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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 07:02

Les travailleurs chinois en France

pendant la Première Guerre mondiale

Li Ma (dir.)

Couverture-de-l-ouvrage--Les-travailleurs-chinois-en-France.jpg

Ce gros volume de plus de 500 pages constitue une incontestable "première" dans la bibliographie francophone et fait suite au colloque organisé en 2010 par l'université de la Côte d'Opale et le Flanders Fields Museum. Paradoxalement, comme le souligne en particulier Laurent Dornel ("Les travailleurs chinois vus par l'administration militaire française (1914-1918) : assignation, identification et représentations"), "à la profusion"  des archives sur le sujet "s'oppose le silence quasi absolu de l'histoire".

Pas moins de 27 auteurs différents apportent leurs contributions, parmi lesquels 12 universitaires étrangers, venus du Royaume-Uni, d'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, mais aussi de Singapour, de Taïwan et de Chine. Après une double introduction de Li Ma ("La Chine dans la Première Guerre mondiale") et de Jean-Jacques Becker ("Les travailleurs chinois et la France pendant la Grande Guerre"), qui permet de poser le cadre général, le livre est divisé en trois grandes parties : "Les travailleurs chinois en France pendant la Guerre et l'après-guerre", "Expériences vécues des travailleurs chinois au quotidien" et "Témoignages, mémoire et héritage". Tous les amateurs de la Grande Guerre apprendrons beaucoup de choses à la lecture de ces textes : les grèves et révoltes dans la zone britannique (Xavier Boniface, "Camps militaires britanniques et travailleurs chinois dans le Pas-de-Calais") ; le développement du camp chinois de La Pallice après mars 1919 (Hu Xinyu, Martine Raibaud, "Le camp chinois de La Rochelle-Pallice (1919-1921)") ; l'analyse d'un étonnant périodique publié avec l'aide de l'association américaine YMCA (Leah Yiya Lee, Peter Chen-main Wang, "Naissance d'un magazine destiné aux travailleurs chinois en Europe : analyse du concept, du contenu et du sens de la Revue hebdomadaire des travailleurs chinois") ; l'équivalent à l'arrière de l'artisanat des tranchées (Nicholas J. Saunders, "Travail et nostalgie sur le front de l'Ouest : l'Art des tranchées chinois et la Première Guerre mondiale") ; etc.

Chaque communication est bien sûr scrupuleusement référencée et accompagnée d'une bibliographie adaptée, un cahier de photos et un index très complet terminent cet ouvrage. La grande diversité et la réelle qualité de toutes les contributions donnent dès à présent à cet ouvrage collectif un statut de publication de référence. A lire et à conserver précieusement.

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 07:01

La Roumanie des années trente

De l'avènement de Carol II au démenbrement du royaume (1930-1940)

Matthieu Boisdron

Couverture-de-l-ouvrage--La-Roumanie-des-annees-trente-.jpg

Les études en français sont peu nombreuses dans la bibliographie sur cette partie de l'Europe à cette époque. Il faut donc féliciter Matthieu Boisdron de s'être lancé dans cet excercice difficile et il nous semble utile de revenir sur cet ouvrage, bien que sa parution remonte déjà à 2007.

Au long de son étude d'environ 200 pages, il nous donne à voir, et nous permet de mieux comprendre, deux choses bien différentes : d'une part, au plan intérieur, la complexité (mais aussi le caractère à certains égards presque inexorable) de la lente descente aux enfers de la Roumanie de l'entre-deux-guerres, qui ne parvient pas à établir durablement un régime démocratique et glisse vers un rapprochement avec l'Axe ; et d'autre part, au plan international, les toujours surprenantes insuffisances (ou incompréhensions, ou incapacités) de la diplomatie française à conserver à son réseau d'alliances en Europe orientale un minimum de réalité et de tonicité.

Le personnage central est bien sûr le roi Carol II, qui accède au trône en 1930, dont la vie privée pour le moins compliquée (il vit officiellement avec sa maîtresse de confession juive) et les choix politiques personnels (il cherche à développer son influence sur les gouvernements successifs, puis à imposer un régime personnel) lui retirent progressivement le soutien de la plupart des grandes institutions et de la majorité des partis politiques.  La montée en puissance à partir du milieu des années 1920 de l'extrême-droite radicale (elle-même divisée en plusieurs mouvements hostiles) et en particulier la place prise par la Garde de Fer (sous différentes appellations) de Codreanu compliquent encore la situation intérieure, au point que lorsque Staline présente ses exigences territoriales, en juin 1940, le régime est "déconsidéré et moribond". Fort heureusement, plusieurs annexes présentent les gouvernements successifs du pays (p. 169), la constitution de février 1938 (p. 175) et les principaux partis politiques roumains (p.200), ce qui permet au lecteur "débutant" de suivre sans difficulté le texte courant. On note également en fin d'ouvrage plusieurs cartes, une solide bibliographie et un utile index.

Un seul (petit) regret : le texte aurait peut-être gagné à être plus ramassé et le livre à faire une dizaine de pages de moins, ce qui lui aurait donné à la fois plus de fluidité et plus de "muscle". En effet, certaines idées ou affirmations sont reprises trois ou quatre fois avec des périphrases à quelques paragraphes de distance, ce qui brouille un peu la lecture. Il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une très intéressante description de la situation intérieure etr internationale de la Roumanie durant l'entre-deux-guerres, d'autant plus utile que ce pays avait noué des relations étroites avec la France et que la Grande Roumanie des années 1920-1930 pouvait aspirer au statut de véritable puissance régionale.

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 07:20

War Studies Publications

Olivier Schmitt

WAR-STUDIES.jpg

Doctorant au département des War Studies du King's College, Olivier Schmitt vient de lancer un nouveau site, inspiré de Guerres et Conflits, "afin de présenter à un public francophone des publications en anglais dans le domaine des War Studies". War Studies Publications est désormais directement accessible à partir de nos liens "Sur la toile" (colonne de droite).

Excellente initiative qui va permettre d'élargir encore le spectre de nos bases d'information ! Parmi les premiers billets mis en ligne, outre la présentation des derniers numéros des grandes revues Defence Studies, Prism et Journal of Strategic Studies, on relève une rapide analyse de l'étude du colonel Lewis G.  Irwin : Disjointed Ways, Disunified Means : Learning from America's Struggle to built an Afghan Nation (avec le lien pour la commander ou la télécharger gratuitement).

Bravo Olivier, longue vie et plein succès à War Studies Publications !

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 07:15

Tirer les bénéfices de la paix...

Celle des cimetières ?

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Dans le "silence assourdissant" des grands médias traditionnels, plus prompts à commenter à perte de vue des petites phrases inutiles et à surfer sur l'écume des choses, a commencé depuis quelques jours un bras de fer discret pour trouver quelques marges de manoeuvres budgétaires. Aussitôt, la proposition fuse : YAKA diminuer le budget de la Défense. Nous vous renvoyons, pour appréhender les différents paramètres du débat, aux articles publiés sur la toile, en particulier par Philippe Chapelau sur  Lignes de défense, par Jean-Dominique Merchet sur Secret Défense, par F. Chauvancy sur  Défense et Sécurité, ou par Michel Goya sur La voie de l'épée.

J'ai le souvenir d'un ancien proverbe, qui disait en substance qu'il y a toujours une armée dans un pays : Si ce n'est pas la tienne, c'est celle de ton voisin...

 

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 07:10

Les sociétés coloniales à l'âge des empires

Afrique, Antilles, Asie (années 1850 - années 1950)

Jean-François Klein et Claire Laux (dir.)

  Societes coloniales027

La question d’histoire contemporaine prévue au programme du concours externe de l’agrégation du CAPES et du CAFEP d’histoire et de géographie pour les deux années à venir portant sur  « Les sociétés coloniales à l’âge des Empires, Afrique, Antilles, Asie, (1850-1950) », les premiers manuels et ouvrages de référence commencent à apparaître. Parmi ceux-ci, celui dirigé par Jean-François Klein et Claire Laux, tous deux maîtres de conférences en histoire contemporaine (respectivement à l’INALCO et à Bordeaux III) vient d’être publié par la maison Ellipses, spécialiste reconnu des livres de concours.

Collectif réunissant près de trente spécialistes, le manuel – avec des articles adossés à de très bonnes bibliographies mais aussi des dissertations et commentaires de textes corrigés – a pour ambition de répondre très étroitement à la problématique de la question du concours, à savoir l’analyse des sociétés coloniales elles-mêmes tout en respectant le jeu d’échelles entre les thématiques coloniales et celles plus proprement impériales. Par les textes qui reflètent le profond renouveau historiographique de ces dernières années, les auteurs invitent les étudiants préparant le concours à penser le fait colonial dans une dimension régionale ou locale, mais aussi dans une interaction constante avec les métropoles. En définitive, ces sociétés très hiérarchisées constituent des « laboratoires de bouillonnement social » où le « bricolage empirique » fait d’adaptation ou de réaction à la colonisation est la règle. Le champ géographique couvert par les auteurs est très vaste : aux aires culturelles étudiées (Afrique, Antilles, Asie), il faut ajouter une analyse des principaux empires coloniaux (britannique, français, allemand, mais aussi belge, néerlandais et japonais).

 La première partie aborde les politiques et l’encadrement des sociétés en contexte colonial à travers une analyse des empires espagnols et portugais avec l’article d’Alexandre Fernandez sur "Empire espagnol, empire portugais à l’époque contemporaine : destins divergents des outre-mer ibériques" adossé à une dissertation ("Regard sur la construction de la nation cubaine à la fin du XIXe siècle") de Dominique Goncalvès. Ils sont suivis par les articles de William Guéraiche sur "La société philippine à l’épreuve de trois colonisations (1863-1956)", d’Olivier Sevin sur "La politique coloniale des Pays-Bas face à la surpopulation de Java", de M’hamed Oualdi  sur "Les Ottomans dans les sociétés maghrébines de 1850 aux années 1910 : tentatives de réformes et héritages impériaux", de Pierre Vermeren sur "Les transformations sociales induites par la colonisation dans les pays du nord de l’Afrique" ; avant un déportement vers l’Orient asiatique avec un "Panorama du fait colonial moderne au Japon" de Laurent Nespoulos, une contribution commune de Dominique Barjot et Rang-Ri Park-Barjot sur "La société coréenne face à l’impérialisme japonais (1875-1945) : entre exploitation économique, modernisation forcée et assimilation". Jean-Luc Martineau nous fait revenir en Afrique avec son article sur la "Société et espace Yorùbá de 1851 à 1948 : entre singularité et banalité de l’Indirect Rule". Eric Jennings propose quant à lui une analyse sur "Le régime de Vichy sur cinq continents", la dernière partie étant ensuite close par deux dissertations et un dossier documentaire : "Ordre et maintien de l’ordre en situation coloniale" par Jean-Pierre Bat, "Loi portant création des troupes coloniales (5 juillet 1900)" par Julie d’Andurain et "Tamatave, les grands travaux et la société coloniale sur la Côte Est de Madagascar" par Frédéric Garan.

La deuxième partie du manuel s’intéresse davantage aux acteurs et aux groupes sociaux de façon à mettre en exergue les résistances ou les accommodements à la colonisation dans les sociétés coloniales. Pierre Guillaume inaugure cette partie avec une analyse nuancée de "Portraits de colonisateurs". Son texte est suivi de la dissertation d’Isabelle Tracol-Huynh traitant du "Genre et sociétés coloniales (Afrique, Asie, Antilles ; 1850-1950)". Ces deux textes précèdent un ensemble portant sur le monde du travail et ses modalités d’adaptationen situation coloniale avec le long article de Jean-François Klein sur "Esclavages, engagismes et coolies, histoire des sociétés coloniales au travail, 1850-1950", l’analyse comparée entre "Races et cultures d’entreprises" à travers l’étude des modes de promotion sociale chez Denis frères dans la Cochinchine des années 1930 par Delphine Boissarie. Ils sont suivis de l’article de Myriam Cottias sur  "La République dans les Antilles françaises et la Guyane (1850-1950)" qui donne une définition circonstanciée du mot Antilles, par celui de Julie d’Andurain sur "Les militaires en situation coloniale (1850-1950)" où sont revisitées les circonstances de la naissance du concept de « force noire » par le général Mangin et enfin celui de Jacques Pouchepadass et Anne Viguier sur "L’Inde des campagnes au dernier siècle de la colonisation britannique (1860-1950)". Chantal Verdeil clôt cet ensemble avec une dissertation sur les "Transformations économiques et sociales au Proche-Orient dans l’Entre-deux-guerres".

La troisième partie du manuel, enfin, étudie les pratiques culturelles dans les sociétés coloniales. Claude Prudhomme propose un très bel article sur les "Religions et stabilité politique dans les sociétés coloniale", suivi par celui, très dense, de Pascale Barthélémy sur "L’enseignement dans les sociétés coloniales (Afrique, Antilles, Asie). Fabrique du consentement, genèse des contestations (années 1850-années 1950)". On retrouve ensuite un texte de Frédéric Garan sur "La promotion sociale des indigènes au sein de la société coloniale à Madagascar. Itinéraire du premier évêque malgache, Mgr Ignace Ramarosandratana", suivi de celui de Laurence Monnais sur la "Médecine et santé en situation coloniale". Par la suite, le manuel propose une série d’articles et de dissertations portant sur la question urbaine, avec Marie Gibert et "La ville coloniale : laboratoire de modernité en Asie du Sud-Est ? Un modèle indochinois", suivie des dissertations de Marie Viguier sur "Les sociétés urbaines dans l’Inde coloniale (1857-1947)", celle de Caroline Herbelin sur "Bâtir des sociétés coloniales : architectures en situation" et celle d’Aline Demay sur "Les enjeux des pratiques touristiques dans les sociétés coloniales". Eric Jennings propose encore un texte sur "Eaux chaudes et Olympes coloniaux : thermalisme et climatisme à échelle impériale", tandis que les sociétés coloniales sont analysées au miroir de la littérature dans un texte d’Henri Copin ("Sociétés coloniales au miroir de la littérature. L’exemple impérial français"). En guise de conclusion, et afin de servir de guide aux étudiants, l’ouvrage s’achève par la communication de Pierre-Éric Fageol et Frédéric Garan sur "Cinéma et société coloniale".

 

Par le nombre et la diversité des sujets traités, par leur qualité, ce manuel deviendra rapidement, à l’évidence, un ouvrage de référence. Nous ne saurions que trop le conseiller aux étudiants.

J.A.

 

                                                                            

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 07:00

Mémoires d'un proscrit

Frédéric Guillaume de Vaudoncourt

présentés et annotés par Laurent Nagy

 

Cette remarquable édition est présentée sous un boîtier cartonné de deux volumes, ce qui donne à l'ensemble l'aspect des prestigieuses collections classiques de référence..

Parus en 1835 sous le titre Quinze années d’un proscrit, ces souvenirs du général Frédéric Guillaume de Vaudoncourt n’avaient jamais été réédités alors qu’ils constituent, comme le souligne avec beaucoup de pertinence Laurent Nagy dans son introduction générale, un témoignage de première main sur une période souvent mal comprise. Ajoutons que l’habitude de traiter les périodes historiques comme un tout, en négligeant les transitions et les tuilages, conduit souvent à négliger des facteurs importants de continuité, d’évolution ou de rupture qui trouvent leurs racines quelques dizaines d’années avant le début (ou la fin) de l’une ou de l’autre. Merci aux éditions La Louve de nous aider à combler ce déficit pour le début du XIXe siècle avec la très belle édition en deux tomes de ces Mémoires d’un proscrit.

Couverture-de-l-ouvrage--Memoires-d-un-proscrit--Tome-1--.jpg

Dans le volume 1 (consacré aux années 1812-1815), le général Frédéric Guillaume (devenu de Vaudoncourt sans être pour autant anobli, pour se distinguer d’un parfait homonyme dans l’armée impériale) commence par raconter le début de son exil, en Belgique, puis en Angleterre, au lendemain de la seconde Restauration. Pour subvenir à ses besoins, il se lance dans l’écriture, publie un premier ouvrage sur les Îles Ioniennes puis raconte ses campagnes de l’épopée impériale. Arrivé en Italie avec les armées de la Révolution, il reste dans la péninsule et sert le prince Eugène dès la création du vice-royaume d'Italie. Il reste donc à l'écart des prestigieuses campagnes contre l'Autriche et la Prusse jusqu'à ce que Napoléon Ier regroupe les unités de la Grande Armée en Allemagne et Pologne. Il quitte alors le nord de l'Italie au commandement de la 2e brigade de la 15e division du 4e corps d’armée. Dès le franchissement de la frontière russe, il note : « Le désordre et un commencement d’insubordination régnaient déjà dans notre armée », puis il évoque par exemple une épidémie de dysenterie, dont les conséquences militaires sont importantes puisqu’il n’y avait « à la bataille de Borodino, dans chaque corps, que la moitié des hommes qui avaient passé le Niémen ». Mais la plupart de ces hommes ne meurent pas, ils sont simplement laissés en arrière et cherchent ensuite à rejoindre la France ou l’Italie : « En 1813, ils grossirent les rangs de la nouvelle armée formée en Allemagne. Il faut donc diminuer d’au moins cent mille hommes les pertes réelles de la campagne de 1812 ». Une anecdote, à l’occasion d’une rencontre avec l’empereur à l’avant-garde de l’armée, est tout aussi significative de ce récit très personnel et montre selon lui que « Napoléon n’était pas, comme certaines gens l’ont prétendu, un ogre toujours prêt à dévorer ceux qui osaient ne pas être de son avis. Dans deux occasions de ma vie je n’ai pas craint de lui signaler les injustices commises envers les troupes qui m’étaient confiées. Quoiqu’il les eût d’abord sanctionnées, il n’a pas balancé à les réparer et m’a témoigné sa satisfaction de l’avoir éclairé. Ceux qui se sont si bassement aplatis devant lui l’ont fait bien gratuitement ». Ce chapitre 2 donne le ton de l’ensemble du texte : non seulement Frédéric Guillaume de Vaudoncourt rend compte de tous les faits, mais il sait les replacer dans le contexte particulier du moment, les relativiser, décrire les ambiances et les atmosphères, envisager leurs conséquences et percer la personnalité des principaux acteurs. Malade du typhus, il est fait prisonnier par les Russes pendant la retraite de Russie et ne retrouve la France qu’à partir de l’été 1814, ce qui donne de longues pages sur les évolutions et les oppositions internes dans l'empire des tsars. L’heure est à la Restauration des Bourbons, auxquels se rallient la plupart des dignitaires de l’empire, mais le « vol de l’Aigle », de l’île d’Elbe à Paris par les Alpes, réveille les anciens sentiments de fidélité : de Vaudoncourt se présente parmi les premiers aux Tuileries pour offrir ses services et demande à commander une troupe de Volontaires confédérés de Moselle. Il va tenir Metz contre les Coalisés et n’accepter le retour de Louis XVIII qu’au tout dernier moment, ce qui lui vaut d’être condamné et proscrit au début de la Terreur blanche. Il est toutefois dès cette époque en relations étroites avec des francs-maçons, des républicains, des bonapartistes qui échafaudent les premiers complots. Parmi ces élites éclairées qui « retrouvent », après une « éclipse » d’une quinzaine d’années, leurs idéaux révolutionnaires de liberté des peuples, le général Frédéric Guillaume de Vaudoncourt va occuper une place tout à fait particulière.

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Le tome 2 s’ouvre sur le récit de son existence d’écrivain politique et militaire à Munich, où il bénéficie de la protection de son ancien souverain, le prince Eugène, et du gouvernement royal de Bavière, et s’étend sur les années 1816 à 1834. Se déplaçant souvent à travers l’Europe, il est au Piémont, à Gênes, puis en Espagne pour soutenir les mouvements hostiles aux monarchies réactionnaires : « La réaction des despotes de la Sainte-Alliance, de même que la ligue des esprits infernaux, n’a donc su que faire du mal » ; « Le résultat de la catastrophe de 1815 avait été l’institution de la Sainte-Alliance, qui n’est autre chose qu’une Inquisition sanguinaire dont l’objet avoué est de détruire, en même temps que les institutions libérales, tout esprit de liberté ». Ses expériences se soldent par des échecs : « organisées » de bric et de broc par des individus certes idéalistes mais pour la plupart incapables d’exercer un commandement, voire de prendre une décision, elles sont rapidement réprimées. La personnalité du général domine ces événements : « Je me crus engagé d’honneur à faire ce que je pourrais pour sauver de braves militaires que j’avais commandés. Au milieu de la frayeur qui avait gagné tout le monde, j’étais à peu près le seul qui eût conservé la tête froide ». Dans ses fuites successives, il bénéficie de la solidarité invisible qui lie à travers l'Europe les anciens soldats de l’empereur pour échapper à la prison et au renvoi vers la France, mais aussi des politiques libéraux. De Vaudoncourt séjourne longuement en Espagne et consacre plusieurs chapitres à décrire les complexes rapports politiques qui s’opposent dans la péninsule, avant la guerre civile et l’intervention française. En septembre 1823, il est de retour en Angleterre et reprend sa vie d’écrivain militaire exilé. Il y apprend quelques mois plus tard la mort du prince Eugène : « Il a bien mérité la devise, qu’il n’a pas prise, mais qu’on lui a décernée : Honneur et Fidélité … J’ai été le premier à répandre sur son tombeau les fleurs de l’amitié la plus sincère, et à appeler sur sa carrière le jugement impartial et équitable de la postérité ». Victime à Londres d’une arnaque industrielle dans laquelle il perd ses derniers biens, il rejoint Bruxelles, où il fonde leJournal des Sciences Militaires et où il apprend le 31 mai 1825 qu’il est enfin autorisé à rentrer en France. Il retrouve alors difficilement les moyens de vivre décemment, connaît des problèmes de santé, poursuit la publication de nouveaux ouvrages, tente de faire reconnaître sa situation par le Conseil d’Etat, etc. Les révolutions se poursuivent : les journées de 1830 entraînent la disparition de Charles X et l’avènement de Louis-Philippe, quelques mois plus tard la Belgique à son tour se soulève, puis la Pologne. L’Italie, l’Autriche et la Suisse sont traversées par de profonds mouvements idéologiques. Les dernières lignes du livre sont à l’image de l’ensemble de l’œuvre : « Je suis encore un des soldats de cette Armée d’Italie qui, à l’annonce de l’ennemi, ne demandait pas : combien sont-ils ?, mais : où sont-ils ? … Je suis persuadé que le système qui tend à perdre la France court lui-même de plus grands dangers que nous ».

Par la véritable reconstitution d'une époque dans son ensemble, à l'échelle du continent, qu'elle permet, cette réédition doit impérativement figurer dans toute bibliothèque bien tenue. Un coffret indispensable.

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 07:10

Les blessés en opération

Documentaire

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Aujourd'hui, à 13h15 sur France 2, diffusion d'un documentaire de Pierre-Henry Mentheou et Fabien Lasserre (après plusieurs mois de tournage) sur les soldats blessés en opération (les blessés eux-mêmes, leurs familles également touchées et le personnel du Service de santé qui leur vient en aide).

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 07:15

Les hélicoptères dans la lutte ASM

DSI International  -  n° 82

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Toujours aussi dense, le nouveau numéro de DSI propose une grande variété d'articles, parmi lesquels, outre ceux annoncés en couverture, nous retenons celui du général Vincent Desportes sur la problématique de l'industrie nationale d'armement, "Capacités industrielles souveraines : sortir de la logique perverse des trois cercles", qui plaide en faveur de la conservation d'un outil jugé indispensable ; et celui de Benoist Bihan sur l'obstination dans une action militaire qui est un échec initial, le "toujours plus d'efforts inutiles" qui, finalement, n'aboutirait qu'à alourdir un échec militaire annoncé : "Escalades vers la défaite".

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 07:05

Paroles de Dien Bien Phu

Les survivants témoignent

Pierre Journoud et Hugues Tertrais

Paroles-de-Dien-Bien-Phu.jpg

Ce livre, publié pour la première fois en 2004, est déjà un classique. Les deux auteurs, qui figurent parmi les meilleurs spécialistes français non seulement de la guerre d’Indochine elle-même mais encore du Sud-est asiatique dans son ensemble, nous proposent ici une approche aussi originale que prenante de la grande bataille de 1954, puisqu’elle s’appuie sur une centaine de témoignages écrits et des dizaines d’heures d’enregistrement d’entretiens : « Cinquante ans après les faits, les langues se délient, les consciences se livrent ».

L’ouvrage est logiquement organisé en sept chapitres qui reprennent le récit chronologique des événements, de l’idée de l’installation à Dien Bien Phu (avec la genèse du ‘Plan Navarre’ et cette formule prémonitoire du journaliste Robert Guillain : « A nous le creux, le plat ; à l’ennemi tout ce qui domine ») à la mémoire ultérieurement conservée de la défaite (et ces mots terribles du médecin-capitaine Verdaguer du 1/2e REI : « Nous étions battus mais nous avions tout de suite compris que notre défaite était aussi -et peut-être surtout- celle de la France … A Dien Bien Phu, nous avons subi une terrible humiliation. Il est peu probable que nous en guérissions jamais »). Dans l’intervalle, au long des chapitres 2 à 6, nous pouvons suivre l’opération Castor et l’installation du camp retranché (seuls les généraux Blanc et Fay expriment de réelles réserves) ; la bataille proprement dite, les contre-attaques et l’inexorable pression croissante du Vietminh (malgré les plans Albatros, Vautour et Condor de secours à la garnison assiégée) ; les lendemains de la chute du camp retranché et les camps de prisonniers (dont les séances d’endoctrinement : « Certes, nos pensées étaient ‘verrouillées’ sur la France, nos familles, et la nourriture occupait la totalité de nos rêves. Mais, de temps en temps, le verrou sautait et quelques idées révolutionnaires nous atteignaient ») ; la connaissance et la représentation de l’adversaire enfin (en particulier de ses prouesses logistiques, jusqu’à la construction de routes : « Des dizaines de milliers de coolies, hommes, femmes et enfants, ont dû y travailler jour et nuit sans relâche, et le résultat, étant donné les moyens primitifs employés, nous laisse une fois de plus saisis d’étonnement »).

Les deux auteurs précisent en introduction les limites d’un tel exercice. Baser un livre sur des témoignages par nature faillibles (et toujours plus ou moins reconstruits avec le temps) est un challenge délicat. Mais le nombre et la diversité des témoignages rassemblés et croisés permettent de limiter ce risque. Dans sa postface à la nouvelle édition, Pierre Journoud observe que le cinquantenaire de la bataille en 2004 « fut à l’origine d’une polémique feutrée. Sans commune mesure avec l’explosion mémorielle suscitée quelques années plus tôt par l’évocation des exactions en Algérie » et constate que les anciens combattants d’Indochine « n’ont pas créé un lobby qui eût facilité la diffusion de leurs souvenirs et la reconnaissance de leurs souffrances et de leurs droits ».

Une lecture indispensable pour toute personne intéressée par la guerre d’Indochine.

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 07:01

La mort de Ben Laden

Jean-Dominique Merchet

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Dix ans. Il aura fallu presque dix ans aux Américains pour "obtenir la peau" de Ben Laden ! 

Dans ce récit presque minute par minute, Jean-Dominique Merchet, journaliste bien connu et animateur du site Secret Défense, déjà auteur de Mourir pour l'Afghanistan en 2008 chez le même éditeur, nous fait le récit des événements, autant que les informations disponibles le permettent.

Facile à lire, avec des phrases courtes et sobres, le livre ne suit pas un plan chronologique, puisqu'il commence par aborder l'opération de mai 2011 en elle-même ("un raid en plein coeur d'un pays souverain, surarmé ... Qui plus est, à quelques centaines de mètres de son Académie militaire"). Vous êtes alors dans les hélicoptères américains avec les Navy Seals, puis à l'assaut dans la maison ("Tous les détails ne sont pas connus, ou plus exactement n'ont pas été rendus publics", mais "n'en doutons pas, il faut plus de temps pour raconter et lire le déroulement de l'action qu'elle n'a duré en réalité. Tout est affaire de quelques secondes -de comportements réflexes appris au cours d'innombrables séances d'entraînement"). En réalité, au total, dix-huit minutes, puis une vingtaine de minutes pour fouiller les lieux dont ils se sont rendus maîtres. Le chapitre 2 traite des suites de l'opération et de ses conséquences. L'immersion du corps est décrite, "en présence d'un aumônier musulman", tandiis qu'un "détachement de marins rend les honneurs militaires". On peut alors suivre les réactions officielles, officieuses et privées dans le monde, parfois dubitatives car "la communication laisse le champ libre à un certain doute et à toutes les fantaisies". Les trois derniers chapitres évoquent des événements antérieurs : la traque de Ben Laden depuis l'attentat des Twin Towers, l'organisation et la préparation en amont de l'opération, et une biographie de Ben Laden qui replace bien l'individu dans son cadre familial, social et culturel.

Un beau travail d'analyse et de synthèse de la documentation disponible et un très bon récit de journaliste. Un livre à conserver en attendant que les historiens puissent (quand ?) se pencher à leur tour sur ce dossier.

On suivra la présentation de son livre par l'auteur sur France Info ici : http://dai.ly/KZsPV8

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doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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