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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 18:35

Rompre le front

Novembre 1914 - mars 1918

Comment percer les lignes ennemis et retrouver la liberté de manoeuvre ?

Rémy Porte

Merci très sincèrement à Erwan Le Gall pour cette lecture attentive.

Rompre le front, et les représentations convenues de la Grande Guerre

On ne présente plus Rémy Porte. Officier d’active et historien de talent à qui on doit notamment une remarquable biographie de Joffre, il est l’un des meilleurs spécialistes français de la dimension militaire de la Première Guerre mondiale. C’est cette expertise qui lui permet de présenter cette indispensable étude s’attachant à répondre à l’insoluble question qui se pose aux belligérants entre l’automne 1914 et le printemps 1918 : « comment percer les lignes ennemies et retrouver la liberté de manœuvre » ?1

Carte postale. Collection particulière.

Une telle démarche est, à nos yeux, doublement importante. Tout d’abord, cet ouvrage nous semble allumer un utile contrefeu aux  grilles de représentations qui, sous-couvert d’une histoire vue « par en bas », imputent la responsabilité de l’immobilisme du front à des officiers « imbéciles », « incompétents » et responsables de la mort de milliers d’individus dans des offensives inutiles. En second lieu, ce volume nous parait constituer une synthèse d’autant plus précieuse que la dimension strictement militaire du conflit n’est pas nécessairement la plus régulièrement abordée par l’historiographie. Là est d’ailleurs un paradoxe saisissant de ce centenaire que de, certes, commémorer le conflit de 1914-1918, mais sans toutefois s’attarder outre-mesure sur le champ de bataille. Constat d’autant plus regrettable que la réponse à une question telle que celle de la rupture du front pendant la Grande Guerre ne peut se cantonner au seul niveau des tranchées. C’est d’ailleurs bien ce que montre ce livre puisqu’il se compose de trois grands niveaux de réflexion, comme autant de réductions successives mais imbriquées de focales, la question étant traitée aux niveaux stratégique, opératif et tactique.

Ce faisant, c’est bien toute la complexité de la conduite de la guerre qui ici se révèle. Car celle-ci ne peut être déconnectée de réalités diplomatiques dont les implications rejaillissent directement sur la conduite des opérations. C’est par exemple parce qu’elle ne peut se priver de l’apport britannique que la France accepte les exigences de Londres sur le front d’Orient, ou au moment de l’offensive de septembre 1915, quitte à parfois donner l’impression d’être « à la remorque » (p. 47, 63). La difficile mise en place d’un véritable commandement interallié illustre d’ailleurs à merveille cet entremêlement des considérations militaires et stratégiques.

Au niveau opératif, l’analyse revient sur « ces offensives de détail pour conserver à la troupe son esprit offensif » en rappelant que celles-ci trouvent le plus souvent leur origine dans des réalités bien concrètes mais trop souvent perdues de vue : une position tellement défavorable qu’elle contraint à l’offensive afin de gagner les quelques mètres de terrain permettant d’aménager dans de meilleures conditions les tranchées ou encore la nécessité de prendre pied sur telle ou telle cote offrant un point d’observation indispensable à l’artillerie, celle-ci permettant en définitive une meilleure préservation de l’infanterie (p. 92).

Enfin, l’échelon tactique permet de percevoir l’armée dans toute sa dynamique, loin du bloc figé que l’on veut trop souvent dépeindre. C’est ainsi que l’auteur rappelle que si les fantassins sont au fur et à mesure du conflit toujours moins nombreux au sein des armées, les spécialités qui apparaissent (mitrailleurs, et grenadiers, artillerie lourde, convois automobiles et escadrilles aériennes, tanks…) « ont d’abord pour raison d’être de contribuer à faciliter l’action de l’infanterie » (p. 153). Ce faisant, loin du classique, et pour une large part dépassé, débat entre « contrainte » et « consentement », c’est une analyse en termes de courbes d’apprentissages, de learning curves, qui est ici proposée. Celle-ci aboutit d’ailleurs à une conclusion assez neuve, bien loin des représentations déshumanisantes de la guerre industrielle (p. 188):

« Le char, pas plus que l’avion, le fusil-mitrailleur, les grenades, les mines, les gaz, etc. ne peut revendiquer à lui seul le titre d’armement de la victoire. A tous les niveaux, sur tous les secteurs du front, l’homme reste au cœur du dispositif militaire […] »

Carte postale. Collection particulière.

Rendant compte il y a quelques mois, en ces mêmes colonnes, d’un ouvrage collectif traitant de la manière dont avait été anticipé le conflit qui se déclenche en 19142, nous plaidions pour une « recherche en histoire appliquée », démarche qui use de l’opportunité commémorative pour répondre à la demande sociale d’histoire et insuffler de la réflexion dans le trop-plein d’émotion. Cet ouvrage de Rémy Porte nous paraît parfaitement répondre à ce cahier des charges en s’emparant d’une question inédite (p. 12) et en rappelant que « personne, pas plus dans le monde militaire que dans la société civile, ne conçoit que la guerre puisse être gagnée à brève échéance en restant sur la défensive » (p. 16). C’est bien dans cette foi en l’offensive, partagée tant par la troupe que les cadres et l’arrière (p. 93-94) que réside, en fin de compte, l’explication fondamentale du terrible bilan de la Grande Guerre.

La démonstration est ici d’autant plus remarquable qu’elle use de nombreuses sources bretonnes – Jean Leddet, Georges Veaux, Joseph Le Segretain du Patis ou encore Louis Maufrais – tout en conservant en permanence un sens de la nuance qui est malheureusement bien rare dans la production historiographique, tant la volonté de synthétiser, et donc de simplifier, se fait pour beaucoup  d’auteurs bien souvent pressente. En effet, Rémy Porte ne perd pas de vue que la notion de « front » n’est pas nécessairement opérante tant celui-ci est vaste et recouvre des réalités différentes (p. 19) : « à la même heure, un soldat peut aller à la pêche en tenue débraillée près de Gerardmer et un autre se tasser dans son maigre abri sous les obus de Verdun ». A cette dimension spatiale, l’auteur en ajoute une autre, diachronique cette fois-ci, rappelant que les positions exprimées par un même individu au cours du conflit peuvent grandement varier tant celui-ci est long (p. 97). Autant de principes qui, pourtant frappés au coin du bon sens, sont trop souvent oubliés et rendent en conséquence indispensable la lecture de ce volume pour quiconque s’intéresse à la Grande Guerre, et aux questions militaires de manière générale.

Erwan Le Gall (ici)

SOTECA - 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2016, 250 p., 25,- euros

ISBN : 979-1091561846

Complexité et interactions
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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 07:45

L'extraordinaire vie du canadien George 'Screwball' Beurling

Aéro Journal - n° 55

Outre le long article central de plus de trente pages consacré aux combats aériens et en particulier à la Luftwaffe dans le ciel soviétique en 1943, nous avons particulièrement apprécié le récit de la vie du canadien Beurling, pilote exceptionnel mais "tête brûlée obsédée par son tableau de chasse, un aviateur indiscipliné prêt à toutes les bravades". Il totalise 31 victoires à pratiquement 20 ans, et termine sa carrière en 1948 avec une unité de P-51 Mustang israéliens ! On note également la seconde partie de l'article consacré à l'avaition militaire hongroise (période de l'alliance avec l'Allemagne nazie) et pour la partie "Actualité" une belle visite en photos du Fleet Air Arm Museum de l'aéronavale britannique.

 

As né à Verdun (Québec)
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 06:00

Mémoires d'un avocat au coeur des révolutions

1789-1830

Jean-Baptiste Louis

Première édition des souvenirs d'un témoin de premier ordre des événements politiques qui secouent la France jusqu'à la monarchie de Juillet. En quelques quarante ans de vie professionnelle, maître Louis ne connaît pas moins de 8 régimes au cours de l'une de périodes les plus mouvementées de notre histoire. C'est son histoire, personnelle, professionnelle et familiale, qu'l nous raconte dans ce contexte troublé.

Arrivé à Paris venant de ses Ardennes natales quelques années avant le début de la révolution de 1789, procureur au parlement de Paris dès 1786, il est en effet aux premières loges. Monarchiste modéré (l'Ancien régime tempéré par la loi en quelque sorte), il considère par exemple que "l'année 1789, féconde en événements épouventables, vit s'ammonceler les orages qui devaient submerger la France et son roi dans une mer de sang". L'orientation générale est donc claire. Il échappe à l'échafaud sous la Terreur mais connaît une vraie misère ("J'ai eu ma part des souffrances de la famine"). Il se félicite de la chute de Robespierre et se lance ultérieurement dans la carrière d'avocat après avoir touché de l'administration des Finances sous le Directoire. En dépit de cette stabilisation professionnelle, la vie quotidienne reste extrêmememnt difficile. Il prend parfois la parole en public pour critiquer le régime, mais se garde de dévoiler ses vrais sentiments politiques : "J'allais crier 'Vive le Roi'. Je m'en serais bien gardé ; je pouvais bien me permettre de faire apercevoir le but, mais y frapper, c'eût été une grande imprudence, à ces premières lueurs de liberté". La première référence au futur Napoléon Ier est d'ailleurs intéressante, lorsque Jean-Baptiste Louis en entend parler. Evoquant le maintien de l'ordre dans la capitale par Barras, il précise que ce dernier "en donnait le commandement ... à un jeune sergent d'artillerie qui ne s'était recommandé jusque-là aux yeux de quelques-uns quepar son dénuement et l'exaltation d'un patriotisme cherchant fortune, à ce Bonaparte en un mot, dont la réputation militaire a commencé par la mitraillade des Parisiens la fameuse journée du 13 Vendémiaire, qui lui a valu le généralat". Il détaille longuement ses activités commerciales (il peut acquérir un fermage, doit multiplier les procédures pour faire respecter ses droits) et sa vie familiale, ce qui fait aussi du livre un bon témoignage sur l'évolution de la société et les préoccupations d'une partie désormais relativement aisée de la population. On appréciera également (sans toujours tout accepter) son état des lieux de la justice à la fin de la période révolutionnaire. Durant l'empire, il se consacre exclusivement à ses affaires personnelles et l'un des rares portraits qu'il dresse d'un personnage célèbre est celui du docteur Corvisart, devenu son ami et nommé "premier médecin du consul Bonaparte en l'an VIII". Nous apprenons également beaucoup sur la naissance et l'organisation de l'ordre des avocats au début du XIXe s. ainsi que sur son fonctionnement. Son approche des événements révolutionnaires de 1830 est prévisible : "Une révolte de trois jours dans Paris, manifestée par des barricades, le bris des réverbères, une explosion inouïe de la plus vive populace, d'abord contre le petit nombre de troupes qui n'étaient intervenues que pour mettre le holà et rétablir l'ordre", et finalement l'expulsion de "trois générations de rois légitimes, en faveur d'une branche cadette associée de longue main à tous les troubles révolutionnaires". Les Orléans sont habillés pour l'hiver... Jean-Baptiste Louis se retire alors de la vie professionnelle et publique, et les dernières pages dressent le tableau de ce que devient la vie d'un retraité aisé ayant quité  Paris. Elles nous laissent également comprendre, en creux, qu'un monde disparaît. Une forme d'éducation et de culture, datée du XVIIIe s., n'est plus adaptée et c'est en fait le "survivant" d'une époque révolue qui écrit la fin du livre.

Un ouvrage extrêmement intéressant pour quiconque veut mieux connaitre cette période d'intenses transformations.

Editions La Mémoire du Droit, Paris, 2016, 292 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-84539-042-3.

Révolutions en France
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 06:00

Pourquoi les Khmers rouges

Henri Locard

Le régime de terreur dit "du Kampuchéa démocratique", instauré par les Khmers rouges au Cambodge, a été accueilli en 1975 en Occident, et particulièrement en France, par des textes systématiquement optimistes et positifs de l'intelligensia (on se reportera aux articles du Monde de l'époque par exemple). Il a duré en tant que tel moins de quatre ans, mais le drame est insoutenable. La réalité est en effet tout autre que la présentation qu'en firent les "idiots utiles" : celle d'un système concentrationnaire et d'exécutions massives à l'échelle d'un pays.

Le livre d'Henri Locard, réédition enrichie et complétée du volume (déjà excellent !) publié en 2013 (ici) mérite d'autant plus que l'on si attarde qu'il permet de comprendre comment un quart des habitants du Cambodge a pu disparaître. Il utilise en particulier les enquêtes et déclarations lors des procès de 2014 des derniers dirigeants Khmers rouges. On se reportera à notre première présentation, et l'on retiendra cette phrase de la conclusion : "Dans le Kampuchéa soi-disant démocratique, toutes les libertés avaient été abolies et le mot même de 'liberté' avait disparu de la constitution".

Un ouvrage indispensable pour qui s'intéresse aussi bien à l'histoire de l'évolution des idées politiques qu'à celle de l'extrême-Orient.

Editions Vendémiaire, Paris, 2016, 381 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-36358-239-3.

Trois ans, huit mois, vingt jours
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 09:55

2e Etranger

175 ans d'histoires d'hommes et de combats

André-Paul Comor (Dir.)

La parution des nouveaux albums régimentaires se poursuit, avec la parution de ce bel album dont la direction rédactionnelle a été assurée par l'un des meilleurs connaisseurs de l'histoire de la Légion étrangère.

Suivant naturellement une progression chronologique, l'ouvrage accorde une part vraiment importante (mais sans exclusive) à l'histoire de l'unité et adopte un plan original en centrant la plupart des principaux chapitres par grandes zones géographiques (Afrique du Nord, Afrique, Balkans, etc.). Il commence d'ailleurs par une présentation, compagnie par compagnie, du régiment aujourd'hui dans sa garnison de Nimes et évoque bien sûr le mémorial inauguré en 2014 pour les 6.849 légionnaires du régiment morts pour la France. La présentation de chaque chapitre est originale, en ce qu'elle comprend, après une introduction spécifique, non seulement le récit illustré des événements (intéressantes informations sur les OPEX récentes des années 1990-2010 peu traitées dans l'historiographie), mais aussi de "coups de projecteur" thématiques, traitant aussi bien de certaines grandes figures que des aspects les plus quotidiens de la vie du légionnaire (les chaussures, les tenues, l'armement, etc.). Chque grande période est également replacée dans son environnement politico-militaire (l'ONU, l'OTAN, etc.), l'organisation générale (régiments dérivés, etc.) et fait la part des innovations tactiques et technologiques (les compagnies montées, etc.).

L'album se termine par de nombreuses annexes, dont un utile glossaire qui comporte la plupart des acronymes récents anglo-saxons et une belle bibliographie. Une belle réalisation, d'histoire et de mémoire.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2016, 35,- euros.

ISBN : 978-2-36445-059-2.

175 ans de combats
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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 06:00

La guerre d'Espagne

vue par un artilleur républicain

Antonio Cordon

Ouvrage rare dans la littérature francophone, puisqu'il s'agit du témoignage d'un officier d'artillerie espagnol sur sa vie militaire entre 1911 et 1939. La date de rédaction de ces souvenirs n'est semble-t-il pas précisée, et l'on peut parfois s'interroger sur la reconstruction ultérieure de ces mémoires.

La première partie nous raconte sa vie militaire jusqu'au début de la guerre civile. Entré comme cadet à l'académie d'artillerie de Ségovie en 1911, une dure scolarité de cinq ans, il rejoint en première affectation la garnison de La Corogne, ces débuts dans la carrière militaire étant aussi l'occasion de découvrir d'autres régions d'Espagne (y compris la Catalogne, dont il souligne lorsqu'il est à Gérone les sentiments particularistes). Neutre durant la Grande Guerre, le pays connaît l'inflation, mais en dehors des révolutions russes, rien ne semble l'atteindre. L'Afrique bientôt intervient dans le récit, avec (p. 23) quelques propos peu amènes sur un jeune commandant ambitieux, Francisco Franco, tandis que les mouvements sociaux se multiplient en Espagne continentale et qu'Antonio Cordon participe activement aux "conseils d'officiers" qui fonctionnent dans les régiments. Vient ensuite le temps de la campagne au Maroc contre Abd el-Krim, récit qui n'est pas à l'avantage de l'armée espagnole, pas plus que de l'environnement politique et colonial. Chargé de ravitailler les batteries en munitions, il circule dans toute la zone des combats avec sa colonne de mules et mulets, et donne de nombreuses observations pratiques. Il y croise en particulier les futurs chefs de l'insurrection nationaliste. De retour en métropole où il retrouve la routine antérieure (il calme son ennui par la lecture), il voit les affectations se succéder à nouveau (cette fréquence des mouvements est d'ailleurs étonnante pour un Français d'aujourd'hui) et connaît le passage au pouvoir de Primo de Rivera père, alors même que ses relations le poussent davantage vers les Républicains. Membre de l'Union militaire républicaine antifasciste, il considère que le gouvernement Azana manque de fermeté et semble s'attendre à un nouveau coup d'Etat militaire. La situation devient extrêmement tendue à l'été, et le 17 juillet "les informations d'un soulèvement au Maroc nous parvinrent". La seconde partie (deux-tiers du livre environ) traite de la guerre civile (1936-1939), en cinq grands chapitres qui nous transportent du ministère républicain de la Guerre, où Antonio Cordon a été appelé, au front sud, où il est l'un des acteurs de l'assaut victorieux du sanctuaire de la Vierge de la Cabeza, puis sur le front de Catalogne, à Barcelone, en Aragon, et à nouveau au ministère comme sous-secrétaire à l'armée de Terre avant la retraite finale et l'exil après le retrait des volontaires internationaux. Au fil des pages, il nous confirme les conflits innombrables qui opposent les différentes factions de républicains, de la gauche à l'extrême-gauche en passant par un parti communiste dont on le sent très proches dans presque tous ses commentaires. On constate aussi que "l'idéal" de nombreux officiers est très mesuré et que nombreux sont ceux qui aspirent surtout à rester à l'arrière en attendant que la guerre se termine.

Un témoignage ultérieurement rédigé et indiscutablement de parti pris, mais qui propose un regard très intéressant sur les événements, puisqu'il est celui d'un responsable de niveau intermédiaire, ni un simple exécutant, ni un grand chef. A lire avec intérêt.

Editions Jourdan, Paris, 2016, 218 pages. 17,90 euros.

ISBN : 978-2-87466-426-7.

Guerre d'Espagne
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 06:00

Introduction à l'analyse géopolitique

Histoire, outils, méthodes

Olivier Zajec

Troisième édition (édition originale ici) complétée et augmentée de ce volume devenu un manuel indispensable aux étudiants et aux amateurs en quelques années.

Accompagné d'une excellente bibliographie de référence, l'ouvrage est organisé en cinq grands chapitres qui permettent de revenir avec précision sur l'histoire de la géopolitique et l'évolution des doctrines dans les principaux pays, sur les acteurs institutionnels, sur les mthodes d'analyse, sur les outils utilisable et sur les mutations en cours du contexte international et géoéconomique. Accompagné de très nombreuses cartes, le texte courant est complété par des encarts qui précisent un mot, un principe, une idée.

Un ouvrage de référence, pédagogique, qui doit rester sur le coin de votre table de travail.

Editions du Rocher, Monaco, 2016, 249 pages. 17,90 euros.

ISBN : 978-2-268-08176-2.

Manuel utile
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 06:00

Oran, 5 juillet 1962

Un massacre oublié

Guillaume Zeller

Réédition d'un ouvrage publié en 2012 qui reconstitue par le détail les événements d'Oran le 5 juillet 1962 : en une seule journée, un massacre eut lieu, plus expéditif, fulgurant même, de la part, cette fois, des forces militaires et paramilitaires algériennes à l'encontre des Européens". En six chapitres pertinents, cette véritable enquête remet en perspective et précise le contexte, les conditions et le déroulement de ce massacre, trop longtemps passé sous silence, voire nié. Le texte est vif, précis, le rôle du général Katz bien identifié, le commandement "local" n'est pas à son avantage, et au bilan le "silence d'Etat" bien mis en évidence.

Comme le précise l'auteur en conclusion, "le massacre du 5 juillet remet en cause le 'dogme du 19 mars', selon lequel la paix serait revenue en Algérie après les accords d'Evian ... mais de nombreuses organisations, pour des raisons souvent idéologiques, ne le veulent pas". On dit que de la confrontation nait la lumière : bref, une remise en cause salutaire de la doxa généralement répétée. A ce seul titre, l'ouvrage passionnera tous ceux qui s'intéressent à la guerre d'Algérie.

'Texto', Paris, 2016, 223 pages. 8,50 euros.

ISBN : 979-10-210-2114-3.

Le jour de l'Indépendance
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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 06:00

Un écrin du Second empire

Médailles et décorations du maréchal Niel, ministre de Napoléon III

Stéphane Faudais

Cette petite brochure, complémentaire de la biographie du général Niel signée par l'auteur chez Bernard Giovanangeli éditeur (ici), est absolument splendide.

Editée à compte d'auteur, elle présente après une solide introduction les différentes décorations du maréchal Niel. Outre les décorations françaises (Légion d'honneur, médaille militaire, médaille d'Italie), on apprécie surtout la description et les photos des superbes décorations des puissances de l'époque : empire d'Autriche (ordre de Saint-Etienne de Hongrie), empire ottoman (ordre du Médjidié et ordre de l'Osmanié), Portugal (ordre de la Tour et de l'épée), royaume de Sardaigne puis d'Italie (ordre des Saints Maurice et Lazare, ordre de l'Annonciade, ordre militaire de Savoie), royaume des Deux-Siciles (ordre royal et militaire de la Réunion), Grande-Bretagne et Irlande (ordre du Bain, médaille de la Baltique, médaille de Crimée), royaume de Suède et Norvège (ordre de l'Epée, ordre des Séraphins) et  Wurtemberg (ordre de Frédéric).

Pour chaque décoration, une fiche d'une page présente ses caractéristiques, organisation, conditions d'attribution, évolutions dans le temps. Et, une nouvelle fois, avec un très bel accompagnement de photos grand format.

A commander (20,- euros) directement chez l'auteur. Merci de nous adresser la demande, nous retransmettrons aussitôt.

 

Phaléristique
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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 06:00

Togo, Afghanistan, Italie, Allemagne, Etats-Unis, etc.

DSI - n° 125

Ce numéro d'automne aborde des sujets très différents, d'un état des lieux de l'armée togolaise à une présentation d'ensemble de l'Aeronautica Militare Italiana, en passant par une analyse de la guerre sociétique d'Afghanistan, et évaluation de "La révolution arabe dans les affaires militaires", une présentation du Typhoon au Koweït. Un article traite de la bataille idéologique contre l'Etat islamique et un autre de la drogue, "éternelle partenaire du combattant dans la guerre". Les dernières pages sont traditionnellement consacrées aux nouveautés de la "Bibliothèque stratégique" et notre vieil ami C. von C. clôture ce numéro avec une chronique au deuxième degré sur "L'été de tous les festivals" : "Le problème du festival international du rire en situation de crise est qu'il va sans doute perdurer jusqu'à la prochaine présidentielle et qu'un certain nombre de spectateurs ne rentreront pas chez eux à la fin du spectacle : dans la vraie vie, le bling-bling déclaratoire cède toujours le pas au bang-bang ennemi".

Actualité de la Défense
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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