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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 06:00

Le roman vrai de Tabi

Journal d'une expédition en pays Dogon

(18 septembre - 26 décembre 1920)

Robert Arnaud

Ce journal d'une colonne expéditionnaire à la fin de la pacification du territoire aujourd'hui malien présente plusieurs intérêts : il nous rappelle comment se déroule la dernière phase de la colonisation, il nous présente le regard non pas d'un militaire mais celui d'un administrateur civil des colonies, et enfin il ne manque pas de qualités littéraires.

Une solide préface et une belle introduction présentent l'auteur et remettent en contexte le récit de ce Journal d'une expédition (sur le plan de l'organisation coloniale depuis le début de la présence française dans la région en particulier). Il apparait ainsi que Robert Arnaud, par ailleurs romancier, a réécrit son "Journal" quotidien initial, rédigé en style plutôt télégraphique, pour en faire un récit dans lequel il se donne parfois le beau rôle, ce qui explique très vraisemblablement le réel plaisir de lecture d'un texte qui a été retravaillé. Certaines parties du livre sont donc à prendre avec prudence. Pour soumettre un modeste village protégé au sommet d'une falaise inaccessible et défendu par quelques dizaines d'hommes équipés de vieilles pétoires, il dispose de moyens "impressionnants : 145 hommes en comptant un peloton de garde-cercles de Hombori, 2 canons, 150 obus, une mitrailleuse, des grenades à fusil". On voit l'échelle de la campagne, mais "cette falaise est la plus admirable et la plus imprenable des citadelles". Ce n'est donc pas tant l'aspect strictement militaire de la campagne qui est à retenir, mais bien toutes les observations que Robert Arnaud note au fil des jours : habitudes et rituels des populations locales, comportements des représentants indigènes de l'administration coloniale, paysages et cultures agricoles. Au hasard des rencontres, le 28 septembre, un tirailleur ancien combattant de la Grande Guerre à Verdun et sur le front de Salonique : "Il regrette la France où l'on mange tant et si bien et où les gens sont si gentils ... Il a été du recrutement de 1915 et regrette de ne plus servir ... Il décrit à tout le monde et cette richesse prodigieuse et l'amitié des Français pour les Noirs". Ce n'est pas le discours généralement mis en avant. Quelques données étonnantes aussi, comme ce relevé des 30 coups de canons tirés le 7 octobre, selon lequel 6 obus sont non éclatés ou non percutés, ce qui représente un pourcentage non négligeable (on apprend plus loin que "les obus étaient depuis plus de dix ans en dépôt à Tombouctou, où ils subissaient les écarts les plus grands de température"), tandis que le premier coup bien ajusté n'est que le vingtième... On y constate également que la "guerre des grottes" n'est pas un phénomène exclusivement algérien ou tonkinois et qu'en Afrique noire également les populations savent parfaitement les utiliser comme refuges et comme bases. L'ensemble de l'ouvrage est illustré de photos et dessins visiblement relevés sur le vif et qui renforcent l'intérêt presque ethnographique de ce "Journal".

Un volume qui doit impérativement être connu de tous ceux qui s'intéressent à la conquête coloniale et aux populations de l'actuel Mali.

Amis des archives d'outre-mer, Aix-en-Provence, 2016, 265 p., 19,- euros.

ISBN : 978-2-9504975-3-6.

Pour commander directement le livre : ici.

Une colonne au Mali
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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 06:00

La mobilisation financière pendant la Grande Guerre

Le front financier, un troisième front

Florence Descamps et Laure Quennouëlle-Corre (Dir.)

Ce volume reprend les dix communications prononcées à l'occasion des journées d'études organisées en septembre 2014. Il répond indiscutablement à un besoin, car les études approfondies sur ces questions financières sont extrêmement rares dans la bibliographie récente.

L'ensemble est équilibré. Si les contributions traitent souvent de la France, ni le Royaume-Uni, ni l'empire allemand ne sont oubliés, et les textes relatifs à la situation française l'aborde à plusieurs reprises dans une perspective internationale (avec la Russie, les Etats-Unis, etc.). Trois grandes entités sont au coeur du volume : le ministère des Finances en tant que tel, naturellement, la Banque de France, partenaire incontournable, et la Caisse des dépôts et consignations, qui "est venue conforter l'assise du crédit de l'Etat" et fait en particulier l'objet d'une intéressante communication de Philippe Verheyde. Dans sa communication sur "Les emprunts français aux Etats-Unis, 1914-1917", Laure Quennouëlle-Corre rappelle les oppositions intérieures en Amérique même au principe du premier grand emprunt en 1915, les difficultés entre Américains et Franco-Britanniques (qui n sont par ailleurs pas d'accord entre eux) et observe que le placement des emprunts ultérieurs sera de plus en plus difficile. Dans son article en quelque sorte presque parallèle, "De l'argent pour Armageddon : la mobilisation financière de l'Allemagne entre 1914 et 1918", Gerd Hardach aborde plus largement les aspects politiques, industriels et économiques de cette mobilisation dans le IIe Reich et s'intéresse également à l'inflation intérieure. Enfin, dans sa communication, "Le ministère du Commerce au secours de la circulation monétaire pendant la Grande Guerre", Clotilde Druelle-Korn nous parle en particulier de ces "monnaies de nécessité", émises par les chambres de commerce pour compenser la raréfaction ou l'insuffisance de la monnaie divisionnaire "officielle", des émissions qui se poursuivront bien après la guerre puisque  les "bons" et "jetons" ne disparaissent définitivement qu'en 1928. Les autres interventions méritent également que l'on s'y attarde, comme celle d'Olivier Feiertag sur "Les relations financières entre la Russie et la France pendant la Première Guerre mondiale : arme financière et logiques de marché", qui rappelle l'importance du marché des fonds russes à Paris en 1914, revient sur la conférence financière interalliée de février 1915 et développe ensuite un long paragraphe sur les conséquences des révolutions de 1917.

De nombreux graphiques et tableaux complètent la plupart des communication et une bibliographie spécialisée est précisée en fin d'ouvrage. Un volume qui apporte un éclairage souvent méconnu aussi bien au processus politique intérieur de prise de décision qu'aux relations internationales entre des Alliés dont la solidité financière a été fort différente (avec les conséquences que cela implique en terme en termes de "leadership" et donc de capacité d'influence).

Comité pour l'histoire économique et financière de la France, ministère des Finances, Paris, 2015, 282 p., 20,- euros.

ISBN : 978-2-11-129396-0.

L'argent, le nerf de la guerre
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 06:00

La révolte des Gueux

en Flandre, Artois et Hainaut

Alain Lottin

Lorsqu'à l'été 1566 des bandes de protestants saccagent les églises du Nord, la grande région des Pays-Bas espagnols connaît depuis plusieurs années un cycle de violences extrêmes, qui manifestent à la fois une opposition à l'Espagne (et à l'empire) catholique de Charles Quint puis Philippe II, et une révolte des Anabaptistes, Luthériens et Calvinistes contre l'Inquisition.

Devant les progrès des églises protestantes dans la région, la contre-réforme catholique, sous l'autorité effective de Marguerite de Parme, demi-soeur de Philippe II et gouvernante générale des Pays-Bas, est mise en oeuvre sans états d'âme. Dans ce livre, organisé en neuf chapitres, Alain Lottin dresse pour nous toute l'histoire de cette révolte, des "Progrès de la nouvelle religion" et au ralliement des nobles (le choix devient alors plus politique), jusqu'aux combats qui se succèdent entre l'automne 1566 et le printemps 1567 "Gueux ! Le nom a été orgueilleusement revendiqué par les gentilshommes confédérés le 5 avril 1566. "Vive les Gueux" est devenu un signe de ralliement et de défi pour tous ceux qui s'opposaient à la politique religieuse intolérante de Philippe II. Il est aussi l'ultime cri de fierté et d'espoir de celles et de ceux qui montent sur l'échafaud ou le bûcher". Le terme ne doit pas laisser penser que l'on n'y trouve que de pauvres hères. Parmi eux, des paysans et des villageois, mais aussi des artisans des villes et de nombreux nobles de la région, dont les grands personnages, comme le comte d'Egmont (qui sera exécuté par décapitation à Bruxelles). Face à face aussi, et cela annonce en un sens les campagnes de Louis XIV, le prince d'Orange (protecteur de Hollande) et le duc d'Albe, impitoyable représentant du souverain. La répression est d'autant plus sévère que la révolte a été importante et que le pouvoir a pris peur. Pour échapper aux condamnations ou à la mort, nombreux sont ceux qui émigrent vers les Etats allemands et l'Angleterre.

On apprécie tout particulièrement la facilité de lecture, sur un sujet qui aurait pu être ardu, et pour ceux qui veulent aller plus loin les nombreuses références (archives et bibliographie) rassemblées en fin de volume. Un petit livre tout à fait passionnant sur une révolte aux accents à la fois politiques et religieux, bien mal connue aujourd'hui en dehors de sa région d'origine.

Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Ascq, 192 p., 20,- euros.

ISBN : 978-2-7574-1394-4.

Quand le Nord se révoltait
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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 06:00

La vie professionnelle des officiers français

au milieu du XIXe s.

William Serman

On connait bien le nom de William Serman pour ses études (toujours) de référence sur Les origines des officiers français, 1848-1870 et Les officiers français dans la nation, 1848-1914. Ce volume, troisième issu de sa thèse, en constitue le complément.

 En quatre grands chapitres ("La diversité du métier : emplois et missions", "La finalité du métier : le combat", "L'avancement" et "La cessation de service"), William Serman brosse un tableau très complet de cette micro-société (représentant quand même autour d'une vingtaine de milliers d'hommes), dans sa diversité, beaucoup plus importante que les a priori pourraient le laisser penser. A travers l'étude systématique des dossiers de six promotions annuelles, il nous livre de très nombreux tableaux et statistiques sur les origines sociales, les grades atteints, les campagnes conduites, etc., par arme, âge, fortune, etc. Il s'appuie à la fois sur les lois et règlements en vigueur et sur des témoignages, qu'il cite fréquemment, et évoque aussi bien la vie au quartier en métropole que les grands engagements de l'époque comme la conquête de l'Algérie ou la campagne du Mexique. Il n'oublie ni les questions liées à l'instruction (générale comme militaire), ni les aspects techniques imposés par l'armement en dotation. On y a la confirmation par exemple que la monotonie et le conformisme sont souvent de règle dans les garnisons , tandis (plus étonnant) que de nombreux officiers (supérieurs) démissionnent lorsque la guerre se fait proche (Crimée, Italie, etc.).

Un petit livre qui foisonne littéralement de chiffres et de précisions, de pourcentages et de citations. Bien que datant d'une vingtaine d'années (sur certains points les travaux ont été approfondis), ce volume reste indispensable sur toutes les questions liées à la sociologie militaire.

Editions Christian, Paris, 1994, 221 pages (à rechercher d'occasion).

ISBN : 2-86496-057-5.

Qui sont les officiers français au XIXe s. ?
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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 06:00

CPA

Les commandos parachutistes de l'air

Entre ciel et terre

Jean-Marc Tanguy

Des unités dont on parle beaucoup dès qu'il s'agit de forces spéciales, et qui restent bien mal connues du grand public. Il fallait sans doute toute l'empathie de Jean-Marc Tanguy (blog 'Le Mamouth') pour ces soldats afin de pouvoir produire un tel album.

Dans le style de ses publications récentes chez le même éditeur (ici et ici par exemple), l'auteur nous propose un volume très richement illustré (plus de 200 photos, de lui-même ou institutionnelles) organisé en trois grandes parties. La première, relativement brève, raconte l'histoire de ces commandos parachutistes de l'air entre leur création en 1956 en Algérie (quelques pages sont même consacrées aux premiers parachutistes dès 1937) et la création du COS en 1992. La seconde s'intéresse aux CPA depuis cette date, évolutions de structures (bien utile), des missions, du matériel, le RETEX des différentes opérations, etc. La troisième enfin, la plus importante en volume, nous permet d'approcher toute une galerie de portraits, pas moins de 17 personnalités différentes, de l'appelé de la guerre d'Algérie au sous-officier engagé en BSS, qui racontent une expérience particulière ou décrivent une ambiance. Les dernières pages enfin donne la liste (avec un bref résumé des missions principales) des OPEX de ces dernières années. Un (très) utile index ferme cet album : fort heureusement pour le néophyte, car certaines pages débordent littéralement de sigles et acronymes. Et puis, il y a les photos, parfois un peu posées certes, mais presque toujours de grande qualité, des hommes et des espaces souvent immenses...

Un album bienvenu, à la fois documenté et esthétique, qui plaira autant aux amateurs d'opérations discrètes qu'à ceux qui préfèrent s'intéresser aux unités, à leur organisation et à leurs missions.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2016, 199 pages. 29,90 euros.

ISBN : 978-2-36445-086-8.

CPA
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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 06:00

Les ducs et duchesses de Bretagne

Philippe Tourault

Réédition d'un ouvrage initialement paru en 2009, ce volume étudie l'histoire politique (dynastique, diplomatique, militaire) des souverains qui régnèrent sur la Bretagne de la fin de l'éphémère royaume au Xe siècle à l'union avec la France dans la première moitié du XVIe.

Le style est classique et le récit simplement chronologique (souvent le plus efficace). Mais Philippe Tourault sait aussi contextualiser chaque événement, replacer dans leur environnement les décisions souvent difficiles, diplomatiques ou militaires, que les ducs successifs doivent (fréquemment) prendre pour sauvegarder l'indépendance de leur Etat, longtemps fragile et toujours menacé. De l'opposition aux princes voisins de Normandie ou d'Anjou, à la menace des Plantagenêts et à la guerre de Cent ans, nous voici dans la Bretagne de la maison de Dreux, qui renforce considérablement le pouvoir ducal, à la guerre de Succession entre les maisons de Montfort et de Blois-Penthièvre, avec une (provisoire) victoire anglaise et enfin les derniers ducs "pro-français", de Jean IV à la duchesse Claude, avec cette apogée du règne de François II, "duc par la grâce de Dieu", "couronné à Rennes en 1459" et qui fait le choix de Nantes pour capitale. Au fil des pages, c'est également toute la géopolitique ouest-européenne du Moyen-Âge qui nous est décrite, au gré des mariages et des héritages, des alliances et des trahisons. Au passage, bien sûr, le combat des Trente, du Guesclin, la bataille d'Auray, etc. S'il s'agit indiscutablement d'un livre d'histoire sérieux et efficace, le lecteur peut aussi se laisser entraîner vers une forme de "rêve éveillé"... Et si la Bretagne...

On apprécie tout particulièrement la bibliographie finale, les listes, index et arbres généalogiques. Au bilan, un ouvrage classique au meilleur sens du terme.

'Tempus', Paris, 2016, 406 pages, 10,- euros.

ISBN : 978-2-262-06618-5.

Six siècles d'histoire bretonne
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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 06:00

Alexandre

Exégèse des lieux communs

Pierre Briant

Si des dizaines de milliers d'ouvrages ont été publiés depuis l'Antiquité elle-même sur l'un des plus grand héros de l'histoire, le livre de Pierre Briant se distingue par son ampleur et les résonances, la modernité, qu'il évoque. Un véritable inventaire dans le temps long.

Le propos peut paraître excessif, puisque l'auteur évoque "la décolonisation de l'histoire d'Alexandre" et rappelle l'un de ses anciens articles : "Impérialismes antiques et idéologie coloniale dans la France contemporaine : Alexandre le Grand modèle colonial". En élargissant le plus possible son champ d'investigation (parfois jusqu'à des aspects assez secondaires ou des propos très "grand public"), Pierre Briant dresse un inventaire impressionnant des références à Alexandre à toutes les époques et dans (presque) tous les lieux  : "Créé dans l'Athènes du Ve siècle dans la suite des victoires de Marathon et de Salamine, le stéréotype culturel de la supériorité d'un petit peuple libre sur un immense empire peuplé d'esclaves était aisé à introduire et à adapter à toutes les situations où Est et Ouest se sont affrontés, et d'abord les victoires d'Alexandre". En sept grands chapitres (le dernier nous conduit d'Alexandre en Bactriane au général Petraeus en Afghanistan, rien de moins), nous retrouvons (ou découvrons) Alexandre dans l'imaginaire européen jusqu'au XIXe siècle, dans les représentations des princes et rois qui utilisent son image, mais aussi dans le monde ottoman et en Perse et jusqu'à l'Inde et au Mali, puisque l'un des manuscrits de Tombouctou semble faire directement référence au roi de Macédoine. Les thématiques de la colonisation et de la médiatisation sont au coeur des chapitres 3 et 4, avec quelques rapprochements osés, qu'il s'agisse d'une sorte de filiation entre Alexandre et Lyautey au Maroc, ou même avec le groupe de Heavy Metal Iron Maiden qui "fut le premier en 1986 à consacrer un morceau à Alexandre (Alexander the Great) dans un album intitulé Somewhere in time". Un long paragraphe est consacré à l'ouvrage de Benoist-Méchin dans la série "Le rêve le plus long", Alexandre le Grand, ou le rêve dépassé, dont on sait que les aspects romanesques dépassent souvent le respect de la vérité historique. Le chapitre 5 s'intéresse aux représentations d'Alexandre par les grands auteurs, de Montesquieu au XXe siècle, avec une analyse critique de leurs oeuvres, et le chapitre 6 pose curieusement la question de "Juger Alexandre ?", au nom d'une conception particulière de la colonisation et des questions raciales. J'avoue atteindre ici les limites de l'exercice, car traiter de l'Antiquité à partir des concepts culturels et des idées sociales du XXIe s. me semble peu adapté. Après tout, le nombre de victimes lors des conquêtes d'Alexandre ne semble pas pouvoir être précisé sur les bases des sources antiques, il ne fut ni le premier ni le dernier à raser des villes et réduire des populations en esclavage, et il serait intéressant de comparer ses pertes à celles (en pourcentage au moins) d'autres conflits proches, en amont ou en aval. Bref, invoquer les mânes d'Alexandre pour critiquer ou applaudir telle ou telle décision actuelle me semble relativement hors de propos, et les nombreux historiens (en particulier anglo-saxons) que cite Pierre Briant paraissent perdre toute souci méthodologique.

S'il est parfois "urticant", le volume est indiscutablement passionnant, parce qu'il retrace le parcours d'une véritable légende quasi-planétaire dans le temps (très) long, dans ses évolutions, dans ses échos politiques, culturels et sociaux. Un ouvrage étonnant car une telle approche, parfois iconoclaste, est intellectuellement à la fois originale et stimulante, même si l'on n'est pas toujours en accord avec l'auteur. 

Folio Histoire, Paris, 2016, 569 pages. 11,90 euros.

ISBN : 978-2-07-079376-1.

Mythe d'Alexandre et permanence de sa présence
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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 06:00

Les grands procès du XXe siècle

Stéphanie de Saint-Marc

Parmi les grands procès du XXe siècle ici présentés (et tous à leur époque connaissent un très fort retentissement), certains exercent une influence considérable sur "le cours de l'histoire" et sont parfois directement liés à des questions militaires ou de défense.

Treize procès sont ici présentés, de celui d'Henriette Caillaux au printemps 1914, pour avoir assassiné le directeur du Figaro, à celui des barricades en Algérie en 1960-1961. Outre ce dernier, les questions militaires ou de défense sont abordées à l'occasion des procès de Louis Malvy, ancien ministre de l'Intérieur, en 1918, de Pierre Mendès-France à Clermont-Ferrand en 1941, de Laval devant la haute-cour de justice en 1945, ou pour le procès du réseau Jeanson de soutien au FLN, devant le tribunal permanent des forces armées en 1960. Chaque affaire est présentée (contexte et événements, généralement en dix à vingt pages), puis Stéphanie de Saint-Marc laisse la parole aux acteurs : interrogatoires des accusés, dépositions des témoins, plaidoiries des avocats. On a ainsi la quasi-intégralité des principales pièces, ce qui (étant donné l'importance en leur temps de chacune de ces affaires) apporte de nombreuses informations sur les événements de l'époque, les relations des uns et les contacts des autres, les objectifs de certains et les manoeuvres des derniers. Bref, une plongée (souvent) étonnante dans les dessous politiques, financiers, militaires de certaines affaires célèbres.

Un complément utile ponctuellement pour toute étude particulière (il se termine sur un index complet et une belle bibliographie) et au minimum un ouvrage qui peut se lire chapitre par chapitre, sans continuité de temps et d'espace. Un ouvrage à la fois très intéressant et atypique. 

'Bouquins', Robert Laffont, Paris, 2016, 877 pages, 30,- euros.

ISBN : 978-2-221-11595-4.

Accusé, levez-vous !
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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 06:00

Les rapports de Berlin

André François-Poncet et le national-socialisme

Jean-Marc Dreyfus

Pendant sept ans (1931-1938), l'ambassadeur de France à Berlin André François-Poncet adresse à Paris de très nombreux rapports dans lesquels il tente d'alerter sur les dangers du nazisme.

Jean-Marc Dreyfus a retenu, par sondages dans un exceptionnel ensemble de rapports diplomatiques ("Les services du Quai d'Orsay ne relevaient pas sans consternation que plusieurs de ces dépêches avaient, au mépris des convenances, jusqu'à vingt ou trente pages"), plus de 80 documents dont il publie de larges extraits, voire la totalité. L'ensemble est organisé en sept chapitres chrono-thématiques, qui nous entraînent de la situation allemande avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir à la question de l'antisémitisme à la veille de la Seconde guerre mondiale. De très nombreux aspects de la vie et de la société allemande des années 1930, ainsi que de leurs évolutions plus ou moins contraintes, sont ainsi évoqués, qu'il s'agisse des questions économiques et sociales, de la propagande officielle, de l'épuration parmi les fonctionnaires ou de la préparation des Jeux olympiques de 1936 : "Hier encore objet d'un boycottage presque universel, le Troisième Reich est devenu, aujourd'hui, grâce aux Jeux olympiques et aux divers congrès dont ils sont l'occasion, un véritable centre d'attraction pour le monde. Il le sent. Il le sait. Et il en éprouve une intime et intense satisfaction. A cet égard, la XIe Olympiade revêt, pour les dirigeants de l'Allemagne hitlérienne et aussi pour l'homme de la rue, une importance politique, qui éclipse celle des événements dont le monde est actuellement le théâtre". Dès le printemps 1933, les demandes d'asile politique et de visas pour la France se multiplient : "On peut considérer que sur toute l'étendue du territoire allemand le nombre de personnes qui, soit en raison de leur passé politique, soit en raison de leur origine israélite, ont sollicité l'autorisation de pénétrer sur le territoire français s'était élevé, pendant cette période d'un mois, à 4.000" (avril 1933). Le contrôle de la population s'accélère, en particulier en direction de la jeunesse : "Le camp (de vacances en été) est essentiellement une école de l'hitlérisme. Il représente un îlot sur lequel ne peut mordre aucune influence étrangère. Ni la famille ni la religion n'y ont droit d'accès. Le national-socialisme est maître du terrain et y règne en souverain" (juillet 1935). La guerre totale semble sérieusement envisagée dès juin 1936 : "La Revue Militaire et Scientifique, périodique bimensuel édité par les soins du ministère de la Guerre du Reich, a fait paraître dans son dernier numéro une étude du lieutenant-colonel Warlimont sur 'le rôle des pouvoirs civils dans la préparation et la conduite de la guerre'. Cette étude mérite à plusieurs égards de retenir l'attention. L'auteur, interprète de la pensée de l'état-major allemand, se trouve amené, en effet, à exposer sa conception d'une guerre future, ainsi que celle du régime politique idéal qui doit lui permettre d'affronter, avec le maximum de chances, les aléas d'un conflit ... L'éducation nationale doit être orientée en ce sens. La recherche scientifique doit aller dans le sens des intérêts militaires. Une propagande intérieure et extérieure sera organisée, en utilisant les techniques les plus avancées". Si l'armée se plie dans sa majorité facilement aux nouvelles mesures, on observe également que "c'est seulement du côté catholique que les chefs nationaux-socialistes se heurtent à une résistance qui les irrite d'autant plus qu'elle offre moins de prise à leurs coups et qu'elle les oblige ... à recourir à des expédients policiers" (août 1935).

Les citations pourraient être multipliées. Il est difficile dans ces conditions de prétendre que les dirigeants ouest-européens n'ont pas été informés très tôt des évolutions majeures du régime et de ses objectifs. Un livre (par ailleurs bien écrit) qui propose le regard d'un observateur attentif sur l'Allemagne des années 1930.

Fayard Histoire, Paris, 2016, 231 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-213-66598-6.

Le IIIe Reich sous la loupe
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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 06:00

Chasser les Juifs pour régner

Juliette Sibon

Peu connues, mal renseignées et donc souvent mal interprétées, les expulsions successives des Juifs par les rois de France entre le XIIe et le début du XVIe siècle constituent autant de phénomènes complexes et pour tout dire paradoxaux.

Du règne de Philippe Auguste à celui de Charles VIII, en passant par Louis IX et Louis X, les Juifs installés sur les terres du roi de France sont à plusieurs reprises expulsés puis autorisés à se réinstaller avant d'être expulsés à nouveau. Comment et surtout pourquoi furent prises ces décisions, telles sont les questions de l'auteure, sur fond d'antisémitisme médiéval. On sait que les accusations contre les usuriers juifs ont été nombreuses, surtout dans les périodes de disette et de difficultés économiques. De même, plusieurs travaux ont mis en avant les spoliations, saisies et ventes forcées (ou dans l'urgence absolue) qui permettent ponctuellement d'abonder le trésor royal et éventuellement de construire tel ou tel grand ensemble immobiliser défensif. Certains enfin privilégient la volonté de forcer les conversions au catholicisme. Les objectifs sont variés et parfois peu honorables : "Il est vraisemblable que si l'expulsion constituait désormais une épée de Damoclès pour les Juifs du royaume de France, Louis IX n'en usait finalement que comme un moyen de pression parmi d'autres afin de les rançonner". Pour Juliette Sibon, qui cite de nombreuses sources d'époque, mais souligne aussi leurs lacunes, il faut en fait en revenir à une analyse politique opportuniste, en fonction des résistances à l'expansion du pouvoir royal. Elle observe par exemple que, finalement, les racines religieuses de cet antisémitisme sont bien légères, d'apparence, et surtout mise en avant en fonction de la situation du moment et tout aussi rapidement oubliées ou tues. Elle dresse également quelques comparaison avec les situations à la même époque dans les royaumes voisins (Angleterre, Espagne, Etats italiens et pontificaux), et constate que les mesures favorables ou défavorables (souvent des demi-mesures partiellement appliquées) sont prises dans des circonstances critiques d'opposition plus ou moins déterminée au grands féodaux. La population juive n'aurait alors été qu'un instrument de pression sur ces derniers ? Pour conclure (qu'il s'agisse de conclusions partielles des parties ou de la fin de l'ouvrage), elle affirme que "les mesures sr les Juifs s'inscrivaient dans un contexte politique et édictal destiné à construire l'Etat". Paradoxe : "Rejetés, ils (les Juifs) étaient aussi convoités et disputés ... En apparence contradictoire ou versatile, le fait de chasser ou de rappeler les Juifs relevait d'une même logique, celle de renforcer la souveraineté et d'étendre la réalité du pouvoir royal à la totalité du royaume".

Un livre tout-à-fait intéressant en ce qu'il replace ces situations particulières (et parfois dramatiques certes) dans le cadre plus large de la volonté des souverains de renforcer le pouvoir royal.

Perrin, Paris, 2016, 298 pages. 21,50 euros.

ISBN : 978-2-262-03668-3.

Expulsions, rappels, expulsions, etc.
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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