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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 06:33

Théorie du combat

et Enseignement militaire au prince de Prusse

Carl von Clausewitz

Si tout le monde a entendu parler du De la guerre de Clausewitz (que certains ont lu), voici réuni en un seul petit volume deux textes bien différents, écrits précédemment, et qui complètent et expliquent en partie les publications ultérieures.

Deux petits documents bien différents donc, par leur contenu et par leur objet. D'une part le "Résumé de l'instruction militaire donnée par l'auteur à S.A.R. le prince de Prusse dans les années 1810, 1811 et 1812", et d'autre part le début de rédaction et le plan détaillé de "Fragment de plan pour la tactique ou la théorie du combat". Il apparait qu'en de nombreux points, sur le plan de la tactique, les fameux "principes de la guerre" qui seront ultérieurement formalisés par Foch sont ici déjà exprimés, peut-être de façon moins claire, mais bien réelle. Le premier texte aborde aussi bien la manoeuvre d'une compagnie d'infanterie que celle d'un escadron de cavalerie, mais aussi la question de la guerre défensive ou celle des lignes d'opérations. Le second (qui n'est rappelons-le qu'un document en cours de rédaction et partiellement rédigé) traite plus spécialement de la "Théorie de la victoire" et des moyens pour y parvenir, du rapport entre offensive et défensive, de l'élaboration d'un plan de combat, etc.Une succession de points particuliers, architecture du livre inachevé, plus de 600 idées sont citées, listées et plus ou moins développées en quelques ligne. On constate que nombreux sont ceux qui conservent (au moins aux échelons d'exécution et de mise en oeuvre) une réelle pertinence aujourd'hui. 

Un publication utile pour tous ceux qui travaillent sur les principes de la guerre et qui s'intéressent aux questions tactiques et doctrinales du début du XIXe siècle. Ce livre semblent essentiellement diffusé par correspondance : nous en précisons les coordonnées ci-dessous.

Editions Astrée, Paris, 2013, 175 pages. 19,50 euros.

ISBN : 979-10-91815-02-4

Vente par correspondance auprès de :

http://www.editions-astree.fr/BC/Bon_de_commande_ClausewitzTC.pdf

Principes du combat

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 06:30

2e Guerre Mondiale

La révolution de la guerre mécanisée

Batailles & Blindés  -  Hors-série n° 23

Un numéro copieux, exclusivement concentré sur les aspects "blindés et chenilles", à partir de quatre points de vue : "la révolution doctrinale" en tant que telle, y compris en terme d'emploi (et remise en question du célèbre ouvrage de Frieser sur le mythe de la guerre-éclair) ; "L'évolution du char de combat vers le Main Battle Tank"  (intéressant encart sur les postes radio embarqués et sur le char aérotransportable), accompagné de photos, croquis et profils ; la nécessité "d'Accompagner le char de comabt", avec les problématiques de la reconnaissance, du transport de troupes, de l'anti-char, du franchissement ; et enfin le couple "char-avion" avec "Les prémices de la guerre aéroterrestre", chez les Allemands, les Soviétiques, les Britanniques et les Américains. Il y a parfois un côté très technique dans les caractéristiques des matériels, ce qui peut dissuader de poursuivre la lecture, mais il faut se souvenir que ces chiffres, ces quantités, ces indications numériques permettent aussi, ensuite, de comparer utilement, sans être ridicule, des matériels plus ou moins identiques.

 

Mobilité et puissance

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 06:35

Foch, chef de guerre

Elisabeth Greenhalgh

Bravo ! C'est à une enseignante de l'université des Nouvelles-Galles du Sud et de l'académie militaire australienne que l'on doit cette excellente étude, parue en 2011 aux Presses universitaires de Cambridge et aujourd'hui disponibles en français.

De facture classique, le livre est construit chronologiquement, en deux parties principales : "De la théorie à la pratique" nous permet de suivre Foch de l'Ecole supérieure de guerre à l'année 1917 qui le voit réduit à des tâches accessoires après avoir été relevé du commandement du GAN, et "Le commandement suprême", qui traite essentiellement de l'année 1918, des offensives allemandes de printemps à l'armistice, sans oublier un ultime chapitre judicieusement titré "Perdre la paix". Bien sûr, l'auteure a une certaine proximité avec son héros et se montre plutôt favorable à ses choix et décisions qu'elle explique (bon, pour Morhange, ...), mais le grand intérêt du livre est de faire fréquemment l'aller-retour entre la théorie, telle que Foch a pu la concevoir au tournant du XXe siècle, et sa pratique du commandement sur le terrain, dans le cadre de l'armée française puis en tant que commandant en chef interallié. Les relations avec tous les autres grands généraux (français et étrangers) et hommes politiques de la période (membres des gouvernements, ministres, etc.) sont évoquées, elle traite de la question italienne et s'intéresse bien sûr aux relations avec l'armée américaine. Elisabeth Greenhalgh fait souvent référence à des correspondances privées peu (ou pas) connues, ce qui accroît encore l'intérêt pour l'ouvrage, et l'on a confirmation que ses relations avec Pétain (et Haig) ont souvent été orageuses.

Toutes les citations sont parfaitement sourcées, les références sont nombreuses et la bibliographie plus que conséquente. Sur tel ou tel point particulier, une divergence d'analyse peut survenir, mais l'ensemble est d'une qualité absolue. Un livre de totale référence qui s'intéresse à un commandant en chef placé au coeur des crises, de la Marne à l'armistice et que chacun doit avoir lu avant les commémorations du centenaire.

Tallandier, Paris, 2013, 682 pages. 23,90 euros.

ISBN  : 979-10-210-0272-2.

Magistral !

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 06:34

La guerre Iran - Irak

Première guerre du Golfe, 1980-1988

Pierre Razoux

Spécialiste du Moyen-Orient (on se souvient de son Histoire de l'armée israélienne), directeur de recherches à l'IRSEM, Pierre Razoux nous propose ici une véritable somme du conflit entre l'Iran et l'Irak dans les années 1980.

"Dernier conflit majeur de la guerre froide", la guerre Iran-Irak a profondément marqué les esprits dans la région et ses effets se font encore très largement sentir. Tout le talent de l'auteur est mis au service de sa volonté d'expliquer les causes et le déroulement du conflit, et il s'appuie en particulier pour cela sur les fameuses "bandes audio de Saddam Hussein", saisies par les Américains en 2003 et qu'il a pu écouter et retranscrire. Son discours est chronologique, de l'escalade entre les deux pays avant le conflit jusqu'à sa conclusion en août 1988, au terme d'une guerre "absurde et terriblement meurtrière". Les opérations militaires en tant que telles sont détaillées, dans leurs différentes phases comme dans le déroulement des offensives, les évolutions et conséquences internes sont parfaitement décrites, au plan militaire (recrutement, etc.) comme politique et diplomatique, le rôle des pays tiers (en particulier les USA et l'Arabie Saoudite) est mis en évidence. Plus de soixante pages d'annexes précisent les effectifs et matériels de part et d'autre, l'aide reçue de l'étranger, les pertes causées, le coût de la guerre, etc. C'est très, très, très complet.

L'ensemble est agrémenté par de nombreuses cartes, comporte un substantiel appareil de notes et se termine par une très belle bibliographie. Un ouvrage de référence pour quiconque s'intéresse à cette région.

Perrin, Paris, 2013, 604 pages, 27 euros.

ISBN : 978-2-262-04195-3.

Histoire trouble et toujours présente

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 06:31

La tragédie malienne

(Coll.)

Voilà un ouvrage qui change dans la production actuelle, ne serait-ce que parce que les auteurs adoptent un angle d'approche original. En effet, ils analysen la "crise" malienne essentiellement à l'aune des difficultés intérieures du pays.

Ce faisant, et sans remettre en cause l'efficacité de l'opération Serval au plan de la technique militaire, ils s'interrogent sur le bien fondé du choix d'une action de ce type de la part de la France. Le parti pris initial est donc clairement posé. Mais au-delà, ils "décortiquent" littéralement la situation politique, militaire, culturelle, sociale, religieuse interne et dressent finalement un tableau peu encourageant du pays. Après avoir abordé dans une première partie ("Dans l'oeil du cyclone") la crise de 2011-2012 et ses conséquences régionales supposées ou réelles, ils traitent dans les deuxième et troisième partie de l'histoire du territoire, "Du Haut-Fleuve au Mali intépendant" (part. 2) au "Mali postcolonial" (part.3). Ils se demandent ensuite légitimement s'il y a "Un gouvernement légitime au Mali ?", puis consatent la contradiction entre "Un Etat faible, des territoires en devenir", avant de revenir sur les révoltes touarègues, la définition de l'Azawad et la question de l'islamisme. Ils débattent ensuite longuement des relations, souvent tendues, entre Islam et politique dans "Un pays musulman en quête d'Etat-Nation", avant de creuser la notion d'ethnie ("Fantasme occidental et réalités culturelles") avec, bien sûr, la question de la promotion artificielle d'un "Etat malien" idéalisé mais en fait totalement corrompu, et l'opposition entre le Nord et le Sud. Ils en arrivent donc au "Récit national et recours au passé", en particulier dans cette dualité compliquée entre Touaregs et Maures et au rôle des "Maliens de l'étranger", une diaspora difficilement quantifiable mais à bien des égards influente. Les questions de démocratisation, d'émigration, de pauvreté et de sécurité alimentaire occupent les trois dernières parties, donnant à l'ensemble l'aspect (à bien des égards exact) d'une vraie présentation de synthèse du pays et de ses difficultés.

Les notes de référence, la bibliographie et l'index complètent ce volume. Par le nombre et la qualité des informations dipensées tout au long des pages, un livre absolument indispensable pour quiconque s'intéresse aux problèmes de cette région. Les a priori de certains auteurs et les commentaires "font partie du jeu". A chacun, après analyse, de se forger son opinion. Sur le fond, un volume d'une excellente qualité.

Vendémiaire, Paris, 2013, 343 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-36358-106-8.

Défis intérieurs au Mali

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 06:30

Le musée de la Grande Guerre

Un nouveau regard sur 14-18

On sait que le magnifique musée de Meaux, créé sur la base de l’exceptionnelle collection de Jean-Pierre Verney, est toujours particulièrement apprécié des jeunes et des scolaires parce qu’ils y trouvent en particulier, outre les supports numériques aujourd’hui indispensables, des objets, des milliers d’objets, qu’ils peuvent approcher et parfois toucher.

Ce très bel album richement illustré, qui présente thématiquement (par exemple les mentalités avant la guerre, l’armement dans les tranchées, le service de santé, la vie quotidienne du poilu, etc.) d’innombrables photos remises dans leur contexte, explique également l’origine du musée, sa genèse, et son aménagement jusqu’à l’inauguration. Normalement disponible à la boutique-librairie ouverte aux visiteurs dans les locaux du musée, il constitue à la fois un exceptionnel souvenir de la visite et éventuellement un très beau cadeau (à offrir, ou à s’offrir…).

Cherche-Midi, Paris, 2011, 158 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-7491-2262-5.

Histoire et fonds d'un musée

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 06:25

Combat, 1941-1974

Une utopie de la Résistance, une aventure de presse

Yves-Marc Ajchenbaum

Nouvelle édition, revue et augmentée, d'un livre paru pour la première fois en 1994. Le journal Combat, né pendant la Seconde guerre mondiale et sous l'occupation, a tenu une place tellement particulière dans la presse française qu'il méritait bien ce volume.

Pouvez-vous lister les journalistes et grandes plumes qui ont signé dans Combat ? de Camus à Bernanos, de Frenay à Aron, de Gide à Soustelle, de Sartre à Tesson et Pauwels... Quel panel ! L'auteur nous conduit chronologiquement des premiers temps de l'occupation allemande à la naissance d'une modeste "feuille de chou" clandestine, de Jean Moulin et d'Albert Camus à l'émergence à l'air libre durant l'été 1944, avec ses espoirs et ses contradictions. Très vite, les grands débats (l'épuration, la qualité du personnel politique, la guerre d'Indochine, la question algérienne, les problématiques sociales et culturelles des 'Trente Glorieuses', etc.)  tiennent le haut de la Une, entre Gaullistes et Progressistes. Mais la (sur)vie dans un contexte concurrentiel est difficile et les idéaux bientôt ne suffisent plus. Très vite, les comptes de l'entreprise se dégradent, il faut passer à d'autres propriétaires, et au terme d'un lent et long déclin, bien que les journalistes en soient arrivés à travailler presque sans être payés certains mois, accepter de disparaître sous Pompidou. Au fil des pages, des portraits de personnalités rares, comme Philippe Tesson qui se lance en 1968 dans les élections législatives avec le parrainage de Jacques Isorni, de Maurice Clavel et de Pierre Marcilhacy : "la droite pétainiste, la gauche gaulliste et un modérateur discrètement libéral". Et qui se souvient qu'un 14 juillet son dernier directeur, Henri Smadja, écrasé sous le poids des dettes, "enfermé dans sa salle de bain, la bouche du canon double placée dans la région précordiale, appuie sur la gâchette"...

Une superbe histoire de presse, d'écriture et de liberté à petit prix : pourquoi s'en priver ?

Folio Histoire, Paris, 2013, 596 pages; 9,30 euros.

ISBN : 978-2-07-045306-1.

Une aventure et une utopie

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 06:35

Etat de guerre

L'année 1914 à travers les publications officielles

(coll.)

Un grand plaisir et un regret avec ce volume, par ailleurs très intéressant de La Documentation Française.

Commençons immédiatement par le regret, ce sera fait : tous les contributeurs (par ordre d’intervention Jean-Jacques Becker, Damien Baldin, Stéphane Audouin-Rouzeau, Manon Pignot, Nicolas Beaupré) appartiennen à la même « école » et cette exclusivité rédactionnelle jette naturellement le trouble. En effet, s’agissant d’un recueil d’extraits de textes officiels, pourquoi avoir choisi celui-ci, et pas celui-là ?

Un plaisir aussi (et surtout) parce que les publications du Journal Officiel et du Bulletin des armées de la République sont finalement assez peu connues et encore moins exploitées, et qu’il était donc parfaitement légitime et utile, comme l’écrit Xavier Patier dans sa préface, de les mettre à l’honneur, avec les réserves qui s’imposent (on connait le peu de succès du Bulletin confronté à l’accusation avérée de « bourrage de crâne »). Rappelons simplement que « l’approche plus ample, l’histoire totale élargie au social, à l’économie et à la culture de guerre » ne saurait ni remplacer, ni se dispenser de l’approche proprement militaire dont elles ne sont, à l’échelle du conflit, que des composantes particulières. L’ouvrage est divisé en cinq grands chapitres qui permettent de traiter des premiers mois de guerre (« Août 14 : la France en guerre », Jean-Jacques Becker ; « La France envahie : les illusions perdues », Damien Baldin ; « Hommes en guerre », Stéphane Audouin-Rouzeau ; « Pendant ce temps, à l’arrière », Manon Pignot ; et « La guerre, toujours », Nicolas Beaupré). Chacune comporte trois à quatre longs extraits de documents issus du Journal Officiel ou du Bulletin, précédé par une brève présentation, et se termine sur deux doubles pages de questions à l’un des historiens contributeurs sur les thèmes évoqués dans la partie concernée. Ponctuellement, des encarts complètent et précisent certains points particuliers ou éléments biographiques.

Pour les textes issus du Bulletin des armées de la République, en particulier, il faut toujours replacer dans son contexte, à la date de diffusion et en fonction des événements, les extraits proposés. Par ailleurs, la construction même de l’ouvrage interdit de développer longuement chacun des dix-huit thèmes évoqués. Il s’agit simplement d’apporter une information originale, et le pari est ici réussi, mais il est nécessaire si l’on veut aller plus loin pour chaque chapitre de compléter son information avec d’autres ouvrages. Ainsi, « Paris-Bordeaux » ne se limite pas au départ du gouvernement de la capitale « à la demande des autorités militaires » et, si le président de la République n’y est pas personnellement favorable, différents hommes politiques influents le souhaitent. De même, « La bataille défensive : premières tranchées » ne peut se limiter à la présentation qu’en fait le Bulletin. Dans un autre domaine, la rentrée parlementaire le 22 décembre 1914 (« Faire la guerre, jusqu’au bout ») mérite d’être étudiée autrement qu’avec la déclaration officielle de Viviani.

Au bilan, ce livre sera utile à tous ceux qui souhaitent disposer de la plupart des textes officiels importants de la période, dans tous les domaines. Bien présenté, joliment illustré, il a toutes les qualités pour figurer dans votre bibliothèque.

La Documentation Française, Paris, 2013, 207 pages, 27 euros.

ISBN : 978-2-11-009486-5

Kaléidoscope

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 06:30

La guerre de Corée

1950-1953

Ivan Cadeau

Désormais reconnu comme l’un des jeunes auteurs de référence sur la guerre d’Indochine, Ivan Cadeau nous propose aujourd’hui de (re)découvrir la guerre de Corée et ses opérations actives parfois impressionnantes entre 1950 et 1953.

Cet ouvrage de synthèse est organisé en six grandes parties chronologiques, qui permettent de suivre avec aisance les principales phases de la campagne. Après avoir présenté l’histoire des deux Corée à la veille du conflit, il aborde la première offensive du Nord et l’intervention « onuso-américaine » avec ses défaillances (« Un été au bord du gouffre »), puis la contre-offensive occidentale de Pusan à Inchon (« Le ‘sorcier d’Inchon’ »), la poursuite au-delà du 38e parallèle, la contre-attaque des « volontaires » chinois, la bataille du réservoir de Chosin et la question d’une faillite du renseignement américain (« Wansui ! Les Chinois attaquent »), la seconde chute de la capitale du Sud, le difficile rétablissement du front, le remplacement de MacArthur et la contre-attaque alliée du printemps (« La contre-offensive des Nations-Unies »), enfin les combats extrêmement durs de Crèvecoeur, la révolte des prisonniers nord-coréens pris en main par l’organisation souterraine communiste, les accusations de guerre bactériologique et, finalement, la nécessité devant la stabilisation des lignes et le peu de résultats militaires d’en venir à la négociation d’une suspension des opérations actives (« L’impasse »). On le voit, une étude globale, dont la solide bibliographie finale (y compris filmographie) dit assez tout l’intérêt. Si la guerre de Corée a longtemps été une « guerre oubliée » en France, ce ne peut plus être désormais le cas.

Il ne s’agit donc pas d’une histoire de la contribution française à ce conflit, mais bien d’une présentation globale de l’ensemble de la guerre, essentiellement dans ses caractéristiques tactiques et opératives. Deux à trois millions de morts selon les sources les plus vraisemblables, deux pays ravagés, pour finalement revenir à peu de choses près sur les positions de départ. Les rapports entre les deux Corée sont toujours restés, et restent, très tendus comme l’actualité du régime paranoïaque du Nord le montre régulièrement. Aucun règlement définitif ne semble envisageable à brève échéance : « le communisme dynastique de Pyongyang et ses oligarques n’ont rien à gagner à une réunification qui signifierait leur disparition ; quant à Séoul, l’absorption, même pacifique, de son voisin du nord reste peu souhaitable pour la population sud-coréenne qui apprécie son actuel niveau de vie et les avantages qu’elle en retire ».

Perrin, Paris, 2013, 370 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-262-03734-5.

La "guerre oubliée"

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 06:25

Les Mousquetaires

ou la violence d'Etat

Rémi Masson

Aller au-delà du d’Artagnan d’Alexandre Dumas ? C’est ce que nous propose Rémi Masson dans ce petit livre fort bien venu et facile à lire qui nous raconte la véritable histoire des mousquetaires du roi.

Le propos, organisé en sept grandes parties, est essentiellement chronologique, à partir de la création de la première compagnie (probablement à la fin de l’année 1622), dont la réputation est bientôt telle que Louis XIII fait le choix de s’en désigner lui-même le capitaine ! Hommes de confiance réputés pour leur bravoure et leur courage, devenus unités d’élite sous le commandement de monsieur de Tréville, ils accompagnent le roi non seulement à la guerre mais aussi à la chasse, dans ses déplacements, assurent sa sécurité rapprochée, gardes du corps aussi bien que troupe d’assaut. Au fil des chapitres (« Au service de Louis XIV », « Une unité d’élite », « Des professionnels de la violence », « Haute police et paix civile »), l’auteur nous donne une multitude d’informations très précises sur la tenue, l’équipement, la formation, les revenus, les campagnes bien sûr avec la victoire « à la Pyrrhus » de Maastricht et toute la problématique de la guerre de siège, la place de la (petite) noblesse et l’influence que celle-ci exerce sur l’esprit de corps très particulier des Mousquetaires alors que les armées et le monde évoluent. Ils sont également employés pour participer à la répression des révoltes qui, dans le Nord, dans le Vivarais ou en Bretagne, secouent le royaume, même s’ils s’efforcent de « garder les mains propres » par rapport aux dragons et gardes françaises. Après le siège d’Ypres en 1678, puis celui de Courtrai en 1683, la bataille de Malplaquet marque à la fois l’apogée et le début de la fin pour les Mousquetaires. L'heure est aux réformes et ils sont les héritiers d'un siècle en voie de disparition. Les effectifs sont diminués, puis les compagnies supprimées à la veille de la Révolution. Difficilement et de façon très éphémère reconstitué sous la première Restauration, le corps des Mousquetaires du roi disparait définitivement en 1815, laissant un souvenir double, d’unité d’élite et d’inadaptation aux temps modernes.

Un bel appareil de notes et une copieuse bibliographie complètent ce livre à bien des égards passionnant. 

Vendémiaire, Paris, 2013, 158 pages, 18 euros.
ISBN : 978-2-36358-117-4

Gardes du roi et troupe d'élite

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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