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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 06:55

Menaces en Afrique du Nord et au Sahel,

et sécurité globale de l'Europe

Jeudi 28 février 2013

Paris IV

Cet important colloque, qui rassemble des intervenants venus de tous les horizons (diplomates français et étrangers, universitaires de différents pays, etc.), est organisé conjointement par MARS/Paris IV Sorbonne, le Centre Roland Mousnier et l'université Mohammed V de Rabat. Il se tiendra de 09h00 à 18h00 au centre de la rue Serpente, salle D 035. Après l'introduction de Jacques Frémeaux ("L'instabilité saharienne dans la longue durée de l'histoire"), la journée est oprganisée autour de trois thématiques : "Défis géopolitiques", "Régulateurs extérieurs" et "Solutions durables".

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 06:50

The Historians and the Centenary

Dr. Pierre Purseigle

BIRMINGHAM

Dans une intervention audio de quelques 23 minutes sur le site de l'université d'Oxford (donc en anglais), Pierre Purseigle, du département d'histoire de l'université de Birmingham et président de la Société internationale d'études sur la Première Guerre mondiale, s'interroge sur le rôle que les historiens et les étudiants pourraient jouer dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre et propose quelques pistes de réflexion.

ISWW1

Pour écouter l'émission, cliquer ici.

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 06:45

Marine nationale : quelles forces pour 2020 ,

DSI  -  février 2013

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Avec un peu de retard du fait de l'abondance de l'actualité, mais ce numéro est encore pour quelques jours dans les kiosques, voic le mensuel  DSI de février. Outre la toujours pétilllante "Chronique de Carl von C." ("Le cimetière des éléphants"), au long de laquelle à propos de Serval l'auteur décoche une volée de bois vert aux "journalistes" plus ou moins bien intentionnés ou en mal de scoop, vous lirez en particulier avec intérêt, outre les rubriques d'actualité balayant les trois armées en France et à l'étranger, les articles "Les conséquences straté&giques des insurrections", de Benoist Bihan ; et "Radios d'influence : la double expérience française de l'Afghanistan", de Romain Mielcarek (pour ce dernier, outre de nombreux renseignements factuels, on peut comme l'auteur "s'interroger sur l'efficacité"  de ces supports "pour décrédibiliser durablement l'insurrection dans son discours et dans son action". Dans ce domaine particulier, comme en contre-insurrection au sens large, la durée, le temps, la possibilité d'oeuvrer sur le fond sont des critères absolument essentiels.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 07:00

Les hommes de Pétain

Philippe Valode

Hommes-de-Petain837.jpg

Le titre même du livre annonce un sujet passionnant, car il y a encore beaucoup à faire pour dénouer avec finesse les réseaux qui gravitaient autour de Vichy et du chef de l'Etat français. Par ailleurs, l'ampleur du chantier constitue en elle-même un beau challenge. Mais la bibliographie antérieure de l'auteur nous a intrigué et a suscité une réticence initiale : outre un curieux Hitler et les sociétés secrètes, il a tout-à-tour traité des Grands traitres de l'histoire, des Grands empoisonnements de l'histoire, etc., et ses publications couvrent sans hésitation toutes les périodes, des Pharaons de l'Egypte ancienne aux présidents des républiques américaine ou française. Difficile d'être crédible quand on prétend à "l'universalité" de la connaissance historique.

Et pourtant, l'ouvrage est à bien des égards intéressant. Après s'être attaché dans les chapitres 1 et 2 à décrire les conditions de demande et de signature de l'armistice de juin 1940 puis l'évolution du régime entre juillet 1940 et avril 1942, il dresse un "Portrait de Philippe Pétain" (chap. 3, pp. 121-130) relativement réducteur, puis entre dans le vif du sujet. C'est ici que le livre trouve son intérêt, car Philippe Valode décrit effectivement, en plusieurs tableaux, l'environnement humain du maréchal : "Deux hommes clés, François Darlan et Maxime Weygand" (chap. 4, pp. 131-142), "Les amis de Pétain" (chap. 5, pp. 143-178), "Les théoriciens de la Révolution nationale" (chap. 6, pp. 179-192), "Les militaires, ou la protection rapprochée du maréchal Pétain" (chap. 7, pp. 193-218), "Quelques individualités brillantes au service du maréchal" (chap. 7, pp. 219-228), "Les hommes de la Révolution nationale" (long chapitre 9, pp. 229-376, qui apporte par grands domaines d'activités tous les secteurs : agriculture, enseignement, travail ouvrier, politique familiale et de santé, jeunesse, technocratie, prisonniers de guerre, justice, mouvements populaires), "Les relais du pouvoir" (chap. 10, pp. 377-410), où l'on retrouve les hommes d'Eglise, les intellectuels, artistes et journalistes, etc.  Les derniers chapitres (11 à 13) s'intéressent à la période avril 1942 - juin 1944, marquée par le personnalité de Laval, l'intervention croissante des partis collaborationnistes parisiens et l'incapacité (ou l'absence de volonté ?) de plus en plus réelle dans laquelle se trouve Pétain d'avoir une action effective sur les événements. La conclusion ("Epilogue lugubre", pp. 485-495) est centrée sur les épurations (sauvage, légale, spécifiques) qui accompagnent la Libération.  On le voit, le projet est ambitieux et, au fil de son récit, très généralement centré sur les personnes comme le titre l'indique, nous allons bien au-delà des "classiques" Darlan ou Déat. Certains sont plus ou moins connus : le docteur Ménétrel, le général Laure, l'amiral Auphan, l'historien Carcopino, le tennisman Jean Borotra ou Gaston Bergery. D'autres le sont beaucoup moins : Louis Salleron, "théoricien du corporatisme agricole" ; Pierre Caziot, ministre du ravitaillement et de l'Agriculture ; le professeur Jacques Chevalier, successivement en charge des questions d'enseignement puis de la famille et qui reste "très favorable au maintien de relations étroites avec les Alliés"  ; le docteur Grasset, proche de Laval ; l'ingénieur Lamirand, secrétaire général à la Jeunesse, à la fois fidèle de Pétain jusqu'au bout mais tout aussi hostile aux Allemands ; etc. On relève, lorsqu'on l'on connait déjà bien certains des personnages traités, des manques ou des silences, on est parfois à la limite de l'idée reçue et  l'on peut, certes, ne pas être d'accord avec telle ou telle présentation, tel ou tel qualificatif. D'ailleurs l'auteur tombe parfois lui-même sur ce point dans l'excès avec des formules "toutes faites", fort peu "historiennes".

Au bilan pourtant, le livre est, globalement, une bonne surprise. De très nombreuses informations ponctuelles sont offertes au lecteur, qui trouve très rarement en un seul volume la présentation d'un tel panel de personnalités aux origines et aux parcours les plus divers, finalement réunies par le fait qu'elles servirent (plus ou moins longuement) l'Etat français et le maréchal Pétain. Un livre qui mérite d'être lu et connu, à utiliser comme première base d'approche et à compléter par des études plus fouillées, plus précises et référencées lorsque l'on veut aller plus loin.

Nouveau Monde poche, Paris, 2013, 541 pages. 11,50 euros.

ISBN : 978-2-36583-367-7.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 06:55

La ligne Maginot

Conception, réalisation, destinée

Henri Ortholan

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Revenons sur ce livre que nous chroniquions le 12 février dernier (ici) avec ces précisions que l'auteur a bien voulu nous apporter.

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Question : Vous insistez au début de votre livre sur le poids et l'héritage de l'histoire. La fortification permanente est-elle une réalité et une constante dans la pensée militaire française ?

Réponse : C’est déjà de Gaulle qui écrivait que la fortification était une constante de notre histoire et il faut bien en constater le fait : nous n’avons pas arrêté de fortifier nos frontières. Nous sommes d’ailleurs le seul pays d’Europe à l’avoir fait à ce niveau. De là à penser que ces choix relèvent de la pensée militaire française, ou d’une pensée militaire française, il faudrait savoir ce que l’on entend par là. Il me paraît plus exact de parler de « réflexe hexagonal ». En effet, la France est pratiquement dans ses frontières actuelles depuis la fin du XVIIe siècle. Le réflexe a été de « clôturer » dès que possible le pays sans qu’un concept particulier ait été élaboré.

Question : Comment passe-t-on d'un ensemble fortifié destiné à aider et à appuyer la manœuvre à un système fortifié présenté comme inviolable ? Y a-t-il une date particulière ou un événement de rupture ?

Réponse : dès le début de 1919, le ministre de la Guerre considère que les destructions subies par le pays sont telles qu’il faut à tout prix éviter une nouvelle invasion ; d’où le principe de l’inviolabilité des frontières, qui est un concept nouveau. C’est à ce niveau là qu’il y a rupture. Si, dans un premier temps, certains membres du Conseil supérieur de la Guerre remettent en cause l’opportunité de réaliser un nouveau système défensif, le CSG finit par déboucher, après de nombreux débats, sur un système discontinu. Comme il n’est prévu de fortifier que le long de la frontière allemande, si manœuvre il doit y avoir, ce sera en territoire belge, c'est-à-dire chez les autres, et non en territoire français.

Question : Les services allemands s'efforcent de suivre au plus près la construction de ces ouvrages, tant au plan des nouveautés techniques que des capacités militaires. Comment les intègrent-ils progressivement dans leur réflexion et comment les prennent-ils en compte au fil du temps dans leurs plans d'opérations ?

Réponse : il y a globalement deux phases. Au moment de la réalisation de la Ligne Maginot, le commandement allemand la considère difficilement franchissable. C’est le discours tenu. Aussi, ne pouvant préjuger de l’avenir, Hitler décide, dès 1936, la réalisation d’une artillerie capable de venir à bout des fortifications françaises. Or, à l’époque, l’Allemagne ne dispose ni de divisions blindées, ou motorisées, ni d’une aviation d’assaut.

Lorsqu’ensuite la guerre lui est déclarée par la Grande-Bretagne et par la France, début septembre 1939, il dispose des deux. Il peut donc voir le conflit différemment et ce, d’autant plus, que les plaines du Nord sont des voies naturelles d’invasion qui se prêtent remarquablement bien à l’emploi de ces moyens. Dans ces considérations géographiques, la Ligne Maginot, qui plus est borde des régions de relief, n’a plus sa place dans la réflexion allemande. Le problème pour les Allemands est surtout de savoir comment utiliser ces moyens de façon à obtenir une victoire décisive sur l’adversaire.

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Question : La "non-couverture" de la frontière franco-belge au nord est-elle finalement imputable aux considérations financières ? Politiques ? Ou autres ?

Réponse : la « non-couverture » de la frontière franco-belge est d’abord un choix du commandement français qui considère, comme déjà énoncé, que si manœuvre il doit y avoir, ce sera forcément en Belgique. Par voie de conséquence, fortifier cette frontière ne s’impose pas, ou a minima (constitution de parcs de fortification mobiles). Par ailleurs, fortifier le long de la frontière du Nord pose de gros problèmes techniques liées à la fois au relief et à l’importance des industries qui s’y trouvent implantées. De plus, considération effectivement politique, cette option est considérée comme « impolitique » car l’artillerie française serait amenée à tirer en territoire belge.

Mais lorsqu’ensuite l’Allemande réarme et que la Belgique dénonce, en 1936, les accords militaires conclus avec la France en 1920, on commence à voir les choses autrement. Seulement, il fallait en même temps moderniser l’armée en campagne et les ressources financières du pays ne permettaient pas de tout faire. Le coût estimé est tel que l’on se limite à quelques travaux, essentiellement autour de Maubeuge.

Question : Pouvez-vous nous dire quelques mots de la "ligne Chauvineau", complémentaire de la ligne Maginot, et dont on ne parle généralement jamais ?

Réponse : La ligne Chauvineau est d’abord un simple projet conçu au début des années trente quand recommence à se poser la question de la frontière du Nord, frontière que ne défendait pas la Ligne Maginot. Dans le cas de figure où nos armées auraient été battues en Belgique et devraient retraiter, que faudrait-il faire pour protéger Paris ? Le problème s’est posé à toutes les époques. D’où l’idée de réaliser, en temps de guerre seulement, une ligne de défense relevant de la fortification de campagne et destinée à couvrir la capitale. Sous un certain aspect, la Ligne Chauvineau devait assurer au niveau de Paris ce que la Ligne Maginot n’assurait pas le long de la frontière du Nord.

Question : On dit parfois que la Ligne Maginot a obligé les Allemands à passer par la Belgique. Que faut-il en penser ?

Réponse : Tout d’abord, si tel était le cas, c’est aux Allemands à le dire et non à nous. Or, ils ne le disent pas, alors qu’ils ne s’en sont jamais cachés pour contourner les rideaux défensifs du système Séré de Rivières en 1914. Certes, ils admettent que ce serait une erreur, mais au niveau des seuls principes généraux de la guerre, de chercher à percer une puissante ligne de défense, que ce soit La Ligne Maginot ou une autre. Mais lorsque l’on dispose d’unités blindés et motorisées et d’une aviation d’assaut, on les emploie sur un terrain où il leur est possible de se déployer rapidement. C’est ce qu’ils ont fait.

La Ligne Maginot est incontestablement un chef d’œuvre inégalé d’ingéniosité dans son domaine ; elle aurait dû, et aurait pu, connaître un autre destin que celui qui fut le sien. Malheureusement, sa seule existence a largement contribué à figer la pensée militaire française de l’époque. S’il fallait soutenir cependant un point de vue, qui est franco-français, il faut le souligner, selon lequel la Ligne Maginot a obligé les Allemands à passer par la Belgique, il faut croire qu’elle leur a rendu service puisque l’armée française a subi le plus grand désastre militaire de son histoire. C’est ce qui me conduit à penser que la Ligne Maginot a été un merveilleux outil défensif au service d’une défaite totale.

Merci très vivement pour ces utiles précisions et plein succès pour ce dernier livre.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 06:50

Les arbres de la liberté dans le département de l'Yonne

sous la République et l'Empire

Bernard Richard

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Nous accueillons une nouvelle fois avec le plus grand plaisir une étude soigneusement référencée d'histoire locale. Cette communication a été prononcée lors de la journée d'études du 9 novembre 2012, organisée à Dijon par le Comité départemental pour l'histoire de la Révolution en Côte d'Or, sur le thème "Emblèmes et symboles de la Révolution", et dont les actes doivent être prochainement publiés. En puisant aux meilleures sources d'archives, Bernard Richard réalise ici un beau travail de recherche et nous plonge au coeur des débats et de la vie sociale des communes de son département pendant la révolution et l'Empire. Il nous précise en conclusion, ce que la plupart d'entre nous ignore sans doute, qu'il y eut finalement davantage d'arbres plantés en l'honneur de Napoléon Ier et du roi de Rome que pendant la période républicaine !

Pour lire l'article complet, cliquer ici.

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 07:05

Les blessures des soldats

au dernier Café historique de La Chouette

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Notre réunion du mercredi 20 février dernier s'est révélée particulièrement intéressante, du fait d'interventions croisées d'excellents spécialistes qui ont abordé la questions des blessures (et plus particulièrement des blessures "invisibles") des soldats dans le temps long des XXe et XXIe siècles. Tous nos remerciements vont donc, en votre nom, aux professeurs Laurent Tatu et Julien Bogousslavsky (La folie au front, 1914-1918, Imago, 2012), Tatrick Clervoy (Dix semaines à Kaboul, chroniques d'un médecin militaire, Steinkis, 2012) et au lieutenant-colonel Maloux (chef de la CABAT) pour la qualité de leurs propos devant un public passionné et attentif. Ils surent, en particulier, en evitant autant que possible un vocabulaire médical trop spécialisé, expliquer avec finesse les caractéristiques principales de ces chocs traumatiques, leurs causes, leurs évolutions, leurs répercussions et leurs "traitements", en prenant de nombreux exemples très concrets.

Proche de ce thème, voir le dernier billet de jean-Dominique Merchet sur Secret Défense : "Incroyable ! On meurt à la guerre...", sur le rapport à la mort dans notre société et l'approche des engagements militaires dans les médias.

 

Notez dès à présent notre prochain rendez-vous, le mercredi 20 mars, sur le thème de "l'espace ottoman".

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 07:01

En ce dimanche, alors que Benoît XVI est à quelques jours de sa renonciation effective au trône de Saint-Pierre, revenons sur deux ouvrages récents en terme d'histoire religieuse. Le premier nous transporte aux premiers siècles de l'ère chrétienne, le second nous fait connaître, sous la plume du futur souverain pontife lui-même, les travaux du dernier concile. Un raccourci de près de 2000 ans d'histoire en quelque sorte.

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Le Palais des Papes d'Avignon, siège de la papauté pendant le Grand schisme d'Occident

 

Les Chrétiens dans l'empire romain

Des persécutions à la conversion. Ier - IVe siècle

Anne Bernet

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Ce livre d'Anne Bernet, historienne spécialisée à la fois dans l'histoire romaine et l'histoire religieuse, publié pour la première fois en 2003, nous invite à retrouver les trois premiers siècles de l'histoire du christianisme, du développement initial au Moyen-Orient et autour du bassin méditérranéen aux persécutions et aux martyrs, jusqu'à la reconnaissance par Constantin de sa conversion, en 313 ("In hoc signo, vinces !").

L'auteure explique dans son introduction que lors des premières persécutions systématiques, sous Néron, en 64, il ne s'agissait encore que d'une "manoeuvre" de politique intérieure, "en désignant à la hargne publique ce qui apparaissait alors comme une secte dissidente du judaïsme. Il ne s'agissait que d'un calcul politique cynique et cruel". Mais les chrétiens deviennent peu à peu de plus en plus nombreux et, en refusant de rendre hommage aux dieux ancestraux, "se retranchent de la communauté civique". Plus encore, au IIIe siècle, "le refus de servir aux armées qu'exprime une fraction des communautés chrétiennes ... est assimilable à une trahison". Mais, paradoxalement, il ne faut pas y chercher la marque d'un quelconque sadisme ou d'une volonté systématique de tuer et de détruire : exception faite de Néron, "les Césars persécuteurs brillent, en général, par leurs grandes qualités huumaines, politiques ou militaires". L'ouvrage, organisé en douze (comme les apôtres ?) chapitres à la fois chronologiques et thématiques, commence avec la description de Ponce Pilate presque contraint par le Sanhédrin de prononcer (d'enregistrer plutôt) le condamnation à mort du Galiléen qui se prétend "fils de Dieu", et il s'achève sur la réconciliation de "la Rome des césars et celle des Martyrs" quelques 300 ans plus tard. Entre temps, au fil des pages, Anne Bernet décrit la vie des premières communautés dans les diverses provinces de l'empire, la persévérance, la prédication, les sacrifices, mais aussi les évolutions politiques progressives, les à-coups d'une reconnaissance si difficile à obtenir. La questions des martyrs et des "saints" est très souvent évoquée, puisque le texte s'appuie sur de très nombreux exemples : combien ont-ils été ? Quelques centaines ? De milliers ? Des dizaines de milliers ? Telle histoire transformée et déformée au fil du temps dansles mémoires populaires est-elle avérée ? Tel événement s'est-il réellement déroulé ? Elle tente de démêler le vrai du faux, en s'appuyant aussi bien sur des sources anciennes que des études modernes ou récentes. Il ne s'agit pas ici, à proprement, parler d'être convaincu par une thèse ou par une autre, mais d'approcher (aussi fidèlement que possible) ce qu'a pu être une réalité évolutive, changeante, à l'échelle d'un empire immense et pendant 300 ans. Des marais de Dobroudja en Afrique du Nord, de Grèce en Italie, de Smyrne en Gaule et en Egypte, nous suivons donc parallèlement le lent déclin de l'empire romain (on compte à la fin jusqu'à quatre Césars simultanément), les soubresauts successifs de la répression et la montée en puissance de la religion nouvelle qui accueille progressivement des soldats dans ses rangs : "Tant que les soldats et les officiers chrétiens ne se livraient pas à des provocations, leur hiérarchie fermait les yeux".

Un livre d'histoire, "qui raconte une histoire", qui prend en compte les "mythes et légendes" tout en les passant au crible de ce que la sience permet (parfois) de valider, et qui est complété par plusieurs riches et précises annexes.

Coll. 'Texto', Tallandier, 2013, 583 pages, 12 euros.
ISBN : 979-10-210-0062-9.

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 06:55

Mon concile Vatican II

Jospeh Ratzinger

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Il y a cinquante ans, à l'occasion du concile Vatican II, celui qui n'est encore qu'un jeune abbé professeur de théologie de 32 ans, prononce une série de conférences, regroupées et présentées dans cet ouvrage.

Alors que l'on ne donne souvent dans les grands médias qu'une image "réactionnaire" du pape Benoît XVI, le profeseur Jospeh Ratzinger porte un jugement beaucoup plus nuancé et subtil sur les évolutions et les fondamentaux de l'Eglise de Rome en ces années 1962-1965. A bien des égards partisan du renouveau concilaire qu'il soutient initialement, il en identifie également très vite des interprétations qu'il estime excessives ou inappropriées. Ses réflexions portent essentiellement sur la réforme lithurgique, l'ouverture au monde de l'Eglise et l'oecuménisme et, dans ces différents domaines, on a le sentiment qu'il est souvent tiraillé entre le nécessaire renouveau, qu'il comprend, et les risques que fait peser une modernisation accélérée dans laquelle les chrétiens (sans jeu de mot) pourraient perdre leur foi. Chaque conférence ici reproduite est remise dans son contexte de lieu, d'époque, de mentalité, etc. et les résultats des choix (parfois des votes) des commissions et des cardinaux sont présentés et explicités.

N'étant ni théologiens, ni spécialistes d'histoire religieuse, nous ne nous lancerons pas dans un (interminable) débat sur le bien-fondé de telle ou telle position ou de telle ou telle analyse. C'est affaire de conscience et de foi. Mais étant donné le rôle joué ultérieurement dans l'histoire récente par Joseph Ratzinger, comme préfet pour la doctrine de la foi nommé par Jean-Paul II, puis comme pape lui-même, il nous semble intéressant de signaler cet ouvrage récent, alors que Benoît XVI fait le choix de quitter le devant de la scène. En histoire religieuse comme dans les autres domaines de la science historique, c'est à partir des textes originaux qu'il faut forger son jugement. Pas sur la base de réinterprétations médiatiques. A ce titre, le livre devrait retenir toute l'attention des fidèles les plus impliqués dans la vie de l'Eglise comme de ceux qui étudient et travaillent sur les questions religieuses.

Editions Artège, Paris, 2012, 303 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-36040-029-4.

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 07:05

Les espions des lumières

Actions secrètes et espionnage militaire sous Louis XV

Stéphane Genêt

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Dans le cadre général de différents travaux récents sur les XVIIe et XVIIIe siècles d’une part et sur l’histoire du renseignement d’autre part, cet ouvrage, issu de la thèse de doctorat de l’auteur, est à la fois très dense, précis, facile à lire et riche de multiples informations nouvelles. Il s’intéresse à ces « espions d’armée » (qui conservent toujours dans la société « une connotation péjorative »), dont l’activité, nous dit l’Encyclopédie de 1778, est « une chose essentielle à un général … C’est là qu’il faut répandre l’argent à pleines mains ».

Le plan, très structuré, se décompose, après un préambule qui présente « L’espionnage dans la pensée militaire des Lumières », en trois partis principales : « L’espionnage militaire, une mosaïque », « L’agent à l’œuvre » et « Face aux espions ennemis ». Il nous est ainsi possible d’aborder tous les aspects du sujet, du recrutement plus ou moins forcé des espions, de leurs motivations et de l’organisation des réseaux (plus importants qu’on ne le soupçonne généralement) à la collecte des informations, que ces agents soit « sédentaires » ou « en mission », puis à la recherche, à la surveillance et à la répression des espions étrangers. L’ensemble du texte est régulièrement ponctué d’un nombre particulièrement élevé d’exemples, de situations concrètes, de cas particuliers liés à la diplomatie ou à la politique militaire de la France, avec (ponctuellement) quelques éclairages du côté des autres grandes puissances, Angleterre, Autriche ou Prusse. Le livre s’appuie également sur de fréquentes citations des autorités civiles et militaires comme des théoriciens de « l’art de la guerre » de l’époque. Enfin, il est toujours fait référence aux archives, alors que l’on aurait pu supposer, étant donné le sujet et la période traitée, que les documents écrits étaient relativement rares : « Les archives fourmillent au contraire d’indications » précise l'auteur, souvent éparses mais bien réelles et dont témoignent les références aux dossiers du SHD ou des archives du MAEE.

En résumé, et même si le chevalier d’Eon est bien sûr cité, une belle étude qui va bien au-delà des quelques exemples toujours répétés, à la fois complète et d'un accès facile. On ne peut que saluer ce beau travail qui apporte une contribution essentielle à la connaissance d’une « activité » particulière dont, finalement, les traits fondamentaux n’ont peut-être pas fondamentalement changé, en dehors des évolutions techniques. Il sera apprécié de tous, curieux, amateurs ou spécialistes de ces questions.

Nouveau Monde éditions, Paris, 2013, 512 pages, 26 euros.

ISBN : 978-2-36583-370-7.

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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