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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 07:05

La Russie contre Napoléon

La bataille pour l'Europe (1807-1814)

Dominic Lieven

Couverture-de-l-ouvrage--La-Russie-contre-Napoleon-.jpg

  La réédition (première parution en 2009) de cette approche originale, à la fois militaire, politique et diplomatique, mérite d'être saluée.

Dès l'introduction de ce beau volume de plus de 600 pages (dont 490 de texte courant et 120 environ d'annexes, notes, bibliographie et index), Dominic Lieven constate que "le récit des événements de 1812-1814 [a] subi des distorsions dans les livres anglais, français et américains" et que dans les écoles de guerre, curieusement, s'il "existe quelques ouvrages remarquables de spécialistes militaires sur l'épopée napoléonienne, aucun d'entre eux ne couvre la Russie". Il insiste également sur l'importance de l'effort logistique, défaillant pour la Grande Armée alors qu'il fut "une condition du succès" pour les armées du Tsar.

On le voit, l'auteur prend plutôt comme point d'observation le point de vue russe, ce qui donne à de nombreux chapitres une tonalité tout-à-fait originale et intéressante dans la bibliographie en français. Le récit dans son ensemble est naturellement chronologique, en l'on passe d'une description de la Russie comme grande puissance à l'exposé de "l'amitié" franco-russe (Tilsitt) puis aux préparatifs de guerre. La campagne est scrupuleusement décrite, dans ses grandes batailles bien sûr mais également dans ses effets et conséquences de politique intérieure pour chacun des belligérants. Mais l'étude ne s'arrête pas à la retraite du terrible hiver. Dominic Lieven considère comme un ensemble cohérent les années 1812-1814 et poursuit donc son travail avec le rôle et la place des armées du tsar dans la coalition anti-impériale lors de la campagne d'Allemagne de 1813, puis la campagne de France de 1814 jusqu'à la chute de Napoléon. Durant toute cette période, le tsar Alexandre exerce une influence croissante sur l'Europe, mais "comme l'avaient prédit certains conseillers, l'un des résultats de l'élimination de Napoléon fut un accroissement considérable de la puissance britannique ... La fierté et les intérêts russes en souffrirent parfois".

On peut regretter que les cartes situées au début de l'ouvrage ne soient "que" géographiques et ne précisent pas les déplacements des armées en campagne, ce qui est dommage lorsqu'il s'agit de faciliter la compréhension des opérations militaires. En dépit de cette réserve, voilà un ouvrage particulièrement riche et intéressant, indispensable à quiconque veut aborder les dernières années du Premier empire dans leur globalité.

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 07:00

Chroniques du IIIe Reich

Richard Overy

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Rédigé par un professeur de l'université d'Exeter membre de l'Académie britannique, cet ouvrage constitue une bonne description de l'histoire du régime nazi, de "L'ascension vers le pouvoir" (1923-1933) à "L'héritage du IIIe Reich" (procès de Nuremberg puis naissance de la nouvelle Allemagne).

Au long de ce volume d'un peu plus de 340 pages, l'auteur aborde ainsi successivement la mise en place du régime national-socialiste à partir de 1933, avec le régime de parti unique et la notion de "Communauté du peuple" ; la centralisation autour du Führer après 1935 avec les lois de Nuremberg et la politique de réarmement ; "L'établissement de l'ordre nouveau" entre 1937 et 1939, de la planification de la guerre à l'occupation de la Pologne ; les années de victoire jusqu'à la bataille pour Moscou ; puis les défaites et l'accélération du rythme du génocide à partir de 1942 ; "Le Reich en ruines" enfin, avec l'attentat de juillet 1944 contre Hitler, l'écrasement des villes allemandes sous les bombes et l'occupation du pays par l'Est et par l'Ouest.

Ne cherchez pas ici de "révélation" ou une théorie plus ou moins scandaleuse. Il s'agit d'un très honnête manuel, régulièrement ponctué d'extraits de documents et d'archives, qui permet de faire un point d'ensemble de vingt-deux ans d'histoire de l'Allemagne. Un livre accessible à tous et qui convient parfaitement comme outil de première approche du IIIe Reich.

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 07:10

Edtions SOTECA

Catalogue général

Logo 'Editions SOTECA' 

Depuis bientôt dix ans, les éditions SOTECA ont progressivement créé un riche catalogue de livres d'histoire, sur des sujets souvent originaux, mais dont la diffusion restait à bien des égards insuffisante. Ce déficit de notoriété est en voie d'être comblé avec la réalisation d'un catalogue général qui met en valeur les collections dans toute leur diversité, regroupe et présente les quelques 80 titres publiés (dont par exemple 24 livres sur le Premier empire et 37 sur la Première Guerre mondiale).

Il peut être directement commandé à : Editions SOTECA, 48-50 boulevard Sénard, 92210 Saint-Cloud Cedex et figure sur le site : www.hommell-magazines.com (librairie Histoire).

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 07:15

Réservez votre fin de journée !

Mercredi 20 juin  -  19h00 / 21h00

CAFE 2

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 07:04

Feu sur Paris !

L'histoire vraie de la Grosse Bertha

Christophe Dutrône

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Journaliste et historien, excellent connaisseur en particulier de la guerre d’Indochine et de la Seconde guerre mondiale, Christophe Dutrône revient dans ce livre sur l’histoire des bombardements de Paris par les « canons géants » allemands au premier semestre 1918.

Préfacé par le général (2S) Guy François, probablement l'un des meilleurs spécialistes de l’artillerie durant la Grande Guerre, cet ouvrage est excellemment illustré grâce à de très nombreuses photos originales (p. 129, on découvre une vue étonnante du tombeau de Napoléon, aux Invalides, recouvert de sacs de sable pour « mettre ainsi l’Empereur à l’abri des bombes et des obus allemands »), de multiples extraits de presse, une abondante documentation d’époque. Dans les dernières pages, la bibliographie est limitée mais relativement complète, et ,surtout, après un plan de Paris en double page sur lequel sont positionnés tous les impacts d’obus, les lecteurs trouveront en annexe la liste complète des points de chute des tirs des Paris Kanonen avec date, horaire et adresse exacte, ainsi que la liste des victimes de l’église Saint-Gervais, le 29 mars 1918.

Le texte courant se développe sur un peu plus de 180 pages et explique la fabrication puis l’installation des pièces près de Crépy-en-Valois, la succession des tirs à partir du samedi 23 mars (au total, 320 obus causent plus de 880 tués et blessés), la recherche de la localisation de ces tubes par les services français, en particulier les sections de repérage et l’aviation, les effets sur la population et les craintes du gouvernement (« Le président Poincaré reprend sa tournée quotidienne, se rendant, au rythme des explosions successives, au chevet des victimes pour y incarner l’esprit de solidarité de la nation »), etc. Le livre se termine sur « Un lointain et curieux épilogue », à savoir les essais de Krupp pour mettre au point peu avant la Seconde guerre mondiale un canon « encore plus géant », puis les recherches américaines et canadiennes dans le même domaine après 1945, et enfin les projets irakiens de Saddam.

Un album qui se lit comme un roman ? Un vrai livre d’histoire qui aborde aussi bien les questions militaires que sociales, politiques que techniques. Un beau et bon livre.

 

  Christophe Dutrône a bien voulu répondre à nos questions :

Question : Vous êtes plutôt connu pour vos travaux sur la Seconde guerre mondiale , la guerre d'Indochine ou celle d'Algérie. Pourquoi avoir choisi cette fois de traiter d'un épisode particulier de la Grande Guerre ?

Réponse : Je me suis toujours intéressé à l'histoire de la Première Guerre mondiale : je trouve en effet ce conflit particulièrement passionnant  par la nature et la multiplicité des inventions qu'il a généré dans le domaine militaire. Celles-ci ont ceci de fascinant qu'elles reposent souvent sur des conceptions simplistes, voire naïves, qui moyennant d'incroyables efforts de recherche ont pu, dans certains cas, conduire à la réalisation de prodiges technologiques, dignes de Jules Verne. A cet égard, l'histoire des Paris Kanonen constitue l'incarnation parfaite de l'idée folle qui, au prix d'un gigantesque effort intellectuel et financier, a conduit à concevoir une arme technologiquement extraordinaire, mais d'une rentabilité tactique tout-à-fait médiocre.

Question : On a souvent évoqué, à propos de ces bombardements allemands, le caractère presque aléatoire des points de chute des obus et la recherche d'une "action psychologique" sur la population parisienne. S'agissait-il effectivement de faire peser une menace indiscriminée sur les civils et quel en fut concrètement le résultat ?

Réponse : La nature aléatoire des impacts d'obus sur une cible comme Paris est évidente. Compte tenu de la distance de tir des pièces -120 km.-, la dispersion des projectiles était inévitable. Non seulement les variations des conditions atmosphériques influaient sur leur trajectoire, mais il faut également avoir en tête que la moindre variation de un degré dans le pointage des tubes entraînait un écart de deux kilomètres à l'arrivée. Pour ce qui est de la volonté des Allemands de rechercher une action psychologique, la chose est certaine. Il suffit en effet de noter pour s'en convaincre que chaque série de tir importante correspondait à une grande offensive. Incontestablement, le bombardement de Paris fut initialement un choc pour les civils. On estime qu'environ 500.000 d'entre eux profitèrent des vacances de Pâques pour quitter la capitale, soit un Parisien sur six. Ce chiffre doit néanmoins être nuancé par le fait qu'il s'agissait pour l'essentiel de femmes et d'enfants, dont la présence n'était d'aucune utilité pour le fonctionnement de la ville. La population demeurée dans l'agglomération parisienne fit cependant face avec courage à la situation, avec d'autant plus de facilité qu'elle ne tarda pas à constater que les risques d'être victime d'un obus étaient somme toute extrêmement faibles.

Question : Techniquement, s'agissait-il à l'époque d'une vraie prouesse ? Que doit-on penser de la poursuite des recherches après la Grande Guerre dans ce domaine, que vous évoquez dans la dernière partie du livre ?

Réponse : Incontestablement, les ingénieurs de la firme Krupp ont accompli une prouesse technologique en mettant au point les Paris Kanonen. Il faut néanmoins nuancer cet exploit par le fait que les propriétés balistiques des hautes couches de l'atmosphère étaient connues des ingénieurs militaires français depuis plus d'une décennie lorsque leurs homologues allemands en firent la découverte -de manière fortuite- à l'automne 1914. Après la fin de la guerre, les artilleurs français mirent un point d'honneur à prouver qu'ils étaient eux aussi capables de concevoir un canon de très longue portée, aux performances identiques à celui élaboré par la firme de Essen. Leurs recherches aboutirent à un résultat expérimental identique en 1929. Elles n'allèrent cependant pas plus loin, dans la mesure où l'inutilité de ce genre de pièce avait été prouvée dès 1918, et que le développement de l'aviation de bombardement en rendait le concept définitivement périmé. La réapparition, en 1991 en Irak, du concept de canon à très longue portée conçu pour un usage militaire a de quoi surprendre. Cette résurrection aux allures d'épiphénomène se limite cependant à un cadre très limité : celui d'une nation émergente soucieuse de faire peser à moindre frais une menace sur ses voisins en brandissant le spectre de l'obus atomique ou bactériologique.

Question : Pouvez-vous-nous annoncer quels sont vos projets en cours et vos prochains ouvrages à paraître ?

Réponse : L'approche du centenaire de la Grande Guerre va bien évidemment me conduire à continuer d'écrire sur ce thème. Cependant, je ne compte pas me cantonner à la stricte étude du premier conflit mondial : je caresse notamment l'espoir d'écrire un jour quelque chose sur la Ière Armée française du général de Lattre de Tassigny, une grande épopée quelque peu éclipsée par la geste de la 2e D.B. de Leclerc, mais ceci est une autre histoire...

Christophe, merci vivement pour ces compléments d'information et à très bientôt donc.

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 07:00

Poursuivons notre tour de France des "petites" maisons avec une toute jeune société dont les premiers livres semblent tout-à-fait prometteurs.

Matthieu Boisdron

Editions CODEX

(Vendée)

Codex.JPG

Question : Votre maison d'édition est de création récente et ne dispose encore que d'un catalogue limité. Pourriez-vous nous expliquer votre parcours personnel et pourquoi vous vous êtes lancé dans cette aventure éditoriale ?

Réponse : Les éditions CODEX sont effectivement nées à la fin de l'année 2009. A la base, il y avait le désir de contribuer modestement à apporter sa pierre à l'édifice historiographique. La création des éditions CODEX est aussi le résultat d'une collaboration fructueuse et stimulante avec quelques autres éditeurs spécialisés en histoire, qui placent notamment la complémentarité des catalogues au-dessus du reste, et notamment de la compétition féroce qui caractérise hélas bien trop souvent ce secteur (comme d'autres d'ailleurs). Il faut également préciser que l'équipe très réduite et non rémunérée qui travaille pour CODEX est composée de quelques personnes ayant été formées à l'histoire et à la recherche historique à l'université. Et si les éditions CODEX ont, bien naturellement, une vocation commerciale, c'est avant tout la passion commune de ce petit groupe d'historiens, amateurs et professionnels, qui est à l'origine de cette entreprise.

Question :Comment avez-vous défini les titres de vos collections et comment sélectionnez-vous les livres que vous publiez ?

Réponse : Nous avons fait le choix, pour débuter et parce que nous démarrions"de zéro", de publier des monographies. Nous réfléchissons actuellement à l'opportunité de créer des collections autour de grands thèmes, de grandes périodes historiques ou alors d'un type particulier d'ouvrages (biographies, témoignages, etc.). Le choix se fait généralement de deux façons. Nous sélectionnons d'abord parmi les tapuscrits qui nous sont envoyés et, parfois, nous allons chercher les auteurs lorsque nous repérons un travail qu'il nous semble particulièrement intéressant de valoriser ou de mettre en lumière. Nous privilégions les sujets qui nous semblent neufs et/ou populaires, mais en ayant toujours le souci du sérieux et de la rigueur scientifique. 

CODEX2.jpg

Question : Etant donné votre âge et votre parcours, envisagez-vous d'accorder une place particulière aux jeunes auteurs et chercheurs ? Avez-vous une politique déterminée en la matière ?

Réponse : Effectivement, et c'est d'ailleurs déjà le cas ! A ce jour, tous les livres publiés aux éditions CODEX sont des premiers livres. Sans avoir la prétention d'être des "découvreurs de talents", nous pensons néanmoins qu'il y a des choses intéressantes, inédites, voire "exotiques" mais toujours passionnantes, à lire sous la plume de chercheurs qui n'ont pas encore travaillé dans le but d'être publiés ou qui ne trouvent pas forcément de débouchés auprès des grandes maisons, peut-être parfois plus "frileuses" car assurées par ailleurs du concours d'auteurs installés et reconnus.

Question : Quel rythme de publication vous fixez-vous et quels sont vos principaux objectifs à court et à moyen termes ? Les sujets d'histoire contemporaine sont-ils appelés à rester une partie essentielle de votre catalogue ?

Réponse : Notre rythme de publication est assez modeste. L'idéal serait de pouvoir publier quatre ouvrages par an avant de monter doucement en puissance. La tâche reste ardue : notre équipe a en effet le désir de bien faire les choses et de consacrer le temps nécessaire à chaque livre. De la relecture à la mise en vente, en passant par la sélection, les corrections, la mise en page, l'impression et la promotion, toutes ces étapes demandent un temps certain et parfois une bonne dose de patience mais aussi d'énergie, au sein d'une structure qui ne peut compter que sur l'aide de quelques bénévoles. Il faut aussi admettre que la conjoncture actuelle n'est pas, hélas, très favorable au livre en général, et que c'est un combat quotidien que de maintenir une activité éditoriale, nous l'espérons de qualité, dans ce contexte. Les sujets d'histoire contemporaine devraient rester, effectivement, une part essentielle de notre catalogue, mais nous sommes évidemment ouverts à toutes les autres périodes comme à d'autres disciplines (la géographie ou les sciences politiques par exemple).

Merci Matthieu pour cette franchise de ton et bon courage pour la réussite de vos prochains projets.

 

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 07:15

Les forums de l'IRSEM :

Relation transatlantique

Les redéfinitions stratégiques

IRSEM

Cette table-ronde se tiendra le lundi 4 juin prochain, de 12h30 à 14h00, en amphithéâtre Lacoste de l'Ecole militaire. On relève en particulier la présence parmi les intervenants de Diego Ruiz Palmer, chef de la section Planification de la division Opératios, secrétariat général de l'OTAN.

Après le sommet de Chicago, et au regard des profondes et récentes évolutions géopolitiques à l'échelle de la planète, comment peut-on envisager d'adapter et de faire vivre cette relation ?

Renseignements et inscription : inscription.irsem@defense.gouv.fr

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 07:10

La loi Taubira et les historiens

Histoire pour tous  -  10 mai 2012

code noir

En "surfant" sur les sites "Histoire", nous avions trouvé ce texte il y a quelques semaines. S'agissant d'une analyse non polémique d'une situation déjà entrée dans les faits, il n'y avait pas urgence à le souligner. On lira sur le site Histoire pour tous une présentation complète mais relativement "soft" de la problématique des rapports entre Histoire et commémoration, comme de l'origine et de l'évolution de la loi dite "loi Taubira".

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 07:01

La campagne de Russie

22 juin - 14 décembre 1812

Curtis Cate

Couverture-de-l-ouvrage--La-Campagne-de-Russie-.jpg

Publié pour la première fois en 1986, cet ouvrage de facture classique constitue une solide étude de base sur l'année 1812 et la campagne de Russie. On apprécie en particulier en fin de volume les 30 pages de notes, les 8 pages de bibliographie et les 13 pages d'index.

Dans son avant-propos, Curtis Cate explique : "Longtemps, j'ai cru, sans doute comme beaucoup d'autres, que ce qui a poussé Napoléon à faire la guerre à la Russie était essentiellement d'ordre économique : à savoir, sa farouche détermination d'obliger une Russie récalcitrante à respecter le boycottage commercial qu'il avait décrété contre l'Angleterre", mais il adopte finalement une thèse plus personnelle en mettant en exergue le caractère "affectif" des relations entre l'Empereur des Français et le tsar de toutes les Russies. Les conséquences de cet échec seront pour l'auteur rapides et majeures, alors que "sans la débacle de Russie, Napoléon aurait pu continuer à gouverner jusqu'à sa mort en 1821". Il va même plus loin (trop loin ?) : "Sans 1812, il n'y aurait peut-être jamais eu un Bakounine, ni un Plekhanov, ni un Lénine, ni un Trotski. Oui, sans 1812...".

Très descriptif, l'ouvrage s'étend sur les avertissements préalables de certains proches, l'aveuglement de Napoléon Ier persuadé de "pouvoir gagner une guerre rapide", sur la question de la Pologne et du Grand-duché de Varsovie, sur l'impact de la guerre d'Espagne et la naissance de la révolte en Prusse humiliée, sur le rôle de l'ambassadeur de Caulaincourt et le rassemblement de la Grande Armée, sur l'organisation et l'état d'esprit à la cour de Saint-Petersbourg. Après Dresde, Dantzig puis Vilna, les armées impériales franchissent le Niemen et s'engagent dans la profondeur du territoire russe. Les batailles se succèdent, Smolensk, Borodino, d'autres encore que le livre présente dans le détail. On connaît la suite : :Moscou, la tentative d'installation d'une administration dans la ville, l'incendie, le repli qui se transforme (quoi qu'on en dise parfois aujourd'hui) en débâcle. Le départ de l'Empereur pour Paris, parfois assimilé un peu hâtivement à une fuite...Le début de la fin. Les séquelles sont immenses et immmédiates : "125.000 tués au combat ; 48 généraux, plus de 3.000 officiers et 190.000 soldats faits prisonniers ; 100.000 morts de faim, de froid ou de maladie ; 75 aigles impériales et 929 canons pris par les Russes". L'effort de redressement militaire immédiatement entrepris ne pourra pas être suffisant avant la campagne d'Allemagne, l'année suivante, ni même celle de France en 1814 : les Coalisés entrent dans Paris et il revint "à Armand de Caulaincourt, qui avait si vainement déconseillé la fatale invasion de 1812, de négocier avec son 'cher ami' le tsar Alexandre de Russie".

Nous le disions, un ouvrage classique, pratiquement complet, excellent outil de travail et de référence, même si ponctuellement on peut discuter telle ou telle analyse.

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 07:10

CHOUETTE

Pour faciliter le contact entre nous, une nouvelle adresse électronique directe est désormais disponible :

guerres-et-conflits@orange.fr

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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