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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 07:00

L'Indochine sous Vichy

Entre Révolution nationale, collaboration et identités nationales

1940-1945

Sébastien Verney

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Avec cette volumineuse étude, issue de sa thèse soutenue en 2010, au confluent de l'histoire politique et sociale, Sébastien Verney apporte une contribution extrêmement importante à la connaissance de l'Indochine pendant la Seconde guerre mondiale.

Contrairement à l'idée généralement admise d'une "résistance / double jeu" de l'administration coloniale sous l'autorité de l'amiral Decoux, dont il faut cependant bien reconaître que la position extrêmement difficile (total isolement de la métropole à laquelle il s'efforce de "rester fidèle") n'est pas toujours totalement prise en compte, l'auteur brosse un tableau assez noir de la politique collaborationniste conduite localement. La première partie ("L'émergence d'un nouveau régime") nous entraine à travers la fédération indochinoise sur les premiers pas de "L'Indochine à l'heure de la Révolution nationale" et de "La collaboration franco-japonaise : se compromettre pour demeurer". Sébastien Verney insiste sur les rapprochements entre la propagande maréchaliste et les religions et traditions autochtones, le maréchal Pétain étant alors souvent dépeint sous les traits d'un "vieux sage". Lorsqu'il aborde la question de la guerre franco-siamoise ("Une victoire à la Pyrrhus"), c'est aussi pour souligner que les abandons de territoires imposés par les Japonais en 1941 obligent "le gouvernement à jouer désormais la carte identitaire d'un patriotisme lao ou cambodgien". Il traite aussi de la collaboration économique entre l'Indochine et le Japon, et ce chapitre est particulièrement novateur (un coût important pour l'Indochine, mais malgré tout "l'armée japonaise doit composer avec le gouvernement Decoux, même si parfois des réquisitions forcées sont relevées"). Il s'intéresse enfin au "Projet politique d'exclusion et de répression", dont seront victimes les juifs, les francs-maçons, les communistes et les nationalistes indochinois, politique conduite par omothétie (et en référence) avec celle de Vichy. La grande deuxième partie ("De la Révolution nationale à la révolution nationaliste") est plus spécialement consacrée, dans un premier temps, à la politique de gouverneur général en direction de la jeunesse indochinoise et en faveur du sport, dont la limite se trouve rapidement dans l'essor de nationalismes locaux indirectement (involontairement) favorisés ; et dans un deuxième temps aux premiers mois de 1945 qui voient les Japonais s'imposer par la violence, l'amiral Decoux tenter de se rapprocher de la France combattante; L'Indochine bascule ensuite dans une position originale au sein de l'empire ("L'épuration", "L'Indochine en procès"), jusqu'à ce que l'évolution de la situation politique n'impose une normalisation : l'amiral lui-même est interné au Val-de-Grâce avec Weygand, révoqué sans droit à pension en mai 1946 avant de bénéficier d'un non-lieu puis de voir sa révocation annulée en 1949.

Une étude exceptionnelle par son ampleur et la précision de ses références, qui trouve toute sa place dans les bonnes bibliothèques.

Riveneuve éditions, Paris, 2012, 517 pages, 26 euros.

ISBN : 978-2-36013-074-0.

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Sébastien Verney à bien voulu nous apporter quelques précisions :

Question : Pourriez-vous définir une "identité" particulière de l'Indochine française à la veille de la Seconde Guerre mondiale, qui la distinguerait par rapport aux autres territoires de l'empire colonial ?

Réponse : Tout d’abord, l’Indochine est un vaste ensemble de plus de 700 000 km2, riche de sa population nombreuse (plus de 20 millions d’habitants, et de loin la zone la plus peuplée de l’empire), mais aussi en ressources qui lui donnent la première place en terme de rendement dans la politique coloniale française. En effet, suffisamment rare pour être relevé, l’Union indochinoise est le seul territoire colonial dégageant (hors crise de 29) des budgets excédentaires. La France la considère donc comme une pièce maîtresse de son empire, tant économiquement que par sa position stratégique en Asie. Ensuite, ce regroupement de territoire divers, situé comme son nom l’indique entre l’Inde et la Chine (le terme officiel d’Indochine date de 1909) est un vaste creuset où se retrouvent des influences culturelles, des origines d’une telle diversité qu’au lendemain de la colonisation les autorités civiles cherchent à organiser cet ensemble éclectique. Par des découpages administratifs autoritaires (entre protectorats et colonie de Cochinchine au Sud) et des classements raciaux discriminatoires entre populations, l’objectif est de s’assurer un contrôle maximal sur ce large ensemble. Ainsi, si l’on parle d’Indochine, il est difficile de trouver une identité indochinoise unifiée, même si cela n’empêche pas les autorités à chercher son élaboration sous tutelle française (projet qui se poursuivra durant la guerre).

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Question : Vous évoquez autour des pages 80-90 une quasi -"déification" du maréchal Pétain à travers les cultes orientaux et l'utilisation de son image dans un environnement bouddhiste ou taoïste. Pouvez-vous nous en donner quelques exemples et nous dire si cette forme de propagande a été efficace ?

Réponse : Pour solidifier le bloc indochinois derrière le régime de Vichy en métropole et les autorités françaises locales sous la direction du gouverneur général l’Amiral Decoux, la décision est prise de diffuser dans l’empire une massive propagande autour du maréchal Pétain. Cela est une nouveauté pour l’empire, car même si des personnalités françaises ont fait l’objet d’une statuofication sous la IIIe République, que cela soit des militaires ou des personnalités politiques, dont certaines actives dans la colonisation (comme Francis Garnier), la propagande autour de Pétain atteint désormais un zèle inconnu. Dans le cas de l’Indochine, les autorités aveuglées par un certain orientalisme pensent adapter sans problème ce culte aux mœurs locales. Ainsi, à partir de 1941, Pétain devient à la fois une figure taoïste où il prend la place du dieu de la longévité, parfois souvent un alter ego de Confucius, voire une réincarnation bouddhiste pour certains Indochinois. Les Français se félicitent dans un premier temps de cette propagande qui « prend », comme le prouve le vif intérêt qu’elle trouve au sein des populations grâce à la publication de photos, d’affiches et de textes par milliers où sont portées les maximes du Maréchal (traduites en langues locales). Cet engouement est tel que les autorités sont obligées de légiférer afin d’éviter des déformations, voire une forme de marché parallèle autour du personnage. Cependant, en transformant Pétain en une icône locale, les autorités se rendent vite compte de nombreux dérapages, voire des retournements de situation dramatique : si Pétain utilise des maximes abusivement rapprochées à celles de Confucius, il n’en demeure pas moins l’un de ses héritiers aux yeux de Vietnamiens, en raison de l’antériorité du second sur le premier. Ainsi, la France est rétrogradée par certains colonisés au second rang, et de minorés voire de soumis, le colonisé et sa culture n’hésitent pas à se placer à l’égal, voire au-dessus de celle du colonisateur. Il va sans dire qu’à partir de la fin 1942, les autorités face à ces dérives cessent de puiser dans les cultures locales, signe d’une forme d’échec de cette propagande.

Question : Les civils juifs en Indochine semblent peu nombreux et l'application de la législation discriminatoire globalement peu performante. Quel est ici le rôle particulier de l'amiral Decoux ?

Réponse : La persécution des juifs français en Indochine est l’une des découvertes de mes recherches sur la période. En effet, la législation antijuive, mais aussi anti-franc-maçonne est exportée rapidement en Indochine après son application en métropole. Le régime cherche à souder le bloc impérial encore fidèle derrière lui  et étend à l’outremer sa législation. Comme vous le relevez, si l’Indochine compte peu de juifs à la différence d’autres colonies comme l’Algérie, le régime et son premier représentant mettent dès 1940 en place une politique discriminatoire pour une population estimée à 140 adultes et 18 enfants. Sur le modèle métropolitain, des personnes sont démises de leurs fonctions, dans l’administration, mais aussi avec l’aryanisation de l’économie, dans certaines entreprises en Indochine. Il est étonnant de voir l’attention que porte l’administration à l’application de cette législation malgré sa complexité en Indochine (par le biais de formulaire à compléter puis à vérifier) et les faibles effectifs visés… D’autant plus, cette politique d’exclusion en touchant l’économie et l’armée coloniale (qui sera également épurée à une plus grande échelle de ses membres anciennement franc-maçon), contribue à déstabiliser l’encadrement colonial, déjà fragilisé par les appétits japonais et les tensions avec la Thaïlande voisine. Alors pourquoi un tel acharnement ? L’amiral Decoux a une place centrale dans la mise en place de cette politique, guidée par des convictions antisémites certaines. Ce dernier, n’hésite pas relancer les enquêtes sur les déclarations jugées hasardeuses, voire réinterprète avec zèle les cadres fixés par la loi pour définir un « juif ». L’antisémitisme de Decoux suit une position qui se retrouve chez d’autres officiers marins que cela soit l’Amiral Platon ou Darlan. Dans le cas de Decoux il suit un certain pragmatisme quand il concerne des personnes de son entourage proche (comme le directeur de l’EFEO, Georges Coedès non exclu de son poste) et devient une pièce à charge quand il concerne des « fortes têtes » qui résistent à son autorité. Il est à noter, que Decoux cherche à démontrer une loyauté à toute épreuve auprès de Vichy par l’application rapide des mesures prises en métropole, et cette politique antisémite, sans doute sous le regard d’ultras locaux également, est un moyen de l’affirmer.

Question : À partir du moment où une opposition politique nationaliste vietnamienne s'organise, comment s'établissent les complexes relations "quadrangulaires" entre ce mouvement, les autorités traditionnelles, les responsables métropolitains et l'occupant japonais ?

Réponse : L’opposition nationaliste est de deux types, celle qui collabore directement avec les autorités et celle persécutée qui agit dans l’ombre ou sous protection japonaise. La première suit les directives françaises et utilise les mesures de la Révolution nationale pour devenir actrice et non simple spectatrice du fait colonial. Ainsi, si les autorités utilisent les souverains indochinois dans leur mise en scène public, que cela soit Bao Dai dans l’Empire d’Annam ou le jeune Sihanouk intronisé par Vichy, ces derniers et leurs entourages se félicitent du discours traditionaliste, monarchiste et désormais nationaliste que la France coloniale autorise. Ainsi, certains membres de l’élite traditionnelle, je pense à Pham Quynh premier ministre de Bao Dai et lecteur assidu de Charles Maurras, défend la réunification du Viêt Nam en un seul bloc (car ce dernier est divisé en  deux protectorats et une colonie) sans aller jusqu’à la rupture avec la France. D’autres mouvements nationalistes s’appuient sur l’occupation japonaise qui tolère la France de Vichy en raison des accords signés, mais aussi de son intérêt bien compris dans une « Indochine stable et prospère » selon les mots même de Decoux. Ainsi, si les Japonais ne cherchent pas la rupture avec les autorités coloniales, elles soutiennent et protègent des mouvements nationalistes, voire les enrôlent lors de tensions temporaires avec la France (comme lors des affrontements de Lang Son en septembre 1940). Le double jeu du Japon est de privilégier les relations avec la puissance coloniale qui de toute façon ne peut s’opposer frontalement sans disparaître, tout en n’insultant pas l’avenir et préparer une Indochine débarrassée des Français, comme le prouvera l’année 1945.

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Question : Quelle est la place des militaires français dans le dispositif colonial entre 1940 et 1945 d'une part, et ceux-ci sont-ils (aux échelons subordonnés ?) divisés entre pétainistes et gaullistes d'autre part ?

Réponse : Comme tout territoire colonial, l’armée est la colonne vertébrale de cette domination. Symbole de la puissance française, elle participe au contrôle du territoire, notamment lors des phases de répression contre les zones séditieuses aux côtés de la Sûreté coloniale. À ce titre, elle est considérée davantage de force de maintien de l’ordre plutôt que de force défensive d’une éventuelle invasion. Son matériel vétuste accuse son âge et démontre ses limites face à une armée moderne comme celle du Japon, mais aussi sa capacité de nuisance lors de son affrontement victorieux face à la Thaïlande, lors de la bataille navale de Koh Chang début 1941. L’armée loin d’être un bloc homogène est cependant fidèle au régime, et les défections au début de Vichy sont similaires à bien des territoires coloniaux, c’est-à-dire faibles. Mise à part la révocation du gouverneur le général Catroux, jugé trop autonome en juillet 1940 et qui rejoint de Gaulle lors de son escale à Singapour, il faut attendre fin 1941 début 1942, pour que les lignes bougent. Bien que le réseau de la France libre soit faible en Indochine (aux alentours d’un millier de personnes), les personnes suspectées de gaullisme sont arrêtées, puis jugées parfois par contumace en cas de défection ou sont emprisonnées comme Pierre Boule, futur auteur à succès dans les années d’après-guerre. Le régime est loin d’être tiède avec les éléments indésirables, et dans le cas de Français, nouveauté répressive dans cette Indochine sous Vichy, les peines sont sévères pour le colonisateur : placement dans des camps de concentration répartis sur l’Indochine, dans les prisons indochinoises, mais il faut le noter, dont le régime est bien moins strict que celui réservé aux détenus indochinois. Cependant, des critiques sont présentes et s’accentuent durant le conflit. L’exclusion des éléments jugés peu fiables des rangs de l’armée coloniale, malgré les priorités du moment, attise les fractures : ainsi, lors de recensement des éléments juifs ou francs-maçons, certains chefs de bataillon refusent de répondre aux questionnaires. Cependant l’évolution du conflit conduit les autorités locales à prendre contact avec la France combattante, mais l’antagoniste entre pétainiste et gaulliste paralyse les initiatives. Si d’un côté, Decoux refuse une tutelle gaulliste qu’il juge déconnectée des enjeux locaux, de l’autre, les émissaires gaullistes se méfient du représentant de l’ancien régime, allié des Japonais contre lesquels la France combattante est en guerre. Ces blocages éclatent aux grands jours par communiqués interposés sous les yeux d’un occupant japonais fébrile qui tranche dans la violence le 9 mars 1945 en se débarrassent des autorités françaises.

Question : Finalement, quel est le legs de la période sur le devenir de la péninsule ?

Réponse : Vaste question ! Si de nos jours le patrimoine colonial est toujours présent, surtout dans son aspect touristique autour des lieux de pouvoirs (mairie de Saigon, Palais du gouverneur à Hanoi…), le lien avec Vichy est plus diffus. L’année 1945, année de fracture en Indochine, mais aussi dans d’autres zones de l’empire où l’heure est à l’indépendance du joug colonial, est aussi une année intermédiaire. Les premiers gouvernements qui remplacent les autorités coloniales grâce au coup de force japonais, tentent de gérer une transition, et quoi de plus « simple » que de puiser dans le régime défunt ? Ainsi, bien plus qu’une rupture on peut voir une continuité que cela soit dans l’embrigadement de la jeunesse et des populations (par des mouvements ou une propagande intense), la mise en avant d’un discours national racial né sous la colonisation et porté à son paroxysme sous Vichy. Après 1945, certains officiers français se désolent d’adversaires Viêt-minh formés dans les mouvements de jeunesse de Vichy, et après 1954, Vichy est encore présent auprès d’une élite indochinoise. Ainsi les archives vietnamiennes m’ont révélé que la législation antijuive servira de base par le gouvernement Diem pour définir une nationalité vietnamienne durant les années 50. Dans un autre registre, on peut s’interroger sur les liens entre le culte de la personnalité d’Hô Chi Minh et celui du maréchal Pétain. Si les similitudes sur le culte de la personnalité dans différents pays communistes sont réelles, il est intéressant de se demander si le régime de Vichy qui durant 4 années a géré le quotidien des Indochinois n’a pas influencé, dans ce domaine comme dans d’autres, les ex-pays indochinois au lendemain de leurs émancipations.

Merci pour cet entretien et plein succès pour votre livre. A très bientôt.

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 06:55

Un oubli réparé :

Ma pile de livres

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Animé, selon sa propre définition, par un "mâle parisien pas encore quadra, exigeant, snob, casse-pieds et curieux", ce site propose très régulièrement de longues et belles recensions d'ouvrages traitant d'histoire, de stratégie ou de questions de défense. Il figure désormais (enfin !) dans notre liste de sites conseillés et nous vous invitons à le consulter régulièrement. Vous ne risquez pas de perdre votre temps !

On retrouve également de temps en temps sur Ma pile de livres, en partenariat avec War Studies Publications, la recension d'excellents ouvrages en anglais, comme le récent The Japanese War Time Empire, 1931-1945 : ici.

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 06:50

Le combat de Wilkomir (juin 1812)

Tradition Magazine  -  n° 265

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Dans la veine des numéros antérieurs (qualité du papier, de l'iconographie, de l'impression, etc.) ce numéro de janvier-février est essentiellement centré sur les armées napoléoniennes, avec la suite de l'article de René Chartrand sur "Malte en 1798-1800 : le blocus", celui d'Yves Martin sur "Les Aigles en Espagne : le 15e de Ligne" et celui d'Andreï Popov sur l'un des premiers combats de la campagne de Russie, à Wilkomir, le 28 juin 1812.

Un vrai régal pour les yeux et pour l'esprit.

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 07:00

Les valets de la guerre froide

Comment la république a recyclé les collabos

Frédéric Charpier

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Alors qu'une biographie récente de Georges Albertini vient d'être publiée (nous espérons pouvoir la chroniquer sous peu), ce livre s'intéresse tout particulièrement à la "deuxième vie", ou "deuxième carrière" de celui qui est jusqu'à l'été 1944 le principal collaborateur (sans jeu de mots) de Marcel Déat et le numéro 2 du Rassemblement national populaire, "partisan d'un collaborationnismùe ultra". Journaliste d'investigation déjà auteur d'une quinzaine de livres sur des mouvements ou des hommes politiques, Frédéric Charpier connait bien les milieux d'extrême-gauche comme d'extrême-droite et il signe ici un livre sur les "dessous" (peu affriolants) de près de quarante ans de vie politique française (1945-début des années 1980), au cours desquels la mystérieuse personnalité de Georges Albertini hante les lieux de pouvoir et les antichambres ministérielles et où sont influence s'exerce. En effet, son engagement actif au sommet de la collaboration avec les Allemands l'oblige après la guerre à la discrétion : "désormais voué au secret, il tire les ficelles en coulisses. Néanmoins, son nom apparait associé au gratin du monde politique". Et de citer rien de moins que Guy Mollet et Georges Pompidou, mais "il aurait contribué à la carrière d'hommes politiques tels que Jacques Chirac, Alain Juppé ou encore Alain Madelin", ou des syndicalistes tels qu'André Bergeron". Les noms plus ou moins célèbres se succèdent : Jacques Baumel, Roger Frey, Edgar Faure, Poniatowski, Jean Serisé, Marie-France Garaud, Alexandre de Marenches. Bigre ! L'avalanche est telle que l'on devient sceptique...

Au fil des chapitres (le livre est divisé en 10 grandes parties), nous suivons Albertini, "un nazi français en fuite", de son procès et de sa récupération ("Les nouvelles alliances de la guerre froide" / "Les anciens nazis passent à l'Ouest") à l'organisation des premières structures d'action et d'influence pour continuer sa lutte anticommuniste. La "Centrale" (ainsi que sera surnommée son association), née à la fin de l'année 1948, lance un bulletin d'information (domicilié à une fausse adresse, "celle des Ecrits de Paris") et développe une vaste réseau de "clients", de "contacts", d'amis bien placés dans le monde de la presse, du syndicalisme patronal ou ouvrier, de la politique, tout en organisant un système compliqué de financement en partie venu du milieu bancaire, du grand patronat, mais aussi des Etats-Unis. Son activité ne cesse de croître tout au long de la IVe république, au point que "dans les années 1960, alors qu'elle trône au coeur d'un lacis de réseaux qui l'abreuvent en renseignements dans les domaines les plus divers, la Centrale finit par acquérir une réputation de sérieux, si ce n'est d'excellence". Elle s'appuie également sur la revue Est et Ouest, mais aussi sur l'Institut d'histoire sociale (IHS) et ses organisations satellites. Au hasard des pages, en 1968, on croise par exemple Alain Madelin, qu'il "recycle" et fait passer du mouvement Occident aux Républicains indépendants, "où Alain Griotteray sert de passerelle avec la maison Albertini". L'essentiel de la dernière partie du livre est ainsi consacrée aux relations (et actions) entre droite classique et droite extrême sous la haute bienveillance des "réseaux Albertini" et avec le concours financier et matériel du patronat.  On rencontre ici Gérard Longuet, qui "lui aussi a remisé sa barre de fer au vestiaire" et Claude Goasguen. Et l'ouvrage poursuit, avec les présidences Giscard d'Estaing et Mitterrand, alternant les aller-retour entre avant et après guerre. Au fil du temps et des personnages rencontrés (Etienne Michel, Jean Fossati, Emile Boursier, etc.) les priorités semblent se déplacer du combat politique aux préoccupations financières : "En pistant l'argent, on remonte aux véritables donneurs d'ordres dont la plupart appartiennent à l'aile traditionnellement la plus dure du patronat qui, après-guerre, se coagule au sein de l'UIMM, l'Union des industries métallurgiques et minières. Là, nichent les acteurs les plus secrets de la politique". Enfin, "La Centrale et la subversion internationale" constitue le chapitre 9 (retour en particulier sur l'affaire de l'Aginter Presse au Portugal) et le chapitre 10 ("La Centrale de Charybde en Scylla") décrit le déclin de ces structures à partir des années 1980, pour des raisons de politique générale certes, mais aussi bassement financières en dépit d'un soutien américain longtemps maintenu (et sans doute également générationnelles).

Que reste-t-il au final de tout ceci ? Pour ceux qui se sont intéressés auparavant à ces questions, rien de vraiment nouveau, de nombreux "pics" émergés de l'iceberg ayant déjà fait l'objet d'articles ou de brochures. Georges Albertini est sans doute emblématique de ces parcours individuels, de la gauche néo-socialiste et "planiste" à la collaboration active puis à la conversion au libéralisme économique au nom de l'anticommunisme, mais il est loin d'être le seul. Sur les liens internationaux de ces milieux avec leurs financiers patronaux et d'Outre-Atlantique, on compte également plusieurs ouvrages, sur le thème des réseaux type "Gladio". L'intérêt de l'étude réside sans doute dans la synthèse et la mise en cohérence (ou mise en forme ?) d'informations murmurées ou chuchotées de façon éparse. Et l'exercice atteint ici ses limites (comme chaque fois qu'il s'agit de traiter d'organisations sinon secrètes du moins très fermées) : de fortes convergences, de solides présomptions, quelques preuves... et une solide conviction personnelle. Ouvrage de journaliste, ce Valets de la guerre froide doit bien être lu comme tel. A ce titre, et en complément d'autres études, il apporte indiscutablement "de la chair et du muscle", voire des visages, à de discrètes manoeuvres politico-financières parfois avérées, souvent suspectées, mais aussi parfois aussi fantasmées.

François Bourin Editeur, Paris, 2013, 494 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-84941-358-6.

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 06:55

Des loups sur l'Atlantique

Batailles Aériennes  -  n° 63

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Les amateurs seront sans doute ravis, et ceux qui ne connaissent pas ces opérations apprendront beaucoup de choses. Sous la signature de Chris Goss, accompagné de nombreuses photos, croquis, profils et quelques cartes, ce dossier nous entraine dans l'histoire du V.(Z)/KG 40, unité de la Luftwaffe basée entre Lorient et Bordeaux pendant la Seconde guerre mondiale. Dotée de JU-88, elle est très activement engagée entre 1942 et 1944 au-dessus de l'Atlantique (golfe de Gascogne) en appui des sous-marins du Reich. combats qui deviennent de plus en plus difficiles au fur et à mesure que l'aviation anglo-américaine acquiert la maîtrise totale du ciel (au total 280 tués dont 222 au combat, 7 prisonniers,  53 blessés).

Une étude complète et originale en quelques 80 pages, suivie d'une présentation technique du JU-88 C-6 (chasseur).

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 06:50

L'International Society for First World War Studies

sur Facebook

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Si vous souhaitez suivre l'actualité d'un réseau international, voilà ce qu'il vous faut ! L'International Society for First World War Studies dispose désormais de sa page Facebook, à l'adresse https://www.facebook.com/FirstWorldWarSoc. On peut y lire, pratiquement chaque jour, un ou plusieurs billets signalant les articles,livres, colloques, etc. traitant de la Grande Guerre dans les pays les plus différents, des Etats-Unis en Roumanie, des différents territoires de l'empire britannique aux Balkans. Une véritable mine d'informations, d'autant plus utile que les liens électroniques directs sont toujours précisés ! Vivement recommandé.

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 06:45

Les femmes dans la Grande Guerre

Musée de Meaux

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Visites guidées à travers les collections, au Musée de la Grande Guerre du pays de Meaux, les 3 février et 3 mars, sur le thème des femmes et de leur place dans la nation en guerre entre 1914 et 1918. Ces parcours thématiques avec conférencier commencent à 14h30.

Renseignements et réservation : 01 60 32 10 45 ou reservation.museedelagrandeguerre@meaux.fr

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 07:01

Dieppe 1942

La catastrophe

Bill Rawling

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On sait que le raid sur Dieppe, à l'été 1942, a été un grave échec tactique, mais l'on considère généralement dans la littérature qu'il a permis "d'engranger" des leçons et enseignements pour préparer les débarquements ultérieurs, de Normandie et de Provence. Dans cette étude particulièrement fouillée, Bill Rawling, historien canadien, reprend en détail toute l'histoire de cette opération, des premiers préparatifs à la libération des soldats prisonniers (1948 Canadiens faits prisonniers à Dieppe) à la fin de la guerre.

S'appuyant sur une volumineuse documentation et de très nombreuses archives référencées en bas de page (on regrette toutefois l'absence d'une bibliographie finale, même si l'auteur s'en explique), Bill Rawling porte un jugement équilibré mais sans concession sur les responsables politiques et hauts militaires anglais mais aussi canadiens (ce qui est plutôt rare) qui prirent la décision d'engager cette opération, mal préparée et mal conduite (chap. 1 à 3). La description du déroulement du débarquement et des combats (chap. 4 à 9) est impressionnante par sa précision. Les différents commandos et régiments, les différentes plages, les quartiers généraux et les postes de commandement, l'aviation, la marine ou le soutien "santé" : tout est passé au peigne fin. Le texte courant est accompagné de nombreuses citations puisées aux sources les plus diverses, du simple soldat aux officiers supérieurs. Alors qu'aucun des objectifs majeurs du raid n'a été atteint (et que "le Royal Regiment of Canada fut anéanti sur les galets, de même que le Essex Scottish"), le rembarquement sous le feu allemand est "une opération improvisée dans une situation où les communications étaient intermittentes". Pour l'auteur, "la division la mieux formée de l'armée canadienne avait souffert des pertes telles qu'elle était inapte au combat" et en 1943 encore, mieux valait ne s'attaquer, avec des moyens renforcés, qu'à l'Afrique du Nord française aux maigres défenses. On apprécie, dans les derniers chapitres du livre, que l'auteur tente de retrouver les enseignements "à chaud" de ces événements tels qu'ils ont pu être formalisés à l'époque, aussi bien au sein des forces britanniques que pour le commandement allemand ou pour la population française ; mais également qu'il s'intéresse longuement aux conséquences et aux effets des très nombreuses pertes sur les familles restées en Amérique du Nord, et au-delà sur l'état d'esprit général de la population canadienne.

Un excellente synthèse qui passionnera tous les amateurs de la Seconde guerre mondiale.

Athéna éditions, Outremont (Canada), 2012, 360 pages.

ISBN : 978-2-924142-01-1.

Disponible auprès de la : Librairie du Québec, 30 rue Gay Lussac, 75005 Paris. Tel : 01 43 54 49 02

Courrier électronique : libraires@librairieduquebec.fr

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 06:57

Matériels, photos et films de l'époque coloniale allemande

Musée national d'histoire naturelle du Rwanda

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Signalé par notre ami Michaël Bourlet (Sources de la Grande Guerre), cet article dans la rubrique "Actualités et événements" sur le site de l'Institut des musées nationaux du Rwanda. On y apprend que des matériels (roues métalliques de 250 kg. chacune), des photos et des films relatifs à la Grande Guerre sur le territoire du protectorat allemand de Ruanda-Urundi (Afrique orientale) seront désormais exposés. Par ailleurs, une embarcation utilisée par les Britanniques sur le lac Kivu devrait également être prochainement présentée aux visiteurs (cliquer ici).

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 06:55

Apache

L'homme, la machine, la mission

Ed. Magy

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Il n'y a pas que le prince Harry qui puisse témoigner du combat des pilotes britanniques d'hélicoptères Apache en Afghanistan ! Paru pour la première fois en édition française en 2011, ce témoignage d'un pilote (22 ans de service au total) engagé pour un second mandat dans la province d'Helmand en 2006 mérite d'être mieux connu. Nous ne garantirons pas l'absolue exactitude "historique" des faits rapportés, mais force est de reconnaître que ce témoignage est captivant.

Soulignons tout d'abord que rares sont les ouvrages en langue française qui permettent d'aborder les opérations conduites par les Anglo-saxons en Afghanistan, plus rares encore sont les textes qui traitent spécifiquement de la 3e dimension et de l'appui des troupes au sol, encore plus rares enfin sont ceux qui nous font pénétrer dans le quotidien de la vie, des missions, des pensées d'un pilote. Ce livre vous donnera l'occasion d'approcher ces réalités. Le texte, rédigé à la première personne du singulier, raconte, au plus près des événements les missions, la préparation des appareils, l'attente du message d'alerte, la concentration en cabine pour observer le terrain et rechercher les insurgés, les relations avec les subordonnés, les camarades et les supérieurs, la coordination entre les équipes, entre les hommes, entre les gestes. Il reproduit les dialogues dans le poste de pilotage et donne une idée de l'activité sur les réseaux radio. Bref, il permet effectivement (en le comparant impérativement avec ce qui a été publié sur l'action d'autres pilotes, français par exemple) de mieux comprendre le rôle essentiel désormais pris par l'hélicoptère. Il se termine sur le long récit d'une opération à haut risque après l'attaque par les Talibans des positions britanniques de Fort Jugroom, avec appui d'artillerie, mission Predator parallèle, multiplication des échanges entre les différents niveaux de commandement, débat sur les procédures et questions relatives à la capacité (ou même simplement la possibilité : "Nous pourrions tout aussi bien être récompensés que sanctionnés") d'initiative (risquée) pour sauver un camarade. Est-on toujours ici dans l'Histoire (avec un "H") ? Peut-être pas, mais qu'importe. Lorsque le récit historique se lit comme un roman, tout en donnant l'opportunité d'apprendre des choses nouvelles, pourquoi se faire prier ?

En attendant que l'ouverture des archives officielles et la publication des JMO ne permettent, un jour peut-être, d'y voir plus clair, voilà un récit qui trouvera toute sa place dans votre bibliothèque.

Editions Nimrod, Paris, 2011, 316 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2915243413.

 

Nota : L'éditeur nous confirme toute la réalité des faits évoqués dans ce livre : "L'armée anglaise a même déclassifié quelques vidéos à la suite de l'enquête militaire ouverte sur les événements de Fort Jugroom. Les archives officielles ont donc déjà parlé, plus rapidement que ne le feront jamais les archives françaises. Voici l'une d'entre elles" : http://www.youtube.com/watch?v=n9qIp5togeY

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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