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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 06:30

La grande guerre des Boers

Champs de bataille thématique  -  n° 32

Un dossier pratiquement complet et bien construit pour ce numéro d'été de Champs de bataille thématique. Des cartes, des illustrations nombreuses, des organigrammes, des encarts : tout pour comprendre la complexité de la situation régionale avant le début de la première guerre anglo-boer, puis l'évolution de la situation politique et militaire, la deuxième guerre d'Afrique australe. Les noms de Kimberley, Ladysmith, Mafeking, Colenso, Spion Kop, etc. résonnent dans nos mémoires, jusqu'à la politique de regroupement forcé et aux camps d'internement ouverts par les Britanniques et aux combats des derniers commandos boers dans le cadre d'une guérilla qui ne pouvait pas vaincre.

Un très bon numéro qui sera apprécié de tous les amateurs.

Guerres d'Afrique australe
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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 06:45

Du Bataillon de choc au Mirage

Roland Glavany

Les temps de guerre, en portant au paroxysme certains engagements individuels, sont susceptibles d'offrir de nombreux parcours exceptionnels. Mais qu'en est-il dans les temps ordinaires ? Roland Glavany nous offre ici un splendida témoignage, proté par les mêmes valeurs du 1er bataillon de Choc aux entreprises Dassault.

A 90 ans, avec sept petits-enfants et cinq arrière-petites-filles, Roland Glavany se décide à raconter ses souvenirs. Quelle vie ! Né à Nantes en 1922, il envisage d'entrer à l'école navale ou à l'école de l'air : "Juin 1940. La défaite. Le concours de l'école navale fut interrompu, celui de l'école de l'air 'reporté'. Tout s'écroulait pour nous. Nous avions 18 ans". Il s'engage alors dans la France Libre. Aviateur, il fait le choix de servir à terre, au sein du 1er bataillon de Choc et participe avec son unité à la libération de la Corse, de l'île d'Elbe et de la Provence. Il raconte ses combats, ses amis, parle de ses chefs. On y croise le futur général Gambiez et de Monsabert. Blessé il n'en reste pas moins avec son unité et remonte vers Lyon, puis vers le nord-est dans des circonstances difficiles : "Le 5 septembre, nous dûmes nous arrêter, faute d'essence, à Saint-Albin, près de Mâcon". A nouveau blessé à l'est de Dijon, il connait de longs mois d'hôpital : les opérations, l'attente, les soins, la lecture, la convalescence, et toujours les amis : "Si j'excepte le père Ponchet, aumônier jésuite des scouts, je n'ai pas souvenance d'avoir, en ce temps-là, reçu de conseils d'hommes de plus de 30 ans, soit parce que nos décorations les gênaient, soit parce qu'ils n'en étaient pas capables. Nous étions la jeunesse à l'état pur"

Il retrouve l'aviation (au Maroc d'abord) après la guerre, dans un environnement où se côtoient pilotes originaires de toutes les composantes de l'armée française. Il doute, s'interroge sur son avenir, s'inquiète de ce qu'à Paris "le Parti communiste français exerçait sur les esprits une quasi-dictature", intègre Sup'Aéro puis le Centre des essais en vol. A 28 ans, il trouve sa voie du temps de paix comme pilote d'essai à Brétigny. Ainsi se termine la première partie du livre.

Dans la seconde, il nous décrit par le menu ses vols et son travail, son investissement personnel (intellectuel, moral, physique) sur Mystère II, Super-Mystère, Etendard et enfin Mirage, dont il teste tous les modèles successifs jusqu'au Mirage IIIA (au manche duquel il est le premier pilote à franchir Mach 2) et au mythique Mirage IV. La description de ces séances est parfois saisissante. Il est en Algérie en 1959, à la 5e région aérienne sous les ordres du général Martin, où il commence par servir comme DL auprès de la 10e division parachutiste, "aviateur parmi les paras". Il est en permissions en France lors des "événements d'Alger" et asiste à son retour au démontage progressif du dispositif français : "Notre guerre continuait dans l'incertitude et l'amertume grandissante de mes camarades parachutistes". Dernière mission, retour en métropole et, en quelques pages rapides sa fin de carrière dans l'héxagone. La brièveté du récit final indique bien quelles parties de sa vie et de sa carrière le marquèrent.

Un beau livre de souvenir. Un très beau témoignage qui ravira tous les amateurs d'histoire militaire et aéronautique.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2013, 254 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-36445-023-3.

Quelle vie !
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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 06:40

Festival International du Livre Militaire

Coëtquidan - 19/20 juillet 2013

La quatrième édition du Festival international du livre militaire, qui désormais accompagne traditionnellement (à Coët, quand quelque chose a été joué deux fois, cela devient une tradition...) le Triomphe des Ecoles, se déroulera les 19 et 20 juillet. Un très large panel d'ouvrages est proposé aux visiteurs, autour de quatre thèmes : Essais et stratégie, Témoignages, Roman, Jeunesse/bande dessinée.

Pour tous renseignements complémentaires : ici

 

En exclusivité, avant même la mise en librairie, les amateurs pourront se acquérir les actes du colloque organisé à Rennes l'an dernier sur le thème des Petites patries dans la Grande Guerre (Presses universitaires de Rennes). Une opportunité à ne pas manquer !

4e FILM !4e FILM !
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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 06:35

Quand les Zeppelin se font brouiller l'écoute

Aéro Journal  -  n° 35

Dans ce numéro de juin-juillet 2013, un très original article a retenu notre attention. En 10 pages, David Méchin revient, dans "Kolossale Katastrophe, quand les Zeppelin se font brouiller l'écoute", sur une exceptionnelle opération de guerre électronique française en 1917. Avec en prime un coup de chapeau mérité au général Ferrié. Original également, l'article qui fait la couverture du numéro, par David Zambon, "Western Spaghetti. La Regio Aeronautica dans la bataille d'Angleterre", car, on l'ignore en général, Mussolini imposa pour des raisons politiques la participation d'unités italiennes aux opérations aériennes contre le Royaume-Uni à l'automne 1940. Episode dont les pilotes italiens ne garderont pas un bon souvenir.

 

Guerre électronique en 1917
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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 06:30

Anniversaire de la bataille de Gettysburg

La charge de Pickett

Xavier Cornut

Merci à l'auteur qui nous adresse ce texte (28 pages, avec cartographie) sur la bataille de Gettysburg et la dernière grande charge dans l'après-midi entre "Bleus" et "Gris" en ce début de mois de juillet 1863, une hécatombe pour l'armée confédérée et une grave défaite pour Lee. L'auteur se tient à la disposition des amateurs intéressés pour préciser toutes ses références et compléter éventuellement son texte.

Pour lire le texte complet : ici

La grande charge meurtrière
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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 06:25

Soutenance de HDR

Franck Bulinge

sur le thème de l'intelligence économique et du renseignement

Comment faire face à la masse d'informations qui submerge individus, groupes et organisations ? Comment profiter de ces informations tout en maîtrisant les risques qu'elles véhiculent ? Comment les transformer en connaissances utiles à l'action ? Tels sont quelques uns des thèmes qui seront abordés lors de cette soutenance, le vendredi 5 juillet à partir de 10h00, à l'Institut d'administration des entreprises de Poitiers (20 rue Guillaume VII le Troubadour).

 

Traitement et analyse de l'information
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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 06:50

Le général André Bach, dont les travaux de référence sur la Première Guerre mondiale sont unanimement appréciés, a adressé hier matin à plusieurs sites (mise en ligne sur Theatrum Belli -ici-) cette "lettre ouverte", long témoignage et analyse de la situation du SHD, qu'il nous semble impossible de ne pas publier intégralement pour que l'information de tous soit complète. Venant d'un tel spécialiste, qui multiplie les exemples vécus et donne à la fois de la chair et de la densité à l'analyse, le tout mérite d'être réfléchi.

 

Mais que se passe-t-il à Vincennes ?

Deux articles successifs sur le blog Défense ouverte de Jean Guisnel m’imposent de réagir

Professeur durant 3 ans à l’Ecole de Guerre dont une année comme chef du cours Stratégie Histoire militaire, chef du Service Historique de l’Armée de Terre de 1997 à 2000, par ailleurs adjoint communication du Gouverneur militaire de Paris en 1990-1992 et n°2 du Service de Relations Publiques des Armées dans la période de fou que fut la compétition électorale Chirac-Balladur, je me dois de dire : Halte à la désinformation !

Résumons ces deux articles

Le général chef du Service Historique de la Défense aurait par sa maladresse et son non respect de la loi sur la communication des archives amené le service qu’il dirigeait au bord de l’explosion, une partie du personnel lui reprochant l’illégalité de son comportement.

L’article se veut sérieux, car il serait issu de rencontres successives d’« un très bon connaisseur du dossier », d’historiens "qui craquent", de gens qui lui ont dénoncé les liens très "étroits" liant au SHD les contrôleurs généraux des Armées Bodin et Lucas, respectivement SGA et directeur DMPA, d’un général cinq étoiles mécontent, d’une "source  très proche du SHD" qui aurait dit de manière sibylline qu’il fallait « traiter ces affaires de manière exactement inverse à ce qui s’est passé », etc. Bref, une enquête… Cette dernière source ne précise d’ailleurs pas ce qu’aurait été cette manière inverse, ce qui nous permet d’évoquer l’adage selon lequel le capitalisme est l’exploitation de l’homme par l’homme et le communisme exactement le contraire. Dans le deuxième article concernant les archives du massacre de Thiaroye, une « autorité militaire du SHD associée à un directeur de cabinet ministériel »  ( ! ) aurait pris une décision intempestive dénoncée heureusement grâce au civisme et à la connaissance des lois des archivistes. C’est un vrai jeu de piste pour retrouver les personnes évoquées.

Pourquoi ces "sources" éprouvent-elles le  besoin de rester à couvert ? Sont-elles des "gorges profondes" ou des personnels qui craignent pour leur vie ou leur carrière dans un milieu où semble régner une sorte de "police politique militaire" ? En journalisme comme en recherche historique, le ba-ba est de citer ses sources sauf si cela les met en danger. Est-ce donc le cas ? Le journaliste dans cet article a-t-il pris le soin de recueillir la version du général et du conservateur en chef, leur a-t-il téléphoné pour leur dire qu’il allait publier et leur accorder éventuellement un droit de réponse ?  Même si  le droit de réserve lui était opposé, il pouvait éventuellement leur donner le statut de source anonyme après avoir échangé avec eux. A-t-il pris contact avec ceux qui connaissent bien le SHD ? Ceux qui y travaillent ? Nul ne le sait.

Donc je pèse mes mots : enquête bâclée, colportage de ragots avec, pour un professionnel, facilité de savoir au vu des rumeurs colportées qui a alimenté en « infos » Jean Guisnel. L’enquête est à refaire et je vais la faire ci-dessous en m’appuyant sur mon expérience de trois ans passés à Vincennes et de ce que j’en ai su depuis, grâce aux relations de qualité que j’ai gardées avec le personnel civil de la défense encore en place au château, du fait du souvenir d’un travail en commun qui a été générateur de satisfactions. Aujourd’hui, ils sont démotivés.

Mon expérience à la tête du SHAT ( 1997-2000)

En 1997, prenant la tête du service en venant du cabinet du chef d’état-major des Armées, j’étais bien conscient des réformes à entreprendre dans le cadre de la refondation des armées  et du passage à un modèle d’armée professionnelle, le tout sur fond de réduction drastique du budget de la défense. Contrairement à d’autres, je prônais dès lors la fusion des différents services d’armée : Terre, Mer, Air, Gendarmerie et le rattachement à l’administration du ministère de la Défense, compte tenu du fait que les Armées se recentraient sur leur capacité opérationnelle et n’avaient plus de budget pour subvenir au fonctionnement de ces services.

J’ai donc vécu une période intermédiaire, où je gardais un contact avec le chef d’état-major de l’armée de Terre et, pour les affaires délicates, celui, soit du Secrétaire général pour l’administration Jean-François Hebert, soit celui  du cabinet du ministre ou du ministre lui-même, Alain Richard. Pourquoi ces contacts ? Parce que les archives déposées à Vincennes conservent la trace de la politique générale de l’Etat et que la publication trop hâtive de certaines de celles-ci peut, pour l’instant, parfois gêner la liberté d’action diplomatique, l’instrumentalisation par d’autres pays de documents savamment présentés  traitant par exemple du nucléaire qui est un des rares domaines d’une politique indépendante, de la guerre d ‘Algérie sous différentes facettes, plus près de nous du Rwanda, etc.. Tous sujets source de complications certaines. Il est sûr comme l’a dit Racine «  qu’il n’est pas de secret que le temps ne révèle », et cela est l’exacte vérité si le secret a été correctement archivé et bien conservé. La tâche du SHD est justement de veiller à ce que ces documents sensibles entrent bien au SHD, qu’ils y soient conservés dans les conditions de sécurité requises jusqu’au moment où la loi sur les archives autorise leur libre accès à tout un chacun. Ce lien direct a d’ailleurs servi plus souvent à faire ouvrir des archives que la sous-direction du Cabinet, frileusement, empêchait, contrairement à mes propositions. Ainsi, avec l’appui d’une lettre du professeur Jauffret, on a pu débloquer auprès du ministre la sortie d’un tome présentant des documents sur les débuts de l’insurrection algérienne, demande refusée préalablement par le cabinet. Il en a été de même pour débloquer 200 cartons de documents produits par les willayas, fermés normalement à la consultation, au bénéfice du professeur Gilbert Meynier, en cours de recherche sur l’histoire du FLN. Le livre qui en est issu est devenu un classique, apprécié par les chercheurs tant en France qu’en Algérie. Naturellement, dès lors, ces cartons ont été mis en consultation libre. Les seules exceptions ont été pour les cartons dans lesquelles apparaissaient des noms de personnes qui, du fait de leur activité non connue publiquement, au profit de l’armée française, risquaient, elles ou leurs descendants, d’être victimes de vengeances ou représailles. J’ai mis pendant plusieurs mois un officier à temps plein pour cet examen minutieux et délicat des cartons, pour assurer cette sécurité. J’ai pris sur moi d’ouvrir à la consultation des dossiers de Justice Militaire au profit du chercheur Nicolas Offenstadt, au vu de la qualité de ses travaux, alors que là aussi on faisait lanterner la décision d’autorisation sur de longs mois avec des arguties irrecevables. En revanche, j’ai fait pilonner un inventaire sur les fonds du SGDN en observant que la loi n’était pas respectée, les documents à consultation retardée par la loi n’ayant pas été indiqués avec l’astérisque réglementaire. J’ai fait mettre en bastion protégé des dossiers laissés jusque là à la portée de beaucoup.

Je me suis donc conduit comme le général Paulus, et pourtant tout se passait bien. Tout au plus à mon arrivée, j’ai constaté que les conservateurs n’étaient pas utilisés au mieux de leur compétence. Soucieux de professionnalisation, j’ai donc mis  à la tête de la salle de consultation un conservateur et j’ai recruté un autre jeune conservateur pour prendre la responsabilité de la bibliothèque tenue jusqu’alors par un personnel non issu de l’Ecole des Chartes. Pour la partie archives, j’avais affaire au conservateur en chef Philippe Schillinger, homme de haute culture historique, pour lequel mon estime s’est vite transformée en amitié. Au-delà des chartistes, je me suis démené pour conserver de talentueux contractuels, en situation précaire de ce fait. Je n’en cite qu’un, pour lequel j’ai du, pour le conserver, batailler ferme avec la direction des ressources humaines du ministère : Hervé Lemoine. Le fait qu’il soit devenu directeur des archives au ministère de la Culture montre que j’ai eu raison de m’impliquer dans sa titularisation. Je me plais à rendre hommage à Jean-Pierre Hébert et à Alain Richard, homme de culture, doté d’un bagage historique impressionnant. Mon dernier contact avec Alain Richard a été, à mon départ en retraite, sa demande d’enquêter et de lui remettre un rapport sur l’enseignement de l’histoire pour la formation des officiers à Saint-Cyr, Navale , Salon et dans les écoles militaires  homologues allemandes et britanniques..

Qu’a-t-il bien pu se passer pour que cette cohabitation harmonieuse d’historiens militaires et de conservateurs se soit transformée, apparemment, en un chaudron de sorcières avec crises de nerfs à l’appui.

Réponse de l’article : c’est la faute du Général Paulus. Là je réponds non et je l’expliciterai plus loin. Alors, quelles sont les causes profondes comme dirait un de mes maîtres intellectuels  en  histoire,  Pierre Renouvin ?

Raison du gâchis

Pour moi la cause essentielle réside dans le ratage du rattachement du Service à l’administration de la Défense lors de la perte de tutelle des armées. Cette administration ne l’a pas accueillie en mère, mais en marâtre. Tout le monde était d’accord pour regrouper les fonctions "recherche historique" et "conservation des archives" de chaque armée en un seul service, la division par armées étant  archaïque et totalement obsolète. Il fallait l’autorité ministérielle pour enjoindre cette fusion qui heurtait les habitudes. Cela s’est fait, est derrière nous et a réussi, ce qui n’était pas évident, tellement cela bousculait les particularismes. Le ratage n’est pas à ce niveau et il est tout d’abord du au manque de réflexion des enjeux, à une  approche purement administrative d’une question qui méritait une approche fine au moment du passage à l’armée professionnelle.

Il est temps d’expliquer ce qu’est le SHD et d’où il vient. Il est le résultat d’un fort volontarisme des pères de la III° République. Pour créer le lien entre la Nation et son Armée, un des grands projets politiques du nouveau régime, et en parallèle, républicaniser l’armée,  il a été donné à des chercheurs historiens militaires la mission de se plonger dans les archives militaires conservés depuis le 17°siècle, pour créer une filiation essentiellement avec la saga des armées révolutionnaires et impériales. Il s’agissait de gommer la période Restauration-2° Empire, où l’Armée avait été au service de régimes réactionnaires, les mettant parfois en place par la violence. Mission a été accomplie. Valmy, la Patrie en danger ont été revisités. Une symbolique militaire en concordance avec ce nouvel apprentissage civique a été instituée. L’étude de la guerre de 1870 et l’effort du Gouvernement de Défense Nationale ont été mis en exergue à partir des archives. Rémy Porte a signalé le gigantesque effort qu’a constitué, entre les deux guerres la mise au clair de l’action des armées pendant la Grande Guerre, travail exceptionnel (110 volumes) car à côté du texte rédigé dont tout historien doit se méfier, il y a en regard l’intégralité des documents cités, qui permettent le recoupement.
C’est cet aspect, véritable raison d’être du SHD, qui a totalement été insuffisamment perçu. Le Service Historique a une fonction « politique » au sens noble du terme, développer le lien entre la nation et son armée. Or, à l’échelle historique, la rétraction en armée professionnelle est toute récente et c’est actuellement, justement, qu’il y a un besoin accru d’accompagner par la recherche historique ce phénomène de rupture extraordinaire qu’a été la suspension de la conscription, afin de se projeter dans un nouveau modèle de relation armée-nation au moment où la présence physique de l’Armée ne subsiste plus que dans un nombre infime de garnisons.

En dehors de cela, l’histoire militaire, trop souvent absente  de la recherche universitaire, est un outil de formation très important à condition de remettre sans arrêt en question la relation des événements. Toutes les armées qui ont encore un savoir-faire reconnu en Occident utilisent ce moyen de formation de leurs cadres. Citons les principales : américaine, britannique, allemande et française. Chef du cours Stratégie Histoire militaire de l’Ecole de Guerre, j’ai été accueilli  en 1993 à Fort Leavenworth, école ayant la même mission de formation, par mon homologue, colonel comme moi. S’étant enquis de mon effectif, j’avouais un adjoint. Il me montra alors le trombinoscope de ses collaborateurs, tous historiens : 50.

Le passage à l’armée professionnelle sous contrainte budgétaire a déjà vidé le vivier des enseignants chercheurs présents alors à Vincennes. Leur action était décuplée par la présence d’appelés du contingent de haut niveau intellectuel, précieux auxiliaires qui ont disparu. L’enseignement de l’histoire militaire à l’Ecole de Guerre a été confié au SHD, avec une poignée de chercheurs, le plus faible ratio, et de loin, de toutes les armées occidentales, dans un pays qui, paraît-il, aime l’histoire et ne jure que par elle.

Personne de bonne foi ne peut contester le fait qu’en dépit de la transformation  accélérée des armées, les missions confiées à celles-ci ont été remplies par nos officiers avec succès et doigté durant ces dix dernières années. C’est dû, en particulier, à cette formation qui fournit un type de comportement à l’officier en lui montrant par des exemples historiques soigneusement « décortiqués » ce qu’il doit être, formation que viennent chercher en nombre nos stagiaires étrangers. Personne ne sait qu’un officier historien, à l’initiative du général Paulus suit l’opération du Mali au Centre opérationnel des armées, qu’il y  a peu de temps il était sur le terrain pour examiner la bonne collecte des ordres donnés en vue des futures études d’histoire et qu’il a sur place donné aux officiers des conférences pour leur faire connaître, par exemple, la façon dont on s’était débarrassé des insurrections de 1916-1917 en ces lieux, à partir des comptes-rendus des acteurs de ces opérations. L’efficacité et l’excellence est à ce prix, autant sinon plus que dans l’efficacité de l’armement. Comprendre un pays, retrouver sa mémoire, qui dans ces milieux est essentiellement orale et perdure avec force, donne de la capacité à agir en faisant preuve d’intelligence de situation, en réfléchissant par exemple ici au comportement des Touaregs, hier et aujourd’hui, alors que les conditions de vie et de rapport entre populations différentes ont beaucoup à voir avec le temps passé.

Le dérapage

C’est cette dimension qui a été mal appréhendée. Dépendant, de mon temps, des services du SGA, je n’ai pas connu l’installation de la  tutelle désormais en charge  du SHD : La Direction de la mémoire, du patrimoine  et des archives. On aurait du se méfier dès le choix de ce titre. L’historien que je suis devenu fronce toujours le sourcil au mot "Mémoire" qui, non seulement n’est pas scientifique, mais évoque quand même un peu, disons-le pudiquement, le « discours officiel ». Dans le même ordre d’idée, la découverte dans l’organigramme d’une fonction «  produits culturels » éveille aussi un peu l’attention. Quand j’étais au SIRPA, on finançait aussi des «  produits culturels » mais, là, il n’y avait pas de faux nez. On était là pour faire de la communication institutionnelle. Ensuite, le mot qui apparaît fortement est "archives". Il est légitime que l’administration de la Défense s’y soit intéressée. Cela a été un progrès car la Défense a des dépôts dispersés dans toute la France et il était indispensable de professionnaliser toute la chaîne. A l’époque, quand j’échangeais avec mon homologue canadien, les courriers étaient estampillés « Service Histoire et Patrimoine ». Cela n’a pas été le cas en France.  On a donc mis en place une tutelle pour gérer un service dont la fonction n’était pas inscrite dans l’intitulé générique.

De là, à mon avis, la dérive puisque dans le staff de direction il n’y aucun « référent histoire », avec le niveau de qualification et de compétences requis pour être l’interlocuteur valable à la fois du général SHD et de sa division "Etudes" en interne, et des autorités de tutelle en externe. J’ai pu assister avec consternation à des errements catastrophiques. Ainsi, à une époque, la division "Etudes", composées d’enseignants chercheurs ayant évidemment besoin de conserver leur liberté de recherche, a été mise sous la tutelle de la fonction "conservateurs" pour servir de contributrice à la mise place de  la « valorisation des archives » (en clair le montage d’expositions, ce qui est un contre-emploi évident). La logique des conservateurs est d’ouvrir à la consultation, au titre de service public, les archives, à toute personne qui se présente. La logique d’un centre de recherche, elle, est de conduire des recherches poussées et de favoriser les travaux des chercheurs de haute pointure, nationaux ou étrangers, qui viennent en toute confraternité historienne s’y investir. Pour ce faire, j’avais maintenu  en place un centre de documentation qui permettait d’accueillir ceux qui étaient en train de travailler sur des aspects peu connus de notre histoire militaire, afin de faire progresser notre connaissance de l’action de nos propres armées. Il permettait accessoirement de répondre rapidement aux « questions à 20 centimes » posées par les cabinets pour nourrir les discours officiels. Cette salle a été fermée. Pourtant elle a facilité le travail de Pierre Péan sur Jean Moulin,  celui remarquable de l’Américain Christopher Goscha sur la guerre d’Indochine et accueilli de nombreux chercheurs des pays d’Europe centrale, que l’on a aidé à retrouver leur passé après la chute du Bloc de l’Est. Les remerciements recueillis lors de missions dans ces pays ont montré quel effet de rayonnement a, pour notre pays, de telles actions.
Je peux ajouter les concours apportés pour mettre sur pied des musées d’armées étrangères : tunisienne, marocaine, sénégalaise, par exemple, au nom de notre passé commun lors des deux guerres mondiales.

Je n’attaque pas les hommes qui ont géré administrativement un service aux finalités certainement mal appréhendées par eux et qui n’ont recruté personne de la compétence suffisante pour que la mission du service ne soit pas pervertie. J’imagine bien que la complexité, qu’il ne faut pas cacher, de la gestion des archives  les a incité à se cantonner à ce domaine qu’ils connaissaient mieux, prêtant naturellement l’oreille aux conservateurs, non directement impliqués pour la plupart d’entre eux dans ces autres missions de fond du SHD. Déclarer que la culture de ces deux entités n’est pas la même est enfoncer une porte ouverte…

Qui est responsable de ce ratage ?

Que l’on soit clair. Je ne l’impute pas à l’équipe ministérielle actuelle, qui ne peut que constater le blocage comme elle le fait dans l’échec du service de la solde Louvois. L’échec est dû aux négligences des ministères qui se sont succédé depuis la création de la DMPA et qui se sont désintéressés d’un service d’où, lorsque je le dirigeais, il était possible d’en appeler au ministre directement.

En prenant mes précautions, je m’avance à dire que, s’il y a des rumeurs selon lesquelles les armées seraient en partie co-responsables du ratage Louvois, le ratage SHD, lui, se circonscrit dans l’orbite SGA, car les armées se sont désintéressés de son fonctionnement. Il serait sain de voir comment les cabinets successifs, et au sein de ceux-là ceux qui auraient du veiller à la bonne marche de l’ensemble et au respect de la mission du SHD, n’ont pas rempli leur rôle de 2005 à nos jours.

Résultat : un limogeage de général, au moment où le pays s’apprête à se remémorer la grande guerre  et en particulier 1914 où ont fleuri fusillés et ... généraux limogés.

Spécialiste de cette période et de cette problématique (voir mes ouvrages), je peux dire que pour ces deux types de population, le traitement qui leur a été infligé a gravement attenté à  l’honneur de beaucoup. Le cas du général Regnault, sur lequel je suis en train de travailler, en est un parfait exemple. Ce général, une des têtes de l’état-major général en 1911, conseiller militaire de Jaurès pour ses études  de « Vers l’Armée nouvelle »,  faisait partie du groupe des officiers hostiles à l’offensive à outrance. Dès le 5° jour de combat en août 14, il était limogé. Joffre le poursuivant de sa vindicte, exigeait du ministre Millerand qu’il le force à se déclarer démissionnaire pour raisons de santé. Sur le refus de l’intéressé il était mis disciplinairement à la retraite d’office alors qu’il n’avait pas démérité. Grâce à l’estime de Gallieni, devenu ministre et au fait que Joffre n’avait pas autorité sur l’Armée d’Orient, il y reprenait du service et ce général, mis en retraite d’office pour incapacité à commander une division, commandait fin 1917 une Armée : l’Armée Française d’Orient. Une fois la guerre terminée, en dépit des efforts du Ministère d’alors, le Conseil d’Etat le rétablissait dans ses grades et appellations. Des dossiers de fonds privés remplissent les cartons de Vincennes. Interdits de s’exprimer après-guerre, nombreux sont les officiers qui ont confiés à leurs carnets leur amertume, décrit les injustices subies puis déposé au Service historique leurs histoires encore jamais publiées.
J’avoue avoir réagi avec stupeur quand j’ai appris qu’il avait été enjoint au général Paulus  dernièrement de dire à ses chercheurs de ne pas s’intéresser à cette Grande Guerre sans  une autorisation supérieure, alors qu’un siècle après on en est toujours aux poncifs, aux images d’Epinal et que des centaines de cartons dont beaucoup jamais ouverts emplissent les rayonnages.

Comme alors, on a, en tout cas, un peu le sentiment qu’on fait payer à des « lampistes » les erreurs commises plus haut. Je ne peux manquer de faire l’analogie entre la façon dont ont été traité Regnault et Paulus. La carrière de Paulus plaide pour lui. Conscient des enjeux, dépendant d’une tutelle qui lui a parfois été hostile, il a fait ce qu’il croyait dans sa conscience d’officier devoir faire. Il paye un dysfonctionnement qui n’est pas de son fait. Le mal est fait.

Pourquoi s’exprimer publiquement ?

J’ai toujours eu pour règle de conduite dans toute ma carrière d’essayer de gérer les dossiers sensibles au plus bas bruit possible car, et cela n’a rien à voir avec l’indispensable liberté de la presse, poumon de la démocratie, il est patent que «les medias ne créent pas les problèmes, ils les révèlent et souvent les exacerbent ». Par la tournure de son article, Jean Guisnel ajoute à cette situation pénible des propos attentatoires à l’honneur de Paulus, insistant sur la sanction le privant de son attente légitime eu égard à toute sa carrière. Cela n’est pas supportable et l’attaque étant publique, il faut une réponse publique.

Devant cet échec, que faire ?

Le surmonter (et le moyen de le faire) est au sein du cabinet du ministre. Objectivement, et je n’engage que moi, je suis avec intérêt la gestion du ministère par celui qui est à sa tête actuellement. Lui et ses collaborateurs me semblent des personnalités solides, qui cherchent à réagir face à des pratiques qui ont montré leur dangerosité. C’est en crise que l’on peut le mieux réformer. Or, il faut remettre sur les rails une fonction « Histoire militaire scientifique » au sein du ministère de la Défense, que cette fonction soit suivie et défendue de près, car il en va de la formation de nos cadres et de la mise à la disposition du public d’ouvrages d’histoire militaire de qualité, qui ne sont plus produits par ailleurs. Jeune officier, j’ai servi dans un organisme proche du cabinet de Charles Hernu, le Groupe de planification et d’études stratégiques. (Groupe S). J’y ai connu des « hommes de cabinet » qui m’ont marqué, comme François Heisbourg ou le contrôleur général François Cailleteau. Ils m’ont impressionné par leur capacité de travail, leur intelligence, leur culture en sciences humaines et leur aptitude à mettre en chantier des réformes. François Cailleteau est resté pour moi un exemple de ce qu’est un haut fonctionnaire ayant le sens de l’Etat. Nul doute que leurs successeurs sont à l’œuvre. Que sans à priori, ils repensent l’ensemble. Que ce triste épisode qui rappelle les limogeages de 1914 serve au moins à remettre les choses en ordre.

Reste l’honneur du général Paulus, sali par une présentation déformée de la situation. On sait que Jean Guisnel est à l’origine  de la relève d’un de mes prédécesseurs à la tête du SHAT en 1994. Il n’y a à  cela rien à dire, car il y avait eu faute professionnelle. Chargé de fournir une fiche explicative sur l’affaire Dreyfus dans un service qui détient les pièces originales du dossier d’accusation, ce service avait répondu par une mauvaise fiche tirée de l’équivalent du Quid. Ce n’était pas ce qu’on devait attendre de ce service historique.

Reste qu’avec le général Paulus, on n’est pas dans ce cas. Il va quitter, avec probablement une amertume compréhensible et un sentiment d’injustice profonde, une carrière où il a donné le meilleur de lui-même. Je suis sûr de traduire la pensée de tous nos camarades de la communauté militaire et de tous les historiens qui travaillent sur les archives en disant que, pour nous, il part la tête haute et fournit la plus belle réponse à ceux qui disent que les généraux ne sont que des courtisans, attentifs à plaire à leurs maîtres du moment.

Paulus, tu ne sors pas par la petite porte, tu sors avec honneur. Et l’on se retrouve en toi.

Général ( 2S) André Bach

Promotion de Saint-Cyr Lt-Colonel  Driant  1965-1967

Missions et avenir du SHDMissions et avenir du SHDMissions et avenir du SHD
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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 06:45

Little Big Horn

France Inter - Les oubliettes du temps

Une bande audio de 5 minutes, pour retrouver sur France Inter David Cornut, dont nous avons chroniqué le livre Little Big Horn le 4 janvier (ici) et un entretien sur le même thème le 11 février dernier (ici).

Pour écouter : ici

Sur le thème de la bataille de Gettysburg, dont on commémore actuellement le 150e anniversaire, deux liens en français :

- sur 20 Minutes.fr : ici (photos)

- sur le site de l'AFP : ici (reportage)

Et dès demain : une surprise !

L'histoire (américaine) à la radio
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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 06:42

Terrorisme et risk management

World Trade Center, 26 février 1993

Jacques Charbonnier

Comment utiliser une discipline issue des sciences sociales dans le domaine de l’entreprise ? Tel est le défi que Jacques Charbonnier souhaite relever dans cet ouvrage. Il ne s'agit pas d'un ouvrage d'histoire : l'auteur est titulaire d’un doctorat de l’université Lyon 3 avec une thèse portant sur « les institutions et les pratiques d’assurance en Afrique du Nord, des origines à nos jours ». Spécialiste du domaine des assurances et du management du risque, disciplines qu’il a enseigné à Lyon 3, à l’institut du management des risques de Bordeaux et lors de nombreux séminaires de formation, il a publié une vingtaine d’ouvrages dont un Dictionnaire de la gestion des risques et des assurances (2004), le risk management méthodologie et pratique (2007),  Islam : droit finance et assurance (2011). C'est par contre, à notre connaissance, le premier livre traitant en France de l'attentat de février 1993 au WTC, que les dramatiques événements du 11 septembre 2001 ont presque effacé des mémoires. Le risk management est une discipline relativement nouvelle, issue des sciences sociales et théorisée dans les années 1950 aux Etats-Unis. L’auteur montre que cette discipline n’a pas totalement percé au sein des entreprises et notamment au sein des fonctions supports. Ce livre, en forme de cas pratique, a pour but de démontrer l’utilité et l'importance du management des risques et la manière dont on peut l’intégrer au sein des entreprises.

La première partie est largement descriptive et présente le contexte des attentats du World Trade Center (WTC) de 1993. Jacques Charbonnier donne ainsi une définition personnelle du terrorisme. Il présente ensuite le statut des musulmans aux États-Unis. Plus directement, l’auteur dresse le portrait de la Port Authority of New York et du WTC. Le contexte étant en place, la seconde partie présente un historique de l’attentat du 26 février 1993, de son déroulement et enfin de ses conséquences matérielles et pénales. La dernière partie de l’ouvrage est consacrée au risk management à proprement parler, à sa définition et à son application au cas du WTC. Jacques Charbonnier fait état des manquements qui n’ont pas permis de prendre des mesures à hauteur de la menace. Il se fonde sur ces manquements pour proposer des pistes de réflexion et des modalités d’action qui auraient pu, non pas éviter, mais mieux prévenir de tels évènements.

Cet ouvrage est une réussite car il répond clairement à la question posée : démontrer l’intérêt de la pratique du management des risques au sein des entreprises. En effet, l’auteur démontre que l’intégration de structures de management du risque au sein de l’entreprise est profitable car elles préviennent des coûts engendrés par l’apparition des risques. L’analyse du contexte est quant à elle moins convaincante, la définition du terrorisme étant par exemple une question énormément travaillée depuis de longues années et qui demande de larges connaissances dans différents domaines. C’est la partie sur le risk management qui possède donc l’intérêt le plus évident, cette discipline étant vraiment le cœur de métier de l’auteur. La forme d’un cas pratique est un choix des plus judicieux, car il donne aux lecteurs intéressés par ce domaine un mode de raisonnement et une méthodologie aisés à reproduire. Le cas concret choisi étant un exemple pratiquement inconnu en France, le volume n'en a que plus d'intérêt.

Thibault Laurin

                                                                                                                                                   Lavauzelle, Panazol, 2013, 254 pages.

ISBN : 978-2-7025-1569-3.

Analyse du risque
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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 06:40

L'armée française en Afrique

1960-2013

Raids  -  Hors-série n° 48

Rédigé par Pascal Le Pautremat, ce numéro hors-série présente successivement l'Afrique comme espace de la stratégie militaire française, un tableau général de la grande zone sahélienne, un focus sur le Tchad puis un autre sur la RCA, un article sur l'opération Lamentin en Mauritanie, un sur l'opération Serval au Mali et un sur la Côte d'Ivoire, "entre interposition et exfiltration de ressortissants". De nombreuses opérations peu connues sont évoquées et l'on apprécie la présence d'encarts qui fournissent des chiffres précis.

Les puristes regretteront sans doute que le "rédactionnel" ne tienne finalement qu'une place limitée, du fait de la richesse et de la diversité de l'iconographie et d'un nombre de pages disponibles contraint par le format. Mais il n'en demeure pas moins qu'il s'agit de l'un des très rares "survol" d'ensemble d'un demi-siècle d'opérations en Afrique. A inclure dans la documentation de tous les amateurs.

 

Le temps du "pré carré"
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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