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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 06:00

Les chiens de guerre

Fidèles auxiliaires des poilus

Bruno Rouyer

Une étude passionnante qui nous avait échappé lors de sa parution et sur laquelle nous souhaitons vraiment revenir, en hommage à nos plus fidèles amis.

Selon un plan très pédagogique en 6 grandes parties d'ampleur variable, l'auteur nous propose un tour d'horizon complet de l'organisation des services des chiens de guerre et de la sélection des bêtes, de leur dressage en fonction des missions à accomplir (garde, liaison, service de santé, complément des animaux de bât, simples mascottes, etc.). Bruno Rouyer consacre une partie entière à l'ensemble de l'épisode désormais fameux des chiens que l'on importa d'Alaska, jusqu'à leur emploi dans les Vosges ; et il s'intéresse également à la place tenue par nos amis à quatre pattes dans la propagande. Vient enfin, comme pour les poilus, le temps de la démobilisation, avec une approche du devenir des ces animaux la guerre terminée et un coup de projecteur particulier sur Stubby, qui "servit dix-huit mois dans le 102e régiment d'infanterie de la 26e division (Yankee) dans les tranchées du Nord de la France, devenant le premier "chien sous-officier" de l'armée américaine et le plus décoré de toute la guerre.

On soupçonne que certains passages doivent plus à la passion de l'auteur pour les chiens qu'à la rigueur historique (on aurait parfois aimé plus de références d'archives), mais l'ouvrage est extrêmement agréable à lire et rend un légitime hommage au "meilleur ami de l'homme" (en guerre).

Gérard Louis Ed., Haroué, 2014, 141 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-35763-064-2.

Le meilleur ami du poilu
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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 06:00

Cavalerie à cheval et blindée

GBM  -  n° 121

Le numéro de juillet-septembre de GBM accorde une place importante à la 'Drôle de guerre' et aux opérations de 1940, à travers plusieurs articles, du commandement d'une armée ("Corap et le désastre sur la Meuse") aux combats d'un bataillon ("Le 26e BCC dans la bataille de Flavion" et "L'escadron d'Estrées au baroud avec le 2e RAM"), en passant par un original article sur "A cheval dans la campagne 1939-1940" qui nous rappelle utilement le caractère encore essentiellement hippomobile des armées de l'époque. Pour les passionnés de la Grande Guerre, on note une solide étude sur "Les engins de tranchée de faible puissance" (lances-grenades, obusiers).

Un numéro qui mérite d'être soigneusement conservé.

Campagne de 1940
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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 06:00

Un agent parachutiste dans l'histoire

Jean-Claude Maréchal

Cette biographie de Jean-Claude Maréchal nous entraîne, sans jamais oublier le contexte général, à travers l'histoire de la Belgique sur presque un demi-siècle, de l'occupation allemande de la Grande Guerre aux 'Belges libres' repliés en Angleterre après 1940, en insistant sur son entraînement comme SAS (dont nous avons véritablement le détail).

En fait, à travers le récit d'une vie, nous retrouvons l'ensemble des problèmes et des crises d'un pays.On y trouve ainsi la trace des oppositions entre les autorités britanniques et belges en exil, ces dernières voulant absolument conserver le contrôle sur l'emploi de leurs ressortissants et n'étant pas particulièrement tentées par des actions dynamiques en territoire occupé, sans oublier la politique personnelle que tente de conserver le roi des Belges, prisonnier de fait dans son propre pays. On y découvre les modalités de préparation et d'action clandestine sous pseudonyme, la "mise en quarantaine" avant le départ pour conserver le secret d'une opération, l'organisation de réseaux en territoire belge, et jusqu'aux filières d'évacuation via la frontière espagnole.

Un petit livre tout à fait passionnant qui complète utilement notre connaissance de la Belgique dans la guerre et, bien sûr, des SAS belges trop souvent oubliés.

Eme Editions, Louvain-la-Neuve (diffusion Harmattan), 2016, 253 pages. 25,50 euros.

ISBN : 978-2-8066-3571-6.

Une vie d'engagements et d'action
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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 06:00

Les Vikings

Le Figaro Histoire  -  n° 33

Le dossier de ce numéro d'août-septembre est consacré à l'épopée des peuples vikings du VIIIe au XIe s., de Novgorod en Amérique en passant l'ensemble de l'Europe occidentale et l'empire byzantin. Parmi les thèmes abordés, la défense de Paris par Eudes (fondateur en quelque sorte de la dynastie capétienne), la christianisation des Vikings et de la Scandinavie, la naissance de la Normandie avec Rollon, les personnages emblématiques de la période, les films et les livres sur ce thème, etc. En varia, on appréciera en particulier les articles superbement illustrés sur la Sicile et les palais du "Guépard" et celui sur madame de Sévigné et le château de Grignan.

Fraicheur nordique
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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 06:00

Discours d'André Maurois le 2 février 1967

à l'Académie française

à la suite du décès du maréchal Alphonse Juin

Le peuple de Paris, le gouvernement, l’Église et l’armée ont fait hier au maréchal Juin des funérailles dignes d’un héros. Pour l’Académie française, ce deuil est intime et douloureux. Nous admirions le chef de guerre ; nous aimions le confrère et l’ ami. 
Sa simplicité, sa bonté nous avaient conquis. Avant les événements et la maladie qui attristèrent sa fin, sa gaieté confiante éclairait nos rencontres du jeudi. « Les gens graves ne sont pas sérieux » disait-il. Nous savions qu’il était, sur le champ de bataille, le chef le plus ferme et le plus précis. Ici nous l’ avons toujours vu cordial, attentif et prêt à prendre sa part de nos tâches familières. Ce grand soldat, quand il le voulait, devenait un écrivain.
Mais nous l’avions élu surtout parce que l’armée française lui devait d’avoir retrouvé sa plus vieille amie : la victoire. On ne dira jamais assez ce qu'ont été son rôle et celui de l’armée d’Afrique de 1942 à 1944. Que cette armée ait été préservée, maintenue, entraînée et même accrue après la défaite, est un miracle dont deux des nôtres : Weygand et Juin, furent les artisans. 
Les armes sauvées avaient été camouflées, cachées dans des grottes de montagne, dans des puits de mine, sous les scènes des théâtres. Le devoir des commissions d’armistice ennemies eut été de découvrir ces ruses. Mais j'ai copié en 1943, lorsque j’étais à Alger sous ses ordres, une note du général Juin sur les réponses à faire aux commissions de contrôle. Elle n’a jamais été publiée et je me permets de vous en citer quelques phrases parce qu’elles montrent comment Juin, bien avant le débarquement, résistait à l’ ennemi et préparait les combats futurs.
«Il convient, disait-il, que tout officier sache exactement dans quel sens il doit répondre pour éviter les pièges des questionnaires allemands. Les questions posées peuvent avoir pour but de connaître :
1°) la mission de l’unité en opération. Sur ce point il convient de rester absolument muet ; il y a lieu de répondre que l’on ne sait rien et que des directives seront données en temps utile par le commandement.
2°) l’ orientation qui est donnée à l’instruction. Il y a intérêt à ce que les Allemands ignorent jusqu’à quel point est poussée l’instruction dans les particularités du combat moderne. Répondre par des généralités sur les chapitres bien connus du règlement.
3°) le degré d’ entraînement et la valeur de la troupe. Sur ce point il faut éviter un double écueil. Si l’on exagère la faiblesse de l’armée d’Afrique, on inspire aux Allemands le désir de se substituer à nous ; si l’on étale complaisamment les qualités de cette armée, on peut amener les Allemands à penser qu’elle constitue pour eux un danger. C’est entre ces deux écueils qu’il faut tenir le juste milieu. 

Signé : JUIN, commandant en chef.»
Voilà pourquoi il existait encore, en 1943, une armée d’Afrique. Elle était mal vêtue, mal équipée, mal nourrie, mais elle possédait des soldats merveilleux, d’excellents officiers, de nobles et anciennes traditions. Elle était capable, au prix de souffrances et de privations, de faire campagne. En fait ce fut elle qui, après le débarquement et en attendant l’arrivée des grands détachements alliés, arrêta seule, avec ses pauvres moyens, l’avance des blindés ennemis. Je le répète, on ne dira jamais assez que, sans Juin et ses hommes, il n’ aurait pas été possible de tenir en Tunisie. En pensant à leur dénuement, on les rapproche des soldats de l’An Deux ; en pensant à leur ténacité, à leur foi, on évoque les soldats de la Marne.
La fin de la campagne fut épique et foudroyante. Une manœuvre, dont le général Juin avait eu l’idée, fit roquer deux divisions blindées de la droite à la gauche du dispositif allié. L’ennemi, entièrement surpris, s’effondra. Toute son armée (224 000 hommes, 26 généraux, 1 000 canons, 250 chars) fut prise. 
La bataille d’Afrique était terminée. Le général Eisenhower, dans son bulletin de victoire, écrivait : « Les Français, avec un équipement pauvre et désuet ont effectué sur le champ de bataille un magnifique travail. Leurs combats ont égalé ce que l’ on peut attendre de mieux de la meilleure armée du monde.»
Au général Juin, qui s’était révélé grand stratège, fut confié le commandement du Corps Expéditionnaire français en Italie. Là il me conduisit au pied des terribles montagnes qu’il fallait franchir et m’emmena dans ses tournées d’inspection aux avant-postes. Il inquiétait un peu son état-major par sa hardiesse et sa volonté de tout voir. Ses hommes adoraient ce chef qui, la pipe au bec et le béret étoilé en bataille, venait en jeep jusqu’aux points les plus dangereux. Ils aimaient sa bonhomie, ses boutades. On aurait pu dire de lui ce que Bossuet disait de Condé : 
« Jamais homme ne craignit moins que la familiarité ne blessât le respect.»
Avec sa remarquable intuition stratégique il fut le premier à comprendre que l’on n’enlèverait pas le Monte Cassino par une attaque frontale. Nourri des principes napoléoniens, il proposa une fois encore de créer la surprise par la manœuvre. Comme l’a écrit le général de Gaulle: «Juin dessine d’un trait ferme le plan de sa manœuvre ». 
Il proposait de faire traverser en secret le Garigliano par 30 000 hommes et de jeter les tabors du général Guillaume dans le massif de Petrella que l’ennemi croyait inviolable. Il eut grand-peine à faire approuver ce plan hardi par les Alliés. Puis, non seulement ils acceptèrent ce ferme dessin tracé par un Français, mais ce fut l’Armée d’Afrique qui força le verrou des Abruzzes. Le général américain Clark écrivit à Juin : « Vous êtes en train de prouver à une France anxieuse que l’armée française a conservé ses plus belles traditions.»  Quelques jours plus tard le général Juin faisait dans Rome une entrée triomphale. La défaite de 40 était effacée par la victoire de Garigliano.
Juin aurait voulu exploiter cette victoire. Il avait été Bonaparte à l’armée d’Italie ; il espérait pousser jusqu’au Brenner, entrer en Autriche et, qui sait, remporter une nouvelle victoire de Wagram. Mais des engagements avaient été pris et les plans des Alliés étaient différents. Il dut quitter son cher Corps Expéditionnaire pour devenir le chef d’état-major général de la Défense nationale. On sait comment, après la victoire finale, il revint au Maroc où ses anciens goumiers, ses tirailleurs, gens de poudre et d’honneur, lui faisaient une escorte invisible ; comment il devint commandant en chef des armées alliées de Centre-Europe ; comment il fut, à l’approbation de la France entière, fait Maréchal de France ; comment enfin cette éblouissante carrière fut brusquement interrompue par les événements d’Algérie. 
Né dans ce pays, il fut alors écartelé entre son attachement à sa terre natale et son respect de la discipline. À ses loyalismes il sacrifia sa vie. Il aura eu du moins cette consolation: la certitude d’avoir fait en toute circonstance ce que lui commandait sa conscience. En ces grands déchirements l’âme seule est juge.
Pour nous, le souvenir que nous conservons de lui est à la fois celui du confrère souriant et affectueux qui, chargé de gloire, se pliait avec tant de bonne grâce à nos paisibles travaux, et celui du chef qui, debout au milieu de ses troupes, entrevoyait, en des éclairs de génie, les manœuvres décisives. En votre nom, je dis la respectueuse sympathie de l’Académie à la Maréchale Juin, à ses deux fils et aussi à ses soldats d’Italie qui, ayant servi sous ses ordres et l’ayant aimé, se souviennent avec gratitude qu’il les conduisit à la victoire.

(communiqué par Maurice Faivre)

Hommage à un maréchal de France
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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 06:00

Patton

La chevauchée héroïque

Benoît Rondeau

Contributeur régulier de différents magazines d'histoire et déjà auteur de plusieurs ouvrages remarqués sur la Seconde guerre mondiale (ici, ici et ici par exemple), Benoît Rondeau nous propose aujourd'hui une ample biographie du général américain le plus célèbre de la Seconde guerre mondiale, tant sur le plan de la personnalité que des capacités tactiques.

Au fil des pages, en vingt-trois chapitres regroupés en quatre grandes parties ("La genèse d'un général, 1885-1940", "Le destin d'un guerrier, 1941-1943", "L'entrée dans la légende", et "Le mythe Patton"), Benoît Rondeau fait non seulement le récit de la vie et des campagnes du général, mais il s'intéresse aussi à sa personnalité complexe pour dresser le portrait d'un "personnage plus nuancé", un "héros aux dimensions de l'Amérique". Il précise également dans son introduction que son "texte est une synthèse, la biographie la plus exhaustive de Patton écrite en langue française", grâce en particulier à la traduction de nombreuses études en anglais. Nous suivons donc Patton du Vieux Sud à West Point, dans ses premières affectations et aux Jeux Olympiques de 1912, sur la frontière mexicaine puis dans la guerre mondiale où le cavalier devient tankiste, les débats autour de l'arme blindée durant l'entre-deux-guerres et la traversée du désert à la suite d'une mauvaise nouvelle blessure, le retour en grâce à la tête du 1er corps blindé et l'opération Torch, l'Afrique du Nord et bien sûr les combats de Tunisie, les relations difficiles avec les Britanniques et ses rapports avec des médias pour lesquels il est toujours un "bon sujet". On connaît (par le film fameux, dont il faut pas ailleurs se méfier) l'épopée de la campagne de Sicile, l'opposition avec Montgomery et "l'affaire des gifles", au sujet desquelles (2 cas avérés) les explications s'enchevêtrent et illustrent le caractère fantasque, impulsif, émotif du général,mais aussi sans doute sa grande fatigue à cette époque. On sait que ces événements manquent de lui coûter la suite de sa carrière et c'est dans une forme de msie à l'écart qu'il voit ses camarades participer au débarquement de Normandie. On connaît la suite, l'arrivée en France un mois plus tard alors que les Alliés sont quasiment bloqués, l'opération Cobra et la percée tant attendue, la marche vers l'est et les difficultés de ravitaillement, un ralentissement significatif en Lorraine à l'automne et l'autre "grande affaire" : la bataille des Ardennes. Sa fin de carrière en demie-teinte et sa mort brutale favorisent le développement de la légende. Dans la dernière partie, Benoît Rondeau s'efforce (même s'il ne cache pas sa sympathie pour le général) de démêler le vrai du faux parmi toutes les approximations et rumeurs qui entourent son souvenir. Au-delà de ses idées reçues, de ses a priori et de son caractère fantasque, il reste une icône pour une partie de l'Amérique d'aujourd'hui et de son armée.

Un livre qui ne "révèle" rien d'important, mais qui offre une portrait plus contrasté que l'on pouvait initialement le supposer. On pourra certes discuter plusieurs tentatives d'interprétations à l'occasion d'évènements marquants, mais il faut reconnaître que Benoît Rondeau envisage des pistes nombreuses et différentes avant de donner son explication. Un livre effectivement de synthèse qui va s'imposer dans la littérature en français.

Tallandier, Paris, 2017, 603 pages. 27,90 euros.

ISBN : 979-10-210-2190-7.

Un général hors norme
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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 06:00

L'occupation allemande en Ardèche (1942-1944)

et la retraite de la Wehrmacht du midi de la France

en août 1944

Bruno Chaix

Une nouvelle fois, la preuve est donnée que des études d'histoire locale ou régionale peuvent apporter une réelle plus-value à notre connaissance de la "grande" histoire. En traitant de l'occupation et de la résistance dans un département particulier, puis de la retraite (peu étudiée) des armées allemandes du Languedoc en août 1944, l'auteur contribue indiscutablement à nous permettre de mieux comprendre l'ensemble des évènements durant cette période.

Après avoir rappelé que l'Ardèche connaît quelques durs combats (en particulier avec une brigade de spahis) puis une première brève occupation fin juin 1940, Bruno Chaix s'intéresse dans le détail à la période qui suit l'occupation de la "zone libre", en particulier sous l'angle de la constitution et du renforcement progressif des unités de la Résistance, dans un département dont la topographie et la densité de population favorise les groupes FFI. Après le débarquement de Normandie, les combats, les attaques des stations radar et les destructions de ponts se succèdent rapidement avec une organisation armée désormais bien structurée, à tel point que les Allemands commencent à évacuer leurs blessés dès le 13 juin (Aubenas),  puis sont chassés de Privas par la Résistance le 12 août. Les tableaux nominatifs, pp.. 114-122, montrent bien que les pertes furent importantes lors de ces engagements. L'auteur revient ensuite longuement sur les opérations des FFI en appui du débarquement de Provence, en particulier sur la rive occidentale du Rhône, causant difficultés et pertes aux troupes allemandes (et autres puisqu'on trouve aussi un bataillon turkmène, un bataillon géorgien, une 'Légion Azérie') qui se replient du Languedoc (jusqu'aux régions de Cahors et Montauban via Carcassonne et Montpellier), dont la colonne Steuber contrainte à la reddition le 31 août à Chomérac puis pour ses derniers éléments le 1er septembre à La Voulte. L'auteur rappelle également que les FFI-FTP ardéchois remontent également vers le nord pour soutenir la résistance lyonnaise et participer à la libération de la capitale des Gaules, et il revient sur la création des éphémères Milices patriotiques, "police populaire à la disposition des autorités de la Libération", dont "la conduite, la moralité et même le casier judiciaire laissaient fort à désirer". Il termine ainsi par la période délicate du retour à la paix et à la légalité républicaine, lorsque les FFI "rentrent dans le rang" et que cesse une "justice expéditive" assez importante dans le département.

Le livre est régulièrement ponctué de cartes précises, de tableaux et organigrammes et bénéficie enfin de nombreuses annexes judicieusement choisies, dont quelques unes tout à fait passionnantes ("Les stations de détection radars allemandes construites en Ardèche", "Rapports officiels des groupes opérationnels américains engagés en Ardèche en 1944", "Compte rendu Jedburgh en Ardèche", "Freiwillingen Stamm Regiment n° 1 et 2 dans le sud de la France en 1944", "Témoignages allemands sur la retraite de la colonne Steuber", etc.)

Un volume précieux pour quiconque souhaite s'intéresser, au-delà même de l'Ardèche, à la résistance et à la libération dans toute la grande région.

Editions Mémoire d'Ardèche et Temps présent, Privas, 2017, 447 pages, 24 euros

ISSN : 0765-9563

Pour commander directement : ici.

Ardèche
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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 06:00

Combats dans l'Oise, à Messines, à Saint-Quentin

Tranchées  -  n° 30

Contrairement à ce qu'affirme Yves Buffetaut dans son éditorial, "le centenaire de la Grande Guerre (ne) passe (pas) inaperçu en cette année d'élections". Même si les autorités ne sont pas impliquées dans des commémorations nationales, il suffit de suivre les réseaux sociaux pour se rendre compte que les expositions, conférences et autres activités scientifiques, artistiques ou ludiques se multiplient.

Il n'en demeure pas moins que le sommaire de Tranchées est toujours aussi intéressant et nous propose en particulier dans le numéro de cet été trois articles sur l'année 1917 avec le récit du repli allemand dans l'Oise, la participation de divisions irlandaises à la bataille de Messines au début du mois de juin et, quelques semaines plus tôt, l'échec de l'attaque de la 3e Armée française en direction de Saint-Quentin. Deux portraits d'illustres inconnus pendant la guerre : le "caporal de Bohème" Hitler avec le 16e RI bavarois dans les Flandres, et l'étonnant gardien de batterie du fort de Douaumont Hippolyte Chenot. 

Dominante 1917
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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 09:01

Histoire des Français

Réécrire notre roman national

n° 1  -  juillet-août 2017

Nouveau magazine que vous trouverez dans vos kiosques cet été, publié par le groupe Heimdal, et dont le moins que l'on puisse dire est qu'il n'a obtenu qu'un écho limité depuis le début du mois de juillet. L'objectif affiché dans l'éditorial est ambitieux : "Plutôt que de véhiculer des idées préconçues sur ce qui doit constituer l'histoire de France, votre nouveau magazine s'intéressera aux acteurs de cette histoire au fil des siècles : les Français" afin de "saisir les enjeux auxquels les Français -citoyens du monde et non pas sujets mondialisés- sont confrontés". Une véritable "ligne de crête" éditoriale difficile à suivre dans les débats historiographiques actuels, et dans un contexte de crise de la presse écrite... A suivre avec intérêt en espérant que les prochains numéros confirmeront la démarche.

Les articles de ce premier numéro évoquent ainsi toutes les périodes, de l'Antiquité avec les Gaulois de la vallée de la Moselle au XXe siècle avec une présentation de la presse des années 1930, en passant par le Moyen-âge avec la création du duché de Normandie, la période révolutionnaire et l'expédition de 1798 en Irlande ou le XIXe s. et la Commune de Paris. On note également un article sur le président Deschanel et un dernier texte sur l'histoire du pain et des boulangers.

A confirmer
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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 09:15

Souvenirs

Une folle traversée de la Russie révolutionnaire

Nadejda Teffi

Voici le récit, par une intellectuelle socialiste (très critique à l'égard de Lénine), de son périple de Moscou à Constantinople par Kiev et Odessa pour échapper aux Bolcheviques et à la guerre civile. En fait, les évènements politiques et militaires sont à peine suggérés, et c'est bien le récit au jour le jour de ce trajet, sorte d'Odyssée moderne, qui constitue le coeur et l'essentiel du livre.

Des difficultés matérielles d'organisation du (des) déplacement(s) à l'absurdité de demandes ponctuelles des nouvelles autorités bolcheviques, des détails de la vie quotidienne (y compris dans le milieu des cambrioleurs dont la mallettes de voleur professionnel contient un flacon d'eau de Cologne : elle "remplaçait la vodka qu'il était impossible de se procurer à l'époque"), du milieu des actrices et poètes à celui des paysans, la présence ponctuelle de soldats allemands non rapatriés (à propos du lieutenant : "Autour de lui, sa suite, composée de jeunes officiers ukrainiens"), les conditions de vie et d'hygiène difficiles mais aussi l'espoir permanent d'une vie meilleure plus tard, les mouvements de population dans l'hiver glacé et des coloniaux français sur les quais d'Odessa, qui "ont apporté toute sorte de camelote. Vraiment des choses superbes et incroyablement peu chères", les difficultés pour organiser le départ vers Constantinople et trouver un navire dans une ambiance très particulière ("Quelque part, tout près, on échangeait des coups de feu. En revanche, dans le lointain une fusillade nourrie parvenait jusqu'à nous") : le récit est à la fois "au ras du sol", très concret, mais aussi empreint d'humour, de détachement, de poésie, donnant l'impression de bien traduire cette âme russe, entre la douleur, la mort et l'horreur d'une part, les éclats de rire, la vie et la poésie du quotidien de l'autre.

Un volume que liront avec plaisir et sans aucun doute intérêt à la fois ceux qui s'intéressent à la période de la guerre civile et ceux qui se passionnent pour l'âme du peuple et la culture russe.

Editions des Syrtes, Paris, 2017, 281 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-940523-43-6.

La révolution au ras du sol
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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