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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 07:11

Déportés en URSS

Récits d'Européens au goulag

Alain Blum, Marta Craveri et Valérie Nivelon (dir.)

Couverture-de-l-ouvrage--Deportes-en-URSS-.jpg

Plongée impressionnante dans un univers sombre et inquiétant qui fut longtemps nié : "Cet ouvrage raconte, à travers la parole de ceux qui l'ont vécue, l'histoire de la déportation de près d'un millions d'Européens qui, entre 1939 et le début des années 1950, furent arrachés, souvent à l'aube, à leur domicile, pour être déportés vers les contrées éloignées du Grand Nord soviétique" précisent dès les premières lignes du livre les co-directeurs de cet ouvrage collectif.

Les quatorze auteurs, français et étrangers, tous spécialistes de cette question et des Etats d'Europe orientale, abordent autour de ce thème général des sujets très différents, ce qui fait toute la richesse du livre. L'histoire séculaire de la pratique de la déportation en Russie et sa quasi "industrialisation" par Staline, la volonté de survivre et de se battre, la place des enfants, la lutte permanente contre le froid et la faim, le rôle des régimes socialistes d'Europe de l'Est dans le processus après 1945, etc. On trouve aussi des portraits, comme celui de Bogdan Klimtchak dans "Itinéraire pénitentiaire d'un ultranationaliste" : "Il est le dernier nationaliste ukrainien à avoir quitté le goulag, en 1990, à un an de l'effondrement du régime soviétique" ! Le tout est sobrement rédigé et les témoignages recueillis sont exprimés avec beaucoup de pudeur : "Il m'a dit que j'étais le premier à qui il ait parlé de ces années plus de cinq minutes".

On apprécie en fin d'ouvrage la chronologie générale commentée, le glossaire et une belle bibliographie. Par ailleurs, le livre est accompagné d'un CD Rom ("Les voix du Goulag") regroupant 26 témoignages (parfois en VO en tchèque, polonais, russe ou hongrois, ce qui ne facilite hélas pas l'écoute), qui semble -autant que nous ayons pu en juger- parfaitement en phase avec le volume et qui donne toute son importance à cette "histoire orale" parfois négligée.

Un très bon livre, non seulement utile, mais indispensable, pour tous ceux qui s'intéressent à l'Europe centrale et orientale au XXe siècle.

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 07:00

Le siècle britannique

Variations sur une suprématie globale au XIXe siècle

Fabrice Bensimon et Armelle Enders (dir.)

  Couverture-de-l-ouvrage--Le-siecle-britannique-.jpg

Empire mondial ? Thalassocratie ? Que n'a-t-on pas déjà écrit sur l'empire britannique à son apogée ? Voici pourtant un livre qui, sur ce thème, apporte réellement un nouveau regard.

Dans une solide introduction à ce bel ouvrage collectif, Armelle Enders dresse un bilan complet de l’historiographie anglaise en la matière et de son évolution au fil du temps, pour constater « [qu’] aujourd’hui comme hier, non seulement l’écriture de l’histoire impériale est très politique, mais elle demeure aussi un objet du débat public ».

Les onze auteurs, dont deux Britanniques seulement, qui ont contribué à la réalisation de ce volume proposent des textes très différents, classés en trois grandes parties : « Circulations impériales », « Le contrôle du monde » et « L’empire hors l’empire ». Des contradictions du combat anti-esclavagiste aux 18e et 19e siècles (Catherine Hall), aux expéditions visant à cartographier l’intérieur de la péninsule arabique avant 1914 (Daniel Foliard), jusqu’à la réception du Self Help de Samuel Smiles dans la culture arabe réformiste (Anne-Laure Dupont), les sujets abordés sont extrêmement divers et chacun peut y trouver un intérêt soutenu. On retiendra en particulier, dans les domaines qui nous intéressent plus régulièrement, l’article d’Anne-Claire de Gayffier-Bonneville sur « L’invention du Condominium anglo-égyptien : un bricolage diplomatique et administratif au Soudan », celui de Jean-François Klein sur « L’opium, une arme impériale (fin XVIIIe siècle - mi XXe siècle) » et ceux d’Armelle Enders et Geneviève Verdo sur, respectivement, « Dans l’atelier de ‘l’empire informel’ : les monarchies portugaise et brésilienne sous protection britannique (ca 1800 - ca 1850) » et « Les Britanniques et les indépendances hispano-américaines ».

Au total, un livre tout particulièrement intéressant, qui sera indiscutablement utile à tous ceux qui s'interrogent sur l'origine, les formes et les représentations de cette quasi-suprématie mondiale pendant près d'un siècle.

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 07:17

 

La vie de la toile...

Ajouts et retrait

internet 2

Dans le cadre de la mise à jour régulière des liens qui figurent en bas de la colonne de droite, nous avons supprimé La plume et le sabre, inactif depuis près de trois mois, et nous avons ajouté le site Liberté pour l'histoire, dont les "Tribunes" et "Débats" en particulier méritent une lecture régulière.

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 07:15

Europe et armements au programme

Pour suivre l'évolution d'un dossier particulièrement complexe et par ailleurs contraint à la fois par les priorités nationales de chaque gouvernement et par des impératifs budgétaires de plus en plus lourds. Dialogue et questions/réponses avec le directeur de la communication de Dassault-Aviation, ancien journaliste.

CAFE STRATEGIQUE

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 07:10

La folle histoire des Windsor

de Victoria à Elizabeth II

Le Figaro Histoire  -  n° 2

Couverture-de-la-revue--Le-Figaro-Histoire-.jpg

Objectivement, la barre avait été placée très haut avec le numéro 1. Avec ce deuxième volume (juin-juillet 2012),  on en vient parfois à se demander s'il s'agit d'histoire ou de "petites histoires" et, après le quasi coup de maître du numéro 1, il faut convenir que ce deuxième volume laisse à certains égards sur sa faim. On ne sait plus très bien, parfois, s’il s’agit pas d’une version « relookée » d’un quelconque magazine « people ». En quoi, par rapport aux autres dynasties, l’histoire des Windsor serait-elle plus « folle » depuis Victoria ? Que nous réservent donc ces « secrets de Lady Di » annoncés en couverture ? Quelle différence avec les photos toutes semblables, les multiples reportages des chaînes de télévision et les innombrables publications parallèles de cette semaine de Jubilé royal ? Bref, fort peu de choses dans les 60 pages de l’imposant dossier central et les derniers articles (relatifs aux menaces qui pèsent sur le musée du Caire, le mariage royal de 1660 à Saint-Jean-de-Luz ou la présentation de l'exposition 'Nos ancêtres les Barbares')  nous semblent à la fois nettement plus originaux et intéressants.

Souhaitons que les prochaines parutions retrouvent des thèmes et un ton plus conformes aux ambitions initiales (de mémoire, "la qualité d'une revue scientifique et celle d'une revue d'art"). A défaut, je n’aurais plus l’occasion de feuilleter ce périodique que lorsqu’il me sera imposé de patienter dans la salle d’attente de mon dentiste, où il sera sans nul doute en  bonne place.

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 07:05

Histoire des drones

Océane Zubeldia

Couverture-de-l-ouvrage--Histoire-des-drones-.jpg

Dans cet ouvrage parfaitement accessible au grand public, mais extrait d'une thèse remarquable soutenue il y a environ deux ans, Océane Zubeldia dresse un tableau très complet de toutes les problématiques liées à l'histoire et à l'emploi des drones, qui occupent si souvent l'actualité à propos des opérations en Afghanistan.

Divisé en sept parties, l’ouvrage aborde d’abord la question de l’origine à proprement parler des « avions sans pilote » depuis le début du XXe siècle, et l’on est surpris d’apprendre, par exemple, la nature et le nombre des expérimentations qui se déroulent aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France dès la Première Guerre mondiale. Dans une seconde partie, l’auteur s’intéresse à ce que les drones représentent industriellement et économiquement dans les différents Etats et souligne que l’industrie privée, plus que le domaine militaire peut-être, constitue aujourd’hui un débouché important. La troisième partie traite de l’emploi opérationnel, des efforts d’Israël aux engagements du Golfe, du Kosovo, à la lutte contre le terrorisme et à l’Afghanistan.

Les trois parties suivantes (4 : France ; 5 : Etats-Unis ; 6 : Israël) permettent d’apporter un éclairage complet sur trois situations nationales différentes. Pour la France, les dossiers du renseignement et des forces spéciales constituent des priorités, et le domaine de la sécurité intérieure reste un objet d'études pointues, sinon de préoccupations. Aux Etats-Unis, le nombre de programmes différents, dont certains s’étendent jusqu’en 2035, donne une idée de l’importance prise par ces systèmes aussi bien dans l’armée de l’air que dans l’armée de terre : « L’armée de terre américaine cumulait en mai 2010 un million d’heures de missions pour l’ensemble de ses systèmes inhabités aériens … Elle réalise actuellement en une seule année plus de 220.000 heures de vol ». En Israël, Etat pionnier, « les drones sont au cœur de la politique d’emploi de défense » et la firme Israel Aircraft Industries « représente le principal employeur industriel du pays avec plus de 14.000 salariés ».

L’ultime partie enfin, titrée « Stratégie et prospective » permet d’élargir la réflexion à d’autres problématiques, technologiques bien sûr (« Quel sera le drone de demain ? »), mais aussi juridiques et morales. En effet, quelle devient la place de l’homme dans la guerre ?, que reste-t-il du droit des conflits armés ?, comment définir un combattant lorsque celui qui « met en œuvre » (on ne sait plus exactement quel verbe employer…) le drone peut se trouver à des dizaines de milliers de kilomètres de sa cible, par l’intermédiaire d’un réseau spécialisé de satellites ?

Le livre se termine sur une chronologie et sur un très utile ensemble d’index, de recueil des sigles, de notes, de références archivistiques et bibliographiques qui permettent au non-spécialiste de parfaitement suivre et comprendre l’ensemble de l’ouvrage. Une étude parfaitement complémentaire de toutes les publications plus techniques ou plus stratégiques qui fleurissent actuellement, auxquelles elle apporte une profondeur et une densité nouvelles. Un livre tout à la fois facile à lire et de référence.

DRONE-1.jpeg

Océane Zubeldia a bien voulu répondre à quelques questions :

Question : Pouvez-vous résumer, en quelques lignes, comment se situe la France dans la véritable compétition internationale qui entoure l’industrie des drones et la définition de leur emploi militaire ?

Réponse : Les drones représentent le secteur qui connait la plus importante croissance dans le domaine aéronautique et les cabinets d’analyse économique sont très confiants en prévoyant un réel renforcement des demandes. Actuellement, les deux « poids lourds » sont les Etats-Unis et Israël. Même si la France n’est pas encore un chef de file en la matière, elle conduit des efforts conséquents pour trouver les meilleures solutions technico-industrielles. Au-delà d’une simple définition, l’emploi opérationnel des drones au sein des forces terrestres et aériennes n’est plus à prouver à travers les différentes missions successives en opérations extérieures comme sur le territoire national.

Question : Vous nous proposez une étude sur des engins sans pilote mais, au-delà des aspects strictement techniques, l’homme semble toujours être au cœur de votre réflexion. Pouvez-vous nous expliquer cette apparente contradiction ?

Réponse :  Nous sommes dans une ère du « tout technologique », alors que, paradoxalement, l’homme n’a jamais été aussi présent. Les drones répondent à cette attente en liant le technique à l’humain. Charge à ce dernier de trouver le bon compromis entre l’efficacité et la sûreté. Des premières expérimentations motorisés des drones pendant la première guerre mondiale jusqu’à nos jours, les évolutions témoignent de la complexité de cette recherche et de l'équilibre à trouver.

DRONES-2.jpg

Question : On a parfois le sentiment, à vous lire, que l’avenir est peut-être davantage dans des utilisations civiles que militaires, et même en dehors de toute question de sécurité et d’ordre public ?

Réponse : Les utilisations militaires sont loin d’être laissées de côté. Les questions de sécurité se placent également au cœur de la réflexion, à cette différence près que pour généraliser cet emploi d'engins inhabités dans la sphère publique les défis sont importants, notamment ceux liés à l’intégration dans la circulation aérienne, mais aussi juridiques. Les applications civiles dans notre quotidien sont pour l’instant peu nombreuses, cependant la diversité de leurs potentialités permet d’envisager dans un proche avenir une véritable "explosion" des utilisations après le dépassement de certains verrous, techniques mais ici aussi juridiques.

Question : Après ce premier essai, quels sont désormais vos projets éditoriaux ?

Réponse : Mes projets concernent l’écriture, commencée, d’un livre sur les As, ces aviateurs de la Grande Guerre, leur personnalité et leur bravoure face aux attentes opérationnelles de l’époque. Il sera édité par le CNRS. Parallèlement, je porte ma réflexion sur les questions liées à la cyberguerre et je poursuis ma recherche sur les drones.

Océane, merci. J'espère que ce premier livre sera suivi par de nombreux autres.

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 07:15

L'aviation du Kaiser dans la Grande Guerre

Champs de bataille thématique  -  n° 26

Couverture-de-l-ouvrage--Champs-de-bataille-Thematique-.jpg

Le sujet n'est certes pas neuf, mais voilà une très bonne synthèse largement illustrée en quelques 90 pages.

Pas de découverte particulière dans ce numéro donc, qui constitue par contre un bon outil de synthèse. L’histoire de l’aviation de combat allemande est évoquée par grandes phases (articles un peu courts néanmoins), à travers ses pilotes, ses appareils et leurs caractéristiques (motorisation, armement) et une approche (ici vraiment trop rapide) des tactiques de combat. Enfin, détail certes (mais quand même !), concernant le confort de lecture, on se demande pourquoi il a semblé nécessaire à la rédaction de choisir pour les titres une police en simili-gothique. S’il s’agissait juste de « faire allemand », l’intérêt semble pour le moins limité.

On retrouve dans ce volume la liste des meilleurs As, l'organisation des unités, un très utile glossaire et toujours les superbes planches colorées des différents modèles entrés en service. A conserver comme premier outil de travail.

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 07:04

Opération Suicide

L'incroyable récit du raid le plus audacieux de la Seconde guerre mondiale

Robert Lyman

  Couverture de l'ouvrage 'Opération suicide'

Voici un ouvrage à certains égard stupéfiant ! Si le raid sur Dieppe, mené par les Canadiens en août 1942, est encore dans les mémoires, qui se souvient de l'opération, "extradordinaire dans sa conception, totalement folle dans son exécution", réalisée par un commando d"une dizaine d'hommes, en décembre de la même année, pour miner les navires allemands à l'ancre dans le port de Bordeaux ?

Le récit de Robert Lyman, historien britannique spécialiste de la Seconde guerre mondiale, est haletant. Il nous replace longuement dans le contexte stratégique de l'époque et nous présente la constitution et l'entrainement du commando qui sera mis à la mer, avec ses canoës, au large de Bordeaux par un sous-marin le 7 décembre 1942, avec pour mission de "couler entre 6 et 12 cagros à Bordeaux-Bassens". Selon la planification, il leur faudrait ensuite, pour être exfiltrés et espérer s'en sortir vivants, prendre contact avec la résistance locale et passer à pied par l'Espagne... Rien, ou presque ne se déroulera comme prévu : deux hommes meurent noyés avant même d'avoir touché le rivage, deux autres sont fait prisonniers dès qu'ils mettent pied à terre, (ils parleront sous la torture avant d'être fusillés). Les six survivants, épuisés, parviennent difficilement à remonter l'estuaire de la Gironde (malgré les forts courants et les tourbillons), en dépit des défenses allemandes sur les berges, désormais alertées : il faut éviter les projecteurs, les sentinnelles, les patrouilleurs armés, ou tout simplement les habitants et les pêcheurs du secteur qui peuvent être tentés d'avertir les autorités de mouvements suspects. Vingt-quatre heures après avoir quitté la protection de leur sous-marin, il n'a plus que deux canoës sur les cinq initiaux, il ne leur reste que seize mines magnétiques et "pire encore, leur présence a été révélée à toute la population adulte d'un village" . Sur ce plan, les commandos britanniques auront de la chance et ne croiseront que des "patriotes" qui sauront se taire. Pratiquement trois nuits de navigation sont nécessaires pour atteindre l'objectif, puisemment défendu. La mission est pourtant (partiellement) remplie dans la nuit du 11 au 12 décembre : en dépit des problèmes techniques (mines qui se sont détachées ou qui n'explosent pas), quatre navires sont plus ou moins sérieusement endommagés. La fuite commence alors, dans l'improvisation la plus totale car rien n'a été concrêtement prévu pour exfiltrer les survivants. Ils ne sont plus que quatre, bientôt plus que deux qui, au terme d'un parcours épique en France occupée, parviendront à rejoindre l'Angleterre. Le major Hasler, dit "Blondie", chef de ces Royal Marines, est l'un des survivants et il se souvient en 1982 : "Le fait que sur dix hommes, huit ne sont pas revenus est au premier plan de mes pensées. C'est facile de célébrer le côté prestigieux de l'opération, mais ça l'est moins de se souvenir que, comme la plupart des faits de guerre, il a fait des ravages parmi les jeunes".

Un simple "coup d'épingle" à l'échelle des engagements massifs de la Seconde guerre mondiale, certes, mais une superbe aventure humaine et un magnifique exploit.

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 07:01

Paris est un leurre

Xavier Boissel

Couverture-de-l-ouvrage--Paris-est-un-leurre-.jpg

On se souvient de l'annonce sur tous les médias nationaux (voir par exemple Le Figaro ou Historia), à l'automne dernier, de la (re)"découverte" par des historiens britanniques d'un projet de reconstitution de "Paris vu la nuit" par l'état-major français en 1918, pour tromper les aviateurs allemands envoyés bombarder la capitale.

Sur ce thème, Xavier Boissel s'est lancé dans la rédaction d'un petit ouvrage (13,90 euros) tout-à-fait passionnant. Il retrace pourquoi et comment les autorités militaires françaises ont décidé d'aménager au nord-est et au nord-ouest de Paris trois zones dont la topographie générale pouvait ressembler à telle ou telle partie de la capitale. Dans les environs de Noisy, de Maisons-Laffitte et de Roissy, a été envisagée (et parfois commencée) la construction de simulacres de zones urbaines, respectivement  des usines, le centre de Paris et de grandes gares. En jouant essentiellement sur des maquettes en bois et un jeu complet d'éclairages trompeurs, il s'agissait de leurrer les pilotes de Gotha qui, en cette lointaine période du début de l'aviation de bombardement, ne disposaient ni de radars, ni d'électronique embarquée. L'auteur ne s'est pas contenté de consulter la presse et les documents d'époque : il a arpenté le terrain en banlieue à la recherche des (très modestes) restes de ce projet un peu fou, maigres souvenirs dont il nous propose les photos au fil des pages. On assiste donc à des aller-retour entre hier et aujourd'hui et Xavier Boissel développe au fil des pages toute une réflexion sur la ville et ses faubourgs, sur le camouflage, le vrai et le faux, sur la simulation à la guerre et dans la guerre.

A partir d'un fait totalement marginal dans l'histoire générale de la Grande Guerre, voici une approche beaucoup plus large de problématiques parfois essentielles. Bref, un petit livre parfois intriguant mais toujours stimulant, qui mérite d'être mieux connu.

Nota : La maison d'édition a mis en place un site dédié au livre, sur lequel de très nombreuses photos et cartes figurent. Pour le visiter, cliquer ici.

Xavier Boissel a bien voulu aller plus loin avec nous :

Question : Pourquoi avoir choisi ce sujet ? Qu'est-ce qui vous a semblé plus particulièrement intéressant dans ce projet de la fin de la Grande Guerre ?

Réponse : L'idée m'a été soufflée par Jérôme Schmitt, des éditions Inculte. Connaissant mon intérêt pour toute pensée critique du simulacre, du double, de la duplication (qui commence avec Walter Benjamin), ainsi que ma curiosité pour tout ce qui touche à l'anthropologie urbaine, il m'a proposé d'écrire ce petit essai. Pour répondre à votre deuxième question, je suis depuis longtemps hanté par la Première Guerre mondiale. Je reste persuadé que cette guerre du XIXe siècle menée avec des moyens techniques du XXe est la vraie césure, celle qui nous fait basculer définitivement dans l'ère moderne. Ce sentiment ce confirme avec les orientations de l'historiographie récente, je songe par exemple au livre de Michel Goya, La chair et l'acier (2004), dont l'approche sociologique montre de façon remarquable ces décalages entre les mentalités et les formidables mutations technologiques de l'époque. Selon moi, cette guerre est matricielle. En explorant les tenants et les aboutissants de ce projet du faux Paris, j'ai eu le sentiment parfois de faire l'archéologie de la guerre moderne : terreur, intégration des populations civiles dans le conflit, intoxication de l'ennemi, lutte informationnelle, etc. Et puis, cette idée de reproduire une fausse capitale illuminée en banlieue parisienne annonce les multiples dispositifs de reproductibilité du réel à venir. Cet aspect est d'autant plus fascinant, que Ferdinand Jacopozzi, l'ingénieur chargé de ce projet par l'état-major français, est celui qui a ensuite éclairé le vrai Paris dans les annnées vingt : de la diversion guerrière au divertissement de masse, la boucle est bouclée.

Question : Votre livre est à la fois un livre d'histoire, mais aussi un essai sur la ville et sur Paris. Avez-vous effectué des recherches particulières dans les archives ? Comment avez-vous "construit" votre ouvrage ?

Réponse : Il y a deux dimensions dans ce livre : celle de l'espace et celle du temps. Je me suis rendu sur place, sur les lieux où l'on avait construit une fausse gare de l'Est à côté de Gonesse et, de manière concomitante, j'ai effectué quelques recherches archivistiques. L'idée, c'était d'abord d'arpenter ces lieux, de fouiller dans les archives, et ensuite de "dézoomer", à la fois sur un plan spatial et sur un plan historique, pour avoir le recul récessaire et bâtir ma réflexion. J'ai d'abord pris contact avec les archivistes militaires et j'ai aussi compulsé les archives de la BNF. La littérature populaire m'a encore été d'un grand secours et enfin certaines collections particulières m'ont beaucoup aidé. A partir de ce matériau historique et des éléments de ma "dérive" suburbaine, j'ai assemblé les pièces du puzzle pour écrire un livre, qui n'est pas au total purement historique, puisque j'ai privilégié une approche plurielle de cette petite histoire, au carrefour de la sociologie urbaine et de la philosophie.

faux-paris-Allemand_scalewidth_630.jpg

Question : Non seulement l'affaire n'a pas été menée à son terme mais, en plus, elle semble avoir très rapidement disparu des mémoires. Savez-vous si le souvenir en a été conservé dans l'un ou l'autre des cercles parisiens de l'entre-deux-guerres ? Qu'est-ce que cela vous inspire ?

Réponse : Le souvenir de ce leurre s'est en effet rapidement estompé dans la mémoire collective, je vois deux raisons à cet oubli : d'une part, il ne faut pas oublier que cette opération d'intoxication de l'ennemi était menée sous le sceau du plus grand "secret défense", ignorée par la grande majorité des Français de l'époque et qu'elle n' a été révélée au grand public qu'après la guerre ; et d'autre part le fait que ce leurre n'ait jamais été véritablement opérationnel, qu'il n'en soit resté qu'au stade embryonnaire, a dû contribuer à son oubli. A part deux numéros de L'Illustration, je n'ai trouvé aucune trace de ce projet dans les cercles parisiens de l'entre-deux-guerres, tout au moins civils. Cette question semblait intéresser d'abord les militaires français. Dans les années trente, le "péril aérochimique" se propage dans les esprits et la réflexion s'engage sur les innovations à apporter dans la défense anti-aérienne. Cependant, à la mort de Jacopozzi, en 1932, même si les rubriques nécrologiques de certains journaux (par exemples celle de Ouest-Eclair ou celle du Figaro) insistent sur le personnage connu en tant que "magicien de la lumière", elle ne manquent pas de rappeler son rôle dans le "maquillage" nocturne de la fausse capitale pendant la guerre. Mais que l'on ait surtout retenu Jacopozzi en tant que magicien de la nuit parisienne et non en tant que "faussaire" mandaté par le gouvernement français ne m'étonne qu'à moitié : cela prouve peut-être que la frivolité et le besoin de légèreté ont fini par l'emporter sur cet épisode guerrier et par extension sur ces quatres terribles années, que les "années folles" ont éclipsées, sinon refoulées.

Question : Il s'agit quelque part d'un projet un peu fou. Au terme de ce travail, avez-vous une réflexion particulière sur la place, par exemple, de l'imagination dans l'élaboration des plans militaires ?

Réponse : Je ne suis pas militaire, mais il me semble que l'imagination est une qualité indispensable à l'art de la guerre, et pas seulement sur le plan exclusivement tactique, mais aussi sur un plan plus prosaïque, plus proche du quotidien. Pour donner un exemple précis, dans le cadre de ma réflexion sur le faux Paris, j'ai été amené à évoquer la question du camouflage. Je me souviens d'une exposition consacrée à cette question à l'Historial de Péronne il y a une quinzaine d'années ; j'avais été particulièrement frappé par les liens étroits qui unissent les militaires à l'avant-garde de l'époque, notamment le cubisme. "C'est nous qui avons fait ça !" : la réflexion de Picasso à Gertrude Stein, après avoir vu un canon camouflé boulevard Raspail, n'a rien d'une boutade. L'imagination est créatrice, pour paraphraser Ribot. C'est quelque chose que l'on perçoit très bien dans le livre de Goya : les soldats qui sont en première ligne font appel à leur ingéniosité pour survivre. L'imagination va à rebours des vues figées et sclérosées de l'état-major. J'irai même jusqu'à dire que la vérité du terrain, celle du champ de bataille, l'exige.

Merci très vivement Xavier Boissel pour ces longues réponses qui ouvrent de vraies pistes de réflexion. A bientôt.

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 07:20

Histoire et pensée stratégique

IRSEM  -  Musée de l'armée

IRSEM

Rappelons la tenue cette semaine de cet important colloque, qui se déroulera mercredi 6 et jeudi 7 juin à l'auditorium Austerlitz des Invalides. Les nombreux intervenants s'efforceront de répondre à cette question délicate : quelle a été, et quelle est aujourd'hui, la place de l'histoire par rapport aux autres disciplines (du domaine des sciences humaines), dans la réflexion stratégique ? Deux journées très denses qui promettent de fructueux débats.

Au programme :

6 juin  -  09h00 / 12h30  Aspects généraux et épistémologiques

(avec les communications de Beatrice Heuser, du général Vincent Desportes, de Hew Strachan, et de Brian Holden Reid)

6 juin  -  14h00 / 18h00  Epoque moderne

( Hervé Drévillon, Thierry Widemann, Bruno Colson et Patrick Bouhet)

7 juin  -  09h00 / 12h30  Autour des guerres mondiales

(Pierre Jardin, Rémy Porte, Benoist Bihan et Jacques Sapir)

7 juin  -  14h00 / 18h00  Aspects contemporains

(Jean-Christophe Romer, Jean-Christophe Noël, Pierre Journoud et Elie Tennenbaum)

INVALIDES

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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