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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 06:50

Verdun, l'effet de surprise

Tranchées  -  n° 11

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L’arrivée du nouveau Tranchées dans les kiosques est toujours un plaisir, mais le premier article de ce numéro d’octobre-décembre 2012 (pp. 8-17) laisse un goût un peu amer. Sous le titre « Lawrence d’Arabie, victorieux et trompé », l'auteur reprend tous les poncifs sur l’officier britannique, avec pour seule référence Les sept piliers de la sagesse, à bien des égards ouvrage qui reconstruit tous les événements pour assurer l’autopromotion du "héros". On s’attend presque à voir apparaître Peter O’Toole, mais le rapport avec la réalité des faits est parfois plus que lointain. De ce fait, on compte allègrement 3 à 5 « erreurs » par pages… Une nouvelle fois, on ne s’improvise pas spécialiste d’un sujet, surtout sans faire référence aux archives.

Les autres articles, dont la suite de celui de Franck Beauclerc sur les diversions allemandes au moment de Verdun, « L’effet de surprise, entre rumeurs et certitude » ; celui de Mathieu Geeagea sur « Le rôle du train dans la préparation de la bataille du Chemin des Dames » et la première partie de celui de Ph. Nicodème sur « Les dirigeables français au combat » nous séduisent bien davantage. Ces trois derniers sont en effet d’excellente facture et, comme toujours, accompagnés d’une iconographie très adaptée.

Une suggestion : à quand un nouvel article, plus étoffé et mieux référencé, présentant à la fois la réalité du rôle de Lawrence en Arabie, celui de la Mission militaire française du Hedjaz, beaucoup plus significatif, et la réalité des opérations militaires sur le terrain durant cette période ?

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 07:15

La conquête de l'empire colonial français

Champs de bataille thématique  -  n° 28

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Le sentiment inspiré par le dernier numéro (voir ici) se confirme.

En reconnaissant dans son éditorial que « la place manque dans un seul thématique, même porté à 116 pages, pour traiter dans le détail un sujet d’une telle ampleur », Jean-Philippe Liardet voit juste. Mais, dans le même éditorial, l’affirmation suivante l’est nettement moins : « la France, obnubilée par la menace allemande » se serait taillé « un empire presque sans le vouloir à l’initiative d’explorateurs et de conquérants ». Même si l’image idéalisée d’officiers se lançant de leur propre initiative à la conquête du continent noir peut faire rêver, cette idée reçue si souvent répétée est clairement contredite par les publications de référence récentes : à Paris, le pouvoir politique et les parlementaires influents suscitent et contrôlent les opérations de conquête.

Organisé en six articles principaux, entrecoupé de planches d’uniformes bienvenues, ce numéro propose une maquette aérée et de larges illustrations. Il en résulte un vrai confort et plaisir de lecture, mais cela a pour conséquence de la place consacrée au texte ( entre un tiers et la moitié de la pagination totale) est d’autant plus réduite, et donc que les raccourcis beaucoup trop rapides se multiplient (par exemple, dès l’introduction, ce n’est pas « avec la perte de l’Alsace-Lorraine [que] l’équilibre démographique est rompu » entre la France et l’Allemagne : y aurait-il une quinzaine de millions d’habitants en Alsace-Lorraine ?). Par ailleurs, la part effective réellement prise par certaines unités dans ces différentes campagnes n’a pas toujours été ce que le grand public a conservé en mémoire et l’on ne saurait ignorer le rôle des métropolitains constitués en régiments « de marche » ou « de circonstance », sans compter les officiers « longues capotes » envoyés outre-mer à titre individuel. Or la Légion est absolument sur-représentée dans le récit qui est fait de nombreux épisodes de la conquête, évocation souvent reconstruite d’une réalité moins tranchée.

Bref, comme le comprend le rédacteur en chef, et comme nous l’évoquions déjà lors de la recension du dernier numéro thématique, « qui trop embrasse mal étreint ». S’il vous plaît, moins d’ampleur dans le cadre spatial et temporel des prochains numéros thématiques, pour permettre de traiter plus à fond les sujets. Ce bon magazine, apprécié, y gagnera.

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 07:05

Militärgeschichte

n° 3 / 2012

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Le nouveau numéro du périodique du service historique interarmées allemand (MGFa) offre, comme chaque publication, quatre articles principaux, parmi lesquels nous en relevons deux plus particulièrement originaux :celui de Ralf Gebuhr sur les capacités, évolutions et rapports entre "forteresses" et "armes à feu" ("Festungsbau und Feuerwaffen") et surtout celui du commandant Klaus Storkmann sur la réalité et le "mythe" (ou le fantasme) des interventions militaires de la RDA au secours de certains régimes pro-soviétiques africains (Mozambique et Ethiopie en particulier) dans les années 1970 et 1980 ("Honeckers Afrikakorps"). En dépit des affirmations trop rapides d'une presse à l'époque chauffée à blanc, l'auteur finit par conclure que, si des projets (parfois utopiques) ont bien été envisagés à l'échelon des autorités politiques et des services spéciaux, cette affaire n'avait que réalité que "dans la tête des journalistes".

Le numéro est téléchargeable ici.

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 07:01

Le combat des deux empires

La Russie d'Alexandre Ier contre la France de Napoléon, 1805-1812

Oleg Sokolov

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Nouvel opus autour de la thématique générale des rapports entre Napoléon Ier et le tsar de Russie à l'occasion du bicentenaire de la campagne de 1812. Ou plutôt, tentative d'explication en amont de la campagne de Russie.

Le professeur Oleg Sokolov, historien, spécialiste russe de l'époque napoléonienne, consacre son nouvel ouvrage à l'étude des relations entre les empires français et russe dans les années qui précèdent la campagne de Russie. A travers la comparaison des deux figures emblématiques que sont le tsar Alexandre Ier et l'emperuer Napoléon, Sokolov tente de répondre à la question : "Mais pourquoi a-t-il attaqué la Russie ?". Il se propose d'en expliquer quelles sont, selon lui, les véritables raisons et renouvelle par la même occasion ce champ historiographique grâce à l'exploitation systématique d'archives peu connues en France, à de nombreux témoignages ultérieurs et des mémoires.

Sokolov commence par dresser le tableaau d'une Europe en proie aux guerres révolutionnaires et présente les situations politiques, économiques et sociales de la France et de la Russie. Il tente de démontrer que Napoléon n'avait pas planifié de longue date d'attaquer la Russie et qu'il est longtemps resté, au contraire, un farouche partisan de l'alliance franco-russe : "La France est peut-être le seul Etat qui n'ait aucune raison de craindre la Russie, aucun intérêt à sa décadence, aucun motif à mettre obstacle aux progrès de sa prospérité". La disparition du tsar Paul et l'accession au trône du jeune Alexandre (on apprécie la longue étude de la personnalité des deux souverains), le rôle du gouvernement britannique et à certains égards les ambiguités de la position française pendant ces sept années expliquent la campagne finalement conduite. En abordant des problèmes d'une grande complexité, tels que les questions polonaise et espagnole, l'auteur parvient à expliquer les rouages et les évolutions du système d'alliance européen de la première décennie du XIXe siècle.

Tout au long de son ouvrage, Oleg Sokolov propose une approche comparative et pluridisciplinaire du sujet, puisqu'il aborde aussi bien des aspects politiques, militaires, économiques que sociaux. La grande clarté de son récit, par ailleurs fort bien écrit, permet au lecteur de se plonger aisément dans le détail des événements. Cet ouvrage est idéal pour une première lecture afin de se familiariser aussi bien avec l'histoire des conflits napoléoniens, que celle des différents protagonistes ou que celle du contexte politique européen dans son ensemble. Au-delà, par la mise en perspective qu'il offre à la campagne de Russie, il intéressera tous les passionnés de l'histoire impériale.

Mira Yamouni

Éditions Fayard, Paris, 2012, 522 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-213-67076-8

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 07:00

Travailler à l'arrière (1914-1918)

Laboratoire FRAMESPA, "Les Audois", archives départementales de l'Aude

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Ce colloque, prévu à Carcassonne les 23 et 24 mai 2013, se fixe pour objectif d'approfondir et de revisiter, grâce aux recherches en cours, certains aspects de la vie à l'arrière pendant la Grande Guerre (travail féminin dans les campagnes, travail intellectuel et tertiaire, administrations, etc.). Les organisateurs précisent que "l'étude des correspondances et témoignages offre la possibilité d'une approche du vécu de ces acteurs de l'ombre".

Si vous souhaitez proposer une contribution, adresser votre candidature (avec un titre précis et un résumé d'une dizaine de lignes) à : sylvie.caucanas@cg11.fr ou jm.olivier@univ-tlse2.fr

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 07:11

Bibliographie de l'histoire de la gendarmerie

Edouard Ebel, Ronan L'Héréec et Jean-Noël Luc

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Un véritable travail de fourmi, mais un travail indispensable. Voici, rassemblées et mises à jour, les références de plus de 2.400 articles, ouvrages travaux universitaires, etc. Ce document de référence est organisé en six chapitres principaux : "Instruments de travail", "Etudes générales", "La gendarmerie au XIXe siècle", "La gendarmerie au XXe siècle", "Colonisation, décolonisation, coopération et missions internationales" (sans doute le plus novateur) et "Histoire des unités et formations".

Cet outil de travail de base pour tous ceux, étudiants au premier chef, qui souhaitent engager ou poursuivre des travaux de fond sur la gendarmerie, a pu être réalisé grâce à l'investissement des personnels du SHD et aux études lancées depuis une douzaine d'années autour du professeur Luc à La Sorbonne.

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 07:05

Les conséquences stratégiques des élections américaines

Café stratégique  -  jeudi 11 octobre 2012

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En complément amical aux annonces de l'Alliance géostratégique

Le premier café stratégique de la saison 2012-2013 se tiendra au café Le Concorde, 239 boulevard Saint-Germain, 75006 Paris (métro Assemblée nationale) de 19h00 à 21h00. Il sera animé par Maya Kandel, spécialiste des Etats-Unis et doctorante à l'IRSEM, qui évoquera en particulier les évolutions possibles, telles qu'elles se dégagent des propos et programmes des deux candidats.

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 07:00

Vive les Soviets !

Un siècle d'affiches communistes

Romain Ducoulombier

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Superbe album ! Au catalogue depuis quelques jours de la maison d'édition créée par l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, ce beau volume est signé par un vrai spécialiste de l'histoire politique de la gauche en France, auteur en particulier de De Lénine à Castro. Idées reçues sur un siècle de communisme (Le Cavalier bleu, 2011). L'ouvrage s'articule chronologiquement autour des grandes périodes qui scandent l'existence du parti communiste, des "Années 20. Naissance d'un style" au "Piège Mitterrand" et s'intéresse à ce symbole de la communication de masse et du militantisme que fut l'affiche politique (dont on apprend que la première date de 1908).

On peut aborder les centaines d'affiches reproduites dans ce volume (il y en aurait quelques 8.000 conservées aux seules archives départementales du Val de Marne) sous plusieurs angles : celui de l'histoire des idées, bien sûr, puisqu'à travers leurs slogans elles témoignent des évolutions successives du parti ; celui de l'esthéique et de l'art également, puisque des signatures prestigieuses ont mis leur talent au service du parti ; celui de l'analyse comparative aussi puisque l'on sait bien qu'un thème hier à droite ou à gauche peut souvent se retrouver aujourd'hui, repris et reformulé, à l'autre bout de l'échiquier politique. A cet égard, l'affiche "Les paysans de France / Pour que le bonheur règne dans nos campagnes" de 1937 est, de manière étonnante, en quelque sorte annonciatrice par l'image véhiculée et le graphisme des campagnes ultérieures de Vichy en faveur du monde rural. De même, celle que nous reproduisons en bas d'article ("Pour que la famille soit heureuse") aux trois couleurs nationales, fait bien peu "révolutionnaire".

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On ne résiste pas au plaisir de présenter quelques exemples pour le moins originaux, comme ce "retournement" de l'image du "bolchevique au couteau entre les dents" (ci-dessus), qui devient un couteau libérateur ; ou cette tentative comique (il n'est pas du tout sûr que les auteurs aient été au deuxième degré) de détourner la mode des productions américaines de sciences fiction à la grande époque d'Enterprise (ci-dessous).

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Enfin, on en vient à se demander, au fur et à mesure des années, si la qualité esthétique des affiches ne diminue pas en proportion de la baisse d'influence électorale du parti. Avec la fin de "l'ère Marchais", le talent graphique, pour le moins, semble avoir abandonné les militants.

Ce magnifique volume comblera sans aucun doute tous ceux qui se passionnent pour l'histoire des idées politiques et leur traduction dans la vie nationale. Les éditeurs annoncent par ailleurs qu'il sera complété dans quelques semaines par un ouvrage parallèle sur un siècle d'affiches anticommunistes et que l'ensemble constituera "le portrait d'une époque violente et passionnée où la République s'est frayée un chemin plus étroit qu'on ne le pense".

Editions Les Echappés, Paris, 2012, 144 pages, 34 euros.

ISBN : 978-2-35766-053-3

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Romain Ducoulombier a bien voulu répondre à quelques questions :

Question : Pouvez-vous nous présenter les différents fonds d’archives que vous avez explorés ?

Réponse : Le livre est fondé sur les collections exceptionnelles d’affiches de Michel Dixmier et Jean-Jacques Allévi. À l’exception de quelques documents, ce sont elles qui sont mises en avant d’une façon très attractive. Vive les Soviets, c’est d’abord un livre à feuilleter ! Mais l’ensemble –soit près de 150 affiches et documents – s’accompagne d’une histoire du graphisme communiste au XXe siècle que j’ai nourrie, quand c’était nécessaire, d’archives diverses. Une affiche, c’est un langage et si le message qu’elle délivre doit être intuitif pour être efficace, il faut aider le lecteur à le décrypter. Outre les archives de la police française, où j’ai déniché un ou deux documents-choc, j’ai surtout utilisé les archives intérieures du PCF disponibles aux Archives départementales de Bobigny (qui possède une magnifique collection d’affiches, dont le catalogue m’a été très utile) et dans les fonds russes du RGASPI. Ces documents offrent un éclairage inédit sur les tirages, la diffusion des symboles d’origine soviétique ou les rapports de certains dessinateurs avec Moscou.

Question : Les affiches présentées scandent et rythment les évolutions du discours du PCF au long de son histoire. Quelle époque vous paraît la plus florissante, ou la plus riche aux différents points de vue ?

Réponse : À l’évidence, le début de la Guerre froide, pour diverses raisons. D’abord parce que l’art de l’affiche politique est mûr, qu’elle n’est pas encore envahie par le photomontage, et qu’elle n’est pas recouverte par le triomphe (finalement assez tardif) de l’image télévisée. La puissance du PCF – il capte un quart de l’électorat à la fin des années 1940 – contribue à en faire un media qui atteint alors son utilité maximale : nourrir une vision manichéenne du monde, et servir de marquage identitaire à des « territoires » communistes soustraits (du moins symboliquement) à l’emprise de la « bourgeoisie ». La logique même de guerre « psychologique » caractéristique des débuts de la Guerre froide explique qu’elle serve comme une arme, avec une violence indéniable, mais aussi parfois avec humour. Des masses de militants étaient disponibles pour coller… Quant aux symboles, ils sont tous réunis au début des années 1950 : les drapeaux (rouge et tricolore), la faucille et le marteau, la « jeunesse du monde », les portraits réalistes-socialistes de Staline et, bien entendu, la célèbre colombe de la paix de Picasso.

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Question : Dans le cadre général de vos travaux, après cette publication, dans quelle(s) direction(s) s'oriente(nt) vos recherches ?

Réponses : J’ai le goût des archives, comme on dit parmi les historiens, et je continue de les arpenter avec le peu de temps que me laissent mes charges d’enseignement dans le secondaire. Je crois pour ma part que le moment est venu de renouveler le questionnaire que le XXe siècle nous a légué pour étudier le phénomène communiste. Dans mes livres, j’ai décidé de l’attaquer comme un massif, par des versants inattendus, que ce soit par ses « origines » alléguées, ou ici par son graphisme. Les archives sont là, mais leur abondance ou leur caractère longtemps secret ne doivent pas nous intimider. Ce qu’elles attendent, c’est un regard neuf : allons-y ! Il faut du temps pour que de nouvelles directions se dessinent, et qu’elles gagnent un public qui y cherchera, non pas une nostalgie, mais un jugement sur le siècle qui s’éloigne résolument de nous. Je crois que le mythe de Spartacus sera ma prochaine victime, même si je me passionne aussi pour Aragon. Tout bien réfléchi, on doit au couple qu’il formait avec Elsa Triolet certaines des plus fortes images du folklore communiste français, à commencer par le « Parti des fusillés », une formule d’Elsa…

Question : Pourtant, tout le monde dit que le PC est mort, malgré le sursaut du Front de gauche. Cherchez-vous à l’expliquer ?

Réponse : Le succès du Front de gauche devrait susciter l’étonnement de tout historien ! On ne peut certainement pas dire qu’il était prévisible, même s’il ne durera peut-être pas. Il tient en partie au rapport d’autopsie, finalement assez juste, qu’en ont dressé Mélenchon, mais aussi François Furet (aussi surprenant que ce rapprochement puisse paraître…) : ce qui faisait tourner le PCF, c’était le jacobinisme et l’obsession de l’égalité, qui est le ressort de la guerre sociale à la française. La patrie, le drapeau, et l’idée de sacrifice. Ils emplissent littéralement l’affiche communiste. La dépendance politique, financière et idéologique à Moscou n’a jamais disparu. Mais ce qui fut une rencontre circonstancielle avec la nation, à la faveur du Front populaire, est devenu une dimension identitaire majeure du communisme français, parfois jusqu’à l’excès. Le livre le montre amplement. Le PCF n’est jamais parvenu à la claire conscience que sa survie était incompatible avec son attachement à la réalité desséchée de l’Union soviétique : il n’a pas survécu, en fait, à la disparition des générations staliniennes et c’est la peur de perdre son identité et de se banaliser dans l’offre politique de la gauche renouvelée par Mitterrand qui l’a paralysé.

Question : Finalement, où en est l'affiche politique aujourd'hui ? A-t-elle été rangée par les médias modernes dans le grenier des objets oubliés ?

Réponse : Je n’en suis pas sûr, même si la présence généralisée d’écrans dans les cafés ou les couloirs du métro parisien peut le laisser penser. L’affiche politique contemporaine se situe au bout d’une logique qui s’est enclenchée, pour différentes raisons, à la fin des années 1960, et que la présidentialisation de la Ve République a accélérée : le marketing a imposé sa simplification progressive, et le livre permet de bien suivre cet appauvrissement. Mais comme toujours en matière de propagande de masse, l’impact de cette nouvelle publicité politique est difficilement mesurable, ce qui ne signifie pas qu’il soit nul, au contraire. Une mauvaise affiche est toujours catastrophique ! Il suffit de se souvenir de l’affiche « Présider autrement » de Jospin en 2002… Je crois que l’affichage communiste a opposé une forme de résistance à cette évolution inéluctable, que renforcent aujourd’hui la privatisation progressive de certains espaces publics et l’invasion de la publicité. Et pourtant, dans le déferlement actuel d’images, la fixité de l’affiche peut devenir un atout, alors même que tout l’art du graphisme avait consisté à la conjurer par la simulation parfois géniale du mouvement. Il lui reste à mes yeux un avantage : celui d’imposer son message instantanément, de façon tout à fait intuitive, sans recourir à l’attention et à l’écoute prolongées du passant. Dans un monde qui se dépolitise tendanciellement, ce n’est pas négligeable.

Merci Romain pour toutes ces précisions, et plein succès pour ce beau livre.

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 07:00

LA-CHOUETTE-OCTOBRE-2012-copie-2.jpg

Faites circuler l'information !

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 07:10

Gendarmeries, polices et société

XIXe - XXIe siècles

Paris IV

Poursuivant ses travaux dans ce vaste domaine, dont il est sans doute le meilleur spécialiste en France, le professeur Jean-Noël Luc a ouvert le 2 octobre le cycle 2012-2013 de son séminaire, conduit avec Arnaud-Dominique Houte. Il précise dans son introduction que "la multiplication des forces de police invite l'historien à résister à la confusion introduite par la langue française entre la fonction de "police" et la principale institution civile et urbaine (la "Police") qui l'exerce à l'époque contemporaine". Les sujets abordés sont extrêmement divers et bénéficient des interventions de différents spécialistes extérieurs, jusqu'au "Traitement journalistique des affaires criminelles" le 6 novembre, au rôle des gendarmes prévôtaux  du CEFEO en Indochine, et aux Sapeurs-pompiers avec "Des acteurs méconnus de l'histoire de la sécurité publique", le 18 décembre, par lemajor Didier Rolland, historien des Sapeurs-pompiers de Paris.

La première séance (2/10/2012) a été consacrée à des définitions et de la méthodologie ("Commencer une recherche sur l'histoire de la force publique"). Les prochaines se tiendront à partir du 9 octobre, généralement selon un rythme hebdomadaire, salle D 323, maison de la recherche, rue Serpente, 75006 Paris, le mardi de 17h00 à 19h00.

Le programme complet du premier semestre est disponible sur :

http://www.paris-sorbonne.fr/IMG/pdf/Programme_seminaire_1er_semestre_Securite_interieure_Defense_XIXe-XXIe_2012-13--_M-_Jean-Noel_Luc.pdf

Renseignements et contacts : jnoel.luc@gmail.com ou arnaudhoute@aol.com

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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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