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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 06:55

La Bérézina, victoire ou défaite ?

Champs de bataille  -  n° 50

Champs-de-bataille958.jpg

Dans son éditorial, Jean-Philippe Liardet célèbre ce 50e numéro de la revue et se félicite qu'elle rencontre régulièrement un lectorat fidèle. Toujours grande diversité des thèmes traités, ce qui fait que l'on trouve à chaque fois un sujet intéressant. Dans cette dernière livraison, nous n'avons pas été passionnés par la brève présentation du territoire portugais de Sao Tomé-et-Principe (bof !), ni par "Les festivités de la fin du monde" chez les Mayas (re-bof !), par contre l'artile sur la bataille de la Bérézina (Brice Charton) est intéressant, même s'il est en fait plus descriptif qu'analytique et ne répond finalement que partiellement à la question posée, et celui de Pierre Iltis sur "La bataille du Dogger Bank, 24 janvier 1915" est tout-à-fait précis (trop même pour la carte centrale pp. 52-53 qui est presque "trop dense" !) et mérite d'être connu de tous les amateurs.

Une revue que l'on aime bien pour la diversité de ses articles, qui évitent les habituels "marronniers" de la presse périodique, même si on souhaiterait à chaque numéro qu'elle soit encore meilleure pour notre plaisir !

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 06:50

Salon international du livre ancien

Grand Palais  -  26/28 avril

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Pendant pratiquement trois jours, le site exceptionnel du Grand Palais, en bas de Champs Elysées, sera consacré aux livres rares et anciens. Une excellente opportunité sans doute pour y trouver celui que vous cherchez depuis longtemps, ou pour prendre contact avec des libraires spécialisés.

Du 26 au 28 avril de 11h00 à 20h00

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 07:00

Jean Moulin

Artiste, préfet, résistant

Christine Levisse-Touzé et Dominique Veillon

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Magnifique et original album qui nous permet, en moins de 200 pages, de retrouver grâce à une très abondante iconographie l'ensemble du parcours de celui que Malraux; accueillant ses restes mortels au Panthéon en 1964, comparait au "roi supplicié des ombres".

Après une préface de Jean-Pierre Azéma, qui retrace les grandes étapes de la vie du futur Commissaire national de la France combattante, l'ouvrage revient en cinq grandes parties chronologiques sur l'ensemble de son existence, de son enfance ("Jean Moulin, un méridional") à ses premières années de vie professionnelle ("Fonctionnaire et artiste"), puis à son accession dans les cercles politiques et gouvernementaux parisiens avec Pierre Cot ("Les débuts dans les ministères"), à son entrée en résistance après la débacle du printemps 1940 (Préfet résistant") et enfin les événements dramatiques de juin 1943 à Caluire, Lyon et Paris : "Sauvagement torturé, 'Max' ne parle pas". Héros de la résistance, il entre dans la geste républicaine, reçoit tous les honneurs à titre posthume après la Libération et devient l'un des personnages essentiels, presque mythique, de l'histoire récente de la France.

La qualité des textes des deux auteurs appuie et renforce un très bel ensemble d'illustrations (et réciproquement) puisées aux meilleures souces, dont le musée Jean Moulin de Paris. Une très belle production qui fait honneur à l'édition. Encore une très bonne idée de cadeau !

Tallandier, Paris, 2013, 191 pages. 31,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0092-6.

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 06:50

Panzergrenadiere !

2e Guerre Mondiale  -  n° 48

2eme-GM955.jpg

Si le dossier à la Une de ce numéro d'avril-juin 2013, qui porte sur les "compagnons indispensables des Panzer" (Benoit Rondeau, voir notre recension récente de son Afrikakorps, ici), est effectivement (presque) complet et intéressant (voir l'original article sur les combats de l'automne 1942 en direction du Caucase), nous avons particulièrement apprécié celui très original de Stéphane Mantoux sur "La bataille de Khalkhin-Gol", de mai à septembre 1939 entre l'Armée rouge et les forces du Mandchoukouo contrôlé par les Japonais. Ajoutons que sur son site Historicoblog, Stéphane Mantoux offre à ses lecteurs des suppléments : une vidéo le 11 avril (ici) et un texte sur la bataille de Nuremberg en avril 1945 (ici). Originalité également avec l'article (du même auteur) sur la bataille de Tali-Ihantala, relecture de ce "succès défensif" généralement présenté comme ayant sauvé la Finlande en juin 1944 (avec une seconde vidéo en supplément le 18 avril -ici-).

Un numéro de belle qualité, à lire et à conserver.

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 06:45

La bataille de Moscou

Les dossiers de la 2e guerre mondiale  -  n° 2

Le deuxième numéro de ce nouveau numéro (avril-juin 2013) contient un intéressant article de Jean-Pascal Soudagne sur un lieu de mémoire oublié : "Le mémorial de Compiègne" (ville plus souvent associée à la Première Guerre mondiale) en souvenir du Frontstalag 122 créé en juin 1941. On retient également le long article de Stéphane Mantoux sur "La bataille de Moscou" (pp. 8-31), accompagné de cartes, organigrammes, portraits, etc. L'article de Patrick Facon sur "I shall return : MacArthur, le transfuge de Corregidor" est également d'excellente facture.

Front de l'Est et Extrême-Orient
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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 07:06

Légionnaires. Portraits

Jean-Baptiste Degez et Henri Weill

Voilà un magnifique album qui témoigne de la qualité graphique et esthétique atteinte par certaines (rares) productions.

Organisé en 10 chapitres, de "L'engagement" à "De la famille", des nouvelles recrues aux "anciens", ce superbe volume nous présente plusieurs centaines de portraits de légionnaires, photosprises entre 2006 et 2012. C'est donc le fruit d'une entreprise exceptionnelle par son ampleur et sa durée que nous offre le photographe Jean-Baptiste Degez. A l'issue d'un long travail de sélection, les clichés retenus pour illustrer ce volume ont été accompagnés par un texte sobre et cependant parfois envoûtant d'Henri Weill. De très nombreuses photos sont "posées", c'est un choix éditorial, et, avec leurs jeux d'ombre et de lumière, elles contribuent à faire de cet album un quasi ouvrage d'art. D'autres sont prises à l'instruction, en particulier lors des phases de préparation avant projection ou au CEFE, en Guyane, dans cette atmosphère humide et verdâtre (si bien rendue) qui marque tous ceux qui y passent. Du Géorgien au Péruvien, de l'Albanais au Canadien, du Polynésien à l'Irakien, toutes les nationalités défilent devant nous, en gros plan, avec pour point commun leur appartenance à la Légion, à ses traditions, à ses rites et à ses symboles. On y retrouve les célèbres pionniers, bien sûr, mais aussi les musiciens ; les fêtes  de traditions (Noël, etc.) et le défilé du 14 juillet ; la veillée de Camerone et une belle sélection de tatouages, le soleil brûlant de Djibouti et les séances de sport ; etc.

Un receuil absolument superbe (que ne manqueront pas de suggérer à leur entourage pour un prochain anniversaire tous les amateurs...), qui fera par exemple un magnifique cadeau avant le plan annuel de mutation dans les unités.

Nimrod, Paris, 2013, 367 pages, 49 euros.

ISBN : 978-2915243543.

 

Superbe !
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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 07:00

Morane-Saulnier

ses avions, ses projets

Henri Lacaze

  Morane-Saulnier947.jpg

 

Cet ouvrage présente le très large éventail de la production aéronautique de la firme Morane-Saulnier. Véritable plongée dans l’histoire de l’aviation, ces centaines d’illustrations mènent le lecteur à travers des décennies de construction aéronautique française. Henri Lacaze est parvenu à récolter quelques 400 clichés, tirés de documents originaux et de la presse. Il tente avec succès de convaincre le lecteur que « l’aviation de papa c’était riche aussi en sensation » : avec le vent, le ronflement du moteur dans les oreilles, la poussière, les odeurs d’huile, le pilote était en quasi communion avec son appareil. Ce livre est assez technique mais les auteurs n’ont pas omis de préciser plusieurs notions afin de permettre aux moins aguerris de suivre le récit de cette épopée, même s’il faut être un passionné pour plonger dans les descriptions détaillées de ces centaines d’avions, ou se spécialiser sur les différences entre un hydravion de type H et un autre de type G, ou encore entre un MS152 et un MS AR.  Fort heureusement, la préface de Jean Salis embarque le lecteur dans un univers poétique où l’avion n’est plus seulement un objet fascinant mais devient un engin pilotable. Le portrait admiratif qu’il dresse de la firme, avec des périphrases et des narrations pour faire rêver le lecteur semblent vouloir l’inviter à survoler l’univers aéronautique au rythme des images du livre.

L’ouvrage relate donc l’histoire d’une passion et de trois constructeurs : l’ingénieur Raymond Saulnier et les deux sportifs Léon et Robert Morane. Saulnier s’est tout d’abord « exercé » chez Blériot, avant de s’établir constructeur à son compte en 1909, puis il s’est associé à Léon Morane dans la SA des Aéroplanes Morane-Saulnier dont il deviendra le président en 1918. Ce centralien n’a jamais vraiment piloté, il a réussi à mener son équipe dans un esprit de coopération, créant même un système de retraite. Les frères Morane sont quant à eux des pilotes, Léon franchit en 1910 la barre des 100km/h et atteint l’attitude record de 2 582m. Robert, son frère cadet, est lui aussi un féru d’aviation, il fût un remarquable pilote qui totalisa plus de 6 000 heures de vol. Autour de ces trois leaders de l’aéronautique, l’équipe était composée de nombreux autres pilotes.

Le livre est chronologique, des « merveilleux fous volants » aux avions les plus modernes de l'entreprise. La première partie « Avant Morane-Saulnier » s’ouvre sur le stage que Raymond Saulnier a fait au début du XXe siècle chez Blériot. Le premier paragraphe nous fait revivre l’exploit du Blériot XI -un avion en frêne et avec une crête en guise de dérive- qui traverse la Manche le 23 janvier 1909. Si Saulnier n’a pas été le constructeur de cet avion, il a tout de même contribué à quelques calculs pour son amélioration, puis s’en est inspiré pour toutes ces recherches et constructions. Le premier avion Saulnier avec son moteur Darracq atteint les 75km/h, son envergure de 8.7m et sa longueur de 7.2m lui donne une surface de 18m². Le dernier avion, né en 2009, est un TBM 850 qui peut atteindre les 592km/h, il est créé par l’entreprise Daher-Socata de Tarbes-Ossun (succession de Saulnier). Au fil des pages on découvre les débuts de Blériot, ceux de Saulnier avec ses avions très léger (200kg pour le Morane Borel de 1911). Puis la deuxième partie, consacrée à « La vie de la firme », expose la fondation de la société anonyme des Aéroplanes Morane-Saulnier, créée en octobre 1911.  Ce sont alors retrouvés les frère Saulnier et l’ingénieur, qui a laissé à Gabriel Borel son ancienne société afin de s’aventurer dans des entreprises plus grandes, pour vendre et perfectionner ses avions. La vie de plusieurs grands noms qui ont participés à l’aventure se succèdent, tel que Alfred Fronval, l’aviatrice Maryse Hilsz, Michel Détroyat ou encore Jean Cliquet, grands noms du développement de l’aviation qui permettent à l’entreprise de s’affirmer et de se développer.

Après ces débuts introductifs où les avions laissent les hommes sur le podium, « La période de 1911-1914 » est un catalogue des avions qui ont occupé les débuts de la firme. La période de la Grande Guerre nous plonge dans un décor tout autre avec des appareils de combat qui se spécialisent, auxquels il a fallu ajouter des mitrailleuses.  Les moteurs des avions changent de fabriquant, les multi-moteurs apparaissent et les biplans se développent. L’entre deux guerres  « commence par un hybride, un parasol de combat devenu monoplace d’entraînement ».  La Seconde Guerre mondiale impose une adaptation des avions d’entraînement, la firme Morane-Saulnier doit donc adapter ses appareils et développer des techniques toujours plus poussées : invention de l’hélice tripale, avion pour la marine plus légers, etc. Après la guerre, certains avions sont recyclés dans le tourisme avec des verrières permettant une large visibilité, des avions quatre places (MS 571), des ailes repliables (560), des capacités de réservoir plus conséquentes, les premiers cargos (MS 901). Au milieu des années 1900, la Morane va passer la main et devenir la Socata.

En un siècle la firme aura produit plus de 356 avions, élaborée des milliers de projets papiers et fait considérablement avancer l’industrie aéronautique : un tel parcours technologique et humain dans le siècle méritait bien un beau livre.

Domitille Poirier

Lela Presse, Outreau, 2013, 432 pages, 55 euros.

ISBN : 978-2-914017-70-1.

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 06:55

De la Première Guerre mondiale à la Seconde

GBM  -  n° 104

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François Vauvillier dans son éditorial lance un appel aux lecteurs en kiosque afin qu'ils s'abonnent pour consolider dans l'avenir la position du magazine dans le panorama de la presse spécialisée, ce qu'il nomme "l'abonnement  résolu, et même l'abonnement militant".

Parmi les neuf principaux articles au sommaire, nous retenons (tropisme Grande Guerre !) celui sur "L'infanterie de 1914" (Jean-Claude Latour) dont on apprécie la précision, celui sur "Les Schneider de montagne jusqu'en 1918" (par Guy François, meilleur spécialiste et encyclopédie vivante de l'artillerie de la Grande Guerre) et, du même auteur, "Le canon Archer. Un coup surtout politique", qui éclaire un des épisodes polémiques de l'histoire de l'artillerie de tranchée. Lescinq articles sur l'entre-deux-guerres et la Seconde guerre mondiale correspondent à la ligne traditionnelle de la revue : très grande précision des légendes, des couleurs, des numérotations, etc., mais celui sur le 1er régiment de dragons portés dans la bataille d'Hannut (Erik Barbanson et Sébastien Piffeteau) revient avec qualité sur ces combats de la mi-mai 1940.

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 12:05

Changement de plateforme d'administration du site

et adaptation au nouvel outil ...

Depuis trois jours, l'hébergeur de notre site a totalement changé la plateforme d'administration à partir de laquelle nous préparons et mettons en page nos billets et articles. Et pour être tout-à-fait honnête, nous n'avons pas encore saisi toutes les subtilités, compris toutes les fonctionnalités, en particulier pour ce qui a trait aux illustrations et à l'iconographie. Ne soyez donc pas surpris de constater des changements de forme, ou des différences d'un article à l'autre.

Sur le fond, rien n'est changé, pour la forme ... Nous allons faire le maximum pour nous adapter le plus rapidement possible ! Merci de votre fidélité et de votre compréhension.

 

Désolé ...
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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 07:01

Elevé à la dignité ...

Général Lucien Le Boudec, Mémoires, 1923-1954

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Les mémoires du général Le Boudec s’écartent avec bonheur des lois formelles du genre. L’auteur a choisi de laisser un témoignage de son parcours de vie en nous faisant partager sa correspondance avec sa mère. La conception de l’ouvrage s’avère en outre extrêmement agréable : chaque page de texte est en effet accompagnée de photographies, parfois de dessins ou de reproductions de documents. Le lecteur se trouve ainsi plongé visuellement dans l’ambiance des faits évoqués et peut, derrière les événements racontés, reconstituer, par petites touches, une époque désormais totalement révolue.

La pudeur dans les mots tout autant que l’humour ont pour vertu de dédramatiser la gravité de quelques situations. On devine là une tendresse filiale soucieuse de ne pas susciter trop d’inquiétude mais aussi une retenue élégante, inhérente aux valeurs du monde militaire dans ce qu’elles ont de meilleur. L’émotion le dispute toutefois à l’admiration face au parcours du général. Élevé par sa mère, confronté très tôt aux difficultés matérielles, Lucien le Boudec acquiert rapidement une grande maturité, étayée par des principes clairs et solides de droiture et d’honnêteté.

Son engagement dans les FFI, à vingt-et-un ans, suscite le premier des hasards destinés à orienter sa vie vers une carrière qu’il n’avait pas envisagée. Jeune sous-officier, il est admis à l’École militaire interarmes, fusionnée à l’époque à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Élève-officier d’active de la première promotion d’après-guerre, il choisit, lors de l’amphi de sortie, les troupes coloniales (option cavalerie) et suit donc une année de spécialisation à Saumur. Il y découvre ce qui deviendra l’une de ses passions, l’équitation. Second hasard heureux, il a été breveté parachutiste, ce qui n’est pas encore le cas général dans les promotions, et peut donc rejoindre une unité aéroportée. Intronisé moniteur, il se lance dans la chute libre. Malheureusement, sa surdité d’une oreille l’empêche rapidement de pratiquer cette activité.

Mais Lucien Le Boudec est d’abord soldat dans l’âme. Volontaire pour l’Indochine, son premier séjour, de 1949 à 1951, lui vaut une blessure et trois citations. De retour en France, il fait la connaissance de son nouveau chef, le commandant Bigeard, qui instruit soigneusement son 6e bataillon colonial de commandos parachutistes. L’unité embarque ensuite en juillet 1952 pour l’Indochine. Les lettres du lieutenant Le Boudec permettent de suivre de l’intérieur ses combats et sa vie quotidienne, marquée par les efforts physiques et parfois les  ennuis de santé. Vient le fait d’arme de Tu Lê et la légendaire retraite qui amènent la célébrité au « bataillon Bigeard ». L’unité est désormais dédiée aux interventions majeures. Larguée en 1954 sur Diên Biên Phu, elle y est progressivement anéantie, comme le reste des troupes d’élite. Le Boudec, qui commande depuis peu une compagnie, est promu capitaine à titre exceptionnel et reçoit la croix d’officier de la Légion d’honneur dix-neuf mois à peine après celle de chevalier.

Si l’auteur demeure extrêmement discret sur ses actes de courage, maints témoignages extérieurs nous renseignent amplement à cet égard. En revanche, les fac-similés des plans du camp retranché, avec les zigzags des tranchées, laissent deviner, tout autant que les photos qu’ils complètent, l’âpreté des combats évoquée dans le texte.

Combattant exceptionnel, atteint de plusieurs blessures, Lucien Le Boudec connaît, après la reddition, les rigueurs de l’univers carcéral viet minh. Ses souvenirs constituent un témoignage de première main quant aux souffrances et aux sévices endurés. Mais ils sont aussi l’occasion, pour le lecteur, de voir un homme s’efforcer de survivre en conservant sa dignité, en refusant de pactiser avec l’ennemi et en pratiquant une étroite solidarité avec ses camarades, aidant notamment les moins valides à survivre. Le lavage de cerveau communiste ne parvient pas à le briser, ni à lui faire renier, ou simplement oublier, ses certitudes morales et ses convictions religieuses.

Les conditions de libération, le retour en métropole sont abordés aussi brièvement que simplement, même si l’on devine combien la défaite de Diên Biên Phu marque un tournant dans l’histoire militaire de la IVe République. L’ouvrage s’achève là, au grand regret du lecteur. Par-delà ce témoignage, qui ressemble à un roman d’aventures, se construit cependant, au fil des pages, le parcours d’un homme qui ne plie jamais devant l’adversité, préférant vivre ses valeurs et son état militaire avec toute sa conscience professionnelle et morale. Ainsi qu’il l’écrivait à sa mère, en septembre 1949 : « Devenir son propre juge et s’estimer soi-même, je crois que c’est la seule vérité ».

C’est également l’histoire d’un homme qui s’efforce par son travail de construire matériellement, pour lui et sa mère, un cadre d’existence stable et décent. Cela n’empêche nullement Lucien Le Boudec, toujours « calme et posé », d’exercer pour le plaisir son don de la caricature, d’approfondir sa culture littéraire et de s’intéresser à la civilisation indochinoise lors de ses séjours en Extrême-Orient.

On attend donc avec impatience la suite de ces mémoires. Mais, d’ores et déjà, en mesurant la volonté, l’humanité et la droiture qui émanent de ce premier tome, il paraît légitime et juste de dire, en rendant à l’expression tout son sens, qui excède la simple formule de politesse, « Mes respects, mon Général… ».

Jean-François Brun

Editions Lavauzelle, Panazol, 2013, 541 pages, 28 euros.

ISBN : 978-2-7025-1564-8.

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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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