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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 06:35

Bivouac napoléonien historique et festif

Vigy (Moselle) - 29 et 30 juin

Une sortie pour ce week-end ? Organisé par l'association 'Le livre d'histoire et l'obusier', dans le cadre de la manifestation "L'armée dans l'histoire" (Club de l'Est du véhicule militaire), ce rendez-vous peut vous permettre de passer un très agréable moment avec des passionnés de reconstitutions historiques, si le soleil est de la partie :

Samedi et dimanche à partir de 14h00, 12 rue de la gare à Vigy (57640)

Reconstitution et bivouac
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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 06:45

Les sources françaises de la démocratie serbe

Dusan T. Batakovic

Il n'est pas neutre que la couverture s'orne d'un portrait du roi Pïerre Ier, saint-cyrien de la promotion de Puebla à titre étranger. Diplomate (il a été ambassadeur de son pays en Grèce, au Canada et en France), mais aussi docteur de l'université de Paris IV Sorbonne, Dusan T. Batakovic nous propose ici, selon la formule de Georges-Henri Soutou, "une véritable histoire du développement politique et institutionnel de la Serbie", dans ses rapports avec la France. Au regard des événements de l'été 1914 en particulier, l'intérêt de cette étude n'est pas mince.

En 5 grandes parties chronothématiques ("La révolution serbe, 1804-1835", "Les débuts de l'influence française sur la société serbe", "L'impact du libéralisme français en Serbie", "Les luttes pour la démocratie parlementaire" et "La démocratie parlementaire, 1903-1914"), regroupant chacune de trois à cinq chapitres, l'auteur nous fait (re)découvrir l'histoire pour le moins mouvementée du petit royaume balkanique, dont les revendications à l'union de tous les Slaves inquiétaient tant l'Autriche-Hongrie. Dès le début du XIXe siècle, "l'importation" des idées révolutionnaires et l'admiration portée à la France impériale favorisent le développement d'un mouvement national serbe, d'abord au sein del'empire ottoman puis comme Etat indépendant, très proche des milieux militaires. Au milieu du siècle, la France reste synonyme d'idéal démocratique et inspirent les "Parisiens" serbes. La promotion, par Napoléon III, du principe des nationalités trouve bien sûr des échos puissants sur les rives du Danube. Durant le dernier quart du XIXe siècle, le principauté, puis de lroyaume de Serbie oscille entre tentation autoritaire et démocratisation très progressive, mais la France reste source d'inspiration pour les "radicaux" nationalistes. Tout ceci est passionnant, fort bien écrit, scrupuleusement référencé et intelligemment mis en perspective. La dernière partie ("La démocratie parlementaire, 1903-1914") est à la fois celle qui nous intéresse le plus directement et qui, dans le même temps, nous parait moins convaincante pour certaines pages. La "démocratie" serbe avant la Grande Guerre semble plus théorique ou affichée que réelle (le contrôle du parlement par le Premier ministre est bien exposé) et le rôle de la Main Noire, dans le pays comme en Bosnie-Herzégovine, pourrait paraître minoré.

La longue liste des références, archives et bibliographie qui termine le livre sur près de 40 pages témoigne de l'ampleur de la recherche, de la masse des documents consultés et synthétisés. Alors que la Serbie aspire à renouer plus étroitement avec l'Europe occidentale, voilà un livre particulièrement bienvenu. Un véritable ouvrage de référence par un amoureux de la France. Un livre à connaître, et à conserver.

CNRS Editions, Paris, 2013, 577 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-271-07080-7.

Histoire franco-serbe
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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 06:40

L'école aux colonies,

les colonies à l'école

Gilles Boyer, Pascal Clerc et Michelle Zancarini-Fournel (Dir.)

Une dizaine de contributeurs pour cette étude originale autour de la question : qu'est-ce que l'étude de l'école (des programmes, des manuels, etc.) nous dit des colonies elles-mêmes mais aussi de la colonisation ?

De la géographie utile et du couple histoire-géographie au début de la colonisation ("Savoirs géographiques et géographie scolaire au regard de la question coloniale, 1863-1914", par Pascal Clerc), à une situation très actuelle avec "Enseignement  et colonisation  : le récit post-colonial dans le manuel d'histoire franco-allemand" (par Susanne Grindel), nous "labourons" les principaux territoires ultramarins d'Afrique du Nord, d'Afrique noire, et de Madagascar sur plus d'un siècle. L'étude systématique des programmes dans la durée et les comparaisons entre les différents manuels aux différentes époques est éclairante et souligne toute la complexité d'un tel sujet.  En conclusion, les auteurs proposent une évolution de cet enseignement, qui fasse une place plus large aux "regards croisés" de toutes les populations intéressées afin de mieux comprendre le passé et "de créer du lien social avec tous les élèves dans le très contemporain".

Un angle d'approche subtil et des réflexions qui méritent d'être poursuivies. Un recueil qui fourmille de pistes et d'idées.

ENS Editions, Paris, 2013, 102 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-84788-349-7.

Enseignement colonial
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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 06:35

Opération Lune

Arte

Magnifiques images, superbe émission ! Un poème naval et sous-marin. Pour ceux qui n'auraient pas pu voir dimanche l'émission d'Arte consacrée aux campagnes de fouilles sous-marines sur ce navire-amiral de Louis XIV, un véritable must (signalé par Theatrum Belli).

Un article d'explications sur le site de Var-Matin : ici

Pour regarder le documentaireici

Archéologie sous-marine
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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 06:30

La route du Dragon, la grande traversée du Vietnam

Echappées Belles - France 5

Pour ceux qui n'auraient pas vu la diffusion de cette émission samdi 22 juin, n'hésitez pas à retrouvez le "replay" pour découvrir sur les pas du réalisateur-baroudeur Yves Legrain Crist quelques uns des plus beaux paysages du Vietnam, souvent évoqués dans les souvenirs et mémoires des témoins et acteurs. De superbes images qui permettent de comprendre (en partie) ce fameux "mal jaune". Un bon moment de télévision, c'est rare !

Pour suivre le documentaire : ici

Vietnam
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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 06:40

Raid sur Saint-Nazaire

L'incroyable récit d'une opération commando légendaire

Robert Lyman

Le sujet n'est pas nouveau, et il existe déjà plusieurs ouvrages plus ou moins récents sur le sujet, mais l'approche de Robert Lyman est intéressante en ce sens qu'il étudie l'opération dans son environnement et dans sa globalité.

Dans les premiers chapitres (1 à 9), l'auteur brosse le tableau général de la situation des Britanniques en 1942, avec la problématique de la guerre sous-marine et la question de l'attaque par des commandos des installations côtières et portuaires allemandes sur le continent. Il s'intéresse ensuite (chap. 10 à 14) à la phase de préparation de l'opération proprement dite et à sa difficile planification : il ne s'agit rien de moins que d'amener au nez et à la barbe des Allemands un vieux destroyer "bourré d'explosif" pour le faire sauter au coeur d'un port essentiel pour la Marine ennemie ! Il détaille enfin le déroulement de l'opération Chariot, le rôle de la Marine, le sabordage tardif d'un vieux destroyer, le sort des survivants (dont quelques uns parviendront à rejoindre le Royame-Uni via l'Espagne !), et celui des prisonniers, les pertes allemandes et le bilan de ce raid. Les citations sont nombreuses au fil du texte et Sir Alan Brooke en tire la conclusion : "Nous exécutons un certain nombre de raids sur les côtes occupées par l'ennemi de la Norvège au golfe de Gascogne, pour plonger l'ennemi dans un sentiment d'insécurité et d'incertitude". Et ce commentaire, quelques semaines plus tard, d'un officier de la Kriegsmarine : "Nous ne saurions nier le caractère chevaleresque des Britanniques. Tous les Allemands éprouvent du respect pour les hommes qui exécutèrent cette action ... Ils réalisèrent cette entreprise folle du mieux qu'ils le pouvaient. Ils se battirent jusqu'à la mort ou à la capture".

On apprécie la précision des sources et l'importance de la bibliographie, ce qui témoigne d'une vraie et importante recherche. Egalement très utiles, le glossaire final et les quelques cartes. Les amateurs apprécieront la longue liste des opérations combinées conduites par les alliés en 1940-1942 (annexe 1) et la retranscription des citations pour la Victoria Cross accordées à l'issue du raid (annexe 2). Un ouvrage complet qui doit figurer dans toute bonne bibliothèque sur la Seconde guerre mondiale.

Ixelles éditions, Paris, 2013, 366 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-87515-190-2.

Le plus grand raid
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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 06:35

E.V. 3

Engagé volontaire 3 ans

Patrick Camedescasse

Un livre que nous n'avons pas encore lu, mais qu'il semble dès à présent intéressant de signaler car les témoignages de ce type sont très peu courants. L'auteur y raconte en effet ses trois années passées sous les drapeaux à la fin des années 1960. On se souvient du contexte : armée de conscription massive, de 'non-emploi', environnement (parfois violemment) antimilitariste, etc. Or, au fur et à mesure, dans différentes garnisons hexagonales, Patrick Camdescasse y a trouvé un vrai brassage social, une école de vie et une expérience "formidable d'humanité et de camaraderie", dont il a souhaité laisser le témoignage écrit. Assez peu courant dans le marasme ambiant, on vous le disait...

Editions Catybou, Cambo-les-Bains, 2013, 208 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-9533-1415-1.

Pour commande et renseignements : cbc@catybou.com

 

Souvenirs, souvenirs, ...
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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 06:30

Café historique de La Chouette mai 2013

La Légion étrangère

Nouvelle présentation, son épuré, mise en ligne sur Youtube : retrouvez presque 1h20 de présentations et dialogues sur le thème de la Légion étrangère : ici

(une annonce en avant-première : dans les prochaines semaines, quatre recensions d'ouvrages récents sur l'histoire de la Légion !)

Legio Patria Nostra (2)Legio Patria Nostra (2)
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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 06:45

L'aéronautique militaire française outre-mer

1911-1939

Jean-Baptiste Manchon

A la suite de la parution de notre recension de son récent ouvrage (ici), l'auteur a bien voulu apporter à nos lecteurs quelques précisions complémentaires.

Question : Pourquoi avoir choisi la date de 1911 pour débuter votre étude ?

Réponse : La date de 1911 s’imposa d’elle-même dans la mesure où les premiers essais de vol pseudo-militaires dans l’Empire, c’est-à-dire officiellement civils, payés sur des fonds civils, mais réalisés avec la logistique et du personnel de l’armée, ont eu lieu durant cette année-là. Le 13 juin 1911, le capitaine Sido s’envolait à bord d’un Henri Farman du terrain de Bambey, au Sénégal, à une centaine de kilomètres à l’est de Dakar.  Le 7 juillet 1911 eu lieu le premier survol de Tananarive par l’administrateur aviateur Raoult, en présence du général Riou, commandant supérieur des troupes du groupe de l’Afrique orientale française. Le raid semi-civil du sapeur aérostier Henri Bregi comme pilote et de René Lebaut comme passager au dessus du Maroc qui relia Casablanca à Fès via Rabat et Meknès eut lieu en août 1911. Il fut suivi par la décision d’implanter une unité aérienne militaire d’expérimentation au Maroc dès décembre 1911, à la suite d’un voyage d’étude réalisé sur place par le lieutenant Clavenad en octobre. De même, c’est en octobre 1911 que les premiers éléments devant constituer la base expérimentale de Biskra arrivent sur place en lisière du Sahara et que commencent les premiers travaux d’installations qui devaient permettre lieutenant de Lafargue d’effectuer le premier vol purement militaire outre-mer le 17 février 1912 sur un aéroplane Henri Farman muni d’un moteur de 50 chevaux.

Question : Globalement, pendant l'ensemble de la période couverte, quelle est la part de l'aviation proprement militaire par rapport aux autres composantes (civiles, associatives, sportives) dans le développement de l'aviation outre-mer ?

Réponse : Au tout début de l’aviation, ce sont les aviateurs civils avec le soutien d’associations telles la Ligue Nationale Aérienne qui sont à l’origine des premières expériences aéronautiques outre-mer. Ainsi, René Métro fut le premier à voler dans le ciel algérien dès novembre 1909. Et l’administrateur-aviateur Raoult est un fonctionnaire colonial avant de suivre sa formation de pilote en 1911. Mais par la suite, une fois que le service aéronautique est organisé en France métropolitaine et qu’il peut se développer outre-mer, l’aviation militaire prend de plus en plus d’importance dans l’Empire. Des premiers essais de la Belle Epoque jusqu’au milieu des années 1930, le développement de l’aviation dans l’Empire français ne peut se passer du soutien militaire. Ce sont les aviateurs militaires qui ouvrent la plupart des routes aériennes, que ce soit en Indochine, en Afrique du Nord ou en Afrique Noire et bien évidemment au Sahara. L’épopée de l’Aéropostale n’aurait pu réussir sans le soutien bienveillant et très actif, à ses débuts, des forces aériennes présentes au Maroc et en AOF. Lorsque le commandant Dagnaux tente d’ouvrir une route aérienne transafricaine d’Alger à Tananarive au début des années 1930, il peut compter sur la collaboration des aviateurs militaires présents sur les territoires qu’il reconnaît, bien que sa mission se situe dans un cadre civil. Lorsque la Régie Air-Afrique manqua de Bloch 120 à la suite d’accidents, c’est l’aéronautique de l’AOF qui mit à disposition en 1936-37 deux de ses 4 appareils pour remplacer les accidentés.

De fait, l’action des aviateurs militaires dans l’Empire a été fondamentale dans la création des infrastructures aériennes et le maillage aérien des territoires, dans la reconnaissance des lieux, dans les travaux cartographiques et du cadastre de certaines régions. Enfin, c’est au sein de l’aéronautique militaire du Levant que se sont élaborées les méthodes propres à l’archéologie aérienne. Ainsi, la part de l’aviation proprement militaire dans le développement et l’aménagement aérien des territoires de l’Empire a été très importante, même si elle reste encore largement méconnue car très peu médiatisée dès cette époque.

Question : Pouvez-vous nous en dire plus sur le rôle totalement ignoré de l'aviation militaire outre-mer pendant la Première Guerre mondiale ?

Réponse : L’aviation militaire française fut déployée sur tous les fronts de la 1ère Guerre mondiale. C’est ainsi que des unités aériennes françaises combattirent en Russie, en Italie, au sein de l’Armée d’Orient dans les Balkans. Elle fut également employée sur les fronts périphériques d’Afrique du Nord à partir de 1916 afin de pourvoir les forces armées qui résistaient à la poussée des Senoussis dans le Sud-Tunisien et aux tribus révoltées au Maroc de moyens offensifs et de reconnaissance à longue distance. Sur ces territoires où les étendues sont très importantes et où il est difficile d’effectuer une surveillance constante en toute circonstance avec des moyens terrestres limités, on escomptait que l’aviation pallierait le déficit en hommes de troupes sur le terrain et que son action efficace permettrait même de rapatrier en Métropole des régiments dont on avait bien besoin sur le front du Nord-Est. C’est ainsi que de nouvelles escadrilles furent constituées en Tunisie et Maroc tout d’abord, puis en Algérie. La révolte des Touaregs du Hoggar conduisit à envisager la constitution d’une escadrille purement saharienne. Mais sa mise sur pied très difficile et les dangers représentés par le survol des contrées désertiques avec les avions de l’époque ne permirent pas à cette unité de faire ce pour quoi elle avait été créée. En revanche, dans le Sud-Tunisien semi-désertique, le capitaine de Lafargue imagina une tactique originale pour permettre à ses avions de voler sans risques inconsidérés : il les fit accompagner par un échelon roulant de tracteurs-mitrailleurs avec lequel les aviateurs restaient en liaison constante par radio durant toute la mission. L’action efficace de l’aviation au Maroc et en Tunisie conduisit à son renforcement constant si bien qu’en novembre 1918, on comptait – hors escadrilles côtières travaillant au profit de la Marine Nationale – pas moins de 16 escadrilles opérationnelles en Afrique du Nord dont 4 en Tunisie, 4 en Algérie et 8 au Maroc. A cette époque, se mettait difficilement en place une escadrille à Port-Saïd dont la création avait été motivée pour accompagner le Détachement français de Palestine-Syrie commandé par le colonel Piépape dans son combat contre les Ottomans. Plus loin, en Indochine, deux escadrilles avaient été organisées à partir de 1917 par le gouvernement général pour participer à la défense du groupe de colonies, mais leur efficacité s’était révélée à peu près nulle en raison de la vétusté des matériels envoyés. 

Question : Quels enseignements tirez-vous de l'emploi de l'aviation dans les conflits du Rif et du Levant de l'entre-deux-guerres ?

Réponse : L’aviation fut employée dans les conflits du Rif et du Djebel Druze comme une véritable arme d’appui-protection agissant au profit des forces terrestres, soit pour les dégager d’un ennemi trop pressant, soit pour accompagner l’action offensive des colonnes de pacification, soit pour poursuivre les éléments dissidents fuyant après la bataille afin d’obtenir une victoire complète, soit aussi pour ravitailler des postes encerclés et leur permettre de tenir le temps qu’une colonne vienne les dégager, soit évidemment comme organe d’observation et d’exploration. Il n’y a donc pas eu, dans ces deux conflits, sauf exception, d’usage autonome de l’aviation. De toute manière, les matériels utilisés, essentiellement des Breguet XIV, ne le permettaient pas. En revanche, comme l’écrira plus tard le colonel Armengaud, commandant de l’aviation du Maroc au moment de la campagne du Rif, le confit a montré la nécessité de la concentration des forces aériennes et de leur usage offensif massif pour une action pleinement efficace. Ainsi, en septembre 1925, au plus fort du conflit et lorsque la concentration des forces aériennes put être maximale, grâce aux renforts venus d’Algérie-Tunisie et de Métropole, le colonel Armengaud put engager, le 15 de ce moins, pas moins de 169 avions au-dessus du massif de Bibane qui larguèrent 20 tonnes de bombes au cours de 120 sorties pour préparer l’assaut des troupes françaises.

Ces deux conflits ont aussi montré l’importance de l’aviation sanitaire dans la survie des blessés au combat, et le danger de l’action directe et offensive de l’aviation sur le champ de bataille, même colonial : rien qu’entre avril et décembre 1925, c’est 20 aviateurs français qui furent tués en service aérien commandé du fait de l’ennemi tandis que sur l’ensemble de la campagne du Djebel Druze (1925-27) on déplore 4 morts parmi les aviateurs et bien plus d’équipages abattus par les balles rebelles.

Question : Qu'en est-il de cette étonnante et totalement ignorée tentative de créer à la veille de la Seconde guerre mondiale une "Division impériale" ? Pourquoi le projet a-t-il échoué ?

Réponse : La Division impériale avait pour but de constituer en Afrique du Nord, essentiellement en Algérie, une force aérienne de réaction rapide dans l’Empire en cas de conflit. Ce dispositif devait répondre à un constat : l’Empire désormais pacifié mais placé dans un monde de plus en plus instable et dangereux devrait être en mesure de se défendre face à un ennemi ayant des moyens aussi puissant si ce n’est supérieur à ceux qui pouvaient lui être opposés. Or, à la fin des années 1930, les disponibilités financières et humaines françaises ne permettaient pas d’entretenir aux quatre coins de l’Empire des escadres de bombardement nombreuses. Ainsi, l’idée était de constituer en Afrique du Nord où existait désormais un état-major de commandement pour l’ensemble de l’Empire avec la 5e région aérienne, une véritable plateforme aérienne impériale sur laquelle seraient positionnées les unités capables d’être déployées en quelques jours à l’autre bout de l’Empire et ainsi de répondre à toute agression.

Malheureusement, les matériels mis en œuvre par l’armée de l’Air outre-mer à la fin des années 1930 ne permettaient pas vraiment aux unités existantes de remplir ce rôle et l’arrivée des avions modernes dans les unités de la Division impériale qui restaient à créer en 1939 ne devaient pas se faire avant 1941 selon le Plan V renforcé de modernisation de l’armée de l’Air. Autant dire que la Drôle de Guerre puis Campagne de France empêchèrent la réalisation de cette grande unité.

Question : Quel fut l'impact outre-mer de la création d'une armée de l'air indépendante et quelles en furent les conséquences ?

Réponse : La création de l'armée de l'air, le 1er avril 1933, ne changea pas grand chose, dans l'immédiat, pour l'aviation militaire déployée dans l'empire. Pourtant, dès l'année suivante, la fin de la pacification au Maroc et de l'aménagement des cieux impériaux, la priorité désormais accordée au bombardement et surtout l'adoption d'un certain nombre de textes législatifs et administratifs faisant suite à la création de la nouvelle armée firent entrer l'aviation militaire stationnée outre-mer dans une phase de transformations sans précédent. On passait d'une conception purement organique de l'usage des forces aériennes à une vision bien plus indépendante. Cela devait déboucher sur la constitution d'une aéronautique militaire dédiée proprement à des tâches de défense et de supériorité aérienne, c'est à dire, à la transformation de l'aviation aux colonies en aviation impériale. Certes, cette dernière conservait ses missions politiques et économiques, mais celles-ci passaient au second plan. Désormais, le but principal des forces aériennes stationnées outre-mer allait être de défendre l'empire contre un ennemi extérieur possédant des moyens d'action puissants et développés. Et leur travail s'inscrivait dans un plan d'ensemble de la défense nationale qui concernait tous les territoires, métropolitains comme coloniaux. Elles devaient donc être renforcées, non seulement en moyens d'action, mais aussi en structures. Une telle mutation ne pouvait se faire promptement sans heurts avec les autorités de toutes sortes. C'est pourquoi elle demeura plus ou moins aboutie, selon les situations locales et les rapports de force dans les cinq années qui suivirent. 

Merci très vivement et encore bravo pour ce beau livre.

Aviation coloniale
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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 06:40

Histoire de la Chine des origines à nos jours

John K. Fairbank et Merle Goldman

Traiter d'un pays tel que la Chine et donner un aperçu global de son histoire relève du défi. C’est la prouesse que réalise John King Fairbank dans ce vaste panorama historique, de la Chine ancestrale à nos jours. L’exercice est encore plus difficile lorsqu’il s’agit de transmettre une vision d’ensemble d’un pays qui inquiéte parfois et au moins agite la politique mondiale actuelle et dont les modes d'appréhension du politique ne sont pas du tout identiques à la conception occidentale. John King Fairbank est sans conteste l'un des plus éminents sinologues américains (il a créé la chaire d'histoire de la Chine moderne à Harvard) et il était donc le plus à même de s’atteler à cette tâche. Cette nouvelle édition datée de 2006 a été traduite par Simon Duran et enrichie par la contribution de Merle Goldman, professeur émérite à l’université de Boston. Le but de John King Fairbank, à travers ce récit, est bien de décrypter les modes de compréhension du politique Chinois grâce à la perspective historique. Ce effort d'explication peut offrir deux avantages : tout d’abord améliorer les relations mutuelles entre la Chine et l'Occident en diminuant les incompréhensions, ensuite permettre de mieux saisir les perspectives de la politique chinoise contemporaine.

Deux grands axes successifs se dessinent dans cette étude. La première partie présente une lecture plus politique des évènements et traite de l’établissement des grandes constantes de la politique chinoise. Jusqu’en 1328, date d’arrivée au pouvoir de la dynastie Ming, l’auteur privilégie cette lecture politique des  évènements. Cette primauté du politique sur l’économique est inhérente à la dynamique d’unification sous l’égide d’un pouvoir central fort, que ce pouvoir soit chinois avec les Han, les Tang, ou les Song ou qu'il émane de l'étranger avec les Yuan d’ethnie mongole. Quelque soit l’autorité centrale, elle est toujours mus par le confucianisme, véritable religion impériale, et par les principes traditionnels qui guident la conduite des communautés villageoises, véritables "atomes" composants la société chinoise. L’auteur s’efforce ainsi de présenter les différents outils mentaux qui structurent l’histoire chinoise et qui sont autant d’incompréhensions aux yeux des occidentaux. La priorité absolue donnée à la famille ou l’obéissance filiale en sont des exemples notables. La seconde partie est abordée sous l'angle d'une lecture plus sociale et économique des choses. Des Ming jusqu’aujourd’hui, elle est marquée par l’importance croissante de la société locale. L’émergence de la Chine nationaliste puis de la République populaire de Chine sont, certes, autant de ruptures avec une Chine marquée jusqu’alors par le féodalisme et l’exploitation de la Chine rurale, mais le confucianisme reste une quasi-idéologie universelle qui pose la Chine en tant que centre du monde. Le décalage avec l’Occident à partir du XVIème siècle est vécu comme un traumatisme, la question de la place de la Chine étant centrale dans le rapport au monde des gouvernants chinois. On voit bien que cette affirmation est un prérequis nécessaire à la compréhension de la politique chinoise contemporaine.

John King Fairbank atteint pleinement son objectif et livre, avec la hauteur de vue du spécialiste, une Histoire de la Chine appelée à faire référence. Nous retiendrons particulièrement les premiers chapitres qui présentent les principes d’organisation traditionnels chinois, véritables fils rouges de l’histoire chinoise.

Thibault Laurin

'Texto', Tallandier, Paris, 2013, 750 pages. 12,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0110-7.

 

L'empire du Milieu
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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