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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 06:00

Les Français sous l'occupation en 100 questions

Fabrice Grenard et Jean-Pierre Azéma

La jeune collection 'En 100 questions' s'enrichit d'un volume sur l'histoire des Français entre 1940 et 1945 (voire au-delà), d'autant plus justifié que les débats sont toujours nombreux sur cette période.

Ces 100 questions, auxquelles il est généralement répondu en brefs chapitres de trois pages, sont organisées en neuf grandes parties chrono-thématiques : "Le traumatisme de la défaite, 1940", "Vichy, la Révolution nationale et la collaboration d'Etat, 1940-1941", "Occupants et occupés", "Vivre et survivre en France sous l'occupation", "Les débuts de la Résistance, 1940-1941", "Basculements, printemps 1942-1943", "Radicalisation, fin 1943-printemps 1944", "Libérations, épuration reconstruction, 1944-1950", et "Mémoires". Au regard du nombre et de la diversité des sujets traités, il s'agit d'une bonne première approche, d'un accès facile, à cette période complexe. Le propos est généralement mesuré (comme la distinction entre l'accueil réservé à Pétain lui-même et les appréciations portées sur les autres représentants du régime : "Ce soutien à Pétain ne se traduit nullement par un soutien à son gouvernement"), et l'on peut d'autant plus regretter, parfois, une forme de discours trop convenu ("un véritable complot tramé contre la République" en juillet 1940 ?). C'est finalement un tableau en demi-teinte que brosse ce livre, celui d'une population longtemps déboussolée au sein de laquelle les résistants, très divers, restent largement minoritaires et où une forme de "fronde" (campagne des "V" en 1941) marque une opposition sans pouvoir pour autant être assimilée à une résistance active. Le STO (auquel plusieurs chapitres sont consacrés) favorise indiscutablement une rupture ("99% de la population des villes et des campagnes sont pour les défaillants, leur apportant une aide matérielle et morale" peut-on lire dans un rapport de gendarmerie), mais une rupture progressive ("L'opinion se montre de plus en plus réceptive à la contre-propagande résistante"). De même, les premiers maquis mettent plusieurs mois à se structurer, à s'organiser et à être équipés, et les maquisards eux-mêmes reflètent la diversité sociologique de la population. Toujours entre ombre et lumière, la période de la libération est également traitée à travers plusieurs chapitres, qui font ressortir la complexité de la situation : "Alors que la guerre se prolonge jusqu'en mai 1945, que des régions entières sont détruites et que la reconstruction s'annonce difficile, les Français comprennent que, s'ils ont retrouvé la liberté, le temps des sacrifices n'est pas encore terminé".

Un bon volume de synthèse pour tous ceux qui voudraient commencer à s'intéresser à ces questions. 

Tallandier, Paris, 2016, 330 pages. 15,90 euros.

ISBN : 878-19-219-2065-8.

Vie (extra)ordinaire sous l'occupation
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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 06:00

Sur les routes d'Afghanistan

Pierre-Jean Laforêt

Pour l’armée française, l’engagement en Afghanistan permit de mettre en lumière l’importance du génie dans la réalisation de la manœuvre interarmes. « Pas un pas sans appuis », cette maxime devint une réalité pour les soldats confrontés aux Taliban et à leurs artifices : mines et autres Engins Explosifs Improvisés (EEI). La France connut deux périodes d’engagement. Entre 2002 et 2006, les militaires demeurèrent essentiellement dans la proximité de Kaboul pour mener des opérations de stabilisation puis d’imposition de la paix. Avec le retour des Taliban et le changement de posture politique à partir de 2007, l’armée française connut le feu et le retour du combat de contre-guérilla (2007-2012). Dans ce contexte, le génie décida de se doter d’un Détachement d’Ouverture d’Itinéraire Piégé (DOIP), concept de Road Clearence Package développé à l’origine par l’armée américaine à partir de son engagement en Irak. Constitué de véhicules spécialisés dans la détection des pièges (SOUVIM puis SOUVIM 2), d’engins d’interrogation et de traitement de la menace (camion BUFFALO) et de véhicules transportant les démineurs et leur escorte (VAB puis véhicules hautement protégés ARAVIS), ces détachements furent projetés en Afghanistan à partir du mois d’avril 2009 jusqu’à la fin de l’année 2012 sans interruptions. Cette mission fut confiée à la 6e compagnie de contre minage du 1er Régiment du Génie (RG) qui fut transférée au 13e RG lors de la dissolution de cette unité en juin 2010. Les sapeurs étaient donc en auto relève durant quatre années. Les pertes furent sensibles : deux tués (sergent-chef Laurent Mosic mort au combat le 6 juillet 2010 et 1ère classe Loïc Roperh, le 10 mai 2011) et de nombreux blessés, soulignant le caractère particulièrement risqué de cette mission, au combien importante pour la sauvegarde de leurs camarades.

Le principal mérite de cet ouvrage (147 pages) de Pierre-Jean Laforêt, ancien enseignant et éditorialiste au Chasseur français, est de nous plonger au travers des témoignages des sapeurs du génie de tous grades de ce détachement (21 récits), au cœur de leurs missions en Afghanistan. Parfaitement écrit et documenté, il laisse la parole aux hommes, sans juger, permettant ainsi au lecteur de découvrir toutes les facettes de cette mission bien particulière : le quotidien, les tactiques mises en œuvre, les coups durs, la mort des camarades et les blessures physiques ou psychiques. Le lecteur découvre ainsi une partie de l’expérience de ces hommes (et femmes car il y en a eu) entièrement préoccupés par la protection de leurs camarades. De la solitude du conducteur de SOUVIM à l’appréhension des sapeurs remontant la ligne pour retrouver le tireur (Trigger) embusqué qui attend le passage du véhicule ciblé, tous les aspects particuliers de cette mission sont évoqués dans le texte qui s’attache aussi à bien décrire l’évolution de la menace en fonction des périodes où les militaires furent projetés. Une carte bienvenue en ouverture d’ouvrage permet de situer les axes empruntés par le DOIP et les principales bases opérationnelles avancées de l’armée française en Surobi et en Kapisa. A noter aussi la présence d’un cahier photo présentant les véhicules mentionnés dans le récit. Il manque juste un glossaire des sigles pour permettre au lecteur non spécialiste de se retrouver dans la multiplication des termes techniques. Cette mission fut particulièrement exigeante pour les sapeurs de la 6e compagnie en auto-relève : pendant que les uns étaient en mission, les autres se préparaient en France à partir à leur tour. Le retour ne fut pas toujours facile au sein d’une armée de terre redécouvrant le combat de haute intensité et en prise avec les multiples réformes (système de paie Louvois, bases de défense etc.).

Ce livre est une réussite, qui atteint son objectif de « transmettre une parcelle de mémoire » (p 147). J’ajoute pour ma part que sa lecture est indispensable pour tous les lecteurs spécialistes (ou non) souhaitant comprendre l’action du génie en Afghanistan. Ces récits ont une véritable valeur de témoignages, qui nous plongent au cœur de l’action de la 6e compagnie des Sapeurs de Leclerc. Ils éclairent et documentent des parties restées dans l’ombre de l’engagement du l’armée française en Afghanistan. Malgré de nombreux coups portés par les Taliban, le pourcentage de perte du contingent français du aux EEI reste bien en dessous de celui de la coalition en Afghanistan (28% contre 51%). Pour son action en Afghanistan, la 6e compagnie du 13e RG fut citée à l’ordre de l’armée avec l’attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec étoile de bronze sur son fanion le 21 novembre 2011.

Une lecture chaudement recommandée.

Ch. Lafaye

Editions Aéropage, 2016, 148 pages, 18 euros.

Pour commander directement chez l'éditeur :

http://vouivre.com/home/108-sur-les-routes-d-afghanistan-9782366490312.html

DOIP en Afghanistan
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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 17:32

Offensive Nivelle

14 / 18 Magazine  -  n° 76

Une forme d'actualité commémorative imposait sans doute de titrer sur l'offensive de printemps (dite Nivelle) de 1917, et la rédaction a eu la bonne idée de consacrer au sujet quatre articles différents. Denis Rolland s'intéresse "Aux sources de l'offensive du Chemin des Dames" ce qui permet de remettre en contexte les opérations ultérieures, Pierre Dufour revient (une Nième fois...) sur "La Légion dans l'offensive Nivelle, Christophe Robinne aborde le sujet sous l'angle de la critique de l'offensive qu'en fait Messimy, tandis que Guy Marival nous rappelle les "Villages disparus du Chemin des Dames". Au-delà, deux articles à souligner. L'un, consacré à "Louis II de Monaco dans la Grande Guerre", est rédigé par le directeur et l'administrateur des archives du palais princier : il présente un "soldat" de la Grande Guerre de façon très élogieuse..., mais oublie les nombreux commentaires et témoignages qui émettent de sérieuses réserves sur le rôle "militaire" du-dit prince. Le second, sur "Les transmissions de l'armée française" est de facture classique mais constitue une bonne synthèse générale.

 

Offensive d'avril 1917
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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 06:05

Guerre de Finlande, combats en Normandie, Allemands en Erythrée

Batailles & Blindés  -  n° 77

Ce numéro de février-mars témoigne d'une réelle volonté éditoriale de renouveler les articles et d'aborder des sujets non (ou rarement) traités. Tous ou presque méritent d'être signalés et nous en relevons cinq qui nous semblent plus originaux que les autres, au regard de ce qui a pu être publié ces dernières années. Signalons d'abord la première partie d'un article consacré à la bataille de Suomussalmi au début de la guerre finno-soviétique, qui met en valeur l'action aussi habile que déterminée des Finlandais. Notons également un quasi-portofolio détaillant une contre-attaque de blindés sur le front de l'Est en 1943, et trois autres articles consacrés à l'armée allemande : l'un analyse les directives données par le chef de corps du SS Panzer Regiment 2 avant d'être engagé dans la bataille de Normandie, un autre évoque l'étonnante histoire d'une compagnie allemande de 140 hommes sous uniforme italien en 1940-1941 (on souhaiterait même en savoir plus !), un dernier aussi étonnant raconte le raid (assez catastrophique) ordonné par Patton en 1945 pour aller ... libérer son gendre dans un camp de prisonniers au coeur du Reich !

Un numéro très "germano-centré" mais qui aborde des sujets très originaux.

Sujets inédits : bravo !
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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 06:00

Aviations grecque, américaine, allemande, japonaise...

Aéro Journal  -  n° 57

Dans ce numéro, outre le dossier très complet sur le bombardier allemand Heinkel He 177 Greif, trois articles retiennent plus particulièrement notre attention. Une belle présentation en une dizaine de pages de l'aviation royale grecque entre 1916 et 1949 mérite le détour, une solide étude sur les avions d'attaque terrestre japonais de la Seconde guerre mondiale et leurs erreurs de conception non corrigées au fil des années en une douzaine de pages est également à lire avec attention, enfin la belle deuxième partie de l'article "Une journée en enfer", en une vingtaine de pages, vous en apprendra certainement beaucoup sur l'aéronautique embarquée, ses tactiques, doctrines d'emploi, formations d'attaque, etc.

Un numéro qui compte de nombreuses illustrations originales et de belles planches couleurs des appareils. Un agréable moment de lecture.

Chasse et bombardement
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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 06:00

Verdun

Nouvelles approches historiographiques

RHA  -  n° 285

Ce dernier excellent numéro de l'année 2016 de la Revue Historique des Armées consacre un beau dossier en six articles à la bataille de Verdun. Marie-Catherine Villatoux détaille les évolutions et les innovations de la bataille aérienne au-dessus de la Meuse, Vincent Arbaretier s'intéresse à l'analyse, au point de vue et aux décisions du côté allemand, Frédéric Jordan nous parle des enseignements tactiques de la bataille et de l'importance des forces morales, Claude Franc tente une comparaison de Pétain et Nivelle comme commandant de la IIe Armée, Christophe Gué étudie pour sa part l'organisation du commandement français dans la bataille, et (plus largement) Michaël Bourlet retrace le parcours de 20e CA dans la guerre. Un dossier solide, auquel on peut ajouter le premier article en 'varia', par Olivier Lahaie, sur "La guerre secrète contre les dirigeables allemands".

Parmi les autres articles, une présentation (rare) de la naissance de l'armée jordanienne à partir de la Légion arabe de Glub Pacha (Vincent Arbaretier), une étude sur la campagne d'Italie de 1859 par Eric Tanguy, tandis que Jean-Charles Foucrier s'intéresse au ciblage des gares dans la préparation des bombardements alliés de la Seconde guerre mondiale sur l'Europe, et que Jean Bourcard nous raconte l'étonnante histoire de l'étendard du 505e RCC entre 1940 et 1945. Un certain scepticisme, peut-être, avec l'article en anglais de William T. Dean, sur l'influence de la guerre coloniale sur le commandement français de la Grande Guerre. Outre qu'il compte quelques erreurs ou approximations factuelles, pourquoi ne pas avoir traduit ce texte en français ? S'agit-il de "faire scientifique" ? Objectivement, au regard du lectorat de la revue, l'initiative semble peu adaptée.

Pour commander directement la RHA auprès du Service historique : ici.

La grande bataille
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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 06:00

La liberté, pour quoi faire ?

Georges Bernanos

"L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait". Cet extrait de la citation qui figure en 4e de couverture ne peut que recevoir mon approbation, et c'est avec plaisir que j'ai commencé la lecture de ce petit volume format "poche".

Détournant la célèbre formule de Lénine, nous retrouvons dans ce volume cinq conférences peu connues des non spécialistes (Bernanos reste surtout l'auteur de La grande peur des bienpensants et du Journal d'un curé de campagne), prononcées par l'auteur dans les dernières années de sa vie : "La France devant le monde de demain", "La liberté, pour quoi faire ?", "Révolution et liberté", "L'esprit européen et le monde des machines", et "Nos amis les saints". La première est le constat d'une "crise de civilisation" à laquelle il répond par une ode à l'idée qu'il se fait de la France et de son histoire : "On voudrait faire de la France aujourd'hui, sur le plan de la politique extérieure comme sur le plan de la pensée elle-même, une espèce d'intermédiaire qui touche des pourboires de tout le monde. Je dis que la France a un autre rôle à jouer que celui d'intermédiaire". Il constate, mais refuse, l'abaissement de la France de l'immédiat après-Deuxième guerre mondiale. Oui, "la France court aujourd'hui le plus grand risque et la plus grande chance de son histoire ... C'est parce que la France court son plus grand risque qu'elle court aussi sa plus grande chance". Et malgré toutes les difficultés, malgré la supériorité apparente de la technique, de la modernité, des technostructures, la puissance de la pensée et la force des traditions séculaires peuvent être des armes formidables pour la résistance : "Je répète que la France est présente dans chacune de ces villes dont vous ne pouvez même pas voir le nom sur la carte, parce que le curé, le tabellion,l'hôtelier, le pharmacien ou le rédacteur en chef de la feuille hebdomadaire locale y parlent entre eux de mon pays avec la gravité religieuse d'un homme de 1848". La religion chrétienne y tient naturellement pour lui une très grande place, une place d'autant plus importante qu'un "monde est en train de se construire et le moins qu'on puisse dire de lui est qu'il ne s'organise certainement pas selon les principes et les méthodes de notre tradition spirituelle" ; et l'histoire dans le temps long est essentielle : "L'histoire d'un grand pays a des racines profondes, et qui vont très loin sous la terre, que la pensée d'un grand peuple n'est pas une idéologie abstraite, mais une nourriture vivante et son influence une sorte de fécondation". Il refait ainsi au fil du texte l'histoire des années précédentes, de la fin de la IIIe République, de la défaite de 1940, du régime de Vichy, de la Résistance et s'élève contre le matérialisme soviétique aussi bien que contre le "Trust-Roi, le Trust-Dieu" des Etats de l'Ouest : "La France n'est pas responsable de cette civilisation absurde. Cette civilisation s'est faite sans elle, s'est faite contre elle. Vis-à-vis de ce monde, la France est libre"... La deuxième conférence s'intéresse plus particulièrement à cette maladie spirituelle de l'humanité qui se manifeste par la disparition de la liberté (de penser), y compris au sein de la société occidentale qui "s'accomode si bien de la démocratie mais qui ne vise qu'à la dictature politique mondiale, à travers la dictature économique". Il y condamne la toute-puissance d'un Etat désormais menteur et tricheur : "L'Etat moderne n'a plus que des droits, il ne se reconnaît plus de devoirs, c'est précisément à ce fait qu'on a toujours reconnu les tyrans ... Qui prend l'habitude de voler court grand risque de devenir un tueur". Pour résumer en quelque sorte, "la France a été trahie par ses élites et ses élites intellectuelles l'ont encore plus trahie que les autres, car elle ont trahi sa tradition et son génie, en doutant systématiquement et l'une et de l'autre" . Dans la troisième et la quatrième, se présentant comme le "modeste interprète de millions de braves gens que je connais bien, parce que je suis l'un d'eux", il considère la maîtrise de la fission atomique comme le signe ultime de la catastrophe (morale d'abord) et s'en prend à la civilisation des machines et au machinisme, à "la barbarie technique", qui n'apporte rien sinon au mieux de gagner du temps, mais du temps pour quoi faire ? Il revient sur les drames récents de l'Europe, sur les massacres et la guerre total, sur la crise morale, sur les traficotages économiques, avant d'en appeler à "la civilisation européenne (qui a) un caractère universel ... Nous croyons que la civilisation européenne est inséparable d'une certaine conception de l'homme" et à retrouver confiance en nous-mêmes : "La civilisation européenne s'écroule et on ne la remplace par rien, voilà la vérité. A la place de ces immenses épargnes de civilisation, d'humanité, de spiritualité, de sainteté, on offre de déposer un chèque sans provision, signé d'un nom inconnu". Suivent plusieurs lignes magnifiques d'hommage à cette Europe que Bernanos ne conçoit qu'ayant la foi. Car la religion chrétienne est à la base, on l'a bien compris, de sa pensée et de ses écrits. La dernière enfin, subtile, délicate, presque amusante parfois, vise à redonner de l'espoir après le sombre tableau précédemment décrit. Une forme d'optimisme qui trouve bien sûr sa source dans la religion.

Attention toutefois à ne pas se méprendre : " il s'agit de relever l'homme, c'est à dire de lui rendre, avec la conscience de sa dignité, la foi dans la liberté de son esprit". Car telle est bien sa vérité, dont il veut nous convaincre : "le monde ne sera sauvé que par des hommes libres". Bref, un texte décapant par les temps qui courent, et que l'on peut apprécier sans être pour autant une grenouille de bénitier (ce que Bernanos n'était pas d'ailleurs).

Folio Essais, Paris, 2017, 245 pages. 9,30 euros.

ISBN : 978-2-07-270957-9.

Une voix libre
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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 06:00

Maximes sur la guerre

suivi de Supplément aux maximes sur la guerre

René Quinton

Ouvrage étonnant que ce petit livre.

Engagé volontaire dès le début de la Grande Guerre bien que son âge ait pu lui permettre de rester à l'arrière, il sert aux armées jusqu'à sa démobilisation en 1919 comme officier d'artillerie, de campagne ou lourde. Entré en guerre comme capitaine de réserve, il retourne à la vie civile comme lieutenant-colonel à titre définitif. Il sert en particulier sur l'Yser, sur la Somme, à Verdun, en Champagne, sur l'Aisne, huit fois blessé, il arbore sur le ruban de sa croix de guerre les sept clous et palmes qui correspondent aux citations reçues. Pour compléter le portrait du personnage, rappelons-nous qu'il fut au début du XXe siècle l'un des plus célèbres physiologistes et naturalistes, parfois comparé à un Darwin français.

C'est ce scientifique autodidacte et adepte de l'expérimentation qui, à la fin de l'année 1917, après trois ans de guerre, commence à jeter sur le papier de brèves phrases : "J'ai travaillé à jeter les bases de ce qui pourrait constituer une petite brochure sur la guerre. Peut-être, en 300 ou 400 maximes, pourrait-on dire sur le sujet cinq ou six nouveautés. J'y fais la théorie que vous connaissez, à savoir que la guerre est un chapitre de l'amour, l'état naturel des mâles". Ces maximes (qui parfois se répètent un peu) sont donc profondément marquées par son époque et par sa double expérience de biologiste et de soldat. La guerre y est toujours présente, dans un environnement d'amour et de mort, d'héroïsme et de sacrifice, d'instincts et de devoirs. Les citations (qui pour certaines peuvent choquer ou surprendre dans un XXIe siècle individualiste et matérialiste) pourraient être multipliées à l'envie : "Les êtres ne sont beaux qu'en amour et à la guerre, parce que le dévouement et l'abnégation sont les deux vertus de l'amour et de la guerre", "L'héroïsme est de servir", "Les hommes qui font la guerre ne songent pas à la guerre. Les braves la font et y pensent sans répit. Ils en acquièrent une expérience réfléchie et en deviennent les physiciens", "La guerre est un jeu terrible où l'on gagne toujours, sauf une fois", "Les soldats paient de leur vie les erreurs de l'avancement", "Les pertes sont la honte du chef" et pourtant "Il y a des moments où la vie du chef importe plus que celle de la moitié de ses hommes", "L'observation est rarement à la guerre ce qu'elle doit être. A chaque échelon, le chef la confie à un subordonné, en sorte que les yeux de l'armée tombent au dernier rang de la hiérarchie", "Sur la ligne de feu, il n'y a plus de discipline ; il y a le consentement mutuel. La discipline recommence à l'arrière", "Le drame moral vient du conflit entre l'instinct de vivre et l'instinct de servir", et cette phrase définitive : "La mort au combat est la fin naturelle des mâles".

Il serait intéressant de retrouver les carnets personnels et correspondances de subordonnés de Quinton pendant la guerre, ne serait-ce que pour y rechercher comment ils appréciaient leur commandant. Des maximes qui s'inscrivent, on le voit, dans les courants philosophiques de la fin du XIXe s.- début du XXe s., qui annoncent le culte du héros et de mise en valeur du sacrifice naturel pour des élites conscientes. Un mélange de réalisme froid et d'intellectualisation du combat et de la violence considérés comme inhérents aux âmes hautes. Un livre étonnant, qui en creux nous éclaire aussi sur les courant de pensée des années 1900-1920.

Editions Energeia, Saint-Nazaire-en-Royans, 2016, 158 pages, 18,- euros.
ISBN : 979-1093492-22-3.

Réflexions et pensées
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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 06:00

Comment fausser compagnie à ses geôliers allemands

Manuel d'évasion

Lieutenant Geraud de Bonnafos

Savoureux ! Voici le texte d'une conférence prononcée le 21 août 1942 dans un sanatorium de Haute-Savoie par un aspirant de l'armée française récemment libéré de son camp de prisonniers en Allemagne.

Considérant, après trois tentatives d'évasion, que la réussite (hors le facteur "chance") repose sur une solide préparation, le lieutenant Geraud de Bonnafos prononce devant ses camarades du sanatorium Martel de Janville une conférence visant à "raconte des histoires d'aventures arrivées à des camarades au cours des différents stades de la préparation et de l'exécution de l'évasion". Le plan de sa conférence est en quelque sorte chronologique, de la préparation très loin en amont, dès que la décision est prise de s'évader, au franchissement à pied de la frontière suisse. Bref chapitre par bref chapitre, tous les aspects sont successivement abordés, de la nécessité de trouver un équipier à la qualité de la carte dont il faut se munir, de la récupération ou de la confection de vêtements civils à l'obtention de faux papiers, de la question de la nourriture à celle de l'argent, des moyens de quitter le camp à l'achat d'un billet de train en gare. Pour comprendre la relative (et apparente) facilité de toutes ces tentatives, il faut se souvenir que le régime dans les camps d'officiers était relativement souple et que ces derniers disposaient pratiquement de tout leur temps. Le tout est en permanence émaillé de très nombreuses anecdotes, des "cas concrets" en quelque sorte, que l'auteur a soit vécu, soit été témoin, ou dont il a entendu parler par des camarades dignes de foi. Les officiers prisonniers évoqués par le lieutenant Geraud de Bonnafos font visiblement preuve d'imagination et d'originalité, de détermination et de sang-froid. Comme il le dit lui-même en conclusion : "Si les Allemands ont été les plus forts, les prisonniers leur ont montré, dans certaines occasions, qu'ils n'étaient pas les plus malins, et de loin". Cette conférence tient les cinquante premières pages du livre. La dernière partie est constituée d'un "dossier" rédigé par les petits enfants de l'auteur et qui permet de remettre le texte initial dans son environnement (conventions relatives aux prisonniers, organisation et fonctionnement d'un oflag, la Croix-Rouge, le courrier et la censure, le régime alimentaire, etc.

En résumé un excellent petit livre, qui se dévore d'une traite et qu'il peut être utile de conserver avec soin... Uniquement pour des travaux ultérieurs, bien sûr !

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2016, 93 pages. 9,90 euros.

ISBN : 978-2-36445-080-6.

Guide pratique de l'évasion
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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 06:00

Le dernier camp de la mort

La tragédie du Cap Arcona, 3 mai 1945

Pierre Vallaud et Mathilde Aycard

Les deux auteurs, qui ont déjà publié plusieurs ouvrages sur les guerres du XXe siècle, nous proposent aujourd'hui une histoire aussi douloureuse que mal connue dans l'historiographie française, celle de la disparition du Cap Arcona à la veille de la fin de la guerre.

L'ouvrage part en fait de beaucoup plus loin, et commence par nous rappeler ce qu'était le Cap Arcona, luxueux fleuron des transatlantiques allemands des années 1920. Et le second chapitre nous apprend que Pierre Clostermann, le célèbre pilote Français Libre aux 34 victoires, appartenait aux escadrilles qui, le 3 mai 1945, attaquent le bâtiment à l'ancre dans la baie de Lübeck. Les chapitres 3 à 11 racontent en fait, au long de l'ensemble de la guerre, la politique d'arrestation, de déportation et d'assassinat dans les territoires occupés par la IIIe Reich, et la montée en puissance parallèle du système concentrationnaire, dont Neuengamme, près de Hambourg, est un élément important. Souvent, les auteurs multiplient les anecdotes, les brefs récits particuliers, sans qu'ils aient de lien direct, sinon ténu, avec le titre jusqu'au moment où les résistants arrêtés sont regroupés pour être transférés dans ce camp de concentration. Il s'agit plutôt nous semble-t-il, dans une première partie du livre, d'un ample récit de la déportation. A partir de la p. 179 ("Survivre à Neuengamme") et surtout p. 195 ("Les marches de la mort"), nous nous rapprochons de l'histoire tragique du Cap Arcona. Ce bâtiment, avec trois autres navires, a été réquisitionné pour servir de prison flottante à la fin de la guerre et recevoir les déportés que les SS font partir des camps de concentration à l'approche des armées alliées (Neuengamme est vide lorsque les Britanniques y entrent le 2 mai). Seul le Cap Arkona, qui a participé depuis le début de l'année à l'évacuation des populations allemandes de Prusse orientale, est effectivement littéralement rempli de malheureux (après que la Kriegsmarine ait tenté de s'y opposer et ait élevé une protestation officielle). A partir du 26 avril, les transferts commencent dans des conditions ignominieuses : "Bousculés, poussés sur les passerelles, des milliers d'hommes sont jetés à fond de cale. Frappés à coups de crosse, nous glissons plutôt que nous descendons à une vitesse vertigineuse par une échelle murale haute d'environ 10 mètres. Comme du charbon dans une soute, pêle-mêle, Russes, Français, Polonais, Belges sont enfournés dans cet immense tombeau". Au cours des dernières journées, tandis que les gardes séparent les prisonniers occidentaux des Soviétiques et que la Croix-Rouge parvient à faire libérer quelques centaines de prisonniers, le Cap Arcona finit par totaliser 6500 détenus et 500 SS, "c'est un camp flottant, ou plutôt un mouroir". L'administration concentrationnaire agonise, mais elle fonctionne toujours cahin-caha. Le 3 mai, les Alliés ont dépassé Lübeck et une agitation grandissante règne sur les navires. A 14h30, l'aviation britannique attaque. Le Deutschland qui ne compte aucun déporté à son mort coule en quatre heures, sur le Cap Arcona "des centaines d'hommes ne peuvent sortir des étroits couloirs où ils s'écrasent". Louis Maury raconte "avoir été porté des cales au pont par une sorte de vague humaine dont il ne fallait jamais quitter le sommet, au risque de périr broyé sous les pieds des détenus". Les auteurs décrivent avec de multiples détails, sur la base des témoignages des survivants, les scènes qui se déroulent alors sur ce cercueil flottant. Nombreux, parmi ceux qui arrivent à quitter le navire et à nager jusqu'à la plage, seront ceux qui seront purement et simplement assassiné par les enfants soldats de la SS, "postés là avec ordre d'éliminer tout déporté". Quelques uns sont sauvé par des vedettes anglaises ou de la Croix-Rouge, car ce drame se déroule pratiquement sous les yeux du monde : "En fin de soirée du 3 mai, une unité britannique quitte le port de Neustadt pour récupérer les survivants, notamment ceux qui ont réussi à se tenir agrippés à la partie émergée de la coque du Cap Arcona". Au total, pour l'ensemble des navires, 7.300 déportés meurent en quelques heures alors que la guerre est quasiment terminée. Sur les milliers entassés sur le navire, on compte environ 350 survivants...  La fin du livre permet de retrouver quelques uns des personnages (prisonniers ou Allemands) de cette tragédie, mais aussi bien au-delà puisque l'on croise dans la liste Anne Franck et un certain nombre de déportés passés par Neuengamme, dont Rémy Dumoncel, époux de Germaine Tallandier. La boucle est presque bouclée.

Un livre qui ne correspond pas toujours à son titre, mais dont les pages consacrées au camp de concentration et au destin des déportés jusqu'à ce funeste 3 mai sont absolument à connaître par tous ceux qui s'intéressent à cette période.

Tallandier, Paris, 2017, 297 pages. 20,90 euros.

ISBN : 979-10-210-2178-5.

Ultime martyre
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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