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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 07:10

Entretien avec le général d'armée (2S) Elrik Irastorza

Président du GIP "Mission du centenaire"

Afin de présenter directement à tous ceux qui attendent de connaître les objectifs et le programme des manifestations de 2014 un point de situation, le général d'armée Irastorza a bien voulu répondre à quelques questions :

Question : Mon général, depuis la mise en ligne de son site internet et de sa page facebook, la Mission du Centenaire est plus "visible" dans le paysage, sans que les finalités en soient forcément bien perçues. Pourriez-vous revenir sur ces objectifs ?

Réponse : Dès que j’aborde le sujet de cette commémoration  la première question qui m’est généralement posée  est la suivante : « Par les temps qui courent n’avons-nous pas plus important à faire que procéder à une énième commémoration de la guerre de 14-18 ? Pourquoi revenir une fois de plus sur ce douloureux événement de notre histoire nationale alors qu’il n’y a plus un seul survivant de l’enfer des tranchées et autres lieux de ce titanesque affrontement ? ». Il nous faut pourtant bien admettre que, dans l’histoire de nos sociétés, il y a des événements dont il convient de se souvenir, parce qu’ils constituent de véritables ruptures, des ruptures durables au point de marquer encore, des siècles durant, notre vie quotidienne. La Révolution française en est une qui vient immédiatement à l’esprit pour nous avoir fait passer de l’Ancien Régime à la société que nous connaissons aujourd’hui. Nous en avons commémoré le Bicentenaire en 1989. Nous pourrions tout aussi bien commémorer en 2014 le 800e anniversaire de la bataille de  Bouvines qui vit émerger, pour la première fois dans notre histoire, l’idée de sentiment national autour du roi Philippe Auguste.

La guerre de 1914 nous a fait passer du XIXe au XXe siècle en étant la dernière du premier cité et la première du second, mais surtout en entraînant des bouleversements dans notre société qui vont bien au-delà de l’affrontement sur les champs de bataille et de leurs conséquences statistiques. Nous avons donc devant nous une tâche immense que je résume souvent par deux verbes : honorer et comprendre. Honorer nos soldats morts pour la France et ceux venus mourir chez nous pour notre liberté, en leur rendant, une fois encore, l'hommage qui leur est dû mais aussi partager avec tous, dans un esprit constructif d'amitié, la mémoire de ces sacrifices. Comprendre et par extension faire comprendre comment nous en sommes arrivés à cet affrontement humainement dévorant, comment nous avons pu tenir, 52 mois durant, à l’avant comme à l’arrière dans des conditions qui dépassent l’entendement, et comment, enfin, la société française mais aussi le reste du monde sont sortis de ce premier conflit mondial.

La mission du GIP « Centenaire » peut donc se résumer en quatre verbes : organiser, coordonner, accompagner, informer :

- Organiser les grands temps forts du Centenaire entre 2014 et 2018, avec notamment les grands rendez-vous de l’année 2014 (commémoration de la mobilisation générale, bataille de la Marne, etc.). A ce titre il est opérateur du gouvernement.

- Coordonner et accompagner, en s’appuyant sur les Comités départementaux du Centenaire (CDC) ce qui permet de faire participer l’ensemble du territoire national à cette grande dynamique mémorielle.

- Informer enfin, le grand public sur les préparatifs et le déroulement du Centenaire, grâce à un portail internet de référence : www.centenaire.org

Question : De nombreux amateurs craignent que la dimension militaire de la Grande Guerre ne soit abordée "en retrait" par rapport à d'autres aspects du conflit. Que pouvez-vous leur répondre ?

Réponse : Nous savons tous que ce conflit a impliqué la société française dans quasiment tous les domaines, que ce soit durant la guerre ou après, en entrainant des bouleversements durables. Il est donc justifié que cette période tragique mais cruciale de notre histoire nationale intéresse dans tous ses aspects les historiens,  les chercheurs mais aussi les simples citoyens. Mais il est évident que le sacrifice consenti par nos soldats suscite encore une véritable fascination. Il suffit pour s’en convaincre de parcourir les champs de bataille et de tendre l’oreille pour s’en persuader. Ce qu’ils ont enduré n’est qu’un des éléments du volet militaire mais il nous incitera, là encore dans un souci de compréhension, à aller au bout de cette dimension du conflit.

Question : Quelle est la place de la recherche historique dans le dispositif d'ensemble et quel pourrait être, par exemple, le rôle du Service Historique de la Défense ?

Réponse : Vous le savez, il n’y a plus de témoin vivant, plus de mémoire vive pour susciter l’attention, voire l’émotion. Nous sommes passés d’une mémoire de chair à une mémoire de pierre et de terre mais pas seulement. Nos familles entretiennent toujours le souvenir de ces combattants et nos archives regorgent de documents officiels et de témoignages d’une exceptionnelle richesse. Nous assistons d’ailleurs à une exhumation de véritables petits trésors familiaux et je pense que la tendance va s’accélérer. Il y a là un champ d’action absolument fabuleux pour les historiens ! A eux d’en extraire la substantifique moelle au profit de tous ceux qui n’ont ni le temps ni la compétence pour aller au-delà de l’intérêt de l’honnête homme pour l’histoire. Le Service Historique de la Défense a naturellement tout son rôle à jouer dans cette dynamique et je rappelle que ses autorités de tutelle sont membres du GIP.

Question : Pouvez-vous nous dire si une activité majeure, à la fois institutionnelle et populaire, scientifique et culturelle, pourrait marquer à Paris le début du centenaire de la Grande Guerre, car il y a dans ce domaine des attentes fortes ?

Réponse : Nous avons parfaitement perçu cette attente. Paris occupera une place capitale tout au long de ce cycle mémoriel qui verra se multiplier colloques, expositions et bien d’autres activités artistiques et culturelles. Nous sommes actuellement dans la phase d’inventaire de toutes ces initiatives et d’élaboration d’un calendrier national et international qui nécessite de la coordination et donc un peu de temps. Je pense que nous pourrons donner un éclairage très précis dès l’automne. Mais il faut bien garder à l’esprit que la victoire de 1918 fut celle de tout un pays. Il conviendra donc d’impliquer non seulement la capitale et la zone des combats mais aussi tout l’arrière front. Les comités départementaux et académiques du centenaire s’y emploient avec une belle conviction.

Question : En pratique, comment s'organise le travail préparatoire entre le G.I.P. en tant que tel et le conseil scientifique de la Mission ?

Réponse : Le conseil scientifique de la Mission fonctionne sous l’impulsion du professeur Antoine Prost. Six commissions thématiques ont été créées, parmi lesquelles une commission « pédagogique », une commission « internationale », une commission « production intellectuelle », une commission « productions culturelles », une commission « valorisation et productions numériques » et enfin une commission « programme commémoratif ». L’animation de ces commissions a été confiée à six membres du conseil scientifique.

Difficile de tout savoir d’une Grande Guerre aux lectures forcément plurielles. Le conseil scientifique est également la vigie et le « filet de sécurité » de la mission dans l’exécution de la mission qui lui a été confiée…

Question : Quand sera connu le programme de l'ensemble des manifestations ?

Réponse : La concomitance des calendriers fait que notre pays devra commémorer, avec d’autres en 2014 et 2015, la Première et la Seconde Guerre mondiale. Depuis novembre 2012, le GIP relève donc de « la Mission des anniversaires des deux guerres mondiales »  créée, auprès du ministre de la défense et présidée par le ministre délégué auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants. Cette mission a pour objet de concevoir, d'animer et de coordonner les initiatives à caractère international ou national propres à rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont lutté pour la défense de la France pendant la Première Guerre mondiale et pour sa défense, sa libération et la victoire sur le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle s’appuie sur le GIP pour tout ce qui a trait à l’anniversaire de la Première Guerre mondiale et sur les services du ministère de la défense et de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre pour tout ce qui concerne l'anniversaire de la Résistance, des débarquements, de la libération de la France et de la victoire sur le nazisme.

Il y a un gros travail de coordination à parachever, notamment au plan international. Là encore nous aurons une claire perception du calendrier à l’automne.

Question : On sait que la Première Guerre mondiale reste un sujet qui intéresse des centaines de milliers de Français, et au-delà de très nombreuses personnes chez tous les anciens belligérants. Quel(s) message(s) souhaiteriez-vous faire passer ?

Réponse : Près d'un siècle après le début de son déclenchement, la Première Guerre mondiale occupe toujours une place à part dans notre mémoire collective. Qui n’a pas le souvenir de l’aïeul unissant  avec ses mots à lui, dans un improbable oxymore, le plus souvent sans haine ni forfanterie, l’horreur et la camaraderie des tranchées ? Qui ne se souvient pas de ces douilles de 75 patiemment sculptées trônant fièrement sur la cheminée ? Qui n’a  pas au fond d’un tiroir ou dans une boite au grenier les cartes jaunies écrites d’un mauvais crayon à la lueur d’une bougie dans une cagna où les rats le disputent aux poux ? La Grande guerre est donc indiscutablement constitutive de notre mémoire collective et le Centenaire sera sans doute la dernière occasion d'offrir un moment privilégié de "réflexion historique et de pédagogie civique" en proposant aux plus jeunes générations les clés de compréhension d'une période parmi les plus difficiles de notre histoire nationale.

Durant plus de quatre ans, la France sera ainsi la destination privilégiée de tous ceux qui, de par le monde, auront à cœur de se souvenir et de comprendre. Cet intérêt pour notre pays sera un puissant moteur de notoriété internationale et de développement économique bien au-delà des seuls territoires du champ de bataille. Nous aurons donc une obligation nationale : accueillir dignement, dans un esprit d'amitié, tous ceux qui viendront chez nous  se souvenir des leurs et comprendre.

Ce centenaire sera enfin une opportunité d'affirmer notre fierté d'être Français, de réaffirmer notre solidarité internationale et de consolider la nécessaire fraternité entre les peuples.

Merci beaucoup mon général pour toutes ces réponses. En vous souhaitant plein succès dans ce complexe travail de coordination et d'animation, et en espérant vous retrouver à l'automne pour des précisions complémentaires.

Exclusivité 1914-2014
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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 07:05

Afrikakorps

Benoît Rondeau

A la suite de notre récente recension de son livre sur l'Afrikakorps (le 4 avril dernier, ici), l'auteur a bien voulu répondre à quelques questions complémentaires :

Question : En dépit de la notoriété rapidement acquise par Rommel sur ce théâtre d'opérations, le front "égypto-libyen" semble toujours considéré comme très secondaire par les Allemands. Quel a été l'effort total du Reich en hommes et matériels en faveur de l'Afrikakorps ?

Réponse : Une part non négligeable de l'effort de guerre du Reich est consacrée à la guerre en Afrique du Nord. Les Allemands y perdent 22 000 tués et disparus mais, outre les blessés, il faut ajouter de nombreux prisonniers, peut-être 200 000. Les malades évacués d'Afrique pour raisons sanitaires se comptent par dizaine de milliers, probablement plus de 100 000. Il faut également comprendre l'immense effort logistique que représente le fait de ravitailler une armée au-delà de la Méditerranée à une distance comprise entre 1 200 et 2 500 kilomètres de sa base (Tripoli). L’OKH fait observer à Rommel qu’il dispose d’1/12e des moyens motorisés de l’armée alors qu’il n'en dirige qu’1/78e des effectifs. Qui plus est, les fomations détruites en Tunisie comptent parmi l'élite de la Wehrmacht: 3 PZD, 3 divisions motorisées, 2 bataillons de chars lourds Tiger (en mai 1943, la Wehrmacht n'en aligne que 5), plusieurs unités de parachutistes... 22% des Panzer III construits jusqu'en mai 1943 sont perdus en Afrique où environ 1 700 Panzer et canons automoteurs allemands sont déployés. La Luftwaffe est saignée à blanc en Méditerranée au cours de la campagne de Tunisie (2 500 appareils perdus) et, dès décembre 1942, la Kriegsmarine est contrainte d'y envoyer des U-Boote (une trentaine rien que pour l'hiver 41/42), définitivement perdus pour la décisive bataille de l'Atlantique où les "Loups Gris" ne sont pas si nombreux en 1942.

Question : On a souvent le sentiment d'une démarche très procédurière, compassée, lourde de la stratégie britannique. Est-ce exact et peut-on évaluer la "qualité" relative des chefs militaires anglais qui commandent sur ce territoire ?

Réponse : En regard de la nette supériorité matérielle dont jouissent les Alliés au cours de la campagne, on est surpris de la piètre prestation de nombreux généraux. L'armée britannique -qui ne laisse pas de place à l'initiative personnelle- est surclassée sur les plans de la doctrine et de la tactique. Eut égard aux multiples crises auxquelles il a dû faire face en disposant de moyens fort limités, Lord Wavell, chef du Middle East Command en 1940, se distingue particulièrement, mais il ne commande pas de troupes en campagne. Lorsque la 8th Army est constituée en septembre 1941, son premier commandant est le général Cunningham, auréolé de son récent succès en Afrique orientale italienne. Comme son successeur Ritchie, il est dépassé par les événements et n'est pas à la hauteur. Leur supérieur, le général Auchinleck, le chef du Middle East Command, est au contraire à la mesure du "Renard du Désert" sur lequel il remporte deux succès majeurs: l'opération Crusader (nov-déc 41) et la première bataille d'El Alamein en juillet 1942. Mais son style de commandement ne correspond pas à l'armée britannique, au contraire de Montgomery, très ferme, faisant preuve de clarté et qui saura redonner confiance à l'armée. Si Monty se montre souvent timoré, il a su mener la seconde bataille d'El Alamein (oct-nov 42) d'une main de maître. Se sont également distingués Morshead, Freyberg, Campbell, Godwin-Austen et Norrie, spécialiste des blindés longtemps placé à la tête du 30th Corps. On pourrait aussi citer Richard O’Connor, mis à la tête de la Western Desert Force au cours de l’été 1940. Capturé en avril 41, peu convaincant en Normandie en 1944, on ne saura jamais s'il aurait été un sérieux adversaire pour Rommel en Afrique. Anderson, en Tunisie, ne fait pas montre de grandes qualités.

Question : On parle souvent de la 1ère BFL et de Bir Hakeim. Les Allemands considèrent-ils ce siège et cette bataille comme une défaite ou une victoire ? Comment Rommel parle-t-il de la résistance des Français Libres ?

Réponse : Cette bataille est indubitablement considérée comme une victoire par les Allemands. La prise de Bir Hakeim s'est certes éternisée au-delà de ce qu'escomptait Rommel. Pressé par Kesselring, qui lui assure pourtant le concours massif de la Luftwaffe, il ne s'empare de la place que le 11 juin (la bataille de Gazala a débuté le 26 mai). Il reconnaît la vaillance de son adversaire, qui parvient à s'extraire de la nasse : "une fois de plus, la preuve était faite qu'un chef décidé à ne pas jeter le fusil après la mire à la première occasion peut réaliser des miracles, même si la situation est apparemment désespérée". Pour Rommel, la défense des "boxes" de Bir Hakeim et de Got el Oualeb est une erreur car, si des unités sont sacrifiées, "la confiance du soldat dans son chef risque d'être fortement ébranlée". Ceci étant, le sort de la bataille s'est joué ailleurs et, dans les trois jours qui suivent, les formations blindées anglaises sont décimées. 10 jours après la chute de Bir Hakeim, la reddition de Tobrouk consacre la victoire de Rommel.

Question : Finalement, à vous lire, on a l'impression que les soldats italiens ne sont pas aussi "mauvais" qu'une légende tenace peut le laisser croire. Quelle est la part réelle de l'armée italienne dans les combats aux côtés de l'Afrikakorps et comment Rommel apprécie-t-il la contribution italienne ?

Réponse : Il faut définitivement bannir cette image d'Epinal -directement issue de la propagande de guerre alliée- nous dépeignant un soldat italien pleutre, peu combattif et enclin à lever les bras dès le premier coup de feu. L’Afrikakorps ne peut remporter des victoires sans le concours de son allié. Comment tenir le front à El Alamein sans les Italiens? Comment tenir le front hors du "Chaudron" de Gazala sans le concours des Italiens? En plus d'une occasion, comme la division Savona sur la frontière égypto-libyenne en 1941-42, des unités italiennes sont d'ailleurs directement rattachées au QG de l'Afrika Korps. Pendant toute la campagne, les Bersaglieri (à Kasserine par exemple), les blindés (l'Ariete à Bir el Gobi, à Gazala, à El Alamein), les paras (la Folgore d'août à novembre 42 à El Alamein) et l’artillerie font preuve de courage et leur action sera décisive en plus d'une occasion. Si Rommel -leur ancien adversaire du conflit précédent- se montre parfois de mauvaise foi et critique à leur endroit, ses carnets ne sont pas exempts d'éloges. Il saura même nouer de bonnes relations avec nombre d'officiers (mais rarement avec les plus hauts gradés dont il en théorie le subordonné).

Question : On a longtemps considéré le théâtre des opérations africain comme celui d'une "guerre sans haine". Quelle est la part de réalité ?

Réponse : Le mythe, discutable en partie, d'une guerre sans haine tient à la manière dont les Britanniques ont entretenu le souvenir de cette campagne. Il est également indiscutablement lié à l'aura et à la légende qui entoure Rommel. Les faits sont pourtant accablants: exécutions de prisonniers, non respect de la Croix rouge, exactions diverses à l'encontre des civils... Le degré de nazification des recrues de l'Afrikakorps -issu de la Wehrmacht, l'armée d'Hitler- ne saurait surprendre.  Leur conduite en captivité, où ils font montre d'un fanatisme sidérant, est à cet égard édifiante. Enfin, les projets d'extermination des Juifs au Moyen-Orient puis en Tunisie ne peuvent laisser insensible et nous rappellent que l'armée allemande sert les desseins de Hitler. Ceci étant, dans la majorité des cas, le soldat de l'Afrikakorps est respectueux de l'adversaire, en particulier les blessés et les prisonniers, et se comporte humainement, à l'image en fait du soldat allemand combattant sur les fronts Ouest et Sud entre 1940 et 1945.

Merci très vivement pour ces réponses et à très bientôt sans doute.

 

Retour sur le guerre du désert
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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 07:00

De Lénine à Gagarine

Alexandre Sumpf

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On ne regrette pas la lecture de cette somme de presque 1000 pages ! Excellent connaisseur de l'URSS et spécialiste de l'histoire culturelle et sociale de la Russie au XXe siècle, Alexandre Sumpf nous propose ici un ouvrage inédit de référence.

Après d'être interrogé dans une longue introduction (pp. 19-87) sur la nature et les errements du "socialisme" soviétique, l'auteur organise son ouvrage en trois grandes parties, essentiellement centrée sur l'entre-deux-guerres et les années qui suivent la Seconde guerre mondiale. La première, "Etre soviétique", lui permet d'aborder les questions individuelles (éducation, consommation, travail), y compris la situation des femmes ("Un prolétariat surexploité" "en dépit de la rhétorique libératrice du régime"), "L'éducation politique de la population adulte", la réalité du chomage ("Dans les années 1950-1960 ... le chômage industriel, officiellement inexistant, n'étant pas envisageable, une partie des employés se retrouve payée à ne rien faire"), ou la délicate question du logement. La seconde , "Etre citoyen", traite logiquement de la "vie" politique dans ses différentes facettes, de l'exercice limité des droits civiques au contrôle de l'opinion publique ; de la notion de "classe sociale" à l'utilisation de l'armée, de la police (des polices) et de la "Justice" par le pouvoir, avec une partie entière consacrée aux "Sacrifices des soldats" dans le chapitre "Les héros du socialisme soviétique" (le très difficile retour à la vie civile des combattants de la Seconde guerre mondiale est bien détaillé, et l'on s'aperçoit qu'en dépit du discours de la propagande les invalides deviennent "les intouchables de la société soviétique"). La troisième enfin, "L'avenir radieux", décortique quelques grands mythes instrumentalisés par le pouvoir (la Grande guerre patriotique, les succès de la science socialiste, la récuparation des exploits sportifs) et s'intéresse aux différences entre "culture officielle" et "culture populaire" avant de conclure sur une analyse de la question religieuse et du culte de la personnalité, avec ce paradoxe : "De même que l'on sépare Staline du stalinisme, critiquant le premier pour mieux sauvegarder le second, les Soviétiques ont toujours fait la distinction entre le pouvoir (vlast) et les supérieurs hiérarchiques (natchalstvo), ce qui dédouane le système". Caractérisant l'Union soviétique comme un "Etat-propagande", Alexandre Sumpf considère en conclusion que "l'expérience vécue par les Soviétiques n'est pas une parenthèse. Elle s'inscrit à la fois dans le temps long d'une histoire nationale et dans une époque "d'ambitions modernatrices et de désillusions sociales", et l'auteur appelle "à poursuivre goulûment le festin de l'enquête historienne".

On apprécie enfin en fin d'ouvrage les plus de 100 pages de cartes, références, bibliographie et index. Un livre qui doit être connu de tous les amateurs qui sera probablement appelé, tout en suscitant bien des débats, à figurer parmi les classiques du sujet.

Folio Histoire, Gallimard, Paris, 2013, 931 pages. 14,50 euros.

ISBN : 978-2-07-034948-7.

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 07:20

Guerres et Conflits ouvre une page Facebook

  

Afin d'accroître le nombre d'informations diffusées, Guerres et Conflits a ouvert une page Facebook qui ne sera pas un simple décalque du site. Bien au contraire, elle nous permettra, en plus des recensions quotidiennes, de relayer de très nombreuses brèves liées à nos thèmes favoris.

 

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 07:10

Aux portes du Reich

Batailles pour la Hongrie

2e Guerre Mondiale  -  hors-série n° 32

Sous la signature de Jean-Philippe Liardet, un numéro spécial entièrement consacré à la Hongrie dans la Deuxième guerre mondiale, et en particulier aux combats sur le sol national et pour la prise de la capitale. Les différents articles ("De Barbarossa à Stalingrad", "Menace sur les frontières hongroises", "La Hongrie envahie", "Le martyre de Budapest", "L'offensive de printemps allemande", "De Budapest à Vienne") constituent de bonnes synthèses en quelques pages, très largement illustrées et iconographiées. On regrette parfois même qu'ils ne soient pas plus développés ! On apprécie en particulier les nombreuses cartes et les encarts qui précisent judicieusement tel ou tel point (production de pétrole, production de blindés, effectifs sous les armes, etc.).

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 06:55

Renouveau de l'histoire militaire

Yannis Kadari sur Secret Défense

Jean-Dominique Merchet a mis en ligne le mercredi 24 avril dernier un entretien avec Yannis Kadari, dont le groupe Caraktère publie 5 magazines spécialisés bien connus (parmi lesquels l'excellent Los ! -que nous signalons régulièrement- dispose désormais de hors-série qui étoffent sa gamme).

En complément de nos entretiens avec des auteurs ou des éditeurs, une approche de l'actualité des travaux en histoire militaire à travers le prisme particulier d'un dynamique responsable de presse : ici.

 

Entretien avec un "Rédac' chef"
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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 07:06

Les propos de Saint Louis

David O'Connell

Nous ne connaissons généralement Saint-Louis qu'à travers l'image que la mémoire populaire nationale en a conservé et qu'illustre la statue "sous le chêne", à l'angle du château de Vincennes. Ce petit livre est donc une vraie découverte.

A partir de tout ce que les contemporains ont rapporté des propos tenus par le roi de France, appelé à la sainteté de son vivant, David O'Connell lui redonne directement la parole. On voit bien ici la limite de l'exercice, même si l'auteur s'en explique dans sa présentation initiale : les mots que l'on croit pouvoir mettre dans la bouche du souverain nous sont connus par des intermédiaires. Avec tout ce que cela suppose de prudence et de réserve dans l'acceptation et l'analyse de leurs ouvrages. La préface de Jacques Le Goff (pp. 9-33) et la présentation générale de l'auteur (pp. 35-73) précisent bien ce cadre. Le chapitre 1 est ensuite divisé en 22 brèves  sous-parties  (de 1 à 2 pages) citant largement les propos attribués à Saint-Louis par grands thèmes ('L'argent", "La captivité", "La croisade", "La famille", "La guerre", "La justice", "La paix, "Les vassaux", etc.). Les chapitres 2 à 4 reproduisent trois textes importants du roi : la "Lettre à ses sujets sur sa captivité et sa délivrance", de 1250 ; les "Etablissements de Saint-Louis", rédigés peu après son retour en France en 1254 ; et les "Enseignements de Saint-Louis", véritable testament politique et moral destiné à son fils aîné et successeur désigné, rédigés vers 1267-1268. Pour chacun de ces textes, l'auteur explique comment il en est arrivé à considérer telle ou telle version ultérieure commeétant sans doute la plus proche de l'original, ou au moins la plus crédible. La modestie, la sincérité, la piété de Louis IX, son sens du devoir et sa soumission à l'Eglise transparaissent à chaque page. Sans doute le meilleur moyen pour approcher l'un des monarques le plus célèbres, et dont pourtant l'immense majorité de nos contemporains sait fort peu de choses.

Folio 'Histoire', Paris, 2013, 275 pages. 8,60 euros.

ISBN : 978-2-07-045085-5.

Saint Louis par lui-même
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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 07:00

Maquis noirs et faux maquis

Fabrice Grenard

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« Toute la France admire les gars du maquis et le monde entier rend hommage à ses français admirables ». Cette déclaration du 17 aout 1944 de Jean Oberlé, au micro de la BBC, est le point de départ de cette étude historique menée par Fabrice Grenard. Agrégé et docteur en histoire, l'auteur enseigne en tant que maître de conférence à Sciences Po Paris. Il a notamment publié La France du marché noir en 2008. Cet ouvrage possède un double objectif : il s’agit à la fois d’étudier un sujet peu abordé tout en déconstruisant la légende noire d’une Résistance qui n’aurait pas pris en compte ses dérives internes. La Résistance utilise officiellement le terme de « maquis noirs » pour dénoncer certains maquis qui ne se sont pas ralliés à ses instances ou à ses directives. Cette expression illustre le caractère particulièrement incontrôlable de ces mouvements armés qui utilisent le label de "maquis" pour éventuellement couvrir leurs exactions. L’idée de « faux maquis » est l’expression choisie par les historiens pour aborder scientifiquement cette question épineuse.

Le raisonnement de l’auteur part d’un constat : la désintégration de l’Etat Français à partir de 1943. La dissolution de la "légitimité" du régime de Vichy laisse alors des espaces de pouvoirs dont se saisissent les mouvements armés résistants ou non en mettant localement sur pied une administration parallèle, parfois guidée par ses propres lois. Les maquis évoluent en effet dans des situations juridiques particulières, et cet état de fait est aggravé en cas de non affiliation aux instances officielles de la Résistance. Pour survivre les maquis doivent imaginer et développer une relation propre avec la population, qui consent assez régulièrement à coopérer tant que leur poids sur la vie du pays n’est pas trop lourd. Le ravitaillement de groupes, parfois nombreux, passe même en dernier recours par une forme de banditisme lorsqu'il devient indispensable de trouver de quoi survivre. Ces actes visent tout particulièrement les administrations ou les représentants officiels, mais ses actions illégales peuvent aussi être menées contre des particuliers considérés comme collaborateurs. Si la tradition des bandes de pillards n’est pas récente elle va ressurgir pendant cette période. Des "faux maquis" peuvent être en plus ou moins grande partie composés de criminels de droits communs, de services de renseignements qui visent à décrédibiliser la résistance ou encore de jeunes exaltés qui voient dans ce moment de l’histoire une opportunité pour s’enrichir. Ces actions vont parfois mettre en péril le support populaire -tel le maquis Lecoz- et vont pousser la Résistance à prendre des mesures, jusqu'à mener de véritables opérations militaires pour mettre ces faux maquis hors d’état de nuire, voire même à coopérer ponctuellement avec l’administration du régime de Vichy pour les détruire. Dans un contexte troublé, la concurrence entre mouvements résistants communistes et non communistes contribue à entretenir le flou et à rendre certains mouvements difficiles à catégoriser. Le retour à l’ordre implique une mise au pas des maquis non affiliés et l’étude de leurs actions. Ces procédures vont conduire à la reconnaissance officielle de leur action, ou au jugement de leurs responsables par des cours de justice plus ou moins appropriées.

Le phénomène maquisard est un phénomène encore plus complexe qu'on ne le pense généralement, et cette étude historique permet une bonne première approche de cette compléxité. La démonstration est appuyée par des exemples précis et bien référencés. L’apport de cette étude peut aussi constituer son point faible majeur : en effet, l’auteur montre le flou juridique qui régit les actions de certains maquis, mais cette frontière entre légalité et illégalité ne conditionne pourtant pas toujours leur légitimité, Le critère déterminant est en fait le rapport entretenu à la population. Cette « zone grise », si elle est une clé importante, n’est pas suffisante pour dresser une typologie des maquis ou faux maquis. La distinction entre les deux types doit être encore précisée et formalisée. A raison, l’auteur présente d'ailleurs ce domaine d’étude comme un champ à approfondir.

Les lecteurs intéressés par la Résistance trouveront dans cet ouvrage une source importante de documentation et surtout un regard neuf sur ce moment si particulier de notre histoire.

Thibault Laurin.

Editions Vendémiaire, Paris, 2011, 192 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-36358-001-6.

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 06:55

La formation du système soviétique

Moshe Lewin

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Moshe Lewin est un historien franco-américain titulaire d’un doctorat de l’université de la Sorbonne et professeur de l’université de Philadelphie. Il a vécu en URSS jusqu’aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale et, en tant qu’historien, a profité de son vécu dans le pays pour développer et promouvoir une autre vision de l’URSS. Cet ouvrage est une somme d’articles et de conférences, il se veut une « réserve d’idées pour de futures études ». L’expérience particulière de l’auteur fait de lui un précurseur et un spécialiste de l’histoire sociale soviétique. Inspiré par l’école des Annales, il va se faire le porte parole d’une histoire soviétique alternative et dégagée du seul prisme totalitaire, prisme hégémonique jusqu’alors en Occident. Ses travaux ont ouverts la voie à une vision plus sociale que politique de l’URSS, qui met en avant un système social complexe où le politique est qu’un produit parmi d’autres, fruit de tendances, tensions et croyances.

Le grand apport de cette étude -compte tenu de l’historiographie existant à l’époque- est la démonstration par l’auteur de l’importance d’un double rapport expliquant la période étudiée, ce qui le conduit à estimer que le stalinisme est une entreprise de modernisation d’une civilisation rurale par l’industrialisation. En réaction, elle va recréer des mécanismes  impériaux. Cette démonstration est appuyée par une description de la vie rurale, de ses coutumes  et croyances. La mise en perspective de l’impact des réformes sur la population fait apparaître aussi bien les erreurs des dirigeants soviétiques que l’importance des tendances historiques lourdes. L’effort extraordinaire que constitua l’industrialisation à profondément modifié les équilibres sociaux préexistants : en détruisant par la révolution la classe capitaliste et en faisant apparaître une nouvelle classe dirigeante, les bolchéviques vont partir d’une tabula rasa avec une situation sociale inférieure à la période tsariste. Les errements politiques vont donc alterner entre marche en avant (collectivisation, dékoulakisation) et freinages (NEP). Le baromètre qui peut permettre d’évaluer de telles politiques est en fait l’évolution réelle de la situation des populations. C’est sur cette situation de crise que va s’établir le stalinisme et les purges consubstantielles aux erreurs précédentes. Emerge alors l’Etat, presque compris comme une fin en soi, Etat mû par la la nécessité d’assurer la promotion sociale d’une population massivement rurale. Ce renfort de l’Etat apparaît -aux yeux de Moshe Lewin- comme le retour d’un invariant russe : l’autoritarisme tsariste.

Ce recueil de travaux a ouvert un champ de compréhension nouveau de l’URSS. Il présente surtout le fait que le social à une influence directe et indirecte sur le politique, ce que la vision uniquement totalitaire de l’URSS ne permet pas de percevoir. Mais cette « nouveauté » frustre aussi le lecteur, dans le sens l’on pressent que tous les sujets ne sont pas abordés. Le style et les sujets traités font que cet ouvrage est plutôt destiné à un lectorat ayant déjà une certaine connaissance de l’URSS, ses mécanismes et ses personnalités, afin de pouvoir analyser les propos de l’auteur au fur et à mesure. Ce retour à une histoire sociale est bienvenu, dans la mesure où l’étude des seuls évènements politiques cache une partie de la réalité de ceux qui font l’Histoire et surtout de ceux qui la subissent : les populations. Dans cette affirmation réside toute la richesse de cet essai, qui prouve l’importance et la portée que peut avoir une « intuition » dans la compréhension de grands mouvements historiques. Il ne faut toutefois pas que le balancier parte trop loin : le défaut d’une telle approche tout aussi exclusive serait de faire passer à côté des mécanismes autoritaires, qui ont fait par exemple la spécificité du stalinisme. Cet essai est assurément une clé de compréhension supplémentaire à la lecture totalitaire classique.

Thibault Laurin

Coll. 'Tel', Gallimard, Paris, 2013, 529 pages. 17,50 euros.

ISBN : 978-2-07-013798-5.

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 06:50

Défense et réforme :

une mise en perspective

14 - 15 mai 2013  Amphithéâtre Austerlitz / Invalides

La réforme en question est bien celle générale de l'institution militaire, toujours (et de plus en plus ?) d'actualité, au risque de conduire selon certains à la réforme définitive, pour ne pas dire à la casse... Pendant deux jours, sur ce thème essentiel aujourd'hui (mais, rassurez-vous, hier aussi !), une vingtaine d'intervenants, pour la plupart civils et militaires du ministère de la Défense, débattrons et dialoguerons avec l'assistance. Organisé par le Centre de recherche des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan et la revue Inflexions, ils traiterons de tous les aspects du sujet dans une volonté de compréhension transdisciplinaire (intervenants venus de tous les milieux et de toutes les spécialités). Les travaux se termineront sur un témoignage d'un officier britannique et une intervention de clôture du général d'armée Irastorza : "De la rationalité à la réalité".

Les travaux commencent à 9h15 et se terminent à 17h00. Entrée libre (il est toutefois conseillé de réserver).

Programme complet : ici.

Renseignements, contact et inscription :

 defense-reforme@st-cyr.terre-net.defense.gouv.fr

 

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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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