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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 07:05

Les mensonges de juin 1940

La réalité que l'on cache aux Français depuis 70 ans

Bernard Legoux

Mensonges-de-juin-40.jpg

A la lecture du seul titre : réflexe de prudence ! Il n'est en effet pas indispensable que les éditeurs recherchent à tout prix le "scoop" en couverture : le lecteur n'est pas obligatoirement naïf. Et, à tout prendre, affirmer "à la Une" nous révéler "la réalité que l'on cache aux Français depuis 70 ans" peut être contre-productif.

Bernard Legoux défend une thèse, celle selon laquelle "seul un armistice pouvait éviter la capitulation sans condition de l'armée et permettait de protéger le mieux possible la population et les prisonniers de guerre de la barbarie nazie". Il a même, il y a un peu plus de deux ans, déjà publié un autre ouvrage exactement sur le même thème (17 juin 1940. L'armistice était indispensable. La fin d'un mythe, L'Esprit du Livre éditions), dans lequel il affirmait même qu'il ne s'était que très peu reporté aux archives, préférant les témoignages... Il donne, en page 13 de ce nouvel opus, la liste des principaux ouvrages dont il s'est inspiré, parmi lesquels "les meilleurs auteurs spécialistes de cette période" dont Benoist-Méchin (?), André Brissaud (??), Claude Paillat (???), etc., mais n'apporte toujours pratiquement aucune référence d'archives primaires. Il s'appuie donc soit sur les témoignages des acteurs, qui cherchent à se défendre et à justifier leurs actes, soit sur des analyses ultérieures plus ou moins partisanes. Résumons, les "meilleurs spécialistes" seraient-ils romanciers ou journalistes ? Bref, si la bibliographie finale à laquelle nous nous sommes immédiatement reportés est significative avec 280 titres, elle comporte de bonnes et de (beaucoup) moins solides références.

Le livre est divisé en 10 chapitres, qui dépassent légèrement les bornes chronologiques de la campagne de France pour prendre en compte la période antérieure à la Seconde guerre mondiale et les opérations navales britanniques contre la flotte française en juillet 1940. Le chapitre I, "Le Club", donne le ton d'un sentiment anti-britannique latent. Ce rapprochement informel autour de Churchill, à partir de 1938, d'hommes politiques farouchement hostiles à l'Allemagne nazie et décidés à conduire une prochaine guerre jusqu'au bout avec les ressources des empires coloniaux et l'aide des Etats-Unis est désigné comme responsable : "Ils estiment très probable que l'armée française ne puisse recevoir, sans rompre, le choc allemand et ils se préoccupent, dès 1939, d'empêcher qu'une paix de compromis ou un armistice inspirés par l'évidence de notre infériorité, ne mettent la France hors de la guerre". Ce "club" serait donc à l'origine, par des manoeuvres de couloirs, de la crise gouvernementale, politique et militaire du printemps 1940 en France : "Bien qu'aucune preuve formelle n'en ait été apportée, il est certains que toutes ces concertations franco-britanniques ont fortement contribué aux manoeuvres subtiles qui ont entrainé la chute de Daladier". Gamelin lui-même aurait été persuadé, "dès juillet 1939", que la défaite était inévitable, mais "par amour propre et pour des raisons de prestige il se refuse à l'avouer au gouvernement". C'est objectivement faux : il suffit d'aller lire aux archives, justement, la correspondance confidentielle entre le général en chef et le ministre de la Défense nationale. Gamelin exprime clairement l'état d'impréparation des armées, mais il n'en assume pas la responsabilité, c'est différent. Mais l'auteur n'aime pas les archives... Les chapitres qui suivent sont de la même eau ("La campagne de France", "Pourquoi la France a perdu la guerre", "La route vers l'armistice", "La chute de Reynaud", "17 juin. La prodigieuse journée de Winston Churchill", "L'inévitable armistice", "Les débuts du gouvernement Pétain", "La grande campagne de propagande", "L'opération Catapult en Angleterre") et poursuivent le développement de l'argumentation selon les mêmes mécanismes et avec les mêmes sources. Sur les causes de la défaite militaire : "grande infériorité du pays sur l'Allemagne en matière économique, très longue période pacifiste encourageant le désarmement, instabilité gouvernementale interdisant les plans à long terme, politique sociale du Front populaire diminuant le rendement des travailleurs, retard important sur l'Allemagne pour commencer le réarmement, très mauvaise organisation du commandement, incompétence et manque de réactivité des chefs, insuffisance dramatique de l'aviation, mauvaise doctrine d'emploi des matériels et notamment des chars, dramatique insuffisance des transmissions, mobilisation ratée, organisation industrielle désastreuse, déficience dans de nombreux matériels, non utilisation des renseignements fournis par le S.R., désastreuse manoeuvre Dyle, très graves incurie de la défense dans la zone de Sedan". Bref, un peu de tout, mais surtout au final, "on peut ajouter une organisation allemande supérieure dans tous les domaines, un appui britannique très médiocre et une défection anglaise au bout de quinze jours après une faible participation aux combats". Toujours les Anglais ...  D'ailleurs, dès le 17 juin, Churchill commence à "tendre un piège à la flotte française", qui conduira à Mers el-Kébir en juillet. Le chapitre 7 ("L'inévitable armistice") est également assez particulier dans ses pages 412-429, car après des "estimations" aux probabilités bien aléatoires, Bernard Legoux en vient à conclure que, sans l'acceptation de l'armistice et sans les "négociations" du gouvernement Pétain, "ce sont presque un tiers de morts en plus que la France aurait dû subir. Environ 800.000 au lieu de 600.000". Pour preuve : le témoignage du général espagnol Salgado-Araujo, qui traverse, en automobile, la France non occupée en février 1941 ! Pincez-moi, je rêve ! Etc., etc., etc.

Certes, "il ne faut jamais oublier qu'après les conflits ce sont toujours les vainqueurs qui écrivent l'Histoire" précise heureusement l'auteur au détour d'un paragraphe, et l'héroïsation ultérieure excessive de la geste gaulliste confirme en tout point ce propos. Mais la formule peut lui être retournée et ce n'est pas en en prenant le contre-pied systématique, ce n'est pas en tentant de "réhabiliter" par principe un "camp" par rapport à l'autre, que l'on peut espérer approcher la réalité des faits. Les choses sont moins manichéennes et tiennent parfois à des compromis de détail, qu'il faut savoir mettre à jour... dans les archives. L'auteur ne retenant que les éléments favorables à sa cause, vous lirez "la moitié de l'histoire". Au bilan, finalement, rien de bien nouveau dans ce livre donc. Les fameux "mensonges" qui seraient "cachés depuis 70 ans" sont bien connus et ils ont été publiés depuis longtemps. Par contre, l'ouvrage est indiscutablement à lire et à connaître comme une synthèse d'une approche, comme présentation d'un point de vue, comme défense d'une analyse partisane. Sous cet angle, que l'on pourrait qualifier de "défense et illustration d"une ancienne tendance conservatrice à négocier plutôt qu'à se battre", l'ouvrage mérite d'être connu et étudié.

Editions Jourdan, Waterloo-Paris, 2012, 733 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-87466-237-9.

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 07:00

L'armée anglaise en Afghanistan, 1842

Lieutenant Vincent Eyre

Présenté et annoté par Laurent Schang

Armee-UK-AFG.jpg

Voici, en quelque sorte, la suite chronologique du livre Mission à Kaboul, que nous chroniquions le 19 novembre dernier. Après être entré dans Kaboul en 1839 pour chasser l'émir Dost Mohammed, jugé trop proche des Russes, et installer sur le trône Shah Shujah, plus malléable, les Britanniques sont contraints deux ans plus tard d'abandonner en catastrophe l'Afghanistan devant la révolte générale. Ce livre est constitué par le journal que rédige le lieutenant Eyre, alors qu'il est fait prisonnier, presque à la fin de la terrible retraite. Dans une brève introduction, Laurent Schang brosse le tableau du contexte général : le "Grand jeu" entre Britanniques et Russes du Pakistan au Caucase pendant la première moitié du XIXe siècle. Il termine en rappelant la formule de Wellington, Premier ministre anglais de 1828 à 1830 : "Il est facile d'entrer en Afghanistan. Le problème est d'en ressortir".

Ecrit immédiatement après les événements à partir des observations personnelles de Eyre, complétées sur certains points par les témoignages de quelques uns de ses camarades, le livre décrit longuement les conditions et circonstances préalables à la retraite à l'automne 1841 et la destruction quasi-totale de cette armée britannique en janvier 1842. De nombreuses notes, souvent brèves, apportent au texte original des précisions d'ordre géographique, biographique ou technique. Par ailleurs, il ne s'agit pas d'un texte littéraire : le style de l'auteur est plus proche du rapport militaire que de l'essai. On trouve des faits, des dates, des descriptions précises et, parfois, un jugement de valeur ou un commentaire. Enfin, Eyre précise (au milieu du volume, chap. 7) ses intentions : "Je me suis vu forcé, pour respecter la vérité, de mentionner des faits qui portent atteintes à l'honneur et aux intérêts d'un régiment anglais ... Non, la jalousie ne dirige point ma plume, mais bien plutôt un désir honnête et sincère de venir en aide aux intérêts publics en signalant les écueils contre lesquels notre réputation est venue se briser, les passes d'où notre honneur n'a pu sortir intact, le ssecousses qui ont compromis notre puissance dans l'Inde".

Après avoir décrit le début de la révolte afghane en province et les mouvements qui commencent à agiter Kaboul, il divise son Journal en 10 chapitres, du récit des pertes subies dans la ville elle-même à partir du début des émeutes le 2 novembre 1841, au repli dans l'urgence des différentes colonnes isolées vers la capitale au milieu des embuscades et à la défaite du 23 novembre, qui sonne le glas des espoirs britanniques. Cet échec marque un tournant majeur dans la guerre et le lieutenant Eyre tente d'en tirer les enseignements ("Dans cette triste et désastreuse affaire on ne commit pas moins de six grandes fautes, toutes de nature à étonner le militaire même le moins expérimenté"), en particulier en matière d'emploi des armes. Préparée à partir du début du mois de décembre 1841, l'évacuation de la dernière colonne britannique est sans cesse reportée, du fait des hésitations et de la pusillanimité des chefs, qui tergiversent et tentent de négocier avec les insurgés ("C'est aux autorités supérieures, civiles et militaires, que nos revers doivent être surtout attribués ... La première fois que nous occupâmes ce pays, leur manque de prévoyance et de sagacité fut inouï"). Elle ne commence finalement que le 6 janvier 1842. Un peu moins de 5.000 hommes, suivis par plus de 12.000 porteurs, femmes et enfants ("Leur présence fut, dès le premier mille, un obstacle sérieux à tous nos mouvements, et elle devint véritablement par la suite la principale cause de nos infortunes") et accompagnés par 2.000 animaux de bâts prennent la route de l'est. La colonne s'étire bientôt dangereusement sur une mauvaise piste rendue difficilement praticable par l'hiver et, "avant que l'arrière-garde eût commencé à se mettre en marche, le lieutenant Hardyman, du 5e de cavalerie légère, et cinquante hommes au moins, moururent dans la neige. Une grande quantité de bagages fut abandonnée au départ ; une plus grande encore fut pillée sur la route. Des vingtaines de Cipayes et de valets de camp, épuisés, bordaient le chemin et, dans leur désespoir, s'y laissaient mourir sur la neige". Les vingt dernières pages décrivent la lente et terrible agonie de la colonne, dont il n'arrivera qu'un seul survivant à Jellalabad, premier poste britannique sur la frontière : "Le docteur Brydon échappa miraculeusement, et fut de toute l'armée de Caboul le seul officier qui atteint sain et sauf cette destination".

Un livre qui, à l'heure où les Afghans vont se retrouver entre eux après le repli (dans des conditions certes toutes autres) des contigents internationaux, résonne parfois avec une inquiétante actualité : les conditions de négociation des trêves avec les notables locaux, et de leur non-respect systématique, sont parfaitement décrites...

Bernard Giovanangeli Editeur, Paris, 2012, 173 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-7587-0076-0.

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 06:55

Le débat transnational, XIXe - XXIe siècle

Monde(s), histoire, espace, relations  -  n° 1

Debat-transnational.jpg

Voici une nouvelle revue académique de prestige, dont Robert Franck assure la direction de publication et qu'il présente ainsi : "Elle se conçoit comme la première revue française d'histoire globale : jouant sur le singulier et le pluriel de son mot titre, elle vise à penser à la fois la globalité du "Monde", l'ensemble des "mondes" qui le composent et les rapports que chacun d'entre eux entretient avec lui". Imprimée sur beau papier, presque luxieuse, elle est vendue au numéro 25 euros et doit paraitre deux fois par an.

Le numéro 1 (235 pages), placé sous la direction de Sabine Dullin et de Pierre Singaravélou, traite en sept articles de thèmes participant au "Débat transnational" : ces questions dont les débats dépassent les frontières nationales (esclavage, religions, économie, idées politiques, etc.), les organisations non gouvernementales, les émotions collectives analysées dans le temps et à travers les écrits publics, le philhellènisme européen au XIXe siècle, les réseaux internationaux de santé publique en Asie, la remise en question de l'Etat-nation au sein d'ensembles politiques plus vastes ou la place particulière de la Belgique dans l'internationalisation des questions coloniales, Les textes sont "pointus", parfois très "pointus" et la "course à l'intellectualisation" qui transparait dans certains articles pourrait décevoir de nombreux lecteurs potentiels. Ce dossier est suivi par un intéressant "Débat autour d'un livre" : trois participants (Robert Frank, Niek Pas, Sylvie Thénault) analysent et commentent "L'arme secrète du FLN. Comment de Gaulle a perdu la guerre d'Algérie" (Payot, 2011) et l'auteur, Matthew Connely leur répond. En varia en fin de volume, deux articles en anglais et un en français nous ont semblé plus originaux mais aussi plus abordables : "Comment s'habillaient les esclaves ? Le rôle des étoffes dans les Antilles françaises", de Robert S. DuPlessis ; "Un privilège de chasse pour les Anglais : souveraineté territoriale et privilège extra-territorial au Japon (1860)", de Douglas Howland ; "Lutte contre la traite et politique impériale britannique dans l'océan Indien vers 1820-1880", de Guillemette Crouzet.

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Le tome 2 (279 pages), récemment paru,sur le thème des "Empires", a été coordonné par Pierre Boilley et Antoine Marès. Il est organisé selon la même structure générale et comporte une quinzaine d'articles sur le sujet principal, un "Débat autour d'un livre" (Empires. De la Chine ancienne à nos jours) et deux articles en varia, sur les organisations sanitaires internationales et sur Sékou Touré. Est-ce seulement le style des auteurs ? Est-ce le thème général lui-même dont nous étions plus proches ? Est-ce les sujets précis de chaque article ? Est-ce tout simplement que la "surprise" du premier numéro ne jouait plus ? Après tout peu importe, mais ce numéro 2 nous a semblé plus posé, plus mûri, plus adapté. Les articles sont originaux, précis, bien écrits et développent, à partir des cas particuliers de l'Autriche-Hongrie, de Byzance, des Etats-Unis, de Sublime Porte, de la décolonisation espagnole, de la chute du régime tsariste, de l'empire moghol et de l'URSS une large réflexion sur la notion même d'empire, dans sa naissance, son fonctionnement et sa chute.

Pour les abonnements ou l'achat au numéro : www.armand-colin.com et infos@armand-colin.fr

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 06:50

Les volontaires britanniques de la Première Guerre mondiale

Adrian Gregory

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Dans le cadre des réunions mensuelles du séminaire interdisciplinaire de recherche sur la guerre et la paix (université de Paris I Panthéon-Sorbonne), la séance de demain sera donc consacrée aux volontaires britanniques qui constituèrent la "nouvelle armée" de Kitchener.

Comme d'habitude, le rendez-vous est fixé salle Perroy, La Sorbonne, 1 rue Victor Cousin, 75005 Paris.

Renseignements complémenbtaires et programme complet sur :

http://www.institutguerreetpaix.com/pages/atelier--6851183.html

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 07:10

Guerre réseaucentrée :

des SIC à la manoeuvre des capteurs

DSI International  -  n° 87

DSI701.jpg

Au-delà des articles qui font la Une de ce numéro de décembre (par exemple celui du commandant en second de l'escadron de drones 1/33 Belfort sur "Théorie, processus et organisation de la manoeuvre des capteurs"), nous retenons en particulier deux articles originaux : celui de Joseph Henrotin sur "L'Afghanistan comme symbole de l'échec des études de sécurité. Une leçon de chronostratégie" ; et le long entretien accordé par le vice-amiral Maddison, commandant la Marine royale canadienne, sur les évolutions en cours de la flotte militaire de son pays : "Quelle marine canadienne pour demain".

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 07:05

L'image des militaires français à la télévision, 2001-2011

Bénédicte Chéron

BFM-TV.jpeg

Vu il y a quelques jours sur BFM TV...

Ce travail de recherche et de synthèse post-doctoral vient d'être publié par l'IRSEM (Etude n° 21). Bénédicte Chéron propose une analyse très probablement exhaustive de la façon dont les questions militaires et les "récits" sur les militaires (dans tous les aspects de leur vie et de leurs missions) sont abordés par la télévision. Un travail extrêmement riche, qui bouscule quelques idées reçues (voir en particulier les graphiques et statistiques). L'ensemble de l'étude peut être consultée à l'adresse : http://www.defense.gouv.fr/irsem/page-d-accueil/vient-de-paraitre/etude-de-l-irsem-n-21-2012-l-image-des-militaires-francais-a-la-television-2001-2011 et le PDF est directement accessible et téléchargeable sur : http://www.defense.gouv.fr/base-de-medias/documents-telechargeables/irsem/pdf-publications/etudes/etude-de-l-irsem-n-21-2012

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 07:00

Les Français d'Algérie

Pierre Nora

Francais-Algerie665.jpg

Voici la réédition d'un ouvrage paru en mars 1961 (période particulièrement sensible).

Dans un nouvel avant-propos ("Cinquante ans après"), Pierre Nora, "historien du contemporain qui travaille sur le vivant", rappelle le contexte dans lequel fut rédigé et diffusé ce livre et quels étaient ses objectifs : "se refuser au sentimentalisme compassionnel qui nous avait valu, au nom de la solidarité inconditionnelle avec nos 'compatriotes d'Algérie', l'enlisement dans le statu quo et le piétinement politique". A l'époque, pour Jean Lacouture, dans Le Monde, "tout indique que l'auteur ne les [les Français d'Algérie] aime pas" ; et pour Albert-Paul Lentin, dans France Observateur, il "a parfaitement saisi ce qu'il y a de désespéré et d'artificiel dans l'irréalisme de ces Français qui mérpisent l'Algérie tout en y étant passionnément attachés, et sont passionnément attaché à la France tout en la méprisant" (recensions d'avril 1961 jointes en annexes).

La longue introduction de Charles-André Julien (pp. 35-63), engagé dès l'entre-deux-guerres dans la lutte anti-colonialiste et qui fut proche de la IIIe Internationale, reprend et amplifie sans surprise le discours de l'auteur. Il évoque à propos de Pierre Nora "son honnêteté intellectuelle" et "son souci de vérité". Pour lui aussi, "les Français d'Algérie, enfermés dans leur égoïsme colonial, ne se rendent pas compte que leur avenir est déterminé par un passé tout jalonné d'erreurs et d'abus". Le jeune professeur reçoit l'onction de l'universitaire reconnu : attention, à partir de là, toute critique devient un crime de lèse-majesté intellectuelle. Alors, au risque de lasser le lecteur, donnons la priorité au texte original et, pour cette fois, citons systématiquement l'auteur lui-même.

Le livre se divise ensuite en six chapitres. Dans le premier, "Ici la France", il regrette le caractère passionné et extraverti à l'extrême des Pieds Noirs : "Du grand colon capitaliste au petit tailleur juif, des descendants des vieilles familles françaises aux ouvriers maltais, du gros négociant au petit colon du bled, la passion nationaliste est à la même température ... Le coup de gueule collectif et permanent, les cris, les pleurs, le bluff et la déroute soudaine, la susceptibilité à fleur de peau, toute cette détresse psychologique n'a rien de joyeusement méditerranéen ; de ces privilèges accumulés ne se dégage qu'un malheur de vivre". Même le terme "pamphlet" choisi en titre semble soudain bien fade. Le second, "Le blocus", poursuit sur le même ton ("Avec l'ardeur des désespérés, ces 'Français' ont exigé de la métropole des garanties. Ce qu'ils revendiquent en Algérie, c'est l'Algérie ; sous les deux aspects qu'ils lui voient : la terre et l'Arabe. Par là, dès le départ et spontanément, ils se sont installés à contre-courant de toute évolution, ils ont bloqué l'histoire". Rien de moins. D'ailleurs, les colons sont même "plus réactionnaires que l'armée" et, "de toutes les droites françaises, c'est même avec la droite ultra de la Restauration que les Français d'Algérie auraient le plus d'affinités, talent littéraire en moins". Les "bons" d'un côté, les "méchants" de l'autre : du travail d'historien ? Le troisième, "Une société sans unité", explique que la société arabe et les solidarités traditionnelles ont été détruites, ce qui a fait de chaque musulman un être non reconnu et non protégé, "refoulant la quasi-totalité de l'humanité musulmane vers la sous-humanité". Pierre Nora reconnait certes que "l'antisémitisme spontané des Arabes est un fait indéniable", mais il l'explique et le comprend. D'ailleurs, "plus ils sont bourgeois, plus ils sont en général ultras". Le quatrième chapitre, "Les rapports individuels", distingue entre "une familiarité fraternelle et sans gêne" envers les Arabes à titre individuel, tandis "[qu'] à titre collectif, au contraire, la haine est passée dans les institutions". Et soudain, surgit Freud, ou au moins une "psychologie de comptoir" : "Les Européens ont eu affaire à une société sans femmes. Leurs sentiments pour les hommes se sont exaspérés ; la peur est décuplée dans une société d'où les femmes sont absentes". Conséquence de ce cadre mental, "les Français d'Algérie ont applaudi à l'ordre civil et politique le plus rassurant. Le catholicisme, le pétainisme, les dictatures mussolinienne ou franquiste ont flatté leur sens des hiérarchies sociales, leur soif de confort et leur besoin d'autorité". Mais "franquisme", ce n'est pas assez ; les mots deviennent plus forts et les soupçons plus graves : les Européens doivent se contenter "de la menue monnaie du génocide, des crimes individuels consommés en nom collectif qu'ils accomplissent au coin des rues". Non seulement ignorants et racistes, mais aussi assassins ! L'avant-dernière partie, "Les libéraux", est une véritable charge contre ces élites métropolitaines qui "furent condamnées à être d'inutiles Cassandres. Du réformisme politique, il faut parler au passé". Exit donc des libéraux en Algérie. Quant à la métropole, ni Germaine Tillon, ni Camus, ni leurs amis ne trouvent grace aux yeux de l'auteur, et les seuls vrais libéraux sont peut-être les Musulmans francisés, "la génération dont Ferhat Abbas est devenu le symbole". La sixième enfin, "Un New Deal pour l'Algérie", explique que la minorité française ne peut pas imposer longtemps sa loi aux millions de Musulmans : "L'unique force dont disposent les Français d'Algérie est celle que la métropole ne leur a jamais marchandé : la souveraineté française. C'est ce lien qu'il faut couper". Il faut donc l'indépendance, vite, par surprise : "Il faut recourir au bistouri et trancher le cordon ombilical". Seuls pourront (devront ?) rester en Algérie ceux dont la profession et les compétences sont indispensables au développement du nouvel Etat, avec cet étonnante recherche de la quadrature du cercle : "Le maintien d'une minorité européenne importante est donc lié au développement de formes de planification socialiste originales et spécifiques à l'Algérie" ? Et l'armée dans tout cela ? Elle apparait de temps en temps, au détour d'une phrase, et ne sort pas grandie des quelques flêches qui lui sont destinées. "A l'ombre" des Pieds Noirs en quelque sorte, "elle a joué sa dernière chance et découvert le terrain de manoeuvres à l'exacte mesure de ses faiblesses comme de ses forces".

Le livre se termine sur la reproduction d'une longue lettre que Jacques Derrida a adressé, à l'époque, à Nora après avoir lu son livre, pour le féliciter chaudement d'abord, puis pour poser quelques questions, souligner que le monde des Pieds Noirs n'est pas monolithique et défendre ceux des Français d'Algérie qui "ont approuvé sans réserve, dès le début, le principe de la rébellion".

"Un pamphlet daté ?", demandions-nous dans le titre. La réponse s'impose d'elle-même. Une publication caractéristique d'une époque, d'un style, d'un engagement, et à cet égard importante. Justement parce qu'il est très daté, voici un livre qu'il faut avoir lu pour mieux comprendre les passions et les haines, telles que l'auteur les exprime et aussi caricaturales qu'il les soutient.. Un "historien du temps présent" ? Pas exactement. Plutôt un intellectuel engagé dans le camp des vainqueurs, et célébré par ses homologues. Mais il n'en reste pas moins que ce livre est à lire, posément, calmement, en réfléchissant, car il présente et traduit tous les raccourcis, toutes les généralisations, toutes les approximations si largement répétées : le contraire d'un livre d'histoire, mais un vrai témoignage sur une époque.

Rémy Porte

Christian Bourgois éditeur, Paris, 341 pages, 17 euros.

ISBN : 978-2-267-02423-4.

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 06:55

Les sous-marins d'attaque dans l'action navale

Centre d'études supérieures de la Marine  -  18 décembre

SOUS-MARINS.png

Organisée par le Centre d'études supérieures de la Marine, ce colloque se tiendra le mardi 18 décembre, de 14h00 à 17h30, en amphithéâtre des Vallières de l'Ecole militaire.

Inscription préalable obligatoire : colloquena2012@gmail.com

Programme en PDF à l'adresse :

http://cesm.marine.defense.gouv.fr/le-cesm/actualites2/colloque-les-sous-marins-d-attaque-dans-l-action-navale

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 07:05

BRAVO ! et merci.

CHOUETTE-NOEL-1.jpg

Vous avez été nombreux à participer à notre premier "quizz" (ce qui nous incite d'ailleurs à envisager de renouveler l'opération dans quelques mois). Par ailleurs, vos réponses sont souvent accompagnées de quelques mots de félicitation ou d'encouragement pour la mise à jour quotidienne du site, ce dont nous vous remercions. Les bonnes réponses ont été particulièrement nombreuses et, comme annoncé, l'attribution des lots a été faite en fonction de l'horaire : avantage aux plus rapides !

Il faut reconnaitre que certains ont été particulièrement réactifs : La mise en ligne des questions est intervenue à 07h10, toutes les bonnes réponses ont été données entre 07h23 et 08h40. Les gagnants sont : Louis-Benoit Verdon (à 07h23), Guillaume Lévêque (à 07h25), François Rousselle (à 08h25), Xavier Wackenheim (à 08h28) et Benjamin Gérome (à 08h40). Voici les solutions :

1 - Publication du Traité sur l'Art de la guerre de Machiavel : 1521

2 - Le cuirassé Jean Bart a été torpillé dans le canal d'Otrante (toutes les réponses reçues étaient exactes)

3 - La "colombe de la paix" de Picasso, qui date effectivement de 1949 pour le Mouvement popur la paix, n'apparait sur les affiches propres au PCF que l'année suivante, en 1950 (3 réponses exactes simplement)

4 - Pour l'armée de l'air aux F.F.A., le sigle E.E.S. signifiait Escadron Electronique Sol (4 formations + Berlin, insignes identiques : une sorcière, seule changeait la couleur de fond)

5 - Le territoire français métropolitain constituait effectivement à partir de 1957 la "7e wilaya" du F.L.N.

Comme il s'agit pour nous de faire plaisir au plus grand nombre, ajoutons deux gagnants "surprise" : pour Didier Simmonet, qui nous précise avec humour que le Jean-Bart a été touché dans ... sa cale  à vins ; et pour Vincent Tourny, qui a été le dernier à donner une bonne réponse à la clôture du jeu ce samedi à 19hh00.

Chacun recevra son livre dans les tous prochains jours.

CHOUETTE-NOEL-2.jpg

Joyeuses Fêtes de fin d'année à tous,

à bientôt pour un nouveau jeu, et ...

rendez-vous dès demain sur http://guerres-et-conflits.over-blog.com/

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 07:00

Trop d'activités aussi diverses que prenantes en cette fin d'année.

Déplacements extérieurs, conférences, remises de prix, colloques, etc. : tout se bouscule durant les deux semaines qui suivent.

Mais nous comptons sur vous très nombreux dès le

mercredi 16 janvier 2013

MERCI POUR VOTRE CONFIANCE.

LA-CHOUETTE-DECEMBRE-2012.jpg

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Qui Suis-Je ?

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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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