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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 06:55

De la Première Guerre mondiale à la Seconde

GBM  -  n° 104

GBM957.jpg

François Vauvillier dans son éditorial lance un appel aux lecteurs en kiosque afin qu'ils s'abonnent pour consolider dans l'avenir la position du magazine dans le panorama de la presse spécialisée, ce qu'il nomme "l'abonnement  résolu, et même l'abonnement militant".

Parmi les neuf principaux articles au sommaire, nous retenons (tropisme Grande Guerre !) celui sur "L'infanterie de 1914" (Jean-Claude Latour) dont on apprécie la précision, celui sur "Les Schneider de montagne jusqu'en 1918" (par Guy François, meilleur spécialiste et encyclopédie vivante de l'artillerie de la Grande Guerre) et, du même auteur, "Le canon Archer. Un coup surtout politique", qui éclaire un des épisodes polémiques de l'histoire de l'artillerie de tranchée. Lescinq articles sur l'entre-deux-guerres et la Seconde guerre mondiale correspondent à la ligne traditionnelle de la revue : très grande précision des légendes, des couleurs, des numérotations, etc., mais celui sur le 1er régiment de dragons portés dans la bataille d'Hannut (Erik Barbanson et Sébastien Piffeteau) revient avec qualité sur ces combats de la mi-mai 1940.

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 12:05

Changement de plateforme d'administration du site

et adaptation au nouvel outil ...

Depuis trois jours, l'hébergeur de notre site a totalement changé la plateforme d'administration à partir de laquelle nous préparons et mettons en page nos billets et articles. Et pour être tout-à-fait honnête, nous n'avons pas encore saisi toutes les subtilités, compris toutes les fonctionnalités, en particulier pour ce qui a trait aux illustrations et à l'iconographie. Ne soyez donc pas surpris de constater des changements de forme, ou des différences d'un article à l'autre.

Sur le fond, rien n'est changé, pour la forme ... Nous allons faire le maximum pour nous adapter le plus rapidement possible ! Merci de votre fidélité et de votre compréhension.

 

Désolé ...
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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 07:01

Elevé à la dignité ...

Général Lucien Le Boudec, Mémoires, 1923-1954

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Les mémoires du général Le Boudec s’écartent avec bonheur des lois formelles du genre. L’auteur a choisi de laisser un témoignage de son parcours de vie en nous faisant partager sa correspondance avec sa mère. La conception de l’ouvrage s’avère en outre extrêmement agréable : chaque page de texte est en effet accompagnée de photographies, parfois de dessins ou de reproductions de documents. Le lecteur se trouve ainsi plongé visuellement dans l’ambiance des faits évoqués et peut, derrière les événements racontés, reconstituer, par petites touches, une époque désormais totalement révolue.

La pudeur dans les mots tout autant que l’humour ont pour vertu de dédramatiser la gravité de quelques situations. On devine là une tendresse filiale soucieuse de ne pas susciter trop d’inquiétude mais aussi une retenue élégante, inhérente aux valeurs du monde militaire dans ce qu’elles ont de meilleur. L’émotion le dispute toutefois à l’admiration face au parcours du général. Élevé par sa mère, confronté très tôt aux difficultés matérielles, Lucien le Boudec acquiert rapidement une grande maturité, étayée par des principes clairs et solides de droiture et d’honnêteté.

Son engagement dans les FFI, à vingt-et-un ans, suscite le premier des hasards destinés à orienter sa vie vers une carrière qu’il n’avait pas envisagée. Jeune sous-officier, il est admis à l’École militaire interarmes, fusionnée à l’époque à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Élève-officier d’active de la première promotion d’après-guerre, il choisit, lors de l’amphi de sortie, les troupes coloniales (option cavalerie) et suit donc une année de spécialisation à Saumur. Il y découvre ce qui deviendra l’une de ses passions, l’équitation. Second hasard heureux, il a été breveté parachutiste, ce qui n’est pas encore le cas général dans les promotions, et peut donc rejoindre une unité aéroportée. Intronisé moniteur, il se lance dans la chute libre. Malheureusement, sa surdité d’une oreille l’empêche rapidement de pratiquer cette activité.

Mais Lucien Le Boudec est d’abord soldat dans l’âme. Volontaire pour l’Indochine, son premier séjour, de 1949 à 1951, lui vaut une blessure et trois citations. De retour en France, il fait la connaissance de son nouveau chef, le commandant Bigeard, qui instruit soigneusement son 6e bataillon colonial de commandos parachutistes. L’unité embarque ensuite en juillet 1952 pour l’Indochine. Les lettres du lieutenant Le Boudec permettent de suivre de l’intérieur ses combats et sa vie quotidienne, marquée par les efforts physiques et parfois les  ennuis de santé. Vient le fait d’arme de Tu Lê et la légendaire retraite qui amènent la célébrité au « bataillon Bigeard ». L’unité est désormais dédiée aux interventions majeures. Larguée en 1954 sur Diên Biên Phu, elle y est progressivement anéantie, comme le reste des troupes d’élite. Le Boudec, qui commande depuis peu une compagnie, est promu capitaine à titre exceptionnel et reçoit la croix d’officier de la Légion d’honneur dix-neuf mois à peine après celle de chevalier.

Si l’auteur demeure extrêmement discret sur ses actes de courage, maints témoignages extérieurs nous renseignent amplement à cet égard. En revanche, les fac-similés des plans du camp retranché, avec les zigzags des tranchées, laissent deviner, tout autant que les photos qu’ils complètent, l’âpreté des combats évoquée dans le texte.

Combattant exceptionnel, atteint de plusieurs blessures, Lucien Le Boudec connaît, après la reddition, les rigueurs de l’univers carcéral viet minh. Ses souvenirs constituent un témoignage de première main quant aux souffrances et aux sévices endurés. Mais ils sont aussi l’occasion, pour le lecteur, de voir un homme s’efforcer de survivre en conservant sa dignité, en refusant de pactiser avec l’ennemi et en pratiquant une étroite solidarité avec ses camarades, aidant notamment les moins valides à survivre. Le lavage de cerveau communiste ne parvient pas à le briser, ni à lui faire renier, ou simplement oublier, ses certitudes morales et ses convictions religieuses.

Les conditions de libération, le retour en métropole sont abordés aussi brièvement que simplement, même si l’on devine combien la défaite de Diên Biên Phu marque un tournant dans l’histoire militaire de la IVe République. L’ouvrage s’achève là, au grand regret du lecteur. Par-delà ce témoignage, qui ressemble à un roman d’aventures, se construit cependant, au fil des pages, le parcours d’un homme qui ne plie jamais devant l’adversité, préférant vivre ses valeurs et son état militaire avec toute sa conscience professionnelle et morale. Ainsi qu’il l’écrivait à sa mère, en septembre 1949 : « Devenir son propre juge et s’estimer soi-même, je crois que c’est la seule vérité ».

C’est également l’histoire d’un homme qui s’efforce par son travail de construire matériellement, pour lui et sa mère, un cadre d’existence stable et décent. Cela n’empêche nullement Lucien Le Boudec, toujours « calme et posé », d’exercer pour le plaisir son don de la caricature, d’approfondir sa culture littéraire et de s’intéresser à la civilisation indochinoise lors de ses séjours en Extrême-Orient.

On attend donc avec impatience la suite de ces mémoires. Mais, d’ores et déjà, en mesurant la volonté, l’humanité et la droiture qui émanent de ce premier tome, il paraît légitime et juste de dire, en rendant à l’expression tout son sens, qui excède la simple formule de politesse, « Mes respects, mon Général… ».

Jean-François Brun

Editions Lavauzelle, Panazol, 2013, 541 pages, 28 euros.

ISBN : 978-2-7025-1564-8.

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 06:55

La résistance allemande à Hitler

Joachim Fest

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A la fois historien, éditeur, écrivain et journaliste allemand, Joachim Fest est rapidement devenu l’un des grands spécialistes du IIIe Reich, écrivant tour à tour sur Hitler, sur l’architecte Albert Speer ou sur d’autres protagonistes importants du régime nazi. Il est notamment connu pour son ouvrage Les derniers jours d’Hitler, publié en 2002, relatant la toute fin de la Seconde guerre mondiale en Europe à travers la bataille de Berlin et le suicide du Führer dans son bunker, livre qui a fortement inspiré le film La Chute,  sorti au cinéma en 2004.

Dans La résistance allemande à Hitler, Fest analyse la Résistance allemande d’une façon strictement chronologique, de l’avènement d’Hitler à l’attentat du 20 juillet 1944, en passant par l’absence (quasi totale) de réaction collective et d’opposition au régime, pour aborder plus en détails les évènements du 20 juillet 1944, de la conception du plan à son élaboration, puis à sa réalisation.  A travers son ouvrage, et grâce à de solides sources, J. Fest traduit l’ensemble des sentiments qui animeront la Résistance allemande, de ses premiers pas au début des années 1930 à son acte le plus connu du grand public, la tentative d’attentat du 20 juillet 1944. Les conjurés sont tour à tour caricaturés par Hitler comme une « toute petite clique d’officiers ambitieux », une idée qui est largement relayée par la propagande du régime et qui a longtemps persistée, puis considérés comme  des officiers traitres et opportunistes qui sentent venir la fin du régime et tentent de se racheter une conduite, pour certains ils étaient des réactionnaires, pour d’autres encore des progressistes, soucieux même a-t-on pu lire ici ou là de revenir à la monarchie ou d’instaurer un régime nouveau. Bref, les analyses ont été nombreuses.

En fait, cette résistance allemande est souvent difficile à comprendre et à appréhender du fait de la diversité des voix qui se sont liées à la confusion des voix qui se sont élevées en son sein. On y retrouve aussi bien des motivations chrétiennes ou socialistes que des préoccupations liées aux droits de l’homme ou des aspirations  conservatrices voire  réactionnaires. L’expression générique de « Résistance allemande » désigne plutôt un ensemble de mouvances indépendantes les unes des autres, en opposition fréquente.

« Le long chemin qui a mené à et événement (l’attentat du 24 juillet 1944), les tensions et les revers qui l’ont jalonné, mais aussi ses actes inutiles, constituent le sujet de ce livre. » : c’est peut-être, là, l’un des rares reproches que l’on peut faire au livre, celui de trop s’attacher (en proportion) aux épisodes qui mèneront au plus connu des attentats contre Hitler. Néanmoins, cet ouvrage offre au public non averti une nouvelle image de la résistance allemande qui n’a pas été seulement sporadique et qui n’est pas apparue de façon « opportuniste » à la toute fin du régime : « ce livre vise un public plus large de lecteurs intéressés par l’histoire. Son ambition n’est pas tant de révéler de nouveaux faits isolés. Il s’agit plutôt de raconter une vieille histoire en s’appuyant sur l’état actuel de la recherche ». Bien que J. Fest s’attache essentiellement à la construction et à l’aboutissement du mouvement des conjurés de septembre 1938 qui aboutit six ans plus tard à la tentative d’attentat de juillet 1944, qui marquera tant les mémoires, il tient également à démontrer que la Résistance n’est pas le fait de généraux inquiets pour leur propre situation, que les complots ont été nombreux (en pratique ils n’ont pas cessé, même lorsque le régime nazi est à son apogée). Les noms des conjurés de la première heure sont ceux qui apparaissent également à la dernière : la Résistance qui a débouché sur la tentative d’attentat du 20 juillet 1944 n’était pas une simple entreprise isolée, menée hors de tout contexte par quelques officiers. L’auteur traduit parfaitement le doute qui anime les conjurés sur la réussite de l’opération, et comme le dit si bien le colonel Stauffenberg, « il y aurait pire qu’un échec : accepter sans agir la honte et la contrainte paralysante ». Lucide, il fait observer « qu’il est temps d’agir. Mais celui qui ose agir doit être conscient du fait qu’il entrera sans doute comme un traitre dans l’histoire allemande. S’il s’abstient toutefois de commettre cet acte, il sera un traitre à sa propre conscience ».

Si la Résistance n’a finalement pas influencé le cours des choses, elle a notoirement  transformé le jugement porté sur ces années de régime nazi. D’un point de vue moral, la symbolique de la simple tentative (même se terminant par un échec) pèse exactement du même poids que le succès, et Fest de conclure par la remarque de l’un des conjurés, Justus Delbrück, « Je crois qu’il était bon que ce fût fait, et peut-être aussi que cela échouât ».

Bérenger Caudan-Vila

Coll. 'Tempus', Perrin, 2013, 528 pages, 11 euros.

ISBN : 978-2-262-04179-3.

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 06:50

Spécial Artillerie

Tranchées  -  n° 13

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Dans son éditorial, Yves Buffetaut annonce que la revue va redoubler d'activité éditoriale à partir de juin 2013 en lançant, outre ce trimestriel et ses hors-séries désormais bien connus, des numéros spéciaux qui seront de véritables "ouvrages de référence de 80 pages". Par ailleurs, grand merci à lui de bien vouloir citer Guerres-et-Conflits et d'inviter à nous lire.

Au sommaire de ce numéro d'avril-juin donc, deux grands articles sur l'artillerie, mais on relève aussi en particulier une originale présentation des "Isolés derrières les lignes allemandes" (Franck Beauclerc) au début de la Grande Guerre, "La première attaque des chars Renault" (B. Jurkiewicz) à la fin du mois de mai 1918 et la dernière partie de l'étude sur "Les dirigeables français au combat" (Ph. Nicodème).

C'est riche, divers, précis et agréable à lire.

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 07:00

L'enfer du retour

Nina Chapelle

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En première approche, on peut hésiter devant ce livre. Pour l'historien en particulier, il manque cruellement de références : un témoignage "à chaud", sur le ton de l'expression orale, au fil de la pensée, presque une psychothérapie, mais aucun nom, aucune précision, aucune indication de détail permettant de valider ou d'infirmer le texte. Or, quelques éléments très factuels peuvent laisser dubitatif (grades, missions ou commandements évoqués, etc.) d'une part, et l'on sait bien que tout témoignage doit être passé au filtre de la critique d'autre part.

Pourtant, ce livre est poignant. Sous pseudonyme, l'épouse d'un cadre rentré d'un Nième séjour en Afghanistan raconte, comme elle l'a vécu, avec ses mots, la descente aux enfers de son mari, sa dégringolade physique et psychique et les innombrables difficultés familiales et personnelles qu'il lui a fallu surmonter. En 32 chapitrres très brefs (parfois une page recto-verso), on y constate en particulier que, pour celui qui "passe à travers les mailles du filet" institutionnel, les incompréhensions, les obstacles, les déceptions, les angoisses sont plus grandes encore. Et ce fut le cas de ce militaire, que fort heureusement son entourage (et sa femme au premier rang) a pu "sauver". A la fin du récit de Nina Chapelle, le lecteur est un peu sous le choc face à tant de malheurs et l'historien se demande si cette galerie de portraits aussi nets, ce récit aussi fluide, ces événements aussi tranchés ont bien été réels. Il reste le sentiment sinon d'une histoire en partie "romancée" sur une base réelle, du moins de 2 ou 3 histoires proches synthétisées en une seule. Et pourtant...

Et pourtant, les quatre longs textes qui, regroupés sous le titre "Paroles d'experts", terminent ce volume (pp. 139-234) donnent au témoignage qui précède toute sa crédibilité : le général Irastorza, ancien CEMAT, le professeur Clervoy, médecin militaire, Axel Augé, sociologue et Jasna Stark, avocate, partent de cette situation individuelle pour évoquer plus largement toute l'importance, dans la société d'aujourd'hui, de la prise en compte effective du syndrome post-traumatique de guerre, les progrès réalisés en quelques années, mais aussi les difficultés à convaincre certaines administrations (qui n'ont parfois plus de "militaire" que le nom même si elles relèvent du ministère de la Défense) et les réticences qui subsistent dans le corps social (civil comme militaire) à l'égard de ces blessures invisibles.

Au bilan, un beau texte, poignant, marquant, qui fait réfléchir et qui pose aussi de nombreuses questions. Et une pensée émue, beaucoup de compassion, pour "Nina Chapelle", son mari et ses enfants.

J.-C. Gawsewitch Ed., Paris, 2013, 238 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-35013-408-6.

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 06:55

Sentinelle

Pôle internet du droit international

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Voici un site tout-à-fait intéressant, en ce qu'il permet de suivre avec une grande précision l'actualité des conférences et décisions internationales. On y trouve en particulier un onglet "Bulletins", qui permet de retrouver tous les numéros diffusés depuis janvier 2005 de cette publication électronique : c'est dire la masse d'informations, offerte sur les questions les plus variées et les différentes zones de crise (commerce des armes, terrorisme, république démocratique du Congo, Moyen-Orient, Corée du Nord, etc.).

Un outil qui sera d'une grande utilité à tous ceux qui souhaitent suivre chaque semaine l'évolution de ces questions.

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 06:50

Héros nationaux et pères de la nation en Afrique

XXe siècle  Revue d'histoire  -  n° 118

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On connait leurs noms, mais rarement leurs parcours. Plusieurs articles originaux donc dans le numéro d'avril-juin 2013 de XXe siècle Revue d'histoire, sur le thème de l'héritage ou de l'empreinte de quelques grands noms des indépendances africaines (Sékou Touré; Kenyatta, Nyerere, Senghor, etc.). On apprécie également l'article original en varia d'Arnaud Houte sur un sujet rarement traité : "L'impossible constitution d'une garde civile en France, 1913-1920".

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 07:05

Les agents secrets de la France Libre

Pascal Le Pautremat

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Ce nouveau volume publié chez Histoire & Collections rend hommage aux hommes discrets des services de renseignement de la France Libre, ces hommes qui avaient choisi, comme le disait le capitaine Dewavrin, premier chef des services de renseignement militaires du général de Gaulle, de "servir et se taire"

L'ouvrage, à la fois livre et album, présente la particularité d'être très richement illustré avec une iconographie de qualité et souvent originale. Outre les très nombreuses photos, parfois en couleurs (et souvent extraites de collections privées), on relève des documents officiels,de lapropagande, des coupures de presse, etc. On apprécie également la présence de plusieurs organigrammes très clairs, qui permettent de "visualiser" les évolutions et transformations successives de ce célèbre Bureau central de renseignements militaires. Il faut également signaler, au fil du texte, la présence d'encarts résumant de nombreuses biographies. Nous avons pour notre part particulièrement apprécié la partie centrale, "Les missions du BCRA", organisée en trois chapitres : "Priorité accordée au service Action", "Différents armements parachutés au prfit du BCRA" et "Création d'un maillage de réseaux de renseignement et d'action". L'auteur revient ainsi sur les plans Sussex et Proust (mise en place de binômes -observateur et radio- en marge des réseaux de résistance intérieure), ainsi que sur le rôle des Délégués militaires régionaux à partir de l'automne 1943.

Un index des noms propres, une brève bibliographie et un petit lexique complètent ce petit volume. C'est vivant, facile et agréable à lire et (une nouvelle fois) fort bien illustré. Un volume de présentation générale qui se distingue cependant par sa précision et sera sans doute apprécié de tous.

Editions Histoire & Collections, Paris, 2013, 144 pages. 24,95 euros.

ISBN : 978-2-35250-269-2.

 

 combattant-FFL.gif

Signalons également sur un thème proche la réédition en format poche dans la collection 'Tempus' de Combattant de la Fance Libre. Jean Mathieu Boris, ouvrage que nous avions chroniqué le 24 mai dernier (ici).

 

Pascal Le Pautremat a bien voulu répondre à quelques questions

Question : Par rapport aux autres ouvrages récemment parus sur le même thème général, que voulez-vous apporter de plus, ou de nouveau, avec ce livre ?

Réponse : Vous faites allusion sans doute aux ouvrages de Sébastien Albertelli dont la thèse était consacrée au BCRA en insistant, d’ailleurs, surtout sur les dimensions politiques du sujet. Ici, l’approche est assez différente. Il s’agit de concilier vues d’ensemble et regards précis sur le BCRA, de valoriser les missions marquantes et les portraits de ses membres les plus emblématiques. L’’originalité de cet ouvrage repose sur l’importante iconographie que l’on y trouve. La richesse de cette documentation relève du travail remarquable qu’Eric Micheletti et Jean-Louis Perquin ont réalisé.

Et puis, ce livre s’intègre dans une série d’ouvrages consacrés à la Résistance ; l’un porte sur les opérateurs radio clandestins, un autre sur les parachutages… Au final, cela donne, nous semble-t-il, un ensemble assez complet, qui peut aussi séduire les jeunes générations, où la combinaison de textes et d’images peut permettre d’aborder des thèmes qui, au premier abord, pourraient leur apparaître, abstraits ou abscons, bien loin de leurs préoccupations immédiates.

Question : Vous insistez longuement sur la priorité donnée au service Action du BCRA. Les missions de renseignement et d'action étaient-elles réellement distinctes ?

Réponse : On a le sentiment que le BCRA, pour être crédible auprès des Britanniques et des Américains, tient à montrer une réelle capacité opérationnelle. D’où, en effet, la volonté de mener, très rapidement, des actions en France. A la fois pour démontrer la valeur des agents français –ce que les Alliés attestèrent– et pour jauger le potentiel allemand, favoriser la constitution de réseaux, leurs soumettre les directives du Général, et, conjointement, obtenir en retour des renseignements qui étaient aussi communiqués aux Alliés.

Question : Vous citez dans un organigramme du service en 1942 une "section non militaire" : pouvez-vous nous en dire plus sur son rôle et son importance éventuelle ?

Réponse : La Section Non militaire (Section N/M) du BCRA apparaît en effet en août 1942 et témoigne de cette volonté du général de Gaulle d’intensifier les actions de portée politique sur le territoire métropolitain, en sollicitant les réseaux de résistance locaux. D’où l’envoi de divers courriers et directives quant aux actions politiques à entreprendre. Et de Gaulle ne cache pas non plus son intention de vouloir contrôler l’ensemble de la résistance. Le rôle et les tentatives de Jean Moulin le démontrent. Jean Moulin parvient ainsi à mettre sur pied le Conseil national de la Résistance (CNR), qui vise à concilier les différentes tendances politiques des mouvements de résistance. Quant à la Section N/M, en janvier 1944, elle sera intégrée au Commissariat de l’Intérieur.

Pour Charles de Gaulle, tout relève d’une stratégie de crédibilité, en somme, vis-à-vis de la population française métropolitaine. Il donne le sentiment de préparer le terrain, de faire valoir sa potentialité en temps que futur chef d’Etat, une fois la guerre terminée.

Question : De tous les personnages dont vous présentez la biographie ou les états de service, quel est celui qui vous semble avoir connu le parcours individuel le plus exceptionnel ?

Réponse : C’est à la fois difficile et délicat de trancher. Délicat parce que n’ayant pas connu, évidemment, les protagonistes, ni l’époque si particulière à laquelle ils se manifestent, il serait malvenu de juger ou dévaluer tel ou tel agent. Difficile, aussi, parce que tous, finalement, ont un parcours hors norme. Sauf que l’Histoire en a retenu quelques uns, alors que d’autres sont morts dans l’anonymat le plus total… Cela dit, il y a évidemment des figures qui nous marquent, nous impressionnent… Je pense à Louis de la Bardonnie et à celles et ceux du Réseau Confrérie Notre-Dame qui connurent, pour la plupart, une fin tragique. Comment, ne pas citer, aussi, Honoré d’Estienne d’Orves…En fait, je retiens surtout ceux qui n’étaient pas carriéristes et ambitieux, ou friands de luttes intestines. Car il y en eut au BCRA… comme dans la Résistance dans son ensemble…. Vieux travers de l’âme humaine !

Merci très vivement pour toutes ces précisions et à très bientôt.

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 07:00

Au combat

Réflexions sur les hommes à la guerre

Jesse Glenn Gray

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Un vrai classqiue qui a profondément marqué des générations d'étudiants, chercheurs et amateurs sur la question de la guerre. Dans ce livre, publié pour la première fois en 1959 et basé sur son expérience personnelle de la Seconde guerre mondiale, Jesse Glenn Gray nous présente sa réflexion sur l'homme dans la guerrre.

Le livre est divisé en six grands chapitres qui nous entrainent tout-à-tour du récit de la réalité des combats à la perception indivudelle des événements et à une véritable réflexion philosophique (I : "Se souvenir de la guerre et oublier", II : "L'attrait persistant du combat", III : "L'amour : allié et adversaire de la guerre", IV : "Le soldat et la mort", V : "Figures de l'ennemi", VI : "Le tourment de la culpabilité"), La conclusion s'ouvre sur ce constat terrible : "Pour beaucoup, la perspective d'une paix stérile et insipide est aujourd'hui aussi effrayante que celle d'une grande guerre ... Si, par quelque magie, tous les peuples de la terre pouvaient être assurés de jouir d'une paix éternelle, un observateur perspicace ne manquerait pas de discerner chez eux, un véritable regret et une véritable déception, mêlés, bien sûr, à des soupirs sincères de soulagement et de joie". C'est assez dire l'ambivalence des sentiments exprimés au long de l'ouvrage, et l'auteur nous invite finalement à pratiquer "l'ancienne vertu d'espérance". On pourrait multiplier les citations relatives à l'exaltation des combats contre "l'ennui" de la paix, sur l'importance des liens de camaraderie  dans les groupes primaires ("Ils avaient conscience que, en abandonnant leur poste pour sauver leur vie, ils exposeraient leurs compagnons à un plus grand péril. Le moral du combattant a pour essence cette loyauté envers le groupe"), sur l'intensité avec laquelle il faut vivre ("La peur de la mort qu'éprouve le lâche provient en grande partie de son incapacité à aimer autre chose que son propre corps"), ou sur le soldat professionnel, "enfermé dans un monde de moyens et d'instruments, lui-même en étant un parmi d'autres" ou le désir très largement partagé de victoire totale, mais, "sitôt la victoire acquise, voici que nous sommes choqués au-delà de toute mesure par cette licence morale".

Un grand livre qui, à de multiples égards, n'a rien perdu de son actualité.

Coll. 'Texto', Tallandier, Paris, 2013, 298 pages. 10,50 euros.
ISBN : 979-10-210-0088-9. 

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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