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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 07:00

Une vie pour l'Indochine

Claude Guioneau

Paul Rignac

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A travers l'expérience assez exceptionnelle d'un homme et ses souvenirs familiaux, Claude Guioneau et son père Roger en particulier, l'auteur nous invite à retrouver une (grande) partie de l'histoire de l'Indochine pendant la Seconde guerre mondiale et au-delà. Outre le récit des événements, à travers le regard d'un commerçant européen, Paul Rignac nous donne également à comprendre le "mal jaune", "cet attachement particulier à l'Indochine et aux Indochinois" qui a touché tant de militaires et de civils.

Après un rapide rappel de l'odyssée familiale entre Bordeaux et le Tonkin (chap. 1), l'essentiel de l'ouvrage est donc consacré à la période 1940-1945 (chap. 2 à 6). Le récit alterne les références indispensables à l'évolution militaire et politique dans le monde (France métropolitaine bien sûr, mais aussi Grande-Bretagne et empire, Etats-Unis, Allemagne, Japon évidemment, etc.), la description de la situation indochinoise au fur et à mesure (rôle et actions du gouverneur général et de son administration) et la présentation de la vie quotidienne de la famille Guioneau, proche des cercles du pouvoir colonial. Avec la création d'un embryon de réseau de résistance (pour la recherche et la transmission du renseignement), on croise par exemple le capitaine Driay, "bientôt chassé de l'armée dans le cadre de l'application des lois antijuives de Vichy", mais qui "continuera néanmoins à percevoir sa solde". L'auteur relève cependant "une forme d'insouciance chez les Européens d'Indochine", en dépit des quelques révoltes nationalistes ou communistes, de la guerre avec la Thaïlande, et du poids de plus en plus lourd de la présence japonaise. Tandis que le chapitre 4 explique rapidement comment les Européens d'Indochine en viennent à vivre dans l'isolement avec des produits de substitution, le chapitre 5 nous ramène à Claude Guioneau, prisonnier ("gaulliste") pour avoir voulu rejoindre les FFL via la Chine en 1943, puis engagé au 11e RIC de Saïgon en 1944 et affecté à la 5e compagnie, "disciplinaire", en secteur caodaïste. Au fil des pages, on croise des officiers résistants, des fidèles de Vichy, on évoque de mystérieuses liaisons avec les Britanniques à Calcutta, mais sans vraiment en savoir plus. A partir de la fin de l'année 1944, l'écheveau devient de plus en plus compliqué dans la péninsule : actions plus déterminées des services anglo-saxons, présence de représentants de la France Libre, maintien de l'amiral gouverneur : "la chaîne de commandement en Indochine devient inconpréhensible et incohérente. Elle est totalement paralysée au moment de la pire épreuve de son histoire", le coup de force japonais de mars 1945. Cette période est longuement traitée dans le chapitre 6 (pp. 57-95). Passé dans l'aviation, Claude Guioneau séjourne ou fait escale à partir de janvier 1946 à travers tout le Sud-est asiatique et peut observer la détérioration de la situation des Européens ("la grande majorité n'a qu'un désir : rentrer en métropole") et l'attitude des Chinois, qui tirent sur les premières troupes françaises débarquant à Hanoï. Parallèlement, il reçoit Leclerc à son domicile, fréquente ponctuellement certains chefs civils et militaires et, sur fond de négociations à Paris entre la France et Ho Chi-Minh, assiste en décembre 1946 à l'insurrection d'Haiphong, durant laquelle il photographie les dégâts causés par le Vietminh. Les deux derniers chapitres (chap. 8, pp. 112-121 et chap. 9, pp. 122-131) racontent les retours ponctuels en métropole, l'abandon du Tonkin et finalement le repli au Cambodge, puis le départ définitif de l'Indochine alors qu'a commencé sous la volonté et le contrôle du parti communiste vietnamien "une longue nuit de persécutions". Claude Guioneau ayant été un excellent photographe, l'ouvrage se termine sur quelques 45 pages reproduisant des clichés (essentiellement des années 40 et 50) tirés de la collection familiale.

Un livre qui retrace le parcours, toujours remis en cause par les "grands" événements, d'un homme qui s'est battu pendant de longues années pour pouvoir travailler et vivre en Indochine française. Et dont la politique, au sens le plus étroit, finit par avoir raison. Un témoignage très intéressant sur cette période (les années 1940 surtout), qui n'est généralement traitée qu'au niveau des hautes autorités politiques et militaires, et un autre regard sur ces Français du bout du monde.

Indo-Editions, Paris, 2012, 189 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-91-4086-39-4.

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 06:55

Guerres et paix civiles

(mondes anciens et contemporains)

21-22 novembre 2013

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Organisé par Olivia Carpi et Philippe Nivet pour le Centre d'histoire des sociétés, des sciences et des conflits de l'université de Picardie Jules Verne (Amiens), ce colloque international, transdisciplinaire (histoire, géographie, histoire de l'art, philosophie, sociologie, etc.) et trans-périodes se tiendra à l'automne prochain. Il se propose donc de réunir des représentants de toutes les disciplines, dans une perspective comparatiste, autour du thème des guerres civiles, de l'entrée et de la sortie de ces conflits particuliers, comprendre "comment une société est saisie par la guerre civile et comment elle s'en extrait".

Renseignements complémentaires sur :

http://www.u-picardie.fr/jsp/fiche_actualite.jsp?STNAV=CHS&RUBNAV=&CODE=1355752332669&LANGUE=0

Les propositions de communication (avec résumé d'une page maximum) sont à adresser

pour le 1er mars 2013 au plus tard à : olivia.carpi@u-picardie.fr

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 06:55

Bibliothèques électroniques : la démocratisation de la recherche

Lignes stratégiques  -  4 janvier

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Revenons sur un petit article tout à fait pertinent publié en début de mois sur le site Lignes stratégiques, qui insiste sur l'importance croissante de "l'offre documentaire" pour les chercheurs grâce aux bibliothèques électroniques, de plus en plus fournies et de mieux en mieux accessibles. Pour tous ceux qui n'utiliseraient pas encore l'excellent site de la BNF Gallica, voilà l'occasion d'aller à la découverte de ces millions de pages numérisées.

Pour lire l'article, cliquer ici.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 07:05

Charles Quint

Pierre Chaunu et Michèle Escamilla

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Aucun autre souverain des temps modernes ne régna sur un territoire aussi étendu et, si l'on prend en compte un domaine colonial encore très largement inexploré, cette affirmation peut être étendue à l'ensemble des périodes historiques. Et quand deux grands historiens, spécialistes de l’Espagne, unissent leurs compétences, le résultat ne peut être qu’intéressant. Ce livre imposant (même en format ‘poche’) est en fait judicieusement constitué par deux parties, complémentaires et associées en cohérence, mais totalement distinctes par leur mode de traitement du personnage.

La première, sous la signature de Pierre Chaunu, est une biographie historique au sens classique du terme. Sous le titre « De tant d’héritages accablé », elle nous raconte la vie de Charles de Gand, héritier de Bourgogne, des Pays-Bas, d’Espagne, roi des Romains et empereur germanique. Une vie à l’époque où le monde change, où un interminable conflit avec les rois de France (on se souvient de la bataille de Pavie et de l’invasion de la Provence) constitue un facteur de déséquilibre et de risques aussi important que la réforme de Luther ou le danger turc. Les questions d'héritage(s), familiales et de cohésion politique de cet ensemble territorial sont présentes à chaque page, compliquées par les alliances à maintenir et les guerres à conduire d'une extrémité à l'autre du continent. C’est assez dire si la vie de ce souverain, grand politique, intéresse l’histoire de toute l’Europe au-delà de son abdication finale.

La seconde, rédigée par Michèle Escamilla, s’efforce de rechercher qui était l’homme derrière l’empereur, mais il est « secret, mystérieux, difficile à atteindre ». En six chapitres, l’historienne s’intéresse à l’environnement, au cadre de vie, aux relations, aux références culturelles et religieuses de Charles Quint pour affiner petit à petit son personnage. Elle insiste en particulier, bien sûr, sur son rapport au catholicisme et sa pratique religieuse comme à la papauté (au plan temporel et spirituel), sur le repli au monastère de Yuste et interroge une notion intéressante : « L’empereur errant, l’Espagne au cœur ». L’épilogue traite du « Dernier voyage : la mort de Charles Quint », parfaitement décrite et contextualisée en une trentaine de pages. Dans sa conclusion, Pierre Chaunu fait rapidement le procès de l’école des Annales, dont il est pourtant issu, pour justifier le choix de rédiger la biographie d’un grand souverain et de traiter d’histoire militaire. Il rappelle ensuite l’importance de la religion catholique pour Charles Quint et son attachement à l’Espagne, au plus profond de lui-même, torturé peut-être, inquiet au moins, déchiré entre ses responsabilités politiques et dynastiques d’une part et sa foi de l’autre : « Voilà la faute : avoir suivi à Worms sa conscience et l’intelligence politique. Il a fini par ne plus pouvoir se pardonner ce qui fut pendant un quart de siècle sa vraie grandeur ».

Un grand livre à petit prix, particulièrement intéressant.

Coll. ‘Texto’, Tallandier, Paris, 2013 (rééd.), 1180 pages. 12,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0055-1.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 07:00

1936 - 1945. De Tolède à Mauthausen

Itinéraire d'un survivant espagnol

Francisco Ramirez

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Dans ce petit livre, Francisco Ramirez met sur le papier ses souvenirs, à l’attention de ses petits-enfants, en 1995. Il est alors âgé de 87 ans et est « l’un des derniers survivants du petit groupe de compagnons espagnols qui, libérés des camps de concentration nazis par l’armée américaine, ont reconstruit leur vie en banlieue bordelaise ».

Né en 1918 à Tolède, il décrit son enfance heureuse à l’ombre de l’Alcazar, puis la proclamation de la république espagnole lorsqu’il a 13 ans et son engagement comme volontaire dans l’armée régulière espagnole à l’automne 1936. Il combat sur le front de Madrid, à Brunete, sur le front catalan, en Aragon et est promu officier. Souvent en deuxième ligne, il circule beaucoup et raconte ce qu’il voit de la guerre : « Dans cette pagaille, je roule par monts et par vaux, sans carte correcte, à la recherche de petits groupes de républicains qu’il faudrait rassembler ». Réfugié en France après la capitulation de Gérone, il est retenu au camp de Septfonds. Séparé des siens, il a alors 21 ans, « désarmé, enfermé, surveillé par des gendarmes et des soldats sénégalais, mais à peine nourri : un demi-pain et un morceau de morue ». En janvier 1939, il est incorporé à la 63e compagnie de travailleurs étrangers au service de l'armée française, pour aménager en dépôt de munitions une carrière de l’Yonne et il raconte son arrestation en juin 1940, lorsque son « convoi de camions est fait prisonnier par trois soldats allemands ».

Le statut de prisonniers de guerre étant refusé aux républicains espagnols, il est transféré dans différents camps avant d’arriver à Mauthausen en avril 1941, « avec 200 ou 250 prisonniers de guerre espagnols ballotés de camp de transit en stalag allemand ». Les conditions de vie quotidienne sont longuement décrites : « Pour ne pas sombrer, nous nous raccrochons à peu de choses : ne pas crever de faim malgré les rations insuffisantes, ne pas céder à la peur du lendemain qui peut être pire encore ». Il nous détaille son existence, l’organisation et la vie du camp, les travaux forcés, les stratagèmes pour s’épuiser le moins possible au travail, dans différents camps annexes dépendant de Mauthausen, jusqu’au printemps 1944. Le régime d’organisation empirique de la survie (« Je crois que mon poids se maintient à 35 kilos : juste assez pour rester valide »), avec ses "petits succès" (manger, d'abord) est relativement bien décrit. Il passe ses derniers mois de détention (août 1944 à mai 1945) à creuser des galeries dans la région d’Ebensee. Le 5 mai 1945 enfin, « nous marchons sur la route d’Ebensee lorsque nous rencontrons un jeune soldat américain, revolver au poing, parti seul à la recherche de soldats ennemis. Cela me rappelle le 17 juin 1940 ». Recueilli ensuite dans un centre d’accueil près de Bordeaux, il s’installe définitivement dans le Sud-ouest (« Nous, les Espagnols, sommes les seules victimes de la barbarie nazie à ne pas pouvoir rentrer dans notre pays. Alors la France nous accorde le statut de ‘réfugiés’ et des cartes de travail : du travail, il y en a pour tous les courageux ». Il reconstruit ainsi une ‘seconde vie’ en France, où il retrouve nombre de ses amis.

Un petit livre « sans prétention », des souvenirs précis, du concret, du détail, des secondes de vie mises bout à bout. Rien qui ne « révolutionne » notre connaissance de la période, mais une contribution d'autant plus poignante (qui donne de la chair, du sentiment, des valeurs à la grande histoire) que l'histoire de ces prisonniers républicains espagnols reste fort mal connue.

Editions Dessources, Arcachon, 2012, 188 pages, 16 euros.

ISBN : 978-2-95419210-9

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 06:55

First World War Centenary

Imperial War Museum

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Alors que la poursuite des guerres picrocholines franco-françaises anime davantage l'actualité (et encore !) que la préparation sereine et active des manifestations du prochain centenaire de la Grande Guerre (dans 18 mois désormais, déjà ... Comme il n'y a pratiquement ni argent, ni personnel, est-il bien souhaitable de gaspiller le peu de temps disponible ?), les Anglo-Saxons ont lancé le compte à rebours. A Londres, l'Imperial War Museum (dont la portion centrale historique au coeur de la capitale britannique est fermée pour d'importants travaux de rénovation jusqu'en juillet 2013, ce qui laisse penser que les présentations de 2014 seront encore plus belles) anime un réseau de quelques 500 organisations, fondations et associations (les plus diverses) britanniques et étrangères, le First World War Centenary Partnership. Son site internet est déjà richement achalandé et très régulièrement mis à jour. On apprécie en particulier la liste des liens électroniques et les ressources offertes.

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 07:00

Café Historique de La Chouette

Le courage

mercredi 16 janvier

SEPTIEME-0007-1-.jpg

De gauche à droite : Jean-Luc Cotard, Olivier Kempf et Nicolas Mingasson

Bravo et merci à nos trois intervenants, mercredi dernier, écoutés dans un silence presque "religieux" par une salle archi-comble. La qualité des propos tenus (la notion de "courage" abordée sous ses différentes formes et manifestations, dans ses origines et caractéristiques, pour les militaires comme pour les civils -hommes et femmes-, physique et intellectuel, et les concepts associés de peur, d'instruction, de cohésion du groupe, etc.) a en effet suscité une très forte attention.

Merci à tous d'avoir répondu nombreux à notre invitation.

Dès à présent rendez-vous pour notre prochaineréunion le mercredi 20 février

19h00-21h00

Café le Concorde, boulevard Saint-Germain (métro Assemblée nationale)

sur le thème : Les blessures physiques et invisibles

CHOUETTE

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 07:00

La Belgique et la Grande Guerre

Michaël Bourlet

  BOURLET BELGIQUE

Nous rendions compte le 2 janvier de la parution de ce véritable outil, travail de synthèse réalisé par le chef du cours "Histoire" aux Ecoles de Coëtquidan (et animateur du site Sources de la Grande Guerre). Il a bien voulu répondre à quelques questions complémentaires.

Question : Pouvez-vous revenir en quelques phrases sur l'hypothèse, envisagée par l'état-major français avant guerre, d'une 'entrée en premier' sur le territoire belge dans l'hypothèse d'une guerre contre l'Allemagne ?

Réponse : Voilà un sujet passionnant, qui modifie notre perception du haut commandement français. On sait que le dénominateur commun des plans d’offensive de l’armée allemande est la violation de la neutralité belge. Du côté français, c’est une option qui a été aussi envisagée par le haut commandement. La question de l’entrée des troupes française en Belgique se pose à l’Etat-major de l’armée. Le général Michel, chef d’état-major général en 1910, et l’un des plus brillants généraux de sa génération, a envisagé dans sa planification une attaque allemande par la Belgique. Mais son projet n’a pas été retenu et il doit démissionner l’année suivante. Son remplaçant, le général Joffre, intègre aussi dans sa réflexion la possibilité d’un débordement allemand par la frontière nord. Aussi envisage-t-il de prendre l’initiative en Belgique pour contourner les positions fortifiées allemandes de Metz et déborder l’aile droite allemande. Le 21 février 1912, le général Joffre expose ses projets au cours d’une conférence qui se tient au ministère des Affaires étrangères et qui rassemble le président du Conseil, Raymond Poincaré, et les principaux ministres. Joffre démontre les difficultés que représenteraient une offensive vers l’est (obstacles naturels, fortifications allemandes) et expose les avantages d’une offensive en Belgique. Il conclut que « Les chances d’une victoire seraient considérablement accrues pour l’armée française, si celle-ci était libre de porter l’offensive sur le territoire belge (…) Le plan le plus fécond en résultats décisifs, dans l’éventualité d’une guerre avec l’Allemagne, consiste à prendre, dès le début des opérations, une vigoureuse offensive, pour en finir d’un seul coup avec les forces organisées de l’ennemi ». Cependant, le président du Conseil fait observer qu’une invasion de la Belgique par la France risquerait d’indisposer les Wallons et qu’il serait nécessaire de s’assurer qu’un plan de ce genre ne déterminerait pas l’Angleterre à retirer son concours à la France. Le gouvernement rejette donc cette hypothèse et le général Joffre reçoit pour mission d’élaborer un plan d’offensive contre l’armée allemande sans possibilité de pénétrer en Belgique. 

Question : L'armée belge, dont la réputation n'est pas excellente en Europe, résiste cependant vaillamment à l'attaque allemande. Comment expliquez-vous cette détermination et cette opiniâtreté ?

Réponse : Dans les années qui précédent la guerre, l’armée belge a engagé de profondes réformes. Mais la reconstruction est loin d’être achevée et effectivement l’armée belge n’a pas une bonne réputation en 1914. L’attaché militaire française dresse un constat sans appel « Un siècle de neutralité avait confié [cette armée] dans une vie effacée, artificielle, on pourrait dire fictive, c’est-à-dire ignorant les sanctions de la réalité (…) ». Pourtant, à la surprise générale, cette armée résiste vaillamment et avec détermination à l’attaque allemande. Plusieurs raisons expliquent cette détermination. Le sentiment national et l’unité du royaume s’expriment avec force en Belgique avant la guerre. Les mouvements flamand et wallon demeurent marginaux. Le choc que provoque la violation de la neutralité et l’invasion galvanisent le moral des soldats. Ces-derniers sont conduits au combat par le roi, Albert Ier, ce qui accroît la détermination des troupiers et officiers belges à résister et à repousser l’envahisseur. De plus, bien que mal organisée, l’armée belge réussit sa mobilisation, grâce notamment au bon fonctionnement des chemins de fer. Ainsi, dès les premiers combats autour de Liège, elles montrent sa détermination. Elle obtient même quelques succès, certes limités, qui surprennent l’état-major allemand, qui ne s’attendait pas à une telle résistance. L’armée belge montre ainsi au monde sa volonté de se battre pour défendre sa neutralité. Au total, au cours des premiers mois de campagne (août-novembre 1914), l’armée belge a perdu 30 000 soldats (tués, blessés, disparus, prisonniers) soit près de 30 % des pertes militaires belges de la guerre.

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Question : Après l'installation du gouvernement à Sainte-Adresse, comment s'organise le travail des ministres en exil ? Quelle est leur marge de manoeuvre réelle alors qu'ils doivent compter sur l'aide matérielle des Français dans tous les domaines du quotidien ?

Réponse : Il est difficile de répondre brièvement à ces questions. Au milieu du mois d’octobre, le gouvernement belge prend la décision de rejoindre la France, qui est prête à l’accueillir dans une ville de son choix. Les Français s’engagent à respecter l’indépendance et la souveraineté de la Belgique. Le choix se porte sur la Normandie et la région du Havre. La France prend en charge l’installation à Sainte-Adresse, qui devient progressivement la nouvelle capitale de la Belgique. Quant au président du Cabinet et ministre de la Guerre, Borqueville, il rejoint Dunkerque, où il sert de relais au roi. Toutefois, le travail des ministres est bientôt entravé par les tensions internes. En effet, les frictions ne tardent pas à apparaître entre les membres du gouvernement, mais aussi entre les autorités belges de Sainte-Adresse et la Belgique occupée ainsi qu’avec le gouvernement français et les alliés. Les divergences portent notamment sur la place de la Belgique dans le jeu des relations internationales. Sur ce point, les Belges ne disposent que de peu de marge de manœuvre. Tentés par les négociations avec l’Allemagne, les Belges sont finalement contraints de poursuivre la lutte. Le 14 février 1916, la France, la Grande-Bretagne et la Russie assurent à la Belgique de garantir sa neutralité et son indépendance tandis que les Belges s’engagent à ne pas conclure de paix séparée (déclarations de Sainte-Adresse).

Question : Des crimes commis par les Allemands aux premiers jours de guerre aux dernières victimes de 1918, peut-on établir un bilan des pertes dans la population civile et des exactions matérielles que le royaume a connu en un peu plus de quatre ans ? Quel est le tableau des destructions à la fin de la guerre ?

Réponse : Il est aujourd’hui encore difficile d’établir avec précision le bilan des pertes humaines et sur ce point les estimations varient parfois du simple au double. Les soldats ont payé le plus lourd tribut : 44 016 Belges sont morts sur le front occidental à cause des combats mais aussi des maladies. Quant aux pertes civiles, elles sont estimées à 23 000 personnes, mortes en déportation, victimes des bombardements ou de la brutalité de l’armée allemande au cours des premiers mois de guerre. Au total, il est admis aujourd’hui que la guerre a couté la vie à 76 035 Belges sans compter la surmortalité, liée à la malnutrition ou à la grippe, et à la sous-natalité qui a frappé la population. La Belgique a perdu moins de 1 % de sa population totale. Les pertes matérielles, économiques et financières sont gigantesques. Le territoire a été ravagé par les combats et par l’occupation allemande. Le pays est à reconstruire et particulièrement la Flandre occidentale. Près de 4 000 kilomètres de voies ferrées détruites ou endommagées, des infrastructures portuaires qui ont subi d’importantes dégradations (Gand ou Zeebrugge), plusieurs villes sont totalement détruites. Ypres est le symbole des villes belges détruites. L’économie a considérablement souffert de la guerre mais plus encore de l’occupation : 5 % des terres cultivables belges sont impropres à l’agriculture (bombardements, inondations, etc.). L’industrie n’a pas été épargnée et elle a supporté des dommages lourds (effondrement de la production, démantèlement des capacités de production) même si la situation diffère selon les secteurs. Les mines ont été moins touchées que le textile, la sidérurgie, etc. Financièrement, le pays est ruiné et rongé par l’inflation. Ainsi, au lendemain de la victoire, la tâche est rude pour le gouvernement puisque le pays est à reconstruire ce qui explique en partie que la question des réparations va revêtir une importance particulière pour les Belges. Les réparations doivent permettre d’assurer des lendemains meilleurs, mais la déception sera grande pour la Belgique.  

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Question : A la tête du Groupe d'armées interallié dont il assure nominalement le commandement à l'automne 1918, quel est le rôle effectif personnel du roi Albert ?

Réponse : En 1918 Albert Ier est acquis à l’idée d’engager l’armée belge dans une grande offensive finale et libératrice. En septembre, le haut commandement interallié décide de déclencher trois offensives à la fin du mois. L’une de ces offensives doit être lancée par des troupes franco-anglo-belge en Flandre le 28 septembre. Une fois de plus, la question du commandement de ces troupes. D’après la Constitution, seul le roi peut commander l’armée belge. Après une rencontre avec Georges Clemenceau le 7 septembre, Albert Ier accepte d’être placé à la tête du groupe d’armées des Flandres. Le 11 septembre, le roi gagne le quartier général du maréchal Foch à Bombon et déclare qu’il adhère au plan allié et qu’il accepte de prendre la direction supérieure des forces qui opéreront en Belgique. Ainsi, les troupes belges sont subordonnées au commandement unique et Albert Ier doit renoncer à son autonomie. De plus, le roi exerce son commandement de manière théorique. Son chef d’état-major est un français, le général Degoutte, qui a une grande expérience du combat. C’est véritablement lui qui exerce le commandement. Degoutte assure avec son état-major la réalité de la direction des opérations anglo-franco-belge dans les Flandres. Cependant, après l’entrée des souverains à Bruxelles le 22 novembre, Albert Ier demande le retrait des troupes alliées de Belgique et par l’intermédiaire de son chef d’état-major, le général Degoutte, il fait part au maréchal Foch de son souhait de dissoudre son groupe d’armée ce qui est fait le 18 novembre.  

Merci pour la grande précision de ces réponses, qui donnent d'autant plus envie de lire votre livre. Bon courage et à bientôt.

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 06:55

Les chars de la Grande Guerre

Theatrum Belli  -  8 janvier

L'artillerie

Theatrum Belli  -  19 janvier

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L'excellent site Theatrum Belli a mis en ligne depuis le début du mois de janvier deux superbes séries de photos d'époque. L'une sur les chars de la Grande Guerre (1917-1918), expliquées et légendées. Des engins français (Renault et Schneider), britaniques (Mk IV "male" et "female"), allemands (A7V) et même américains, photographiés près du front ou à l'arrière.

A voir à l'adresse : http://www.theatrum-belli.com/archive/2013/01/08/photos-d-epoque-de-tanks-de-la-grande-guerre.html

L'autre sur les matériels d'artillerie (en particulier allemands). A voir à l'adresse : http://www.theatrum-belli.com/archive/2013/01/19/grande-guerre-photos-d-epoque-de-l-artillerie.html

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 06:50

Résister, témoigner, s'indigner

Historiens et géographes durant la guerre d'Algérie

Tours  -  21 janvier

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Table-ronde à Tours (université François Rabelais, salle 225, 3 rue des Tanneurs, Tours) le 21 janvier pour une approche originale de la guerre d'Algérie, vue au travers des protestations d'historiens et de géographes.

Pour le programme complet :

http://citeres.univ-tours.fr/spip.php?article1636

Pour tous renseignements complémentaires :

j_bocquet@orange;fr, nora.semmoud@univ-tours.fr ou francois.touati@univ-tours.fr

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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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