'un des plus mystérieux des grands services sercrets est une véritable gageure et c'est pourtant le défi que Yvonnick Denoël, spécialiste des conflits non officiels, de la « guerre couverte » pour reprendre une expression employée au XVIIe siècle, a choisi de relever. Le cinquième ouvrage qu’il consacre à ce sujet passionnant, Les guerres secrètes du MOSSAD, analyse les événements survenus au Moyen-Orient depuis les années 70. Les divers Etats de la région n’ayant pas trouvé de solution de coexistence durable, les services secrets sont au cœur d’un « grand jeu » régional, où les affrontements cachés sont permanents. Toutefois, l’auteur ne se contente pas de retracer les actions du Mossad. Une courte introduction décrit clairement les structures de ce dernier, ainsi que ses différences avec ses homologues de même nationalité, le Shin Bet et l’Aman (spécialisé dans le renseignement militaire). Les chapitres, qui suivent un ordre chronologique, traitent ensuite chacun d’un problème majeur, souvent sur une décennie. Ils permettent de retracer avec clarté l’histoire des luttes clandestines d’Israël, de la fin des années 60 à nos jours.

Le grand mérite de cet ouvrage réside dans sa capacité à dépasser l’événementiel pour décrire, à travers une suite de récits, l’évolution géopolitique de la région, en y intégrant les mutations dues aux avancées technologiques, qui ouvrent actuellement sur la cyberguerre. Tout commence avec le détournement des avions d’El Al en 1968 et le massacre des athlètes israéliens à Munich en 1972. Au fil des pages, on évolue à travers les circuits de fourniture d’armes et de matériel. On aborde les luttes avec le Hezbollah et le Hamas, on comprend les difficultés et les limites du sabotage des « flottilles de Gaza ». Missions, assassinats, stratégies financières, écoutes et autres « coups tordus » sont évoqués à travers les actions des agents en Europe, en Amérique du Sud ou en Afrique.

L’auteur nous fait également pénétrer dans les coulisses du Mossad à travers quelques figures d’ « honorables correspondants », les sayanim, très souvent authentiques hommes d’affaires, parfois extrêmement médiatiques, comme le producteur de Pretty woman. Surtout, en arrière-plan, demeure constamment présente la question de l’arme nucléaire. Tour à tour, l’auteur décrit la coopération avec la France, la maîtrise de la technologie de l’atome, qui donne un avantage fondamental à Tel-Aviv, et les efforts pour empêcher les adversaires d’Israël d’acquérir ce niveau, ou tout au moins pour les retarder dans leur quête.

Au final, l’ouvrage se révèle aussi intéressant que bien documenté. Une parfaite maîtrise de l’écriture et le parti pris de présenter une succession de chapitres à la fois thématiques et chronologiques permettent à M. Denoël de réussir la gageure d’offrir un ouvrage spécialisé qui se lit comme un roman.

Jean-François Brun


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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 07:15

1812

Revue Historique des Armées  -  2 / 2012

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Voilà un numéro dont neuf articles ou chroniques s'articulent autour de la campagne de Russie de 1812, avec cette particularité, comme le souligne Frédéric Guelton dans son éditorial, que presque tous traitent des événements qui se déroulent après l'incendie de Moscou : "l'épopée, ce fut la retraite !".

Parmi les études qui nous ont particulièrement intéressé, on relève par exemple "Du Niémen à l'Elbe : la manoeuvre retardatrice de la Grande Armée", par Jean-François Brun ; "Rien de bien certain ? Le service de renseignement français avant la campagne de Russie", par Andrzej Nieuwazny ; les extraits des "Mémoires inédits du général Jospeh Puniet de Montfort", par Michel Roucaud ; et "La reconstruction de Moscou après l'incendie de 1812", par Mathilde Meyer-Pajou, à partir des aquarelles et dessins conservés au SHD.

Comme quoi, même sur un thème battu et rebattu cette année, les très riches collections conservées à Vincennes et les compétences des auteurs qui contribuent à la RHA permettent de réaliser un numéro original et particulièrement riche.

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 07:05

14-18, le sport sort des tranchées

Un héritage inattendu de la Grande Guerre

Michel Merckel

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Dans sa préface au livre de Michel Merckel, Roger Bambuck, lui-même ancien médaillé olympique, parle d'un "trravail d'alchimiste" et d'un "ouvrage foisonnant". C'est peu de le dire.

Dans une première partie, l'auteur traite chronologiquement de l'évolution des pratiques sportives au fur et à mesure que la guerre se prolonge, avec cette particularité d'évoquer parallèlement l'évolution de la situation militaire, les réactions des poilus, la place et le rôle du sport parmi les soldats. On relève par exemple le chapitre consacré au "Poilu's Park", lieu de repos pour les soldats installé en mai 1915 à Commercy avec l'appui du commandant du 8e CA ; le rôle des Britanniques dans la diffusion de la pratique des sports collectifs ; la place des Américains à partir de 1918. Au-delà de l'armistice, il revient sur les Jeux interalliés (ou "Olympiade militaire interalliée") de 1919, la création des premières grandes fédérations nationales et la reprise des compétitions sportives nationales à partir de 1920, où les "anciens combattants" tiennent une place éminente et dont le football est le premier bénéficiaire. La deuxième partie s'intéresse davantage à des thèmatiques particulières : "Les femmes et le sport durant la Grande Guerre" (le premier match de football féminin est daté du 30 septembre 1917), "Le sport au service de la Grande Guerre" (et la plus-value apportée par les activités physiques à la formation militaire, qu'il s'agisse des Corps francs, des Chasseurs cyclistes ou des lanceurs de grenade), "Le sport, le handicap et la Grande Guerre" (l'activité physique étant conçue comme une méthode valorisante de rééducation et de réinsertion), et enfin "Le rôle de l'Ecole de Joinville pendant la Grande Guerre" (héritière de l'Ecole normale militaire de gymnastique de 1852, fermée en août 1914 mais réouverte dès mai 1916 pour répondre aux besoins). La dernière partie enfin se présente comme un "Hommage aux sportifs tués aux combats de 14-18", présentation faite par discipline (de Athlétisme à Rugby) et suivie de la "Liste des 424 champions français répertoriés morts au champ d'honneur". Une liste à laquelle, généralement, on ne pense pas.

L'ensemble du texte est accompagné de très nombreuses citations et références aux "carnets" et "journaux" des soldats, mais aussi à la presse de l'époque, qu'elle soit de l'arrière (généraliste ou spécialisée) ou du front (journaux de poilus). A la fois récit historique, étude sociale et galerie de portraits, ce livre bien construit et riche d'informations originales mérite d'être lu, recommandé et diffusé.

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 07:00

De Sedan à Sedan

Une histoire de l'armée française

André Bourachot

Le premier volume avait été publié l'an dernier, le second vient de paraître. Avec cet ensemble de plus de 650 pages, le général (2S) André Bourachot nous livre une vaste fresque qui s'étend sur plus de soixante-dix années d'histoire militaire, et, pour le dire plus nettement et plus simplement, d'Histoire de France. Le pari était osé : cette période recouvre l'histoire de la IIIe République, à la fois période fondatrice et de profondes ruptures, dont les échos (et souvent les polémiques) dans tous les domaines (y compris militaire) résonnent encore aujourd'hui. Il faut donc, avant tout, féliciter l'auteur d'avoir su prendre ce risque.

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Ce tome 1 commence par un rapide rappel de la situation depuis la Révolution française et s'ouvre en fait sur un chapitre 2 titré "L'armée et l'environnement politique", indispensable car, dans ce pays où la politique "c'est la bataille d'Hernani au quotidien, pour les petites choses comme pour les grandes", force est de reconnaître que "l'accouchement républicain sera pénible et prendra du temps". André Bourachot s'intéresse ensuite à ce qui permet matériellement de constituer une armée ("L'argent, les hommes, les armes"), aux fondements intellectuels de cette armée ("La doctrine, les forces morales, le cran"), puis à l'importantante question de la "Fortification permanente et fortification du moment", enfin à l'emploi : "La conduite de la guerre, les plans de guerre, les structures". Un ultime chapitre ("Les guerres") évoque rapidement les campagnes coloniales qui se succèdent entre 1871 et 1914 et s'attarde naturellement sur la Grande Guerre elle-même. Au terme de ce parcours, en novembre 1918, la conclusion est sans fard : "L'armée française est victorieuse ou, tout au moins elle se croit victorieuse... Elle avait gagné la bataille et pouvait penser avoir gagné la guerre. Mais, en 1918, personne de fera l'analyse froide et lucide qu'elle n'était qu'une partie prenante à la victoire". L'ensemble de l'ouvrage est ponctué de tableaux, graphiques et citations qui viennent à l'appui du discours de l'auteur et l'on relève de nombreuses références, tirées de la littérature contemporaine aux événements relatés ou des archives de Vincennes.

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Le tome 2 couvre la période de l'entre-deux-guerres. Il s'ouvre sur une interrogation, ou un doute : "Une partie de la France met son refus de courir aux armes au-dessus de tout, même pour défendre sa propre existence en tant que nation. La seule vraie question est bien celle-là. Pourquoi cette attitude ? ... Je n'ai pas trouvé dans l'historiographie de réponse satisfaisante ... Le pire serait qu'il n'y en ait pas, ce qui dévoilerait les sombres lacunes du sentiment national français, à éclipses et peut-être contingent". L'ouvrage commence donc par "Les problèmes de la paix" qui surgissent dès l'hiver 1918, puis se développe globalement en trois parties chronologiques : les chapitres 2 et 3 sont relatifs aux années 1918-1925, les chapitres 4 et 5 aux années 1924-1936, les quatre derniers aux évolutions, réflexions et décisions des quatre années qui précèdent la Seconde guerre mondiale. Une quinzaine de pages, de facture classique, sont consacrées à la situation outre-mer et aux campagnes du Maroc (Rif) et de Syrie en 1924-1925. De longues pages traitent des débats des années 1920 sur la défense des frontières, la "ligne Maginot", son coût et ses troupes. Dans le chapitre consacré aux unités blindées et divisions mécaniques, on passe rapidement (deux ou trois autres noms cités simplement, Velpry, Doumenc, Keller) du général Estienne en 1921 à De Gaulle en 1933, même si l'auteur reconnaît que si "De Gaulle n'est pas un précurseur, il sera un brillant suiveur". De même, le bref récit de la "Drôle de guerre" et de la campagne de France de 1940 laisse parfois sur sa faim : Blanchard, au GA 1, est pudiquement qualifié de "peu sûr de lui"; délicat euphémisme. Ajoutons aussitôt que, par nature, un projet de cette ampleur sur une pagination limitée devait nécessairement conduire à certains raccourcis.

 

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Qu'il s'agisse du tome 1 ou du tome 2, les lecteurs (et nous en sommes) ne partagerons sans toute pas, sur tel ou tel point, toutes les conclusions, parfois tranchées, de l'auteur. La confrontation raisonnée et argumentée des points de vue sera ici moteur de progrès. Mais il faut d'abord reconnaître que, d'une part, rédiger une telle fresque en deux volumes de 300 à 350 pages est un exercice ambitieux et périlleux (tous les domaines de la doctrine, la vie interne des armées, de l'équipement et de l'emploi des unités, mais aussi du politico-militaire, des questions sociales et budgétaires, etc. sont abordés), et, d'autre part, qu'il y a dans cette masse de travail un nombre considérable de références à prendre en compte, tout comme l'indication de pistes de recherche et de réflexion tout-à-fait pertinentes. Il est à souhaiter que ce livre soit lu (beaucoup), analysé (très largement) et commenté (finement), car, au-delà des critiques que l'on peut faire et des commentaires que l'on peut émettre, il constitue indiscutablement une excellente base pour aborder cette période charnière et une référence parmi les publications récentes.

 

André Bourachot à bien voulu répondre à quelques questions complémentaires sur son imposante étude.

Question : Dans le volume 1, 1870-1918, vous consacrez un chapitre à "La doctrine, les forces morales, le cran". Vous soulignez l'importance de ces facteurs dans la doctrine dite de "l'offensive" et leur influence bien au-delà de la seule sphère militaire. Pourriez-vous développer plus précisément ce point en quelques mots ?

Réponse : L’époque n’est pas à couper les cheveux en quatre ; elle exige que chacun affirme ce qu’il est et même qu’il l'affiche. C’est ce qui explique que le duel reste encore fréquent, 47, dit-on, pour Clemenceau qui s’entraîne tous les matins, ou presque, chez Gastine Rennette, l’armurier bien connu. Il se passe rarement une semaine sans que la presse rapporte un duel. Il est cependant moins mortifère, car il est plus démonstration de ce qu’on veut paraître que désir de tuer l’adversaire et de nombreuses balles manquent leur cible, pas toujours pas la maladresse du tireur ! Évidemment cette attitude, transposée dans le domaine militaire, ne peut pas s’accommoder de la « défensive », de là ces hymnes à « l’offensive » que je préfère appeler des hymnes à « la bataille » ! L’armée française a perdu son premier duel avec l’Empire allemand mais ce n’est qu’une pause et elle fait tout pour gagner le second, en s’engageant totalement. Les officiers ne rêvent que de bataille et il est impensable de mettre la moindre restriction dans cette volonté d’action sous peine d’être taxé « d’avarice morale » ; discours, gestes, attitudes doivent refléter ce qu’on veut paraître devant ses pairs ; la pression de l’environnement est alors extrême. Peut-être plus qu’à aucune autre époque, le corps des officiers n’a montré une telle homogénéité de pensée et de comportement, qui explique également en partie les réactions militaires à l’affaire Dreyfus. Mais comment ne pas remarquer, aussi, que cette sorte d’exaltation, jugée aujourd’hui excessive, permettra de tenir dans les épreuves à venir qui nous paraissent, maintenant, au sens propre, insupportables !

Question : Vous traitez rapidement de "l'armée coloniale" à partir de la page 236 et vous évoquez ensuite Mangin et la "Force noire". Dans le contexte politique, militaire et budgétaire du temps, que pensez-vous de la nature et de la réalité des difficultés auxquelles se heurteront non seulement Mangin pour l'Afrique noire, mais aussi les promoteurs de la "Force jaune" (Pennequin) ou de "l'armée arabe", qui ne verra jamais le jour en Afrique du Nord ?

Réponse : Les difficultés des promoteurs de la Force noire, jaune ou de l’armée arabe à faire admettre leurs arguments sont un peu les mêmes. Mangin, grand colonial africain, fait le constat que la France est un pays qui se dépeuple ; le premier chapitre de son ouvrage s’appelle « Le dépeuplement de la France » et un bon tiers se résume à une étude démographique et économique sérieusement documentée. Rappelons également que le livre sort en 1910 alors que la durée du service militaire est de deux ans, bien qu’on commence à s’interroger sur sa prolongation à trois. En fait, Mangin constate que les effectifs fournis par la conscription ont commencé (et continueront) à diminuer alors même que nombre de recrues sont incorporées malgré un état sanitaire déficient ; or, en face, l’armée allemande a pléthore d’effectifs qu’elle peut même se permettre de ne pas utiliser totalement. D’où l’idée d’utiliser les ressources démographiques de l’Empire, et, pour Mangin, les populations de race noire de l’Afrique centrale, notamment les Sénégalais, qu’il a appris à connaître et à apprécier au cours de ses campagnes. Mais il s’agit, dans son esprit, de recruter uniquement des volontaires sous forme d’engagement (ce qui existe déjà) en multipliant les centres de recrutement pour toucher un plus grand nombre de volontaires et de renforcer l’attractivité du salaire, surtout par la perspective d’une retraite (récemment créée pour les troupes noires). L’idée est aussi de remplacer par ces troupes noires, en Afrique du Nord, les recrues d’origine nord-africaine et française, qui, elles, seraient engagées en Europe au titre de la couverture. Ce projet ne vise donc pas à transporter directement à la frontière française des troupes africaines de race noire ; ce ne serait le cas que lors d’une guerre européenne. Plusieurs oppositions se manifestent, celle des colons peu enclins à accepter de voir une population autochtone, peu sûre, recevoir une instruction militaire susceptible de favoriser un jour les rébellions par les armes (c’est le même argument qui fut employé pour refuser les tentatives du général Pennequin de créer une Force jaune en Indochine en 1912, puis en 1915). La peur du mélange des races, que Mangin met beaucoup d’ardeur à minimiser, inquiète ainsi que le stationnement de troupes accompagnées par les femmes et les enfants ; « Madame Tirailleur » et les « négrillons » effraient ! Enfin il y un coût, surtout pour les retraites, difficilement évaluable. L’emploi de la Force noire, telle qu’elle existera quelques années plus tard, trouvera rapidement ses limites et les Africains, soumis aux rudesses du climat européen, seront rapidement décimées par la maladie, notamment lors de l’offensive Nivelle en 1917 au Chemin des Dames. Finalement c’est une tentative de créer à moindre frais un embryon d’armée de métier, tentative qui refleurira avant la seconde guerre mondiale.

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Question : Dans le tome 2, toujours au sujet de Mangin et au regard des archives dites "de Moscou" relatives à l'armée du Rhin, comment voyez-vous le rôle (et l'implication jusqu'à quel niveau) du commandement des troupes françaises en occupation en Allemagne dans la question de la "république rhénane" des années 1920 ?

Réponse : Il est évident que les militaires français, Mangin, Fayolle, Gérard, puis Degoutte premier Commandant de l’Armée française du Rhin, faute de pouvoir porter sur les fronts baptismaux un état rhénan, dont les alliés anglo-saxons ne voulaient à aucun prix, ont tout fait pour favoriser l’émergence et la vie de mouvements, au moins autonomistes et, sans que Foch, commandant des forces alliées d’occupation, fidèle à sa position constante de rester au Rhin, n’y trouve grand-chose à redire. Il avait d’ailleurs créé avec Tirard (Président de la Haute Commission Interalliée des Territoires Rhénans) et la complicité, discrète mais bien réelle du gouvernement français, y compris celle de Clemenceau, l’ossature administrative et financière qui aurait pu servir à l’autonomie des provinces rhénanes. Mais les militaires n’avaient pas les moyens, à eux seuls, de leur politique et, qui plus est, ils appuyaient des poulains différents qui ne s’entendaient pas entre eux (Dorten et Haas). Il aurait fallu envoyer des signaux aux populations rhénanes, par exemple les dispenser du paiement des réparations, ce que seul un gouvernement pouvait faire. Les liens économiques avec le reste de l’Allemagne restaient très forts, ainsi les caisses de retraite étaient à l’Est du Rhin et tout éclatement de l’unité allemande semblait à beaucoup de Rhénans un saut dans l’inconnu. Il y avait bien dans les troupes d’occupation françaises en Allemagne une volonté délibérée de tout faire pour « libérer » la Rhénanie des griffes de la Prusse et la ramener dans son état d’avant 1814 (où on découvre la pesanteur des schémas du 19e siècle !). Le projet rédigé par l’Etat- major en 1916, sous la houlette de Joffre, prévoyait explicitement le démembrement de l’Empire allemand et le retour dans le jeu international « des Allemagne », notamment la Bavière avec laquelle nous avions toujours conservé des relations diplomatiques ! En fait l’autonomie (relative !) de la Rhénanie attendra vingt-cinq ans et les Alliés, en 1945, retrouveront le docteur Konrad Adenauer qui, dès 1918-1919, avait lancé à Cologne son projet de création d’un Land rhéno-westphalien à l’intérieur du Reich ; il deviendra le premier Chancelier de la nouvelle Allemagne de l’après-deuxième guerre mondiale. 

Question : Concernant la création d'un ministère et d'une armée de l'Air au début des années 1930, et le livre fondateur de Douhet n'ayant pas été intégralement traduit en français mais étant uniquement connu par des articles de presse, peut-on effectivement considérer que la priorité accordée au bombardement stratégique par les nouvelle autorités aériennes n'est qu'une posture politique pour "couper le cordon" avec l'armée de terre ?

Réponse : Oui certainement ; si on veut démontrer sa différence, il faut s’en donner les moyens et le livre de Douhet vient à point pour fournir des arguments à des aviateurs impatients de prouver (au moins d’argumenter) ce qu’ils pouvaient faire par eux-mêmes et, donc, de couper le cordon avec l’armée de terre. Ce n’est pas qu’une posture puisque la deuxième guerre mondiale montrera ce dont était capable le bombardement stratégique, « l’aviation réservée » dans le jargon de 1930, même si les résultats obtenus n‘ont pas été, et de loin, à la hauteur des espérances. A noter cependant que l’armée de l’air française n’a pas développé cette aviation réservée dont elle expliquait à qui voulait l’entendre que ce besoin justifiait sa création. Il y a donc, aussi, un peu de gesticulation mais d’autres raisons expliquent l’abandon : priorité à la chasse, état calamiteux de l’industrie aéronautique, financements insuffisants et aussi parce qu’elle s’était empressée de passer la mission à la Royal Air Force qui a toujours « cru », elle, en ses mérites. Douhet n’a pas « frappé » partout et notamment pas en Allemagne. Paradoxalement les Allemands ont fait l’impasse sur l’aviation réservée en reportant tous leurs moyens sur l’aviation de coopération (sous entendu avec l’armée de terre) dont le Stuka JU 87 a été le plus éminent et le plus éphémère représentant. Dès 1941, après la Bataille d’Angleterre, le Stuka sera retiré des fronts de l’Ouest ; sa vulnérabilité en fait une cible trop facile pour la chasse alliée. Il sera remplacé par le Jabo, chasseur-bombardier, beaucoup plus apte à appuyer les troupes au sol et, en même temps, à se défendre quand il aura largué ses bombes ou, plus tard, ses roquettes.

Merci pour ces développements. Les amateurs d'histoire militaire trouveront dans vos ouvrages beaucoup d'informations et de nombreux éclaircissements. A très bientôt sans doute.

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 07:16

Guerre et paix en Yvelines

Samedi 13 octobre 2012

Saint-Arnoult-en-Yvelines

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Cette journée de colloque, co-organisée par la Société d'histoire des Yvelines et par la Société historique et archéologique de Saint-Arnoult, permettra de suivre, à travers un programme alléchant de 14 communications inédites, l'histoire militaire du département entre le XIe et le XXe siècle. Une vaste fresque historique à travers les régimes, les victoires et les défaites, les régiments et les écoles, etc.

La participation aux frais pour la journée est de 15 euros.

Pour les détails pratiques et le programme complet, cliquer ici.

Renseignements auprès de : jacques.marec@wanadoo.fr

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 07:05

Mont - Agel

La sentinelle du ciel

Marc Miglior

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Superbe album, photos exceptionnelles, récit fluide et clair : le colonel Marc Miglior vient de signer un magnifique hommage à la base aérienne 943 du Mont-Agel, dont la fermeture doit intervenir dans les prochains jours.

Le livre s’ouvre sur des photos remarquables (aériennes, cela va de soi) et se distingue d’abord par la qualité de son iconographie. Il est organisé en quatre grands chapitres : « Le site du Mont-Agel », dans un cadre exceptionnel au-dessus de La Turbie et de Monaco (chapitre qui comprend un rappel historique de l'évolution du comté de Nice) ; « Le Mont-Agel en guerre », qui insiste plus particulièrement sur la Deuxième guerre mondiale, de la bataille de juin 1940 à la Libération ; « Genèse du centre de contrôle », avec l’installation des premiers radars, du site hertzien et les modernisations successives des années 1970 aux années 2000 ; « Missions et métiers de la BA 943 », dans les domaines de la surveillance aérienne, de la détection et de l’interception.

Un album d’autant plus intéressant qu’il nous ouvre les portes d’une unité particulière, une base aérienne sans avion mais indispensable au trafic et plus largement à la sécurité aérienne. Ce ne sont pas Les chevaliers du ciel, mais l’histoire et la vie de ceux qui permettent à Tanguy et à Laverdure de voler et de remplir leurs missions. Tout simplement, mais magistralement.

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 07:01

Algérie, souvenirs d'ombre et de lumière

Jean-Pierre Cômes

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Publié dans la collection Mémoires du XXe siècle, ce livre de souvenir est très finement préfacé par le professeur Jean-Charles Jauffret, qui en souligne tout l'intérêt.

A la lecture de l'ouvrage, il nous apparait qu'aujourd'hui l'écriture de l'histoire de la guerre d’Algérie ressemble à bien des égards à un tableau pointilliste. Au fil des années, au hasard de la publication des témoignages successifs, toujours différents, et au fur et à mesure de l’ouverture progressive des archives officielles, se dessine une image à la fois nuancée et contrastée, que certains, figés sur des positions plus idéologiques ou généralisant systématiquement le souvenir de leur expérience personnelle, ont du mal à accepter.

Dans ce nouveau volume consacré à « son » Algérie, celle de son enfance et celle de la guerre, le colonel Cômes témoigne à son tour, une nouvelle fois. Le volume se divise en deux grandes parties, les « Souvenirs de lumière », centrés sur sa jeunesse, même si ponctuellement quelques incursions dans des périodes plus récentes ou diverses considérations plus larges y figurent, et les « Souvenirs d’ombre », qui relatent son expérience personnelle du conflit. La première partie est profondément empreinte de l’attachement de Jean-Pierre Cômes pour ce pays, mais également marquée par les doutes qui peu à peu s’insinuent dans son esprit par rapport au discours officiel. Relativement tôt, il prend conscience du fossé, que dis-je, de la faille qui sépare profondément les deux communautés. La deuxième partie commence avec sa sortie d’école lorsque, jeune officier d’active, il rejoint l’Afrique du Nord, d’abord la Tunisie puis très vite l’Algérie. Affecté au 8e régiment de parachutistes coloniaux (et non au « 3 » de Bigeard comme initialement espéré), il sert dans l’Est algérien et décrit sans aigreur ni complaisance ses subordonnés comme ses chefs, ses missions, ses résultats, revient sur ses pensées, ses doutes et ses espoirs. On sent bien que certains sujets personnels et ethiques restent tout particulièrement sensibles, comme le souvenir de son affectation au D.O.P. de Sétif : dans leur très grande majorité, les parachutistes ne torturent pas, par contre, dans les D.O.P., les pratiques sont toutes autres et il a des mots extrêmement durs sur les personnels affectés dans ces organismes, dont il refusera de partager les règles et les méthodes. Après un intermède à Dakar, il revient en Algérie et les derniers mois sont difficiles : Jean-Pierre Cômes comprend les drames qui se jouent et accepte mal les discours officiels, menteurs, des « anciennes » comme des « nouvelles » élites, avant comme après la célèbre fusillade de la rue d’Isly. Il tire les leçons d’une réalité que l’on connaît bien : « Il semble parfois que les historiens s’imaginent que tout se passe selon les souhaits des responsables donnant des ordres en conséquence. En réalité, les ordres sont d’autant plus généraux qu’on s’élève dans le niveau de responsabilité. Il reste aux échelons subordonnés à se débrouiller selon les circonstances et à être désavoués si besoin ».

Ce nouveau livre du colonel Cômes ne donnera pas satisfaction à tous. Il ne convaincra pas ceux qui pensent déjà connaître « LA » (leur) réalité de « LA » (leur) guerre d’Algérie. Mais il constitue certainement, parmi toutes les contributions individuelles, si différentes, un apport important à la réalisation de ce tableau pointilliste évoqué en introduction : la diversité de ses expériences plaide en faveur de ce témoignage, dont la franchise de ton est à souligner.

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 10:57

Sur les pas de Maurice Genevoix aux Eparges

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Organisées par l'association L'Esparge, ces promenades estivales se dérouleront le samedi 23 juin et le samedi 21 juillet. Les participants pourront découvrir l'ensemble du site des furieux combats de la Grande Guerre, le "Point X", le village, le tout illustré par des textes de Maurice Genevoix.

Pour des questions d'organisation matérielle, la réservation est obligatoire.

Pour tous renseignements : lesparge@orange.fr, ou 09 63 67 14 92, ou 03 29 80 88 21

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 07:15

L'armée dans l'espace public

Inflexions  -  n° 20

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Ce numéro de juin 2012 de la revue Inflexions, civils et militaires : pouvoir dire offre, sur un thème à la fois très large mais rarement abordé, une vingtaine d'articles extrêmement divers, qui ouvrent sur de nouvelles réflexions et questions ... Bien des numéros sont encore à réaliser sur ces sujets !

Dans le "bouquet" qui est ici proposé, nous relevons en particulier "Le soldat, incarnation du tragique du monde" (par Jean-Louis Georgelin), "L'état militaire : aggionamento ou rupture ?" (par Jean-Marie Faugère), "Les militaires sont-ils des incompris ?" (par Jean-Luc Cotard) et l'excellent "De la fin de la guerre à la fin de l'armée" (par François Lecointre). Au bilan, le lecteur n'échappe pas à un certain sentiment de malaise sur la façon dont les militaires eux-mêmes (et parmi eux certains de leurs plus hauts responsables ou anciens responsables) ressentent les évolutions récentes : se sentent-ils aujourd'hui normalement intégrés, compris et acceptés par la "Cité" ? Le débat n'est pas tranché. Un numéro qui s'inscrit pleinement dans la ligne éditoriale de la revue.

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 07:10

Armgart de Monfreid

De la Prusse à la mer Rouge

Martine Dubarry-Gastambide

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Hétière rebelle d'une vieille famille de noblesse prussienne, Armgart Freudenfeld va vivre d'extraordinaires années avec le célèbre Henry de Monfreid. C'est leur histoire, vue par le regard de la jeune femme, que nous conte sa petite fille.

Au long de ce petit volume d'un peu moins de 140 pages, nous suivons l'héroïne, femme libre et moderne, dans les milieux artistiques (peintres en particulier) parisiens en 1910, en Alsace, en Ecosse, pendant que celui qu'elle aime est déjà parti pour la mystérieuse Abyssinie. En 1913, Armgart et Henry de Monfreid se marient dans un petit village catalan, mais Henry repart aussitôt pour Djibouti tandis que sa jeune épouse reste dans la région de Port-Vendres. Ils se retrouvent en 1915, en Egypte, alors que l'aventurier "livre une cargaison de haschich", elle revient pour quelques mois dans l'hexagone puis peut le rejoindre à Obock en décembre 1916. Jusqu'au milieu des années 1920, ils vivent entre Djibouti et l'Ethiopie, amassant parfois des sommes considérables de façon plutôt frauduleuse, dans une nature sauvage et un environnement pour le moins "rustique" qui reste celui de l'Afrique la plus profonde au début du XXe siècle. Les huitres perlières, l'opium, puis une usine électrique, un moulin et une usine de pâtes financés grâce aux trafics... Son amitié avec Teilhard de Chardin occupe une grande place dans la deuxième partie de l'ouvrage, avec plusieurs extraits de correspondances. Armgart rentre à Paris, en dépit du "refus obstiné de Henry de revenir en France". Suivent l'intervention de Kessel, le premier livre, Les secrets de la mer Rouge, primé en 1931, puis "L'amour trahi" et la guerre italo-éthiopienne, la mort, à 51 ans en juillet 1938, "vaincue mais debout".

Une vie de courage et d'amour qui croise, au large de l'Arabie heureuse et au pays du Négus, des personnages tout-à-fait extraordinaires.

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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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