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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 06:00

Histoire des pirates et des corsaires

de l'Antiquité à nos jours

Gilbert Buti et Philippe Hrodej (Dir.)

Déjà auteurs ensemble d'un Dictionnaire des pirates et des corsaires remarqué (ici), Gilbert Buti et Philippe Hrodej nous proposent dans cet ouvrage collectif une histoire complète de la course et de la piraterie, à la fois "sujet de rêve, d'évasion sinon de fantasme" .

On sait bien les différences fondamentales entre les deux : le corsaire, "auxiliaire de l'Etat", "navire armé et financé par un particulier ou quelques associés pour courir sus sur la mer aux ennemis du roi" ; et le pirate, qui "opère pour son propre compte" et "fait la guerre à toutes les nations". Mais cet ouvrage nous montre aussi que cette distinction classique -pour nous- n'a pas toujours été aussi nette, selon les territoires et les époques. Ce volumineux ouvrage est divisé en neuf grandes parties chronothématiques, constituées chacune de trois ou quatre textes d'une dizaine à une vingtaine de pages. Rythmé, le livre bénéficie ainsi d'une solide cohérence, tout en étant -en plus- facile et agréable à lire. On apprend beaucoup sur toutes les périodes, des ambiguités de la période antique à la mer du Nord et à la Méditerranée au Moyen-Âge, des rôles respectifs des Anglais, Français, Hollandais et Espagnols dans l'Atlantique et aux Antilles aux XVIe et XVIIe s. à la Méditerranée jusqu'au XIXe s. et à l'Atlantique jusqu'à la guerre anglo-américaine de 1812 et aux indépendances des colonies espagnoles, du monde asiatique de l'océan Indien à partir du XVIe s. jusqu'à la mer d'Oman au XIXe, du renouveau de la piraterie enfin dans le golfe de Guinée, au large de la Somalie et en Asie du Sud-est entre la fin du XXe et le début du XXIe s. Enfin, l'ouvrage se termine sur deux chapitres originaux qui méritent d'être soulignés : l'archéologie sous-marine (son intérêt, ses difficultés, etc.) et certaines représentations, en particulier cinématographiques.

De nombreuses annexes complètent utilement ce volume, dont une présentation des types de navires. Une quinzaine de cartes, une belle bibliographie, un glossaire et deux index constituent également autant de points forts. Certes, aucun historien ne peut jamais prétendre être totalement exhaustif, mais à ce niveau, complété par le Dictionnaire que nous évoquions et paru chez le même éditeur en 2013, tous les amateurs disposeront d'un très beau et "copieux" ensemble. A connaître et à conserver.

CNRS Editions, Paris, 2016, 601 pages, 26,- euros.

ISBN : 978-2-271-08999-1.

A l'abordage !
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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 06:00

Guerre du Pacifique

Guerres & Histoire - n° 33

Toujours un très large panel d'articles variés présentés au fil de ce numéro, en s'attachant (comme le souligne Jean Lopez dans son éditorial aux lieux, aux époques, aux campagnes dont on parle finalement peu -ou moins- dans la littérature historique). Avec ce numéro nous passons ainsi du 'Bataillon sacré' de Thèbes (et plus largement l'organisation et l'entraînement des troupes professionnelles dans la Grèce antique) à la guérilla en Rhodésie dans les années 1970 avec le témoignage d'un volontaire français des commandos d'infanterie légère. Nous passons par les Indes au XVIIIe siècle et la lutte entre Français et Anglais pour la suprématie dans le sous-continent et par la Première Guerre mondiale avec un portrait de Ludendorff, plus tacticien que stratège. Le dossier central d'une vingtaine de pages est consacré à la guerre du Pacifique contre le Japon (le cadre stratégique, les matériels, les hommes, le bilan), avec un coup d'oeil qur la contribution britannique, souvent éclipsée par l'omniprésence américaine.

Toujours aussi agréable et passionnant !

De Thèbes en Rhodésie !
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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 06:00

Sortis de l'enfer

Les tanks ont 100 ans

Hugues Wenkin

Après un Rommel et surtout un Eben-Emael (ici) remarqués, Hugues Wenkin s'intéresse avec ce nouveau volume à la Première Guerre mondiale et à la naissance des chars d'assaut. Avec une ligne éditoriale et une forme de charte graphique qui donnent à ses différents volumes l'allure d'une collection, il nous propose pour ce centenaire des blindés un superbe album.

L'album est organisé en trois grandes parties : "Les machines", "Les hommes", et "L'apprentissage par la guerre". La première permet de faire un large survol de la question chez les principaux belligérants (Britanniques, Français, Allemands et Américains), la seconde s'intéresse à la réalité de la vie et des combats dans ces jerricans roulants au milieu des bruits, fumées et odeurs ("Se battre dans un Tank plus de deux jours de site est impossible tant l'inconfort des machines est grand"), la troisième dresse le bilan de la première année d'emploi par les Alliés et des réactions allemandes. Au bilan (même si on a le sentiment diffus d'une préférence pour les choix et l'organisation britanniques), Hugues Wenkin souligne bien toutes les difficultés rencontrées par l'arme naissante et les adaptations techniques et tactiques permanentes qui ont été nécessaires dans des délais extrêmement brefs pour en faire un outil de combat performant. Il faut aussi éviter de juger 1916 ou 1917 avec ce que l'on sait de la suite des événements, les tâtonnements de l'époque pouvant souvent s'expliquer lorsqu'ils sont remis dans leur contexte. Le texte est accompagné de très nombreuses photos et des profils des principaux engins tandis que les principales batailles (Flers, Berry-au-Bac, Laffaux, Cambrai) sont détaillées. La bibliographie finale ne compte qu'une trentaine de titres, mais sélectionnés et pertinents.

Un beau volume, soigneusement mis en page, agréable à feuilleter et riche sur le fond : tous les critères d'une belle réussite.

Editions Weyrich, Neufchâteau (BE), 2016, 217 pages, 32,- euros.

ISBN : 978-2-87489-386-5.

Les lecteurs intéressés peuvent commander directement auprès de l'éditeur : ici.

Monstres d'acier
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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 06:00

François Mitterrand

"Le livre officiel du centenaire"

Florence Pavaux-Drory et Fabien Lecoeuvre

Au format album avec de très (très) nombreuses illustrations, ce livre est la réédition revue et augmentée d'un premier volume paru en 2011. La mention même de "livre officiel" dit bien le sens général d'une présentation largement hagiographique.

La préface du président de la République insiste en particulier sur le goût pour l'histoire de l'ancien chef de l'Etat mais a le caractère platement officiel des textes rédigés par les cabinets, tandis que l'avant-propos de Jack Lang est à l'image de l'homme : "Encore lycéen, j'éprouve déjà de loin la force gravitationnelle de François Mitterrand" ? "Mitterrand-soleil" ou "Lang-lune" ? Reprenant un strict fil chronologique, les auteurs reconnaissent que "délibérément, nous avons évité certaines affaires ou événements qui nous auraient entraînés sur des terrains qui ne sont pas les nôtres", et c'est bien justement ce qui peine l'historien.Qu'il s'agisse de la période de Vichy et de la remise de la Francisque, de l'Algérie "française" à l'attentat manqué de l'Observatoire, des rapports avec le PCF aux mensonges économiques et financiers du gouvernement Mauroy, les (nombreux) sujets qui dérangent sont soigneusement évités et au mieux présentés sous l'angle de la "vérité" mitterrandienne. De même, les relations avec les Premiers ministres successifs sont-elles présentées de façon très largement aseptisée en mettant surtout en avant les principales lois votées durant le mandat. L'une des dernières parties ("La jeune génération") nous rappelle paradoxalement que de Fabius à Guigou, Aubry ou Royal le renouvellement du personnel politique français n'est pas une évidence... Quant à la postface de Jean-Christophe Cambadélis, son appel à la Belle Alliance Populaire termine un ouvrage finalement très politique. Tout cela ne doit pas faire oublier que François Mitterrand fut l'un des hommes politiques français les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle, très longtemps ministre de la IVe République, adversaire résolu du général de Gaulle et deux fois président de la République. Il imprime donc nécessairement sa marque dans notre histoire récente et, à sa façon, avec les réserves précédemment évoquées, ce livre contribue à nous le faire connaître et nous aide à comprendre un certain nombre de ses décisions. 

Editions du Rocher, Monaco, 2016, 192 pages. 24,90 euros.

ISBN : 978-2-268-08478-7.

L'énigmatique
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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 06:00

Les comtesses de la Gestapo

Cyril Eder

Paru pour la première fois en 2006, ce petit volume présente une galerie de portraits de "profiteuses" de guerre, ces mondaines et demi-mondaines qui représentèrent pendant les années d'occupation le gotha parisien.

Soyons clair, il n'y a rien là qui révolutionne l'histoire de la Seconde guerre mondiale ni même notre connaissance de l'occupation. Il y a même comme un petit parfum de scandale avec ces aventurières, maîtresses et courtisanes (d'ailleurs la première, Mara comtesse Tchernycheff, apparaît en public au début des années 1930 lorsqu'elle est "engagée dans un navet vaguement pornographique"), ces milieux interlopes "dans quelque tripot clandestin ou dans la salle de jeu d'un casino de province", avant de connaître la gloire factice des grands établissements parisiens, entre petits truands et magouilleurs pour les bureaux d'achat de l'armée allemande. Quelques affirmations croustillantes, des déviances sexuelles à l'usage de produits stupéfiants. On comprend bien qu'au fil de la dizaine de portraits ainsi dressés, ce n'est pas la partie la plus noble de l'humanité qui nous est décrite et que l'on est loin de l'engagement idéaliste... On n'est pas davantage surpris par les milieux qu'elles fréquentent : le cinéma et les spectacles, la haute couture et la parfumerie, l'hôtellerie de luxe, en un mot ces cercles où le seul signe de reconnaissance qui compte est l'argent, surtout s'il coule à flots. Finalement, il apparaît qu'après 1944-1945 un nombre non négligable est parvenu à échapper aux foudres de la justice, en s'installant à prix d'or à l'étranger et que, pour ceux qui restèrent en France, "les gestapistes furent fusillés mais leurs maîtresses semblent avoir bénéficié de la clémence des tribunaux. La justice ne pouvait pas les inculper pour iintelligence avec l'ennemi, leur vénalité primant tout autre intérêt". Et plusieurs devinrent informatrices de police avant de disparaître... On ne se refait pas.

Si le texte courant du livre est plus anecdotique qu'autre chose, les nombreuses notes de bas de page apportent d'utiles compléments d'ensemble à l'histoire de cette forme particulière de collaboration. A conserver pour évaluer les abyssales profondeurs de la faiblesse humaine, et en complément d'autres études plus académiques.  

'Texto', Paris, 2016, 258 pages, 9,- euros.

ISBN : 979-10-210-2115-0.

Vénales et perverses
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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 06:00

La guerre d'Algérie vue par les Algériens (I)

Des origines à la bataille d'Alger

Renaud de Rochebrune et Benjamin Stora

Exercice extrêmement intéressant mais particulièrement délicat que celui qui consiste à étudier une période de guerre à partir des points de vue de l'adversaire, d'autant plus sensible que le sujet reste proche d'une part et que "l'autre" (son gouvernement, ses dirigeants) n'a pas encore entrepris la moindre démarche pour se dégager d'un discours de propagande d'autre part.

Le lecteur français ne s'étonnera donc pas d'un texte courant mettant systématiquement en cause la présence française depuis le débarquement de Sidi Ferruch en 1830 et présentant toute manifestation d'une opposition à la métropole comme participant de "Cent ans de résistance armée face à la conquête militaire". Il y aurait ainsi beaucoup à dire sur la révolte de 1916 contre la conscription, qui marque surtout un refus de voir les jeunes hommes des Aurès quitter leurs villages sans qu'il y ait nécessairement derrière une analyse politique "nationale" de la part des intéressés. De même, l'histoire de l'émir Khaled, "capitaine indigène", fait l'objet d'un chapitre, alors que celle du lieutenant-colonel Cadi, plus complexe et sans doute plus triste sur le fond, n'est pas évoquée. C'est donc avec beaucoup de sérénité qu'il faut prendre ce texte, et bien le comprendre comme le récit de cette guerre d'Algérie effectivement présentée à partir du point de vue, de l'histoire et de la mémoire des ennemis de l'époque. Le livre toutefois ne cache rien des difficultés intérieures de la rebellion, selon la terminologie officielle du temps, des exactions et massacres, des défaites enregistrées sur le terrain, et il sait aussi s'ouvrir à l'international, à la communication, évoque à plusieurs reprises la nécessité de l'encadrement politique d'une population plutôt favorable mais qui n'est pas prête à s'engager en conscience majoritairement, la place du parti communiste, etc. L'armée française, placée au premier rang de la répression par les autorités politiques, est présente presque à chaque page, et l'on peut regretter que plus largement le contexte algérien (colons, administrations civiles, etc.) dans son ensemble paraisse moins pris en compte.

C'est donc au total un livre utile, à ne surtout pas approcher avec un oeil partisan mais bien à considérer comme une contribution à la connaissance globale du conflit. Il ne dit pas "LA" vérité mais "UNE" vérité, et nous rappelle que pour espérer écrire un jour l'histoire apaisée de cette période sensible il reste encore un long chemin à parcourir. On attend avec impatience le tome 2 qui traitera, dans quelques semaines, des dernières années de guerre.

'Folio Histoire', Paris, 2016, 624 pages. 9,20 euros.

ISBN : 978-2-07-079374-7.

Vu de l'autre côté
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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 06:00

Joseph Bonaparte

Thierry Lentz

 

Avec toute la compétence que donne une longue fréquentation du personnage et le brio qu'on lui connaît dans ses nombreux ouvrages précédents sur la période impériale, Thierry Lentz nous offre ici une biographie magistrale.

En une cinquantaine de chapitres assez brefs, au style précis et vigoureux, il nous entraine tout au long de la vie et de la carrière du frère ainé, du "meilleur ami" et sans doute du plus fidèle sous bien des aspects du futur empereur. Il nous en rappelle d'ailleurs dès l'introduction en quelques lignes l'ensemble des fonctions successivement occupées et constate que Joseph, dans un premier temps, occupe déjà de vraies responsabilités bien avant que l'impécunieux général Buonaparte n'accède à la célébrité. L'ouvrage est divisé en quatre parties principales. La première nous présente Joseph comme authentique "Chef de clan", jusqu'à ce que les événements de Vendémiaire an IV donnent à Napoléon une notoriété inattendue. La seconde nous montre Joseph en fidèle soutien de son frère, de la campagne d'Italie au Consulat et à l'empire, son rôle lors du coup d'Etat de brumaire jusqu'à la conquête du royaume de Naples. La troisième, "Deux fois roi", s'intéresse à cette période durant laquelle Napoléon Ier redessine l'Europe et dote sa famille, du royaume de Naples où son action même de courte durée est finalement plutôt positive, à l'Espagne où il ne peut régner effectivement, n'étant que "l'autre moi-même" de son auguste frère et dépendant de son armée, au point qu'il en viendra à légiférer contre les décision de l'empereur et lui présentera même sa démission ! C'est blessé et amer qu'il retrouve la France ("L'essai de deux royaumes suffit, et je ne veux pas d'un troisième, car je veux vivre tranquille, acquérir une terre en France, loin de Paris"). Cette détérioration des relations entre les deux hommes n'empêche pas Napoléon de lui confier les fonctions de lieutenant-général de l'empire en 1814 jusqu'à la prise de Paris par les Coalisés. La quatrième enfin s'attache à Joseph pendant la première restauration, les Cent-Jours durant lesquels il est président du Conseil des ministres, et surtout la partie de sa vie durant laquelle il séjourne aux Etats-Unis entre 1815 et 1832, une période de bonheur pour lui mais aussi de réalisation professionnelle et financière : parfaitement intégré à la haute société américaine, avant de quitter le sol des Etats-Unis en juillet 1832, "Joseph fut reçu à la Maison-Blanche pour une audience d'adieu par le président Andrew Jackson ... avec la plus entière courtoisie, ... non pas en personnage politique mais comme un gentleman aux idées élevées et à la plus parfaite correction". Il rêve alors d'assurer le retour sur le trône de Napoléon II, l'Aiglon, mais ce dernier va mourir à Vienne pendant qu'il est en mer. Désormais, Joseph devient le prétendant à la succession de Napoléon Ier. Ne pouvant circuler librement en Europe et encore moins rentrer en France, il séjourne longuement en Angleterre où il reçoit les membres de sa famille et les fidèles du bonapartisme. Déçu, il rentre aux Etats-Unis en 1835, mais l'âge avance et il connaît une succession de deuils dans la famille et de déceptions personnelles. Le prétendant ne prétend plus. Il veut pourtant rentrer en Europe pour revoir les siens et retrouve Londres en 1839. Il connait encore de nombreux déboires, financiers, familiaux, de reconnaissance publique et ne peut que suivre "par presse interposée et depuis une maison louée à la campagne, près de Rugby, la grandiose cérémonie du retour des Cendres à Paris, le 15 décembre 1840". Malade, affaibli, il est peu à peu autorisé à voyager, le Wurtemberg d'abord, le Piémont-Sardaigne et la Toscane ensuite et les observateurs soulignent "la triste vie que mena alors cet homme qui, après de nouvelles attaques, perdit par étapes presque toutes ses facultés". Il y décède à la fin du mois de juillet 1844, à l'âge respectable pour l'époque de 77 ans. Dernière étape du chemin de croix, les héritiers se disputèrent l'important héritage. L'empire rétablit pas son fils fait revenir sa dépouille mortelle à Paris, pour être inhumée aux Invalides, mais Napoléon III n'y assista pas.

Une biographie raisonnée, argumentée, référencée (plus de 160 pages de notes, références, bibliographie et index), qui donne à Joseph, ni dilettante, ni incapable, une "épaisseur" et une "densité" que la mémoire collective lui a rarement accordées.

Perrin, Paris, 2016, 717 pages, 27,- euros.
ISBN : 978-2-04873-0.

Le meilleur des frères
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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 06:00

Baden-Powell

Philippe Maxence

Réédition d'un ouvrage initialement paru en 2003 mais totalement épuisé depuis longtemps, cette biographie de Baden-Powell mérite que l'on s'y attarde.

Comme le souligne l'auteur dans son introduction, Baden-Powell "est entré dans l'histoire par effraction. Desgamins ont alors revêtu un étrange uniforme tout en mettant leur honneur à rendre chaque jour service à quelqu'un. Des hommes d'âge mûr ont remis des culottes courtes ... En France, des abbés ont troqué la chaire de leurs églises contre des cathédrales de verdure. Des pasteurs protestants, d'honorables instituteurs d'école, jusqu'ici véritables hussards de la République, se sont laissés aller à porter un étrange chapeau 'à quatre bosses' leur donnant un air de cow-boy". Et pourtant, la vie de ce général britannique va bien au-delà du scoutisme et de son héritage ("Un ancien scout, Neil Amstrong, fut le premier homme à marcher sur la lune. Dans ses bagages, il emportait avec la bannière étoilée un insigne du mouvement scout mondial"), puisqu'il a derrière lui, lorsqu'il fonde le scoutisme, plus de trente ans d'une dense carrière militaire. Philippe Maxence commence naturellement son récit par une rapide évocation de l'interminable siège de Mafeking, pendant les guerres sud-africaines, dont Baden-Powell comme colonel fut le commandant de la résistance et dont le succès lui donna une renommée mondiale. Puis, il entame logiquement sa biographie dans l'ordre chronologique, décrivant son milieu familial et sa jeunesse. Orphelin à trois ans, il bénéficie d'une éducation solide bien que dans un environnement chahuté et dès son plus jeune âge "la notion de service est au coeur de l'éducation de son enfance". Il apprend également à entretenir une distance raisonnable avec l'argent et les valeurs financières qui ne doivent pas constituer un but en soi : "Rappelez-vous que l'acquisition de la richesse va de pair avec l'énergie, le travail et la sobriété". Sa scolarité n'est pas exceptionnelle, loin de là, mais il s'adonne aux sports, et découvre en particulier la navigation. Il est doué pour le dessin, à la passion du théâtre, mais doit finalement s'engager dans l'armée à la suite de son échec à entrer à l'université. Sous-lieutenant au 13e Hussards en 1876, il part immédiatement pour les Indes, sans passer par l'académie militaire : il se forme sur le terrain. Toujours peu à l'aise financièrement, il s'astreint à un style de vie relativement spartiate, qui finit par devenir une véritable seconde nature : "l'adulte Robert Baden-Powell éclôt en Inde, au contact de la dure réalité de la vie militaire et coloniale". Promu lieutenant parmi les plus jeunes, il rentre malade en Angleterre, où son goût pour le spectacle et le thêatre peut s'épanouir, avant de revenir aux Indes en 1880, alors que la situation militaire est difficile en Afghanistan. Son charismatique chef de corps (Personnellement, je pense que s'il m'avait ordonné de faire un saut d'une falaise ou dans un feu, je l'aurais fait sans hésitation, et je crois que les officiers et les hommes l'auraient suivi n'importe où") le conforte dans trois traits de son caractère : l'intelligence pratique, l'esprit d'initiative et l'indépendance. Les activités opérationnelles mais aussi (et peut-être surtout) la formation militaire de ses hommes, le théâtre, le dessin, la chasse occupent l'essentiel de son temps et il a la chance d'y faire la connaissance du duc de Connaught, fils de la reine Victoria, qui apprécie ses nombreuses qualités. Après les Indes, l'Afrique australe en 1884. Capitaine, il réalise en prticulier un raid de 104 km. à travers le Natal en un peu plus de quatre heures. Il se lance également à la découverte du massif du Drakensberg, déguisé en journaliste pour ne pas éveiller les soupçons des Boers. Après un nouveau séjour en Angleterre, il retrouve Le Cap en 1888, comme aide de camp de son oncle qui commande en chef sur le territoire. Il y est bientôt confronté à la révolte des Zoulous et participe aux opérations au sein d'une colonne mixte "Britanniques/Indigènes", dont il tire une nouvelle leçon de commandement. De mission en mission, il découvre progressivement l'ensemble du territoire sud-africain, et acquiert une expérience aussi bien militaire que politique et diplomatique, avant d'être affecté comme aide-de-camp du gouverneur militaire de l'île de Malte. Toujours aussi indépendant d'esprit mais d'une rigoureuse discipline intellectuelle, il poursuit ses activités d'espionnage en direction de l'Adriatique et de Constantinople. Puis c'est à nouveau Londres, puis l'Irlande où il commande un escadron de "son cher 13e Hussards", avant de partir pour l'Afriqe de l'Ouest, la Gold Coast britannique, afin d'y lever un contingent indigène pour combattre les Ashantis. "Pionniers et éclaireurs" prennent ici toute leur importance, mais il faut aussi les former : Baden-Powell vit avec ses recrues et ler dispense toute l'instruction nécessaire, y compris se servir d'une hache et faire des noeuds... Cette expérience victorieuse contribue à forger ses convictions. Il est désormais lieutenant-colonel et passe quelques semaines en Angleterre, avant de retrouver l'Afrique du Sud comme chef d'état-major des opérations contre les Matabélés, en territoire rhodésien. Nous sommes désormais en 1896 et il lui faut poursuivre les tribus insurgées en dépit de graves diffcultés logistiques. Il y sert en particulier personnellement à la tête d'une colonne de guides dans un environnement montagneux à peu près inconnu des Européens. Usant de ruses et subterfuges, et bien que son action soit remise en cause par le gouverneur civil emporte la victoire. En 1897, il est à 40 ans le plus jeune colonel de l'armée britannique et reprend la route des Indes, avec une réputation de "broussard" qui inquiète les officiers plus traditionnels... Tout en prenant en main son régiment et en obtenant d'excellent résultats, il y rencontre par exemple le jeune Winston Churchill. De nouveau en Angleterre, il doit rapidement rejoindre l'Afrique du Sud où les heurts se multiplient entre Boers et Britanniques. A l'été 1899, il choisit Mafeking comme siège de son commandement et entreprend aussitôt de mettre la petite ville en état de défense. L'audace de ses décisions, ses iniitiatives pour tirer partie de la moindre opportunité, la qualité de son jugement font merveille. Malgré un siège de plus  de 200 jours par des forces boers supérieures en nombre, il ne cède pas, allant jusqu'à fabriquer une monnaie de siège, rendant la justice, émettant des timbres, "attribut de la souveraineté de cette minuscule république" ! C'est dans ce cadre, on le sait, qu'il organise le corps des Cadets, à la fois "estafettes, sentinelles, plantons et facteurs". Quarante jeunes de 9 à 13 ans, vêtus de kaki, qui "ne portent pas d'armes" mais "rendent de véritables services". On en fera l'origine immédiate des scouts, alors que Baden-Powell a depuis longtemps entrepris de rédiger ses propositions et qu'il a, localement, d'abord répondu à un besoin en fonction de sa ressource. Surtout, la "bataille" de Mafeking n'a somme toute qu'une importance marginale à l'échelle du théâtre des opérations, mais elle "offre une démonstration de la place de l'élément psychologique dans la conduite d'un conflit". Il y gagne, âgé d'à peine plus de quarante ans, le grade de général et une notoriété mondiale. Mais son anticonformisme lui coupe l'accès aux plus hauts postes de la hiérarchie militaire, beaucoup plus conservatrice, même s'il continue brillamment la guerre contre les Boers en tentant d'adapter aux méthodes de l'ennemi les modes d'action de l'armée anglaise. Il crée ensuite la force de police des territoires nouvellement conquis et fonde la gendarmerie sud-africaine à laquelle il s'efforce de transmettre ses idées, ses priorités, son style. Tombé malade, de fatigues et d'épuisement, il est rapatrié en Angleterre à l'été 1901, avant de repartir à sa demnde pour l'Afrique du Sud une fois rétabli. Ses fonctions lui permettent désormais de participer davantage à la vie publique et sociale de la colonie, et il en profite pour faire passer ses idées. Devenu inspecteur général de la cavalerie britannique, à son propre étonnement ("Je n'étais pas passé par le Collège militaire, et mes connaissances en stratégie et en histoire militaire se bornaient à ce que me dictaient mon bon sens et mon admiration pour les méthodes d'Olivier Cromwell"), il se consacre avec ardeur à cette tâche et commence par visiter les champs de bataille de la guerre de Sécession, par suivre les manoeuvres allemandes et par s'intéresser à l'école française de Saumur, puis il inspecte les principales garnisons de son arme. Son plan de réorganisation de la cavalerie se développe à partir de 1904 et compte plusieurs mesures très novatrices, mais sans constituer pour autant une rupture. Parallèlement, il continue à s'intéresser au sort des jeunes des milieux défavorisés et à leur éducation. A partir de 1903, il se rapproche de la Boy's Brigade et se fait plus précis au bénéfice de "la santé morale, psychologique et physique des jeunes garçons". Quelques rencontres favorables lui permettent peu à peu de formaliser son projet, il passe de sa promotion par le livre et la presse à la réalisation pratique d'un "programme de développement moral et physique s'adressant à tous les garçons, quelles que soient leur religion ou classe sociale". Placé au commandement somme toute tranquille d'une division territorialeen mai 1907, avant de prendre sa retraite, il peut désormais se consacrer à la promotion de son programme. Après une expérimentation, de nouvelles rencontres, différentes publications, naît la Boy-Scout Association, dont les premières années sont difficiles, mais qui bénéficie de l'accueil favorable d'Edouard VII : "Je vous prie d'assurer les garçons que le roi leur porte le plus grand intérêt et dites-leur que s'il faisait appel à eux plus tard dans la vie, le sens des responsabilités patriotiques et les habitudes de discipline qu'ils sont en train d'acquérir les rendront capables de faire leur devoir d'hommes si quelque danger menaçait l'empire". Le brillant succès d'un premier rassemblement dans le parc de Windsor en 1911 confirme l'essor de mouvement. Très vite, il s'étend au-delà du Royaume-Uni et l'on sait ce qu'il est devenu depuis. Les trois derniers chapitres sont consacrés au développement du mouvement scout dans le monde sous l'action déterminée de ce jeune retraité si dynamique et motivé.

Une biographie absolument passionnante, celle d'un chef militaire atypique, "aventurier dans l'âme, animateur infatigable", dont "la vie reste un fruit d'une saveur incomparable". Pour tous ceux qui considèrent qu'un certain nombre de valeurs sont pérennes et que réaliser son rêve est la marque des grands hommes.

'Tempus', Paris, 2016, 502 pages, 11,- euros

ISBN : 978-2-262-06661-1.

Toujours prêt !
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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 06:05

Les "armes secrètes" d'Hitler (Marine et armée de Terre)

2e Guerre Mondiale - HS n° 41

Après un premier tome (ici) essentiellement consacré à l'arme aérienne et au nucléaire, Nicolas Pontic nous propose un deuxième volume hors-série, centré sur la marine, les équipements terrestres lourds et les armements d'infanterie. Du "plan Z" d'équipement de la Kriegsmarine aux dernières générations de sous-marins et aux "torpilles-humaines", des blindés de plus en plus lourds à l'artillerie encore plus lourde sur voie ferrée, des MG aux Sturmgewehr de dernière génération, tout le panel est ici présenté. Pas de révélation (plusieurs thèmes ont été récemment abordés dans d'autres périodiques), mais une synthèse, accompagnée de tableaux récapitulatifs, plans et photos.

Armes secrètes
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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 06:00

De Gembloux (1940) à Debrecen (1944)

Batailles & Blindés - n° 75

Toujours essentiellement consacré aux blindés, ce numéro d'automne nous entraîne sur les principaux théâtres d'opérations européens de la Seconde guerre mondiale, du premier combat important entre blindés à Gembloux en mai 1940 au dernier majeur aux frontières de la Hongrie en octobre 1944. On note également un article relatant les combats et les périples de la 3e Panzer division pendant la guerre, de Pologne à la France puis au front russe pour terminer par les Balkans et l'Autriche, ainsi qu'un texte original sur "l'unité de protection" mise sur pied par Rommel dans le cadre de la guerre du désert. Un dernier article tout à fait original et intéressant traite du conflit très peu connu entre l'Ouganda et la Tanzanie, dit "guerre du Kagera", à la fin des années 1970.

Combats de chars
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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