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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 07:00

Honneur, où es-tu ?

André Dupuy

  Lettre698.jpg

Rares, très rares sont les témoignages de sous-officiers, et ce seul titre justifiait que nous nous intéressions au livre d'André Dupuy. Sa lecture est pleine de surprise, sa recension plus difficile encore : ajouter "Honneur", ou mieux "HONNEUR", à chaque détour de paragraphe ou de chapitre pose le débat à un niveau qui ne correspond pas toujours à de simples heurts de caractères.

Président de la section de Nouvelle-Calédonie de la Société d'entraide de la Légion d'honneur, grand mutilé de guerre, André Dupuy est né en 1929 en Ardèche et embarque en 1951 comme jeune sous-officier des troupes coloniales pour l'Indochine, où il reçoit bientôt sa première citation et la Croix de guerre des TOE.

La première partie du livre est donc consacrée à sa carrière militaire. Chef de poste isolé, actif et entreprenant, il s'efforce de déstabiliser le Vietminh en patrouillant de nuit et obtient rapidement quelques succès, mais dès la page 24 pointe l'expression d'un regret : "J'ai eu la désagréable impression que nos actions répétées ne furent jamais très appréciées par notre commandant de secteur. Impression vite confirmée : aucune citation pour mes gars ou pour moi-même, alors que 'nos services' font état de plusieurs dizaines de morts chez l'ennemi". Le même thème revient page 26, puis page 34, page 36 encore et ainsi de suite. Là réside toute l'ambiguité de cet ouvrage. Le récit est vif, passionné et passionnant ; le témoignage direct, avec des mots simples, des formules d'expression orale qui touchent le lecteur. Grièvement blessé, mutilé de guerre (amputation de la jambe), il connaît après son départ d'Indochine plusieurs affectations africaines (bref passage à Tunis, Dakar, Sahara, Bangui très brièvement), puis effectue un séjour d'un peu plus d'un an à Paris  dont il ne garde pas un souvenir ému ("Mis à part pour les carriéristes, Paris n'est pas une affectation de premier choix ... Pas d'initiative, pas de camaraderie. Quelques très grands patrons entourés de besogneux qui essayent de faire illusion" !), avant de séjourner trois ans à Madagascar. Muté au sein de l'état-major des Forces Françaises en Allemagne à la fin de l'année 1968, il est "happé" par Massu. Désormais, derrière "l'habillage" d'une affectation, il devient de plus en plus pour les différents généraux sous les ordres desquels il sert l'organisateur des parties de chasse... jusqu'à son installation définitive à Nouméa en 1973.

Adjudant-chef, il devient en "seconde carrière" personnel civil de la Défense en Nouvelle-Calédonie, se heurte bientôt à ses supérieurs ("Le Seigneur a rendu sa JUSTICE. Le Général en question est décédé, le persécuteur est à la retraite, il ne peut plus nuire"), puis entame une longue série de procédures judiciaires, dont trois passages en Cour de cassation, pour faire reconaître ses droits de grand mutilé de guerre. Parallèlement, il se lance dans le tir de compétition et la vie associative, se consacre à la Société d'entraide de la L.H. et vient en aide aux blessés et mutilés. Cette longue seconde partie représente pratiquement la moitié du livre et, sans doute poussé à bout par des "lourdeurs" administratives probablement règlementairement justifiées mais humainement insupportables, prend un ton presque systématiquement hostile à la plupart des "élites", qui jamais ne le comprendraient. Plus les pages défilent et plus la question de son élévation comme commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur semble devenir importante pour lui. Confronté semble-t-il à des maladresses inacceptables et à quelques manques de considération grossiers (des anciens combattants et mutilés de guerre qui attendent sous la pluie par exemple), André Dupuy mutiplient les exemples, se perd dans des considérations diverses sur Madoff ou Obama, traite longuement du fonctionnement interne de la Société d'entraide, évoque à plusieurs reprises la figure de Jacques Lafleur, devenu son ami, "apprécié, voire aimé, par l'ensemble des ethnies de ce Territoire"...

Au hasard du récit, s'il condamne fermement les passe-droits des uns et des autres, il ne se plaint pas des quelques facilités qui lui furent offertes par la fréquentation de différents généraux : lorsqu'il est affecté à Madagascar, son épouse ne peut pas être mutée parallèlement car "le poste est paraît-il retenu". Affaire solutionnée en quelques minutes" ? Une "intervention" similaire règle en 1968 son affectation rapide à Baden-Baden. Enfin, la plupart des annexes placées en fin d'ouvrage sont constituées par les pièces de son dossier pour la cravate de commandeur... Dossier personnel et sensible s'il en est, dont la présentation vise à nous faire admettre qu'il serait victime d'une sorte de machination "administrativo-parisiano-élitiste". La plus simple absence d'intelligence de situation des fonctionnaires de Feydeau peut aussi bien être une explication plausible.

Un ouvrage difficile à recenser, disions-nous en introduction. Il éclaire en tout cas, avec toutes les imperfections d'un témoignage personnel marqué par de fortes réactions affectives, le différentiel qui existe entre la réalité vécue et une gestion administrative parfois besogneuse, entre le souvenir d'un engagement ancien et sa perception par la société d'aujourd'hui, entre la volonté d'un homme qui a littéralement "construit et reconstruit" sa vie et ce que ressentent les autres. Il peut, en fait, se lire à trois niveaux : la guerre d'Indochine du sous-officier André Dupuy d'abord, l'investissement d'un homme au bénéfice de ses camarades et des malheureux ensuite, et au-delà de son cas personnel le besoin de reconnaissance de certains anciens combattants dans un monde qui ne "se souvient" plus d'eux. Un sentiment mêlé d'admiration et d'aigreur. Une impression confuse d'un parcours individuel superbe et d'un entêtement incompréhensible. Un livre, peut-être, à lire au deuxième degré, pour se détacher malgré tout des situations individuelles et particulières relatées par l'auteur.

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:15

ANOVI

Catalogues spécialisés

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La société ANOVI, que nous présentions le 30 mai dernier, a eu l'heureuse idée de réaliser et de diffuser de petits "catalogues spécialisés" de l'ensemble de ses titres, par thème ou par période historique :

- Le XIXe siècle, 1815-1870

- La grande Guerre, 1914-1918

- L'Europe orientale, 1918-1940

- L'année 1940

- 1940-1945. La France de Vichy et l'occupation

- La Résistance, 1940-1944

- L'armée d'Afrique, 1940-1944

Anovi---L-armee-d-Afrique-1940-1944.jpg

Toutes les demandes peuvent être adressées à : ANOVI, la Maison Rouge, 37220 Avon-les-Roches, ou par courriel via http://www.anovi.fr/new/index.php

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:14

Indochine, Algérie : l'armée s'en va ...

Combats et 0pérations  -  n°  3

Combats-et-Operations.jpg

Pour ce troisième numéro, la revue s'efforce de "coller" par l'histoire à une certaine actualité. Dans un article introductif, Michel Goya expose les caractéristiques délicates d'une sortie d'un théâtre d'opérations, puis les articles alternent d'Indochine ("Indochine, la France s'en va", par Ivan Cadeau ; "1954, l'opération Auvergne", par Michel David) en Algérie ("Ils ont fait leur devoir", par Jean-Charles Jauffret ; "L'armée quitte l'Algérie", par Thierry Noulens). Jacques Frémeaux signe un beau portrait de "Marchand, de Fachoda à la Grande Guerre" et Alain Petitjean présente l'histoire des "Ecoles du génie" depuis l'Ecole royale de Mézières en 1748.

Un numéro varié, disponible depuis ce week-end chez votre marchand de journaux.

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:11

Le souvenir de 1870

Histoire d'une mémoire

Jean-François Lecaillon

Le-souvenir-de-1870.jpg

La guerre de 1870-1871, avec le changement de régime en France, la proclamation de l’empire en Allemagne, la perte de l’Alsace-Lorraine et la Commune, constitue un événement essentiel de l’histoire de France. Dès août 1914, toutes les autorités politiques et morales de la IIIe République en utiliseront le souvenir dans les campagnes de propagande contre « les Boches », que l’on nommait encore souvent « les Pruscos ».

Tout l’intérêt de l’ouvrage de Jean-François Lecaillon est de nous présenter chronologiquement les manifestations et les formes successives de ce souvenir d’une des plus cuisantes défaites de l’histoire de France. S’appuyant sur une connaissance probablement presque encyclopédique de son sujet, l’auteur articule son livre en trois grandes parties. Il recense dans un premier temps les chroniques d’une défaite militaire suivie d’une guerre civile (juillet 1870 - mai 1871) ; aborde ensuite la période essentielle de la première partie de la IIIe République, entre le début des années 1870 et 1914 ; termine par les évolutions plus marquées encore du XXe siècle, de 1915 à nos jours.

La partie la plus dense est bien sûr la seconde, mais la plus surprenante est sans doute la troisième. Au cœur du livre, entre 1871 et 1914, l’auteur distingue quatre périodes nettement identifiées : 1871-1879, « Se souvenir pour rendre compte » ; 1880-1892, « Se souvenir pour rendre hommage » ; 1892-1901, « Se souvenir pour rendre vie » et 1902-1914, « Se souvenir pour se préparer », qu’il analyse à travers l’évolution du discours politique national, la presse et la littérature. Certaines observations sur les conséquences de la disparition des « anciens combattants », par exemple, pourraient sans difficulté être transposées (« toutes choses étant égales par ailleurs », comme disent les économistes) à l’après-Grande Guerre ou à l’après-Seconde guerre mondiale. La dernière partie comporte une analyse critique des principaux ouvrages publiés depuis 1945 sur le sujet, critique parfois très nette (dont La revanche d’Henry Contamine, pp. 213-214) ; et une première étude chiffrée des résultats obtenus en interrogeant Internet (Google, Wikipédia): en dépit des progrès de l’historiographie, « les légendes persistent ». Dans un domaine proche, et presque sur le même ton, une comparaison, dans la même partie, des principaux manuels scolaires parus entre 2003 et 2007 est "éclairante".

Bref, un livre original, riche, stimulant. Un simple réserve : sans doute aurait-il été intéressant de "jeter un oeil" un peu plus appuyé du côté des publications militaires pour se demander en quoi et dans quelle proportion au fil du temps l'analyse a postériori de la guerre de 1870 avait pu influencer la préparation de celle de 1914. Un livre, cependant, que liront avec plaisir tous les amateurs d’histoire militaire, politique et sociale des deux derniers siècles.

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:00

Les Américains à Paris sous l'occupation

Charles Glass

Couverture-de-l-ouvrage--Les-Americains-a-Paris-.jpg

La petite collection Biblis (le format poche des éditions du CNRS) monte en puissance avec cette nouvelle parution tout-à-fait intéressante, dont la première édition en français remonte à 2010.

Si l'ouvrage s'ouvre sur une affirmation un peu rapide rapide ("L'ambassadeur, William Bullitt, que le Gouvernement français sur le départ avait effectivement nommé maire de Paris le 12 juin"), heureusement précisée un peu plus loin, et si l'on peut observer ici ou là quelques approximations, il n'en demeure pas moins que cette étude d'ensemble de la plus importante communauté américaine en Europe à l'époque est absolument pasionnante. Du transfert d'autorité à l'armée allemande dans la capitale devenue ville ouverte en juin 1940, au constat qu'en 1944, lors du défilé des vainqueurs sur les Champs Elysées, il n'y avait pas un seul soldat noir sur les rangs américains, Charles Glass relate dans le détail le quotidien des quelques 5.000 Américains (sur 30.000 quelques semaines plus tôt) qui restèrent dans la ville. Il appuye son récit sur de très nombreuses archives et de multiples témoignages, multipliant les exemples précis et les cas concrets, au point d'aileurs que l'on a parfois le sentiment de "perdre le fil" de l'histoire générale pour ne se consacrer qu'à des situations individuelles exceptionnelles. Au fil de ces "tranches de vie", il revient en particulier longuement sur la figure tout-à-fait atypique de Charles Bedaux, le lecteur croise René de Chambrun et sa famille, séjourne dans l'hôpital américain de Neuilly, qui facilite l'exfiltration des aviateurs alliés tombés en France occupée, ou passe par la bibliothèque américaine de Paris.

Cinquante pages de notes, bibliographie et index complètent ce volume. Il y aurait sans doute une étude plus synthétique à écrire, ou un chapitre plus général à intégrer dans une prochaine édition, mais en l'état ce livre (bien que "pointilliste") constitue une excellente approche des situations exceptionnelles vécues par les représentants de la communauté américaine de France.

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 07:15

La supériorité militaire allemande ?

Le mythe du siècle !

Guerres & Histoire  -  n° 7

  Guerres--Histoires.jpg

Alors que de si nombreuses revues spécialisées titrent avec une lassante régularité sur les succès (nécessairement toujours plus ou moins exceptionnels) des armées allemandes au XXe siècle, Guerres & Histoire poursuit son fécond et salutaire travail de remise en question avec ce titre accrocheur : "La supériorité militaire allemande ? Le mythe du siècle !". Même si les articles ne sont, au final, pas si négatifs ou hostiles que cela, même si certains points de détails peuvent être discutés (par exemple, le blocus et donc les déficits en acier -une fois que les trois priorités chemin de fer, artillerie, sous-marins ont été honorées- expliquent aussi pourquoi les Allemands ne font pas le choix du char en 1917), l'ensemble du dossier est absolument à lire (voir par exemple "Quand les vaincus écrivent" de Nicolas Aubin et "Liddell Hart, le manipulateur").

Pour le reste, Guerres & Histoire confirme sa position légitime de première revue généraliste : toutes les grandes périodes ou presque sont abordées, et l'on retient en particulier (outre les rubriques habituelles) l'article sur "Caméra au poing. Frantz Adam, la Grande Guerre vue au Pocket" et celui de Maurin Picard sur "Dong Khé, 1950 : Dien Bien Phu avant l'heure". Un numéro aussi séduisant que les précédents !

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 07:10

Comment la guerre de 1914-1918 a fait émerger le football en France

Jules_Rimet.jpg

Jules Rimet, lieutenant d'infanterie, croix de guerre 14-18


Alors que l'Euro 2012 vient de débuter, Michel Merckel, qui a récemment fait paraître un ouvrage complet sur cette question (14-18. Le sport sort des tranchées, que nous allons chroniquer dans les tous prochains jours), nous adresse un article qui met en relief le rôle joué par la Grande Guerre dans le développement du football en France.

Pour lire l'article complet, cliquer ici.

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 07:05

Du bouclier antimissile

aux nouvelles relations américano-russes

2000-2011

Benjamin Bord

Couverture-de-l-ouvrage--Du-bouclier-antimissile-aux-nouvel.jpg

Voilà un livre intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord, il faut le souligner car le fait est assez rare, il a été rédigé par un étudiant actuellement en M2 (IEP d'Aix-en-Provence), sur la base d'un mémoire de M 1. Jean-Charles Jauffret, dans sa préface, explique d'ailleurs tout le bien qu'il pense de cet étudiant.

Le corps de l'ouvrage se divise en deux grandes parties. La première traite méthodiquement de la question du bouclier antimissile, de sa relance sous la présidence de G. W. Bush à sa profonde évolution sous celle de B. Obama. Cette étude est conduite en prenant en compte à la fois la situation intérieure américaine, mais aussi (et surtout) les nombreux changements qui interviennent sur la scène internationale, en particulier après septembre 2011. Les questions de la "troisième position" américaine et celle des relations entre les USA et l'Europe d'une part et les USA et la Russie d'autre part sont bien sûr longuement abordées. La seconde grande partie est davantage centrée sur la Russie elle-même et son rapport avec les Etats-Unis, les notions de "puissance pauvre", de "dialogue indirect", de "sécurité énergétique" sont par exemple au coeur de ces chapitres. L'ouvrage se termine sur une interrogation : "Quelles perspectives pour les relations américano-russes ?" et aborde en particulier des thèmes comme "l'étranger proche" et son importance pour Moscou, ou, plus original, celui de la "méfiance mutuelle" du fait du "poids des regards" et du "poids des hommes"

On apprécie particulièrement les annexes (dont la traduction de deux discours du président Obama en 2009), la chronologie finale, l'index et surtout l'extrême précision d'une bibliographie semble-t-il presque exhaustive. Un seul bémol de forme pour notre part : le style qui, tout en étant correct, n'est pas encore tout-à-fait "classique", certaines formules ou tournures de phrases se rapprochant de l'expression orale plus que de l'expression écrite. En dépit de ce (léger) regret, voilà un petit livre (208 pages) extrêmement riche et dense, absolument indispensable aux étudiants et aux citoyens intéressés par ces questions, et qui constitue un très bel exemple de ce que peut réaliser un jeune chercheur talentueux.

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Benjamin Bord a bien voulu répondre à quelques questions sur son parcours d'une part et son analyse de la situation d'autre part.

Question : Il est rare qu'un étudiant en M2 puisse publier son premier livre. Pourriez-vous nous expliquer comment cela a commencé et le déroulement de cette aventure éditoriale ?

RéponseAvec du recul, je dois dire que la publication de ce livre est venue de manière assez fortuite. Etudiant en 4e année à Sciences Po Aix en Provence l'année passée, la spécificité du cursus m'imposait de réaliser un mémoire dont la soutenance permettrait, avec l'épreuve du grand oral, la validation du diplôme. Un sujet faisant le lien entre le bouclier antimissile et les relations américano-russes entrait parfaitement en cohérence avec le lieu de ma mobilité en 3e année, la Pologne, et ma passion pour les relations internationales. A l'époque, il est vrai que la composante européenne du projet devait être répartie entre la Pologne et la République Tchèque. La soutenance se passa pour le mieux mais je ne pensais pas que ce mémoire pourrait connaître une suite ! En octobre 2011, dans les couloirs de Sciences Po, je découvris par hasard une affiche présentant un concours de mémoires de recherche organisé par les éditions L'Harmattan. J'envoyai donc un exemplaire de mon travail. Deux mois plus tard, à ma grande surprise, je reçus un courrier m'indiquant que j'étais lauréat. Ce courrier était aussi accompagné d'un contrat d'édition...

Question : Pouvez-vous établir un point d'avancement du dossier ? On parle régulièrement de ce "bouclier antimissile", mais quel est son niveau de réalisation effective

Réponse : L'histoire retient l'IDS et le coup de bluff de R. Reagan comme point de départ du projet. Mais l'idée de se défendre contre des missiles balistiques n'est pas nouvelle. Elle date de la fin de la Seconde Guerre mondiale et des premiers missiles V1 et V2. Les Etats-Unis, forts d'une puissance financière, technologique et industrielle sans rivales, se lancèrent alors dans une série de programme successifs pour compléter leur "épée nucléaire" par un "bouclier". C'est l'accélération des programmes souhaitée par George W. Bush (avant les attentats du 11 septembre) qui sonnerait le passage d'un projet fiction à la réalité. Aujourd'hui, la composante la plus effective et perfectionnée est celle de la veille. Les premiers radars sont en place et fonctionnent parfaitement. Ce qui pose encore problème, ce sont les intercepteurs qu'ils soient montés sur silos (Fort Greely, Vandenberg), sur frégates (système Aegis) ou sur batteries mobiles de missiles (Patriot améliorés). Les tests montrent certes un perfectionnement constant mais n'évacuent pas toute marque d'un manque de fiabilité. En résumé, les Etats-Unis sont capables d'intercepter un missile balistique de conception rudimentaire (sans leurres et non mirvé). Il en est tout autrement pour les autres missiles balistiques plus perfectionnés.

Question : Les positions des gouvernements européens restent semble-t-il très partagées. Comment situez-vous aujourd'hui cette question du bouclier antimissile par rapport à la problématique de l'Europe de la Défense ?

Réponse : En effet, c'est là un des aspects de mon analyse que de montrer la division des gouvernements européens sur la question. J'avais retenu trois catégories : les pays participants au projet, les pays favorables au projet qui n'y participeraient pas, et les pays réticents. Mais le fait d'avoir donné l'occasion à l'OTAN de soumettre l'idée d'une défense anti-missile plus partagée (car otanienne) lors du sommet de Lisbonne a quelque peu modifié la donne. Lors du dernier sommet du G8, la France qui était jusque là nettement réticente à l'idée du projet, a par exemple adopté une attitude beaucoup plus compréhensive. C'est une affaire à suivre.

Pour ce qui est de l'Europe de la Défense, à mon sens, le projet de bouclier antimissile doit faire l'objet d'une double lecture. D'une part, ce dossier témoigne d'un manque d'ambition de l'Europe de la Défense lié sans doute au manque de volonté de certains Etats. Rappelons seulement que le bouclier antimissile ne représente pas plus de 1% du budget de défense américain. Avec de la volonté, ce serait un effort à la portée des Européens. D'autre part, sans tenir compte de la crise, il est évident que de nombreux Etats sont prêts à faire des concessions à l'OTAN qu'ils ne seraient pas prêts à faire s'il s'agissait de l'Europe de la Défense.

Question : La récente réélection (qui était attendue) de Poutine à la présidence de la fédération de Russie ne conforte-t-elle pas les adversaires les plus résolus du projet ?

Réponse : Comme je le défends dans mon livre, V. Poutine, tout comme D.Medvedev, incarnent une Russie en quête de renouveau sur la scène internationale depuis l'effondrement de l'URSS. Cet effondrement a été vécu comme une véritable humiliation. Rappelons à ce sujet la remarque de V.Poutine qui affirmait que "l'effondrement de l'URSS était la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle". Et donc, la politique extérieure russe doit aujourd'hui être lue à la lumière de cette nostalgie, non pas de l'URSS, mais plutôt du statut de grande puissance. La Fédération de Russie est en quête de respect sur la scène des relations internationales et les dirigeants russes sont donc très frileux lorsqu'ils voient les Etats-Unis et l'OTAN, ces deux ennemis d'hier, étendre leurs intérêts sur leur ancienne sphère d'influence. De ce point de vue là, je dirais que la fermeté de l'opposition russe sur le dossier du bouclier antimissile dépend du "paramètre américain". De ce fait, c'est plus le résultat des élections présidentielles américaines que la permanence du duo Poutine-Medvedev au pouvoir qui déterminera l'attitude russe sur le dossier. B. Obama, plus conciliant, a en effet réussi à adoucir la position russe. En revanche, les récentes déclarations profondément russophobes de M. Romney ne sont pas sans rappeler le risque d'une nouvelle cristallisation des positions si le candidat républicain était élu. En tout cas, il est certain qu'avec le retrait (très coûteux) d'Afghanistan qui s'annonce, les dirigeants russes auront d'autant plus d'atouts à faire valoir.

Question : Le président Obama a semble-t-il également évolué dans son analyse. Parle-t-on de ce dossier dans le cadre de la campagne présidentielle américaine et quelle pourrait être selon vous la position du prochain président américain, démocrate ou républicain ?

Réponse : Cette question fait le lien avec la précédente. S'il est un point intangible de la stratégie Obama dans le dossier du bouclier antimissile, c'est la perception de la menace iranienne. Comme George W. Bush, c'est un point sur lequel il ne transigera pas. Ce qui a évolué chez B. Obama, ce n'est donc pas la finalité du projet, mais ses modalités. Car comme le rappelle Henry Kissinger, comment, en cas de catastrophe nucléaire, un président pourrait-il expliquer qu'il avait potentiellement la technologie pour contrer cette attaque mais qu'il n'a pas souhaité la développer ? Ainsi, quel que soit le vainqueur des élections, le bouclier antimissile sera installé. Et pour ma part, bien que la récente "affaire du microphone" lors du dernier sommet du G8 ait permis à M. Romney de dénoncer le manque de fermeté de B. Obama envers la Russie, je reste persuadé qu'avec le retrait d'Afghanistan que le nouveau président devra monnayer avec les Russes, est une contrainte de taille suffisante pour que les Etats-Unis écoutent ce que les Russes ont à dire sur le bouclier.

Merci Benjamin pour ces longues réponses et bon courage pour vos prochains travaux.

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 07:01

1945. L'empire rompu

Syrie, Algérie, Indochine

Henri de Wailly

Couverture-de-l-ouvrage--1945--l-empire-rompu-.jpg

L'auteur, historien bien connu dont plusieurs des récents ouvrages ont été primés, nous livre ici une étude originale. Il s'intéresse en effet à une année présentée comme "charnière" : 1945. Il s'en explique dès la première phrase : "Au moment où l'on bombarde Damas, une grave insurrection éclate en Algérie et des émeutes ont lieu au Maroc. Madagascar s'agite, Bouguiba, en Tunisie, réclame l'indépendance, et Hô Chi Minh, en Indochine, la proclame déjà. En l'espace de quelques semaines l'Empire français est secoué de mouvements autonomistes puissants". Une date antérieure aurait tout aussi bien pu être choisie, mais ce choix de l'auteur se justifie pleinement.

Les six chapitres qui constituent le volume sont organisés en trois parties de tailles bien différentes. En amont et autour du 27 mai en Syrie, les quatre premiers détaillent le processus qui selon Henri de Wailly conduit à une politique qui "fut de bout en bout un échec", processus auquel les Britanniques ne sont pas étrangers et dans lequel la figure du général de Gaulle ne sort pas grandie. Un seul (chap. 5 : "Le sang") s'attache aux antécédents et au déroulement de l'insurrection d'Algérie : "le 8 mai, à Sétif, Bône et Guelma, c'est l'explosion" et Henri de Wailly analyse également l'évolution de la situation dans les jours qui suivent. Le dernier enfin (chap. 6 : "L'indépendance") traite, sous la même forme, du coup de force japonais à la proclamation de l'indépendance par "un comité de patriotes" instrumentalisé par Hô Chi Minh et Giap, de la situation en Indochine..

En conclusion, l'auteur constate qu'approximativement un an et demi après le discours de Brazzaville, la France du général de Gaulle et de ses successeur emploie le canon face aux aspirations nationales dans l'Empire : "Cette politique de violence va, en moins de vingt ans, mener l'empire colonial au désastre" et il tente d'analyser la part de responsabilité du général de Gaulle lui-même dans ces événements : "Le chef du gouvernement provisoire imposa une politique qu'il était seul à concevoir et que certains contestaient, mais il était l'objet de la vénération populaire et il était muni de tous les pouvoirs de l'Etat. Nul ne pouvait donc intervenir"

Des analyses que l'on peut parfois contester, des conclusions que l'on peut critiquer, mais à n'en pas douter un livre parfaitement construit et argumenté et qui mérite d'être lu attentivement.

 

france-outre-mer-2.jpg

Henri de Wailly a bien voulu nous apporter quelques précisions complémentaires.

Question : Pourquoi avoir choisi 1945 comme année-repère, alors que la situation au Levant, en Indochine ou en Afrique du Nord n'est pas foncièrement meilleure dans les années qui précèdent et alors que les partis nationalistes locaux ont été créés pour l'essentiel durant l'entre-deux-guerres ?  

Réponse : Parce que c’est en 1945 qu’explosent brusquement et simultanément les crises qui se préparaient en effet dès avant-guerre. C’est en travaillant sur le Levant que j’ai soudain pris conscience que les deux autres conflits, l’Indochine et l’Algérie, s’étaient déclarées en même temps, en l’espace de quelques semaines. Cette coïncidence entre des évènements à la fois identiques et éloignés m’a amené à m’intéresser à leur racine commune. Ayant eu lieu lors de la Libération, la crise du Levant était inconnue des Français, la crise d’Indochine avait lieu trop loin pour les inquiéter, et l’affaire de Sétif était demeurée si secrète que personne, même à Alger, n’en avait entendu parler. Quel lien les réunissait ? C’est l’origine de cet ouvrage.

Question : Vous consacrez plus de 160 pages sur 310 à la situation au Levant. Faut-il y voir simplement une suite de vos travaux antérieurs ou ces événements sont-ils à vos yeux plus particulièrement représentatifs ?

Réponse : Les évènements du Levant s’étendent de septembre 1941 à mars 1946. Cinq ans. Ils impliquent en permanence le chef du Gouvernement Provisoire. Il importait donc de les détailler en adossant attentivement le texte aux documents et aux témoignages, toute implication du général de Gaulle soulevant des soupçons d’intention polémique. Il s’agissait donc d’être précis et de s’en tenir strictement aux faits. Les évènements d’Indochine, de la capitulation japonaise à l’échec de la conférence de Fontainebleau, s’étendent d’août 1945 à septembre 1946, soit un an. La crise de Sétif, très courte, occupe deux semaines du 8 au 22 mai 1945, date de la reddition des rebelles. Le nombre de pages consacré à chaque crise reflète donc assez bien leur durée respective.

Question : A propos des événements de Guelma, citant Jean-Charles Jauffret, vous relativisez la responsabilité du général Duval dans la répression, par rapport à celle des autorités civiles. Pouvez-vous développer ?

Réponse : Le général Duval est un militaire. Il obéit, comprend la gravité de la menace et frappe aussi fort qu’il le peut, avec tous les moyens dont il dispose, parce qu’il en a très peu (L’armée est tout entière en Allemagne) et qu’il faut circonscrire immédiatement l’incendie qui risque de se propager. Il est brutal, mais il reste dans son rôle. La population d’origine européenne étant au bord de la panique devant la violence des manifestants, des fonctionnaires civils, à Sétif comme à Guelma, sortent, eux, de leur rôle et certains d’entre eux participent à la répression. Je ne m’étends pas trop sur leurs interventions demeurées secrètes, mais je cite un témoignage que j’ai recueilli moi-même d’un fonctionnaire civil qui avait lui-même servi la mitrailleuse d’un half-track de la Légion.

Question : La personnalité de l'amiral Thierry d'Argenlieu et les décisions qu'il prend en Indochine font l'objet de fréquentes critiques. Qu'en pensez-vous aujourd'hui et le choix d'un autre Haut-Commissaire pouvait-il être fait ?

Réponse : Oui, le rôle de l’Amiral Thierry d’Argenlieu est de toute évidence gravement négatif, les faits le démontrent. Vous me demandez mon avis ? En tant qu’historien je n’ai pas d’avis, je m’efface autant que je le puis derrière les textes et les témoignages que je livre au lecteur, le laissant libre de fonder son jugement. Maintenant, off record, la décision du général de Gaulle de chapeauter Leclerc par l’Amiral me paraît incompréhensible. C’est dans la psychologie du Général qu’il faudrait trouver l’explication. A la lumière du temps, Leclerc en Indochine, comme Catroux au Levant, était de toute évidence un politique beaucoup plus pénétrant et réaliste que le chef du GPRF. Suivre les conseils de Leclerc et Catroux aurait évité à la France et aux pays colonisés des années de chagrin et des flots de sang. Le Haut-Commissaire, aurait dû, je pense, être Leclerc seul, l’Amiral ayant rejoint son monastère.

Question : Au-delà de la proximité temporelle des événements, quels autres rapprochements pouvez-vous établir entre des territoires si différents ?

Réponse : Vous me demandez ici un avis personnel ? Merci de ne pas confondre l’avis du citoyen, qui est impliqué,et celui de l’historien, qui ne doit pas commenter. Voici donc mon avis: je connais assez bien ces trois territoires. S’ils étaient totalement différents par la géographie, la culture, l’histoire, les langues, les ressources, ils partageaient un facteur commun essentiel, le fait d’avoir été colonisés par la France. Malgré les violences de la conquête, les injustices de la mise en œuvre, les rigueurs de la surveillance, et même le racisme, l’apport de la métropole était néanmoins immense en termes de santé, d’équipement, d’éveil intellectuel et culturel. Malgré les défauts du système, les liens qui nous réunissaient étaient étroits, confiants, souvent presque fusionnels. L’amour réciproque n’était pas artificiel. La praxis terroriste marxiste, basée sur la haine, couplée avec l’aveuglement d’une politique française hésitante et impérialiste, ont totalement ruiné la chance inouïe que nous avions de manifester de la grandeur et de  conserver de l’influence.

Merci vivement Henri de Wailly, pour ces réponses aussi franches que directes. A très bientôt sans aucun doute.

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 07:15

Les relations de la campagne de Russie et le discours sur les batailles de l'Empire

Hervé Drévillon et Yves-Marie Rocher

SHD 1

Conférence prononcée demain, 13 juin, à partir de 18h30,

dans les locaux du Service historique de la Défense (Vincennes, métro ligne 1 château de Vincennes).

Entrée libre et gratuite sans réservation préalable.

Insigne SHD

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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