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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 06:00

Les opérations commandos

de la Seconde guerre mondiale

Dominique Lormier

Réédition en format poche du volume paru en 2014. Rien à changer à la présentation (ici) qui avait été faite à l'époque (écrire à propos de la bataille napoléonienne : "Un combat de front ou d'usure, destiné à fixer le plus de forces adverses ; un mouvement débordant de style 'commando', ayant pour objet de surprendre l'ennemi par une menace d'enveloppement ... ; une attaque principale lancée sur le point de moindre résistance ainsi créé"  est pour le moins abusif). Nous évoquions un bon roman à lire devant la cheminée. Soyons totalement honnête : un bon livre d'aventure à feuilleter sur la plage ou sur sa terrasse cet été.

Nouveau Monde éditions poche, Paris, 2016, 366 pages, 9,- euros.

ISBN : 978-2-36942-382-9.

Commandos
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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 05:50

L'enfer de Stalingrad

2e Guerre Mondiale - n° 66

Un panorama assez large de la Seconde guerre mondiale du côté allemand avec Stalingrad (une présentation qui sort de l'ordinaire par Vincent Bernard et Nicolas Pontic), l'Afrique du Nord (et l'étonnante 90e Leichte Afrika Division) et la France métropolitaine (avec la 157e RD et ses exactions contre les maquis et la population). On apprécie l'article de Benoit Rondeau, qui s'intéresse aux subordonnés des grands chefs dont l'histoire a retenu les noms, "A l'ombre des géants" ; et on apprécie les questions posées par l'article de Nicolas Pontic sur "Gamelin, le mal-aimé" (objectivement -et son journal personnel le confirme-, il était davantage fait pour être diplomate ou cardinal que pour devenir chef militaire), ce qui ne remet pas en cause sa grande intelligence, mais n'est pas suffisant. Un numéro intéressant.

Combat urbain et guerre du désert
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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 06:00

Défense européenne

Emergence d'une culture stratégique commune

Samuel B. H. Faure

L'auteur fait le choix de s'intéresser à la notion même de défene européenne à partir d'une démarche originale : de très nombreux entretiens autour de ce qu'il considère comme un fait social. Alors que la politique de sécurité et de défense commune peine à sortir du champ des incantations officielles et que l'OTAN retrouve dans l'est européen les justifications d'un dynamisme renouvelé, ce petit livre vient donc à point nommé.

Samuel Faure fait le choix de proposer une approche en quelque sorte de l'intérieur de la sécurité européenne, à partir de trois cercles concentriques : les acteurs, les nations, l'Union : "La thèse défendue est que les agents de la défense européenne -politiques, militaires, hauts fonctionnaires- adhèrent à une culture stratégique de l'UE. Cette culture stratégique n'est pas réductible à leurs préférences nationales, et fait référence au rôle des institutions politico-militaires ainsi qu'à l'usage de la force". Après avoir replacé cette notion de défense européenne dans son (ses) contexte(s), il organise son propos en deux grandes parties : "Des institutions de la Défense européenne à une culture stratégique commune", et "Les agents de la Défense européenne et leurs représentations sociales". Le premier chapitre propose un long retour en arrière d'une cinquantaine de pages sur l'histoire de l'émergence de la Défense européenne, tandis qe le second aborde frontalement la question de la définition d'une culture stratégique propre (avec de longs développements théoriques), sur la base de nombreuses références anglo-saxonnes, ce qui sera peut-être peu habituel mais très riche pour nombre de lecteurs français. La présentation du panel des personnes inerrogées au début du chapitre 3 est intéressante, en ce qu'elle montre à la fois la diversité des intervenants (jusqu'aux "lobbyistes") au sein desquels les militaires sont tout-à-fait minoritaires, Quelques points sans surprise ("Les agents français et allemands adhèrent à la coopération européenne à l'inverse des Britanniques"), mais manque une question : quelle est la part dans ces réponses de l'importance d'un certain conformisme social au sein du groupe des interrogés ? Paradoxalement, "les politiques sont les plus frileux" et l'on observe que pour la plupart des acteurs la décision doit majoritairement rester au niveau des Etats... Ce qui peut sembler paradoxal. De même, si la plupartdes agents "conçoivent davantage l'espace de coopération comme européen que comme transatlantique", n'est-ce pas normal vu le panel interrogé ? Et ainsi, "les agents européens (sont) plus enclins à la coopération européenne que les agents nationaux" : faut-il s'en étonner ? Quelques constats que l'on pressent mais que les chiffres confirment : les Allemands sont plus "européens" que les Français, les hauts fonctionnaires plus "intégrationnistes" que les militaires, les objectifs sont généralement assez flous.

Un volume qui fondamentalement n'apporte pas de "révélations", mais qui offre l'immense intérêt de donner des chiffres et de présenter une large palette de prises de position différentes.

Editions Athéna, Outremont (Québec), 2016, 236 pages.

ISBN : 978-2-924142-28-8.

Commande directe auprès de l'éditeur (ici) ou via la librairie du Québec à Paris (ici).

Stratégie et défense continentale
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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 06:00

Napoléon historien

Fadi El Hage

Voici un aspect de la personnalité et des qualités de l'empereur souvent évoqué (combien d'auteurs font référence à sa formation classique et à son érudition !) mais à notre connaissance jamais traité en tant que tel dans les publications récentes : Napoléon comme historien.

Grand lecteur et fin connaisseur des campagnes des siècles passés à partir desquelles il construit sa propre conception de la guerre, Napoléon a également le double souci d'écrire (de mettre en scène) sa propre épopée et de forger les jeunes esprits en accordant à l'enseignement de l'histoire une place éminente. Excellent spécialiste des XVIIe et XVIIIe siècles, sur lesquels il a déjà produit quelques ouvrages de référence (ici), Fadi El Hage nous propose donc de retrouver le "Napoléon historien", lecteur et acteur de l'histoire. Il s'appuie non seulement sur les textes écrits ou dictés par l'empereur, mais aussi sur les ouvrages lus et annotés ou commentés et s'aventure dans les premières pages à une comparaison a priori inattendue avec Dumouriez, pour lequel "Napoléon avait un respect évident, le considérant par ailleurs comme un militaire de premier ordre". En s'appuyant sur une très solide bibliographie et de nombreuses citations, l'auteur nous présente en cinq grandes parties ("Napoléon, lecteur de l'histoire", "Une reconstruction historique", "Une volonté de maîtriser son histoire" et "Une volonté de se placer dans l'histoire"), comment le général, puis consul, puis empereur, exilé enfin, a exercé son esprit critique sur les campagnes et les grands capitaines du passé (sa perception des uns ou des autres est d'ailleurs évolutive dans le temps), mais aussi organisé son entrée dans le tableau en s'élevant au-dessus de ses pairs. Au fil des pages, Frédéric de Prusse, Charles de Suède, Turenne, Condé et jusqu'à César hantent les paragraphes successifs, ce qui nous permet également de nous (re)familiariser avec leurs campagnes et époques.

Nullement hagiographe, Fadi El Hage se livre à un exercice difficile, et en très grande partie réussi, en examinant le personnage Napoléon à la fois comme commentateur et acteur de l'histoire, critique des grands anciens et  metteur en scène de sa gloire. Il y a dans ces aller-retour permanents quelque chose de fascinant et ce n'est pas le moindre mérite de l'auteur que d'avoir su mettre en relief ce paradoxe d'une histoire indispensable dans la formation individuelle et collective, mais aussi d'une histoire instrumentalisée, les deux n'étant pas antinomiques mais complémentaires.

Editions SPM, Paris, 2016, 247 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-917232-51-4

L'homme qui fit l'histoire
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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 06:00

La censure en France

pendant la Grande Guerre

Olivier Forcade

Une très belle synthèse d'ensemble sur les origines de la guerre de l'information et l'invention du XXe siècle : "la guerre en est le laboratoire moderne". Une synthèse dont on attendait depuis longtemps la publication.

Organisé en dix chapitres (de taille variable, d'une dizaine à une quarantaine de pages) thématiques, Olivier Forcade brosse un tableau extrêmement complet de l'ensemble du "phénomène" censure, dans ses origines et sa mise en place, son fonctionnement interne, ses modalités d'application et ses effets, les réactions qu'elle suscite et ses fréquents illogismes, l'attitude des gouvernants et celle des directeurs de journaux, les prises de position des partis politiques, etc. Il n'oublie pas, non plus, les autres "censures" : celles du livre, de la chanson ou du théâtre, avec quelques exemples et anecdotes qui parfois font sourire. Les lecteurs peu au fait des différences entre les principaux titres de la presse parisienne y trouveront en particulier de solides descriptions à la fois des orientations éditoriales de chaque journal et les précisions sur leur appartenance à tel ou tel réseau gouvernemental ou parlementaire. De même, "l'affaire du Bonnet Rouge" est présentée dans sa globalité, ainsi que la naissance et les difficultés du Canard Enchaîné. Dans le domaine politique, la censure s'exerce essentiellement à l'encontre des socialistes pacifistes dès 1916 et surtout à partir de 1917, mais jusqu'à l'accession au pouvoir de Clemenceau les autorités politiques font preuve d'une certaine mansuétude.

On apprécie en particulier à la fin de l'ouvrage les dizaines de pages de références et sources et l'importante bibliographie finale, suivie d'un index particulièrement complet. Un ouvrage indispensable pour quiconque s'intéresse à l'histoire du pays et à ses évolutions pendant la Grande Guerre. 

Fayard Histoire, Paris, 2016, 473 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-213-69368-2.

Censure de guerre
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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 06:00

Le sarcasme du mal

Histoire de la cruauté de la Renaissance à nos jours

Frédéric Chauvaud, André Rauch et Myriam Tsikounas

L'homme a-t-il toujours en lui une part de "bête", un côté sombre qui peut le pousser à commettre des actes sordides ? C'est, ente autres, à ce type de questions que cet ouvrage collectif permet de réfléchir, à défaut d'apporter des réponses évidentes.

Presses universitaires de Rennes, 2016, 365 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-7535-4909-8.

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 06:00

Cinq ans au GQG de Hitler

Walter Warlimont

Publié une première fois en français en 1975, ces souvenirs d'un général qui a appartenu pendant presque toute la guerre au GQG de Hitler méritaient d'autant plus d'être réédités que le texte est régulièrement évoqué tout en étant rarement lu.

Posons immédiatement que l'historiographie a bien évolué en quelques dizaines d'années et que les propos du général Warlimont demande parfois a être nuancés. Il n'en depeure pas moins que leur intérêt reste entier, par ce que dit le texte, par la façon dont il le dit, que par ce qu'il ne dit pas. Le tableau qui est fait de l'organisation du haut commandement allemand et de son fonctionnement est pour le moins surprenant, et souvent bien loin de la réputation de rigueur et de professionnalisme qui accompagne souvent les états-majors allemands. Walter Warlimont s'étend à plusieurs reprises sur l'emprise qu'exerce le Führer sur les organes de commandement, réduits à la position de "greffier militaire" de décisions prises en dehors d'eux. A la veille de chaque grande décision, ordres et contre-ordres se succèdent, entre hésitations de certains chefs militaires, oppositions entre les uns et les autres, ambitions et interférences de Goering ou de Himmler, et bien sûr présence du Führer : il souligne le nombre de non militaires autour de Hitler et la présence désastreuse de "cadres du parti" ignorant tout des fondamentaux de l'art militaire : "en fin de compte, c'était plutôt Hitler qui, en régnant souverainement sur le Grand Quartier Général, donnait vie et forme" à l'état-major. Avec les premières difficultés, à l'hiver 1941-1942, le GQG gagne une certaine "autonomie tactique", mais reste dans l'impossibilité de "conduire la guerre" comme il le souhaiterait et le poids des impératifs politiques ne cesse de s'alourdir : "N'importe qui est capable d'assumer ce peu de direction des opérations. Le rôle de commandant en chef de l'armée est d'inculquer le national-socialisme à l'armée. Je ne connais aucun général de l'armée qui puisse accomplir cette tâche comme je l'entends. C'est pourquoi je suis résolu à assumer moi-même le commandement de l'armée", affirme le Führer. Les critiques de Warlimont se font alors plus vives, et les pages consacrées à la période du débarquement anglo-saxon en Afrique du Nord ou à la bataille de Stalingrad sont à cet égard éclairantes. De longs monologues de Hitler sont reconstitués, et ses arguments, face à Jodl en particulier, laissent parfois rêveur. De même, quelques mois plus tard, au moment du changement d'alliance de l'Italie, Keitel doit-il subir de longues tirades politico-sociologiques alors qu'il tente d'organiser la résistance allemande dans la péninsule. Quelques mois plus tard, les débats internes au sein du haut commandement politico-militaire lors du débarquement de Normandie sont-ils âpres, mais Warlimont relativise le refus d'engager immédiatement les divisions blindées allemandes de réserve. A nouveau, l'incapacité de la Luftwaffe a contrarier l'aviation alliée dans ses opérations est à plusieurs reprises soulignées.

Au-delà des seules considérations tactiques et opératives, le livre vaut également par les éclairages qu'il apporte sur la personnalité de Hitler et les mesquines mais foncières oppositions qui divisent le haut personnel du GQG, civils et militaires, membres du parti, militaires en eux. Un livre que l'on placera avec intérêt dans sa bibliothèque (sans négliger toutefois ses oublis et manques).

Perrin, Paris, 2016, 508 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-262-06091-6.

Au coeur de l'appareil militaire
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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 06:00

Indians on the Western Front

1914-1918

Santanu Das

Voilà un ouvrage intéressant à plus d'un titre, mais qui pose par ailleurs plusieurs questions : d'une part le rôle et la place des contingents de l'armée des Indes sur le front de France reste très mal connu, et il était tout à fait intéressant de réaliser une étude de fond ; d'autre part, pourquoi le ministère de la Défense finance-t-il l'ouvrage en anglais d'un universitaire londonien, qui multiplie les considérations sociales et culturelles (parfois hâtives) et n'aborde que marginalement les aspects militaires du sujet ?

On retiendra avant tout le nombre et la qualité des très nombreuses photos qui fournissent l'essentiel de la pagination de cet album, organisé en cinq parties principales : "The Home Front", "To the Front", "The Front and beyond", "Hospitals", "Prisoners". On le voit par les thèmes retenus, le livre fait la part belle à "l'environnement" du soldat, mais il ne faudra pas y chercher de précisions sur l'engagement au feu des uniités de l'armée des Indes. De plus, il ne semble pas que ce volume ait fait l'objet d'une double parution, en français et en anglais (internet est muet sur ce point), et l'on peut se demander si la publication d'un ouvrage aussi spécialisé en anglais a permis de fait avancer d'un seul millimètre la connaissance sur ce sujet dans l'hexagone ? Concernant les légendes qui accompagnent les photos, le lecteur prendra une certaine distance avec les textes proposés, souvent pétris d'a priori idéologiques ou de généralités approximatives (le regard hautain de l'officier britannique sur l'indigène...) et s'efforcera de remettre chaque document dans son contexte de temps et de lieu.

Un volume très intéressant pour son iconographie et que la relative rareté du sujet dans la bibliographie française rend d'autant plus important, en dépit des réserves émises pour les textes d'accompagnement.

Gallimard-DMPA, Paris, 2014, 155 pages, 29,- euros.

ISBN : 978-2-07-014680-2.

Armée des Indes
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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 06:00

Les armées du Roi

Le grand chantier

XVIIe - XVIIIe siècle

Olivier Chaline

On ne présente plus Olivier Chaline, grand spécialiste d'histoire moderne à l'université de Paris IV Sorbonne et auteur en particulier de nombreux ouvrages sur les XVIIe et XVIIIe siècles. Avec ce volume, il nous offre une remarquable synthèse sur l'impressionnant développement de l'armée royale à l'époque de Louis XIV.

Avec méthode, pédagogiquement, Olivier Chaline nous présente l'exceptionnel effort administratif, technique, de formation, de réflexion, financier aussi pour le pays, qui permet au roi-soleil de disposer à l'apogée de son règne de la plus puissante armée d'Europe. Il ne se contente d'ailleurs pas d'étudier l'armée de terre et présente longuement la marine au fil des différentes parties ("Sousl'autorité du roi ?", "Au service du roi", "Aux frais du roi"). A ce propos, l'auteur explique parfaitement le caractère "industriel" de l'entreprise de guerre, développe les aspects liés aux armements et à leur fabrication. De même, il s'intéresse au recrutement de la troupe, aux règles d'avancement, à la composante noble du corps des officiers ; il revient également sur le rapport au volontariat et à l'engagement.

En résumé, LE livre qu'il vous faut si vous vous intéressez à l'histoire de l'armée française dans le temps long, dans ses différents aspects, et aux armées du Grand siècle. On apprécie à la fin du volume un index des régiments : le "Colonel-Général", la "Compagnie écossaise de la gendarmerie", ou le "Royal-Deux-Ponts", autant de noms qui font rêver. Plus de trente pages de notes fournissent d'utiles références et la bibliographie est particulièrement complète. A lire, à connaître, à conserver.

Armand Colin, Paris, 2016, 339 pages. 24,90 euros.

ISBN : 978-2-200-61415-7.

Création d'une armée exceptionnelle
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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 06:00

Un ouvrier artisan en guerre

Les témoignages de Gaston MOURLOT 1914 – 1919

Voici un nouveau livre écrit par un sapeur qui raconte, en termes simples, sa guerre. Incorporé comme fantassin, il rejoint le génie en 1915, quand le Haut Commandement décide la création de nouvelles compagnies du génie. Il est incorporé à la 11/52, compagnie du 6ème RG. Une présentation très complète de ce livre est proposée par Alexandre LAFON, docteur en histoire de l’université de Toulouse. Il n’a cependant pas le regard attiré par le sapeur MOURLOT et c’est, à mon avis, un des grands intérêts de ce récit que de nous présenter ce qu’est la vie au front et à l’arrière front d’un sapeur, tant ces témoignages manquent dans l’historiographie liée à la Grande Guerre.
Ce livre fourmille d’anecdotes qui nous donnent une image précise et réaliste - un certain nombre de faits évoqués sont corroborés par le JMO de l’unité (26N 1291/29) - du vécu quotidien de G. MOURLOT entre 1915 et 1918. Il nous raconte, dans un style imagé mais précis et sans détails inutiles, sa vie quotidienne dans les tranchées de première ligne, en arrière des lignes dans l’attente de l’attaque, celle qu’il mène à l’arrière front, quand son unité est au repos et enfin ses permissions. On y apprend comment sont constituées les nouvelles compagnies du génie : « un homme de chaque compagnie d’un régiment [d’infanterie] forme une escouade. La première section est formée par le 64, 65, 93, 137. La deuxième par le 19, 62, 116, 118. La troisième par le 76°, et, enfin, la quatrième par des territoriaux du 7, 21, 22, 24 ». Ce qui explique, en partie, le manque d’efficacité initial de ces compagnies. Il évoque souvent le manque de matériel qui empêche de continuer le chantier ou qui impose le recours à la débrouille : « Pour étayer le premier [abri] il a fallu organiser une rafle dans tous les boyaux des
environs pour dénicher les rondins qui sont à la traîne »
.
Ses missions peuvent être difficiles et dangereuses (« … voyagé toutes les nuits sous les obus pour conduire l’infanterie sous la mitraille sans presque avoir de repos »), comme faciles et sans risques (« comme je n’ai que faire de rester regarder les hommes toutes la nuit je reste quelques temps dans le gourbi et y fais le meunier »). Il évoque les relations avec les autres armes et décrit la mauvaise volonté des hommes – qu’ils soient sapeurs ou fantassins territoriaux – comme celle des cadres de contact, à aller au travail quand le danger est trop fort. On comprend mieux alors pourquoi les travaux ne se faisaient pas aussi vite que l’ordonnaient les chefs. Il ne se considère jamais comme un embusqué, car il risque souvent sa vie, mais il a conscience qu’il est moins exposé qu’un fantassin. Sous un intense bombardement allemand, il écrit : « ce tonnerre nous empêche de nous entendre causer et la pluie tombe drue; ça doit faire un joli chantier pour le fantassin en ligne ». Il apprécie aussi particulièrement l’apport des outils venant des entreprises civiles « j’apprends le maniement de la perforatrice et du marteau-piqueur qui, tous deux, ne perdent pas leur temps dans les blocs que l’on traverse ».
Ce livre est aussi agrémenté d’un nombre important de croquis et de photographies réalisés par
son auteur. On y trouve aussi les notes (40 pages) prises lors d’un stage de formation fin 1917. Ce gros volume est une mine d’informations mise à la disposition du chercheur qui s’intéresserait au rôle joué par le génie dans la Grande Guerre.

Jacques Defretin

Editions Edhisto, Moyenmoutier, 2012, 559 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-35515-012-8

Pour commander directement chez l'éditeur : ici.

Témoignage d'un sapeur
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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