Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 07:05

Les sapeurs et les mineurs du génie

(An XI  -  1815)

Tradition Magazine  -  n° 263

TRADITION-N--263.jpg 

Avec ce numéro de septembre-octobre 2012, Tradition Magazine poursuit ou commence la publication de longs articles sur plusieurs numéros successifs. On relève, parmi d'autres, la quatrième partie de l'article de Michel Hanotaux sur la hiérarchie militaire, qui traite des "Grades et fonctions" et de l'apparition des signes distinctifs au XVIIIe siècle. René Chartrand décrit la conquête de Malte par Bonaparte en juin 1798. Alain Pigeard s'intéresse aux sapeurs et mineurs (organisation, service, missions, réformes diverses) dans un article extrêmement bien documenté. On retient également celui, original, d'Yves Martin sur "L'intendance dans l'armée britannique". Sous la même signature, enfin, débute une série d'articles sur l'infanterie de ligne en Espagne. 

La revue de référence sur les armées jusqu'à la guerre de 1870 mérite pleinement son excellente réputation.

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Presse "Histoire"
commenter cet article
7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 07:00

La Fronde, 1648-1653

Michel Pernot

  img113.jpg

Partant d’un point de situation de la monarchie française au cours de la première moitié du XVIIe siècle, l’auteur débute son ouvrage par la présentation de l’organisation de la Régence du jeune Louis XIV en 1643, dans un environnement intérieur et international défavorable, puis expose « Les préliminaires de la Fronde » : « Toute cette agitation se déroule dans un climat de difficultés économiques et de tensions variées qui revêtent bien des traits de la grande crise à venir ».

A partir de ce constat initial, il aborde successivement en six chapitres la phase de révolte plus politique que militaire : « 1648, année révolutionnaire ? » ; la question du « Siège de Paris » et de la fronde parlementaire parisienne au début de l’année 1649 ; « Le renversement des alliances » qui suit au semestre suivant, sur fond d’oppositions entre Mazarin et le prince de Condé, « au milieu d’un invraisemblable imbroglio d’intrigues compliquées et d’évènements romanesques qui font de l’année 1649 la plus difficile à saisir pour l’historien de la Fronde » ; « La fronde princière », les révoltes en province jusqu’à « l’union des Frondes » et la chute de Mazarin ensuite.

En présentant « La propagande politique pendant les premiers temps de la Fronde (1648-1651) », le chapitre VII sert en quelque sorte de transition, avec une deuxième partie qui traite de « La marche vers la guerre civile » avec la révolte assumée du prince de Condé à la fin de l’année 1651 et « La guerre condéenne » (qui voit l’intervention directe des Espagnols dans le conflit) en 1652 : « c’est la décomposition progressive de ces trois Frondes, la parisienne, la provençale et l’aquitaine ». Quelques batailles emblématiques marquent cette période, « mais plus que l’action des régiments du roi, deux facteurs paraissent essentiels » dans l’échec de la (des) Fronde(s), l’absence de base politique et de projet viable du prince de Condé qui se dresse contre le roi lui-même, et la fatigue des populations et des élites intermédiaires, lasses des désordres : « Au fond, la Fronde s’est désagrégée d’elle-même à partir du moment où elle a été désavouée par l’opinion publique. L’armée royale a fait le reste ».

Les deux derniers chapitres reviennent sur des questions déjà longuement traitées dans l’historiographie, mais avec un notable sens de la mesure et une subtile prise en compte du contexte. Le chapitre XI s’intéresse aux « Idées politiques à la fin de la Fronde », et en particulier à la littérature politique de circonstance ; tandis que le chapitre XII dresse le « Bilan de la Fronde » dans le domaine politique, de la restauration de l’Etat et de l’évolution de la société, car « sous la triple action des maladies infectieuses, de la disette et des violences militaires, la mortalité [a] fait des pas de géant … Le royaume sort de la Fronde en partie dévasté et fortement dépeuplé ». La monarchie absolue personnelle et directe de Louis XIV en est la conséquence directe.

Une étude très précise, complétée par de multiples notes et références, qui permettra à chaque lecteur de mieux comprendre la France du Grand Siècle, sans tomber à propos de la Fronde dans l'expression "romantique" d'une hypothètique prélude à 1789.

 

Collection 'Texto', Tallandier, 2012, 475 pages, 11 euros.

ISBN : 978-2-84734-966-5

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans XVIe - XVIIIe siècles
commenter cet article
6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 07:15

Du renouvellement des élites en général

et des retraites des jeunes en particulier !

  Chomeurs_intellectuels.jpg

L'actualité économique et les récentes études sociologiques se télescopent parfois de façon surprenante. D'un côté, le nombre de jeunes diplômés en (plus ou moins) grande précarité ne cesse de croître ; de l'autre, le renouvellement des élites n'a jamais été aussi faible. Pire, une véritable incapacité française à promouvoir les nouvelles générations semble devenir "la norme", phénomène accentué par la myopie des médias de tous types qui préfèrent s'adresser au plus connu plutôt qu'au plus compétent. Le scénario semble toujours le même : quelques signatures (depuis longtemps) prestigieuses cumulent les postes, les fonctions, les activités, et paraissent ne pas pouvoir se résoudre à céder la place. Deux publications "grand public" récentes, parues sous le nom de chercheurs plus que "confirmés" (en retraite depuis 20 ans et plus) jouent le rôle de "l'étincelle qui a fait déborder le vase", ou de "la goutte d'eau qui a mis le feu aux poudres", comme on voudra.

Je précise immédiatement que ce "billet d'humeur" n'est en rien destiné à une personne plutôt qu'à une autre. Mon propos se veut plus large et vise à poser une question de principe : on ne cesse de nous répéter que l'entrée dans la vie professionnelle des jeunes diplômés en sciences humaines (et tout particulièrement en histoire) est extrêmement difficile, or nous constatons que ceux dont la carrière est terminée, parfois depuis fort longtemps, qu'ils soient officiers, universitaires, journalistes spécialisés, éditeurs ou que sais-je encore, ne parviennent presque jamais à céder leurs places. Souvent, même, parvenus au faîte de la reconnaissance publique, ils cumulent postes et fonctions : un conseil scientifique ici, un comité de rédaction là, et continuent à multiplier colloques, chroniques régulières et interventions diverses.

Dans le même temps, les doctorants et jeunes docteurs multiplient les "petits boulots" pour survivre (difficilement), enchaînent les remplacements ponctuels et les "piges" aléatoires pour gagner (au mieux) un petit SMIC. Même les meilleurs n'ont qu'une probabilité infinitésimale d'être élus dans une université, tandis que les éditeurs, de plus en plus frileux, soit s'adressent pour leurs commandes d'ouvrages à des "noms" déjà bien connus et installés, soit se permettent de ne prévoir dans les contrats aucune avance sur droits. Le travail intellectuel ne mérite-t-il pas d'être normalement payé au moment où il est exécuté ? C'est la précarisation systématisée des "jeunes" chercheurs (entre 25 et 40 ans, ceux que l'on appelle toujours pudiquement les "juniors"), parfois la désespérance, et j'en connais en région parisienne qui (tout en s'efforçant de rester positifs et en faisant "bonne figure" en public) sont dans des situations personnelles particulièrement difficiles. On voit bien les deux conséquences : misère matérielle et appauvrissement intellectuel. N'y a-t-il pas là un risque important de tarissement du vivier des chercheurs ? Pourquoi des jeunes brillants choisiraient-ils une voie qui les condamne ? Peut-être faut-il voir aussi dans cet état de fait l'une des causes du retard pris par la France dans de nombreux domaines par rapport aux pays anglo-saxons ?

A cette question, en elle-même essentielle, en est étroitement liée une autre, qui ajoute de la perversion au phénomène. Pour la moindre intervention de quelques minutes, pour le moindre texte de quelques pages, journalistes et éditeurs (qui ne connaissent pas les compétences existantes dans tel ou tel domaine de spécialité) s'adressent toujours aux mêmes sommités. Le mal est d'ailleurs encore plus grave quand la personnalité en question n'est pas plus spécialiste que vous et moi de la culture du maïs dans le haut empire inca, mais a par contre systématiquement un message "mémoriel" à faire passer. A l'inutilité de l'intervention s'ajoutent parfois erreurs et contre-sens (volontaires ? Poser la question, n'est-ce pas déjà y répondre...). Pourtant, plus vous êtes (re)connu, plus vous êtes sollicité. Ce cycle, éventuellement vertueux et appréciable pendant que vous conduisez activement vos travaux et votre votre vie professionnelle, un "cursus honorum" moderne, ne se justifie plus de longues années après votre "retraite" officielle, surtout lorsqu'un généraliste des médias ne s'adresse à vous que parce qu'il connaît vaguement votre nom. Pourquoi, dès lors, faisant preuve d'une sagesse antique, ne pas conseiller à l'ignorant de contacter plutôt tel ou tel jeune montant, brillant, compétent, promis à un bel avenir si on lui laisse sa chance ?

De grâce ! Que les grands chercheurs parvenus au terme d'une vie professionnelle comblée, aussi éminents qu'émérites, se décident à aider leurs cadets. Qu'ils continuent à produire des sommes intellectuelles et des ouvrages de référence, certes, ils en ont la capacité, c'est leur responsabilité morale et la recherche a besoin de toutes leurs compétences. Mais que dans la "vie quotidienne" des laboratoires, des centres de recherche, des maisons de presse et d'édition ou des studios d'enregistrement, ils laissent la place aux jeunes. Qu'ils favorisent l'éclosion d'une génération qui ne sera pas moins capable que la leur. Qu'ils ouvrent leurs carnets d'adresses, qu'ils conseillent, qu'ils soutiennent, qu'ils fassent connaître la jeune génération et assurent le relais. La vie, avec ses difficultés, se chargera ensuite de valoriser le travail des meilleurs... Mais encore faut-il qu'ils puissent travailer !

Pour en revenir à "la goutte d'eau" ou à "l'allumette" à l'origine de ce billet, pourquoi demande-t-on toujours aux plus connus, qui depuis très longtemps n'ont plus rien à prouver, de produire des documents qu'un trentenaire ou un "quadra" bien formé pourrait parfaitement rédiger, tout en renouvelant d'ailleurs éventuellement les problématiques ? Ce dernier n'a-t-il pas davantage besoin que son "maître" de 300, 400 ou 500 euros de rénumération, éventuellement associés à ce travail ? Va-t-il être nécessaire, tant la situation devient parfois pénible, d'émettre comme sous la IIIe République des timbres à surtaxe "Pour les chômeurs intellectuels" ? C'est une question de triple solidarité, professionnelle, générationnelle et morale.

Que les "pontes" de la discipline qui liront ce coup de coeur se préoccupent d'assurer la relève : ils n'en seront que plus grands.

R. PORTE

 

P.S. : Merci au CLIOPHAGE d'avoir relayé ce billet (voir Un grand cri d'amour !!!, ce qui n'est pas faux) en ajoutant dans son commentaire d'utiles réflexions.

chomeurs-intellectuels-1.jpg

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Humeur
commenter cet article
6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 07:10

La campagne de 1812 en Russie

Carl von Clausewitz

img114.jpg

 

Voilà un petit ouvrage particulièrement intéressant, car il offre sur la campagne de Russie le témoignage d'un penseur militaire qui a participé à certaines phases (sans toutefois en connaître directement les plus dures). Dans sa préface datée d’août 1986 (le volume est déjà paru chez Complexe), Gérard Chaliand replace l’œuvre dans la carrière de Clausewitz et précise la place prise par l’auteur de De la guerre dans le déroulement de la campagne. Le moins que l’on puisse dire est que son rôle opérationnel a été pour le moins modeste et que ce n’est pas (mais on le savait, sans toujours le dire) dans les improbables victoires tactiques que Clausewitz aurait pu (mais n'a pas) remporter qu’il faut rechercher l’origine et la densité de ses écrits ultérieurs.

L’ouvrage de 222 pages est divisé en trois parties nettement distinctes. Le chapitre 1 s’attarde longuement sur le plan de campagne russe et le fameux camp de Drissa, où le général Barclay a concentré son armée. Le chapitre 2, sans doute le plus riche quant au récit détaillé des événements, présente en deux sous-parties « La marche en avant des Français » jusqu’à l’installation à Moscou, puis « La retraite » jusqu’au franchissement du Niémen. Le chapitre 3 enfin, qui compte à lui seul plus de 100 pages, est constitué par une série de réflexions chrono-thématique sous le titre « Suite de la campagne ». C’est ici que Clausewitz exprime ses avis, critique et commente les décisions de l’empereur comme celles du commandement russe. On remarquera par exemple que la question des partisans, francs-tireurs volontaires et autres troupes plus ou moins « irrégulières », qui tiendra tant de place l’année suivante pendant la « guerre de libération » prusso-allemande de 1813, est sous des formes diverses l’une des plus fréquemment abordée. On sait également que cette question sera longuement débattue, non seulement en Allemagne mais dans toutes les grandes armées européennes à la fin du siècle.

En fait, le livre est d’autant plus utile et intéressant que l’on peut le lire parallèlement à un récit complet et détaillé de la campagne de Russie. Il faut en effet, pour apprécier les analyses de Clausewitz qui ne peut raconter que ce qu’il voit ou apprend indirectement, pouvoir les confronter à une étude d’ensemble, offrant les points de vue, contextes et environnements dans les deux camps, ce que La campagne de 1812 en Russie seule ne peut matériellement pas permettre. Sous cette réserve, l’étude est extrêmement pertinente. Sans concession, elle relève les fautes et les erreurs de part et d’autre et permet de mieux comprendre les conséquences des décisions prises. Un ouvrage complémentaire des meilleurs livres d’histoire, qui ouvre sur les « sommes » ultérieures du théoricien prussien.

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Révolution et Empire
commenter cet article
6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 07:00

Le cuirassé Bismarck

Philippe Caresse

  img158.jpg

Extraordinairement brève et dramatique carrière que celle de ce navire, devenu pourtant quasiment mythique. Déjà auteur d’une précédente étude sur le même sujet aujourd’hui totalement épuisée, Philippe Caresse nous en propose aujourd’hui une réédition très largement augmentée, et surtout superbement illustrée avec des documents inconnus en France, voire inédits.

Entré en construction à l’été 1936, le cuirassé est officiellement mis en service un peu plus de quatre ans plus tard, en août 1940. Les soixante premières pages de l’ouvrage nous décrivent par le menu les étapes de la construction et les équipements du navire, dont sa formidable artillerie mais aussi ses hydravions embarqués ou … la blanchisserie de bord. On ne compte plus le nombre de coupes et plans, dont celui en double page du télémètre arrière avec son antenne radar. Bref, les amateurs de technique seront ravis.

Une quarantaine de pages permettent de comprendre comment le navire de combat a été préparé pour sa première (et dernière) mission. Les derniers éléments techniques sont installés au cours du second semestre de l’année 1940 et au début de 1941, entre deux séquences d’instruction et de formation de l’équipage en mer Baltique. Définitivement décidée le 22 avril, l’opération Rheinübung (attaque des convois en Atlantique) commence dans la nuit du 19 au 20 mai : le Bismarck, le Prinz Eugen et leur escorte voguent vers leur destin.

Les quelques quatre-vingt-dix pages qui suivent racontent par le menu, parfois minute par minute, avec de nombreuses cartes détaillées indiquant la position des navires allemands et britanniques, la seule croisière opérationnelle de ce fleuron de la flotte du Reich. La bataille navale du 24 mai 1941 (« Le combat des titans ») au large du Groenland se termine par un succès allemand (le Hood, « fierté de la Royal Navy », est coulé) et le Prinz Eugen parvient à s’échapper tandis que le Bismarck, poursuivi par plus de quarante navires britanniques (du porte-avions au destroyer), tente de faire route vers Saint-Nazaire. Serré de près, harcelé par l’aviation embarquée de la flotte anglaise (dont une attaque simultanée par 15 avions torpilleurs le 26 mai à 20h30), le Bismarck, finalement cerné par quatre puissants bâtiments anglais et immobilisé, coule le 27 au matin. Une succession d’erreurs, de maladresses et de malchances des différents échelons du commandement naval allemand accompagne (et en partie explique) la perte du navire : une page de l’histoire des opérations navales pendant la Seconde guerre mondiale est définitivement tournée.

Une série d’ultimes annexes complète utilement ce très bel album qui passionnera tous les amateurs.

 

Collection 'Navires et histoire des marines du monde', n° 19, Editions Lela Presse, 2012, 192 pages, 55 euros.

ISBN : 2-91-4017-73-2

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Seconde guerre mondiale
commenter cet article
5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 07:15

Comment penser aujourd'hui le métier des armes

Séminaire des Mardis de la Philo

PHILO.png

Monique Castillo, professeur à l'université de Paris XII, animera les travaux sur ce thème, qui est l'un des sujets retenus pour cette quatorzième année des Mardis de la Philo. Les séances se dérouleront 4 place Saint-Germain, 75006 Paris, entre 11h15 et 12h45. L'inscription pour le cycle complet est de : 210 euros. Pour les étudiants, une séance : 10 euros.

Le programme est le suivant :

18 / 09 : Les changements dans la guerre

02 / 10 : Quels liens entre armée et nation ?

16 / 10 : Le soldat, héros ou victime

22 / 10 (exceptionnellement un lundi) : Ethique militaire, culture militaire

23 / 10 : La société contemporaine au miroir de l'armée

11 / 12 : Vers une culture de la résilience

Renseignements complémentaires : 01 47 22 13 00

Inscriptions sur le site : http://www.lesmardisdelaphilo.com/HTML/Bulletin%20d%27inscription.pdf

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Séminaires universitaires
commenter cet article
5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 07:12

Les Cahiers du CESAT

n° 28  -  juin 2012

img148.jpg

Après quelques difficultés à "tenir les délais", Les Cahiers du CESAT retrouvent un rythme plus régulier de parution. Avec ce numéro d'été, la grande diversité des thémes abordés se trouve confirmée. Parmi la quinzaine d'articles qui constituent ce n° 28, nous avons particulièrement apprécié celui de Martin Motte ("Un penseur militaire : Carl von Clausewitz"), qui témoigne de l'esprit de synthèse et de la hauteur de vue de son auteur ; et dans la rubrique "Libres opinions" ceux parfois plus discutable ou polémique, mais toujours intéressants et argumentés du capitaine Pozzer ("Défense et illustration de la langue française dans notre armée"), des chefs de bataillon Barnier ("L'initiative du chef au combat : opportunité ou désobéissance ?"), Bouzeau ("Faut-il conserver la 'pompe' à Saint-Cyr ?") et de Lacoste Lareymondie qui compare, au plan tactique, les campagnes du Maroc et de France dans "Guerres de mouvement similaires en 1934 et en 1940".

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Presse "Défense"
commenter cet article
5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 07:10

L’évolution du débat stratégique en Asie du Sud-est depuis 1945

Pierre Journoud (Dir.)

Etude de l’IRSEM  -  n° 14

  IRSEM-copie-1

Fruit d’un important travail collectif (16 participants) mené en 2011, cette nouvelle étude de l’IRSEM (téléchargeable sur : http://www.defense.gouv.fr/irsem) s’intéresse à toutes les évolutions politico-militaires et diplomatiques, des guerres de décolonisation à nos jours. Le pacte régional de l’ASEAN, dans ses potentialités et ses limites, figure au cœur de ces réflexions. Ce volumineux dossier de quelques 420 pages (hors annexes) est divisé en trois grandes parties : « Le positionnement des grandes puissances et des ex-puissances coloniales », « Les stratégies militaires et les contentieux territoriaux » et « Les nouvelles menaces transnationales ».

Les rapports difficiles avec la Chine sont bien sûr évoqués à plusieurs reprises, mais la place de la France et celle de la Grande-Bretagne ne sont pas ignorées, tandis que les questions des archipels de mer de Chine ou de la piraterie font l’objet de textes précis. Dans ce contexte délicat de conflictualités sans cesse renouvelées, quel peut-être le rôle de l’ASEAN ?  Finalement, quelle(s) priorité(s) relative(s) accordons-nous à cette extrémité asiatique et au massif (et puissant) continent dans son ensemble ?

Un point de situation des problèmes, et des réflexions, sur une question qui peut devenir demain un sujet essentiel des équilibres internationaux.

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Extrême-Orient
commenter cet article
5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 07:00

L’aviation française en Indochine

des origines à 1945

Christophe Cony, Michel Ledet et Lucien Morareau

  img157.jpg

Seuls de vrais passionnés peuvent réussir de tels ouvrages ! Pourtant, modestement, les auteurs expliquent en introduction qu’il s’agit « d’un panorama relativement détaillé mais forcément incomplet » : selon nous, la masse des informations fournies est telle que seuls quelques rarissimes grands spécialistes pourront y trouver à redire.

Qui sait que la première montgolfière, venue de France, s’éleva dans le ciel de Saigon en janvier 1791, à l’occasion de la fête du Têt ? Qui se souvient qu’une section d’aérostiers fut rattachée en 1883 à la division du général Millot, commandant en chef du corps expéditionnaire du Tonkin ? Ce furent pourtant les premières apparitions de la « troisième dimension » en Indochine. Il faut ensuite attendre 1909 pour voir créée, à l’initiative du général de Beylié, une section locale de la Ligue nationale aérienne et 1910 pour assister à l’arrivée du premier avion, un monoplan Blériot XI.

Tous les précurseurs, ces « merveilleux fous volants » de la Belle Epoque, sont présentés ; tous les types d’appareils sont décrits. On y trouve en particulier une brève biographie du célèbre capitaine Do-Huu-Vi, premier pilote vietnamien, saint-cyrien tombé en juillet 1916 sur la Somme. Les chapitres qui suivent sont organisés chronologiquement, mais aussi sur un plan géographique et thématique : la Première Guerre mondiale, les années 1919-1925, la période 1926-1930 puis celles qui s’étendent de 1931-1934 et enfin de 1935 à 1945 (dont plusieurs pages très intéressantes consacrées à la composante aérienne de la guerre franco-siamoise de 1940-1941). L’aéronautique navale (à partir de 1927), l’aviation civile (dès les premiers projets au lendemain de la Grande Guerre), de tourisme (autour de l’Aéro-club de Cochinchine puis de celui de Nord-Indochine) et les raids aériens (en direction de Paris, de Tokyo ou des Etats-Unis en particulier) font l’objet de chapitres 8 à 10 et l’ouvrage se termine sur une série d’annexes comportant jusqu’à la « Liste des aéronefs présents en Indochine », militaires et civils, classés par marques et types.

La riche iconographie est extrêmement variée. Elle est constituée par la reproduction de documents en tous genres, innombrables photos bien sûr (dont de superbes vues aériennes), mais aussi profils des appareils, insignes des unités, plans, affiches, documents officiels, enveloppes de correspondance, etc. On remarque également, pour chaque changement dans l’organisation administrative, un tableau donnant le détail de la « Composition de l’aéronautique d’Indochine » à la date concernée.

On peut regretter que le prix (75 euros !) soit à la hauteur de ce très volumineux album (il y aurait d’ailleurs, mais ceci est une autre histoire, un vrai débat à avoir sur le prix du livre et la politique des maisons d’édition en la matière). Mais, par sa taille, sa pagination, le nombre et la qualité des illustrations, la précision des détails fournis, il s’agit d’une référence dès à présent absolument indispensable à tous les amateurs. Peut-être un beau cadeau à faire ?

 

Collection ‘Histoire de l’aviation’ n° 21, Editions Lela Presse, Outreau, 2012, 637 pages, 75 euros.

ISBN : 978-2-914017-63-3

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Mondes coloniaux
commenter cet article
4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 07:19

La Chouette se pose au Concorde

le 19 septembre


Download.jpeg

Quelques rappels des modalités pratiques :

Le café Le Concorde est situé exactement à la sortie de la station de métro Assemblée nationale.

La réunion commence à 19h00 précise et se termine au plus tard à 21h00.

Chaque participant est invité à commander directement sa consommation au comptoir en arrivant et à rejoindre ensuite directement la salle mise gracieusement à notre disposition au premier étage (pour un débat à la fois animé mais serein, toute la gamme des boissons est disponible, du jus de fruit ou du Perrier à l'apéritif le plus "corsé"...).

 

Faites circuler l'information et

VENEZ NOMBREUX

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Débats et actualité
commenter cet article

Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
  • Contact

  • guerres-et-conflits
  • L'actualité de la presse, de l'édition et de la recherche en histoire

Partenariat

CHOUETTE

Communauté TB (1)

Recherche

Pour nous joindre

guerres-et-conflits@orange.fr

Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

Sur la toile