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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 07:00

Les Romanov

Une dynastie sous le règne du sang

Hélène Carrère d'Encausse

Secrétaire perpétuel de l'Académie française et grande historienne de la Russie, Hélène Carrère d'Encausse a pu se tromper dans le domaine de la prospective avec son Empire éclaté paru en 1978. Mais dans le domaine de l'histoire, et peut-être plus difficile de l'histoire de qualité pour le grand public, elle figure au premier rang des meilleurs et des plus grands.

Son excellente connaissance de ces régions (on lui doit déjà plus de 25 ouvrages sur le monde russe et soviétique) lui permet de brosser avec brio une vaste fresque historique, des origines de la Russie à l'assassinat des derniers Romanov. L'histoire très troublée des premiers siècles, jusqu'au règne de la Grande Catherine, avec ses prétendants et ses faux tsars, avec ses assassinats politiques et ses relations presque paranoïaques entre père-souverain et fils-héritier, avec les influences occidentales et la lourde présence de l'église orthodoxe, nous semble particulièrement bien décrite. De Catherine II à Nicolas II, les événements sont sans doute mieux connus, mais l'auteure prend soin de présenter l'évolution de l'Etat et de la société russes dans leur ensemble, qu'il s'agisse des poussées libérales ou des mouvements de réaction, de la question des nationalités (Polonais), de l'organisation policière de l'empire ou de l'émergence des mouvements révolutionnaires. On ne suivra pas Hélène Carrère d'Encausse dans toutes ses affirmations, en particulier sur le règne de Nicolas II, la personnalité et la politique du tsar (le témoignage de Maurice Paléologue n'est, par exemple, pas exempt d'erreurs, de raccourcis approximatifs, voire de contre-vérités ou de justifications pro-domo), mais le grand public trouvera dans ce livre un récit à la fois très sérieux sur le fond et facile à lire dans la forme.

La bibliographie indicative (bien classée) est assez complète et propose un certain nombre d'utiles ouvrages en anglais. Un index enfin clôture le volume. Pour retrouver 300 ans d'une histoire mouvementée et souvent sanglante en 400 pages !

Fayard, Paris, 2013, 442 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-213-67759-0.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 06:45

La cavalerie dans les opérations militaires

Ruptures et continuités (1870-2012)

Ce numéro spécial de la revue Avenir & Traditions constitue les actes du colloque tenu à l'Ecole militaire le 12 octobre 2012. Constatons immédiatement que la grande majorité des intervenants de cette manifestation organisée pour le soixante-dixème anniversaire de l'arme blindée étant eux-mêmes cavaliers ou anciens cavaliers, toutes les conditions ne sont pas nécessairement réunies pour envisager une analyse critique de ces ruptures et de ces continuités.

La brochure est organisée en deux grandes parties, qui correspondent aux principales phases du colloque : après l'allocution d'ouverture du général Sainte-Claire-Deville, "Histoire et ruptures" nous entraîne de la guerre de 1870-1871 aux guerres mondiales et aux conflits de la décolonisation, puis "Permanences et actualités" aborde les question de l'emploi sur les théâtres d'opérations récents d'une part et de doctrine d'autre part. Relativement brèves (3 à 5 pages), les présentations à caractère historique qui forment la première partie procèdent assez souvent par ellipses et brossent simplement un tableau général (favorable à l'arme). Celle du lieutenant-colonel Gué ("Le rôle des chars dans la victoire de 1918", pp. 18-25) se distingue néanmoins par la profondeur de la réflexion qui la soutient. La seconde partie nous semble nettement plus intéressante et stimulante. Après l'intervention liminaire du général Desportes, trois témoignages se succèdent (relatifs à la Côte d'Ivoire et à l'Afghanistan), pour des théâtres que l'on a pourtant dit peu favorable aux blindés. L'intervention suivante, du général Yakovleff, inscrit bien les interrogations actuelles de la cavalerie dans les problématiques du moment. Enfin, le général chef d'état-major de l'armée de terre, dans son intervention de clôture, apporte une hauteur d'analyse et des éléments de réflexion utiles, citant par exemple le général Trochu qui en 1867 défendait déjà la cavalerie "menacée" : "La cavalerie est par excellence dans la guerre l'instrument de la vitesse, l'instrument producteur, non pas de grands chocs comme on le croit généralement, mais de grands effets moraux qui paralysent, qui désorganisent, et dont les résultats, dans des circonstances données, sont incalculables".

Un bémol en forme de clin d'oeil pour certains camarades : inutile "d'en rajouter" dans les présentations en terme de qualifications de "spécialiste" et dans les titres universitaires, cela fait sourire ceux qui décryptent les appellations "hâtives".

Une brochure qui conserve néanmoins tout son intérêt, en particulier dans sa seconde partie.

Disponible au prix de 10,- euros auprès de l'UNABCC, BP 80004, 75325 Paris Cedex 07.

Pour contacter l'Union nationale de l'arme blindée cavalerie chars : ici.

 

Cavalier un jour, cavalier toujours
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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:10

Nouvelle édition de notre concours mensuel

Quel est l'ouvrage présenté sur le site qui a bénéficié, pendant le mois écoulé, du plus grand nombre de connections directes ?

Vos réponses avant le 12 juin à l'adresse : guerres-et-conflits@orange.fr

Un peu d'astuce, d'imagination et de chance ...

Gagnez un livre en jouant !
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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 06:56

Avec les pélerins de La Mecque

Le  voyage du docteur Carbonell en 1908

Laurent Escande

Le voyage le plus important pour un musulman est l'accomplissement du pélerinage de La Mecque. Cette prescription religieuse a une telle force et donne, surtout au début du XXe siècle, un tel statut à celui qui en revient, que les pélerins acceptèrent tout, et le pire, pour atteindre la terre sacrée de l'Islam.

Cette édition du très volumineux rapport rédigé par le docteur Carbonnel, médecin sanitaire à bord du Nivernais, à l'attention des instances administratives françaises à son retour d'un voyage vers l'Arabie est d'une très grande richesse. Soucieux de remplir au mieux sa mission dans les pires conditions, le docteur Carbonnel observe et note tout (descriptions du navire, du personnel, des malheureux passagers, des soins parfois bien inutiles, etc.). Le récit qu'il fait de ce voyage nous renvoie à un genre de huis-clos insalubre et parfois morbide, quelque part comme un Midnight Express flottant, mais aussi au coeur des préoccupations des Etats pour éviter la propagation des maladies contagieuses. De sa désignation, effectuée en catastrophe au dernier moment, à l'embarquement de passagers en surnombre dans des conditions d'hygiène inexistantes, en passant par les épidémies de choléra et les quarantaines dans des Lazarets parfois aussi repoussants que la cale du navire, sans oublier les "pratiques" en vigueur au Hedjaz (il faut gagner en deux mois de quoi vivre une année : le pélerin est donc tout bonnement volé en permanence) : la réalité est parfois pire que la fiction.

L'essentiel du texte de ce rapport concerne les phases de navigation, les problèmes médicaux et les moyens mis en oeuvre pour d'enrayer les épidémies, mais l'ouvrage passionnera tous ceux qui s'intéressent à des thématiques aussi différentes que le transport maritime de passagers, l'état administratif et sanitaire de l'empire ottoman, la rapacité des compagnies de navigation, l'incurie de nombreux services officiels, les circuits de propagation des épidémies, l'état de désolement des conditions réelles de déroulement du pélerinage, etc. Un long, un beau témoignage que sa densité factuelle et son intensité émotionnelle placent sans doute au premier rang des ouvrages de ce type. Un texte par ailleurs bien écrit et qui se lit aisément. Une belle publication universitaire.

Presses universitaire de Provence, Aix-en-Provence, 2012, 345 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-85399-835-2.

A la découverte des Lieux Saints
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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 06:51

Théorie du drone

Grégoire Chamayou

Grégoire Chamayou, agrégé de philosophie et chercheur au CNRS, a publié en 2010 Les chasses à l'homme. Il y explorait les différentes formes rencontrées dans l'histoire ; des chasses aux esclaves fugitifs ou aux exilés, à la chasse « aux pauvres concourant à la formation du salariat ». L'auteur poursuit aujourd'hui sa réflexion, avec son livre Théorie du drone. Son ouvrage, volontairement polémique, se concentre sur l'emploi des drones aériens armés, ceux déjà à l'action et dont nous parlent les médias : Predator (un rapport avec le film éponyme de 1987 ?), Reaper (signifiant en anglais faucheuse ou moissonneuse, c’est selon)… La maxime stratégique d'emploi de ces drones, énoncé par un officier de l'Air Force est rappelée par l'auteur : « Projeter du pouvoir sans projeter de vulnérabilité ». Par les moyens actuels de télécommande, une mise à distance suffisante permet d'envisager que « la capacité de blesser ne s'exerce que dans une seule direction ». Paradigme de non-réciprocité, de guerre asymétrique ? Après quelques données chiffrées d'utilisation par les USA -constituent-ils l'unique pouvoir recourant à ce jour aux drones armés ?-, G. Chamayou développe son propos, qu'il qualifie « d'investigation philosophique ».

Tout en questionnant si la fin justifie les moyens, l'auteur se demande également ce que le choix des moyens, par lui-même, tend à imposer. Et, au-delà de la sphère de violence extérieure déjà existante, G. Chamayou interroge : « Qu'impliquerait, pour une population, de devenir le sujet d'un Etat-drone ? ». Le livre est constitué en cinq parties :

- « Techniques et tactiques », avec en particulier une « Généalogie du Predator » en perspective historique, des « principes théoriques de chasse à l'homme » et de « Kill box » inquiétants, et les « Vulnérabilités » du drone, techniques certes mais pas seulement.

- « Ethos et psychè », avec un rappel de la différence définitive entre kamikaze (« Mon corps est une arme ») et drone (« Mon arme est sans corps ») ; une analyse de la perpétuation uniquement active de la violence armée, débarrassée de toute menace vitale pour soi, éclairant autrement la phrase de Freud, « Dans les névroses de guerre, ce qui fait peur, c'est bel et bien un ennemi intérieur ». L'absence de « champs perceptifs réciproques » entre le chasseur et le chassé faciliterait le passage à l'acte de l'opérateur-drone aux USA d'une part, la capacité de compartimenter -un passage quotidien par un « Sas de Chypre » étant impossible- lui permettrait un retour serein à son domicile.

- « Nécroéthique », où le paradigme de la « guerre à zéro mort dans son camp » depuis les opérations au Kosovo en 1999 conduit à « attribuer davantage de valeurs à la vie des combattants » impériaux « qu'à celle des non-combattants » locaux. Permettant de pousser encore plus avant la précision et l'efficacité des frappes chirurgicales, le drone serait supposé causer moins de dommages collatéraux, devenant ainsi potentiellement plus éthique. Alors que l'éthique se définie classiquement comme une doctrine du bien vivre et du bien mourir, la nécroéthique serait celle du bien tuer.

- « Principes de la philosophie du droit de tuer » ; entre jus in bello et mise hors de combat de la guerre, l'usage du drone armé comme instrument de mise à mort apparaîtrait alors plus proche de l'assassinat politique ou d' « une partie de chasse ». Le fondement traditionnel du droit de tuer menacerait d'être sapé, et l'hybridation entre guerre et police activée.

- « Corps politiques », avec en perspective le contrat social et le rapport de l'Etat à ses propres sujets, la réduction avec la « dronisation » « d'une citoyenneté des vies exposables ». Et un risque de « militarisme démocratique », au travers d'externalisation des « coûts humains et fiscaux de la guerre par les citoyens-électeurs entraînant par ricochet celle des coûts électoraux correspondant par les dirigeants politiques ». Avec le risque également de croire que, plus largement, les robots armés soient « plus humains sur le champ de bataille que les humains », puisqu'il serait possible de les « programmer pour respecter la loi. », l'autonomie et le risque de désobéissance humaine étant ainsi niées.

Hélas, la bibliographie, incluse au fil des notes de l'ouvrage, est difficilement utilisable ; heureusement, quelques reproductions, graphiques ou photos viennent agréablement symboliser ou appuyer les propos. Avec Théorie du drone, Grégoire Chamayou nous propose un ouvrage d’abord parfois difficile, mais unique, riche de grilles de lectures originales. Un livre résolument différent, sur 'ces  hommes et leurs drôles de drones'.

Bertrand Quiminal

La Fabrique éditions, Paris, 2013, 363 pages, 14 euros.

ISBN : 978-2-35872-047-2.

 

Ethique et philosophie de la guerre
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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 06:45

Archéologie de la Grande Guerre

Spincourt  -  8 juin

Une conférence sur l'archéologie de la Grande Guerre, dont on voit bien tout l'intérêt désormais, sera donnée le samedi 8 juin à 20h00 en salle de la CODECOM de Spincourt (Meuse), par Frédéric Adam, anthropologue à l'INRAP de Metz.

Archéologie de la Grande Guerre
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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 07:00

L'opinion allemande sous le nazisme

Ian Kershaw

La première édition de ce volume a été publiée en 1983 (édition française 1995), mais elle reste absolument fondatrice.

A partir du cas particulier de la Bavière et sur la base d'une documentation exceptionnelle par sa richesse et sa diversité, Ian Kershaw "décortique" puis "recontruit" littérallement le corps social allemand des années 1930. Les différentes préfaces des éditions successives sont insérées en début de livre, ce qui permet de suivre l'évolution de la pensée de l'auteur, et l'ouvrage s'ouvre sur une longue introduction présentant le contexte bavarois lorsque le NSDAP accède au pouvoir. Ian Kershaw divise ensuite son étude en deux grandes parties chrono-thématiques (une très longue "Un sentiment d'unité sociale ? La communauté nationale, 1933-1945", qui constitue le coeur de l'ouvrage ; et une brève "L'unité sociale à travers la guerre ? La communauté de destin, 1939-1945", qui étudie les conséquences économiques et sociales de la guerre par groupe social). Chaque chapitre aborde un point particulier (par exemple "Opinion paysanne et économie dirigée", "Doléances et soumission de la petite bourgeoisie", "La désaffection des catholiques", etc.). L'ensemble est accompagné de nombreux tableaux extraits de la documentation officielle (statistiques économiques, financières, sociales) de l'époque ou d'études académiques ultérieures. Chaque chapitre est suivi par les notes et références correspondantes, ce qui permet d'aller immédiatement à la recherche du document complémentaire qui peut vous intéresser.

Au bilan, un volume particulièrement riche en informations rigoureusement chiffrées, qui permettent au lecteur de se faire une opinion très complète de la réalité de l'Allemagne des années 1933-1939, et donc de commencer à comprendre comment la très grande majorité d'un peuple a pu, non seulement suivre le régime national-socialiste, mais dans bien des cas et sous bien des aspects y adhérer. Un volume qu'il faut connaître. 

Coll. 'Biblis', CNRS Editions, 2013, 591 pages, 10 euros.

ISBN : 978-2-271-07749-3.

Sociologie politique de la Bavière
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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 06:56

Les guerres d'Afrique

Des origines à nos jours

Bernard Lugan

Africaniste renommé, récemment auteur entre autres ouvrages d'une Histoire de l'Afrique, d'une Histoire de l'Afrique du Sud et d'une Histoire du Maroc, expert auprès du TPI-Rwanda et éditeur de la lettre d'information L'Afrique Réelle, Bernard Lugan signe aujourd'hui une nouvelle somme.

Son livre est très logiquement divisé selon un plan chronologique en quatre grandes parties : "Guerres et sociétés guerrières en Afrique avant la colonisation", "Les guerres de conquête coloniale", "Les guerres de la période coloniale" et "Les guerres contemporaines, 1960-2013", tous conflits dont il fait le récit chronologique et factuel. On voit bien l'ampleur du sujet et Bernard Lugan nous fait plusieurs fois traverser le continent de part en part au fil des époques. La grande région sahélienne, celle des Grands Lacs et l'Afrique australe reviennent bien sûr à plusieurs reprises et certaines situations résonnent en écho jusqu'à aujourd'hui. Tous les chapitres, agrémentés d'encarts qui précisent des situations locales ou des données chiffrés, sont intéressants et l'on ne retiendra à titre d'exemple que quelques titres de la dernière partie (sait-on que pour la période 2000-2010 70% des décisions de l'ONU sont relatives aux conflits africains ?) : "La guerre civile algérienne (1992-2002)", "Les guerres de Somalie : clans contre clans (depuis 1977)", "Nigeria : de la guerre du Biafra au conflit ethno-religieux Nord-Sud", "La deuxième guerre du Kivu (depuis 2007)" : autant de coups de projecteur extrêmement utiles et souvent pertinents sur des zones crisogènes dont l'Europe ne peut pas se désintéresser (même si elle le voulait, de toute façon).

L'ensemble de ces chapitres, rédigés d'une plume alerte et toujours référencés, est complété par un cahier central d'une soixantaine de cartes en couleurs, parfaitement lisibles et pédagogiques, et le livre se termine sur un index complet et une bibliographie significative. Ceux qui connaissent déjà tel ou tel engagement pourront regretter que certaines campagnes ne soient pas traitées davantages en détail, mais aborder autant d'opérations et de combats en 400 pages témoigne d'un bel esprit de synthèse. Au total, un ouvrage appelé à devenir très rapidement de référence et que liront avec le plus grand intérêt les étudiants et tous ceux qui soit s'intéressent à l'histoire du continent, soit se préoccupent de l'avenir. 

Editions du Rocher, Monaco, 2013, 403 pages, 32 euros.
ISBN : 978-2-268-97531-0.


Bernard Lugan a bien voulu répondre à quelques questions pour nos lecteurs :

Question : Votre livre dresse un impressionnant tableau des conflits en Afrique de la plus haute Antiquité aux guerres actuelles. Par grande période, une introduction présente un résumé des évolutions, mais vous ne tentez pas d'en tirer des enseignements généraux en conclusion. Pourquoi ?

Réponse : Parce que nous ne devons par parler de l’Afrique, mais des Afriques, donc des guerres africaines. Mon livre est construit sur cette multiplicité, sur ces différences irréductibles les unes aux autres et sur leur mise en perspective. Dans ces conditions, il est vain de faire une typologie, sauf pour les guerres de la période contemporaine, ce que j’ai fait, et encore moins une classique conclusion de synthèse.

Question : La grande région saharienne-Sahel est présente dans chaque partie, des "Origines de la guerre africaine" aux "Guerres contemporaines". Pouvez-vous nous en dire davantage sur ce qui semble bien être une zone de conflits quasi-permanents ?

Réponse : Cette zone qui court de l’Atlantique à la mer Rouge en couvrant plus de dix pays, est un véritable rift racial et ethnique en plus d’être une barrière géographique. Ce fut toujours une terre convoitée car elle fut à la fois le point de départ et le point d’arrivée -hier du commerce, aujourd’hui des trafics transsahariens, une zone de mise en relation entre l’Afrique « blanche » et l’Afrique des savanes, un monde d’expansion des grands royaumes puis de l’islam.

Aujourd’hui, cette conflictualité ancienne et résurgente tout à la fois est exacerbée par des frontières cloisonnant artificiellement l’espace et qui forcent à vivre ensemble des populations nordistes et sudistes qui ont de lourds contentieux. Le tout est aggravé par le suffrage universel fondé sur le principe du « un homme, une voix », qui débouche sur une ethno mathématique donnant automatiquement le pouvoir aux plus nombreux, en l’occurrence les sudistes. Voilà la cause de la guerre du Mali, mais ce problème se retrouve dans tout le Sahel, notamment au Niger et au Tchad. Au Mali, le fondamentalisme islamiste s’est greffé sur une revendication politique nordiste de manière récente et tout à fait opportuniste. Or, comme le problème nord-sud n’a pas été réglé, les causes des guerres sahéliennes subsistent.

Question : On a dit beaucoup de choses sur le retentissement de l'échec italien lors de la première tentative de conquête de l'Ethiopie à la fin du XIXe siècle. Si les conséquences en politique intérieure à Rome sont compréhensibles, ces événements ont-ils un écho réel dans les autres capitales européennes et sur le sol africain lui-même ?

Réponse : L’originalité de la défaite d’Adoua est qu’elle a, sur le moment, mis un terme au projet colonial italien. Ce fut une défaite stratégique. Français, Anglais et Allemands connurent eux aussi des défaites, les premiers, notamment au Sahara, mais cela n’interrompit pas la prise contrôle de ces immensités ; les Britanniques furent battus à Isandhlawana, ce qui n’empêcha pas la conquête du royaume zulu ; quant aux Allemands, ils subirent plusieurs déconvenues contre les Hehe et les Maji Maji, mais l’Est africain fut néanmoins conquis. Le désastre italien fut d’une autre nature, d’une autre échelle, alors que, à l’exception d’Isandlhawana, Anglais, Français et Allemands ne perdirent en réalité que des combats à l’échelle d’une section, au pire, d’une compagnie. Quant aux Espagnols, même après leurs sanglantes déroutes lors de la guerre du Rif, leur présence dans le Maroc septentrional ne fut pas remise en cause et, dès qu’ils décidèrent d’utiliser leurs troupes d’élite comme le Tercio et non plus des recrues tant métropolitaines qu’indigènes, ils reprirent le contrôle de la situation. Il faut cependant remarquer qu’avant son éviction par Pétain, Lyautey avait, comme je le montre dans mon livre, rétabli la situation sur le front de l’Ouergha et de Taza, ce qui enlevait toute profondeur d’action aux Riffains.

Autre conséquence, auréolée par sa victoire de 1896, puis par sa résistance sous Mussolini, l’Ethiopie eut un statut particulier d’Etat leader du mouvement indépendantiste et ce fut d’ailleurs pourquoi, dès sa création en 1963, le siège de l’Organisation de l’unité africaine fut établi à Addis-Abeba.

Question : Vous décrivez "Un demi-siècle de guerres au Zaïre/RDC", et l'on a finalement le sentiment qu'une amélioration de la situation reste très hypothétique. Comment l'expliquez-vous ?

Réponse : Ici le problème est sans solution car il n’est pas économique mais ethnique et politique. Nous sommes en effet en présence d’un Etat artificiel découpé au centre du continent à la fin du XIX° afin de retirer le bassin du Congo à la convoitise des colonisateurs et cela afin d’éviter une guerre européenne pour sa possession. Cet Etat artificiel, désert humain en son centre forestier, englobe sur ses périphéries de vieux Etats comme le royaume Luba, l’empire Lunda ou encore le royaume de Kongo. Ces derniers ont une forte identité et leurs peuples ne se reconnaissent pas dans l’artificielle création coloniale qu’est la RDC. Quant à l’impérialisme rwandais qui s’exerce au Kivu, il entretient un foyer permanent de guerre dans tout l’est du pays. La raison en est claire : étouffant sous sa surpopulation, le « petit » Rwanda doit trouver un exutoire humain s’il veut éviter le collapsus. De plus, comme 40% du budget du pays provient de l’aide internationale et le reste, à plus de 90% du pillage des ressources du Congo, pour le Rwanda, la fin de la guerre signifierait donc la mort économique du pays. Appuyé par les Etats-Unis qui en ont fait le pivot de leur politique régionale, le Rwanda exploite avec habileté ce que certains ont appelé la « rente génocidaire » pour dépecer sans états d’âme la partie orientale du pays.

Question : Vous intitulez la partie dans laquelle vous traitez de la décolonisation : « Des guerres gagnées, des empires perdus », pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Réponse : Parce que la parenthèse coloniale fut refermée sans affrontements majeurs, sans ces combats de grande intensité qui ravagèrent l’Indochine. En Afrique, les guérillas nationalistes ne furent jamais en mesure de l’emporter sur le terrain, pas plus en Algérie où les maquis de l’intérieur n’existaient quasiment plus en 1961, qu’au Kenya où les Britanniques avaient éradiqué les Mau Mau, ou encore que dans le domaine portugais -à l’exception de la Guinée Bissau-, où, et mes cartes le montrent bien, l’armée de Lisbonne était maîtresse du terrain. En Rhodésie, la pugnace et efficace petite armée de Salisbury avait réussi à tenir tête à une masse d’ennemis coalisés, massivement aidés par l’URSS et la Chine avant d’être trahie par l’Afrique du Sud qui pensa naïvement acheter son salut en abandonnant les Blancs de Rhodésie. Partout, la décolonisation fut un choix politique métropolitain ; elle ne fut nulle part imposée sur le terrain. Les combats de grande intensité apparurent après les indépendances, dans le cadre de la guerre froide, et je les décrits dans mon livre : Angola, South African Border War, Corne de l’Afrique, Congo etc.

Merci très vivement pour toutes ces précisions et plein succès pour votre ouvrage. A très bientôt.

Immense fresque
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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 06:50

L'Europe de 2020

Mariage improbable, divorce impossible

Nouvelle Revue de Géopolitique  -  n° 121

Pas d'histoire ici, mais regards vers l'avenir. Pas moins d'une vingtaine d'articles prospectifs sur l'Europe au sommaire de ce numéro. Or la prospective est un art très délicat et les "certitudes" des experts sont fréquemment déjouées... : nous ne critiquerons donc pas les articles sur le fond. Mais il faut souligner que les chiffres envisagés, les statistiques jugées plausibles, les problématiques analysées le sont à l'aune d'une Union Européenne dont le nombre d'Etats membres pourrait varier entre 27 et 33 en fonction des candidatures aujourd'hui connues. C'est une Europe vieillissante, qui baisse dans les principales classifications mondiales et dont le dynamisme serait désormais porté par les Etats de l'Est. Il existe néanmoins des pistes plus favorables et des facteurs de progrès : à nos vieux pays de savoir les percevoir, les intégrer et les mettre en oeuvre... Les différents articles traitant des questions stratégiques, au sens large, méritent d'être lus. On note enfin en varia deux articles : "Quelle stratégie de sécurisation des ressources ?" (Olivier Kempf) et "Sunnites et Chiites : la guerre est déclarée" (Ardavan Alir-Aslani).

Un numéro tout particulièrement intéressant par les nombreux thèmes qu'il aborde et les portes sur l'avenir qu'il ouvre.

L'Europe ! L'Europe ! L'Europe !
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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 07:00

Etre parlementaire

de la Révolution à nos jours

Jean El Gammal

Que n'a-t-on pas dit, et que ne dit-on pas encore parfois, sur les parlementaires ! Ils jouent pourtant un rôle absolument essentiel dans la vie politique du pays, et en ont joué un plus grand encore à certaines périodes. Par ailleurs (et même si une belle éloquence tend à disparaître), quel souffle, quelle puissance, quelles envolées dans certains discours ! Quel humour (parfois assassin) dans certaines réparties !

Le mérite de ce livre est donc de nous proposer un point de situation, une synthèse de l'historiographie sur cette question : qui sont les parlementaires ? L'auteur, professeur d'histoire politique à l'université de Lorraine, a fait le choix d'un plan chronothématique qui commence en 1789 avec les députés de la Révolution, se poursuit avec les parlementaires du Consulat et de l'Empire puis ceux de la Restauration et de la monarchie de Juillet, tous bien différents, et aborde, à partir de 1848 les "tributaires du suffrage universel". Les phases du Second empire et des débuts de la IIIe République sont bienvenues et Jean El-Gammal ne cache pas, aux temps de la république radicale triomphante, les scandales et les crises qui salissent (souvent très fortement et durablement) la fonction élective. Il nous présente ensuite la création des groupes parlementaires, leur fonctionnement et leur influence, et cite quelques morceaux de bravoure de l'éloquence (parfois incisive, parfois lourde) de journalistes ou avocats brillants députés (voire sénateurs). Il fait également référence à quelques satires bien senties : "Voici deux grands parlementaires. L'un doit la carrière éclatante qu'il a faiteaux sociétés de gymnastique et à la bettarave. L'autre au contraire, qui s'était attaqué pour ses débuts aux problèmes généraux d ela politique, n'a été contraint à rien de moins que de changer radicalement de parti, pour obtenir que ses collègues consentent à l'écouter une seconde fois. Encore dut-il, pour son entrée dans ce parti nouveau, consacrer deux séances à réfuter les opinion du premier sur la betterave"... L'auteur traite ensuite de la situation particulière des "députés-soldats" pendant la Grande Guerre (mais néglige semble-t-il leur rôle très important d'agents d'information -et d'influence- entre les principaux généraux aux armées et Paris), traite bien sûr du vote du 10 juillet 1940 et des "Situations, contraintes et choix" des élus à cette époque, puis aborde enfin les IVe et Ve Républiques. Les excès du parlementarisme des années 1950 sont abordés à travers le rôle de l'assemblée dans l'évolution de la crise algérienne, mais on peut ici regretter que le chapitre soit essentiellement factuel, ce qui laisse sur sa faim. La "rénovation" de Gaulle-Debré de 1958, le tournant de 1962 qui change la nature de l'autorité présidentielle, l'irruption de la modernité dans les années 1970 jusqu'aux divisions internes parfois subtiles des "gauches" et des "droites" d'aujourd'hui et une analyse sociologique de l'hémicycle font l'objet des derniers chapitres.

Une solide bibliographie indicative et un glossaire terminent ce volume, dont on regrette parfois qu'il n'aille pas plus loin dans l'analyse et la synthèse. Tel quel, néanmoins, il constitue une parfaite approche de "l'état de parlementaire" en France depuis deux siècles, permet de mieux comprendre le fonctionnement des assemblées dans la longue durée et, à ces titres au moins, remplit parfaitement son rôle. Un ouvrage dans lequel le grand public, les amateurs et les étudiants trouveront de nombreuses informations et de multiples pistes.

Armand Colin, Paris, 2013, 221 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-200-25903-7.

De l'éloquence à l'action ?
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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