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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 06:36

Comment partager la rente pétrolière ?

Les enseignements d'une expérience africaine

Jean-Jacques Ikama

Un ouvrage purement technique et industriel ? Pas seulement. Il nous aide à comprendre, à partir d'un exemple concret, une activité stratégique complexe, discrète, et dont les conséquences sur les choix politiques les plus essentiels ne sont pas neutres.

Parfaitement accessible au grand public, l'ouvrage est rédigé par un économiste spécialisé dans les questions énergétiques et financières. Organisé en 15 chapitres, eux-mêmes regroupés en 5 grandes parties, il présente successivement : "Les bases esentielles du partage de la rente pétrolière", La spoliation dans le partage de la rente pétrolière", "Les entraves à la spoliation de la rente pétrolière", "De la pertinence de la pression fiscale subie par les sociétés pétrolières", et "Pour un modèle de partage simple, flexible et équitable de la rente pétrolière". Le propos peut paraître technique, mais l'aueur prend soin systématiquement de préciser toutes les notions et de définir tous les termes. Vous allez être au coeur des conflits d'intérêt et des trafics d'influence, vous découvrirez ce qu'est le "préfinancement des ventes" et vous apprendrez ce qu'est le "super profit oil"

La prochaine fois que les représentants de ces sociétés pousseront des cris d'orfraie à l'annonce d'une éventuelle taxation de leurs bénéfices himalayens, n'hésitez pas à vous reporter à ce livre... Ce n'était peut-être pas l'objectif initial de l'auteur de cet ouvrage spécialisé, mais c'est très enrichissant (intellectuellement, bien sûr) pour tous ceux qui s'intéressent aux ressorts des questions géopolitiques.

Editions Technip, Paris, 2013, 202 pages.

ISBN : 978-2-7108-1031-

Etats et multinationales
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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 06:45

Légion, notre mère

Anthologie de la poésie légionnaire

1885-2003

"Voici l'histoire simplement,

Sans peut-être grande importance,

De trois gars tombés gentiment,

Une simple Histoire ... de France"

Voilà un ouvrage qui date désormais d'une dizaine d'années (la première édition est parue en 2000), mais qui n'a pas pris une ride et qui est trop mal connu des jeunes générations. Chacun a entendu parler de Seeger et de son "Rendez-vous avec la mort", et l'on connait bien sûr le très célèbre :

"Quatre ans, il a peiné, saigné, souffert.
Et puis un soir, il est tombé dans cet enfer...

Qui sait si l'inconnu qui dort sous l'arche immense,

Mêlant sa gloire épique aux orgueils du passé,

N'est pas cet étranger devenu fils de France

Non par le sang reçu mais par le sang versé".

Mais des centaines d'autres auteurs, amateurs inspirés, peuplent et ont peuplé la Légion étrangère. Dans ce volume de plus de 300 pages, selon un plan chronologique de 1885 à 2003, sont réunis des dizaines de poèmes écrits par des légionnaires, simples soldats, sous-officiers ou officiers., parce que (nous précise l'introduction) "l'aventure et la poésie sont de bonnes amies, deux complices".

Quatre grandes parties structurent ce livre : "1885-1945", "1946-1954", "1955-2000" et une ultime "Sans date" regroupant des poèmes épars. Cette périodisaton, en elle-même, dit quelque chose des heures de gloire et des sacrifices de la Légion. Les thèmes sont bien sûr très variés : les femmes, le jeu, l'alcool, la guerre, la misère, la mort, la peur, la volonté, la camaraderie, le sacrifice, l'engagement, l'estime, etc. ; et les régions évoquées sont toutes celles où les armées françaises ont "trainé leurs guêtres et leurs rangers. Globalement, la surface du globe ! Certes, les talents des uns ne valent pas toujours ceux des autres, et les textes sont de qualité littéraire inégale pour un puriste. Mais ils traduisent tous un amour profond de la "patrie choisie" et un attachement plus fort encore peut-être à la "Légion, notre mère". A savourer par petites lectures successives.

"Allons, vous voyez qu'il faut nous excuser

Nous qu'on a pas ce savoir vivre élémentaire

Qui fait plus confortable à ceux qui vont en terre

De crever en civil plutôt qu'en militaire.

Alors, vous voulez bien, pas vrai, nous excuser,

Et vite nous mener quand même à Dieu le Père ?"

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2003, 312 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-910536-29-7.

Mes morts, je vous salue...
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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 06:43

Un peu de perspicacité, un peu de chance ...

Pour gagner un livre, devinez quel est celui qui a fait l'objet du plus grand nombre de connections directes sur Guerres-et-Conflits au cours du mois écoulé.

Réponse et gagnant le 12 juillet !

Notre concours mensuel
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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 06:40

Histoire des nombres

La Recherche

Histoire des nombres est la réunion, sous forme d’ouvrage, de 18 articles précédemment parus dans la revue La Recherche. Il ne s’agit toutefois pas d’un assemblage factice de contributions diverses. Une logique d’ensemble régit ce livre et l’ordre des articles, permettant ainsi au lecteur curieux d’explorer les différentes facettes de ce domaine des mathématiques. Ces dernières, en tant que science logico-formelle, constituent un langage s’efforçant de traduire la réalité. En leur sein, les nombres se définissent comme une notion fondamentale, née du besoin de comptabiliser, de classer ou de mesurer les grandeurs. Mais ils ne peuvent faire l’objet d’une définition stricte. C’est là la conclusion, un peu déstabilisante, du chapitre introductif. Mais le concept de nombre permet également des applications pratiques et continue à faire l’objet de recherches dans des champs très divers, comme le révèle la lecture des autres analyses.

Chaque chapitre aborde une facette particulière. L’un d’eux présente un objet de curiosité mathématique : les nombres P-adiques. De leur côté, la naissance du nombre en Mésopotamie ou la définition du mètre révèlent, à partir d’exemples concrets, les pratiques des mathématiciens des époques antérieures. Une question se pose néanmoins : le hasard est-il l’antithèse de la règle scientifique ? La loi des grands nombres, qui mesure la probabilité et l’imprévisibilité, s’avère une façon d’approcher l’aléatoire et la variabilité. On débouche sur une réflexion abordant l’emprise du nombre sur notre société. Le chiffre est en effet devenu un élément de décision, perçu comme rigoureusement objectif et utilisé comme tel. Cela se traduit par l’indice des prix, la détermination du PIB ou encore la culture du sondage (l’Ifop est créé en 1938, un an avant le CNRS). Mais les auteurs révèlent clairement les bornes et les lacunes de cette « objectivité ». Les analyses ouvrent également des perspectives inattendues. La détermination du mètre est l’occasion de développer l’approche probabiliste, qui intervient elle-même dans la pratique des sondages, en permettant notamment de corriger les sous-évaluations d’un recensement (avec les implications politiques, voire juridiques, susceptibles d’en découler dans divers champs décisionnels concrets).

L’ouvrage s’achève sur un réflexion d’ensemble de Bernard d’Espagnat où, en physicien et philosophe, il pose la question fondamentale du statut du nombre. Ce faisant, il fournit une clé (parmi d’autres) permettant de lier intellectuellement les différentes approches du concept « nombre ». Au bout du compte, ce livre s’avère passionnant, tant par la qualité des contributions que par les éclairages très différents et les aperçus scientifiques qu’il suscite. Toutefois, sa lecture, en dépit d’exposés particulièrement clairs et des efforts des contributeurs en ce domaine, suppose une bonne culture mathématique de base, afin de suivre le raisonnement, d’en percevoir les implications et de saisir parfaitement les exemples illustrant la question abordée. Bref, on est confronté là à une vulgarisation scientifique de très bon niveau, qui ravira tous les lecteurs intéressés par le champ mathématique.

Jean-François Brun

'Texto', Tallandier, 2013, 247 pages, 9 euros.

ISBN : 979-10-210-0109-1.

Ils sont présents partout
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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 06:50

Crise au SHD ?

Entre ignorance et mauvaise foi des commentateurs

J'ai été très étonné de lire, il y a trois jours, sur le site Lepoint.fr, l'article de Jean Guisnel titré "Le général Olivier Paulus et son adjoint exclus du Service historique de la Défense" (ici). Mélange de rumeurs et de sous-entendus, avec un soupçon de mauvaise foi pour faire passer le tout. Sagement, j'ai attendu quarante-huit heures pour voir si une réaction était publiée. Rien. Je passe quelques appels à différents camarades, membres du SHD ou non. Tous sont choqués, mais pour les uns (les militaires le plus souvent) le devoir de réserve interdit de réagir publiquement, tandis que pour les autres (historiens civils et universitaires) il faut y voir la partie visible d'un iceberg de lutte pour le pouvoir aux échelons supérieurs au SHD, ce qui impose d'abord de se faire discret. Bref, le "grand silence des espaces blancs", qui accrédite la thèse publiquement diffusée ! Au bilan, il est tellement facile de "charger" un militaire, sans apporter la moindre précision ou référence !

N'ayant jamais servi sous les ordres du général Paulus et n'étant l'obligé de personne, il me parait normal de rétablir quelques vérités. Analysons donc ce texte, paragraphe par paragraphe, et décryptons-le :

- Le premier paragraphe est globalement exact. Oui, l'atmosphère se dégrade au SHD depuis des mois, oui différentes catégories de personnel travaillent sur le site, oui il y a un conflit d'autorité. Mais, immédiatement, une réserve : il ne s'agit pas d'une opposition (qui serait presque statutaire ou de principe selon l’article) sur les archives entre officiers et conservateurs. Il s'agit des conséquences d'une absence de politique claire, d'un "défaut de gouvernance", comme on dit aujourd'hui. Alors, pourquoi existe-t-il un SHD et à quoi doit servir cet organisme ? Nous y reviendrons à la fin de cet article.

- Le deuxième paragraphe est le plus perfide. Après avoir brossé en quelques lignes la belle carrière du général Paulus, Jean Guisnel "glisse" discrètement que celui-ci aime vraiment beaucoup les décorations "qu'il porte pourtant fort bien", d'ailleurs il n'y a qu'à regarder la photo officielle... Monsieur Guisnel est journaliste de défense depuis assez longtemps pour avoir croisé ces dernières années des dizaines (des centaines ?) d'officiers (et d'autres) portant cinq barrettes complètes ou plus, ce qui n'a rien d'anormal depuis que se multiplient les séjours à l'extérieur et les relèves. Certes, la plupart sont des "commémo" (il n'y a pas si longtemps, un séjour de 6 mois en ex-Yougoslavie donnait la possibilité de recevoir jusqu'à 3 médailles, une tous les deux mois), mais en quoi le général Paulus aurait-il à rougir ou à cacher ces témoignages extérieurs d'une longue carrière ? Jouer sur ce registre est petit et mesquin, j'en parle d'autant plus librement que ceux qui me connaissent savent que je ne porte jamais de décoration.

- Les troisième et quatrième paragraphes insistent sur un aspect très particulier, celui des archives "nucléaires", par nature extrêmement sensibles et protégées. Du croustillant donc ? Or il s'avère que le dossier Jupiter (I puis II) remonte à de longues années déjà et que son traitement exige, par définition, une grande précision ... mais aussi des moyens pour assurer la sécurité. Que le chef du service s'en préoccupe semble on ne peut plus naturel. Il n'y a pas là d'opposition entre des catégories de personnel qui souhaiteraient une ouverture plus ou moins large des archives, mais application de la loi et respect des règlements, et tout particulièrement celles et ceux relatifs à la protection du secret de la Défense nationale qui relève du SGDN sous l'autorité du Premier ministre. Faux problème donc, et surtout ce n'est pas sur ce dossier (dont la quasi-totalité  des cadres du service ne connaissent au mieux que le nom) que "tout le personnel spécialisé détaché du ministère de la Culture s'indigne". Par contre, et il suffit pour s’en rendre compte de discuter sur place avec toute les catégories de personnel, à tous les niveaux hiérarchiques, le conservateur chef des archives de Vincennes a-t-il bien pris en compte les spécificités d'un Service relevant du ministère de la Défense et dont la collecte et la conservation des documents n'est qu'un aspect des savoir-faire, relevant de la mission archivistique à côté de celles attachées aux bibliothèques, à la symbolique et à l'histoire militaire ? Par nature et par fonction, le SHD n’est pas homothétique des Archives nationales. Qu'on le veuille ou non, le SHD n'est pas qu'un service d'archives. Il a, de surcroît, la mission de contribuer à l'écriture de l'histoire des armées et du ministère, et à l'exploiter pour apporter aux autorités et aux unités la connaissance et la compréhension de la chose militaire. Voilà ce qui différencie fondamentalement le SHD des autres services d'archives ministériels. Nous y reviendrons un peu plus loin.

- Le cinquième paragraphe, à partir du cas particulier de ces archives sensibles, généralise hâtivement le discours : les militaires soupçonneraient les conservateurs de "préparer un hold-up" sur leurs archives ! N..de D... ! Un hold-up ! Parlez-en à la poignée de militaires qu’il reste à Vincennes. Pour eux, ce mystérieux hold-up est inutile : ils sont peu-à-peu dépossédés non seulement de l’autorité mais même de leurs propres marges d’initiative.

- Les deux derniers paragraphes mettent en cause les autorités de tutelle, qui ont "négligé" , "étouffé""glissé sous le tapis pendant des mois" ce différent. Belle découverte. Qui a réagit lorsque le général Paulus a, à plusieurs reprises, « tiré la sonnette d’alarme » ? Qui a réagit lorsque le conservateur général qui lui était adjoint s’est adressé directement aux cabinets de la Culture et de la Défense pour critiquer et contester son chef (toute l’université parisienne a été au courant) ? Y a-t-il là quelque chose d'original ou d'atypique dans une haute administration où la règle de base est désormais celle du "Pas de vagues !" ? En résumé, un article qui multiplie les sous-entendus à partir des confidences, selon la formule consacrée, de "sources proches du SHD". Lesquelles ? Personne ne le sait ! Alors posons la question : qui a intérêt à déstabiliser le général chef de service ? Qui aimerait être "calife à la place du calife" ? Selon l'ancienne formule des enquêteurs : à qui profite le crime ?

Revenons donc sur le sujet laissé en suspens et qui constitue, au-delà des situations personnelles, le fond du dossier : pourquoi un Service HISTORIQUE de la Défense ?

La sémantique nous donne une première réponse : il ne s'agit pas du service des archives de la Défense, et l'emploi du mot Historique souligne bien qu'il n'est pas simplement question de collecter, conserver et communiquer des documents. Dès le Directoire, le Dépot de la Guerre, "ancêtre" du SHD, reçoit la double mission de "conserver la mémoire de la nation en armes" ET de contribuer à la formation militaire des officiers en permettant l'étude des campagnes passées. Après 1870, c'est autour des officiers historiens qu'est créé le 2e bureau de l'état-major, c'est le général Lewal qui commande la jeune Ecole supérieure de guerre, ce sont les officiers de la section historique de l'état-major qui animent le renouveau doctrinal. Après 1918, Clemenceau affecte une cinquantaine d'officiers à la rédaction des AFGG (Armées Françaises dans la Grande Guerre), monumentale étude jamais égalée, rédigée à partir des archives primaires et des documents originaux, dont les quelques 110 volumes sont publiés au cours de l'entre-deux-guerres. Depuis toujours, les chercheurs du SHD (officiers et personnel civil) participent à la formation, enseignent dans les écoles, dirigent des études tactiques sur le terrain, rédigent des ouvrages de référence en puisant leurs informations à la meilleure source : les archives. Jusqu'en 2005, tant que chaque service d'armée relevait de son propre état-major, ce lien naturel n'a pas été remis en cause. Depuis la fusion de tous les services en un seul ensemble relevant de la chaîne SGA via la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (et l'on observe ici que le mot "histoire" est absent), ce lien a été sinon rompu, du moins fortement distendu.

Au fur et à mesure du temps, des spécialistes civils des archives ont été affectés au service, leurs compétences reconnues leur permettant d'être des conseillers techniques écoutés du commandement. Peu à peu, la diminution de plus en plus sensible du nombre de militaires à Vincennes a fait son oeuvre : la nature a horreur du vide. Avec la quasi-disparition des officiers historiens qualifiés, le personnel détaché du ministère de la Culture a naturellement imprimé son style, sa marque, ses priorités, ses choix. Et il devient presque "anormal" ou "méprisable" de vouloir étudier les campagnes militaires, contribuer au RETEX, s'intéresser aux opérations passées, récentes, en cours. En clair, les armées ne sont bientôt plus chez elles dans leur propre service d'archives. Voilà l'origine de la crise. Lorsqu'un général souhaite rééquilibrer le dispositif, redonner à l'histoire une utilité et une visibilité, contribuer aux débats en cours, appuyer les opérations, il devient personna non grata dans son propre service, parce qu'il a été "laché" par les autorités de tutelle qui l'on pourtant nommé. Ce n'est pas le général Paulus qui a fragilisé le SHD : ce sont ceux qui, depuis plusieurs années ont détourné le service de l'une de ses missions, qui ont poussé à la réduction dramatique d'une capacité de recherche, qui ont fermé les yeux sur l'abandon de l'une des richesses du ministère. Notons d'ailleurs que le même journaliste, il y a quelques jours, sous le titre "Exclusif : l'armée de terre dénonce une prise de pouvoir de l'administration sur l'opérationnel" (ici), rendait compte d'une réalité quotidiennement vécue. Le problème est du même ordre à Vincennes. Parmi bien d'autres points, le récent rapport de l'amiral Chomel de Jarnieu, inspecteur général des armées pour la Marine, pointe d'ailleurs cette "faiblesse" militaire de Vincennes. Chacun le sait. Personne n'en parle.

N’ayant, je le répète, aucun lien particulier avec le général Paulus, je m’indigne de la réputation, de la fin de carrière, du sort faits à un homme qui a eu le grave défaut de vouloir remettre le navire sur sa voie, et je m’inquiète d’une évolution qui annonce, si l’on n’y prend pas garde, de tristes lendemains.  Alors que faire ? Continuer avec persévérance à défendre une capacité d'étude et d'enseignement au profit des armées. Et donc de recherche, car on ne peut pas admettre que les "officiers historiens du futur" se contentent de recopier et synthétiser plus ou moins bien deux ou trois livres pour dispenser de temps en temps quelques heures de cours. Tout enseignement implique, exige, une recherche. Tout travail au bénéfice d’un état-major nécessite de repartir des archives primaires. Ces officiers doivent non seulement être titulaires de toutes les qualifications universitaires mais aussi, c’est indispensable, s'investir dans les archives, manipuler les dossiers, consulter les documents originaux. C'est à cette indispensable condition qu'ils pourront être utiles à leur institution d'appartenance et que leurs successeurs pourront peut-être rédiger, dans quelques années, les "AFGG de l'an 2000". Encore faudrait-il que les missions soient clairement définies (un petit peu comme à l'armée, désolé !) et que les responsabilités des uns et des autres soient clairement fixées.

Nul doute que nous reparlerons dans l'avenir de ce vaste et important sujet.

N.B. : je n’ai pas abordé ici, du fait du sujet, la délicate question de la communication des archives au public. Tous les universitaires, enseignants-chercheurs, et étudiants parisiens ou provinciaux ont beaucoup à dire sur ce sujet, qui relève totalement du chef des archives de Vincennes A chacun ses responsabilités…

R. PORTE

 

Garder à l'esprit les fondamentaux ...
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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 06:45

Le Cyberespace

Nouveau domaine de la pensée stratégique

Stéphane Dossé, Olivier Kempf, Christian Malis (Dir.)

Ce n'est pas simplement une question de mode, comme quelques esprits chagins pourraient le laisser dire, mais une véritable nécessité dans le monde actuel (et futur). L'on ne peut donc que se réjouir de la réunion, autour des trois co-directeurs de l'ouvrage, d'une quinzaine des meilleures plumes de la réflexion stratégique française actuelle. Il s'agit ici des actes d'un colloque tenu à la fin de l'année 2011, sur un sujet dont les organisateurs disent en introduction : "Un débat dépassant les cloisonnements habituels est devenu une nécessité, sinon un devoir".

A la suite d'une préface de Christian Malis, bien connu, et un avant propos du général Marc Watin-Augouard, qui met en relief les évolutions très rapides du domaine ("La lutte contre la cybercriminalité ne s'arrête jamais, y compris en phase de conflit"), l'ouvrage est divisé en trois grandes parties : "Penser stratégiquement le cyberespace", "Cyber géopolitique", et "Penser opérationnellement la cyberguerre". Pour la première, nous retiendrons en particulier (mais honnêtement toutes les contributions apportent une contribution utile et le choix est donc difficile) "La pensée stratégique au défi du hacking et de la cyberguerre" (par Charles Bwele) et "Principes stratégiques du cyber (par Olivier Kempf). Pour la seconde partie, "Le cyberepace : un espace politique, un enjeu de puissance" (par Guillaume Tissier) et ""L'encadrement juridique de la cyberdéfense" (par Barbara Louis-Sydney), très intéressants. Et enfin pour la troisième, plus tournée vers les applications concrètes, "Cyberespace, opérations d'information, influence" (par François Chauvency) et "Vers un combat cyberélectronique" (par Aymeric Bonnemaison). 

C'est passionnant, c'est convaincant, mais en écho à l'introduction surgit un doute : la France héritière de Colbert et du centralisme administratif républicain est-elle en mesure de prendre des décisions "dépassant les cloisonnements habituels" ... Ne risque-t-on pas de créer une nouvelle "usine à gaz" ? Un ouvrage indispensable à toute personne s'intéressant au sujet.

Economica, Paris, 2013, 180 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-7178-6568-4.

Réalités concrètes dans un monde virtuel
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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 06:40

Loin du jihad ?

Les combattants de culture musulmane dans les armées européennes

au XXe s.

Colloque EHESS/Paris I  -  22/23 mai 2014

Un appel à communications est lancé en prévision de ce grand colloque (organisé par Xavier Bougarel, Raphaëlle Branche et Cloé Drieu) qui se tiendra à Paris dans un an. Toutes (ou presque) les puissances coloniales européennes ayant compté des soldats musulmans dans leurs rangs, il s'agit pour les organisateurs de préciser pourquoi et comment se sont battus ces hommes, comment ils ont été administrés, gérés et considérés, quels étaient les regards portés sur eux aussi bien par leurs officiers, par la métropole, que par leur communuaté d'origine, quelles étaient les représentations de l'islam, quel était le rôle des religieux, etc.

Les propositions de contribution (CV, titre, résumé en 500 mots précisant les sources) sont à adresser avant le 20 septembre 2013 à : farfromjihad@gmail.com

 

Troupes musulmanes au XXe siècle
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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 06:35

"L'heure des combats viendra ..."

Struthof  -  1er mars  /  23 décembre 2013

Cette belle exposition s'intéresse aux moyens de communication de la Résistance intérieure à travers les exemples du réseau Alliance et du plan Sussex. Une grande diversité de matériels et des commentaires tout-à-fait adaptés. Une visite à ne pas manquer si vous passer par les Vosges ou l'Alsace.

Renseignements complémentaires : ici

 

Les communications de la Résistance
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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 06:45

Les héros de Camerone

30 avril 1863

Joaquin Manes Postigo

Encore un livre sur Camerone ?, diront certains. Oui. Mais celui-ci est très original et nous place au coeur de la célèbre bataille.

L'auteur, avocat ayant déjà publié plusieurs livres sur la Légion étrangère, nous fait en effet revivre la journée du 30 avril 1863 heure par heure, parfois minute par minute, en se plaçant au niveau (dans les gestes, dans l'esprit et dans le coeur) d'un jeune légionnaire d'origine espagnole, Alonso Bernardo. Nous le suivons, au fur et à mesure du repli de la compagnie vers l'hacienda, puis des survivants vers un angle de cet ensemble. Jusqu'à son décès au moment de l'ultime assaut des Mexicains contre les derniers légionnaires. Alonso fait partie des derniers morts du combat. 

Le récit, qui s'ouvre et se termine sur une évocation du tambour Laï, est particulièrement vivant, il met en relief la diversité des origines des uns et des autres, il nous permet d'approcher leurs pensées, leurs dernières pensées. Ce n'est pas un livre d'histoire "académique" (aucune note, aucune bibliographie), mais un récit (en partie reconstruit) au ras du sol, au niveau des hommes. Dans les annexes, les lecteurs trouveront la liste nominative classée par grades des morts de Camerone et le texte du récit officiel du combat : "On ne refuse rien à des hommes tels que vous".

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2013, 143 pages, 15 euros.

ISBN : 978-2-35617-006-4

Camerone, minute par minute
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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 06:40

Berezinae

Trente (et quelques) défaites qui ont fait la France

Denis Tardy, Gille Aubagnac, Antoine Champeaux et Marie Signoret

Dans son introduction à ce petit volume, paru il y a quelques années mais trop peu connu, Gilles Aubagnac souligne avec humour la place très particulière qu'occupent les défaites dans la mémoire nationale, et observe que "la défaite peut être pédagogique, inspiratrice ; elle permet de forger un esprit de corps et une cohésion communautaire".

Le livre s'ouvre sur un article de présentation, titré "Défaites à la Roland", "comme d'aucuns évoquent des victoires à la Pyrrhus" : "Tout se passe dans notre pays, pour notre société française, comme si la défaite, autant sinon plus que la victoire, participait de la constitution du corpus culturel national". La deuxième partie, qui constitue l'essentiel de l'ouvrage (pp. 43-123) présente donc quelques trente batailles, d'Alésia à Dien Bien Phu, en passant par Fréteval, Honnecourt, Vitoria, etc., sans oublier les incontournables Camerone, Bazailles et Sidi-Brahim. Présentées sur une double page (en vis-à-vis) les différnetes batailles sont traitées de façon très rigoureuse (récit rapide des événements) sur la droite, et de façon plus humoristique sur la gauche : "On image le preux Louis IX, futur saint, prisonnier, réduit à faire des mots croisés ... Quant à sa femme, Marguerite de Provence, qui pouponne à Damiette, on se la figure en train de broder au point de croix la layette du petit Jean-Tristan" (bataille de Mansourah, 1250, pp. 54-55). C'est parfois déroutant, souvent drôle et cela oblige à s'intéresser à ce différentiel parfois énorme entre la réalité d'un événement et son souvenir entretenu par les mémoires collectives reconstruites.

A savourer tranquillement pendant les vacances et à méditer.

EMCC, Lyon, 2008, 160 pages, 12 euros.

ISBN : 978-2-3-15740-012-2.

Culture de la défaite ?
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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