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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 07:00

Julian Corbett

Renouveler la stratégie maritime

Joseph Henrotin

  Corbett861

 

Quand un auteur a la capacité à expliquer clairement pour les non-spécialistes, et sans les déformer, des notions théoriques complexes, cela mérite d'être souligné. A partir de sa large connaissance de des questions militaires et stratégiques (il a publié chez Economica en 2011 Les fondements de la stratégie navale au XXIe s.), Joseph Henrotin nous propose dans ce petit volume de (re)découvrir l'originalité de la pensée de Julian S. Corbett, historien de la Marine britannique et théoricien de la guerre navale, proche de l'amiral Fischer à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

Joseph Henrotin nous présente d'abord la "Vie et oeuvre de Julian S. Corbett". Il revient sur ses responsabilités successives, ses publications, ses rapports officiels et sa méthode de travail. Puis il centre bien sûr son propos sur les "Théories" du stratégiste anglais, qualifié de "pragmatique" : "La pensée de Corbett est de nature globale. Elle ne rejette aucun phénomène, aucun facteur ni aucun niveau a priori. Il s'agit de penser le rôle de la marine dans la guerre". Presque en "fils spirituel" très britannique de Clausewitz, Corbett considère "la stratégie maritime comme extension à la mer de la politique" et "la puissance navale comme un instrument de la politique des Etats", mais il ne fait pas pour autant de la Navy un saint Graal. La marine n'a en particulier d'importance dans les opérations que dans la mesure où elle contribue avec les forces terrestres à la réalité de l'action militaire : le contrôle des lignes de communication et l'appui aux opérations combinées. Corbett insiste également longuement dans différents écrits sur l'importance d'un état-major rodé, rompu, entrainé, et surtout intégré, ce qui constitue au début du XXe siècle une vraie nouveauté dans le milieu très traidtionnaliste de la marine britannique. Il appuie en particulier son raisonnement sur les opérations à l'époque les plus récentes (deuxième moitié du XIXe s.) jusqu'à la guerre russo-japonaise, et prend toujours en compte les évolutions induites par le progrès technologique, extrêmement rapide en son temps. Joseph Henrotin tente ensuite de déterminer l'influence que ce penseur a pu exercer à l'époque (en particulier au sujet des principaux engagements navals de la Première Guerre mondiale ou de la campagne de Gallipoli), puis ultérieurement, sur la Royal Navy comme sur certaines marines étrangère ("La postérité critique" et "Les limites de Corbett").

Bien écrit, entrecoupé d'encarts qui précisent une notion ou un exemple, bénéficiant malgré son petit format d'une bibliographie et d'un index, ce volume doit être connu par tous ceux qui s'intéressent à la guerre navale et aux questions de stratégie qui y sont liées.

Argos, Paris, 2013, 146 pages. 12,90 euros.

ISBN : 978-2-36614-007-1.

ROYAL-NAVY-1.jpg

Joseph Henrotin a bien voulu nous apporter quelques précisions complémentaires :

Question : Avocat, écrivain, journaliste, historien, la première partie de la vie de Julian S. Corbett est marquée par de multiples activités. Comment est-il devenu stratégiste et spécialiste de la guerre navale ?

Réponse : Peu à peu et au fil non seulement de sa fascination pour l'Angleterre élisabéthaine et de la réflexion qu'elle entraîne chez lui -il cherche à comprendre le "comment"- mais aussi de rencontres qui vont l'amener à évoluer. Des rencontres certes littéraires, mais aussi concrètes, avec J. K. Laughton notamment -qui milite pour une approche scientifique et "globale" de l'histoire- mais aussi, d'une manière sans doute décisive, avec sa future femme. Hésitant encore entre une carrière artistique (où la mer joue d'ailleurs un rôle important) ou de recherche, elle le pousse à embrasser la recherche. A ce stade, rapidement, l'histoire ne lui suffit plus : il s'agira alors de chercher à cerner les principes de la puissance, d'abord de l'Etat, ensuite maritime et enfin navale. Ceci dit, Corbett n'abandonnera jamais l'histoire, elle est pour lui la matière première de ses réflexions.

Question : On a le sentiment que Corbett tient le plus grand compte des évolutions techniques, d'autant que les grandes marines de cette époque connaissent une véritable révolution matérielle. A quelle place et avec quelles conséquences intègre-t-il ce facteur "pratique" dans son argumentation "théorique" ?

Réponse : Corbett ne s'intéresse pas réellement à la technique comme objet, mais comme "fournisseur de mutations tactiques", de sorte que si sa réflexion prend en compte ces évolutions (comme la torpille ou le sous-marin), c'est de manière consubstantielle à la guerre navale. Or, il s'attache à des principes qui sont supérieurs à la tactique. Si ces principes sont "aménagés" par les évolutions techniques, ils n'en sont pas pour autant rendus caducs. Un bon exemple en la matière est sa réflexion autour de la défense contre les attaques amphibies. Il constate que les forces attaquantes bénéficient d'évolution en termes de propulsion et de construction navale qui augmentent leur vitesse, mais les principes du déploiement des forces en défense n’en sont guère, en retour, qu'aménagés. Si les défenseurs doivent s'adapter, leurs fondamentaux restent valables. Surtout, Corbett est tout sauf un doctrinaire : sans doute sa formation d'avocat l'incite-t-elle à prendre en compte l'ensemble des facteurs et, s'il n'a pas publié des "lois de stratégie maritime" mais bien "quelques principes", c'est justement pour prendre en compte la nécessaire adaptation face au contexte.

Question : Plus particulièrement, comment aborde-t-il la question du sous-marin et de la guerre sous-marine, avant 1914, pendant la guerre et après ?

Réponse : C'est une question importante, parce qu'elle montre l'esprit "en mouvement perpétuel" qui doit être celui de tout stratégiste. Au début du siècle, Corbett croit peu dans les capacités du sous-marin, qu'il estime surtout utile en défense côtière, et on peut le comprendre en voyant ce qu'était un sous-marin de l'époque : petit, peu armé, très instable en surface même par mer calme, avec peu d'autonomie en plongée. L'amiral Fisher, First Sea Lord, ami et récipiendaire des conseils de Corbett sera plus optimiste, prônant de gros sous-marins en plus de bâtiments côtiers. Au fur et à mesure des évolutions des classes, Corbett se montrera moins sceptique et l'action du 22 septembre 1914 (trois croiseurs britanniques coulés et 1400 hommes perdus du fait du sous-marin U-9 devant Ostende) achève de le convaincre. Pour Corbett, en particulier à la fin de la guerre et jusqu'à sa mort, le sous-marin est l'une des raisons qui lui fait penser que sa conception de la "flotte en vie" est fondamentalement valable et qu'incidemment, la bataille décisive prônée par Mahan, si elle est doit être considérée comme un outil parmi d'autres, est aussi à manier avec précaution : elle peut "faire perdre la guerre en une après-midi"…   

 

ROYAL-NAVY-2.jpg

 

Question : Corbett est en fait assez critiqué sur la conduite des opérations navales pendant la Grande Guerre. A quels obstacles s'est-il heurté et comment expliquer une si faible influence pratique ?

Réponse : Corbett est dans une posture délicate. D'une part, ses analyses sont plus prudentes que celles de Mahan, dont les conceptions irriguent alors la pensée de la Royal Navy et de ses officiers. D'autre part, Corbett n'est pas militaire et même pas marin, il se heurte donc au corporatisme d'une force assez fermée sur l'extérieur, bien qu'il y ait aussi de solides amitiés. Au demeurant, c'était le cas un peu partout à l'époque, et Corbett est sans doute un des premiers exemples de stratégiste civil travaillant avec les militaires. Reste qu'ami et conseiller de Fisher, Corbett a aussi une position d'influence par ses idées, au risque qu'elles soient mal comprises. Certains n'ont pas hésité à lui mettre l'échec de la bataille du Jutland sur le dos, ses conceptions (qui ont partiellement été coulées dans les instructions données à la flotte) étant critiquées pour manquer d'agressivité. Si on peut rétrospectivement donner raison à Corbett (après le Jutland, la marine allemande sera dans une posture de "flotte en vie" en mer du Nord), à l'époque les critiques ont été vives et s'il sera chargé de la rédaction de l'histoire navale officielle de la guerre, elles le suivront jusque son lit de mort.     

Question : Il est souvent question de Corbett comme faisant face aux partisans de Mahan dans la Royal Navy. Mais en quoi est-il plus intéressant que Mahan ?

Réponse : Les deux sont souvent comparés mais en réalité, leur vues ne situent pas au même niveau. Mahan est un "propagandiste" : il donne aux marines une fonction et une légitimité en les enracinant dans l'histoire et en démontrant leur importance, ce en quoi il est pertinent. Mais s'il développe des conceptions théoriques, elles resteront toutefois en chantier. Mahan se focalise sur la bataille décisive et considère que les forces terrestres sont d'une utilité mineure -le même type de raisonnement que tiendra Douhet en stratégie aérienne. Corbett est différent, sa réflexion est plus mûre -c'est dans la combinaison des stratégies particulières que réside la puissance- et relève également d'une exploration permettant de chercher des leçons et des principes applicables en tous temps. La "moisson" de ce point de vue, est très supérieure, qualitativement et quantitativement, à celle de Mahan. D'une part, parce que les aspects maritimes ne sont qu'un des aspects de sa vision : Corbett est aussi un théoricien de la guerre limitée et, avant Liddell Hart (et d'une manière plus subtile à mon sens), de l'approche indirecte dans la conduite des conflits. D'autre part, parce que dans le domaine naval, les concepts inhérents à la maîtrise de la mer (et sa relativité), aux « flottes en vie », à la maîtrise en dispute (jusque dans ses relations à la piraterie), à la structure même des forces navales ou aux opérations amphibies restent éminemment actuels. De fait, et paradoxalement, vous trouverez chez les stagiaires et les chercheurs de la Naval Postgraduate School américaine bien plus de travaux citant Corbett que Mahan…

Merci vivement pour ces développements et plein succès pour ce nouvel ouvrage. 

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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

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doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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