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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 06:00

Comment j'ai infiltré la Gestapo

Mémoires d'un agent double

Jean Lacipiéras

Dans la déjà longue série de témoignages atypiques publiés depuis Un marsouin au Congo en 2011 (ici), les éditions de Taillac nous proposent aujourd'hui la réédition d'un livre paru dès 1949, mais poursuivi devant la justice l'année suivante et quasiment introuvable.

Les épisodes de sa vie que Jean Lacipiéras nous raconte sortent en effet de l'ordinaire. L'avant-propos de François de Lannnoy permet de resituer l'auteur, jeune militant nationaliste de l'entre-deux-guerres tenté déjà par l'action clandestine. Après une belle campagne de 1939-1940, très active à la tête de son corps franc et qu'il termine comme adjudant avec la médaille militaire gagnée au feu, il rejoint l'Armée secrète et devient agent de renseignement infiltré pour la résistance, entre Gascogne et Languedoc : "Je suis entré dans la Gestapo (d'abord la LVF puis à la Garde des communications) sur ordre de mes chefs. J'ai porté, comme un cilice, l'uniforme à la tête de mort. J'ai ainsi consenti le suprême sacrifice, plus grand que celui de la vie". La première partie du livre, souvent surprenante, est consacrée à cette période qui se termine en 1944. Puis, il devient officier des Francs-Tireurs et Partisans, assiste aux exactions de l'épuration sauvage, voit les lâches de la veille se présenter comme des résistants de premier plan et capter l'héritage de la résistance, prépare avec les communistes un projet de prise insurrectionnelle du pouvoir. Telle est la deuxième partie qui le conduit à écrire ce livre avec cette forme de regret et de dégoût par rapport à ses années de guerre et à la situation qui s'impose à partir de 1946 : "Bourgeois de France, vos pères ont eu de grandes qualités que vous avez en partie perdues. Vous avez, par contre, remarquablement développé les défauts qui étaient en germe chez eux. Vous n'êtes plus que le revers de la médaille ; et quand je vous considère, je suis tenté de m'écrier, moi aussi : 'Mon pays me fait mal' ... Nous sommes au temps des grandes équivoques. L'équivoque française de la fausse Résistance fait écho à l'immense équivoque mondiale de la libération des peuples par le communisme", et de conclure : "Cette préparation de la guerre civile, le Parti communiste l'a commencé dès le temps de l'Occupation, en sabotant l'élan magnifique de la Résistance, en le détournant à son profit, par une monstrueuse escroquerie". Au fil du livre, il n'use ni de pseudonymes ni de reconstitutions : il donne des noms, des lieux, précise les ordres donnés et les actes accomplis.

Une vie qui n'a rien d'ordinaire et un témoignage qui n'a pas prétention à être représentatif d'une majorité des jeunes hommes de l'époque, mais un livre qui apporte une nouvelle touche pointilliste à notre connaissance de la diversité des situations individuelles à l'époque. Un livre à la fois étonnant et passionnant.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2017, 311 pages. 16,90 euros.

ISBN : 9782364450998

Agent double, collabo et résistant
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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 06:00

L'Etat islamique

mais aussi le Yémen, le Karabagh, etc.

DSI  -  n° 130

Toujours aussi riche d'informations et complet, le DSI de cet été (numéro de juillet-août) nous propose, outre ses nombreuses rubriques habituelles, plusieurs articles sur les opérations en cours en Syrie et en Irak, mais aussi sur une situation dont on ne parle plus, celle du Haut-Karabagh entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie ; un sur les évolutions de la puissante (au plan intérieur) armée pakistanaise ; et un texte de Michel Goya sur la problématique du désengagement des armées lorsqu'elles s'enlisent au milieu de populations lointaines. Enfin, n'oublions pas le billet de C. von C., qui revient sur la misère intellectuelle de si nombreux pseudo-experts médiatiques des questions militaires.

L'actualité des conflits et de la défense
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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 08:41

1917

Du Chemin des Dames aux Flandres : l'impasse

Batailles aériennes  -  n° 81

Dans la continuité des numéros consacrés à une année d'aviation militaire de la Grande Guerre depuis 2014, le magazine nous propose un volume entièrement consacré à l'année 1917dans son ensemble.

Au fil des neuf chapitres, tout est abordé chez les différents belligérants, aux plans politique, tactique, technique, doctrinal, chez les Français comme chez les Britanniques, les Allemands. L'analyse des opérations du premier trimestre est plutôt favorable aux Français et leur technique visant à chercher les avions allemands loin au-delà des lignes peu critiquée. Parmi les articles à retenir. Les opérations sont suivies sous un angle chronologique pour le front Ouest et par théâtre pour les autres (Russie, Italie, Salonique). Les bombardements sur les arrières ennemis ne sont pas oubliés, pas plus que la question des dirigeables. A ce sujet, on note les articles sur le raid du L 59 (Das Afrika Schiff) pour apporter du matériel à von Lettow-Vorbeck qui résiste toujours aux Anglo-Belges en Ost-Afrika (pas en Tanzanie) ; et celui sur l'hydravion du SMS Wolf, croiseur corsaire, seul avion allemand qui ira voler jusqu'aux parages de l'Australie et des Nouvelles-Hébrides.

Un numéro à conserver sans hésitation.

Guerre aérienne
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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 07:54

Projet Anastasis

Jacques Vandroux

Pour ce week-end d'été, un roman, un thriller haletant d'un auteur qui était jusqu'à cette publication plutôt spécialisé sur l'auto-édition en format numérique. Quelques ingrédients d'actualité, les recettes classiques de ce type de livre entre espionnage et action, des bons sentiments qui finalement sont victorieux : une enquête à rebondissements multiples et un ensemble facile à lire pour passer un moment.

L'affaire débute par un attentat en la cathédrale Notre-Dame de Paris et l'enlèvement qui semble fortuit d'un jeune garçon, évènements suivis par un attentat contre le ministre de l'Intérieur. La mère de l'enfant, blessée, appartient à l'une des grandes familles politiques de la République, avec un beau-père sénateur et un mari député, mais elle fait le choix de faire rechercher son fils par le responsable d'une agence de renseignement privée, Jean Legarec, sans en parler à son époux et pour la somme d'un million d'euros... L'enquête démarre aussitôt, sur un rythme rapide entretenu par la forme du livre, divisé en 87 brefs chapitres de quelques pages. On n'échappe pas à quelques poncifs, bien sûr, mais le récit nous entraîne à travers la France (de Bretagne aux Vosges) et l'Europe (attentat à Rome, attaque du Palais-Bourbon, émeutes dans les grandes villes, déplacement à Malte, etc.). Au fil de l'intrigue, un médecin neurologue qui pourrait bien être le fils d'un ancien médecin SS, le grand-père de l'enfant enlevé est nommé Premier ministre dans une atmosphère de révolte générale, l'énergie tellurique (captée dans les Vosges) comme source infinie de puissance, un milliardaire américain qui considère presque le KKK comme une association démocratique décadente et qui veut acheter un archipel grec au complet, un ancien adjudant-chef en camping-car prêt à tout pour aider son ancien officier, et, cerise sur le gâteau, projet Anastasis de redonner vie aux meilleurs des Aryens. Car, bien sûr, les méchants sont nazis et ils ne reculent devant aucun crime, aucune perversion, aucun dévoiement, aucune corruption pour arriver à leurs fins. Entre huis clos du côté d'Andlau, entretiens houleux à Matignon et enquête tordue à Malte où intervient un commando d'anciens de Kadhafi, et "la ruche" où sont stockés des corps de douze nazis racialement purs, la tension monte et l'histoire tient du fantastique.

Nous vous laissons la surprise de la fin, avec des clones 'surhommes" de SS, des enfants sur le point d'être exfiltrés, le projet de création d'une élite mondiale, une dernière bataille dans "la ruche" et, bien sûr, l'échec du projet et la mort du méchant. Un roman où l'invraisemblable se mêle aux scènes réalistes et qui vous permettra de passer quelques heures de détente à l'ombre d'un parasol aux heures chaudes qui précèdent le bain de mer, la randonnée en montagne ou... le BBQ estival !

Robert Laffont, Paris, 2017, 519 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-221-20040-7.

Roman
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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 06:00

La guerre de Succession d'Autriche

(1741-1748)

Louis XV et le déclin de la France

Fadi El Hage

Remarqué depuis la publication de sa thèse en 2012 sous le titre Histoire des maréchaux de France à l'époque moderne (ici), Fadi El Hage (que l'on retrouve régulièrement dans Guerres & Histoire, ce qui prouve que l'on peut être un excellent chercheur dans le domaine scientifique et un bon "vulgarisateur" au sens noble du terme) revient aux armées du XVIIIe s. à travers l'étude de cette guerre de Succession d'Autriche, dont on ne retient trop souvent que la bataille de Fontenoy et l'expression de "se battre pour le roi de Prusse".

Dans ce volume aussi précis que documenté, l'auteur nous entraîne, dans un style fluide tout à fait agréable à lire, dans un voyage d'une dizaine d'années à travers l'Europe et nous présente tous les aspects (militaires, diplomatiques, politiques, économiques même parfois) de cette guerre qui "clôt un siècle hégémonique français". Le livre commence par la description de l'abaissement militaire de la France pour des raisons essentiellement financières et budgétaires après les guerres de Louis XIV, par un tour d'horizon européen et par la description d'un commandement français vieillissant. A la mort du dernier des Habsbourg mâles, Paris se voit en arbitre d'une succession qu'ambitionne en particulier l'Electeur de Bavière, tandis que le jeune royaume de Prusse aspire à la puissance et entame les hostilités. Tandis que les Prussiens occupent la Silésie et que les Bavarois bivouaquent à quelques dizaines de kilomètres de Vienne sans oser tenter de s'emparer de la capitale autrichienne, tandis que Maurice de Saxe et les Français prennent Prague, permettant à Charles-Albert de Bavière d'être élu empereur. Alors qu'une victoire politique et diplomatique totale semble acquise en quelques mois, le manque de cohésion du commandement français, le jeu personnel des souverains alliés et la résistance déterminée de Marie-Thérèse, restée reine de Hongrie et maîtresse des possessions héréditaires des Habsbourg, brouillent les cartes et prolongent le conflit. L'armée française de Bohème, également victime de graves carences logistiques, s'enlise au coeur de l'Europe, tandis que l'Angleterre entre dans le jeu, en accusant d'abord Versailles de vouloir instaurer une "monarchie universelle". Fadi El Hage décrit alors les affres de l'armée française à Prague, isolée et menacée tout au long de l'année 1742, alors que les généraux français s'opposent entre eux et qu'une armée de secours ne parvient pas à les rejoindre. 1743 est clairement "l'année terrible" : l'armée est affaiblie, les maladies et la malnutrition font des ravages, le roi d'Angleterre et de Hanovre met en marche ses troupes, le commandement français hésitant, l'Electeur de Bavière un allié peu fiable alors que l'on se bat pour lui, et une coalition européenne de plus en plus importante se noue contre une France dont on perçoit désormais à l'extérieur les faiblesses. Contraint d'entrer officiellement en guerre contre l'Angleterre et l'Autriche en 1744, Louis XV prend la tête de ses armées en Flandres, mais l'ennemi attaque sur le Rhin et pénètre en Alsace : "La promenade militaire avait pris une tournure imprévue". Dans le même temps, le roi de Prusse, fort discret depuis trois ans, entre de nouveau en campagne ; enfin l'Espagne à son tour devient partie prenante au conflit à propos de ses possessions d'Italie du Nord : toute l'Europe est entraînée dans le conflit et l'on se bat désormais aux portes de la Provence, dans le comté de Nice et en Savoie. En 1745, la France est victorieuse en Flandres mais après de premiers succès en Italie du Nord doit déchanter devant le peu de fiabilité de l'allié espagnol. A cette date, "il était devenu évident que la Succession d'Autriche n'était plus l'objet du conflit" et que la France s'était laissée entraîner dans une guerre dont elle ne maîtriser ni les buts ni les grandes évolutions. Dans les Pays-Bas espagnols, la gloire du maréchal de Saxe est telle qu'il devient "le héros de la France", mais il s'oppose à un autre chef militaire, le prince de Conti, par ailleurs prince de sang... Il n'en est pas moins considéré comme le successeur de Turenne, avant de devoir se retirer. Finalement, le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748 n'est pas aussi mauvais pour la France que les chroniqueurs ultérieurs ont bien voulu l'écrire, en particulier sur la frontière du nord et du nord-est, mais le roi de Prusse conserva lui ses conquêtes silésiennes... : "En 1748, la France était arrivée au maximum de ses capacités militaires avant l'épuisement et un éventuel effondrement face à un effort de guerre trop coûteux". Enfin, les désordres et les querelles d'ego qui nuisent tant à l'unité et à l'efficacité du commandement français sont trop souvent minorés, et Fadi El Hage sait leur redonner toute leur importance. Désormais, l'Angleterre règne sur les mers et la Prusse a intégré le concert des puissances.

Un livre important sur le règne de Louis XV, mais aussi sur les campagnes des armées françaises. Un livre-plaisir autant qu'un livre d'intérêt.

Economica, Paris, 2017, 239 pages, 27,- euros.

ISBN : 978-2-7178-6964-4.

Victoire militaire, défaite politique ?
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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 06:00

Les guerres du général Gambiez

Nicole Pietri et Jacques Valette

Retour sur un ouvrage collectif paru il y a plusieurs années, qui permet de retracer la vie et la carrière d'un officier général historien, auquel on doit en particulier une histoire de la Première Guerre mondiale en deux volumes.

Saint-Cyrien de 1925, Fernand Gambiez a participé à tous les conflits de 1939 à 1961, et a exercé ensuite de hautes fonctions militaires, politiques et historiques. Le professeur Jacques  Valette, qui a été son chef de cabinet en Tunisie, a fait appel à huit historiens qui ont évoqué tous les actes de sa carrière.

Le colonel Paul Gaujac rappelle qu’après l’Ecole de Guerre et le commandement d’une compagnie d’infanterie en 1940, le LCL Gambiez a rejoint le Maroc clandestinement par l’Espagne. A Staoueli, le général Giraud le charge de créer le Bataillon de choc en mai 1943. Une rapide formation morale et opérationnelle (parcours de combat à tir réel et parachutage) permet d’engager le bataillon dans la conquête de la Corse, de l’Ile d’Elbe et dans la campagne de France et d’Allemagne, où le bataillon devient Brigade de choc en novembre 1944. Son engagement en formation d’infanterie est courageux et efficace, mais ne correspond pas à sa vocation initiale d’infiltration, qui sera ensuite assurée par le 11° Choc à Mont-Louis. En 1946, le colonel Gambiez commande le Centre d’Instruction des sous-officiers de Saint-Maixent, et en 1948 le 27° RI. Il est en phase avec la solution de Lattre des camps légers. En novembre 1949, le colonel Gambiez fait un premier séjour en Indochine, où il conduit des actions de choc dans le delta Nord, avant que de Lattre ne le charge de contrôler les évêchés catholiques. Promu général en 1952, il fait un 2° séjour auprès du général Navarre, dont il n’approuve pas la décision de Dien Bien Phu; il commet cependant l’erreur d’approuver la trêve demandée par Giap. Adjoint du général Ely, il sera ensuite responsable de deux opérations : la réimplantation de 860.000 catholiques au Sud, et les négociations concernant les Sectes de Cochinchine.

Francis Latour fait un historique intéressant des rapports ambigus existant entre la France et les évêques catholiques autochtones, partisans de la décolonisation; après l’opération Auvergne d’évacuation, dirigée par le général Vanuxem, le général Gambiez assure la réinstallation au Sud-Vietnam, au printemps 1955, dans des conditions difficiles, avec un dévouement qui lui vaut les remerciements du clergé.

Encore plus ambiguë est la tentative de récupération des sectes caodaïstes (Hoa Hao) et Bin Xuyen qui ont assuré pendant des années la sécurité de leur territoire. Contre l’opposition du président Diem, Gambiez souhaiterait intégrer leur Front unifié dans l’armée régulière, mais il est contraint en mai 1955 de les abandonner. Remarquablement documentée est la présentation de cette médiation par D. Dominique-Cloarec.

En 1955-57, le général Gambiez assure un triple commandement en Tunisie : la 11° DI, la Division Nord et le Commandement supérieur. Faisant effort sur le renseignement à la frontière algérienne, il crée un Centre de contre-guérilla et lutte contre le dissident Salah ben Youssef. Mais il se heurte à la connivence de Bourguiba avec l’ALN, qui passe de 4.000 à 7.500 combattants. Les conditions politiques, décrites par le professeur Valette, imposent l’évacuation de la Tunisie en juin 1958.

Le 31 décembre 1958, le nouveau Commandant du Corps d’Armée d’Oran reçoit à Alger les directives du Délégué général Delouvrier et du Commandant en chef Challe. De février à mars 1959, le plan Challe élimine 50% des unités rebelles d’Oranie; il est appuyé par Gambiez qui prône le respect des biens et des personnes. Malgré la réduction drastique des effectifs, la politique de pacification active (SAS renforcées) donne l’impression que l’Oranie est pacifiée. Par la suite, le professeur Guy Pervillé observe une dégradation de la situation, due principalement à l’évolution de la politique gouvernementale.

Maurice Faivre a consulté le fonds Gambiez sur le putsch. Jusqu’alors, le Commandant en chef en Algérie était d’un optimisme raisonné. La situation militaire s’était améliorée, il ne restait que 5.500 rebelles réguliers et le calme était revenu dans la casbah. Le 22 avril, jour du putsch, il est parti pour Tipaza pour « essayer de briser dans l’oeuf l’insurrection ». Bloqué par un lieutenant, il refuse de rencontrer le général Challe et est transféré à In Salah. De retour à Alger, il constate : mon état-major a travaillé pour l’insurrection. Une fois la surprise passée, l’armée est restée loyale et disciplinée. A son départ le 12 juin, il constate que l’interruption des opérations offensives n’a pas eu d’effet durable, le potentiel de l’ALN s’est accru, et le terrorisme a été multiplié par deux. Dans sa déposition au procès Challe (29 mai 1961), il exprime un jugement nuancé sur le putsch : "Le mouvement insurrectionnel répondait au sentiment d’une grande partie de l’armée…Cette armée n’approuvait pas la politique algérienne du général de Gaulle. Malgré leur désaccord, les cadres appliquaient sans enthousiasme la politique de l’Etat. Certaines unités isolées se crurent les derniers tenants de l’honneur militaire….Ceux qui l’ont cru ont fait une erreur de calcul immense, et peu pardonnable, même s’ils ont cru agir par un amour irraisonné, déraisonnable, de leur Patrie, de notre Patrie".

Michel Ostenc analyse les réactions de la presse italienne face à l’affaire algérienne. Le pétrolier Mattei et la gauche sont partisans de la décolonisation, alors que les autorités politiques observent avec inquiétude les faiblesses du général de Gaulle et recommandent le maintien de la solidarité atlantique.

De retour à Paris en 1961, le général d’armée Gambiez sera directeur de l’IHEDN et membre du Conseil supérieur de la Guerre. A ce titre, Jérome de Lespinois observe qu’il donne un avis prudent sur la conversion atomique de l’armée de terre : il propose de modifier les structures sous la forme de complexes interarmées.

En même temps, le général d’armée est chargé, à la tête de la Commission Armée-Jeunesse, d’appliquer les directives sociales de Michel Debré, et celles de Michel Messmer sur le reclassement économique des appelés. Nicole Pietri décrit la mise en place dans les régiments de 1.300 officiers conseils, de clubs loisirs et agricoles, et un programme de 230 heures de promotion sociale. Conseiller d’Etat en service extraordinaire et membre de l’Académie des sciences morales et politiques, il participe à la révision du règlement militaire.

Le professeur André Corvisier rappelle ce que fut sa collaboration au sein des Commissions d’Histoire militaire. En 1969, le président Gambiez organise à Paris le premier colloque international, auquel participent 14 nations. Il est élu président de la Commission internationale en 1973, et crée l’Institut d’Histoire militaire comparée ; il promeut la Revue internationale et la collaboration Armée-Université. Après une enquête remarquée sur la peur et la panique dans l’histoire, il prépare le colloque de 1989 sur le bicentenaire de la Révolution, auquel il ne pourra assister.

"Ce général ne laissa jamais indifférent", conclut Jacques Vialette. Michel Poniatowski, ancien du Choc, le voit comme «un personnage complexe et atypique, un peu prélat, un peu diplomate, un peu politique». Cette vie de dévouement au service de la France et de son armée, qui devrait intéresser tous les historiens.

Maurice Faivre

L'Esprit du livre, 2009, 217 pages.

ISBN : 9782915960600

Le livre n'est semble-t-il plus disponible mais peut être acquis via les sites d'occasion.

Militaire et historien
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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 06:00

Expression des militaires

Sans remonter à la IIIe République naissante, lorsque le droit de vote ne fut accordé ni aux condamnés de droit commun, ... ni aux femmes, ... ni aux militaires, la question de la liberté d'expression au sein du ministère de la Guerre, de la Défense, des Armées, est restée un sujet à la fois récurrent et quasi-tabou. Parce que le chef d'état-major des armées s'est exprimé franchement devant les parlementaires, donc devant la représentation nationale, un montage médiatique indigne voudrait qu'il ait outrepassé le sacro-saint "devoir de réserve", si pratique pour contraindre au silence ceux qui peuvent émettre des réserves. Rappelons simplement que le futur amiral Castex, dont chacun s'accorde à reconnaître la pertinence des réflexions, écrivait pour sa part à propos de ce débat :

"Ce qui est intéressant, ce sont les idées, les méthodes, les théories... Or tout citoyen, tout contribuable, a le droit imprescriptible de dire ce qu'il en pense, de défendre les unes et d'attaquer les autres. La libre discussion est permise.
Un militaire possède, comme tous ses concitoyens, le droit d'avoir des convictions de cet ordre. C'est même son devoir à cause des intérêts dont il a la charge"
.

Si notre époque est celle des profonds changements et des grandes ruptures, raison de plus pour que ceux qui consacrent leur vie à la défense de la nation expriment clairement les données de problèmes dont ils ont une connaissance intime.

M. à J.

En complément, rappel de cette formule du maréchal Lyautey (vous savez, l'auteur de ce "vieillot" Du rôle social de l'officier), selon lequel le chef est "celui qui, en donnant toujours l'exemple de la déférente discipline, saura ne pas se borner à obéir passivement et osera, quand sa conscience et la situation lui en font un devoir, soumettre librement son avis, avis qu'accueillent toujours, provoquent même les chefs dignes de ce nom”...

Enfin, cette définition de la discipline intellectuelle qui, si elle exige que le subordonné "mette ses rangers dans les traces de celles de son chef" une fois l'ordre donné, l'oblige également en amont, dans le cadre du processus de prise de décision, à exprimer toutes les objections utiles et réserves nécessaires afin que l'ordre soit préparé en toutes connaissances de cause. A défaut, se taire ou mentir serait tromper son chef.

Rappel utile
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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 06:00

Marchands d'armes

Enquête sur un business français

Romain Mielcarek

Petit format mais vraie densité pour ce volume qui vous apprendra inévitablement une quantité impressionnante de faits sur une réalité souvent tue : le rôle, la place et les méthodes de la France (ou plutôt des Français, cadres industriels et dirigeants politiques) sur le marché international des armes.

Rappelant que la France, "sous la présidence de François Hollande, a battu tous ses records en la matière", le jeune et talentueux Romain Mielcarek pose le cadre institutionnel et législatif de ces dossiers, cadre qui fait de la France (théoriquement) l'un des grands exportateurs les plus sévères de la planète. Il souligne que ce secteur industriel ne connaît pas la crise, mais au contraire embauche régulièrement à tous les niveaux de compétences et de qualifications, revient sur le "chantage à l'emploi" manipulé à l'encontre de ceux qui voudraient limiter encore ce secteur et souligne le rôle des responsables politiques de tous bords comme "VRP de l'industrie" d'armement. Dans le domaine de la diplomatie d'influence, les questions d'armement jouent un rôle essentiel, et pourtant la France sait aussi, parfois, lorsqu'il y a concordance avec les choix politiques majoritaires, limiter volontairement ses exportations. De même, les questions liées aux rétrocommissions, aux intermédiaires, à la corruption, ne sont pas cachées, tandis que "l'art de contourner les règles" fait l'objet d'un chapitre particulier. Enfin, le fait que des militaires (et d'anciens militaires) soient mis à contribution pour favoriser et/ou concrétiser tel ou tel marché est également abordé. Finalement, "avec 215.000 militaires, 30.000 réservistes et bientôt 200.000 employés dans l'industrie de l'armement, la France vit de sa nature guerrière ... même si l'Egypte enferme des enfants dans ses prisons, même si l'Arabie Saoudite fait fouetter ses opposants politiques, même si la Chine n'a toujours pas résolu ses problèmes de droits de l'homme, même si la Grèce n'a toujours pas les moyens de payer, même si la Qatar a laissé financer des groupes terroristes"

Un résumé parfaitement clair et magistralement présenté d'un sujet où les questions technologiques, budgétaires, politiques, éthiques se croisent et s'entrecroisent, avec en fin de volume un utile glossaire et quelques exemples "d'affaires" pour le moins douteuses. Un volume indispensable pour quiconque s'intéresse à ces thématiques intimement liées aux notions d'indépendance et de souveraineté.

Tallandier, Paris, 2017, 109 pages. 13,90 euros.

ISBN : 979-10-210-2608-7.

Marchands de canons (officiels)
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 06:00

Correspondance d'un artilleur mathématicien

prisonnier au camp de Plauen (Saxe)

Ives Rauzier

Déjà remarqué pour ses différentes publications originales autour de la Grande Guerre (ici et ici par exemple), Ives Rauzier change de période avec la publication de la correspondance d'un prisonnier de guerre français de la Seconde guerre mondiale.

Cette correspondance de Raymond Alaime s'étend de la 'drôle de guerre' (fin janvier 1940) à janvier 1943, à raison de plusieurs lettres par semaine. Prisonnier à partir de la mi-mai, il continue à écrire en dépit de la censure postale et des limitations apportées au courrier. Le propos est certes (naturellement) édulcoré, mais l'ensemble permet d'appréhender à la fois le quotidien et les pensées du soldat retenu loin de chez lui. L'ensemble est agrémenté de reproductions des cartes pré-formatées remises aux prisonniers et de quelques photos. Raymond Alaime refait des mathématiques (à partir de livres en allemand qu'il peut acheter), tient quelques petites fonctions administratives au sein du camp, organise une équipe de foot et monte une pièce de théâtre et, à mots couverts, tente de faire partager ses sentiments.

Un nouveau témoignage sur la vie de ces prisonniers français de la Seconde guerre mondiale en mains allemandes, sujet qui malgré plusieurs publications ces dernières années reste encore peu connu. Une initiative utile que l'édition de cette correspondance, que tous les amateurs de la période pourront apprécier.

Auto-édition, 2017, 248 pages, 21,- euros.

EAN : 9782955362617

Pour commander directement l'ouvrage : ici.

 

Prisonnier
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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 06:00

Dunkerque 1940

Une tragédie française

Jacques Duquesne

Mélange étonnant que ce livre, entre le récit personnel d'un enfant et les considérations générale d'un homme déjà âgé bien des années plus tard. Ni tout à fait un livre d'histoire, ni tout à fait un recueil de souvenirs.

Tout le paradoxe du livre est en effet dans ce mélange entre un récit des évènements à partir d'ouvrages ultérieurs (les mémoires du conseiller militaire de Paul Reynaud, les livres du colonel Rocolle, de Claude Quétel, de Jean-Pierre Azéma, d'Alfred Sauvy, de Winston Churchill, ou de Dominique Lormier -cité en référence alors que lui-même ne cite pas ses sources...- etc.), essentiels en particulier pour les premiers chapitres qui racontent l'histoire du conflit de la déclaration de guerre (avec parfois des interprétations sujettes à discussion sur le plan militaire au moins), et progressivement à partir du chapitre 6 les souvenirs personnels de l'auteur ("Je n'avais pas compris, d'abord, pourquoi notre mère, ce vendredi-là, le 10 mai, avait -chose exceptionnelle- laissé le poste de radio allumé toute la matinée") prennent une place croissante. C'est à partir du chapitre 11 que Dunkerque est au coeur du récit (p. 201) et à partir du chap. 12 que sont évoqués les évènements qui débutent le 28 mai. Il y a bien le récit de quelques situations particulières connues à l'époque par l'enfant, mais surtout celui de l'évolution générale dans la poche à partir des témoignages ultérieurement publiés des principaux acteurs.

Un sentiment de relative insatisfaction donc, car la part laissée au témoignage personnel est finalement réduite à la portion congrue par rapport à l'ensemble de l'ouvrage, qui cependant mérite d'être lu par le récit global qu'il fait des évènements.

Flammarion, Paris, 2017, 311 pages. 21,90 euros.
ISBN : 978-2-0814-1122-7.

Un enfant à Dunkerque
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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