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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 06:15

Ecritures de la guerre

et Journal inédit de Maumort

Roger Martin du Gard

Dans la série des "Cahiers Roger Martin du Gard", ce huitième tome (collectif avec six contributions) est consacré à l'analyse des Carnets de guerre et écrits ultérieurs du grand romancier sur lla Première Guerre mondiale.

Roger Martin du Gard est incorporé dès août 1914 comme sous-officier dans les sections automobiles au sein desquelles il conserve un commandement de contact pendant toute la durée de la guerre. Dans la première partie, on retiendra en particulier les deux premiers textes du volume (celui de Charlotte Andrieux sur "Parcours militaire de RMG d'après ses 'Carnets de guerre' (2 août 1914 - 9 mars 1919)", dont le détail nous donne une bonne image des missions et des déplacements d'une section automobile sur le front et dans l'immédiat arrière-front ; et celui de Jean-François Massol titré "Je ne suis plus qu'un camionneur épouvanté par ce qu'il voit", qui contextualise -et souvent relativise- la portée de ce témoignage tout en en soulignant l'intérêt. On apprécie également le dernier article (Alain Tassel, "La bataille des frontières dans L'Eté 1914"), original en ce qu'il tente de croiser les données de l'histoire et celles du roman de Roger Martin du Gard. La seconde partie est constituée par "Le journal inédit de Maumort", qui s'intéresse à la période de l'armistice et du mois de juillet 1940. Ce texte au jour le jour est particulièrement dense et riche, ses pensées souvent profondes, ses réflexions fréquemment pertinentes. 

Un volume intelligent, et qui donne l'impression de rendre un peu plus intelligent. Une lecture puissante et vivifiante.

Gallimard, Paris, 2014, 266 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-07-014737-3.

Après deux guerres
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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 05:50

Histoire de Huy et sa région

Une destinée captivante et tumultueuse

Jean-Pierre Rorive

Quand la passion et le sens de la recherche se conjuguent, cela peut donner des livres aussi originaux qu'intéressants.

Personnellement, si j'avais avant la lecture de cet ouvrage quelques notions sur la principauté de Liège, je dois reconnaître que j'ignorais tout de l'histoire de la ville de Huy. Or celle-ci, et l'auteur le démontre parfaitement, n'a rien à envier à bien d'autres cités beaucoup plus célèbres. Les premiers chapitres racontent rapidement l'histoire (en partie imaginaire à l'origine) de la cité depuis l'époque romaine et durant le Moyen-Âge. Il insiste sur deux points, présentés comme des caractéristiques de la commune, les églises, couvents et autres implantations religieuses d'une part, son formidable château-fort d'autre part. Les deux grandes parties qui suivent ("Les temps modernes" et "Les temps nouveaux") brossent un tableau particulièrement détaillé des évolutions connues par Huy à partir du XVIe siècle. L'industrialisation de la région et sa quasi-ruine à la suite de la guerre de Trente Ans ("Le malheur est omniprésent, tant le XVIIe siècle est tissé de guerres et de fléaux connexes"), puis des guerres de Louis XIV (la ville détient le record du nombre de sièges), misères qui se poursuivent avec la guerre de Succession d'Autriche qui laisse un territoire exsangue ("La démographie hutoise ne cesse pratiquement pas de régresser aux XVII et XVIIIe siècles. L'hémorragie est plus grave, plus précoce et plus durable que dans les autres villes"). Avec la révolution française, Huy connaît une nouvelle période de violences et doit surtout contribuer au financement des campagnes de la république, du consulat puis de l'empire (Napoléon passe deux fois rapidement), au point de transformer la ville en une cité où s'installent le chomage et la mendicité. Après le rattachement à la Hollande en 1815, puis en 1830 à la nouvelle Belgique, et avec le développement du chemin de fer, s'ouvre une nouvelle période de croissance. L'auteur détaille la production, analyse les rapports de force politiques, présente les différentes associations et sociétés qui animent la vie locale. Le fort est remis en état et modernisé et devient "l'une des principales et des plus médiocres places fortes du Royaume". En 1914, la ville est prise sans combat le 15 août et connaît ensuite le sort des territoires belges occupés par les Allemands, traverse l'entre-deux-guerres et devient un centre actif de la résistance pendant la Seconde guerre mondiale.

Cette histoire d'une (petite) ville belge, à la fois place forte et grand site religieux, nous fait revivre également tous les troubles importants de l'histoire européenne sur au moins cinq siècles, et apporte beaucoup d'éléments surtout sur les XVIe-XVIIIe s. Sur ces points au minimum, le livre mérite d'être connu, lu et conservé.

Impremierie P. Malherbe, Huy (B), 2014, 165 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-9601566-0-7.

Perle mosane
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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 05:40

Le programme des conférences de la CFHM

au premier semestre 2015

17 janvier

Colonel (ER) Henri ORTHOLAN : "La Ligne Magot : conception, réalisation et destinée"

7 février 

Professeur Yann le BOHEC : "La guerre romaine"

28 mars

Capitaine ®Thierry DUPUY : "Biribi"

11 avril

Mr Vincent BERNARD : "Le général Lee"

16 mai

Mr Jérôme LOUIS : "La question d’Orient 1830-1848"

6 juin

Sortie annuelle (visite d'un site à préciser)

Renseignement et contact : michellousteau(at)numericable.fr

Programme 2015
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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 06:33

Montgomery

Daniel Feldmann et Cédric Mas

Personnage très controversé, mais acteur majeur de l'histoire militaire britannique et européenne de la première moitié du XXe s., Montgomery méritait bien cette biographie que l'on doit aux auteurs d'un récent Rommel (ici).

En résumant très rapidement le parcours deleur héros dans la brève introduction, Daniel Feldmann et Cédric Mas observent que "la réflexion militaire de Montgomery ne se concentre pas vers un type d'arme ou une tactique, mais vers le commandement en lui-même, l'organisation de l'armée, l'entraînemùent, la planification, la sélection des hommes et leur moral". Entré à Sandhurst en 1907, il connait une scolarité un peu cahotique et rejoint les Indes dès décembre 1908. A partir de là, sa carrière est décrite avec précision (autant que le format du livre le permette) au cours de la Grande Guerre (chap. 2 et 3), durant l'entre-deux-guerres (chap. 4) et bien sûr au long de la Seconde guerre mondiale (chap. 5 à 11) puis dans l'immédiat après-guerre (chap. 12). Tout au long du texte, les anecdotes sont nombreuses, des chiffres fréquemment fournies, de nombreuses citations reprises. Le style est sobre et vif et les quelques cartes claires et lisibles (progrès confirmé donc chez Economica) l'accompagnent bien. En privilégiant les aspects strictement "militaires" de la vie de Montgomery, les deux auteurs s'éloignent de la biographie classique mais nous donnent aussi à mieux comprendre certaines décisions prises durant la Seconde guerre moniale. Quant à l'homme lui-même (par ailleurs très probablement fort peu agréable au plan humain, pour ses pairs comme pour ses chefs), c'est sans doute dans ses indiscutables qualités d'organisation et de planification en amont qu'il faut chercher la clef de ses succès et de sa réussite. 

Après la réédition récente des mémoires du maréchal britannique et la parution d'une autre biographie assez différente sous la signature d'Antoine Capet, voici un nouvel ouvrage qui complète utilement notre connaissance du personnage et plus largement de l'armée britannique sur la première moitié du XXe siècle. Un livre agréable à lire, riche d'informations et que tous les amateurs de la Seconde guerre mondiale se doivent de lire.

Economica, Paris, 2014, 183 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-7178-6699-5.

Monty
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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 06:00

1916

L'enfer

Jean-Yves Le Naour

Après 1914 La grande illusion (ici), puis 1915 L'enlisement (ici), voici le troisième volume de la saga. Dans le style vif et enlevé de l'auteur, il présente les mêmes qualités que les précédents et propose, semble-t-il, la même approche.

Dès l'introduction, le ton est donné : "Les grandes hécatombes avaient enfin ouvert les yeux du commandement. L'idée que l'artillerie conquiert et que l'infanterie occupe était en train de s'imposer". Sauf qu'elle s'est imposée bien des mois plus tôt, mais qu'il ne suffit pas d'analyser correctement une situation pour avoir les moyens matériels de répondre au problème d'une part et que cela n'empêche pas les pressions politiques et les contraintes d'alliance. Bref, c'est plus complexe. Joffre, qui exerce son autorité sur l'ensemble des armées françaises depuis la fin de l'année précédente est ainsi le "fil rouge" de ce volume, et chacune de ses décisions fait l'objet de critiques féroces, de ses relations avec Gallieni à l'offensive de Verdun, de la préparation de la bataille de la Somme au rôle des armées d'Orient, des rapports avec les politiques ou les Russes à son limogeage en fin d'année. A devenir systématique, la démonstration devient contre-productive. Ainsi, l'affaire des bombardements de Paris par des Zeppelin à la fin du mois de janvier et la question de la défense contre avions de la capitale : on se demande en quoi le GQG "est le véritable patron" du sous-secrétaire d'Etat démissionnaire René Besnard, s'agissant de la capitale (hors zone des armées) et de décisions de l'administration centrale ? 1916 est donc pour Jean-Yves Le Naour le volume où il peut étriller Joffre au maximum. On attend avec impatience comment il traitera Nivelle puis Pétain en 1917.

Ce point évoqué, Jean-Yves Le Naour fait preuve d'une très large connaissance des événements et décrit avec beaucoup de détails (dont de nombreux très probablement ignorés du grand public) l'évolution générale des situations et des rapports de forces, aussi bien militaires que politiques et diplomatiques. Le récit de l'année est parfois brillant, ponctué par de très nombreuses citations des acteurs ou témoins des événements comme de la presse de l'époque. Il aborde également des sujets peu connus en France (les restrictions alimentaires et la faim en Allemagne, les débats sur la guerre sous-marine à Berlin, ou l'action du colonel House représentant les Etats-Unis). Les dernières pages, qui présentent de façon négative la notion de "force morale", auraient mérité d'être contextualisées, tout comme les qualificatifs "définitifs" et les appréciations rapides au fil du texte (Roques est bien loin d'être un inconnu en 1916, même si ensuite son nom a été oublié), qui font parfois figure d'affirmations peu heureuses. Un livre aussi intéressant et parfois "urticant" que les précédents, qui doit figurer dans toute bonne bibliothèque sur la Grande Guerre et que l'on complètera par d'autres lectures.

Perrin, Paris, 2014, 375 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-262-03036-0.

Troisième opus
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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 06:15

Un jour tu verras, mon fils

Philippe Escot

A partir d'une recherche familiale poussée et de travaux dans différentes bibliothèques et centres d'archives, Philippe Escot reconstitue l'histoire d'une famille de Colomiers, village de la banlieue de Toulouse, pendant la Grande Guerre et, en quelque sorte, une partie de l'histoire du village lui-même.

L'ouvrage a le mérite de présenter en détail, parallèlement à la famille des poilus, la situation et la vie dans le village, où les fêtes traditionnelles d'août 1914 sont simplement... reportées. Au fur et à mesure des pages, tandis que l'histoire générale de la guerre est racontée, illustrations, cartes postales et extraits de lettres nous ramènent à Jean-Marie Sénac et à ses frères. En creux également, nous avons beaucoup d'éléments sur le 17e corps d'armée, recruté dans la région, et sur l'activité des régiments territoriaux auxquels appartiendra Sénac pendant la guerre (comme la poursuite des travaux du camp retranché de Paris en 1915, l'aménagement de l'arrière front du Chemin des Dames au printemps et à l'été 1917 -avec cantonnement dans des creutes-, ces innombrables travaux sur les voies de communication qui "se poursuivent de jour et de nuit", etc.). De nombreuses cartes permettent aussi de suivre les mouvements et de comprendre les déplacements des unités et une bibliographie indicative qui n'oublie pas les textes officiels permet d'aller plus loin.

Finalement, en reconstituant l'histoire des unités auxquelles Sénac a appartenu pour décrire et comprendre le parcours de son aïeul, Philippe Escot nous propose une histoire à la fois individuelle et collective de la guerre pour un territorial, du plus grand intérêt. Et restaure en quelque sorte la réputation de ces territoriaux qui contribuèrent à la totalité du conflit, à l'avant comme à l'arrière front.

Les Editions Occitanes, 2013, 168 pages, 15 euros.

ISBN : 979-10-93225-00-5.

Pour contacter directement l'auteur et acquérir le livre : philippe.escot(at)gmail.com

Une famille dans la guerre
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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 06:00

Lettres de la Wehrmacht

Marie Moutier

Si les correspondances publiées de soldats de la Grande Guerre sont fort nombreuses, l'édition en France de lettres de soldats allemands de la Seconde guerre mondiale est relativement peu fréquente, et ce livre constitute donc une intéressante nouveauté.

Comme pour bien d'autres conflits, ces courriers personnels témoignent de l'humanité profonde des hommes engagés dans le conflit, de leur souci de leur famille, de leurs peurs, des évolutions générales de moral aussi : il n'y a rien d'étonnant à ce que les soldats de la Wehrmacht victorieuse de 1941 témoignent d'une moral de vainqueurs, tandis que ceux de 1944 ou 1945, parfois les mêmes, ne souhaitent que la fin de la guerre. Finalement, hors les différences qui tiennent au théâtre d'opérations ou aux matériels, ces correspondances ne sont pas fondamentalement différentes sur le fond de celles de la Grande Guerre. Les auteurs ont fait le choix de classer ces courriers chronologiquement et par thèmes. Il y a ainsi trois grandes parties : "Les seigneurs de la guerre (1939-1941)", "De fer et de sang (1942-1943)", et "Crime et châtiment (1944-1945", comprenant chacune autour de 35 thèmes illustrés par une ou deux correspondance(s). On apprécie la grande diversité des périodes et territoires, de l'extrême Nord européen à la Crète en passant par la France, l'Afrique du Nord et la Russie bien sûr (inérêt pour les considérations climatiques et topographiques qui influent sur les opérations), et le fait que chaque lettre soit précédée de quelques lignes qui présentent l'auteur et son parcours militaire. On y apprend au passage que certains soldats de la Wehrmacht n'ignorent rien des massacres perpétrés en Europe orientale et ont parfaitement connaissance des crimes de la SS (dont ils parlent à leurs familles). Au-delà des considérations militaires, il y a bien sûr tous les aspects liés à la vie familiale, aux sentiments personnels et aux changements d'humeur au fil des semaines et des mois. Et l'espoir chevillé au corps : "Ces immenses pertes que nous réservent les bombes ennemies, nous saurons les surmonter bientôt ; si la guerre se termine par une victoire de l'Allemagne. Quand je serai de nouveau près de vous, nous reconstruirons tout ensemble, peut-être même que nous aurons un plus beau foyer qu'avant. Si nous restons sains et saufs tous les deux, la chance nous sourira de nouveau", le 1er janvier 1945.

Une approche "par le bas" de l'armée allemande de la Seconde guerre mondiale.

Perrin, Paris, 2014, 338 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-262-04339-1.

Courriers de soldats
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 06:20

Correspondance d'Henri Suillaud

Boulanger Maître-Coq à bord du cuirassé Suffren

Ives Rauzier

Les témoignages "du bas" dans le domaine de la guerre navale sont rares. Celui-ci l'est d'autant plus que l'auteur de ces correspondances n'est pas à proprement parler "marin" et que les lettres sont retranscrites telles que rédigées, avec l'orthographe et la syntaxe d'origine. Ce dernier point d'ailleurs étonne au départ, puis (même si le lecteur s'habitue peu à peu) énerve parfois : n'était-il pas envisageable, après avoir reproduit à l'identique quelques courriers pour présenter les correspondances authentiques, de corriger (en le précisant dans l'introduction) les fautes les plus importantes et régulières pour la facilité de lecture aujourd'hui ?

Si elle est dense, cette correspondance couvre une période relativement limitée : d'août 1914 à janvier 1916. Durant ces dix-huit mois, le navire à bord duquel est embarqué Henri Suillaud est d'abord en charge du transfert des troupes d'Afrique du Nord vers la métropole, puis de la protection au débouché du canal de Suez des navires alliés en Méditérannée orientale "pour convoyer les indiens jusqu'à Marseille", enfin il est longuement engagé dans le large secteur des îles grecques et de l'accès aux Dardanelles. Il participe aux patrouilles, à la lutte contre les sous-marins ennemis, aux opérations actives contre les Détroits turcs. Il raconte qu'il croise au large de telle île ou dans tel port d'autres navires français ou britanniques célèbres, on passe de Moudros (on n'imagine généralement pas en France l'importance prise par ce port pour les flottes britannique et française) au large de Smyrne, d'Imbros à Port Saïd, puis à partir de l'automne 1915 surgit avec une fréquence croissante le nom de Salonique. Outre les observations et réflexions que lui inspire ce qu'il voit et ce qu'il peut lire sur l'évolution générale des situations militaires et diplomatiques dans la région (nombreuses réserves sur les articles des journaux), il consacre bien sûr une grande partie de ses lettres à des considérations familiales et financières, à encourager sa femme, à l'assurer qu'il attend avec impatience un retour vers Marseille ou Toulon qui tarde et une permission qui ne vient pas : "Tu sais, l route de Toulon est dangereuse, mais ça ne fait rien on me dirait que nous partons pour Toulon je serais bien content qu'and même, le sous-marin ne viendra pas vite nous torpiller" (29 septembre 1915). Les dernières cartes postales parlent de Messine, de Malte, et d'un retour dans quelques jours. Le Suffren sera coulé à la fin de la même année au large du Portugal alors qu'il rentre vers Lorient, entraînant dans la mort près de 650 marins.

Un témoignage très intéressant car ces correspondances abordent tout autant les questions privées que les descriptions de l'emploi du navire, les relations amicales que les sujets plus politiques, les sentiments personnels que les rumeurs des ports, etc. Un livre qui apporte beaucoup à notre connaissance du vécu des marins dans les opérations navales en Méditérannée.

TheBookEdition, Lille, 2014, 203 pages, 15 euros.
ISBN : 978-2-9501954-7-0.

Commander directement le livre : ici

Pour contacter l'auteur : ici

Guerre navale
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 06:00

Les Cathares

Vie et mort de parfaits hérétiques

Stephen O'Shea

Avec une remarquable régularité, chaque année ou une année sur deux, arrive en devanture des librairies un nouvel ouvrage sur les Cathares. Leurs conceptions religieuses schismatiques, déclarées hérétiques, la croisade lancée contre eux et la fin de l'indépendance méridionale avec le rattachement des terres des seigneurs d'Oc au royaume de France, la bataille de Muret (et l'ignorance militaire crasse de seigneurs du sud) et le bûcher de Montségur, les légendes autour d'un trésor et les mystères autour des derniers "parfaits", les "séquelles" des livres romantiques du XIXe siècle aussi, tout cela entretient dans la durée un intérêt pour le sujet et la période. Dans ce volume, publié pour la première fois aux Etats-Unis en 2000 et qui à proprement parler n'apporte rien de nouveau, l'auteur brosse un vaste tableau de l'hérésie dans son temps et dans son espace. Sans doute l'auteur, canadien, s'est-il pris de passion pour ce Languedoc qui "n'est pas une nation ou province à part entière, mais demeure le berceau des invisibles Cathares", car il aborde son sujet de façon plus "sentimentale" ou romancée qu'historique ("Le sac de Béziers fut le Guernica du Moyen-Âge"...). De Bernard de Clairvaux et Arnaud Amaury du côté de la croisade à Bélibaste et Guilhabert de Castres pour les hérétiques, de Simon de Montfort à Louis VIII pour les chevaliers francs aux fiers comtes de Toulouse, au roi d'Aragon, aux comte de Foix et au vicomte de Trencavel pour les seigneurs d'Oc, cette large fresque nous raconte une histoire de foi et de passion, dans laquelle s'opposent l'honneur bafoué et l'arrivisme économique et familial, le sens du sacrifice et l'absence totale de scrupule, l'appartenance à une communauté et l'égoisme personnel. Un drame tragique sur fond d'événements avérés.

Alors, même si l'absolue réalité historique peut souffrir en certains chapitres et si l'auteur adopte un parti romantique et héroïsé contre la croisade française, le méridional que je suis aime bien ce livre, dans lequel je retrouve les pauvres seigneurs faidis, le jeune comte Raymond à Beaucaire, les petits nobles des Corbières, etc. Au-delà de l'hypothétique "trésor des Albigeois" ou des élucubrations de Rahn sur le Graal, je me souviens que les comtes de Toulouse furent seigneurs en Provence. Tant pis, cette fois, pour la rigueur de la recherche, je préfère en toute connaissance de cause, pour le plaisir de la lecture, la réécriture épique.

Ixelles éditions, Paris, 2014, 366 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-87515-230-5.

Les Parfaits
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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 06:00

La mort d'Albéric Magnard

3 septembre 1914

Jean-Jacques Langendorf

Une toute petite brochure, pour un texte paru pour la première fois il y a neuf ans dans un recueil de nouvelles.

Une histoire familiale et humaine un peu compliquée, d'un pianiste de bonne famille, entre l'Allemagne, la France et l'Angleterre dans les années qui précèdent la Grande Guerre. Après quelques déboires (familiaux, sentimentaux, intellectuels), il se replie sur lui-même, mal dans sa peau et dans sa tête. En août 1914, il semble se décider à l'engagement face à l'invasiion allemande, mais ne rejoint finalement que sa propriété pour éventuellement la protéger (?) si l'envahisseur veut s'y installer. Pour défendre son beau-fils arrêté par les Allemands, il ouvre le feu avec son revolver et tue deux soldats. Son geste est pris pour une action de francs-tireurs par l'unité allemande de passage, d'où représailles sur le village et incendie de sa maison... C'est tout. Et puis ? Plus rien. Lu en quinze minutes. Une approche romancée des premières semaines de guerre.

Quelques pages pour retracer la vie d'un musicien mal dans son monde. D'un homme mal dans son temps. 

Le Polémarque, Nancy, 2014, 34 pages, 8 euros.

ISBN : 979-10-92525-01-4.

Mort d'un artiste
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Qui Suis-Je ?

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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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