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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 06:55

Histoire de la dissuasion nucléaire

André Dumoulin

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La "petite collection qui monte" ? Dans la série en cours de développement de ces petits ouvrages de synthèse (ma foi, bien pratiques), les éditions Argos diffusent cetteHistoire de la dissuasion nucléaire qui sera utile aux étudiants comme aux amateurs élcairés.

A la suite d'une préface qui précise les termes fondamentaux et une introduction qui rappelle les "Origines du nucléaire français", l'auteur nous propose une première partie consacrée aux "Relations dans une Europe nucléarisée" (avec un focus sur les relations France / Grande-Bretagne) depuis la naissance de la "bombe" française puis le retrait du commandement intégré de l'OTAN. La seconde s'intéresse à l'aspect "Evolution doctrinale et stratégique", à partir de la notion de dissuasion du faible au fort et des travaux des grands stratégistes français (les "4 quatre cavaliers de l'Apocalypse") du règne gaullien, tout en soulignant au fur et à mesure les inflexions ou les remises en cause qui ont pu survenir. La troisième et dernière enfin, "Le champ technologique" traite donc des systèmes d'armes (la notion d'engin nucléaire tactique nous parait toujours peu satisfaisante, voir en contradiction avec la doctrine elle-même), pour se terminer par la mise en place récente d'une chaine complète de simulation.

Quelques annexes, un utile glossaire et une bibliographie indicative terminent ce volume qui devrait sans difficulté trouver facilement son public.

Argos, Paris, 2012, 223 pages, 15 euros.

ISBN : 978-2-33614-004-0.

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 06:45

Hood, le héros déchu de la Royal Navy

Los !  -  mars/avril 2013

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Le bimestriel de la guerre navale, aéronavale et sous-marine a sans doute parfaitement trouvé sa place dans les rayons de nos kiosquiers, puisqu'il fait désormais partie de ces magazines dont on attend avec impatience la parution du nouveau numéro. Pour ce n° 7, le panel ds'articles proposés dans le sommaire est encore très large, allant du renouveau très récent de la flotte russe ("L'Ours et la mer", par Xavier Tracol) à la toujours originale rubrique pédagogique "Comment ça marche ?", consacrée ici à "La protection d'un bâtiment de surface" (Hugues Wenkin). Outre le solide et parfaitement illustré dossier central sur le célèbre croiseur de bataille anglais Hood (3 survivants sur plus de 1400 hommes d'équipage lors de sa disparition en mai 1941), complémentaire de celui paru il y a peu sur le Bismarck, on apprécie l'originalité du texte de Lauren Tirone, "Un cuirassé, deux pavillons", qui raconte l'histoire du Retvizan / Hizen, construit par les Russes au début du XXe siècle, saisi et renfloué par les Japonais en 1904 puis utilisé par eux pendant la Première Guerre mondiale. Un retour enfin avec David Zambon, "Sommozzatori ! Les commandos de la Regia Marina", sur les capacités d'adaptations et d'innovations techniques de ces nageurs de combat exceptionnels. 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 07:05

Il existe une "Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale"

Mais pour quelle(s) mission(s) ?

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Alors que les annonces et les projets surgissent de tous côtés, dans tous les départements et dans toutes les régions comme à l'étranger, les instances nationales restent totalement absentes. Ce n'est plus de la discrétion, c'est une disparition pure et simple. Après une très laborieuse mise en place des structures (GIP et conseil scientifique en particulier), on pouvait espérer que "le taureau serait pris par les cornes", à désormais un an et demi de l'échéance. Dans la grande tradition du "village gaulois" (la France n'est-elle pas un "pays de présidents" où chacun doit avoir une belle carte de visite ?), après une dizaine de mois perdus à se partager les places et les titres (ou à neutraliser celui que l'on veut empêcher d'y accéder), est-ce trop demander que d'espérer connaître (bientôt ?) les choix stratégiques et l'architecture générale de ce centenaire ? Mais toujours rien, depuis le rapport initial. De savantes individualités participent à ces réunions, mais le "collectif" semble totalement paralysé.

Par ailleurs, on peut de plus en plus légitimement s'interroger sur la très faible participation de vrais spécialistes des dimensions proprement militaires de la guerre elle-même dans ces organismes. Les compétences les plus diverses sont représentées (ce qui est bien sûr une bonne chose), mais au détriment de la composante "militaire" des travaux. Toutes les chapelles, écoles, niches et sous-thématiques des spéculations sur le "phénomène guerrier" sont là, mais à 5 ou 6 exceptions  près (dont 1 Britannique et 1 Américain) on ne trouve pas d'historiens de référence sur les armées et leurs opérations. Organisation, entrainement, équipements, commandement, évolutions, doctrines, planification, conduite, enseignements tactiques, opératifs, stratégiques, interaction entre les fronts, comparaisons entre les pays, les hommes et leur(s) rôle(s) personnel(s) à tous les niveaux des hiérarchies, les causes et les conséquences immédiates et plus lointaines, etc. : ne s'agirait-il donc là que d'éléments tout-à-fait secondaires et mineurs au sujet de la Grande Guerre ?

Il y a là une question de fond, que le vide sidéral qui entoure aujourd'hui la programmation générale des manifestations invite à poser.

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Ayant toujours une approche globale de l'histoire militaire sous toutes ses facettes, ce n'est pas nous qui nierons aujourd'hui l'importance des innombrables facteurs exogènes, culturels, sociaux, économiques, politiques, diplomatiques, techniques et scientifiques, financiers et budgétaires, etc., qui interagissent peu ou prou et de façon variable dans le temps sur le déroulement d'un conflit de cette ampleur. Le Service de santé, les mines de charbon, la presse ou une brève "trêve" un soir de Noël, parmi de multiples autres paramètres, tiennent bien sûr une place importante dans la Première Guerre mondiale. Mais il ne faut pas confondre le coeur du sujet et sa périphérie, l'essentiel et l'accessoire. Il ne faut pas "inverser les proportions". C'est bien du centenaire de la Grande Guerre qu'il s'agit, et non pas de placer bout-à-bout quelques manifestations commémoratives sur les évolutions générales de la France au XXe siècle. Ne confondons pas l'objet et ses conséquences, surtout lorsque celles-ci ont été (et sont) re-travaillées au filtre du temps, des idéologies et des engagements personnels.

Que veut-on faire ? Veut-on d'ailleurs même, simplement, "faire" quelque chose ?

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Une fois de plus, ces questions doivent être posées avec d'autant plus d'insistance que les semaines s'écoulent, dans le silence assourdissant des autorités. Quelle est la volonté affichée par l'Etat ? On nous en parlera sans doute pendant 15 ou 20 mn. lors du prochain 11 novembre... Pour nous annoncer quoi ? Une vague "commémoration Potemkine", avec façade ripolinée dans les tons pastels pour "faire bien" au JT de 20 heures et l'immensité du néant derrière la porte ?

Nous regrettons parfois, car cela témoigne d'une faiblesse de l'université française, que l'histoire (notre histoire) soit si souvent écrite par les historiens anglo-saxons. Rappelons simplement ce que disait sur notre sujet du jour le chef du gouvernement britannique, dès octobre 2012, lorsqu'il a personnellement présenté à l'Impérial War Museum les principes et les objectifs qu'il fixait aux commémorations du Centenaire :

- "A truly national commemoration",

- Célébration de l'entrée en guerre et de l'armistice certes, mais aussi des "major battles in between" (Somme, Jutland, Gallipoli, Passchendaele),

- Programme pour les écoles, "including trips to the battlefields",

- Un comité directeur formé d'anciens Secrétaires à la Défense, "chiefs of staff and military specialists",

- Une commémoration qui doit, comme le Jubilé de diamant de la reine, "says something about who we are as people".

Trois rapides extraits de ce discours pour en terminer, avant de rougir de honte. Pour le Premier ministre, "ce fut l'extraordinaire sacrifice d'une génération. un sacrifice qu'ils ont fait pour nous, et il est bon que nous nous en souvenions" ... La guerre a contribué "à faire ce que nous sommes aujourd'hui" ... "Il y a quelque chose dans la Première Guerre mondiale qui en fait un élément fondamental de notre conscience nationale".

Ne rêvons pas, c'était à Londres. Et nous n'aurons pas l'outrecuidance de comparer les budgets annoncés de part et d'autre de la Manche... 

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Là où ne souffle pas un grand vent frais, dans les structures étriquées où les manoeuvres de couloir et les procédures routinières serviront demain d'alibi à l'inaction, peut-il naître quelque grand projet fédérateur (et je ne parle pas de "mise en scène") ? Plus le temps passe, plus les interrogations deviennent intimes convictions. Au risque de ne pas avoir l'air "à la mode" (mais, au fait, pourquoi faudrait-il être "à la mode" en Histoire ?), je vais retrousser mes manches, continuer à essayer de convaincre, et travailler sur le plus grand nombre de projets possibles. Revenons aux fondamentaux et prouvons que le "culturel" n'est pas l'apanage de quelques uns : il a toute sa place dans la réflexion militaire stricto sensu en replaçant le phénomène "Guerre" en tant que tel au coeur des dossiers, et du Centenaire. J'espère que nous serons nombreux à nous retrouver sur ce chemin et à nous "entre-aider", chacun dans son domaine, dans sa ville, avec ses moyens, pour essayer d'éviter ce qui pourrait devenir, au "rythme" où (ne) vont (pas) les choses, un fiasco national, dans le pays qui a compté plus de 5,6 millions de soldats morts et de blessés. 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 07:00

La stratégie de l'audace

Quatorze cas concrets

Général Gilbert Forray

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Le général Forray, qui termina sa carrière comme CEMAT entre 1987 et 1991, s'est lancé depuis quelques années dans l'écriture d'ouvrages historiques (dont le dernier, Les débarquements en Angleterre : de César à Hitler, est paru en 2010 chez le même éditeur). Son nouvel opus s'ouvre sur "Quelques réflexions préalables", puis présente quatorze cas concrets d'opérations militaires de vive force pour tenter de déterminer si l'audace à de l'avenir. Sa réponse finale laisse en fait peu de doutes, à en croire son avant-propos dans lequel il cite Leclerc : "Ne me dites pas que c'est impossible".

Après avoir rapidement défini les principales notions théoriques (on s'étonne qu'ici les trois croquis reproduits semblent avoir été sommairement tracés à main levée), il entre directement dans le récit des événements qu'il a retenu. Douze d'entre eux sont tirés de la Seconde guerre mondiale (avec une dominante pour les années 1940 et 1944 et curieusement aucune opération conduite sur le front russe), les deux derniers sont beaucoup plus récents : Kolwezi en 1978 et les Malouines en 1982. Chaque chapitre est organisé sur le même principe : description du cadre général de l'action, rappel précis de la chronologie des faits, analyse et enseignements que l'on peut en tirer, le tout agrémenté de quelques cartes (on aurait aimé ici aussi qu'un graphiste apporte sa plus-value...), photos et de nombreuses citations. Certains  (comme "Le Haltbefehl du 24 mai 1940") ne susciteront pas nécessairement une adhésion totale. D'autres (comme "Opération 'Merkür', l'invasion de la Crète par les Allemands") sont peut-être plus adaptés au sujet, ce qui facilite la rigueur de la démonstration. On ne s'étonnera pas enfin de la conclusion de l'étude très précise sur Kolwezi : "Elle fait apparaître de façon claire les difficultés de la prise de décision, l'interaction entre le niveau politique et le niveau militaire et le courage qu'il a fallu, aux différents niveaux, pour la prendre. Cette opération justifie pleinement le titre de notre ouvrage : la stratégie de l'audace".  Et, dans le contexte actuel d'adaptation finale de la Nième version du Livre blanc, on méditera cette phrase en conclusion du chapitre sur la guerre des Malouines : "Exemple concret des liens qui unissent la stratégie politique et la stratégie militaire. Entre les deux, la stratégie des moyens s'était invitée par la contradiction entre la littérature des livres blancs élaborés dans le calme des bureaux ("une forme de poèsie disait un ancien Premier ministre), qui avait condamné ce type d'intervention, et la réalité sanglante et brutale d'une situation politique imprévue et imprévisible qu'il faut affronter avec les moyens que l'on a, et non avec ceux dont on aurait dû disposer". Très moderne, on vous le dit. 

Au bilan, le livre est sans doute plus à retenir pour la bonne description qu'il offre des exemples choisis et la solide analyse des facteurs (en particulier militaires) qui influent sur le résultat final d'une bataille ; que pour la réponse apportée à la question initiale. En effet, comment l'audace pourrait-elle être étrangère à l'engagement des armées ?, qui n'était (peut-être ?) qu'un prétexte à quatorze beaux récits. Au regard de son contenu, je vais, en fait, classer ce livre dans le rayon "Seconde guerre mondiale" de ma bibliothèque.

Editions Economica, Paris, 2013, 281 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-7178-6548-6.

 

Nota : Dans un registre proche, il y a quelques jours, le 15 février, War Studies Publications annonçait la mise en ligne par la Hoover Institution de l'université de Stanford des carnets personnels tenus entre 1900 et 1946 par le général Stilwell, qui termina sa carrière comme interlocuteur américain de la Chine nationaliste de Tchang Kaï-Chek (ici).

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 06:55

Trois-Ponts !

Tout sur l'histoire de la marine (de guerre) à voile,

et même un peu plus...

Nicolas Mioque

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Depuis l'été 2011 semble-t-il, ce site à la fois sobre et élégant dans sa présentation générale (couleurs dominantes dans les gris, bleus et blanc cassé ; nombreuses illustrations avec de magnifiques gravures ou reproductions au trait noir de bâtiments anciens), offre régulièrement aux passionnés de la marine à voile ("et même plus", comme il le dit lui-même) des informations de qualité. Vous y trouverez, pour vous aider, pour la culture générale ou tout simplement pour le plaisir, des récits, des résultats de recherches personnelles, des recensions de revues et d'ouvrages spécialisés ainsi qu'une bibliographie de référence.

Accessible depuis quelques jours par notre liste "Sur la toile" en bas à droite de la page et en cliquant ici.

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 07:00

Les marines de la guerre d'indépendance américaine

(1763-1783)

Vol. 1 : L'instrument naval

Olivier Chaline, Philippe Bonnichon, Charles-Philippe de Vergennes (Dir.)

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Cet ouvrage collectif, placé sous la direction de Charles-Philippe de Vergennes, constitue le premier tome d’une série consacrée aux marines de la guerre d’indépendance américaine. Il est paru aux Presses Universitaires de Paris Sorbonne, dans la collection Histoire maritime. Ce premier tome est dédié à l’instrument naval en tant que tel, le second sera consacré à leur mise en œuvre opérationnelle. Le cadre historique est celui des vingt années séparant le traité de Paris de 1763, marquant la fin de la guerre de sept ans, au traité de Versailles de 1783 signifiant la fin de la guerre d’indépendance américaine. Cette période met en perspective la diversité des facteurs nécessaires à la création et à la montée en puissance d’une flotte de guerre. L’objectif de ce livre est de faire apparaître et de décrire ces différents éléments et paramètres selon un angle pluridisciplinaire et multinational. Cet instrument naval est un outil de haute technologie, d’une importance majeure, car il incarne et met en œuvre la politique des grandes puissances d’alors.Cet ouvrage condense par ailleurs les communications présentées lors du colloque organisé par la Société des Cincinnati et l’université de la Sorbonne les 8 et 9 juin 2009.

Ce livre est construit autour de six thèmes différents, qui sont autant de clés permettant de comprendre comment s'organise et se structure le développement des flottes de combat. La rivalité franco-britannique est le premier d’entre eux. Les flottes de guerres étant des reflets de la puissance, ces deux décennies sont donc le cadre d’une véritable course à l’armement en Europe. Cet instrument est central, car chaque marine doit remplir de nombreuses missions, allant du convoyage à la dissuasion ou au combat. En France, des personnages importants, tels Choiseul ou Sartine jouent un rôle majeur dans la décision de réarmer et d’investir dans les infrastructures portuaires. A ce titre, la sécurisation des approvisionnements conditionne tant  l’organisation administrative et industrielle nationale que les échanges avec les pays Neutres, en particulier les pays de la Baltique. Ainsi la modernisation des arsenaux et les échanges de savoirs caractérisent cette période. L’exemple de l’arsenal de Brest illustre l’émergence du premier complexe militaro-industriel français. On voit alors se mettre en place des processus très actuels : sous-traitance, volatilité des commandes et surtout difficultés sociales : faire la guerre coûte cher et la finance joue un rôle de plus en plus important. Clive Wilkinson assure ainsi que « les finances de la Navy furent un facteur décisif du développement de l’Etat  moderne britannique ». Les marines en tant qu’instrument stratégique concentrent les meilleurs représentants de nombreuses disciplines et utilisent les meilleures pratiques. Un dernier thème est consacré aux marins français, à leur formation ainsi qu’à leur situation en tant que membres d’équipage.

La méthodologie retenue permet de traiter de l’instrument naval sous tous ses aspects. En effet, la pluridisciplinarité permet de disséquer la constitution des marines de guerres. Les problèmes actuels sont de facto quasi-identiques à ceux rencontrés à l’époque. On peut ainsi retenir plusieurs points communs : la course aux armements, la sécurisation des approvisionnements en matériaux stratégiques, la notion d’interopérabilité ou encore la diversité des missions à assurer avec des moyens limités. L’organisation thématique permet au lecteur de lire à sa guise un ouvrage très complet. Il faut souligner un bel effort pour permettre au lecteur non initié de cerner la complexité et le nombre des problématiques du sujet. Plus encore cet ouvrage fait prendre conscience que « le destin des nations reposait sur les marines de la guerre d’Amérique ».

Un ouvrage excellent, dont nous attendons avec impatience le tome 2.

Thibault Laurin

 Presses universitaires Paris-Sorbonne, 2013, 453 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-84050-890-8.

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 06:56

Liaisons dangereuses

Miliciens, truands, résistants. Paris, 1944

Jean-Marc Berlière et François Le Goarant de Tromelin

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Déjà auteur de plusieurs ouvrages sur l'Occupation et la Libération comme sur l'histoire de la police, Jen-Marc Berlière nous propose aujourd'hui, avec François Le Goarant de Tromelin, une étude originale qui respecte presque l'unité de temps et l'unité de lieu du théâtre classique : Paris, août 1944, quelques jours avant et quelques jours après la Libération.

Les auteurs explorent ici les rapprochements parfois étonnants entre les mondes troubles des "marges" : on croise en permanence des collaborateurs et des miliciens, des truands "patentés" et des résistants de la dernière (ou avant-dernière) heure.  Certains résistants ont reçu l'ordre de noyauter des cercles collaborationnistes, et inversement des agents de Vichy ou de l'occupant s'inflitrent dans des réseaux. De part et d'autre, chacun connait aussi de son côté des militants et partisans sincères, gaullistes et Français Libres pour les uns, politiquement très actif dans la collaboration pour les autres. A force de se croiser, de s'interpénétrer, d'établir des connections complexes autour de quelques personnalités également compromises dans le trafic de métaux, la spoliation des biens des déportés, le marché noir ou les trafics divers, les frontières se brouillent. A plusieurs reprises, on se demande "qui est qui ?".

L'ouvrage est divisé en sept principaux chapitres, qui s'articulent autour d'un événement particulier ou d'une question spécifique. Le premier et le deuxième, "Meurtre à l'Hôtel de Ville" (pp. 33-57) et "Il était de forte corpulence et portait des dents en or" (pp. 59-96), enquêtent sur l'exécution sommaire de Mansuy ("Il appartient plutôt à la catégorie des pistoleros ... mettant ses talents de tueurs au service du plus offrant, y compris de la Résistance quand il devient grand temps de préparer de prudentes reconversions"), le jour même où le général de Gaulle entre dans la mairie de Paris libéré. On y croise de nombreuses "personnalités", parmi lesquelles celle assez symbolique de ce milieu de Roger Dupuy, "un souteneur, sans doute assassin, passé au service du SD dans l'équipe du SS Obersturmführer Loba sous le nom de Roger Sicard et reconverti en 'capitaine Roger' à la Libération". Les chapitres 3 et 4, "Assassinat en forêt de Fontainebleau" (pp. 97-134) et "Des deux côtés ils sont d'accord : question et interrogations autour d'un assassinat" (pp. 135-167) retracent toute l'histoire de l'affaire Mandel, dont les responsables pourraient ne pas être à rechercher dans la Milice, mais parmi les "hommes du Sipo-SD parisien obéissant aux instructions directes du RSHA à Berlin, qui ont manipulé et guidé le bras de l'assassin et profité de ces circonstances idéalement favorables. Ils peuvent passer à l'acte en se glissant dans l'ombre portée des gesticulations du faux coupable". Les chapitres 5, 6 et 7, "Troubles collusions d'un été meurtrier" (pp. 169-204), "La métamorphose des cloportes : à la Libération tous les FFI sont gris" (pp. 205-233) et "FFI / FTP saisis par la tentation..." (pp. 235-259), après être revenus sur l'assassinat d'Henriot (le "Goebbels français" de Radio-Paris) quelques semaines plus tôt, élargissent le spectre étudié à d'autres affaires crapuleuses, arrestations, vols, graves irrégularités, meurtres, etc. survenues à cette époque dans la capitale : "Une participation aux combats, une arme, un brassard FFI et le tour est joué. Et puis, pendant l'insurrection, les affaires continuent. Les "faux policiers" se muent en "faux FFI" et changent de cibles : après les Juifs, les exclus et réprouvés, les clandestins, ce sont les trafiquants du marché noir, les 'collabos' inquiets qu'il sera facile d'impressionner et qui ne se risqueront pas à porter plainte". Une attention particulière est portée au mystérieux 2e bureau FFI, "l'un de ces nombreux organismes de SR 'amateurs' qui ont fleuri à la faveur de la Libération" et dont le commandant Paillole dira en les découvrant : "Des tribunaux illégaux fonctionnent, des exécutions sommaires nous frustrent d'une exploitation CE rationnelle, des organes incompétents s'approprient une documentation qui nous serait fort utile. L'espionnite et les vengeances sévissent un peu partout. Une génération de 'spécialistes' a surgi de toutes parts". Il ajoutera même en constatant les nombreuses trop rapides intégrations dans les services officiels : "En quelques semaines, ils vont donner aux services spéciaux cette notoriété de mauvais aloi que donne le luxe volé aux gangsters modernes"...

On apprécie qu'il s'agisse d'un vrai travail de recherche ("des tonnes d'archives exploitées"), parfaitement référencé, accompagné de nombreuses notes et d'une solide bibliographie, tout en restant particulièrement agréable et facile à lire, qui nous plonge au coeur de ce monde marginal des "vrais, faux, faux vrais, vrais faux ou prétendus tels". On peut s'y croire... J'ai même entendu passer une Traction avant lancée à fond !

Perrin, Paris, 2013, 379 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-262-03567-9.

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 06:50

Les Podcasts

du First World War Centenary

WW1 CENTENARY

Déjà 26 enregistrements disponibles (en anglais, généralement autour d'une vingtaine de minutes) sur le site de la fédération First World War Centenary, réunie autour de l'Imperial War Museum de Londres (ici). On apprécie (pour ceux qui ne traduisent pas facilement l'anglais à l'oral) de bénéficier d'une retranscription de ces enregistrements, ce qui permet de retrouver ces témoignages à tête reposée. Parmi les derniers mis en ligne, on apprécie particulièrement :

- ceux sur la bataille de la Somme (le premier jour, ici ; et les chars, ici)

- celui sur la guerre sous-marine, ici.

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 07:05

Les génocides de Staline

Norman M. Naimark

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Initialement paru en 2010 aux Presses universitaires de Princeton, ce petit livre de Norman M. Naimark constitue en quelque sorte l'aboutissement de plusieurs années de recherches, de réflexion et de publications. L'auteur en effet, professeur dans plusieurs grandes universités américaines, veut démontrer que les massacres de masse exécutés dans les anées 1930 sur ordre de Staline s'apparentent tout-à-fait à des génocides (dont il définit les formes dans le premier chapitre).

Après avoir retracé "La genèse d'un génocidaire" (le portrait qu'il trace du Petit père des peuples est plus proche de celui d'un pervers que d'un chef d'Etat : "Le fait de connaître beaucoup de ses victimes ne semblait qu'accroître le plaisir qu'il prenait à ce jeu malsain"), il s'intéresse dans les chapitres qui suivent aux grandes purges et aux déportations massives. On retiendra en particulier le chapitre III, consacré à "La Dékoulakisation" et à la liquidation de la NEP, qu donne lieu à de véritables opérations militaires, "complétées" par la répression policière avec des bilans chiffrés impressionnants ; le chapitre IV, qui traite de la célèbre famine de 1932-1933 en Ukraine, conséquence immédiate d'une volonté féroce d'imposer la collectivisation des terres tout en brisant un nationalisme vivace ; et le chapitre V, qui s'intéresse justement à l'élimination de tous les nationalismes non-russes ou grand-russes, des Polonais aux Sibériens, des Baltes aux Caucasiens. Presque à chaque page, les chiffres s'ajoutent aux chiffres, x centaines de milliers ici, y là, n ailleurs... Les millions se cumulent... Les dates des décisions sont indiquées, les lieux d'exécution sont donnés. Le bilan ne semble en aucune façon criticable et la responsabilité première et personnelle de Staline directement engagée : entre 1930 et 1953, "1;1 à 1,2 millions de citoyens soviétiques exécutés ... 6 millions déportés vers les 'colonies spéciales', dont 1,5 millions connurent une 'mort prématurée' ... De 16 à 17 millions de citoyens soviétiques condamnés aux travaux forcés ... 3 à 5 millions de victimes de la famine ukrainienne ou des exécutions de citoyens polonais et baltes", sans compter ceux qui moururent en route, de malnutrition ou des séquelles des violences subies... Alors, le débat porte, bien sûr, sur l'emploi du mot "génocide", étroitement lié depuis la fin de la Seconde guerre mondiale et le procès de Nuremberg à l'holocauste, et, de fait, "il n'y eut pas de Treblinka soviétique, conçu pour assassiner les gens dès leur arrivée". Nous ne rentrerons pas dans ce débat, qui n'est plus historique mais moral et juridique. Quel que soit le qualificatif employé, ce régime fut bien totalitaire et tortionnaire.

Un petit volume très dense qui vous plonge au coeur de l'horreur. Non, pardon, au coeur de la réalité de l'Union soviétique pendant une vingtaine d'années.

Editions L'Arche, Paris, 2012, 144 pages, 15 euros.

ISBN : 978-2-85181-781-5.

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 07:01

Béria

Chef de la police secrète stalinienne

Thaddeus Wittlin

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Encore aujourd’hui, reconstituer l’histoire de l'exercice intérieur du pouvoir durant les premières décennies d’existence de l’URSS reste un exercice délicat. Il est aisé de trouver des ouvrages politiques généralistes, ainsi qu’une multitude de biographies de Staline, dont chacune prétend dévoiler les derniers « secrets » d’un tyran omnipotent. Mais, au détour d’un rayon de librairie, peut-être vos yeux seront-ils attirés par un livre rare, à la couverture très voyante, dédié à l’un des principaux lieutenants du « Petit père des peuples » : Lavrenti Pavlovitch Beria.

Il s’agit en fait de la réédition du livre publié en 1972 aux Etats-Unis, Commissar : The life and Death of Lavrenty Pavlovitch Beria (Mac Millan Co., New York, 1972) de Thaddeus Wittlin (1909-1998), premier biographe de ce personnage de l’ombre. Wittlin, écrivain américain d’originaire polonaise, a combattu l’invasion germano-soviétique en tant que soldat de l’armée polonaise au début de la Seconde guerre mondiale. Fait prisonnier en 1939 par les Soviétiques, il a fait la douloureuse expérience d’un séjour de plusieurs années au Goulag, avant d’émigrer aux Etats-Unis où il a publié de nombreux ouvrages sur l’Union soviétique.

Le personnage traité ici, Lavrenti Pavlovitch Beria, né en 1899, grandit dans une famille pauvre d’un petit village géorgien. Au cours de ses études, il se révèle être doté d’une faculté d’adaptation impressionnante. D’abord simple informateur de police, il parvient, en véritable tacticien, à gravir les échelons des organes répressifs et progresse dans la hiérarchie de la Tcheka, la fameuse police politique soviétique. Rapidement repéré par Staline, il fait ses armes dans sa Géorgie natale, où il étouffe toute velléité d’indépendance après l’annexion à l’URSS, et en Azerbaidjan par des purges, des déportations et des assassinats ciblés (ou le développement des « suicidés »). De plus en plus puissant, Beria multiplie les casquettes, et devient bientôt le véritable dirigeant de Géorgie, le biographe de Staline, puis commande le tristement célèbre NKVD, administre le Goulag, ordonne le massacre de Katyn, créé du contre-espionnage militaire ou SMERCH (« Mort aux espions ! »), pilote les assassinats de dissidents dans le monde entier et une grande partie de l’espionnage en Occident, et la liste continue… Craint par tous et surtout par ses pairs, Lavrenti Beria est présenté dans ce livre comme un homme froid et calculateur qui sait se placer en permanence « dans les petits papiers » de Staline et joue sur la peur du dirigeant de se voir assassiné par l’un ou l’autre de ses proches collaborateurs. Son pouvoir grandit inexorablement. Il veille même Staline sur son lit de mort, après l’avoir secrètement haï pendant des années ! Mais il perd la vie dans la lutte pour la future direction de l’Union, en particulier pour avoir baissé sa garde face à ses adversaires. On ignore encore les circonstances exactes de son décès, dont l’auteur donne trois versions différentes. C’est pour dire la difficulté d’étudier un personnage si secret.

Wittlin n’émet pas à proprement parler de jugement de valeur sur l’individu (même si le portrait est terrible), alors que son passé de soldat polonais naturalisé américain en pleine guerre froide aurait pu l’inciter au contraire. Pour autant, des inexactitudes viennent régulièrement perturber le cours de la biographie. Il est en effet très peu probable que l’auteur ait pu consulter des documents d’archives soviétiques sensibles pour étayer son argumentation, quand bien même celles-ci n’ont pas été détruites. Quelques chapitres sont fondés sur des témoignages oraux recueillis vingt à trente ans après les faits, alors que l’âge des protagonistes, la propagande anti-Beria de Khrouchtchev et les clivages politiques américano-soviétiques ont sûrement joué des tours aux « souvenirs » des victimes et aux proches de l’organisateur des purges staliniennes. Il semble ici que l’auteur ait aussi pris quelques libertés, romançant (pour compléter l’absence d’informations fiables) certains passages de la vie privée du personnage qu’il ne traite d’ailleurs que très peu en dehors des années de jeunesse. L’auteur va jusqu’à sous-entendre que Beria aurait assassiné Staline d’un coup de poing américain de fabrication artisanale utilisé pour ses séances de torture ! Il est parfois difficile de séparer la réalité de la fiction.

Toutefois l’ouvrage a le mérite d’être humble face à ce défi. La lecture est agréable, et le sujet se concentre essentiellement sur la vie publique de Lavrenti Pavlovitch Beria dont il s’agit, rappelons le, de la première biographie, rédigée durant une période très hostile à la consultation de sources primaires et au recul nécessaire à ce type d’étude. Thaddeus Wittlin dresse donc le portrait d’un homme peu idéologue, soucieux d’efficacité, très travailleur, mais également d’un ambitieux se comportant parfois en véritable marquis de Sade (il aurait laissé derrière lui des dizaines de jeunes filles violées). Entre l’image partisane d’un « résistant de l’intérieur » (objectivement assez peu crédible) prônée par son fils Sergo en 1999 dans une tentative de réhabilitation et d’humanisation de son père ( Beria mon père, au cœur du pouvoir stalinien, Plon-Criterion, 1999), et les violentes diatribes de Khrouchtchev qui ne donna jamais la même version de la mort de son ancien collègue tout en le critiquant vivement post-mortem (pour mieux faire oublier son propre rôle ?), cet ouvrage reste un bon compromis et la (seule ?) référence française sur l’histoire du commandant en chef du NKVD. Au-delà, cet ouvrage rédigé il y a quarante ans (ce qui justifie une nouvelle bio. actualisée) montre à la fois, du fait des progrès de l’historiographie, les limites parfois imposées par les circonstances politiques à certaines recherches et l’approche par les Américains pouvaient avoir de la personnalité des principaux responsables soviétiques.

Un livre intéressant à plusieurs niveaux et à bien des égards passionnant.

Philippe Marque

Nouveau Monde éditions, Paris, 2013, 490 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-36583-375-2.

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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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