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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 07:00

Histoire de la Corée,

des origines à nos jours

Pascal Dayez-Burgeon

Histoire Corée667

En dehors de quelques images (sans doute erronnées !), nous ne connaissons presque rien de la Corée, cette péninsule asiatique extrême-orientale.

Ancien énarque, Pascal Dayez-Burgeon s'est spécialisé sur ces pays depuis maintenant plusieurs années et en a une intime connaissance. Diplomate de 2001 à 2006 dans la région, il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la Corée, entre autres Les Coréens publié chez Tallandier en 2011. Il présente aujourd’hui, aux mêmes éditions, une Histoire de la Corée, épopée méconnue du monde occidental et pourtant riche en rebondissements. Pascal Dayez-Burgeon observe ici les différentes étapes qui ont successivement contribué à la construction la Corée et de son identité, puis menées à sa scission en 1953 avec la divergence d’évolution politique, économique et culturelle que l'on connait. Il étudie les deux faces de la Corée, entre un exemple du « miracle » asiatique moderne et un modèle de dictature autoritaire anachronique. Il analyse également les différentes problématiques actuelles que fait émerger l'histoire de la péninsule coréenne. A travers un récit minutieux de l’histoire de la région depuis le 17e siècle, du royaume de Joseon en passant par la dictature Yushin, il nous permet de mieux saisir les enjeux multiples qui font de la Corée un acteur central de la scène mondiale actuelle. Passée d’une des régions les plus pauvre au 12e rang économique mondial, la Corée du Sud a effectué en quelques décennies un bond exceptionnel dans la modernité. Davantage reconnue comme l’une des plus sévères (et sans doute dernière) dictatures communistes au monde, la Corée du Nord s’impose dans les relations internationales comme l’espace paranoïaque de cristallisation des tensions héritées de la guerre froide.

Dans une première partie de son ouvrage, Pascal Dayez-Burgeon brosse un tableau de la situation géographique spécifique de la Corée, de ses ressources, et de la situation pré historique, dans un sens large, de cette région. Il déroule ensuite le fil de l’histoire nationale de la Corée autour des dynasties séculaires qui ont construit la nation coréenne, autant à travers les mythes qu’à travers des évènements concrets. Dans la partie suivante, l’auteur s’applique à l’étude de les occupations et oppressions qui s’exercent sur le territoire coréen depuis le 18e siècle, les monarchies qui se succèdent sous l’emprise chinoise, les invasions russes du milieu du 19e siècle, et la soumission aux règles du commerce nippo-coréen à la fin du 19e. C’est également durant cette même période que la Corée subit la plus forte influence coloniale de la part de l’Occident, en devenant la porte d’entrée des européens et des américains sur le marché asiatique.  On observe alors un phénomène qui poursuivra la Corée pendant de nombreuses années, la volonté constante d’asservissement de la part des étrangers qui caractérise cette région. Malgré la colonisation japonaise de 1910 à 1945, et malgré la guerre qui affaiblit considérablement cet espace pendant le milieu du 20e siècle, elle ne cesse pourtant pas de s’adapter, afin de préserver son identité culturelle originale et d’imposer son autonomie politique.

En définitive la Corée peut être définie par  une capacité de résistance hors du commun, et c’est peut-être ce qui, aujourd’hui, a fait de la Corée du Sud l’un des pôles les plus dynamiques de l’innovation mondiale. Cependant l’auteur souligne qu’il est indispensable d’observer cette région dans sa dualité, dans cette « double Corée » qui, bien que radicalement en opposition, ne doit pas occulter les racines communes aux deux peuples. La Corée demeure un espace « carrefour » de l’Asie et c’est aussi de ce rôle qu’elle tire sa force.

Cet ouvrage intéressera non seulement les férus d’histoire, ceux qui s’intéressent à l’actualité parfois bouillonnante de la région et permettra à tous les lecteurs d’ouvrir leurs réflexions et leurs perspectives à un espace asiatique encore relativement méconnu en Europe.

Juliette Jeanneau

Tallandier, Paris, 2012, 479 pages. 24,90 euros.

ISBN : 978-2-84734-835-4.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 07:15

La bataille

Du fait d'armes au combat idéologique

XIe - XIXe s.

COLLOQUE BATAILLE RENNES

Co-organisé par le CERHIO/Université de Rennes 2 et le CREC de Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan, ce grand colloque se tiendra les 5 et 6 décembre, 2 place du recteur Le Moal, Rennes (métro Villejean Université). Au cours de ces deux journées, seront évoquées les problématiques de la motivation des combattants et de la mise en scène du récit, mais aussi la notion de "bataille décisive", les questions de "supériorité technique" ou les conséquences politiques et idéologiques de la victoire ou de la défaite. Un programme très riche et parfaitement équilibré.

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Programme complet et bulletin d'inscription : http://www.sites.univ-rennes2.fr/cerhio/spip.php?article1167

Renseignements : christine.bechameil@univ-rennes2.fr

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 07:10

Polices d'Empires, XVIIIe - XIXe siècles

Vincent Denis et Catherine Denys (Dir.)

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Voilà un ouvrage collectif original à plus d'un titre. Considérant très justement que "les forces de police ont joué dans les empires coloniaux un rôle essentiel", ce livre nous présente la diversité et la complexité des évolutions des forces de l'ordre de la fin du XVIIIe au début du XXe siècle. Mais ce qui fait à notre sens l'originalité de ce volume dans la production francophone, est que les deux directeurs de la publication ont fait le choix (heureux) de solliciter la participation d'auteurs étrangers et de s'intéresser pour une fois à d'autres empires que celui de la France.

C'est ainsi que parmi les douze textes rassemblées, six s'intéressent à différents territoires britanniques (d'Amérique du Nord au Pacifique et d'Irlande aux Indes), trois à l'Amérique latine (Argentine autour de 1800, Suriname à la fin du XIXe s. et Brésil au début du XVIIIe) et un aux Indes néerlandaises entre 1870 et 1900. Cette diversité dans le temps et dans l'espace dit bien toute la richesse des contributions proposées. Il nous est ainsi possible, de Batavia à Québec, de retrouver les formes d'adaptations locales des forces chargées du maintien de l'ordre, qui abandonnent peu à peu le seul modèle métropolitain pour trouver, en fonction des contraintes particulières de chaque territoire, des formes plus adaptées, mais aussi plus éloignées du "droit des gens" tel qu'il est pratiqué dans les différentes métropoles.

Un ouvrage qui intéressera tous les amateurs d'histoire coloniale, aussi sérieuse que "vraiment exotique".

Presses universitaires de Rennes, 2012, 194 pages, 16 euros.

ISBN : 978-2-7535-2074-5.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 07:00

Bataille de Chéronée

Printemps - 338

Jean-Nicolas Corvisier

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Avec ce nouveau volume de la collection "Campagnes & stratégies", les éditions Economica nous offre un inédit. Et à bien des égards une découverte.

Athènes perd la liberté à Chéronée. C’est en effet ce que l’on pourrait résumer de la bataille, encore peu ou mal connue, qui oppose Athènes et Thèbes à l’armée macédonienne en 338. Néanmoins, la difficulté à saisir les modalités de la bataille gagnée par Philippe II -difficulté qui nécessite de se livrer à un « véritable décryptage historiographique » selon l’auteur- ne doit pas faire oublier qu’elle fut décisive en son époque. C’est cette unicité que Jean-Nicolas Corvisier se plait à développer au fil des 180 pages de son dernier écrit. Docteur ès Lettres, professeur d’histoire ancienne à l’Université d’Artois, distingué de multiples fois, sur le plan littéraire comme militaire, Jean-Nicolas Corvisier est un de nos grands spécialistes de l’histoire démographique, sociale et culturelle du monde antique. Ayant à son actif une vingtaine d’ouvrages et une soixantaine d’articles, il est un des auteurs de référence pour toute étude sur la période antique. Il s’est plus particulièrement intéressé au thème de la guerre antique depuis une douzaine d’années et il est devenu président de la Commission française d’histoire militaire en 2009.

Composé de six chapitres, l’ouvrage décrit l’épopée de Chéronée en trois phases : les origines de la bataille, son apogée, puis ses conséquences ; étude chronologique minutieuse, car il s’agit d’expliciter l’impact de la bataille de Chéronée dans la Grèce antique, sans toutefois en exagérer le rôle. Jean-Nicolas Corvisier se refuse à connoter la bataille de Chéronée de « tournant » mais préfère la replacer dans un contexte plus ancien : la Grèce connaissant une mutation durable depuis un quart de siècle, les conditions de guerre se sont transformées. La bataille de Chéronée ne doit alors être perçue que comme le « réveil brutal de la Grèce du Sud » d’après l’auteur. Révélatrice de la situation grecque en 338, elle permet de rendre compte des nouvelles techniques qui se sont développées (l’auteur emploie la formule « d’art de la guerre »).

Abordant la bataille de Chéronée sous un angle historiographique, Jean-Nicolas Corvisier montre que Chéronée n’a pu donner lieu à des travaux sérieux qu’à partir des années soixante du XXe siècle. Rejetant le postulat d’une bataille due à une quelconque crise dans la Grèce du sud, l’auteur met en avant son caractère inévitable. Des années 404 à 360, la guerre ne cesse pratiquement pas : cette situation, en quelque sorte bloquée favorise l’émergence d’une nouvelle puissance sur le devant de la scène grecque. Alors qu’Athènes est relativement fragilisée, la Macédoine se réveille sous l’impulsion de Philippe II. Instable politiquement et militairement, l’Etat macédonien est progressivement remodelé par le roi. Habité par une fine vision géostratégique, celui-ci reprend la politique traditionnelle d’expansion vers l’est de ses prédécesseurs. Durant la Troisième guerre sacrée, Philippe II joue un rôle crucial, qui lui amène une reconnaissance d’ordre international dans l’environnement de l’époque. La situation s’envenime avec Athènes alors qu’il avance ses pions dans le Péloponnèse : Athènes redoute l’établissement d’un régime oligarchique pro-macédonien, et intervient à Mégare en 343. Malgré les critiques et les oppositions diverses qu’il subit, Philippe II parait en mesure de réunir une armée conséquente face à Athènes. Afin de comprendre les aspects guerriers de Chéronée, l’auteur dresse alors un tableau de l’évolution de l’art de la guerre : à l’heure où semble approcher la bataille décisive, la phalange hoplitique reste un instrument majeur dans les rangs de Démosthène. Face aux atouts de l’armée des Grecs et du sud, Philippe II innove : il crée la phalange macédonienne ainsi qu’une stratégie correspondante, qu’il introduit dans une tactique générale. Entre « spécialisation et complémentarité », la pratique macédonienne de la guerre ne conduit pas forcément à la victoire : d’après Jean-Nicolas Corvisier, la victoire de Chéronée ne dépend que du commandement effectué. Disposant de peu de cartes au début de la bataille, Philippe II fait preuve d’une vraie habilité stratégique et surprend Athènes : en novembre 339, Elatée est conquise par les Macédoniens.

Cependant, Athènes s’alarmant, et Philippe II restant inactif, les rôles s’inversent : le roi doit user de stratagèmes pour contrer les avancées grecques. Il parvient à poser l’ultimatum aux coalisés : ceux-ci se voient forcer de se replier sur Chéronée. Malgré d’intenses négociations diplomatiques, aucun compromis n’est trouvé, et Philippe II se décide alors à mener bataille, au risque de perdre son armée et son trône. Jean-Nicolas Corvisier revient alors sur les imprécisions des recherches historiques concernant la bataille de Chéronée elle-même, dues à la fragmentation et à l’incertitude des sources utilisées. Pas de date fixée, pas de lieu déterminé, doute sur les participants effectifs comme sur les effectifs mobilisés. Ces questionnements poussent l’auteur à revenir sur les caractères des forces en présence (hommes, armement, commandement), puis sur la bataille en elle-même (mise en place, déroulement global) avant d’expliciter les mécanismes de la victoire (charge de la cavalerie, fuite simulée, attaque grecque, victoire macédonienne). Le bilan de la bataille n’indique pas qu’elle est « une vaste boucherie » mais elle est stratégiquement utilisée par les Macédoniens dans le sens de leur intérêt. Philippe II procède alors à une entreprise de réorganisation du territoire grec, dans l’optique de regrouper l’ensemble des Grecs sous son sceptre. Il a ensuite pour objectif de se tourner vers le monde persan : c’est alors qu’il succombe. Jean-Nicolas Corvisier développe dans son dernier chapitre, les études faites de Chéronée et déduit que la bataille est la traduction d’un changement d’échelle et d’un changement d’époque pour les Grecs car le terme d’hégémonie est revu : l’ère de nouveaux Etats s’ouvre dans le cadre d’un hellénisme renouvelé.

Cet ouvrage tente une nouvelle approche de la bataille de Chéronée, trop mal ou trop peu abordée par les historiens, avec force précisions et d’illustrations. Ce livre permet d’éviter les contresens sur cette bataille, et en souligner l’importance tout en la replaçant dans son contexte. Mélange d’histoire ancienne, d’approche diplomatique et d’histoire militaire, l’ouvrage, riche en tous points, donne au lecteur une vision multidimensionnelle de Chéronée : une réussite.

Barbara FELICE

Editions Economica, Paris, 2012, 180 pages, 27 euros.

ISBN : 978-2-7178-6450-2.

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 07:05

Des aigles et des hommes

Sur les traces de la Grande armé&e

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Dans la cadre de la "Saison Grande Armée", cette superbe exposition se tient au pavillon du roi du château de Vincennes. Elle est ouverte du mardi au samedi de 10h00 à 17h00 et le dimanche de 12h00 à 18h00. L'entrée est libre et gratuite.

Outre de très nombreuses pièces (documents les plus divers) issues des collections du SHD, vous découvrirez peut-être la fameuse "boîte à cartes" de l'empereur, souvent évoquée mais rarement présentée, qui suivez toujours Napoléon en campagne, et dans laquelle il conservait les petites fiches formatées qui synthétisaient les renseignements recueillis sur les régiments ennemis. On apprécie également la reproduction au format d'un panneau mural de la carte en couleurs des régions militaires de "l'empire des 110 départements" (à l'époque où Venise était le chef-lieu du département de l'Adriatique...). En plus, la visite se termine par la magnifique "salle des drapeaux", où sont conservés les emblèmes des régiments dissous.

A voir ! 

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 08:35

L’éditorial « punch »

Historia  -  Décembre 2012

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Le thème central de ce numéro est consacré aux « Fins du monde », telles qu’elles ont pu être prédites à toutes les époques et par toutes les religions. C’est parfois amusant, mais tel n'est pas aujourd'hui notre propos.

L’éditorial de Pierre Baron, par contre, mérite d’être longuement cité. Sous le titre « Incultes », il écrit en particulier : « En 2014, nous allons célébrer, notamment, le centenaire de la Première Guerre mondiale et le 70e anniversaire du débarquement de Normandie ». [NDLR : A notre connaissance, les choses ne sont d’ailleurs (même) pas aussi nettes et les décisions ne sont pas encore toutes prises]. Néanmoins, le directeur de la rédaction du mensuel poursuit très justement, car la menace sur le Centenaire reste réelle : « Serions-nous passé du ‘grand machin’ au grand n’importe quoi ? Et comment ne pas écarquiller les yeux en lisant la partie consacrée à 1944 ? Je cite : ‘70e anniversaire de la Résistance, de la libération de la France et de la victoire sur la barbarie nazie’. Des historiens, audibles dans les palais de la République, pourraient-ils rappeler que la Résistance n’a pas attendu 1944 pour exister, que Colmar, Lorient ou Saint-Nazaire n’ont été libérées qu’en 1945, et que c’est en mai de cette année-là que sonne la victoire définitive sur les nazis ? … Nous le sommes aussi [indignés]. Non pas esprit grégaire ou partisan. Ce n’est pas notre ADN. Certes, la crise actuelle fixe d’autres priorités, impose d’autres urgences. Elle ne dispense pas pour autant d’un minimum de culture historique ». Merci.

Une suggestion, puisque certains envisagent de tout mélanger : ajoutons à la liste le 60e anniversaire de Dien Bien Phu (que l’on baptisera « Fin de la guerre d’Indochine » pour rester dans la même approximation) et le 800e anniversaire de la première guerre de 14, celle de 1214 et de la bataille de Bouvines (après tout, l’adversaire de Philippe Auguste n’est-il pas l’empereur germanique -déjà- Otton IV !).

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 07:05

1914

La grande illusion

Jean-Yves Le Naour

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Professeur en classes préparatoires, Jean-Yves Le Naour a déjà à son actif plus de vingt livres, pour l'essentiel consacrés à la période de la Première Guerre mondiale.

Dans ce nouvel opus, il revient sur le second semestre de l'année 1914, de l'assassinat de l'archiduc héritier d'Autriche-Hongrie jusqu'aux "Trêves et fraternisations" de Noël. Abondamment référencée et disposant d'un solide index, cette synthèse est bienvenue. Elle est complète et soulève parallèlement les questions militaires, politiques, diplomatiques, économiques, financières, sociales, l'espionnite et l'Union sacrée, etc. Rédigée d'une plume alerte, elle est par ailleurs facilement accessible aux non-spécialistes, ... mais c'est là, justement, que la façon dont l'auteur reprend parfois des formules toutes faites peut devenir ennuyeux, ou délicat. Le principal point d'échoppement réside dans la quasi permanente hostilité anti-Joffre qui court tout au long du texte : les qualificatifs les moins agréables lui sont attribués. Est-il bien utile d'aller chercher chez Churchill, (vous savez, "l'efficace planificateur" des opérations des Dardanelles et de Gallipoli...) cette appréciation : "Ce sont le général Joffre et ses officiers qui sont responsables de l'affreuse et incommensurable erreur commise dans les évaluations de presque tous les facteurs qui entraient en jeu au début de la guerre". Fut-il la voix la plus autorisée pour commenter la pertinence des choix militaires et des opérations de la grande Guerre ? De même, si les nombreuses citations extraites de la presse généraliste de l'époque sont tout-à-fait bienvenues, il est nécessaire de les replacer dans leur contexte social et politique : le GQG n'assume pas toutes les responsabilités et le président du Conseil comme le ministre de l'Intérieur ont (pour le moins !) leur part dans la censure. Enfin, s'il est à la fois logique et utile d'exercer de nombreuses critiques sur la préparation et la conduite des opérations, choisir presque toujours ses références dans le camp des détracteurs manque quand même de nuance.

Au bilan, donc, un ouvrage intéressant, riche et qui, à bien des égards, fourmille de situations concrètes et d'exemples très précis, mais qu'il convient toujours de placer en parallèle d'autres études, dans un cadre plus large, afin d'arriver à une perception à notre sens moins manichéenne de ce premier semestre de la Grande Guerre.

Rémy PORTE

Editions Perrin, Paris, 2012, 404 pages, 23 euros.
ISBN : 978-2-262-03034-6.

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 07:00

1812

La campagne de Russie

Marie-Pierre Rey et Thierry Lentz (Dir.)

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Il s'agit ici des actes d'un grand colloque international qui s'est tenu à Paris les 4 et 5 avril dernier, et il faut tout d'abord féliciter les organisateurs de cette manifestation et l'éditeur pour avoir pu (c'est aujourd'hui bien rare) en assurer la publication en quelques mois.

Une trentaine d'auteurs, tous excellents spécialistes de la période impériale, apportent leur contribution à ce volume qui détaille des aspects très différents de la campagne. On peut en effet y lire un texte sur "Le prestige d'invincibilité de la Russie au début du XIXe siècle" (Lucien Bély), un autre sur "La formation 'diplomatique' de la Grande Armée" (Jean-François Brun), sur "L'information des Français pendant la campagne" (Chantal Prévot) ou sur "L'attitude des milieux financiers en 1812" (Emmanuel Prunaux). On retrouve les opérations proprement militaires ("Le rôle du 1er corps de Davout", par Alain Pigeard ou "Les Polonais de la Grande Armée", par Andrezej Nieuwazny) et quelques portraits ("Calaincourt en 1812" par Antoine d'Arjuzon ou Barclay de Tolly par Jean-Noël Brégeon) ; mais également plusieurs communications relatives à l'image, au souvenir, à la mémoire de la campagne ("Un siècle de représentation de la bataille de la Moskova", Valérie Bajou ; "Captivité en Russie : regards comparés", David Rouanet ; "L'image de la guerre de 1812 dans le folklore russe", Alexandre Tchoudinov ; ou encore "La campagne de Russie au coeur de la fiction française de 1820 à 1870", Louis Bergès ; et même un passionnant "1812 au cinéma" par David Chanteranne.

Des actes de colloque de grande qualité, qui témoignent de la vitalité des études napoléoniennes mais aussi de la diversité des travaux en cours ... et à venir. Un ouvrage particulièrement recommandé.

Perrin, Paris, 2012, 381 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-262-04072-7.

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 07:10

Les grandes batailles du Moyen-Âge

K. Devries, M. Dougherty, I. Dickie, P. G. Jestice et C. Jorgensen

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Magnifique album pour les fêtes. Les auteurs de cet ouvrage, publié pour la première fois au Royaume-Uni en 2006, nous présentent 20 grandes batailles, entre Hastings en 1066 et Brunkeberg en 1471, replacées dans leur contexte, décrites dans le détail et présentées avec leurs conséquences.

L'ouvrage s'ouvre sur une introduction d'une dizaine de pages, qui nous rappelle qui sont les principaux intervenants et comment manoeuvrent les armées ou les "peuples guerriers". Chaque bataille est ensuite présentée avec "Les raisons du conflit", "Les forces en présence", la description des combattants (équipements, etc.), de nombreuses illustrations et surtout de très belles cartes en 3D sur double page), vues aériennes plongeantes du meilleur effet.

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Philippe Auguste à Bouvines, vu par Le Petit Populaire (p. 83)

Parmi les engagements peu connus remis ici à l'honneur, vous retrouverez bien sûr les "grands classiques" : Hattin, Château-Gaillard, Constantinople, Bouvines, Crécy ou Tannenberg. Mais vous apprendrez très certainement beaucoup sur les batailles de Legano, en 1176, qui voit l'empereur Frédéric Barberousse battu par les milices de villes italiennes ; d'Arsouf, en 1191, qui voit la victoire de Richard Coeur de Lion sur Saladin ; de Peïpous, en 1242, remportée par Alexandre Nevski sur les croisés teutoniques ; celles de l'Ecluse, en 1340, bataille navale qqui se termine par la défaite de la flotte française face aux archers anglais embarqués sur les navires d'Edouard III ; de Najera, en 1367, qui marque une nouvelle fois la supériorité des archers anglais du Prince Noir contre les Franco-Espagnols d'Henri II de Castille ; ou de Vitkov, en 1420, quand les 9.000 paysans hussites de Jan Zizka écrasent les 80.000 mercenaires de l'empereur romain germanique Sigismond.

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Carte de la bataille de Peïpous (pp. 102-103)

Un très bel album et, pourquoi pas, une excellente idée de cadeau pour les fêtes.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2012, 224 pages, 34 euros.

ISBN : 978-2-36445-016-5.

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 07:05

Pierre Denis

Français Libre et citoyen du monde

Philippe Oulmont

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Spécialiste de la France Libre à laquelle il a déjà consacré plusieurs ouvrages, Philippe Oulmont nous propose ici une belle biographie d'un personnage important, mais pourtant tout-à-fait méconnu, de la geste gaulliste : "Pierre Denis avait été un peu partout, sans laisser beaucoup de traces", bien qu'il ait été défini par rené Cassin comme "l'un des meilleurs serviteurs de la France Libre aux heures du désastre".

Divisé en 24 chapitres qui brossent l'ensemble de la vie et de la carrière de Pierre Denis, ce livre s'ouvre sur le choix de rejoindre Londres, dès juin 1940, alors que l'intéressé a près de 50 ans, dans des circonstances assez rocambolesques que l'exode comme la désorganisation générale expliquent. Reprenant ensuite le cours de la chronologie, Philippe Oulmont nous présente le milieu familial de son héros, famille de scientifiques et d'universitaires, tous patriotes et dévoués au service de l'Etat. L'héritier sera donc normalien, agrégé d'histoire et de géographie et commence, comme boursier, en janvier 1907, un quasi "tour du monde" qui le conduit en Italie, en Afrique du Nord, en Amérique centrale et du Sud, aux Etats-Unis et sur les rives du Pacifique, avant d'occuper un poste d'enseignant en province à partir de 1909. En 1914, il suspend la préparation de sa thèse pour remplir "son devoir patriotique", comme sous-officier dans l'infanterie aux tranchées jusqu'au printemps 1915 (il définit la propagande comme "un rappel de la tradition nationale exprimé par des sots"), devient officier, sert comme officier au 2e bureau de Salonique. La guerre terminée, il reprend la rédaction de sa thèse, fait la connaissance de Jean Monnet, devient brièvement professeur des universités à Strasbourg avant de rejoindre la Société des Nations, où il croise fréquemment Paul Mantoux dont il devient le secrétaire personnel, avant de passer au cabinet de Jean Monnet, puis de s'occuper des questions financières et budgétaires. Il quitte en 1927 l'organisation internationale pour rejoindre le monde de la haute finance, "sur les pas de Monnet", et acquiert une solide expérience internationale (Etats-Unis, Chine, etc.). Celle-ci se révèle décisive dès le début de la 'Drôle de guerre' car, dès octobre 1939, il rejoint le Comité de coordination [économique] franco-britannique et séjourne longuement à Londres où, le 23 juin 1940, il rejoint de Gaulle parmi les premiers.

A son âge, Pierre Denis peut difficilement servir dans les Forces Françaises Libres combattantes. Au regard de son expérience internationale et de ses compétences, il peut être beaucoup plus utile dans le domaine financier, car la France Libre est bien loin d'avoir les moyens de ses ambitions : "Il y avait eu encore la veille 14 shillings en caisse, mais dans la journée ses réserves s'étaient épuisées, et il avait dû ajouter 10 shillings de sa poche pour faire partir deux télégrammes que le général, dans son inconscience des limites de nos moyens d'action, avait jugé utile d'expédier". Il sera donc "L'argentier des brigands, 1940-1943", celui qui permettra à la France Libre de vivre et de financer ses actions, et le créateur en 1941 de la Caisse centrale de la France Libre, dont il quitte la direction en 1943. La description de ses rapports avec les autres responsables gaullistes, avec les Britanniques et les Alliés, avec les colonies progressivement ralliées à de Gaulle montre bien la fermeté de conviction du personnage. Arrivé à Alger en juin 1943, il est coeur de l'affaire "Giraud / de Gaulle", puis fonde la Caisse centrale de l'outre-mer, retrouve Pleven et Monnet et devient, sur proposition de Mendès-France, le "chef des services financiers de la mission française à Londres" et, de fait, le conseiller financier du CFLN. Il est donc aux premières loges dans le cadre de la préparation du débarquement et de la réinstallation d'une administration française dans les territoires libérés, alors que les Américains envisage de mettre en place une administration militaire disposant de sa propre monnaie. Il quitte les affaires, à bien des égards déçus, après la Libération, non sans avoir exercé des responsabilité à la Caisse centrale de la France d'outre-mer et au Commissariat au plan naissant.

Selon son biographe, "Pour Denis, accepter la défaite est indigne de l'histoire de la France, des valeurs de la nation et des engagements du pays avec ses alliés ... Il admire de Gaulle tel qu'il est et le soutient parce que l'expérience me parait démontrer que sa personnalité est indispensable à l'édifice à bâtir".

Une superbe biographie sur un "homme de l'ombre", porté par le seul sens du devoir, et qui, à l'âge où d'autres attendaient une prochaine retraite, s'est engagé sans réserve pour donner à la France Libre les moyens de vivre, de combattre, et finalement au pays de retrouver sa place au sein des vainqueurs. Une très belle biographie, comme on les aime.

Nouveau Monde éditions, Paris, 2012, 478 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-36583-336-3.

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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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