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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 07:00

Les rois de France

De Clodion à Louis-Philippe

Vincent Bernard

Nous sommes ici un peu moins "emballés" que pour le volume du même auteur dans la même collection que nous chroniquions le lundi 27 mai dernier -ici-. Vouloir établir en un peu plus de 100 pages petit format les biographies de tous les souverains qui se sont succédés entre Clodion (v. 395-V. 448) et Louis-Philippe (1773-1850), tout en y intégrant des éléments d'histoire politique, militaire, sociale ou culturelle est un pari très osé. Par définition même, l'auteur en est réduit à ne retenir que quelques faits qu'ils jugent plus significatifs que d'autres, et se trouve conduit à des résumés très brefs (c'est d'ailleurs un extraordinaire exercice de concision, fort bien mené de ce point de vue). Heureusement, quelques tableaux dynastiques et cartes ainsi qu'un certain nombre d'encarts complètent ces biographies résumées. Toutefois, pour tout dire, le volume nous parait davantage destiné aux lycéens soucieux de réviser rapidement qu'aux étudiants. Il n'est toutefois pas inutile, loin de là (j'avoue mon ignorance sur la plupart des Mérovingiens), et son prix modique est un véritable atout. Il serait donc à considérer comme un petit mémento, un "aide-mémoire", que l'on conserve sur le coin d'une étagère pour vérifier rapidement un événement ou une date.

Editions Sud-Ouest, 2013, 126 pages, 5 euros.

ISBN : 978-2-81770-274-2

'40 rois qui firent la France'
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 06:50

Guerre et Littérature

Centre de recherche des Ecoles de Coëtquidan  -  7 juin 2013

Par petites touches, par une succession de coups de projecteur, les organisateurs de cette journée d'études nous invitent à suivre des présentations originales sur les Saint-Cyriens et le théâtre avant la Grande Guerre, sur le colonel Driant et la guerre "futuriste", etc. Un programme éclectique

Programme complet : ici.

Guerre imaginée, guerre racontée
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 06:45

La mémoire spoliée

Les archives des Français,

butin de guerre nazi puis soviétique

A l'occasion de la sortie de l'ouvrage éponyme de Sophie Coeuré aux éditions Payot (dont nous vous proposerons très bientôt une recension), deux heures de présentation, par six intervenants, du contexte et des solutions adoptées sur l'histoire du retour en France et du traitement des archives dites "de Moscou", en fait saisies par les Allemands en 1940 puis transférées en URSS après la défaite de l'Allemagne et enfin littéralement rachetées à la Russie dans les années 1990. A propos de traitement, on peut espérer que les représentants du SHD annonceront enfin la mise à disposition du public et des chercheurs de l'inventaire complet, une quinzaine d'années après le retour de ces documents ...

Mardi 11 juin, 15h00-17h00

Auditorium  -  Archives nationales, Pierrefitte-sur-Seine

 

Les archives de Moscou...
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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 06:35

Défendre l'Empire

Des conflits oubliés à l'oubli des combattants, 1945-2010

Frédéric Garan (Dir.)

Avec ce volume, Frédéric Garan et les contributeurs réunis autour de lui reviennent sur les engagements de différents contingents coloniaux dans les guerres de décolonisation, et François Joly dans sa préface rappelle qu'en 1945, selon Gaston Monnerville : "Sans l'Empire la France ne serait qu'un pays libéré. Grâce à son empire, la France est un pays vainqueur". Or, après quinze nouvelles années de campagnes sous le drapeau tricolore, "ceux qui étaient restés loyaux vis-à-vis de la puissance coloniale ont été 'oubliés' par la métropole et marginalisés après l'indépendance de leur pays".

Les six auteurs qui contribuent à cet ouvrage abordent une grande diversité de situations, mais accordent néanmoins (heureusement car le cas est peu fréquent) une attention particulière à la Grande Île de l'océan Indien, aux Réunionnais et aux Malgaches, mais aussi aux Tunisiens souvent oubliés. On apprécie également l'alternance originale entre des articles de fond et le récit de parcours individuels (par exemple, une évocation de "Hédi Abdelkader, un Tunisien de la France Libre", par Christophe Giudice, entre un texte d'Armelle Mabon sur les "Prisonniers de guerre malgaches durant la Seconde guerre mondiale" et un autre de Jean Fremigacci sur les "Bataillons marocains en campagne à Madagascar"). Ces "respirations" donnent au livre un rythme propre bien agréable.

Savez-vous par exemple que, sur une centaine de soldats concernés, les 70 derniers anciens combattants marocains raliés au Vietminh en Indochine ne sont rentrés au Maroc qu'en janvier 1972 ? (texte de Christophe Giudice). On appréciera également "Les 'Sénégalais' de la guerre d'Indochine", par Michel Bodin, fin connaisseur de ces questions. L'ouvrage se termine, en annexe, par la liste nominative de 117 Réunionnais identifiés, tombés pour la France essentiellement en Extrême-Orient. Paradoxalement, si le souvenir des contingents coloniaux engagés durant les deux guerres mondiales est régulièrement rappelé, le rôle de ces soldats pendant les guerres de décolonisation (des "sales guerres" au plan idéologique) est presque systématiquement passé sous silence. Ce livre a, entre autres qualités, l'éminent mérite de les replacer sur le devant de la scène et de nous en présenter une réalité qu'il fallait retrouver.

Editions Vendémiaire, Paris, 2013, 317 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-36358-077-1.

Frédéric Garan a bien voulu nous apporter quelques précisions complémentaires :

Question : Pourquoi avoir choisi de faire alterner les chapitres traitant de certaines unités coloniales dans des conflits particuliers et des parcours individuels ?

Réponse : L’analyse scientifique et le travail aux archives ne rendent pas toujours compte de la dimension humaine et affective. Or, à l’origine de cette étude, il y avait des enquêtes de terrain, qui ont été riches en rencontres et en émotion. Nous voulions garder cette émotion. Plutôt que de la délayer dans le texte, l’alternance entre articles scientifiques et parcours individuels nous a semblé être le meilleurs choix pour donner à ce livre autant de rigueur historique que d’humanité.

Question : Vous parlez longuement des Malgaches, ce qui est peu courant. Pensez-vous qu'il y avait effectivement là un vide historiographique à combler ?

Réponse : Madagascar, ce n’est pas vraiment l’Afrique, ni l’Asie, c’est un monde à part (n’oublions jamais que l’île est plus grande que la France et la Belgique réunies). Et, de fait, on l’oublie beaucoup, ce qui est assez paradoxal car, en même temps, il y a un véritable mythe autour de Madagascar qui est très fort en France. De plus, les événements de 1947 sont quasi  inconnus en France. Or, dans le cadre de sujet qui nous intéresse, ils sont un véritable cas d’étude. Plus que pour tout autre territoire, la France a eu  recours massivement à des troupes coloniales « indigènes », pour conquérir Madagascar, puis pour  y maintenir l’ordre. D’un autre côté, les Malgaches ont servi en nombre dans l’armée française. Tout était donc réuni pour que ce livre soit effectivement l’occasion de sortir Madagascar, non pas du vide historiographique, mais plutôt du déficit de lisibilité. Mais, nous parlons tout autant des Marocains, des Tunisiens et des « Sénégalais » (c'est-à-dire de tous les ressortissants de l’AOF) que des Malgaches.

Question : Pourquoi avoir choisi de traiter de territoires aux statuts très différents, comme La Réunion qui dès après la Seconde guerre mondiale est un département de plein exercice et non plus une colonie ?

Réponse : Les liens entre La Réunion et Madagascar sont intimes et ambigus. Il nous semblait impossible de parler de Madagascar sans évoquer La Réunion. La Réunion, qui se définissait elle-même comme « colonie colonisatrice » par rapport à Madagascar. Il était particulièrement intéressant, justement au moment où La Réunion devenait en 1946, un département, de s’interroger sur les motivations des Réunionnais qui se sont engagés dans l’armée, pour défendre l’Empire en Indochine. Etaient-ils plus proche des motivations des métropolitains ou de celles des engagés des autres colonies, devenues elles-mêmes « Territoires d’Outre-mer » dans le cadre de l’Union française, ou encore de celle des Marocains et Tunisiens, qui avaient un statut encore différent avec les Protectorats ?

Question : Vous consacrez également plusieurs chapitres à la guerre d'Indochine. Finalement, quelle est la place et le rôle effectif de ces troupes dans la campagne d'Extrême-Orient ?

Réponse : Si dans un premier temps le CETEO est français (métropolitain), les effectifs venus de l’ « Empire » sont de plus en plus nombreux à partir de 1948 (pour atteindre la moitié du corps expéditionnaire). Le rôle de ces hommes qui viennent d’Afrique est essentiel. C’est parce qu’ils sont là que la France peut mener cette guerre, en évitant d’avoir recourt au contingent. C’est là tout le paradoxe, ils permettent de mener une guerre pour la France, sans que les Français ne se sentent particulièrement concernés. On peut dire que c’est une des ultimes contradictions du système colonial.

Question : Que représentent encore aujourd'hui dans leurs pays respectifs ces anciens combattants et où en est la question des retraites ?

Réponse : En faisant une réponse brutale, plus grand-chose… Ces hommes sont maintenant vieux (au moins 85 ans pour les derniers ayant participé à la Deuxième Guerre  mondiale, plus de 70 ans pour les plus jeunes partis en Algérie). Ils ne sont plus très nombreux, et leur situation financière s’est considérablement dégradée. Dans les années 1980, ils avaient un poids dans la société, à la fois par leur prestige d’anciens combattants, et par leurs revenus. Mais du fait de la cristallisation des pensions, leur pouvoir d’achat s’est effondré durant les années 1990. C’est pendant cette période que leurs revendications sont devenues médiatiques. Aujourd’hui, depuis 2010, la situation est réglée. Les pensions sont alignées, mais cela est intervenu bien tardivement, alors que les « anciens « ne sont plus très nombreux. Dans leurs pays respectifs, il ya un grand respect pour les ancien combattants, particulièrement pour ceux de la Deuxième Guerre mondiale. Au Maroc, Hassan II les a utilisés politiquement pour mettre en avant le pays, allié parmi les alliés. Par contre, il y a un voile pudique qui est jeté sur le fait qu’aujourd’hui, la quasi totalité des anciens combattants vivants sont des anciens des guerres de décolonisation !

Question : Votre livre est-il un hommage à ces hommes ?

Réponse : Hommage, oui, à plusieurs titre. Comme je l’ai dit, ce livre est né de rencontres. La plupart des hommes que nous avons rencontrés depuis 1997 sont aujourd’hui décédés. Nous ne voulions pas que leurs témoignages disparaissent. Nous voulions aussi faire connaitre cette histoire, que la France oublie, qui n’est pas politiquement correcte. En effet, aujourd’hui encore, alors que toutes les décisions prises pour aligner les pensions concernent les anciens des guerres de décolonisation, les hommes politiques ne parlent que de la dette de sang contractée durant la Deuxième Guerre mondiale.  Mais cet hommage n’exclu pas une approche critique, la mise en évidence des contradictions de ces hommes, dans leurs choix, dans leurs revendications, où se mêlent nostalgie de leur jeunesse, réécriture de l’Histoire et défense de leurs intérêts financiers …

Merci très vivement, et bravo pour cette belle réalisation collective.

Coloniaux aux colonies
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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 06:30

Mon Afghanistan

Steve JourdaIn

Préfacé par le major-général Forand, ce livre constitue le premier témoignage d'un officier canadien francophone sur son expérience afghane.

L'auteur, commandant de la 3e compagnie du célèbre 22e régiment, commence par raconter en quelques pages ses débuts dans la carrière militaire, son aspiration à servir en opérations avec ses hommes, la désignation pour un mandat en Afghanistan et la phase de préparation qui précède. Au fil des chapitres, il décrit ensuite son quotidien et celui de ses subordonnés, de l'arrivée à Kandahar et l'installation sur "la base de patrouille de Sperwan Ghr, notre résidence permanente pour les sept prochains mois", jusqu'à sa relève par la compagnie C du 2e bataillon du Princess Patricia Canadian Light Infantry. Le récit ressemble certes à d'autres témoignages déjà publiés en France, mais en y ajoutant cette touche particulière d'une organisation militaire différente (armée canadienne) et d'une culture (il est canadien-français) à la fois très proche et distincte. Les constats qu'il fait par exemple sur la situation intérieure du pays ne surprendront pas (voir les propos sur la drogue ou ceux sur la police locale). De façon très simple, très humaine, il raconte les sorties, les patrouilles, les embuscades, les tirs de roquettes et les IED, mais aussi la question des prisonniers, la part d'initiative qui s'impose à chacun sous le feu, les jeux de cartes et l'argent pendant les heures de repos, le rôle des médecins et infirmiers, l'anniversaire d'un jeune camarde sur le poste isolé, les villageois qui entourent les soldats en hurlant après la mort de deux suspects, etc.

Au retour, ils passent (eux aussi) par Chypre. Trois jours de décompression, avec un peu trop de bière parfois... : "Après plus de six mois passés dans les conditions les plus difficiles, ils l'ont bien mérité". C'est enfin l'arrivée au Québec, comme les Anglo-Saxons savent recevoir leurs unités qui rentrent au pays : "Dans l'aire d'accueil de l'aéroport, la musique du Royal 22e Regiment est présente et commence à jouer quand le premier d'entre nous a passé la porte", au milieu du public. Un témoignage simple mais fort et qui respire l'authenticité. En annexe, les organigrammes du régiment et de la compagnie et au centre du volume un cahier-photos avec plusieurs dizaines de clichés personnels.

Athéna éditions, Outremont (Canada), 2013, 285 pages

ISBN : 978-2-924142-05-9.

En France, cet ouvrage est disponible auprès de : La Librairie du Québec, 30 rue Gay-Lussac, 75005 Paris. Tel : 01 43 54 49 02. Courriel : libraires@librairieduquebec.fr

Témoignage canadien
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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 06:25

Crimes de guerre ou crimes contre l'humanité ?

Dernière Guerre Mondiale  -  n° 8

Le nouveau numéro de la revue électronique d'histoire de la Seconde guerre mondiale a été mis en ligne et propose un dossier principal (10 articles en 60 pages) sur la question des crimes de guerre. Au-delà des armées allemandes, il aborde aussi les cas italiens, japonais, hongrois, etc. En fin de numéro, un article sur le massacre de My Lai au Vietnam.

A consulter : ici.

 

Crimes et criminels de guerre
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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 06:20

La Première Guerre mondiale et la langue :

approches croisées

Colloque 2014

Dans le cadre de la préparation d'un grand colloque pluridisciplinaire consacré aux aspects linguistiques de la Grande Guerre, un appel à communications est lancé. Parmi les principaux thèmes que les organisateurs souhaitent aborder : la question de la périodisation pendant le conflit, les études sur l'argot et les néologismes, le sujet des langues étrangères soudain présentes dans le quotidien et celui des vocabulaires spécialisés et langages techniques (des militaires en particulier).

Les propositions de communication (CV académique, titre et résumé en 500 signes) sont à adresser avant le 30 juin 2013 à : colloque-langue14@listes.paris-sorbonne.fr

Le(s) vocabulaire(s) de la Grande Guerre
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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 07:00

Soubiran

Un escroc au renseignement sous Napoléon

Raymond Nart

Raymond Nart a été directeur adjoint de DST, responsable du contre-espionnage et de la lutte antiterroriste et a récemment publié L’affaire Farewell avec le concourt de Jacky Debain. C’est donc en qualité de spécialiste et de passionné du renseignement qu'il s’attèle à une tâche difficile : retracer l’histoire de ce personnage très particulier qu’est Paul Emile Soubiran, l'une de ces personnes qui traversent les régimes politiques en maniant le verbe haut, en multipliant les escroqueries et en jouant des influences. La tâche est difficile car l’auteur ne dispose que de témoignages partiels et de documents lacunaires. Telle est l'enquête, le défi que doit relever celui qui veut faire revivre un étonnant « inconnu de l’histoire».

On suit donc les tribulations de ce personnage de son village d’origine, Lectoure, à partir de la Révolution. Il s’engage ensuite dans la Garde Nationale, dont il déserte en 1793. Son physique avantageux et sa volubilité font qu’il va pouvoir vivre aux crochets de femmes fortunées. Dépensant sans cesse aux jeux, il réclame régulièrement des subsides aux Ministères de l’Intérieur et de la Guerre en échange de « services » rendus lors de ses multiples voyages en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Hollande, en Angleterre et aux Etats-Unis. Agent double, voire triple, il disparaît puis réapparait en fonction de ses besoins financiers. Il vit milles aventures, il usurpe l’uniforme de général sous Napoléon, devient royaliste, et escroque même James Madison alors président des Etats-Unis ! Fiché, poursuivi et utilisé à la fois par toutes les polices de chaque régime auquel il survit, il meurt néanmoins à l’âge vénérable de 85 ans dans son village natal.

 Ce livre est un voyage rocambolesque au gré des régimes dans une période troublée de l’histoire de France. Le style enlevé de Raymond Nart n’efface pas malgré tout la difficulté réelle de "reconstruire" une histoire à partir de sources lacunaires. La personnalité de Soubiran s’esquisse donc de façon pointilliste au fil du livre, mais ne surgit pas sans difficultés. C’est finalement la conclusion habile de l’auteur qui permet de mieux cerner ce personnage hors du commun que l’on a suivi depuis les premiers chapitres. Il faut donc, avant tout,saluer le courage de l'auteur qui a osé prendre le pari de rédiger une histoire individuelle dans de telles conditions. Plus encore, c’est la démarche qui est intéressante : faire connaître au grand public des figures méconnues, qui du même coup enrichissent l’histoire de France.

Thibault Laurin.

Nouveau Monde éditions, Paris, 2013, 186 pages. 19,90 euros

ISBN : 978-2-36583-382-0.

Aventurier, espion, escroc
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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 06:50

La guerre vue du ciel

Les combats d'un pilote de Mirage 2000 D

Commandant Marc Scheffler

Sans être un spécialiste de l'aviation, il me semble qu'il s'agit-là d'une première en France : le témoignage d'un pilote de chasse sur les campagnes les plus récentes.

Pendant presque quinze ans, depuis qu'il a été breveté en 1998, le commandant Scheffler a participé à des dizaines de missions opérationnelles sur tous les théâtres d'engagement des armées françaises. Le récit qu'il nous propose de ces expériences est donc d'autant plus intéressant qu'il nous assure en introduction de la véracité des faits décrits : "Les événements vécus ont été restitués aussi fidèlement que possible que la base de mes notes. Les situations décrites sont authentiques ... Les dialogues radio sont tirés des enregistrements réels archivés au fil des vols. Les conversations au sol font appel à mes souvenirs". Un témoignage d'un "format" classique donc, mais portant sur des situations si récentes que le livre n'a pas, à notre connaissance, d'équivalent. On passe ainsi de l'individuel au collectif, du pilote gérant en temps réel l'acquisition de sa cible et son tir aux relations avec l'équipe au sol chargée de coordonner l'appui aérien dans son ensemble. On observe les changements intervenus dans la formation des pilotes en métropole après les premières interventions en Afghanistan, pour mieux l'adapter aux besoins du terrain. On retrouve des chiffres que le grand public ignore souvent : à Douchanbé, pour trois Mirage 2000D et trois Mirage F1 CR, le détachement de l'armée de l'air s'élève à "un peu plus d'une centaine de personnes". On y suit aussi le parcours d'instructeur (en particulier à Cognac) du pilote confirmé qui s'efforce de transmettre à ses cadets non seulement les techniques et les procédures, mais aussi une partie de son expérience et de son savoir-faire personnel. On partage à certains moments forts la vie des escadrons Ardennes ou Champagne. Et à nouveau les théâtres d'opérations, que ce soit au-dessus de Kandahar ou de Brega, le plus souvent dans un environnement international. Au fil des pages enfin, le lecteur se familiarise avec le vocabulaire spécialisé "anglo-aviateur" et complète ainsi sa culture générale interarmées.

On apprécie pour les non spécialistes la présence d'un utile glossaire. Les quelques cartes qui accompagnent le volume permettent, certes, de localiser les zones d'action de l'auteur, mais elles n'apportent pas à notre sens de réelle plus-value (trop générales et trop grises). De même, l'absence d'un sommaire est étonnante. Ces quelques réserves faites, l'ensemble du volume présente un intérêt certain. Outre l'intérêt du texte lui-même sur le déroulement des missions, on sent à chaque page la passion de l'auteur. Pour (enfin) mieux comprendre le rôle personnel des pilotes et la place collective de l'armée de l'Air dans les engagements interarmées et interalliés actuels, voilà un livre qu'il faut absolument avoir lu.

Nimrod, Paris, 2013, 463 pages, 23 euros.

ISBN : 978-291-5243567

Témoignage d'un pilote
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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 06:45

La place des femmes militaires au sein des armées :

un état des lieux

CREC - Coëtquidan

Dans la perspective d'un grand colloque qui se tiendra en novembre prochain aux Invalides, le Centre de recherche des écoles de Coëtquidan lance un appel à communications sur les quatre axes retenus : le recrutement des femmes militaires, l'exercice du métier des armes par les femmes, les carrières des femmes militaires et la comparaison avec les autres armées, en particulier européennes.

Les propositions (CV académique, titre et résumé en 2500 signes)

sont à adresser avant le 15 juillet à : claude.weber@st-cyr.terre-net.defense.gouv.fr

 

Est-ce (toujours) un métier d'hommes ?
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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